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Full text of "Bulletin diocésaine d'histoire et d'archéologie"

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BULLETIN 

DE    LA. 

COMMISSION    DIOCÉSAINE 

d'Architecture  &  d'Archèclogie. 


PBIX  a»  l'Âboananitnt  innaêl  l 
B  Francs. 


QUIMPER 

TYP.    DE   KERANGAL,    IMHR.    DE    l'ÉVÊCUÉ 


A 


Kf^A  I7g 


'    f</\,\'.'^    .;';   ^ 


LETTRE- CIRCULAIRE 

DE 

MONSEIGNEUR  L'ÉVÊQUE  DE  QUIMPER  &  DE  LÉON 

INSTITUANT 

UNE  GOmaSSiON  diocésaine  D'ARCUITELTURE 

et  d'Archéologie. 


Messieurs  et  chers  Coopérateurs, 

L  —  Pendant  le  cours  de  Noire  première  tournée  pas- 
torale, dans  laquelle  Nous  avons  spécialement  visité 
Tarrondissement  de  Quimper,  il  Nous  a  été  donné  d^admi- 
rer  vos  belles  églises,  vos  clochers  à  jour  et  vos  calvaires 
bretons.  Ce  qui  peut-être  Nous  a  frappé  encore  davan- 
tage, ce  sont  vos  croix  processionnelles,  vos  calices  et  vos 
reliquaires.  Il  y  a  dans  les  paroisses  les  plus  pauvres  de 
véritables  richesses  souvent  inconnues  du  vulgaire,  mais 
qui  sont  des  trésors  d'art  et  de  goût.  Les  quelques  courses 
que  Nous  avons  pu  faire  hâtivement  dans  les  autres  par- 
ties de  Notre  beau  et  magnifique  diocèse.  Nous  permettent 
d*afiBrmer  que  ces  richesses  se  retrouvent  un  peu  partout 
et  qu'il  n'y  a  pas  un  coin  du  Finistère  où  ne  se  conservent 
des  choses  aussi  intéressantes  pour  les  arts  que  pour  notre 
histoire  locale. 

Il  faut  tout  d'abord  en  savoir  gré  et  en  rendre  grâces 
aux  chrétiens  habitants  de  TArmorique  qui  furent  vos 
aïeux.  Us  savaient  se  contenter  de  peu  et  presque  de  rien, 
quand  il  s*agissait  de  leur  nourriture,  de  leurs  vêtements, 
de  leurs  habitations  ;  mais  quand  iL  était  question  de  la 
maison  de  Dieu  et  des  choses  nécessaires  au  culte,  ils 
étaient  généreux,  ils  donnaient  jusqu'à  leur  dernier  sol  ; 


—  6  — 

ils  voulaient  faire  grand  et  beau  :  patiemment,  à  la  longue 
ils  ont  réussi.  Ils  ont  b&ti  de  belles  églises  et  ils  ont  su 
incarner  dans  les  vases  sacrés,  les  vitraux,  les  statues  et 
les  bannières  qui  nous  restent,  cette  foi  simple  et  naïve 
qui  fut  la  leur,  cette  foi  que  peuvent  railler  les  rationa- 
listes et  les  impies,  mais  qui  demeurera  éternellement  la 
foi  qui  sauve  le  riche  comme  le  pauvre,  le  savant  comme 
rignorant.  Heureux  peuple^  qui  se  sachant  exilé  dans 
cette  vallée  de  larmes,  cherchait  dans  ses  monuments 
religieux  le  souvenir  et  Timage  de  la  Patrie  absente,  et 
savait  tout  donner  de  bon  cœur  à  Celui  qui  devait  tout  lui 
rendre  au  centuple  dans  le  ciel. 

Ces  monuments  et  ces  souvenirs  du  passé  ont  donc  à 
nos  yeux  un  très  grand  prix  et  pour  leur  valeur  artistique 
et  pour  les  enseignements  qu'ils  nous  rappellent.  Dès  lors, 
les  conserver,  les  préserver  de  toute  détérioration  et  sur- 
tout de  destruction  est  un  devoir  qui  incombe  à  tous  les 
fidèles,  mais  spécialement  aux  prêtres  et  plus  spéciale- 
ment encore  à  l'Évéque  chargé  des  intérêts  matériels  aussi 
bien  que  des  intérêts  spirituels  de  son  diocèse. 

IL  —  Une  autre  réflexion  Nous  a  frappé.  A  l'inverse 
de  la  plupart  des  départements  de  France  où  la  popula- 
tion va  toujours  en  décroissant,  ici  dans  la  Bretagne,  grâce 
à  la  simplicité  des  mœurs  et  à  l'intensité  de  la  foi,  non 
seulement  la  natalité  n'est  pas  en  souffrance,  mais  elle 
progresse  sans  cesse.  Nous  pourrions  citer  dans  notre 
Finistère,  non  pas  seulement  nos  ports  de  pêche  où  la 
population  afflue,  mais  certaines  paroisses  composées  tout 
entières  d  agriculteurs,  où  le  chiffre  des  naissances  excède 
de  quarante,  de  cinquante  et  même  de  soixante  pour  cent 
le  nombre  des  décès. 

Dans  cette  situation  et  malgré  les  nombreuses  émigra- 
tions qui  ne  cessent  hélas  !  de  se  produire,  on  comprend 


que  beaucoup  d'églises  sont  devenues  insuffisantes,  que 
plusieurs  tombent  de  vétusté,  et  que  partout  il  y  a  lieu 
de  songer  à  des  réparations,  à  des  agrandissements  ou  à 
des  reconstructions.  Nos  populations  du  Finistère,  fidèles 
aux  traditions  de  leurs  aïeux,  savent  donner  et  donnent 
largement  pour  Téglise  du  bourg  ou  pour  la  chapelle  de 
secours,  et  bien  vite  on  se  met  au  travail  ;  mais  encore 
faut-il  que  tout  cela  soit  conduit  avec  réserve  et  prudence. 
S'il  y  a  des  constructions  qui  peuvent  être  détruites,  il  y 
en  a  d*autres  qui  méritent  d'être  conservées. 

Ici,  comme  souvent  en  théologie,  il  y  a  deux  écoles 
opposées  Tune  à  l'autre  :  l'école  des  archéologues  qui  vou- 
drait tout  conserver,  et  l'école  des  architectes  qui  voudrait 
tout  renverser  pour  reconstruire  tout  à  neuf.  Nous  Nous 
trouvons  incompétent  pour  trancher  la  controverse,  et 
cependant  il  Nous  semble  qu'ici,  comme  en  dogmatique, 
si  Ton  veut  arriver  très  près  de  la  vérité,  il  faut  chercher 
le  milieu  entre  les  deux  opinions  contraires.  Les  archéo- 
logues ont  raison  quand  ils  veulent  conserver  les  vestiges 
du  passé,  les  monuments  anciens,  tout  ce  qui  revêt  un 
caractère  vraiment  archaïque  et  artistique  ;  mais  ils  ont 
tort  quand  pour  cela  ils  sont  disposés  à  entraver  la  recons- 
truction d'une  église  ou  son  adaptation  aux  besoins  actuels 
du  culte  dans  une  paroisse  toujours  plus  populeuse.  Avant 
d'être  un  objet  d'admiration  pour  les  artistes,  nos  églises 
sont  des  lieux  de  prières  et  de  réunions.  Elles  doivent 
donc  être  tout  d'abord  suffisantes  pour  abriter  les  parois- 
siens, et,  pour  obtenir  ce  résultat,  il  est  parfois  absolu- 
ment nécessaire  d'agrandir  ou  de  reconstruire.  D'autre 
part,  les  architectes  poussant  à  l'extrême  cette  dernière 
idée,  estiment  que  les  agrandissements  sont  à  peu  près 
impossibles  ou  réussissent  généralement  assez  mal.  Dès 
lors,  c'est  une  reconstruction  totale  qui  s'impose  toutes 
les  fois  que  les  églises  sont  vieilles  ou  insuffisantes.  C'est 


—  8  — 

donc  aussi  la  destruction  totale  et  immédiate  du  monu- 
ment ancien,  quand  l'emplacement  qu'il  occupe  sera 
nécessaire  pour  la  reconstruction  nouvelle  ;  c'est,  pour  le 
cas  où  Ton  choisirait  un  autre  emplacement,  une  détério- 
ration lente  et  progressive,  telle  qu'elle  se  remarque  dans 
tous  les  bâtiments  abandonnés.  Nous  pensons,  au  con- 
traire, qu'un  agrandissement  est  souvent  possible,  et  que 
ce  sera  dans  l'harmonieux  agencement  de  l'ancien  et  du 
nouveau  que  se  fera  remarquer  davantage  le  savoir-faire 
de  l'architecte.  Nous  avons  visité  quelques  églises  de 
Notre  diocèse  où  des  agrandissements  successifs  ont  été 
opérés  dans  la  suite  des  âges  et  à  mesure  qu'augmentait 
la  population.  Certes,  si  elles  ne  sont  pas  des  chefs- 
d'œuvre  d'unité,  si  elles  pèchent  visiblement  par  défaut 
de  régularité,  elles  n'en  demeurent  pas  moins  des  monu- 
ments très  commodes  pour  les  habitants  et  très  curieux 
pour  le  visiteur,  attestant  tout  à  la  fois  et  le  génie  propre 
et  le  grand  esprit  de  foi  des  générations  qui  se  sont  suc- 
cédé. Notre  magnifique  cathédrale  de  Quimper,  ce  bijou 
de  la  Bretagne,  n'est-elle  pas  une  preuve  de  l'opinion  que 
Nous  émettons  ici  ?  Par  respect  pour  le  passé,  autant  que 
par  admiration  pour  ses  proportions  et  ses  lignes,  on  n'a 
pas  voulu  renverser  la  chapelle  absidiale  qui  est  la  partie 
la  plus  ancienne  de  cette  immense  construction.  Et  pour 
la  conserver  dans  la  place  qu'elle  occupe  et  qui  lui  con- 
vient, on  n'a  pas  craint  de  faire  dévier  de  trois  à  quatre 
mètres  l'axe  du  chœur  de  l'axe  de  la  nef.  Notre  beau 
monument  en  a  t  il  souffert  dans  son  ensemble  ?  Nous  ne 
le  pensons  pas.  Il  parait  au  contraire  y  avoir  gagné  beau- 
coup et  par  les  perspectives  variées  qu'il  présente  dans  le 
déambulatoire  et  par  le  sens  mystique  qu'il  éveille  dans 
r&me  de  qui  sait  réfléchir  et  prier.  Oui,  dans  nos  cons- 
tructions et  restaurations  modernes,  conserver  une  tour 
noircie  par  les  siècles,  une  chapelle  où  les  ancêtres  sont 


—  9  -^ 

venus  prier,  uo  vitrail  rempli  de  souvenirs,  une  arcature 
remarquable  par  ses  proportions  et  par  la  finesse  de  son 
dessin,  c'est  faire  acte  de  haute  intelligence  et  de  vraie 
sagesse  archéologique.  Et  c'est  là  le  grand  service  que 
Nous  demandons  à  la  €!ommission  diocésaine  que  Nous 
avons  décidé  d'établir. 

Nous  attirerons  aussi  son  attention  sur  les  calvaires  que 
la  piété  de  nos  pères  a  semés  un  peu  partout  à  travers  le 
territoire  de  Notre  vaste  diocèse.  Plusieurs  sont  très 
remarquables  au  point  de  vue  de  Tart  et  de  l'antiquité  ', 
tous  méritent  notre  respect  et  notre  amour  pour  les 
grands  et  pieux  souvenirs  qu'ils  nous  rappellent.  Or,  Nous 
en  avons  remarqué  plusieurs  qui  sont  dans  un  triste  état 
d'abandon  et  de  délabrement.  Ne  serait-il  pas  possible 
d'en  obtenir  la  restauration  ?  Pour  cela  Nous  faisons  appel 
à  la  bonne  volonté  de  tous,  et  Nous  savons  que  Nous  serons 
écouté, 

IH.  —  Nous  avons  aussi  un  mobilier  liturgique  très  pré- 
cieux :  des  calices,  des  patènes,  des  reliquaires,  des  croix 
processionnelles,  des  bannières,  des  ornements  sacrés 
d'un  goût  véritablement  exquis  et  souvent  d'une  richesse 
incomparable.  Tous  ces  objets  sont-ils  environnés  d'assez 
de  soins  ?  Ne  les  voit-on  pas  ici  ou  là  relégués  dans  des 
coins  obscurs  et  humides,  enfermés  dans  des  coflres  mal- 
propres où  ils  s'oxydent  ou  se  couvrent  de  poussière  ? 
Parfois  aussi,  ils  sont  mal  gardés  et  exposés  aux  voleurs, 
ce  qui  n'est  pas  aujourd'hui  un  danger  imaginaire,  puis 
que,  dans  ces  derniers  mois,  plusieurs  églises  de  Notre 
diocèse  ont  été  visitées  pendant  la  nuit  par  des  malfai- 
teurs. Enfin,  Messieurs  les  Curés  et  Recteurs  peuvent  être 
surpris  par  des  brocanteurs  de  passage  qui  leur  font  des 
offres  merveilleuses  en  échange  d'objets  qui  sont  jugés 
sans  utilité  pratique  et  sans  valeur  apparente,  alors  qu'au 


-  10  - 

point  de  vue  de  Tart  et  de  Tantiquité  ils  ont  un  prix  con- 
sidérable. C'est  ainsi  que  dans  diflérents  diocèses  beau- 
coup d'églises  ont  été  dépouillées  de  ce  qu'elles  avaient  de 
plus  précieux.  La  Commission  instituée  par  Nous  se  fera 
un  devoir  de  connaître  tous  les  objets  de  prix  renfermés 
dans  nos  églises  et  nos  sacristies  ;  elle  saura  ensuite  pren- 
dre les  mesures  nécessaires  pour  en  assurer  la  conserva- 
tion et  le  bon  entretien. 

IV.  —  Avec  les  objets  que  Nous  venons  d'énumérer, 
nos  églises  possèdent  aussi  beaucoup  de  vieilles  statues 
dont  plusieurs  font  assez  triste  figure  dans  des  bâtiments 
nouvellement  restaurés  ou  reconstruits.  Quelques-unes 
parmi  ces  dernières  méritent  assurément  d'être  conser- 
vées, ce  sont  celles  auxquelles  la  dévotion  des  fidèles  s'est 
attachée  d'une  manière  particulière.  Peu  importe  d'ailleurs 
qu'elles  provoquent  le  sourire  railleur  des  visiteurs  étran- 
gers. Dès  lors  qu'elles  favorisent  la  piété  des  fidèles,  cela 
doit  nous  suffire,  car  la  première  mission  de  l'Église  et  de 
ses  pasteurs  ce  n'est  pas  de  faire  des  œuvres  d'art,  mais 
de  sanctifier  les  âmes  par  la  prière  et  la  confiance  en  Dieu 
et  en  ses  Saints. 

Assurément  plusieurs  de  ces  statues  sont  condamnées 
à  disparaître  des  églises  où,  au  lieu  d'être  un  ornement, 
elles  ne  sont  plus  qu'une  superfétation  et  un  embarras  ; 
mais  au  lieu  de  les  détruire,  comme  cela  est  arrivé  quel- 
ques fois,  ou  de  les  reléguer  dans  un  coin  du  cimetière 
ou  du  jardin  du  presbytère  où  elles  achèvent  de  tomber 
en  ruine,  ne  serait-il  pas  mieux  de  les  réunir  dans  une 
salle  appropriée  à  cette  destination  et  qui  prendrait  le 
nom  de  Musée  d'Archéologie  religieuse?  Depuis  quelques 
temps  déjà,  M.  le  Curé  de  Saint-Louis,  à  Brest,  a  eu  cette 
même  pensée  et  a  approprié  dans  cette  ville  un  local 
convenable  où,  grâce  au  concours  d'hommes  aussi  dévoués 


—  11  — 

que  compétents,  les  débris  du  passé  viennent  trouver  un 
honorable  refuge.  Nous  ne  pouvons  que  louer  son  entre 
prise,  tout  en  reconnaissant  qu*un  seul  établissement  de 
ce  genre  ne  saurait  suffire  dans  un  diocèse  vaste  et  riche 
en  statues  comme  est  le  nôtre.  C'est  pourquoi  Nous  avons 
la  pensée  de  transformer  quelques  pièces  basses  et  inoc- 
cupées de  Notre  Évèché  en  une  grande  et  vaste  salle  qui 
pourrait  être  ouverte  au  public  et  où  Nous  recevrions 
avec  empressement  les  vieilles  statues  hors  d'usage.  En 
cela,  je  Tespère,  Nous  serons  aidé  par  les  membres  de  la 
Commission  et  aussi  par  le  Ministère  des  cultes. 

V.  —  La  Commission  établie  par  Nous  sera  composée 
de  membres  résidants  qui  sont  choisis  soit  à  Quimper, 
soit  dans  le  voisinage,  afin  qu'ils  puissent  facilement, 
quand  il  sera  besoin,  se  réunir  à  l'Évèché  sous  Notre  pré- 
sidence. Elle  a  en  outre,  dans  les  différentes  parties  du 
diocèse,  des  membres  correspondants  dont  le  rôle  prin- 
cipal sera  de  signaler  aux  membres  résidants  les  décou- 
vertes qu'ils  pourront  faire  et  aussi  de  leur  fournir,  quand 
ils  en  seront  priés,  tous  les  renseignements  nécessaires 
ou  utiles.  Les  membres  correspondants  pourront,  s'ils  le 
désirent,  assister  aux  séances  ordinaires  de  la  Commis- 
sion, mais  ils  ne  seront  convoqués  nominativement  que 
pour  les  réunions  générales. 

Enfin,  comme  la  Commission  établie  par  Nous  serait 
impuissante  à  remplir  sa  mission  sans  le  concours  de 
MM.  les  Recteurs  et  de  MM.  les  Curés,  et  que  d'dilleurs 
ceux-ci  ne  seraient  pas  toujours  à  même  de  Nous  rendre 
service,  si  les  connaissances  en  matière  d'art  et  de  cons- 
truction ne  se  vulgarisaient  un  peu  dans  le  diocèse.  Nous 
avons  résolu  d'établir  dans  Notre  Grand-Séminaire  un 
cours  élémentaire  d'archéologie  et  d'architecture  religieu- 
sed.  Là  nos  futurs  prêtres,  après  s'être  instruits  des  prin- 


—  12  — 

cipes  généraux  qui  sont  à  la  base  de  ces  deux  sciences, 
s'appliqueront  d'une  manière  toute  spéciale  à  Tétude  de 
nos  monuments  bretons,  non  pas  seulement  au  point  de 
vue  du  style  et  de  la  décoratiofi,  mais  encore  et  surtout 
au  point  de  vue  du  passé  et  de  Thistoire  locale.  Ainsi  ces 
études  souvent  arides  et  fastidieuses  deviendront  agréables 
et  doublement  instructives.  M.  Abgrall,  chanoine  hono- 
raire de  Notre  Cathédrale,  et  -parfaitement  connu  dans 
tout  le  Finistère  par  ses  études  et  ses  travaux  en  architec- 
ture, a  bien  voulu  se  charger  de  l'organisation  et  de  la 
direction  de  ce  nouveau  cours.  Nous  Ten  remercions  et 
sans  vouloir  le  flatter,  Nous  aimons  à  lui  prédire  de 
prompts  et  réels  succès. 

VI.  —  En  conséquence.  Nous,  François-Virgile,  évéque 
de  Quimper  et  de  Léon,  avons  ordonné  et  ordonnons  ce 
qui  suit  : 

Art.  I. 

Il  est  établi  dans  Notre  Grand-Séminaire  une  chaire 
d'Archéologie  et  d'Architecture  religieuses,  et  Nous  nom- 
mons professeur  de  ce  nouveau  cours  M.  Abgrall,  cha- 
noine honoraire,  aumônier  de  l'Hôpital  civil  et  militaire 
de  Quimper. 

Art.  il 

Il  est  institué  dans  Notre  Diocèse  une  Commission 
d'Archéologie  et  d'Architecture  dont  le  principal  devoir 
sera  de  veiller  à  là  conservation  et  au  bon  entretien  de 
nos  monuments  religieux  et  du  mobilier  de  nos  églises 
et  de  nos  sacristies. 

Art.  IIL 

La  dite  Commission  sera  appelée  à  donner  son  avis 
toutes  les  fois  qu*il  s'agira  pour  nos  églises,  chapelles  ou 
autres  monuments,  de  reconstruction,  réparations,  agran- 


—  13  — 

dissemenis  ou  remaniements  quelconques.  Cet  avis  sel*a 

prépondérant. 

Art.  IV. 

Sont  soumis  aux  mêmes  règlements  que  les  édifices  reli- 
gieux :  les  autels,  retables,  chaires  à  prêcher,  fonts  baptis- 
maux, tables  de  communion,  confessionnaux,  vitfaux^et 
autres  meubles  importants. 

Art.  V. 

Nul  objet  mobilier,  quel  qu*il  soit,  dès  qu*il  parait  avoir 

un  caractère  artistique  ou  archaïque,  ne  pourra  être 

vendu,  échangé  ou  même  modifié,  sans  avis  préalable  de 

la  Commission  et  sans  une  autorisation  formelle  de  Notre 

part. 

Art.  VI. 

Sont  nommés  membres  de  la  Commission  : 

Membres  ecclésiastiques  : 

MM.  PsYROiN,  chanoine  titulaire  de  la  Cathédrale,  aumô- 
nier du  Sacré-Cœur  ; 

Abgrall,  chanoine  honoraire,  aumônier  de  THôpital 
civil  et  militaire  ; 

Bargilliat,  chanoine  honoraire,  aumônier  de  la  Pro- 
vidence ; 

Thomas,  chanoine  honoraire,  aumônier  du  Lycée. 

Membres   iaYques  : 

.UM.  DU  Chatellier,  archéologue  ; 

GuÉRiN,  inspecteur  des  édifices  diocésains. 

Membres  correspondants  : 

Arrondissement  de  Brest   (partie  basse)   :   M.  Jourdan 

DE  LA  Passardière,  ingéuicur  ; 
Arrondissement  de  Brest  (partie  haute)  :  M.  Stéphax. 

recteur  de  Plounéour-Trez  ; 


—  14  — 

Arrondissement  de  ChdUanlin  :  M.  Guirriec,  recteur  de 

Locmaria-Berrien  ; 
Arrondissement  de  Morlaix  :  M.  Clech,  professeur  de 

dessin  au  collège  de  Saint-Pol  ; 
Arrondissement  de   Quimper  :  Mi   Le  Bris,   professeur 

d^Archéologie  au  Séminaire  de  Pont-Croix  ; 
Arrondissement  de   Quimperlé  ;  M.  de  Brémond  d'Ars, 

archéologue. 

Donné  à  Quimper,  en  Notre  palais  épiscopal,  sous  Notre 
seing  et  le  sceau  de  Nos  armes  et  le  contre -seing  du 
Secrétaire  général  de  Notre  Évéché,  le  5  Novembre  1900. 

t  FRANÇOIS-VIRGILE, 

Par  landement  :  Évêque  de  Quimper  et  de  Léon. 

F.  VIEILLE  CESSAY, 

Ch.  hoD., 
Secr,  gén.  de  VÉvéché,    . 


Les  membres  de  la  Commission  d'Architecture  et  d'Ar- 
chéologie, établie  par  la  lettre-circulaire  de  Monseigneur 
l'Évêque,  se  sont  réunis  en  première  séance  le  22  Novem- 
bre 1900.  Sa  Grandeur  a  désigné  M.  l'abbé  Abgrall  pour 
remplir  les  fonctions  de  vice-président,  et  M.  l'abbé  Peyron 
pour  remplir  celles  de  secrétaire  de  la  Commission.  On  a 
décidé,  de  plus,  la  rédaction  de  statuts  ou  règlements  indi- 
quant les  attributions  et  fonctionnement  de  cette  Com- 
mission. 

Ces  statuts,  élaborés  par  MM.  Bargilliat  et  Abgrall,  ont 
été  lus  à  la  seconde  séance  du  27  Décembre  1900  et  fixés 
définitivement  le  29  Janvier  1901,  en  une  séance  générale 
à  laquelle  assistaient  les  membres  titulaires  et  les  mem- 
bres correspondants. 

Voici  la  teneur  de  ces  règlements  : 


—  15  — 


RÈGLEMENTS 


DE  LA 


GOnDSSIOl  DIOCÉSiUlE  D'ARCHITECTURE  à  D'ARCHÉOLOGIE 

Bublie  ptr  ofdoBunce  de  HomeigDear  l'Ëiéque  de  Quoper 

en  date  du  5  Novembre  1900. 


Article  1. 

La  Commission  diocésaine  d'Architecture  et  d'Archéo- 
logie se  compose  de  membres  titulaires  et  de  membres 
correspondants  et  fonctionnera  sous  la  présidence  de 
Monseigneur  TÉvéque,  qui  se  réserve  le  choix  des  mem- 
bres et  la  désignation  de  ceux  qui  devront  remplir  les 
charges  de  vice-président  et  de  secrétaire. 

Art.  2. 

Les  membres  titulaires  se  réuniront  en  séance  une  fois 
par  mois,  dans  une  des  salles  de  TÉvéché,  à  un  jour  et  à 
une  heure  fixés  à  Tavance. 

Art.  3. 

Dans  ces  réunions  la  Commission  examinera  les  projets, 
plans  et  devis  de  constructions  d'églises,  chapelles  et  pres- 
bytères, ainsi  que  les  projets  de  réparations,  d'agrandis- 
sements et  remaniements  de  ces  édifices.  Elle  donnera  son 
avis  sur  l'opportunité  de  ces  travaux  et  sur  les  modifî- 
Cfitions  et  améliorations  qu'on  pourrait  apporter  aux  plans 
et  devis. 

Art.  4. 

On  devra  également  soumettre  à  la  Commission  les 
projets  d'une  certaine  importance  relatifs  au  changement, 


—  16  — 

remplacement  ou  exécution  nouvelle  du  mobilier  d'égli- 
ses :  autels,  retables,  chaires  à  prêcher,  fonts  baptismaux, 
tables  de  communion,  confessionnaux,  vitraux,  peintures. 
Les  plans,  dessins  et  devis  de  ces  travaux  devront  être 
exactement  dressés  à  l'avance,  pour  éviter  toute  surprise 
et  mécompte,  faute  de  style  ou  vice  d'exécution. 

Art,  ô. 

Nul  objet  mobilier,  dès  qu'il  parait  avoir  un  caractère 
artistique  ou  archaïque,  ne  pourra  être  vendu,  échangé 
ou  même  modifié  sans  l'avis  préalable  de  la  Commission 
et  sans  une  autorisation  formelle  de  Mgr  l'Évéque.  Pour 
les  acquisitions  importantes,  la  Commission  se  met  volon- 
tiers à  la  disposition  des  intéressés  pour  les  guider  dans 

leur  choix. 

AH.  6. 

Le  Secrétaire  dressera  procès- verbal  des  questions  trai- 
tées en  séance,  et  se  chargera  de  la  correspondance  rela- 
tive à  l'objet  des  études  de  la  Commission  :  il  avisera  en 
outre  chacun  des  membres  du  jour  et  de  l'heure  de  la 
réunion  mensuelle. 

Art.  7. 

Outre  les  membres  titulaires  se  réunissant  une  fois  par 
mois,  la  Commission  comprend  des  membres  correspon- 
dants, résidants  en  différents  points  du  diocèse  et  qui 
seront  convoqués  spécialement  deux  ou  trois  fois  par  an 
pour  une  réunion  générale  à  Quimper. 

Art  8. 

Le  rôle  des  membres  correspondants  sera  de  concourir 
avec  les  membres  titulaires  à  dresser  une  statistique  aussi 
complète  que  possible  de  tous  les  monuments  religieux 
remarquables  du  diocèse,  ainsi  que  la  liste  des  objets 
mobiliers  ayant  une  valeur  artistique  :  cette  nomenclature 


—  17  — 

servira  de  base  à  une  description  détaillée  de  ces  monu- 
ments ou  objets.  La  Commission  recueillera  également  les 
monuments  écrits,  cartulaires,  pièces  d*archives,  ayant 
trait  à  Thistoire  de  nos  églises,  chapelles,  monastères  et 
lieux  de  pèlerinages.  La  lecture  de  ces  études  occupera 
une  partie  des  séances  mensuelles. 

Art.  9. 

Pour  qu'un  plus  grand  nombre  puisse  profiter  de  ces 
travaux  artistiques,  archéologiques  et  historiques,  il  sera 
fondé  pour  leur  diffusion  un  organe  qui  prendra  le  titre 
de  :  Bulletin  de  la  Commission  diocésaine  d'Archéologie  et 
d'Architecture,  paraissant  tous  les  deux  mois.  MM.  les 
membres  du  clergé  seront  invités  à  s'y  abonner  ainsi  que 
les  personnes  du  monde  qui  s'intéressent  à  ce  genre  d'étu- 
des et  à  l'histoire  monumentale  du  pays. 

Art.  10. 

Il  sera  créé  dans  le  palais  épiscopal  un  musée  religieux 
pour  réunir  les  statues,  bas-reliefs,  fragments  de  sculptu- 
res, peintures,  vitraux,  broderies,  livres  liturgiques  qui 
seraient  hors  d'usage  et  qui  pourraient  former  une  col- 
lection propre  à  l'étude  de  l'art  dans  notre  région.  Les 
membres  de  la  Commission  s'emploieront  à  organiser  et 
à  enrichir  ce  musée  ;  et  la  publicité  du  Bulletin  pourra  y 
concourir  d'une  manière  très  efficace. 

AH.  11. 

Le  comité  d'art  religieux,  fondé  à  Brest  en  1898,  et  qui 
a  déjà  son  musée  spécial,  est  rattaché  à  la  Commission 
centrale  de  Quimper  et  formera  une  deuxième  section, 
continuant  à  recevoir  dans  son  musée  les  objets  de  cette 
partie  du  diocèse.  Une  troisième  section  sera  formée  pour 
le  pays  de  Morlaix  et  Saint-Pol-de-Léon. 


Bulletin  de  la  Commission  diocj^saine.  —  1*^*  année. 


18  — 


LETTRE  DE  MONSEIGNEUR  L'ÉVÉQUE 

Q/i  MM.  led  Membteâ  de  la  Commiààion  diocéàaine 
d'Azchitectute  et  d'Atchéologie. 


Messieurs, 

J'avais  à  vous  remercier  de  l'accueil  si  bienveillant  que 
vous  avez  fait  à  ma  modeste  circulaire  du  5  Novembre 
dernier,  et  en  même  temps  de  l'empressement  si  dévoué 
que  vous  avez  mis  à  constituer  notre  Commission  diocé- 
saine d'Architecture  et  d'Archéologie.  C'est  donc  volon- 
tiers et  avec  joie  que  je  vous  adresse  aujourd'hui  et  mes 
remerciements  et  mes  félicitations.  Mes  remerciements, 
car  vous  avez  fait  une  œuvre  utile  à  Notre  Diocèse  et  par- 
ticulièrement chère  au  cœur  de  votre  Évêque  ;  mes  félici- 
tations, car  désormais  votre  Commission  est  fondée  :  elle 
a  sa  vie  propre  avec  des  statuts  bien  définis.  Tous  ensem- 
ble nous  travaillerons  à  sa  conservation,  à  son  développe- 
ment et  à  ses  succès  sur  le  terrain  pratique. 

Déjà  un  de  vos  membres,  M.  le  chanoine  Abgrall,  a 
donné  ses  premières  leçons  aux  élèves  de  Notre  Grand- 
Séminaire.  Ceux-ci  auront  à  s'occuper,  pendant  le  temps 
de  leurs  vacances,  des  curiosités  archéologiques  qu'ils 
pourraient  rencontrer  :  ils  en  feront  dans  la  mesure  du 
possible  l'historique  et  la  description  qu'ils  apporteront 
à  leur  savant  professeur.  M.  le  chanoine  Peyron  revise 
les  cartulaires  de  nos  cathédrales  et  de  nos  principales 
églises  pour  les  communiquer  à  votre  Commission.  En 
même  temps  M.  l'architecte  Guérin  s'occupe  de  l'aména- 
gement de  la  salle  destinée  à  recevoir  nos  vieilles  statues 
bretonnes.  D'autre  part  le  clergé  et  les  conseils  de  fabri- 


—  lo- 
que de  Notre  Diocèse,  approuvent  hautement  votre  œuvre 
et  vous  témoignent  une  véritable  confiance,  puisque  plu- 
sieurs plans  de  constructions  et  de  réparations  vous  ont 
été  soumis  et  que  vos  observations  ont  été  justement 
appréciées. 

Dans  votre  dernière  réunion  qui  fut  la  première  réu- 
nion générale,  à  laquelle  assistaient  les  membres  rési- 
dants et  les  membres  correspondants,  vous  avez  voté  vos 
statuts  et  pris  deux  décisions  qui  me  paraissent  d*une 
haute  importance.  Par  la  première  vous  avez  décidé  que 
la  petite  association  arcliéologique  récemment  établie 
dans  la  ville  de  Brest  vous  serait  rattachée  à  titre  de 
deuxième  section  et  vous  avez  invité  le  clergé  et  les  laïcs 
de  Morlaix  à  créer  dans  cette  ville,  aux  mêmes  condi- 
tions, une  troisième  section,  la  première,  celle  de  Quimper 
pouvant  facilement  étendre  son  action  et  son  influence 
aux  trois  autres  arrondissements  du  Finistère.  C'est  là 
une  décision  sage,  puisqu'ainsi  nous  intéresserons  beau- 
coup de  personnes  à  notre  œuvre,  et  que  nos  efforts 
pourront  s'étendre  plus  facilement  à  tout  le  Diocèse  et 
saisir  mieux  Tensemble  comme  le  détail  de  nos  richesses 
archéologiques. 

Dans  cette  même  séance  vous  avez  pris  une  seconde 
résolution,  celle  de  créer  un  Bulletin  pour  rendre  compte 
de  vos  travaux  et  faire  connaître  au  public  le  résultat  de 
vos  découvertes  et  de  vos  études.  Ceci  est  mieux  encore. 
Il  serait  dommage,  en  effet,  que  le  clergé  de  Notre  Diocèse 
et  les  amateurs  d'archéologie,  nombreux  dans  ce  pays, 
ignorent  tout  à  la  fois  et  les  doctes  leçons  qui  se  donnent 
dans  Notre  Séminaire,  et  les  nombreux  cartulaires  que 
vous  aurez  entre  les  mains,  et  les  monuments  si  remar 
quables  que  vous  devrez  décrire  et  enfin  les  sages  déci 
sions  que  vous  ne  manquerez  pas  de  rendre  quand  elles 
vous  seront  demandées.  Votre  Bulletin  nous  redira  toutes 


—  20  — 

ces  choses,  sans  jamais  rien  omettre  de  ce  qai  pourra 
intéresser  vos  lecteurs.  Ainsi  après  une  série  d'années 
vous  aurez  jeté  les  bases  d'un  ouvrage  que  le  monde 
savant  attend  depuis  longtemps  :  l'Histoire  de  Tart  reli- 
gieux en  Bretagne  depuis  les  origines  du  christianisme, 
jusqu'à  nos  jours. 

Vous  m'avez  demandé,  Messieurs,  et  vous  vous  êtes 
demandé  à  vous-mêmes  si  ce  Bulletin  avait  chance  de 
vie  et  s'il  trouverait  assez  de  lecteurs  pour  le  faire  vivre.* 
Je  vous  ai  répondu  sans  hésiter  que  vous  ne  pouvez  un 
seul  instant  douter  du  résultat.  Les  Bretons  aiment  trop 
leur  pays,  ses  monuments  et  sa  foi  pour  ne  pas  s'intéres- 
ser vivement  aux  efforts  que  vous  allez  faire  et  ne  pas 
contribuer  dans  la  mesure  du  possible  à  la  réussite  de 
votre  entreprise.  La  modicité  de  vos  prix  mettant  votre 
travail  à  la  portée  de  toutes  les  bourses,  non  seulement 
le  clergé  et  les  laïcs  instruits,  mais  les  gens  du  peuple 
eux-mêmes  voudront  s  abonner  à  votre  Bulletin  et  s'ins- 
truire à  vos  leçons.  Qui  sait?  Peut  être  qu'un  jour  et 
bientôt  vous  pourrez  illustrer  vos  pages  par  des  gravures 
et  des  reproductions  auxquelles  vous  n'avez  pas  osé  son- 
ger dès  le  début.  Tout  vient  à  qui  sait  attendre  et  nul 
effort  ne  demeure  complètement  stérile. 

Daignez  agréer.  Messieurs,  Fassurance  de  mes  senti- 
ments reconnaissants  et  dévoués. 

f  FRANÇOIS-VIRGILE, 

Évique  de  Quimper  et  de  Léon. 


—  21  — 

La  Commission  diocésaine  d'Architecture  et  d'Archéo- 
logie fondée  par  Monseigneur  l'Évêque  de  Quimper,  vou- 
lant rendre  des  services  réels  et  pratiques  et  répondre 
efficacement  au  but  pour  lequel  elle  a  été  créée,  a  résolu 
de  publier  un  Bulletin  où  seront  étudiés,  classés  et  décrits 
en  détail  tous  les  monuments  religieux  de  notre  diocèse, 
ainsi  que  les  innombrables  objets  d'art  que  ces  monu- 
ments renferment  et  qui  sont  pour  notre  pays  un  vérita- 
ble trésor  artistique.  Quelques-uns  de  ces  monuments 
ont  déjà  été  décrits,  mais  plusieurs  n'ont  point  encore 
été  signalés  et  restent  pour  ainsi  dire  inconnus,  les  publi- 
cations qui  pourraient  s'en  occuper  ne  pouvant  suffire  à 
ce  travail.  Le  Bulletin  de  la  Société  Archéologique  du 
Finistère,  qui  a  dans  ses  attributions  ce  genre  d'études, 
doit  consacrer  ses  colonnes  à  d'autres  mémoires  très 
variés. 

La  création  d'un  Bulletin  spécial  sera  donc  chose  fort 
utile.  Si  des  provinces  bien  plus  pauvres  que  la  nôtre  ont 
depuis  longtemps  publié  la  description  de  leurs  monu- 
ments, cette  publication  est  plus  que  désirable  pour  notre 
Bretagne,  où  les  .édifices  religieux  sont  si  nombreux,  si 
originaux  et  si  pittoresques. 

Dans  le  clergé,  dans  les  classes  instruites  et  même  dans 
le  peuple  on  souhaite  bien  souvent  d'avoir  un  ouvrage 
spécial  traitant  de  notre  architecture  locale,  de  notre  art 
breton.  Les  quelques  notices  qui  ont  été  écrites  sur  ce 
sujet  sont  dispersées  dans  différentes  revues,  hors  de  la 
portée  du  commun  et  à  peu  près  introuvables.  Réunir  en 
un  seul  corps  tous  les  documents  ayant  trait  à  nos  œuvres 
architecturales,  sera  chose  utile  et  précieuse. 

C'est  ce  que  Ton  se  propose  d'obtenir  par  la  création 
de  ce  Bulletin,  qui  paraîtra  tous  les  deux  mois,  en  un 
fascicule  de  48  pages. 


M.  Abgrall  se  propose  d  y  mettre  à  profit  ses  notes  con- 
cernant nos  églises,  chapelles,  calvaires,  ossuaires,  etc. 

M.  le  chanoine  Peyron  commence,  dès  ce  premier  nu- 
méro, la  publication  du  Cartulaire  de  la  Cathédrale  de 
Quimper,  et  donnera  dans  la  suite  les  nombreux  docu- 
ments qu'il  recueille  depuis  de  longues  années. 

Les  autres  membres  de  la  Commission,  tant  résidants 
que  correspondants,  nous  ont  promis  un  concours  que 
nos  lecteurs  sauront  apprécier.  Nous  faisons  d'ailleurs 
appel  à  toutes  les  bonnes  volontés  pour  compléter,  enri- 
chir et  au  besoin  rectifier  nos  articles.  Pourquoi  chacun 
de  nos  lecteurs  ne  se  ferait-il  pas  notre  correspondant 
pour  nous  communiquer  les  renseignements  qui  sont  à 
sa  connaissance  ? 

Nous  souhaitons  que  notre  œuvre  trouve  beaucoup 
d'adhérents,  car  nous  l'entreprenons  non  point  par  un 
sentiment  de  vanité  personnelle,  mais  pour  honorer  notre 
patrie  bretonne,  pour  glorifier  nos  pères,  qui  nous  ont 
légué  tant  de  merveilles,  et  pour  rendre  à  nos  saints 
d'Armorique  le  culte  qu'ils  méritent  ;  c'est  en  l'honneur 
de  ces  saints  qu'ont  été  construites  nos  églises,  nos  cha- 
pelles et  même  nos  fontaines  ;  c'est  pour  perpétuer  leur 
souvenir  que  la  piété  bretonne  a  conservé  tant  de  vieilles 
images  et  d'antiques  statues  ;  ce  sera  travailler  encore 
pour  eux  que  d'énumérer  et  de  décrire  tous  ces  précieux 
restes  du  passé. 

LA  RÉDACTION. 


—  23  — 


STATISTIQUE  MONUMENTALE 

BU    DIOCÈSE    DE    QUIMPER    ET    DE    LÉON 

Par  M.  TAbbé  J.-M.  ABGRALL, 

Chanoine  honoraire, 

A«i6nier  de  l'Hôpital  de  Qainper,  Correspondant  de  la  Commission  des  Monuments 

historiqnes,  Professear  d'Arehëologie  au  Graud-Sèminaire. 


Cette  Statistique  se  composera  : 

l»  De  la  nomenclature,  par  ordre  chronologique  aussi 
exactement  qu'il  sera  possible,  des  églises  monumentales 
du  diocèse,  parties  d'églises  et  chapelles  remarquables, 
des  clochers,  porches  et  portes  ornementées,  fenêtres, 
roses  et  rosaces,  arcs  de  triomphe,  chapelles  funéraires, 
ossuaires,  croix,  calvaires,  fontaines  saintes,  cloîtres  an- 
ciens, salles  capitulaires. 

2p  De  la  liste  du  mobilier  artistique  :  autels  et  retables, 
jubés,  chancels  et  clôtures  de  chœur,  stalles,  portes  sculp- 
tées, chaires  à  prêcher,  cuves  et  baldaquins  de  fonts  bap- 
tismaux,  bénitiers  en  pierre  et  en  bronze,  statues,  grou- 
pes, bas-reliefs,  niches  à  volets,  sépulcres  de  Notre-Sei- 
gneur,  tribunes  et  buffets  d'orgues,  tombeaux  et  sarco- 
phages, vitraux,  tableaux  et  peintures,  bannières  et  orne- 
ments brodés,  croix  de  procession,  calices,  patènes,  osten- 
soirs, reliquaires,  châsses,  lampes,  chandeliers  et  autres 
pièces  d'orfèvrerie,  inscriptions  de  cloches,  inscriptions 
votives  et  commémoratives. 

Rien  qu'en  faisant  défiler  devant  nous  tous  ces  monu- 
ments et  ces  objets  précieux,  nous  donnerons  un  aperçu 
abrégé  de  l'histoire  artistique  de  notre  pays,  comme  on 
fait  le  sommaire  de  l'histoire  d'une  nation  en  dressant  un 


—  24  — 

simple  tableau  chronologique  de  ses  souverains,  de  ses 
guerriers,  de  ses  héros,  de  ses  personnages  remarquables 
et  de  ses  événements  importants. 

Plus  tard,  on  pourra  étudier  en  détail  et  décrire  ces 
édifices  et  ces  œuvres  précieuses,  et  nous  pourrons  cons- 
tater avec  fierté  qu'il  y  a  eu  autrefois  chez  nous  une  vie 
artistique  intense,  que  nous  sommes  riches  au  point  de 
ne  le  céder  à  aucune  autre  province,  et  que  nous  l'empor- 
tons sur  toutes  pour  Toriginalité  et  le  pittoresque  de  notre 
architecture  bretonne. 


PEEMIÈRE    PARTIE 


PÉRIODE    LATINE 

Lanmeur.  —  Crypte  de  saint  Mélar,  avec  six  piles  et 
arcades  de  Téglise  paroissiale  qui  la  surmonte,  544. 

Édifices  de  date  incertaine,  peut-être  antérieurs  à  Tan 
mil,  ayant  très  sensiblement  une  apparence  carlovin- 
gienne  : 

lle-de-Batz.  —  Église  ensablée  de  Saint-Pol. 

Loc-Maria-Quimper.  —  Peut-être  du  ix®  siècle. 

Locquénolé.  —  Nef  et  transept. 

Plougasnou.  —  Quelques  piliers  et  arcades  du  côté  Midi 
de  la  nef. 

Ploujean.  —  Piles  carrées  et  arcades  de  la  nef. 

Tréflez.  —  Ruines  de  la  chapelle  de  Saint-Guévroc. 


PÉRIODE     ROMANE 

Z/«  nècle. 

Crozon.  —  Petit  arc  triomphal  à  la  chapelle  de  Saint 
Jean. 


—  25  — 

Fouesnant.  —  Nef  et  transept,  entrée  du  chœur. 

Landévennec.  —  Église  abbatiale  en  ruine. 

Loc-Maria-Quimper.  —  Nef  et  transept,  s'ils  ne  sont  pas 
du  IX®  siècle. 

Loctudy.  —  Toute  Téglise,  sauf  la  façade  Ouest. 

Meilars.  —  Piles  et  arcades  de  la  nef. 

Plouguer.  —  Quatre  arcades  Nord  de  la  nef,  une  arcade 
Midi  maçonnée. 

Plouhinec.  —  Petit  oratoire  ruiné  de  Saint-Tugdual, 
près  de  la  chapelle  de  Saint-Jean  de  Locquéran. 

Sainte-Croix  de  Quimperlé.  —  Église  abbatiale,  1083- 
1089. 

Scaër.  —  Nef  de  la  chapelle  de  Coadry. 
Id.         Ancienne  église,  reconstruite. 

Z/Je  Hècle. 

Bénodet.  —  Nef  de  la  chapelle  de  Perguet. 

Châteaulin.  —  Piles  et  arcades  remaniées  de  la  chapelle 
de  Notre-Dame. 

Cléden-Cap-Sizun.  —  Arcades  du  chœur. 

Daoulas.  —  Église  abbatiale,  1167.  —  Cloître. 

Landudec.  —  Piles  et  arcades  du  chœur. 

Lanmeur. — Porche  Sud  de  Téglise  paroissiale. 

Id.  Nef  et  transept  de  la  chapelle  de  Kernitroun. 

Loctudy.  —  Petite  chapelle  du  cimetière,  arcade  romane. 

Mahalon.  —  Deux  piles  et  une  arcade  de  la  nef. 

Penhars.  —  Trois  piles  et  arcades  de  l'ancienne  église, 
reconstruite. 

Peumerit.  —  Arcades  du  chœur. 

Plougonvelin.  —  Façade  Ouest  et  mur  du  bas  côté  Nord 
de  l'église  abbatiale  de  Saint-Mathieu. 

Plouhinec.  —  Ruines  de  Saint-Jean  de  Locquéran. 

Plounéour-Ménez.  -—  Église  abbatiale  du  Relecq,  1132. 

Plounévez-Lochrist.  —  Clocher  de  Lochrist. 

Plovan.  —  Ruines  de  l'église  de  Languidou,  1166. 

Plozévet.  —  Piles  et  arcades  de  la  nef. 

Plugufian.  —  Piles  et  arcades  du  chœur. 


—  26  — 

Pont-Croix.  —  Nef,  chœur,  collatéral  Nord,  1160- H70. 
Pont-rAbbé.  —  Église  de  Lambour. 
Pouldergat.  —  Chœur. 

Poullan.  —  Chapelle  de  Kérinec,  chœur  et  transept. 
Quimperlé.  —  Ruines  de  Saint  Colomban. 
Saînt-Pol-de-Léon.  —  Portion  extérieure  du  transept 
Nord,  1171. 
Treffiagat.  —  Chœur. 


PÉRIODE     OGIVALE 

XIIl^  siècle. 

Bénodet.  —  Chœur,  abside,  1241. 

Coat-Méal..  —  Quelques  arcades  et  porche. 

Martyre  (La).  —  Clocher. 

Notre-Dame  de  TAssomption  de  Quimperlé.  —  Nef. 

Plonéour-Lanvern.  —  Chœur  de  Langui voa. 

Pont-Croix.  —  Deux  travées  du  sanctuaire. 

Poullan.  —  Nef  de  Kerinec. 

Rosporden.  —  Nef  et  clocher. 

Saint-Corentin  de  Quimper.  —  Chœur,  1239-1261,  cha 
pelle  absidale,  et  une  partie  des  collatéraux. 

Sainte-Croix  de  Quimperlé.  —  Ruines  de  Téglise  des 
Dominicains.  (Couvent  de  la  Retraite.) 

Saint-Pol-de-Léon.  —  Cathédrale,  portail  Ouest,  clo- 
chers, nef,  porche  Midi,  1237-1275. 

XIV^  siècle. 

Folgoët  (Le).  —  Commencé  en  1365. 

Pont-l'Abbé.  —  Notre-Dame  des  Carmes,  1383. 

Saint-Corentin  de  Quimper.  —  Collatéraux  du  chœur, 
1335. 

Saint  Pol-de  Léon.  —  Chœur  et  clocher  du  Creisker, 
1345-1399. 

Il  faut  noter  que  presque  tout  ce  siècle  a  été  occupé 
par  des  guerres,  et  particulièrement  par  la  querelle  des 
Blois  et  des  Monfort. 


-  27  — 

ZF«  nède. 

Brennilis.  —  1485. 

Folgoêt  (Le).  —  Consécration  en  1419. 

Landrévarzec.  —  Chapelle  de  Notre-Dame  de  Quilinen. 

Locronan.  — 1483. 

Martyre  (La).  —  Nef,  chœur,  porche. 

Notre-Dame  de  TAssomption  de  Quimperlé.  —  Chœur, 
clocher  et  porches. 

Penmarc'h.  —  Saint  Guénolé,  1488. 

Pleyben.  —  Chapelle  de  N.  D.  de  Lannellec,  1490. 

Plonévez-du-Faou.  —  Église  de  Saint-Herbot,  1498-1516. 

Plougonven.  —  1481-1518. 

Plouvien.  —  Chapelle  de  Saint- Jean-Balanan. 

Plouvorn.  —  Chapelle  de  N.-D.  de  Lambader,  recons- 
truite. 

Saint-Corentin  de  Quimper.  —  Façade  Ouest,  nef  et  col- 
latéraux, 1424-1501. 

Saint  Jean-du  Doigt.  —  1440-1513. 

Saint-Melaine  de  Morlaix.  —  Église  paroissiale,  1487. 
Id.  id.  Ruines  de  N.-D.  des  Fon- 

taines, 1424-1435. 

Saint-Pol  de-Léon.— Chœur  de  la  cathédrale  et  transept. 
Id.  Nef  de  N.-D.  du  Créisker, 

Id.  Église  Saint-Pierre. 

Trémaouézan.  —  Église  paroissiale 


PÉRIODE     DE     LA    RENAISSANCE 
avec  mélange  tt  parmananca  du  atyla  ogival-flamboyant. 

XVI^  siècle. 

Bodilis.  —  1579. 

Brasparts.  — 1551-1591. 

Carhaix.  —  Portail  et  clocher,  1529-1535. 

Cléden-Cap-Sizun.  —  Nef,  porche,  clocher. 

Dirinon.  — 1583-1588-1618. 

Ergué-Gabéric.  —  Église  paroissiale,  1516. 

Id.  Chapelle  de  N.-D.  de  Kerdévot. 


—  28  — 

Ergué-Gabéric.  —  Chapelle  de  Saint-Guénolé. 
Forét-Fouesnant  (La). 

Gouézec.  —  Chapelle  de  N.-D.  des  Fontaines. 
Goueznou.  —  1507-1615. 
Goulien.  —  Chapelle  de  Saint-Laurent. 
Goulven.  — 1505. 
Guengat.  •—  1557. 
Guimiliau. 
Hôpital -Camfrout. 

Huelgoat.  —  Chapelle  de  N.-D.  des  Cieux. 
Juch  (Le).  —  Église  commencée  au  xvi«  siècle,  agrandie 
en  1600  1668  1691. 

Kerfeunteun.  —  Chapelle  de  la  Mère -de -Dieu,  1541- 
1578  1621. 
Kerlaz.  — 1569  1588-1603. 
Lampaul-Guimiliau.  — 1533-1573-1627. 
Landudal.  — 1539-1548. 
Lannédern. 
Locronan.  —  Chapelle  du  Pénity,  1530. 

Id.  Chapelle  de  N.-D.  de  Bonne-Nouvelle. 

Locmélar.  — 1577-1656. 
Lopérec.  — 1586-1666. 

Meilars.  —  Chapelle  de  N.-D.  de  Confors,  1528. 
Melgven.  —  Chapelle  de  la  Trinité. 
Pencran.  —  1517-1553. 
Penmarc'h.  —  Église  paroissiale  de  Saint-Nona,  1508. 

Id.  Ruines  de  Sainte-Thumette  de  Kerity. 

Id.  Chapelle  de  Notre-Dame  de  la  Joie. 

Pleyben.  — 1564  1588. 
Pleyber-Christ.  —  1551 1603. 
Ploaré.  —  1550-1555-1557. 

Plogastel-Saint-Germain.  —  Chapelle  de  Saint-Germain 
Plogonnec.  — 1581-1661. 

Id.  Chapelle  de  Saint-Théleau,  1544. 

Plomodiern.  —  Sainte-Marie-du-Ménez-Hom,  1574-1591. 
Plonéour-Lanvern.  — -  Chapelle  de  Lanvern,  1562. 
Plouégat-Guerrand.  — 1552. 


—  29  - 

Plougasnou.  —  Dédicace  en  1574. 

Plourin-Morlaix. 

Plouvien.  —  Chapelle  de  Saint- Jaoua,  1569. 

Plouzévédé.  —  Chapelle  de  Notre-Dame  de  Berven,  1567. 

Pouldergat.  —  Portail  Ouest  et  nef,  1583. 

Primelin.  —  Église  de  Saint-Tujean. 

Roche  (La).  —  1539-1559. 

Rosnoën.  —  1550-1552-1604. 

Rumengol.  —  1537.  —  Remaniements  postérieurs. 

Sizun.  —  XVI«  siècle.  —  Transept,  1638. 

Saint- Jean -Troli mon.  —  Chapelle  de  Notre-Dame  de 
Tronoên. 

Saint-Martin  de  Morlaix.  —  Chapelle  de  Saint- François 
de  Cuburien,  1527-1532. 

Saint-Nic.  —  Église  paroissiale,  1541-1566. 

Id.  Chapelle  de  Saint-Côme,  même  époque. 

Saint-Ségal.  —  Chapelle  de  Saint-Sébastien. 

Saint-Thégonnec.  —  Façade  Ouest  et  petit  clocher,  1563. 

Spézet.  —  Chapelle  de  Notre-Dame  du  Cran,  1550. 

XVII^  Hècle. 

Cléden-Poher.  —  Agrandissement  et  dédicace,  1694. 
Comanna.  — 1622. 

Fouesnant.  —  Chapelle  de  Sainte- Anne,  1685. 
Guimiliau.  —  Côté  Nord,  1633;  chevet,  1664;  sacristie, 
1683. 
Lampaul  Guimiliau.  — -  Abside,  1627  ;  sacristie,  1673. 
Pleyben.  —  Sacristie. 
Quéméhéven.  —  Notre-Dame  de  Kergoat. 

XVIII^  siècle. 
Laz. 

Plouzané. 
Saint-Thégonnec.  —  Nef  et  abside,  1777. 

Spézet. 

(A  suivre.) 


—  30  — 


CARTULAIRE 

DE  l':é:glise  de  quimper 


Au  moment  de  la  Révolution,  les  archives  de  TÉglise  de 
Quimper,  qui  étaient  assez  importantes,  furent  saisies  et 
sont  actuellement  conservées,  pour  la  plupart,  aux  Archi- 
ves départementales  ;  nous  y  avons  remarqué  notamment 
les  registres  Déaux  du  Chapitre  qui  remontent  au  xv«  siè- 
cle et  continuent,  sauf  quelques  lacunes,  jusque  vers  la 
lin  du  xvHP  siècle.  Mais  parmi  les  papiers  saisis  en  1790 
se  trouvaient  trois  anciens  registres  contenant  la  trans- 
ficiption,  sur  parchemin,  des  actes  de  TÉglise  de  Quimper 
du  XI®  au  XV®  siècle,  ceux-ci,  comme  plus  curieux,  furent 
adressés  en  1796  à  Paris  par  Cambry,  et  figurent  à  la 
Bibliothèque  nationale  sous  les  numéros  36,  31  et  51. 

En  1850,  M.  Aymar  de  Blois,  alors  député,  eut  occasion 
de  les  consulter  et  de  voir  combien  ces  cartulaires  four- 
nissaient des  renseignements  précieux  pour  Thistoire  de 
notre  diocèse  ;  aussi  provoqua -t- il  une  souscription  à 
laquelle  contribua  largement  la  ville  de  Quimper,  afin 
d'obtenir  une  bonne  copie  de  ces  précieux  documents. 
Le  travail  en  fut  confié  à  M.  Martonne,  ancien  élève  de 
l'École  des  Charles,  qui  transcrivit  intégralement  ces  trois 
registres,  déposés  depuis  1851  à  la  bibliothèque  de  la  ville 
de  Quimper. 

Les  deux  premiers  cartulaires,  56  et  31,  contiennent  de 
nombreux  actes  identiquement  les  mêmes  et  leur  rédac 
tion  a  dû  être  entreprise  dès  la  fin  du  xiii®  siècle,  mais  a 
été  continuée  durant  tout  le  xiv®  et  le  xv«  siècle.  Le  car- 
tulaire  51  n'a  été  commencé  qu'au  milieu  du  xiv«  siècle 


—  31  — 

et  débute  par  une  lettre  d'un  évéque  Alain,  qui  ne  saurait 
être  autre,  croyons -nous,  qu*  Alain  de  Riec,  évêque  de 
Quimper  de  1341  à  1352,  car  il  parle  des  dix  années  de 
guerre  qui  viennent  de  désoler  le  pays  ;  or,  la  guerre  de 
Succession  commença  en  Septembre  1341,  c'est  donc  vers 
1331  que  l'Évéque  donne  cette  lettre  d'introduction  au 
recueil  des  Chartes  qu'il  ordonne  d'entreprendre. 

Dans  ces  cartulaires,  les  actes  sont  insérés  par  les 
copistes  à  mesure  qu'ils  leur  tombent  sous  la  main,  sans 
observer  Tordre  chronologique  :  dans  la  publication  de 
ces  actes  que  nous  entreprenons,  nous  les  donnerons 
autant  que  possible  dans  l'ordre  des  dates,  nous  réser- 
vant cependant  de  faire  figurer  dans  une  première  par- 
tie, les  pièces  présentant  un  intérêt  général. 

Nous  insérons  en  tête  du  Cartulaire,  la  lettre  de  l'Évé- 
que Alain  Le  Gai  de  Riec,  comme  la  meilleure  intro- 
duction que  nous  puissions  donner  à  une  publication  de 
ce  genre. 

PREMIÈRE  PARTIE 
1.  

Lettre    de    lÉvêque    Alain 

prescrivant  la  confection  du  Cartulaire  51  (*) 


Universis  présentes  litteras  inspecluris  et  eciam  visuris 
Alanus  permissione  divina  Episcopus  Corisopltensis  salu 
lem  in  Domino,  et  infrascriptis  perpetuo  dare  fidem. 

Inter  soUicitudines  pastoralis  oflîcii  Nobis  Deo  permit- 
tente  commissi,  illa  precipue  insidet  cordi  nostro  ut  jura 
et  libertates  Corisopitensis  ecclesie  sponse  nostre,  tempo- 
ribus  nostris  non  pereant,  sed  in  plenitudinem  sui  juris 

il)  Cart.  51,  f*  1. 


—  32  — 

et  libertate  letetur  ac  subditorum  nostrorum  animarum 
saluti  salubrius  consulatur  ;  Verum  experiencia  nos  do- 
cuit  quanta  prefate  ecclesie  et  ipsius  juribus  et  personis, 
tam  in  capite  quam  in  membris  a  decem  annis  cîtra,  per 
guerrarum  calamitates  et  malorum  impressionem  succès- 
serunt  incommoda,  utpote  capcionem  personarum,  orna- 
mentoruni  ecciesiasticorum ,  litterarum,  privilegiorum, 
instrumentorum  et  quam  plurium  rerum  amissiones 
eciam  aliaque,  longum  esset  per  singula  ennarrare  ;  unde 
cupientes  prout  nobis  est  possibile  etsi  non  in  toto  saltim 
in  parte,  in  posterum  talibus  incomodis  obviare,  conside- 
ramus  esse  utile  et  nostro  venerabili  capitulo  supplicante, 
ordinavimus  una  cum  dicto  capitulo  in  nostro  generali 
capitulo  Sancti  Luce  et  statuimus,  omnes  et  singulas  lit- 
teras  et  omnia  eciam  instrumenta,  jura  et  libertates  ipsius 
ecclesie  tangentes  et  etiam  tangencia  per  nostram  curiam 
et  predecessorum  nostrorum  sigillatas  et  sigillata,  seria- 
tim  in  uno  volumine  redigi  et  eciam  exemplari  et  de  verbo 
ad  verbum  per  Merianum  de  Rosprenden  notarium  jura- 
tum  nostre  curie,  ipsas  litteras  et  eciam  instrumenta  fîde- 
liter  nichil  addito,  nichilque  remoto  quantum  quidem  in 
eisdem  litteris  et  instrumentîs  continetur,  transcribi  pre- 
cipimus  et  eciam  exemplari,  et  dictis  litteris  et  instru- 
mentis  in  prefato  volumine  sic  redactis,  nec  non  de  ipsis 
per  duos  notarios  publicos  et  nostre  curie  juratos  facta 
de  ipsis  collacione  plenaria  et  fideli,  dicto  volumini  seu 
litteris  et  instrumentis  in  ipsa  contentis  in  nostris  curiis 
ecclesiastica  et  eciam  seculari,  adhibeatur  plena  fides. 
tenores  autem  dictarum  litterarum  et  instrumentorum 
sequuntur  et  primo  clausule  testamentorum  (1)  : 

(1)  Le  premier  acte  qai  suit  est  de  1348  et  porte  ce  titre  :  CUtusula 
teUamenti  Hervoei  de  Kerouant,  Tous  les  actes  de  ce  cartulaire,  à  part 
deux  ou  trois  qui  sont  du  xiii*  siècle,  apparlieoDent  au  xiv*  et  au  xv*  siè- 
cle ;  ce  sont  pour  la  plupart  des  actes  de  fondation  d'anniversaires. 


—  33  — 


EVESQUES  DE  CORNOUAILLE 

H«o  sunt  nomina  presulum  Oorltopltêntlum  (i) 


S«  Chorentinus,  episcopus  cujus  est  ecclesie  primatus. 

S»  Goennoc,      ep». 

S»  Âllorus,        ep». 

Bundic,  ep". 

Gunthebed,       ep«. 

Harnotaothen,  ep>. 

Morguethen,      ep». 

ep». 

ep«. 

ep». 

ep». 

ep». 

ep»,  et  Cornes,  filius  Budic  Castellin. 

ep»,  f rater  Chaniart. 

ep»,  filius  Orscant. 

ep»,  qui  fuit  heremita  apud  Locrenan. 

ep»,  qui  dormit  in  capitulo  Abbacie  de 


Tremerîn, 
Ragan, 
Salamun, 
Âbaret, 
Golohet, 
Bindic, 
Orscant, 
Bundic, 
Robertus, 
Radulphus, 
Langonio. 
Bernardus, 
Gaufridus, 
Theobaldus, 
Guillermus, 


de  Moelan  bonus  clericus  tempore  suo. 

ep». 

ep». 

ep'. 

Ranulphus,  de  génère  francus. 
Herveus  de  Landeleau,  bonus  clericus. 
Guido  de  Ploenevez. 
Yvo  Cabellic,  bone  vite. 

Evenus  de  Foresta,  verus  pastor  et  defensor  ecclesie. 
Alanus  Morelli  de  Riec. 


(1)  Cart.  56,  ^  &9. 


BULLKTIN  DK  LA  COMMISSION  DIOCiSAINB.  —  1'*  aDDée* 


—  34  — 

Thomas  Denart  (1),  amator  ecclesie  et  legista  et  fuit  recep- 
tio  sua  in  ista  civitate  et  ecclesia,  xii  kalendas  Aprilis 
anno  D"*  M®  CGC»  vicesimo  primo. 

Bernardus  f rater  ordinis  fratrum  minorum  episcopusqui 
fuit  translatus  de  civitate  ista  ad  episcopatum  Novionen- 
sem,  XX  die  mensis  Julii  anno  Domini  M^CCCo  vicesimo 
quarto. 

Eodem  anno  et  mense  provisio  Guidonis  de  Valle  de  la 
Vaugion,  grossus  homo  et  legista,  a  summo  Pontifîce, 
qui  fuit  translatus  de  episcopatu  Corisopitensi  ad  epis- 
copatum Cenomanensem. 

Anno  Mo  CGC»  XXVl»,  die  dominica  ante  festum  B.  M. 
Magdalene,  receptio,  Jacobi  episcopi  de  ordine  fratrum 
predicatorum  in  ecclesiam  istam  perprovisionem  J.  (2) 
Romani  pontificis. 

Yvo  Beubosel  (3)  qui  fuerat  antea  episcopus  Trecorensis 
et  postea  fuit  episcopus  Macloviensis. 

Alanus  Gonterii  bonus  clericus  et  audax,  magister  in 
theologia,  natus  de  Gornubia. 

Magister  Alanus  an  Gall  de  Riec,  vir  discretus  et  bone 
vite  et  legista. 

Gaufndus  de  Quoetmozan,  qui  postea  fuit  episcopus  Do 
lensis. 

Gaufndus  le  Marec,  perfectus  clericus,  vir  conversationis 
honeste,  doctor  sacre  pagine. 

Theobaldus  de  Malestricto  vir  nobilis,  qui  de  episcopatu 
Trecorensi  fuit  translatus  ad  istam  ecclesiam,  moritur 
anno  M^  GGGG®  VIII<>  mense  maii,  prefuit  xxiiii  annis 
vel  circa  in  ista  ecclesie. 

Gacianus  de  Montellis,  sagax  et  discretus  de  civitate  Nan 
netensi  qui  per  octo  annos  et  xxvii  dies  laudabiliter 

(1)  Thomas  d'Anast. 

(2)  Jean  XXU. 

(3)  Yves  de  Boisboissel. 


—  3o  — 

istam  Corisopilensem  rexil  (1)  ecclesiam  cujus  vostas 
super  chorum  et  plura  alla  opéra  durante  dicto  tempore 
fieri  fecit,  molendinaque  circa  domum  Episcopalem  in- 
cepît  edificare  in  quorum  edificatione  operariis  pro 
compleniento  eorum  cotidie  insistentibus,  ab  hoc  se- 
culo  migravit  in  villa  de  Fougères  Redonensis  dyocesls 
die  xvo  mensis  octobris  et  deinde  in  ipsa  ecclesia  in 
nova  capella  Béate  Marie  ante  altare  (2)  fuit  inhumatus 
die  XX»  mensis  predicti  anno  Domini  M»  CGCC»  XVI. 
In  cujus  et  benefactorum  per  eum  dicte  ecclesie  mémo 
riam,  débet  qualibet  die  dominica  ad  stationem  proces- 
sionis  in  dicta  ecclesia  pro  ipso  specialiter  Deus  exorari 
et  ita  consuetum  est  fieri  (3). 


3. 

NOMS  DES  COMTES  ET  DUCS 

Heo  «uni  nomina  Oomitum  «t  Duoum  BrItannI»  (4) 


Rivelen  Mur  Marchov. 

Rivelen  Marchov. 

Congar. 

Gralen  Mur. 

Daniel  drem  Budhic  qui  fuit  Âlamanie  Rex. 

Bundic  et  Maxenci,  duo  fratres,  horum  primus  rediens 

ab  Alamania  interfecit  Marcell  et  paternum  consularem 

recuperavit. 

(1)  Note  marginale  du  Cartulaire  : 

Fecit  fieri  vostam  chori  ecclesie  et  ÎDcepit  fieri  de  oovo  molendinos 
joxta  domum  episcopalem  et  decessit  die  xv  meosis  octobris  anno 
1*  CCCC  lYI*  et  sepultus  est  aote  altare  in  capella  nova  Béate  Marie. 

(2)  C'est  à  N.-D.  de  la  Victoire,  où  se  voit  son  etrigie  dans  Tenfeu  du 
c4té  de  TEvangile. 

(S)  Note  marginale  du  Cartulaire  oblitérée  par  deux  traits  : 
Œuvres  et  fondations  de  l'Evesque  Gacianus  de  Moncellis  12  obits  pour 
13'  de  rente,  le  fond  payé  par  ses  héritiers  scavoir  34  francs  et  7  francs. 
(4)  Cart.  56,  ^6l. 


—  36  — 

Jahan  Reeth. 

Daniel  Unna. 

Gralen  Flam. 

Congar  Keroenve. 

Budic  Mur. 

Fraval  Fradleuc. 

(îralen  Ploeneor. 

Aufret  Alefroudou. 

Diles  Hergu  Kembre. 

Budic  Castellin. 

Budic  qui  fuit  episcopus  et  cornes. 

Alanus  Canhiart,  anno  millesimo  G  XX^,  morilur  (1). 

Houel,  filius  ejus  moritur  anno  Domini  M^CLXVo. 

Alanus  Hir  Ferroenic  (2)  auger  moritur  anno  Domini 
Mo  CXLVlIo. 

Conanus  Surrioc  (3),  dux  Britannie  moritur,  filius  Alani 
qui  suos  barones  prodidit  et  post  ab  eis  inito  contra 
eum  bello  devictus  est  anno  Domini  M®  CXXVI  qui  mo- 
ritur anno  Domini  M®  CXLIX®. 

Houel,  filius  ejus,  qui  moritur  anno  Domini  M^GXLV. 

("onanus,  duc  Britannie,et  (^omes  Richemondîe,  M^GLXIX. 

Gaufridus,  lilius  Henrici  régis  Anglorum. 

Rannov. 

Arturus. 

Guido  de  Thoarch,  M^GGo  et  moritur  MûGGoXXllfo  (4). 

Petrus  de  Francia,  MoGG'>XIlIIo. 

Johannes. 

Johannes  ejus  filius  primus,  dux  Britannie  vocatus. 

Arthurus,  filius  ejus  dux. 

Johannes,  filius  predicti  Arthuri  dux. 


(1)  Alain  Caniart  mourut  en  1058,  et  son  fils  Hoet  l'aD  1081. 

(2)  AlaiD  Fergeat  mourut  eu  1119. 

(3)  Conan  te  Gros. 

(4)  Guy  de  Thouars  mourut  eu  1213. 


37  — 


4. 


TAXATIO  BENEFICIORUH  CORNUBIE 


Sequitnr  tazatio  omnium  beneficiornm  ecclesiasticornm  cmtatis 
et  dyooesis  Gorisopitensis.  Datum  et  scriptum  per  Gaufridam 
le  Harchec  joniorem  Archidiaconnm  de  Pocher,  die  lune  ante 
festum  beati  Luce  anno  Domini  M^*  CGC»  sezagesimo  octavo. 

Taie  dea  bénélloea  de  Oornouaille  qui  ee  payait  autrefola  à  Rome. 


XX  libras. 

,  Ploegofl. 

XL 

Cetguen  Cap  Sizun. 

XXV 

Goulchen. 

XL 

Esquebyen. 

XVi 

Primelen  et  Landuyan. 

XX 

vicarius  de  Buzoc  Gap  Sizun 

XXX 

Meilar. 

LX 

Ploelan. 

XXXIIl 

Ploedergat. 

XLV 

Ploelre. 

XVI 

Guesgat. 

js  meltoc 

is  ici  en  resard  de  ces  noms  de  paroisses  au 

rôle  des  décimes  dressé  deux  siècles  plus  tard  ;  ce  qui  permettra  de  se 
reodre  compte  de  la  traDsformatioo  des  noms  de  lieux  eo  Coraouaille. 

ROLLB  D'UNE  DEGTBIE 

que  payent  toutz  et  chacuns  les  bénéfices  du  diocèse  de  Cornoualile 
déclard  le  5  lars  1574  par  Guillaume  du  Buys,  vic^  de  Corn,  (i) 


Ploegoff, 

VI» 

X* 

Ploelao, 

Cledeo-Cap-SizuD, 

x' 

Ploedergat, 

Goulchien, 

vil' 

Ploelre, 

Decaualus  de  Cap*, 

VI' 

Guengat, 

Esquibien, 

X» 

Ploeziuec, 

Beozec  Cap  Sizuo, 

G* 

MazaloD, 

Meyllar, 

VI' 

Ploedevet, 

vir 

Xll' 

VII* 

IX' 

xii' 

Vlll' 


Xf* 


(1)  Archives  départementales,  reg.  G.  57. 


—  38 


Cap  Cavaîl, 


XX  libras,  Landudec. 


L 

XLV 

XXV 

XX 

XVI 

XXX 

XVI 

XL 

XX 

XXV 

XL 

XX 

XLVIII 

IIII" 

XXV 


Ploezinec. 

Mazalon. 

vicarius  de  Ploenevet. 

Ploedresic. 

Lanbaban. 

Ploezvan. 

Treflfguaennec. 

Pemerit. 

Ploegastel. 

vicarius  de  Ploeneour. 

Buzuec  Cap  Cavall. 

Treflvortre  (1). 

Ploebanzlleuc. 

Ploeumer. 

Treflragat. 


Landudec, 

Ploedreuzic, 

Ploezvan, 

Peumerit, 

Treguenec, 

Ploecastel, 

Ploeneour, 

Beuzec  Cap  Caval, 

Treoultre» 

Ploebanazlec, 

Ploemeur, 

Treffriagat, 

Ploenyvel, 

Loctudy, 

Tremeauc, 

Combrit, 


XIII* 
VIll' 


IX' 

XXVI* 

XIU* 

VI* 

XIII* 

un' 
un* 
un* 


VI' 


ex- 

Ploemelin, 

Ploeguffvan, 

X* 

Sanctus  Matheua, 

X» 

Sainct  Evardac, 

LXX' 

Crozoal  Foenant, 

Gouvenecb, 

Foenant, 

X' 

Perguet, 

Elyent, 

X» 

Melguen, 

X* 

Beuzec  Concq, 

X' 

Lanriec, 

X' 

Treguenc, 

\ 

Nizon, 

c 

Kernevel, 

X' 

Banazlec, 

vin* 


W 


1 


XIII 

un' 

XXXVIll' 

xni' 

IX' 

VI' 
VI* 


LX' 

ex' 
c 


X' 


LX' 


IX'     lO- 

VII* 


(l)  C'est  l'ancien  nom  de  la  paroisse  de  Penmarc'h. 


—  39  — 


XX  libras,  Ploermael. 


XXV         l 

vicarius  S**Tudii. 

XX        1 

Treffmaeheuc. 

XVIII        1 

vicarius  de  Combrit. 

XX        1 

Ploemeryn 

• 

XX        1 

vicarius  de  Ploguflvan. 
Foenant 

Lxxv  libras,  Foenant. 

XX        1 

Sanctereffredeuc. 

XX       1 

Crozguall  Foenant. 

XVI        1 

Goumenecb. 

LX        1 

.      Elyent. 

XU        1 

Melguen. 

XL        1 

Buezec  Conq. 

XX        1 

Lanreuc. 

XX        1 

vicarius  de  Tresguenc. 

XVI        1 

Nizon. 

fiiee. 

c 

Bodeo, 

LX» 

Hoeian, 

XII' 

SaiDCt  Gilles  in  pli- 

■ 

Clouhal  Camoet, 

vu' 

geau, 

VIII* 

Querieo, 

XX* 

Vêtus  Corlay, 

VII*         X' 

Fauoet, 

XX* 

Casiram  Corlay, 

ex' 

LaogODec, 

XVIII* 

Sainct  Meac, 

IX*         X* 

Gulscriffy 

XX* 

Ploesuiieo, 

vu' 

Scazre, 

VI*         X' 

LaoDizgat, 

XVIl* 

Goarreia, 

XV' 

Botouha, 

XXXIIl* 

Coray, 

LX' 

PiebsnovaioQuiD- 

Leucban, 

VIII* 

tio, 

XIII* 

Egué  Gaberic, 

XII* 

Pioezkeroevel, 

XVIII* 

Boarg  QuÎDtio, 

XII* 

Moelou, 

XII* 

SaÎDCt  Caradec, 

vu'      X' 

,  Glomael, 

VIll' 

Herellac, 

LX* 

Mezie, 

IX* 

Mur, 

XX' 

Duault  Queieo, 

XXII* 

Nueuyllac, 

XXV* 

Pestivieo, 

X' 

S*  Martin, 

CX' 

Plusqueiiec, 

XX» 

—  40  — 


XXV  libras,  Kerneuguell. 


XVI        1 

[.      vicarius  de  Banazleuc. 

XXXI      ! 

l.      Rieuc. 

XXXV        1 

Moelan. 

XXV        1 

i.v»  Croz  guall  CarnMt. 

XXX        ] 

i.      Keryan. 

XX        ] 

l.      Fagetum. 

XL        ! 

Langonet. 

LX        ! 

l.      Guyscri. 

XL        ] 

l.      vicarius  de  Goururein 

XV        1 

[       vicarius  de  Scazre. 

XX 

l.      Leuchan. 

XX 

l.      Coray. 

XXX 

l.      Ergue  Gaberic. 

XVI        ] 

l.      vicarius  S*»  Mathei. 

PaouU 

XV» 

Lanedern, 

LXX- 

TreffbrivaD, 

XI» 

Brtzperz, 

Xll' 

w 

PIoeguyD, 

VI» 

X- 

Saioct  Segal, 

x' 

Motrefr, 

c 

Ro^Doben, 

IX» 

Sainct  Hernio, 

XI» 

X* 

Quymercb, 

Vil' 

X' 

Spezet, 

VIII» 

Locpezrec, 

VIll' 

Ploegroacb, 

vil' 

Haffvec, 

XV' 

Cietgueo  poacher, 

XIIl' 

CraouzoD, 

XXVl' 

X- 

Scniyoiac, 

Xflll' 

TeJgruc, 

vil' 

PloelaueD, 

XV' 

Ploemodieni, 

vu» 

X' 

BerieD, 

c 

PloeveguiD, 

• 

c 

Ployé, 

XII» 

Ploegonec, 

XIIII» 

Plebs  Dova  io  fago, 

XII» 

c" 

Cast, 

ix' 

X- 

Castrum  novum, 

XV' 

Briziac, 

vin» 

x« 

Laodrevarzec, 

c- 

Laz, 

xx' 

LeoDOD, 

XII' 

Prioralus  de  SaDC- 

Pleibeo, 

VIIl' 

toes, 

IX» 

Loqiieffret, 

VI» 

Vicarius  ejusdem, 

I.XX' 

—  41  - 


ArdMyaconatus  de  Pocher, 


XL  libras,  Quintin. 


XX         1. 

Moustaer  Caradeuc. 

XXV         1. 

vicarius  de 

Mellyac. 

LX         1. 

Niguyllyac, 

XLV         l. 

Mur. 

XXV         1. 

S^»*  Martinus. 

XX         1. 

Bodeou. 

XL        1. 

Ploegeau. 

XXX        1. 

Vêtus  Corle. 

XX        1. 

Castrum  Corle. 

XXXV        1. 

S^"»  Maeoeus. 

XX        1. 

Ploesulyan 

• 

XL        1. 

î^annizgat. 

C        1. 

Botouha. 

XL        1. 

Plebs  nova  in  Quintin. 

LX        1. 

Pioekaerguevell. 

Gomc, 

IX» 

Priorataa  de  Poote 

PloeoeTCz  Porzay, 

IIIl'         X" 

brientii, 

x' 

Diacoous  ejusdem. 

ex» 

Id.  de  Landagen» 

Yll»         X" 

Qoemeoevan, 

LX» 

Camerarius  de  Kem- 

SubdiacoDiM  ejus- 

perelio, 

xxJ 

dem, 

C» 

Prioratus  de  Kera- 

• 

Abbas  de  Kempe- 

hes. 

c 

rellîo. 

ex' 

Id.  de  Doelao, 

L» 

Abbas   de  Doulas 

Id.  de  S^«  Ronano 

IX» 

cum  prioralu  de 

• 

Id.  deinaulaTriatanij 

,  vu' 

DyryDOo, 

LX» 

Id.  S"  Jacobi  de 

Âbbas  de  Lande- 

RœtreDeo, 

XL» 

goennecy 

LXX» 

irchidiaconua  Co- 

Prioratus  de  loco 

risopiteo, 

Vil' 

Marie, 

XVlll» 

Caotor  Corisopiteo, 

c» 

PrioratosdeCOocq, 

LX» 

Theaauraria, 

viu' 

Prioratiis  de  Looo 

irofaidiaooous  de 

amandi, 

XXI» 

Pocfaaer, 

XXI' 

—  42 


XXX  libras,  Rosdreuen  et  Moelou. 


LXXV        1. 

Glomael  capellani  et  vicarius. 

L        1. 

Mezle. 

LV        1. 

Duaut  Kaelen. 

XXV        1. 

Peustyflye.n. 

XLV        1. 

Ploezekallauc. 

XXXV        1. 

Trefïbrivan. 

XL        1. 

Poull. 

XXX        1. 

Pleguin. 

XX        1. 

Motref. 

XX        1. 

S*«  Herninus. 

XVI        1. 

vicarius  de  Spezet. 

XXXV        1. 

Ploegrancti 

. 

XL        1. 

Scruynac. 

LXV        1. 

Ploelouguen. 

XVI        1. 

vicarius  de 

Beryan. 

XXV        1. 

Ploeye. 

XLV        1. 

Castrum  novum  in  fago. 

Prebeada  de  filU 

Eoclesia  S"  Choreotioi, 

IX' 

foDtis» 

vin* 

Sacriatia  ejusdem, 

hX* 

Id.  Segetum, 

IX' 

Prima  prebenda  de 

Id.  Banazlec, 

XII' 

Loctudy, 

XL» 

Id.  de  Nevez, 

LXX» 

Secunda, 

Xf 

Id.  de  S"*  Hatheo, 

LXX» 

Tertia, 

XL' 

Id.  de  Spezec, 

x» 

Prima  prebeoda  de 

Id.  de  Combrit, 

x' 

Kerahes, 

V 

Id.  de  Carooet, 

vu*       X" 

SecuDda, 

L* 

Prebeoda  de  Cap 

Tertia, 

L" 

Siiun  prima, 

LV* 

Quarta, 

L" 

Secuoda, 

L?* 

Sacristia  ejusdem, 

XXX' 

Terlia, 

LV 

Eleemosynaria  de 

Prebeoda  deLandeleai 

II,  Vil'        X' 

Kemperieio, 

XZX" 

Id.  de  Scazre, 

XIll' 

Prepositura    dicti 

Id.  de  Beryeo, 

VIII' 

loci, 

XI?' 

Id.  de  Ploedevet, 

XII' 

Crocerariatia  ejus- 

Id.  de  Ploemodiero, 

VI  II' 

dem, 

VIII'  V 

—  43  - 


Lxv  libras,  Plebsnova  i 

m  fago  cuni .  archidiac4»Ao  -et 

vicario. 

XXII        1 

Lennon. 

XL       1 

Goezeuc. 

"ïaHwr      1 

Pleizben  cum  episcopo  et  vicario. 

XX       1 

Plebs  momls  Htias  Locqueuret. 

XX       ] 

Lannedern 

• 

XLV        1 

Brasperz. 

xvt      1 

Seintertesengar  (1). 

XXJt        1 

Roslochen. 

XXV        1 

Kymerch. . 

XX        1 

Locus  petroci. 

XXX        ] 

Hanffuet. 

t 

LV        1 

Crauzon. 

XX        1 

vicarius  de 

Ploemodyern. 

XX        1 

Telgruc. 

XX        ] 

Plemeguen  (2). 

XX        ] 

1.      vicarius  Plebis  nove  in  Porzoez. 

Mousterium     S^ 

1 

Prioratufi  de  Lan- 

• 

Kaurîciif 

LV* 

guero,                     iiii* 

]d.  deLangonio, 

f       IIIIM' 

Vicarius  ejuadem, 

XX' 

Id.  de  Coetma- 

- 

Sanctushonoratus, 

XX' 

louao. 

LXX» 

Vicarius  de  Loco- 

Id.  deBooarequi 

e     Lxx^ 

marie, 

XX" 

Episoopatus  Cori 

m 

Penharz, 

L" 

Mptten, 

II*  LX* 

Argol, 

C^ 

ricarius  de  vilk 

l 

Vicarius  de  Laade- 

footU, 

llll'         X* 

guenoec. 

XX' 

Cueuzoo, 

c 

Cameret, 

X» 

Pioeguen  Foenant 

,       IIIl^ 

Roscanvel, 

x^ 

Ergué  Armel, 

L»»' 

S»  Nie,                        viii' 

X' 

Ploeoeiz, 

Illl*         X* 

Dyneaui,                       m* 

fiodivit. 

L' 

S»  Goulict,                     iii> 

(1)  SaiDt-Ségal. 

> 

(2)  Ploôveo. 

—  44  — 


XXX  libras,  dyaconus  Coriso^iten. 

XL      1.  Ploegonec. 

XVI      1.  Kemenetvaen. 

XX      1.  Cast. 

XXX      1.  vicarius  de  Briziac. 

LX      1.  Laz. 

XVI      1.  vicarius  de  Sanctoes. 

§.  vi*"^  libras,  Episcopus  Corisopiten. 

XX      1.  sacrista  Corisopiten. 

1.  abbas  de  Kemperele. 

1.  abbas  de  Landeguennec. 

1.  abbas  de  Doulas. 

1.  camerarius  de  Kemperele. 

1.  prior  de  Ponte  briencii. 

1.  prior  de  Landuygan. 

1.  prior  de  Doelan, 

1.  prior  de  Keraes. 

1.  prior  de  Trefïuzger  (1). 


IjOC 

Ujoc 
Il«*  X 

un" 

XL 

XXXV 

XX 

XXX 

XX 


PriorttusdeCastrolini,  ix^      x* 

Vicarius  ejusdem,  xx* 

Prîoratufi  Dirviliac,       vii^ 

S*  Thomas,  xlv* 

Plocastel  Doulas,        xvii' 

Locus  Brigide,  lxv' 

Loous  MoDoe,  yi* 

Vicarius  de  Felleîo,  lx' 

Vicarius  de  Caraoet,  lx' 

Vicarius  de  Doulas,  v* 

Mael, 

Peumeurit  QuiatiD, 

Vicarius  de  Kerahes,  lx* 

PlocDeveiell,  vi' 

Treaugao, 


Laodeleau, 

IX' 

Locus  Dei, 

LX' 

Tregoures, 

Vl"         X' 

Tourch, 

llll' 

SaiDct  Oureban, 

VI» 

Locus  Viogaloei, 

XL' 

Tremeguen, 

Vl» 

Lotbea, 

L' 

Vicarius  de  Platea 

Michaelis, 

LX' 

Id.  de  S**  Coium- 

bano, 

XXXV' 

Prioratus  S^  Ka- 

tberine,  de  Kem- 

per»% 

XX' 

(1)  C'est  le  prieuré  de  Saiot-Michel,  en  EHiant,  dépendant  du  monastère 
du  Mont  Saint-Micbel. 


45  — 


VI»  libres,  prior  de  S*»  Ronano. 


XXX        1. 

prior  de  insula  Trestanni. 

XV        l 

prior  de  Benodet. 

XXX         1. 

prior  de  Concq. 

IIII«     1. 

prior  de  S**  Araando. 

iiir»     1. 

prior  de  Loco  Marie. 

XX         1. 

archidiaconus  Cornubie. 

XXX         1 

cantor  Corisopiten. 

XX      L 

prebenda  ville  fontis. 

L        1 

prebenda  Segetum  (1). 

XX         1. 

prebenda  Banazleuc. 

XXV         1, 

prebenda  1*  de  Buozec  Cap  Sizun. 

XXV         1. 

prebenda  secunda    ibidem. 

XXV         1. 

prebenda  tertia        ibidem. 

XXX         1. 

prebenda  de  Neuguet  (2). 

XXX         1. 

prebenda  de  Spezet. 

XXX         I. 

prebenda  de  Combrit. 

XX         1. 

prebenda  de  Carnot  pocher. 

Treffou, 

ۥ 

Galfrout,                               zl* 

Bey. 

.       LX- 

Capeliania  fundata 

Nellac, 

LXXY» 

per    Gratianum 

Yicarios  de  Nevez, 

tx* 

episcopum  cori- 

Tîcarias  de  Loco 

sopiteosero,                          v' 

Amandi, 

XX' 

C"^  fundata    per 

Id.  de  Locreoao, 

XXX» 

eumdem  episc,                    ▼■ 

Kdern, 

\' 

C"'*  per  domiDum 

Treozgat, 

•c« 

de  Gueogat,                        ii*vi' 

Briziac     Plooeour 

C"*  Cochet,                             V' 

Glom'ael  et  Tre- 

G""   fuDdata     per 

guenc  pro  part< 

3 

Joan.  Ep.  C,                       v* 

Capitulî, 

28»      10- 

C""  fundata  p.  m. 

Lapa ban, 

XIII*                       f.  hospitis,                           II*  vi' 

(1)  Cette  prébende,  dite  de  Septem  Segetum,  percevait  une  dlme  sur 
différentes  paroisses  voisines  de  Quimper. 

(2)  Prébende  de  Névez. 


XXX 

XX 

XXXV 

XXX 

XXV 

—  46  — 

XL  libras,  prebenda  de  Lanteleaui 
XXV      1.      prebenda  de  S**'  Matheo. 
prebenda  de  Scazre. 
prebenda  de  Ploedemet. 
prebenda  de  Beryaa. 
prebenëa  lie  Ploeorodiem. 
iheflaorarius  apud  Ploeguflan. 

Canonid  S^^  Tudini. 

XXV  libras,  prima  prebenda  ibidem. 
XXV      1.      secunda  id. 

XXV      1.      tercia  id. 

Canonici  de  Kerhaes. 

X  libra8,  prima  prebenda  ibidem. 
X      1.      secunda  id. 

X      1.      tercia  id. 

X      1.      quarta  id. 


C-i*  AiDdaU  p.  D. 

G"''DucisapudLo- 

J.  Gorseau, 

II» 

VI- 

crenao, 

Ll' 

C>><  fuDdaU  p.  ar- 

CMomiDideTres- 

chid.  Corisopit., 

II- 

VI- 

haul,  apud  Lo- 

Alia  ۥ"  ad  altare 

crenao, 

XX" 

B.  H.  Magdaleoe, 

!!• 

vi- 

G"**Quergorlay. a- 

Prioratus  du  Parc, 

xr 

pud  Laz, 

•           X" 

Prio^atas  de  iosula 

G»**  Quergorlay,  a- 

Semi, 

iir 

pud  Hotreff, 

X" 

Prioratus  de  tibi. 

r 

G»'-   J.    Boucher, 

G"^  ao  0.  hoapitis, 

11" 

vi- 

apud Hur, 

II'  VI- 

C"  de  poDt  apud 

G*'«  B.  Kalterioe, 

pADtcni, 

c 

apud  Mezie, 

XX' 

C""B.Yvonis8pud 

G"'  B.  Annae  apud 

pontem, 

XX' 

Guellen, 

II'  VI- 

G"*'  domiDi  Yvours 

G"**doniinideMezle 

Régis  apud  Pie- 

apud  Kerabes, 

II"  VI- 

ben, 

II" 

ez 

Prioratus  de  Ker  - 

—  47  ™ 


Abbates  CistBrdMcsê. 

VI"  libras,  abbas  S**  Maaricii  prope  Carnoet 
iiii'^      1.      abbas  de  Langonio. 

abbas  de  Bona  requie. 

abbas  de  Quoetmalouan. 

prior  claustratis  de  Kemperle. 

VII  mil  uw  un"  x*  x». 

Ista  taxatio  reducta  fuit  ad  medietatem  per  Urbanum 

Papam  V™. 

(A  suivre,) 


„« 

1. 

„oc 

1. 

un 

1. 

aoleanou    apud 

C"**  fuDdala  apud 

Hezle, 

▼• 

LenooD, 

XX* 

ۥ'*  de  novo  fun- 

C"**  domioi  de  S^ 

data  per  Jo.  Ep. 

Alouarn      apud 

Cori., 

V* 

Gueugat, 

If  VI 

SacrisUab^^MJchae- 

C'^dominideLa»' 

lis  de  ILet^, 

XII»  Vl' 

ro8, 

11'  VI* 

Abatissa  s^*  Georgii 

C*>«<lMriii»dè  Bus- 

apod Briziac, 

C 

quée  apud  Guiscriff, 

!!•  VI' 

ENQUÊTE    OE    1698 

touchant  Punion  des  sept  Vicariats  du  Minihy  Léon 

en  une  eeuie  paroiese. 


De  temps  immémorial,  le  minihy  Léon  comprenait  sept 
quartiers  répondant  à  sept  paroisses,  toutes  desservies 
à  la  Cathédrale.  C'étaient  les  quartiers  de  Toussaint, 
Notre  Dame  de  Cahel,  Crucifix  de  la  ville,  Crucifix  des 
Champs,  Saint  Jean- Baptiste,  Saint  Jean -Trégondern  et 
Saint-Pierre. 


—  48  — 

Sur  la  demande  du  Chapitre,  l'Évéque  de  Léon,  Mgr  Le 
Neboux  de  la  Brosse,  rendit  un  décret  en  date  du  21  Mai 
1687,  portant  réunion  en  une  seule  de  ces  sept  paroisses, 
et  le  sieur  Penhoadic  fut  reconnu  comme  vicaire  unique 
du  Minihy  par  TÉvéque  et  le  Chapitre  de  Léon. 

Les  autres  vicaires  firent  opposition  à  cette  décision,  et 
cela  donna  lieu  à  un  procès  qui  ne  fut  complètement  ter- 
miné que  trente  ans  plus  tard,  par  la  réunion  définitive 
des  sept  paroisses  en  une  seule.  En  1698,  l'Archevêque  de 
Tours,  devant  lequel  Taffaire  avait  été  évoquée,  ordonna 
une  enquête  de  commodo  et  incommodo,  que  nous  allons 
publier  in  extenso,  car  elle  nous  donnera  des  renseigne- 
ments curieux  snr  l'organisation  paroissiale  de  Saint  Pol 
de  Léon  à  cette  époque. 

du  Minihy  de  Léon. 


ENQUÊTE  DE  COMMODO  ET  INCOMMODO 


L'an  1698,  le  29«  jour  du  mois  de  Novembre,  à  neuf 
heures  du  matin,  nous  Jean  le  Roy,  prestre  licencié  en 
théologie,  docteur  en  droit,  chanoine  et  théologal  de 
S^  Brieuc,  officiai  et  juge  ecclésiastique  du  dit  S*  Brieuc, 
sçavoir  faisons  que  le  Roy,  par  arrest  de  son  conseil  d'Es- 
tat  privé  du  septième  Août  1697,  rendu  entre  les  nobles 
vénérables  doyen,  chanoines  et  chapitre  de  S*  Paoul  de 
Léon  et  missires  Yves  Guillerm,  Jan  Soutré  et  Jan  Rozec, 
prestres  et  vicaires  du  dit  S*  Paoul  de  Léon,  et  autres 
intervenants  au  procez,  aurait  ordonné  que  avant  de  faire 
droit  sur  certaines  appellations  demandées  et  interven- 
tions au  procès,  que  les  partyes  se  retirerayent  par  devers 


—  49  — 

Mgr  l'Archevesque  de  Tours  ou  son  officiai  en  Bretagne 
qui  serait  par  luy  commis  et  député  à  cet  effet,  pour  estre 
procédé  à  Tunion  des  sept  paroisses  de  la  ville  de  S^  Paoul 
de  Léon,  territoire  du  minihy  ou  refuge  de  S*  Paoul  de 
Léon,  en  une  ou  plusieurs  paroisses  si  faire  se  debvait, 
pour,  sur  son  décret  sur  la  dite  union  raporté  au  conseil, 
èstre  par  Sa  Majesté  ordonné  ce  quil  appartiendrait  ; 
en  exécution  duquel  arrest,  les  dits  Sieurs  chanoines  de 
S*  Paoul  se  serayent  pourveues  vers  Mgr  l'Archevesque 
de  Tours  et  luy  aurayent  présenté  requeste,  laquelle  il 
aurait  expédiée  le  quatrième  Octobre  dernier  et  confor- 
mément au  dit  arrest  et  d'autre  du  seizième  Juillet  de  la 
présente  année,  nous  aurait  commis  pour  informer  sur 
les  lieux  de  la  commodité  ou  incommodité  de  la  dite 
union,  mesme  juger  les  opositions  et  contestations  qui 
pourrayent  survenir,  les  paroissiens  et  autres  party.es 
intéressées  préalablement  apellées  pour,  les  dites  Infor 
mations,  procedeures  et  jugements  estantes  raportées  k 
mon  dit  Seigneur  TArchevesque,  estre  fait  ce  que  de 
raison. 

En  conséquence  de  quoy  les  dits  sieurs  chanoines  se 
seraient  adressés  à  nous  et  acceptant  la  commission  nous 
décernée,  leur  aurions  permis  le  28  Octobre  d'appeler 
devant  nous  à  quinzaine  franche  les  partyes  intéres- 
sées et  les  témoins  qui  pourrayent  dépozer  des  faits  de 
leur  requeste  et  antres  en  résultants,  pour  estre  par  nous 
lors  de  notre  descente  en  la  dite  ville  de  S^  Paoul  de  Léon 
avec  le  promoteur  de  nostré  adjoint,  procédé  aux  infor- 
mations requises,  tant  par  actes  que  témoins,  et  estre  les 
opositions  et  contestations  qui  pourrayent  survenir  pen- 
dant la  dite  enqueste  jugées  ainsi  qu'il  apartiendrait;  sui- 
vant laquelle  permission  les  dits  Sieurs  chanoines  au- 
rayent fait  assigner  leurs  partyes  adverses  et  les  témoins 
qui  peuvent  déposer  des  faits  susmentionnés,  de  compa- 

BcLLtTiN  DE  LA  CoiiiiissiON  DIOCESAINE.  —  l'*  année.  3* 


—  50  — 

roir  devant  nous  en  la  dite  ville,  au  second  Décembre 
prochain  venant,  huit  heures  du  matin,  au  logis  du  sieur 
Jacques  Halegouet,  marchand  de  la  dite  ville,  y  demeu- 
rant proche  le  bas  bout  de  la  Halle,  auquel  effet  ils  nous 
aurayent  requis  descendre  en  la  dite  ville  de  S*  Paoul  de 
Léon  par  requesle  qu'ils  nous  aurayent  présenté,  et  sur 
quoy  aurions  ordonné  le  18*^  de  ce  dit  mois  de  Novembre, 
qu'il  serait  descendu  suivant  la  dite  réquisition,  à  la 
quelle  inclinant,  sommes  le  dit  jour,  le  vingt-neuvième 
Novembre  1698,  party  du  matin  de  la  ville  de  Saint-Brieuc, 
de  notre  demeure,  en  compagnie  de  noble  et  discret  niis- 
sire  Gilles  Henault,  promoteur  du  diocèse  du  dit  S.  Brieuc, 
et  de  M®  Jacques  le  Mesle,  greflier  de  l'officialité,  du  dit 
lieu,  de  luy  le  serment  pris  au  cas  requis,  pour  nous  ren- 
dre en  la  ville  de  S*  Paoul,  distante  du  dit  S' Brieuc  d'en- 
viron vingt  deux  lieues,  où  sommes  arrivés  le  premier 
Décembre  ensuivant,  et  descendus  à  l'auberge  où  pend 
pour  enseigne  la  Oalère,  prochaine  de  la  maison  du  dit 
Halegouet,  pour  le  lendemain,  second  jour  du  dit  mois, 
procédera  l'eflet  de  notre  commission  ainsi  qu'il  sera  veu 
appartenir. 

Ainsi  signé  : 

J.  Le  Roy,  M^  Vofflcial;  G.  Hinault,  pro- 
moteur, et  J.  LE  Mesle,  greffier. 

Le  deuxième  Décembre,  entre  les  8  et  9  heures  du  ma- 
tin, devant  nous,  Jan  Le  Roy,  prêtre  licencié  en  théologie, 
docteur  en  droit,  chanoine  et  théologal  de  S*^  Brieuc,  offi- 
ciai et  juge  ecclésiastique  du  diocèse  du  dit  lieu,  descendu 
pour  l'effet  sus  mentionné  dans  nostre  procès-verbal  des 
autres  parts,  dans  la  ville  de  S'  Paoul  de  Léon  en  compa- 
gnie du  promoteur  et  du  greffier  de  l'officialité  du  dit 
S^  Brieuc,  juré  au  cas  requis,  et  logé  à  l'auberge  où  pend 
pour  enseigne  la  Gallère,  au  bas  bout  de  la  halle  de  la 


—  51  — 

dite  ville,  s'est  présenté  noble  et  discret  missire  René 
Hafias,  prestre  et  chanoine  de  Léon  et  procureur  syndic 
du  dit  Chapitre,  assisté  de  M®  Louis  Caroff,  notaire  royal 
et  apostolique  en  Léon,  parlant  par  M»  Georges  Hervé, 
advocat  en  la  Cour,  nous  a  requis  de  descendre  en  la 
demeure  du  dit  Hallegouat,  prochaine  maison  de  la  dite 
auberge  où  l'assignation  portée  par  les  exploits  qu'ils  re- 
présentent en  datte  des  quatorzième,  quinzième  et  sei- 
zième du  dit  mois  de  Novembre,  controllés  au  dit  S^  Paoul 
le  dit  jour  seizième  du  dit  mois  de  Novembre  a  esté  dési- 
gnée, et  ont  signé  ainsi  :  Raifias,  chanoine  de  Léon  et 
procureur  scindic,  Jacques  Hervé  et  L.  Carof . 

En  conséquence  duquel  réquisitoire  sommes  à  l'instant, 
en  compagnie  du  dit  promoteur  de  nostre  adjoint,  du  dit 
sieur  Raflias  et  des  dits  Carof!  et  Hervé,  descendus  daâs 
la  maison  et  demeure  du  dit  Halegouat  prochaine  et  joi- 
gnante Tauberge  de  la  Oallere,  où  estant  le  dit  sieur 
Rallias  en  la  dite  qualité  parlant  par  le  dit  Hervé,  nous 
a  requis  de  procéder  à  Tefiet  de  notre  commission,  ce  que 
avons  lait  ainsi  que  s'ensuit  : 

Pour  noble  et  vénérable  missire  René  Raffîas,  prestre 
et  chanoine  de  Léon  et  procureur  syndic  du  Chapistre, 
demandeur  en  exécution  des  arrests  du  conseil  des  sep- 
tième Âoust  1697  et  seizième  Juillet  dernier  et  d'ordon- 
nance de  Mgr  l'Archevesque  de  Tours  du  quatrième  Octo- 
bre aussi  dernier,  et  aux  fins  d'assignation  en  conséquence 
de  notre  ordonnance  du  dix-huitième  du  dit  mois,  signif- 
lîées  et  controllées  à  S^  Paoul  les  quatorzième,  quinzième 
et  seizième  de  Novembre  aussi  dernier,  et  en  jurée  et 
audition  de  témoins,  présent  Caroff,  procureur,  Hervé, 
advocat. 

Contre  : 

Vénérables  Missires  Yves  Guillerm,  Jan  Soutré,  Jan 
Rozec,  Jacques  le  Dot,  Goulven  Tainguy  et  Bizien  Auffray, 


prestres  viccaîres  de  l'église  de  S*  Paoul  de  Léon,  deflen 
deurs. 

Honorables  gens  François  la  Roche  et  Martin  Pene- 
quaisse,  en  qualité  de  procureurs  terriens  du  quartier  de 
Notre-Dame  au  dit  S^  Paoul,  Yves  Bastard  et  Jan  Bras, 
procureurs  terriens  du  quartier  de  S^  Jean,  en  la  dite 
ville  de  S^  Paoul  ; 

Jan  Le  Cosquer  et  Jacques  Marchadour,  procureurs  ter- 
riens au  Cartier  du  Crucifix  de  la  ville  du  dit  S^  Paoul  ; 

Guillaume  Moncus  et  OUivier  Le  Dréau,  procureurs 
terriens  au  cartier  de  Trégondern  minehy  et  refuge  du 
dit  St  Paoul  ; 

Pierre  Corre  et  François  Le  Roux,  procureurs  terriens 
au  cartier  de  S*  Pierre  au  dit  Minehy  ; 

Jan  Le  Maigre  sieur  de  Querfiziec  et  Paoul  Moncus, 
procureurs  terriens  du  cartier  Toussaint  au  dit  Minehy  ; 

Et  François  le  Gallou  et  Guillaume  Pleyber,  procureurs 
terriens  du  cartier  du  Crucifix  des  Champs  au  dit  Minehy, 
defîendeurs, 

(A  suivre.) 


-53 


CORRESPONDANCE 


La  publication  du  premier  numéro  du  Bulletin  de  la 
QmmisfUm  diocésaine  d'Architecture  et  d'Archéologie  nous 
a  valu  des  lettres  d'adhésion  et  de  félicitation  de  la  part 
d'un  certain  nombre  de  personnages,  auxquels  leurs  titres, 
leur  position  et  leurs  études  donnent  un  crédit  tout  par- 
ticulier. Nous  osons  nous  flatter  de  ces  témoignages  d'es- 
time et  d'approbation,  qui  sont  un  encouragement  pour 
notre  œuvre,  et  nous  nous  faisons  un  devoir  de  les  enre- 
gistrer ou  du  moins  de  les  résumer. 

M.  Lefèvre-Pontalis,  directeur  de  la  Société  Française 
d'Archéologie,  en  remplacement  du  regretté  comte  de 
Marsy,  demande  à  faire  l'échange  de  notre  Bulletin  avec 
sa  belle  revue  :  Le  Bulletin  Monumental.  Il  nous  félicite 
de  notre  croisade  archéologique  en  Bretagne,  ajoutant 
que  le  premier  numéro  du  Bulletin  annonce  une  œuvre 
excellente,  qu'on  ne  saurait  trop  encourager  et  qui  nous 
fait  grand  honneur. 

M.  Frantz-Marcou,  inspecteur  général  des  Monuments 
historiques  de  l'Ouest,  pour  le  mobilier,  et  M.  Vincent, 
architecte  en  chef  des  Monuments  historiques,  s'inscri- 
vent comme  abonnés,  et  ce  dernier  déclare  :  «  Je  suis 
«  persuadé  que  cette  Commission  diocésaine  est  appelée 
«  à  rendre  de  grands  services,  car  elle  contribuera  puis- 
ât samment  à  faire  connaître  et  apprécier  nos  remarqua- 
«  Mes  monuments  bretons,  ainsi  qu'à  les  préserver  de 
«  toute  restauration  mal  comprise  qui  tendrait  à  les  dé- 
«  naturer  et  à  en  diminuer  la  valeur.   La  tâche  de  la 

Bulletin  de  la  Commission  DiocisAiNS.  —  V  année.  4 


~  54  - 

((  Commission  des  Monuments  historiques,  qui  ne  peut 
((  s'exercer  que  sur  un  petit  nombre  d'édifices,  va  se 
((  trouver  ainsi  très  heureusement  complétée.  » 

M.  le  comte  de  Palys,  de  Rennes,  secrétaire  général  de 
VAssociation  Bretonne,  se  réjouit  de  la  fondation  du 
Bulletin  et  de  la  création  d'une  chaire  d'archéologie  au 
Grand-Séminaire.  Il  rappelle  que,  vers  1865,  pareil  ensei- 
gnement archéologique  était  donné  au  Grand-Séminaire 
de  Rennes  par  M.  l'abbé  Brune.  Il  regrette  que  le  vénéré 
et  savant  chanoine  n'ait  pas  eu  de  continuateur,  et  que 
cette  branche  des  sciences  ecclésiastiques  soit  mainte- 
nant en  défaveur  dans  ce  diocèse. 

Un  des  derniers  courriers  nous  apportait  également, 
par  le  Journal  de  Rennes,  le  rapport  élogieux  fait  à  ce 
sujet  par  M.  de  Villers,  secrétaire,  à  la  séance  du  12  Mars 
de  la  Société  Archéologique  d* Ille-et- Vilaine. 

Mgr  Barbier  de  Montault  nous  souhaite  toute  prospérité 
et  désire  faire  des  échanges  avec  notre  Bulletin.  A  défaut 
de  numéros  de  son  Archéologie  Poitevine,  il  aura  toujours 
à  nous  adresser,  en  retour,  quelque  publication  utile  (1). 

M.  l'abbé  Bouillet,  de  Paris,  président  de  la  Société  de 
Saint-Jean,  rédacteur  principal  des  Notes  d'Art  et  d'Ar- 
chéologie, s'inscrit  pour  un  abonnement  et  ajoute  :  «  Je 
((  connaissais  déjà,  par  la  Semaine  religieuse  de  Paris,  la 
«  création  de  votre  Commission  et  de  votre  Bulletin.  Il  y 
((  a  longtemps  que  pareille  sauvegarde  aurait  dû  être 
((  organisée  dans  tous  les  diocèses  de  France.  Vous  savez 
((  aussi  bien  que  moi,  et  mieux  peut-être,  combien  de 
«  richesses  artistiques  nous  seraient  restées  qui  ont  fran- 
((  chi  la  Manche  ou  le  seuil  des  brocanteurs  et  de  coUec- 
((  tionneurs  de  mauvais  aloi.  Je  vous  félicite  d'être  mêlé 
«  activement  à  une  telle  œuvre.  » 

(1)  Au  momeDt  de  mettre  sous  presse,  nous  apprenons  la  oaort  de  ce 
prélat  si  érudit. 


—  55  — 

M.  G.  Ferronnîère,  architecte  à  Nantes,  chargé  d'un 
cours  à'HUtoire  de  VArt  à  la  Faculté  Catholique  d'Angers, 
demande  quelques  exemplaires  du  premier  numéro  de 
notre  BuUetin,  pour  faire  de  la  propagande  dans  ces  deux 
grandes  villes. 

Je  termine  par  M.  Louis  de  Farcy,  petit-neveu  d'un  de 
nos  anciens  évoques  de  Quimper.  Il  réside  à  Angers,  où  il 
sert  depuis  de  longues  années,  avec  un  zèle  ardent,  la 
cause  de  l'Art  religieux.  Il  a  réuni  dans  un  vaste  local  de 
l'évêché  une  foule  d'objets  précieux,  formant  un  vrai 
musée  dont  il  est  le  directeur  et  le  conservateur.  Il  sou- 
haiterait de  voir  instituer  dans  chaque  diocèse  des  Com- 
missions semblables  à  la  nôtre,  et  voudrait  que,  entre  ces 
différentes  Commissions,  il  pût  s'établir  des  échanges  de 
vues  et  de  renseignements,  des  consultations  sur  des  points 
intéressant  l'art  et  Thistoire. 

De  son  côté,  Monseigneur  l'Évoque  de  Quimper  a  reçu 
de  nombreuses  lettres  de  félicitation,  et  en  particulier 
de  M.  Combes,  ancien  ministre  de  l'Instruction  publique. 

C'est  un  devoir  pour  nous  de  remercier  ces  honorables 
correspondants  de  leurs  encouragements  et  de  leurs  témoi- 
gnages de  sympathie  ;  nous  espérons  bien  y  correspondre. 


—  36  — 


MUSÉE  D'ART  RELIGIEUX 


Dans  le  cours  de  la  dernière  séance,  qui  a  eu  lieu  le 
jeudi,  28  Mars,  les  membres  de  la  Commission  diocésaine 
ont  fait  la  réception  de  quatre  objets  destinés  à  commencer 
le  fonds  du  Musée  d'Art  Religieux  établi  à  rÉvéché. 

I.  —  Bannière  du  XVII®  siècle. 

Déposée  par  M.  Pêche,  au  nom  de  la  Fabrique  de  Sibiril. 

Cette  bannière  étant  désormais  trop  délabrée  pour  servir 
au  culte,  on  en  a  fait  exécuter  une  nouvelle  sur  le  môme 
modèle,  aussi  exactement  que  possible.  Elle  représente 
d'un  côté  Notre-Seigneur  en  croix,  avec  Marie-Madeleine 
agenouillée  à  ses  pieds.  Sur  le  fond  de  soie  blanche  est 
un  semis  de  bouquets  formant  de  grandes  rosaces,  et  sur 
les  bordures  et  le  lambrequin  du  bas  sont  appliquées  des 
fleurs  de  lis. 

De  l'autre  côté,  on  a  représenté  Notre  Dame  et  l'Enfant 
Jésus  donnant  le  Rosaire  à  saint  Dominique  et  à  sainte 
Catherine  de  Sienne.  Tous  les  personnages  sont  admira- 
blement brodés  ;  les  nuages  qui  servent  de  trône  à  la 
Sainte  Vierge  sont  faits  de  cordonnets  d'argent  disposés 
en  ronds  concentriques,  comme  on  le  voit  dans  plusieurs 
de  nos  autres  vieilles  bannières. 

Des  deux  côtés  montent  deux  grandes  tiges  de  rosier 
dont  les  branches  et  les  feuilles  forment  des  enroulements 
élégants  qui  encadrent  la  scène,  et  sur  le  tout  court  un 
grand  chapelet  dont  les  grains,  petits  et  gros,  sont  faits 
en  broderie. 


—  57  — 


tt 


II.  —  Pendule  ayant  appartenu  à  Tabbaye  d^e  Sainte- 
Croix  de  Quimperlé. 

Déposée  par  M.  le  chanoine  Peyron. 

C'est  une  pendule  à  poids,  toute  en  cuivre,  avec  cadran 
en  cuivre  de  0>°  23  de  diamètre,  à  une  seule  aiguille 
marquant  les  heures.  Les  divisions  sont  par  heures,  demi- 
heures  et  quarts  d'heure,  sans  minutes.  Les  heures  sont 
niellées  en  émail  noir,  les  demi -heures  marquées  par 
une  croix  et  les  quarts  d'heure  par  un  trait.  Le  milieu  du 
cadran  est  décoré  d'arabesques  et  d'une  rosace  feuillagée 
gravées  au  burin,  avec  le  nom  de  l'horloger  :  Claud  Lory 
A  Paris. 

Tous  les  caractères  indiquent  un  travail  de  la  seconde 
moitié  du  xvii«  siècle.  Le  mécanisme  se  compose  de  deux 
monvements  indépendants,  l'un  pour  la  sonnerie  et  l'au- 
tre pour  la  minuterie. 


tt 


III.  —  Reliquaire  de  Saint-Jean-Discalcéat. 

Provenant  de  l'église  d'Ergué-Armel,  déposé  par  M.  le 
chanoine  Peyron. 

C'est  une  châsse  en  bois  mesurant  0^  62  de  longueur 
sur  0™  31  de  largeur  et  0^  41  de  hauteur.  Sur  les  deux 
côtés  sont  deux  petits  panneaux  vitrés,  entourés  d'ara- 
besques sculptées,  puis  deux  pilastres  dont  le  oliamp 
est  aussi  orné  de  sculptures.  Les  extrémités  portent  des 
cartouches  encadrant  un  panneau  rond  où  sont  repré- 
sentées les  armes  de  l'ordre  de  Saint- François  :  une  croix 
et  deitx  brcu  en  sautoir.  Le  couvercle,  en  forme  de  toit, 
est  orné  sur  les  grands  côtés  d'un  médaillon  ovale  entouré 


—  58  — 

de  palmettes,  et  sur  les  deux  croupes  d'une  pointe  de 
diamant. 

Les  armes  de  Saint-François  indiquent  que  ce  reliquaire 
a  appartenu  à  Téglise  des  Cordeliers  de  Quimper  d'où  il 
fut  transporté  à  la  cathédrale  lorsque,  en  1792,  ces  reli- 
gieux furent  expulsés  violemment  de  leur  couvent.  (Conf. 
Histoire  de  Saini-Corentin,  par  M.  l'abbé  Thomas,  p.  173, 
et  une  note  du  même,  dans  la  5®  édition  des  Vie  des  Saints 
de  Bretagne,  par  Albert  Le  Grand,  p.  710.) 

C'est  le  reliquaire  que  Daniel  Sergent  sauva  en  même 
temps  que  le  Bras  de  saint  Corentin  et  la  nappe  des  Trois 
Gouttes  de  Sang,  et  qu'il  transporta  au  presbytère  d'Er- 
gué-Armel  dans  la  nuit  du  8  au  9  Décembre  1793.  Lors- 
que le  Bras  de  saint  Corentin  rentra  à  la  cathédrale  le 
11  Décembre  1795,  le  reliquaire  et  les  reliques  de  saint 
Jean-Discalcéat  restèrent  à  Ergué-Armel.  En  1879,  M.  le 
Recteur  de  celte  paroisse  fit  exécuter,  pour  recevoir  ces 
reliques,  une  nouvelle  châsse  en  bois,  d'un  style  diilérent. 
L'ancienne  n'ayant  plus  de  destination,  il  convient  de  lui 
donner  une  place  honorable  dans  le  Musée  de  l'Évéché. 
Ajoutons,  en  terminant,  qu'elle  date  de  l'épiscopat  de 
Auguste  Annibal  de  Farcy  de  Cuillé,  1739-1771. 

tt 

IV.—  Bréviaire  gothique  franciscain,  du  xvi«  siè- 
cle. 

Dépôt  de  M.  l'abbé  Abgrall,  chanoine  honoraire. 

Daas  ce  reliquaire  dont  il  vient  d'être  parlé,  se  trouvait 
renfermé  avec  les  reliques  de  saint  Jean-Discalcéat,  un 
petit  livre  que  quelques-uns  disaient  être  le  bréviaire  du 
saint.  Mais  cela  ne  pouvait  être  exact,  puisque  ce  livre  est 
imprimé,  et  que  du  temps  où  vivait  le  bon  saint,  au  xi\^  siè- 
cle, rimprimerie  n'était  pas  encore  inventée.  C'est  un 


—  59  — 

bréviaire  franciscain  qui  était  probablement  attaché  à  un 
banc  ou  à  la  muraille  près  de  la  statue  vénérée  du  saint, 
comme  l'atteste  une  forte  chaîne  de  cuivre  fixée  à  la  cou- 
verture par  des  rivets. 

Ce  livre  est  imprimé  en  caractères  gothiques  et  relié 
en  basane  ;  sur  le  plat  du  revers  on  croit  pouvoir  lire  la 
date  de  1529.  La  hauteur  des  feuillets  est  0°>  14  sur  Q^  10 
de  largeur. 

Les  premières  feuilles  manquent,  et  celle  que  l'on  trouve 
maintenant  en  tète  est  le  folio  xxxii,  aux  matines  de  la 
sixième  férié.  La  pagination,  marquée  seulement  au  recto 
de  chaque  feuille,  continue  pour  les  heures,  les  vêpres  et 
le  Commun  des  Saints,  jusqu'au  folio  xci.  Vient  ensuite  le 
Propre  des  Saints,  non  paginé,  avec  la  simple  indication 
du  jour  du  mois.  Le  commencement  est  incomplet,  et 
nous  trouvons  en  tète,  à  la  date  du  16  Janvier,  la  fin  de 
l'office  des  premiers  martyrs  de  l'ordre  des  Frères  Mineurs, 
les  saints  Bérard,  Pierre,  Accurse,  Ajut  et  Othon,  mis  à 
mort  à  Maroc  en  Afrique,  en  1221.  Cet  office  est  suivi  im- 
médiatement de  celui  de  saint  Bernardin  de  Sienne,  au 
20  Mai,  et  le  Propre  des  Saints  se  continue  jusqu'à  la 
Présentation  de  la  Sainte  Vierge,  au  21  Novembre.  Après 
quoi,  une  nouvelle  lacune,  et  ensuite  la  fête  de  l'Epiphanie 
avec  une  nouvelle  pagination  :  folio  xxxiii,  laquelle  se 
poursuit  jusqu'au  Dimanche  de  la  Quasimodo,  folio  xci. 

Nota.  —  Comme  on  le  voit  ici,  les  objets  confiés  au 
Musée  d'Art  religieux,  le  seront  généralement  sous  forme 
de  dépôt,  au  nom  des  Fabriques  ou  des  particuliers,  pour 
ne  pas  en  engager  l'aliénation,  et  pouvoir  en  réserver  le 
retrait  en  cas  d'un  bouleversement  ou  d'une  mainmise 
quelconque. 


—  60  — 


STATISTIQUE  MONUMENTALE 

DU    DIOCÈSE    DE   QUIMPER    ET    DE    LÉON 

(Suite.) 


OLOOHErtS 


ZI®  siècle. 
Loc-Maria-Quimper. 

Z/I«  siècle. 

Lanmeur.  —  Kernitroun. 

Plounévez-Lochrist.  —  Clocher  de  Lochrist,  base. 

Xri/e  siècle. 
Martyre  (La). 

Rosporden. 

Saint-Pol-de  Léon.  —  Clocher  de  la  cathédrale,  1237. 

XIV^  siècle. 
Saint-Pol-de-Léon.  —  Creisker,  1345  1399. 

ZFo  siècle. 

Bodilis.  —  Inscription  gothique  illisible, 

Brennilis.  —  1485. 

Folgoët  (Le). 

Locronan.  —  1483. 

Notre-Dame  de  l'Assomption  de  Quimperlé. 

Penmarch.  —  Saint-Guénolé,  1488. 

Plonévez  du-Faou.  —  Saint-Herbol,  1598. 


—  61  — 

Plougonven.  — 1481. 

Plouvorn.  —  Lambader. 

Pont-Croix. 

Saint-Corentin  de  Quimper.  —  1424. 

Saint- Jean-du-Doigt.  —  1440. 

Saint-Melaine  de  Morlaix.  —  1489. 

ZF/e  Hède. 

Ai^ol. 

Beuzec-Cap-Sizun. 

Brasparts.  —  Base,  1551,  beffroi  et  flèche  postérieurs. 

Carhaix.  —  1529. 

Cléden-Cap-Sizun. 

Dirinon.  —  1583. 

Forêt-  Fouesnant  (  La  ) . 

Goulven.  — 1593. 

Kerfeunteun. 

Kernével.  —  Saint  Maurice-du-Moustoir. 

Lampaul  Guimiliau.  — 1573. 

Landivisiau.  — 1590. 

Landudec. 

Lanliouarneau. 

Locmélar.  — 1577-1599. 

Lopérec.  —  1586. 

Mahalon. 

Pencran.  —  1517-1553. 

Penmarc'h.  — 1508. 

Plabennec.  —  Clocher  de  Loc-Maria. 

Pleyben.  —  Petit  clocher  de  Sainte  Catherine,  1564. 

Id.  Gros  clocher  de  Saint  Germain,  1588. 

Ploaré.  —  1550-1555. 

Plogonnec.  —  Clocher  de  Saint-Théleau,  1544. 
Plonéis. 
Plouégat-Guerrand . 


—  62  — 

Plougasnou.  —  1582. 

Plougourvest. 

Plouhinec. 

Plouzévédé.  -—  Notre-Dame  de  Berven,  1575. 

Plovan. 

Plozévet. 

Pluguflan.  —  1587. 

Pouldreuzic. 

Primelin.  —  Clocher  de  Saint-Tujean. 

Roche  (La).  —  1589. 

Roscofl.  —  1550. 

Rosnoên.  — 1562. 

Rumengol.  —  1537. 

Saint-Mathieu  de  Morlaix.  —  1548. 

Saiût-Melaine  de  Morlaix. 

Saint-Nic.  —  Clocher  de  Sainl-Côme. 

Saint-Servais. 

Saint-Thégonnec.  —  1599-1605. 

Telgruc. 

XVIl^'  siècle. 

Châteaulîû.  —  Chapelle  de  Notre-Dame. 

Cléden-Poher. 

Comanna.  —  1622. 

Édern. 

Ergué-Gabéric.  —  N.-D.  de  Kerdévot. 

Faou  (Le).  —  1628-1640. 

Fouesnant.  —  Sainte-Anne,  1683. 

Goueznou.  —  1615  1772. 

Juch(Le).  —  1700. 

Kerlaz.  —  1630. 

Kernilis. 

Lampaul-Ploudalmézeau.  —  1629. 

Landeleau. 


-  63  --- 

Landerneau.  —  Saint-Uouardon. 

Id.  Saint-Thomas,  1607. 

Meilars.  —  Notre-Dame  de  Confors. 
Plogonnec.  —  1657  1681. 

Plomodiern.  —  Sainte -Marie  du  Menez -Hom,  1663- 
1773. 
Ploudalmézeau.  —  1629. 
Plougar. 

PIounéour-Ménez.  —  1665. 
Plounéour-Trez. 
Plounéventer. 
Plourin-Morlaix. 
Quéménéven.  —  N.-D.  de  Kergoat. 

XVIII^  iiècle. 
Lannilis.  —  1776. 
Plouguerneau. 
Plounévez-Lochrist. 
Saint-Martin  de  Morlaix.  —  1773-1788. 
Sizun.  -  1728  1735. 
Trémaouézan.  —  1715. 


PORCHES.  -  PORTES   ORNEMENTÉES 


XII^  siècle. 


Lanmeur.  —  Église  paroissiale,  porche  Midi. 

Id.  Chapelle  de  Kernitroun,  porte  du  transept 

Midi. 

XIII^  siècle. 

Saint-PoI-de-Léon.  —  Cathédrale,  porche  Midi,  1230; 
porche  Ouest,  1270. 
Rosporden.  —  Porche  Midi,  même  date  que  le  clocher. 


—  64  — 

XIV^  nècU. 

Pont-Croix.  —  Porche  orné  de  roses  et  rosaces. 
Pont  rAbbé.  —  Grande  porte  géminée  Ouest,  1383. 

ZF«  siècle. 

Folgoêt  (Le).  —  Porche  latéral  de  Tévéque  Alain  de  la 
Rue,  1419  ;  porche  Ouest,  1423  ;  porche  des  Apôtres,  même 
date  environ. 

Sain t-Pol -de-Léon.  —  Notre-Dame  du  Creisker,  deux 
porches  Midi  et  Nord. 

Notre-Dame  de  TAssomption  de  Quimperlé.  —  Deux 
porches  Midi  et  Nord,  même  époque. 

Martyre  (La).  —  Très  riche. 

Saint-Jean-du-Doigt.  —  Plus  simple. 

Plougonven.  —  Porche  Ouest,  1481. 

Locronan.  —  Porches  Ouest  et  Nord,  vers  1485. 

Saint  Melaine  de  Morlaix.  —  1489. 

Plonévez-du  Faou.  —  Saint-Herbot,  porche  Midi,  1498  ; 
porte  double  Ouest,  environ  même  date. 

Landrévarzec.  —  Notre-Dame  de  Quilinen. 

Châteauneuf.  —  Notre-Dame  des  Portes.  —  1438. 

XVI^  siècle. 

Goulven.  —  Petit  porche  gothique,  ISOS. 

Penmarc'h.  —  Porche  latéral,  1508;  grande  porte  Ouest. 

Saint-Jean-Trolimon.  —  Notre  Dame  de  Tronoên. 

Plougonven.  —  Porche  Midi,  1518. 

Locronan.  —  Porte  du  Pénity,  1530. 

Carhaix.  —  Porte  double  sous  le  clocher,  1532-1535. 

Cléden-Cap-Sizun. 

Lampaul-Guimiliau.  —  1533. 

Rumengol.  —  1537. 

Gouézec.  —  Notre  Dame  des  Fontaines. 

Pencran.  —  1553. 


-  65  — 

Landivisiau.  — 1554-1559. 

Ploaré.  — 1555. 

Guengat.  — 1557. 

Roche(La).  — 1559. 

Pleyben.  —  Porte  Ouest,  1564. 

Daoulas.  —  1566. 

Bodilis.  — 1570-1631. 

Plougasnou.  —  Porche  Midi,  1574  ;  Ouest,  1582-1584. 

Plouégat-Guerrand.  — 1574. 

Plogonnec.  — 1586. 

Pluguflan.  —  1587. 

Pleyben.  —  Porche  sous  le  clocher,  1588  1591. 

Brasparts.  —  1589. 

Goulven.  —  Porche  sous  le  clocher,  1598. 

Saint-Thégonnec.  —  Porche  sous  le  clocher,  1599-1608. 

XVIl^  siècle. 


Landerneau. 

—  1604. 

Guîmiliau.  - 

-  1606-1617. 

Trémaouézan.  —  1610-1623. 

Guiclan.  —  1615. 

Quimerc'h.  - 

- 1621. 

Plomodiern. 

—  1624. 

Gouesnou.  — 

-1642. 

Loperhet.  — 

1645.  Porche  démoli,  à  remonter 

Comanna.  — 

1645  1650. 

Lannédern. 

-1662. 

Locmélar.  — 

-1664. 

Ploudiry.  — 

1665. 

Pleyber-Christ.  —  1667. 

Lesneven. 

1 

Plabennec.  - 

-  1674. 

Beuzec  Cap  Sizun. 

Plouézoc'h.  - 

1 

1 

i 

-  1677. 

—  66  — 

XYIU^  siècle. 
Chftteaulin.  —  Porche  de  Notre-Dame,  restauré  en. 1721. 


ROSES  &  ROSACES 

FENÊTRES    MONUMENTALES     ET    FENÊTRES 

FLEURDELISÉES 


Roses  et  Rosaces. 

Folgoët  (Le).  —  Grande  rose  au-dessus  du  maître-autel  ; 
deux  autres  aux  fenêtres  de  l'abside,  xv®  siècle  ;  une  qua- 
trième refaite  en  1889  au  pignon  de  la  chapelle  de  croix. 

Lanmeur.  —  Côté  Midi  du  chœur  de  Kernitroun,  xv«  siè- 
cle. 

Landéda.  —  Petite  rose  au  pignon  Ouest  de  la  chapelle 
de  Saint-Laurent,  près  des  ruines  de  Troménec,  xvi®  siè- 
cle. 

Notre-Dame  de  TAssomption,  Quimperlé.  —  Bas-côté 
Midi  du  chœur,  xv®  siècle. 

Pencran.  —  Fenêtre  absidale,  xvi®  siècle. 

Plonéour-Lanvern.  —  Fenêtre  absidale  de  Lanvern. 

Plouguerneau.  —  Chapelle  du  Grouanec,  xv«  siècle. 

Ployan.  —  Fenêtre  absidale  des  ruines  de  Languidou. 

Pluguflan.  —  Fenêtre  absidale,  xiii®  siècle. 

Pont-Croix.  —  Roses  aveugles  du  porche,  xiv«  siècle. 

Pont-l'Abbé  Lambour.  —  Grande  rose  de  l'abside,  six 
mètres  de  diamètre,  1383  1390  ;  deux  autres  au  portail 
Ouest. 

Saint  Corentin  de  Quimper.  — -  Fond  de  la  chapelle 
absidale. 

Saint- Jean-du-Doigt.  —  Grande  fenêtre  absidale. 


—  67  — 

Saint-Melaîne  de  Morlaix.  —  Grande  rose  à  la  fenêtre 
absidale  de  l'église  des  Jacobins  ;  rose  secondaire  au  por- 
tail Ouest. 
Jolie  rose  aux  ruines  de  Notre-Dame  des  Fontaines. 
Saint-Pol-de-Léon.  —  Cathédrale,  grande  rose  du  tran- 
sept Sud,  semblable  à  celle  de 
Pont  rAbbé  ;  une  petite  au  col 
latéral  Nord  du  chœur. 
Id.  Notre-Dame  du  Creisker,  deux 

grandes  roses  à  TEst  et  à  TOuest  ;  une  troisième  au  Midi. 


Fenêtres  monumentales. 

Cléden-Poher.  —  Abside. 

Ergué  Gabéric.  —  Notre  Dame  de  Kerdévot. 

Folgoët.  —  Chapelle  de  croix. 

Locronan.  —  Abside. 

Notre  Dame  de  TAssomption  de  Quimperlé.  —  Abside. 

Peumerit.  —  Abside. 

Plougasnou.  —  Abside. 

Plougonven.  —  Abside. 

Plouvorn.  —  Lambader. 

Plouzévédé.  —  Berven. 

Roche  (La).  —  Abside. 

Saint-Martin  de  Morlaix.  —  Saint-François  de  Cuburien. 


Fenêtres  à  tympan  fleurdelisé. 

Us  compartiments  flamboyants  du  haut  des  meneaux  formant  une, 

ou  deux,  ou  trois  fleurs  de  lis. 

Brennilis.  —  Maîtresse-vitre,  1485,  trois  fleurs  de  lis. 

Ei^ué- Gabéric.  —  Église  paroissiale,  Maîtresse-vitre, 
iol6,  deux  fleurs  de  lis  ;  fenêtres  de  l'autel  Midi,  une 
fleur. 


-  68  -- 

Chapelle  de  Saint- André.  —  Abside,  deux  fenêtres  à 
une  fleur  de  lis,  1603-1630. 

Lannédern.  —  Maîtresse-vitre,  trois  fleurs. 

Loqueilret.  —  Maîtresse-vitre,  trois  fleurs. 

Meilars.  —  Notre-Dame  de  Confors,  jolie  fenêtre  latérale 
de  l'abside. 

Moélan.  —  Chapelle  de  Saint-Roch  et  Saint-Philibert, 
transept  Nord. 

Penmarc'h.  —  Fenêtre  à  trois  fleurs  au  bas  du  collatéral 
Nord. 

Pleyber-Christ.  —  Bas-côté  Sud. 

Ploaré.  —  Deux  fenêtres  à  Tabside. 

Plogastel-Saint- Germain.  —  Chapelle  de  Saint-Germain, 
côté  Sud,  trois  fleurs. 

Plougourvest.  —  Côté  Sud. 

Pont  l'Abbé.  —  Fenêtres  à  trois  fleurs  au  fond  de  la 
chapelle  de  Sainte-Anne. 

Rosporden.  —  Côté  Midi  du  chœur. 

Sainte-Croix  de  Quimperlé.  —  Chapelle  de  Saint  David. 

Tréméven.  —  Abside. 


ARCS  -  DE  -TRIOMPHE 

PORTES     MONUMENTALES    A    L'ENTRÉE 

DES    CIMETIÈRES 


Argol.  —  1659. 

Châteaulin.  —  Chapelle  de  Notre-Dame,  xv«  siècle. 

Goueznou.  —  GËuvre  moderne  à  la  place  d'une  ancienne. 

Kerlaz.  —  1558. 

Lampaul  Guimiliau.  —  1669. 

Martyre  (La).  —  xvi®  siècle.  . 

Penmarc'h.  —  1508-1510. 

Pleyben.  —  1725. 


—  69  — 

Plogastel-Saint-Germain.— Chapelle  de  Saint-Germain, 
XVI®  siècle. 

Plogonnec.  —  Le  bas  est  gothique  ;  le  couronnement, 
1730. 

« 

Plomodiern.  —  Sainte-Marie  du  Ménez-Hom,  1739. 

Plounéour-Ménez.  —  xvii®  siècle. 

Plouzévédé.  —  Berven,  trois  arcades. 

PIugufTan.  —  xvi®  siècle. 

Saint- Jean-du-Doigt.  —  xv®  siècle. 

Saint-Ségal.  —  Chapelle  de  Saint-Sébastien,  xvii«  siècle. 

Saint-Thégonnec.  — 1581. 

Sizun.  —  Trois  grandes  arcades,  1S88. 


OSSUAIRES 

CHAPELLES     DE    CIMETIÈRE,     ORATOIRES 


Argol.  —  1665. 

Audierne. — Ossuaire  gothique  adossé  au  Sud  de  l'église. 

Bénodet.  —  Chapelle  de  Perguet  ;  petit  ossuaire  gothi- 
que à  trois  arcades  adossé  au  Sud  de  la  nef. 

Bourg-Blanc.  —  Genre  Louis  XIII,  une  porte  et  sept 
arcades. 

Brasparts.  —  Gothique,  xvi®  siècle. 

Châteaulin.  —  Chapelle  de  Notre-Dame,  xvp  siècle. 

Cléden-Poher.  —  Gothique,  xvi®  siècle. 

Combrit.  —  Au  Midi  de  l'église,  1700. 

Comanna.  —  A  l'Ouest  du  cimetière. 

Daoulas.  —  xyii®  siècle.  Transformé  en  sacristie. 

Dirinon.  —  Chapelle  de  Sainte  Nonne,  1577. 

Ergué-Gabéric.  —  xvii®  siècle. 

Faou  (Le).  —  Arcades  à  gaines,  1603.  Disparu. 

BUUBTI:!  DK  LA  COMMISSIOIf  DIOCESAINE.  —  1'*  aDDée.  5 


—  70  — 

Gouesnou.  —  Nouvelle  chapelle  remplaçant  une  an- 
cienne. 

Goulven.  —  xvn®  siècle. 

Guengat.  —  Gothique,  1557. 

Guiclan.  —  xvii®  siècle.  Disparu. 

Guimiliau.  — 1648. 

Kerlaz.  —  1560-1570. 

Lampaul-Guimiliau.  —  1667. 

Landeleau.  —  Ancien  ermitage  de  Saint-Théleau .  Dis- 
paru. 

Landerneau.  —  Près  l'église  Saint  Thomas,  1635. 

Landivisiau.  —  Style  Louis  XIII.  Autrefois  près  de 
l'église,  maintenant  dans  le  cimetière. 

Lannédern.  —  1662. 

Locmélar.  —  1660. 

Loctudy.  —  xvii®  siècle  ou  xviii®  siècle. 

Martyre  (La).  —  1619. 

Pencran.  —  1594. 

Penmarc'h.  —  1508.  En  grande  partie  démoli. 

Plabennec.  —  Formant  abri  et  grandes  niches  au  bord 
du  cimetière. 

Pleyben,  —  Gothique  xvi®  siècle. 

Pleyber-Christ.  —  Deux . chapelles  Louis  XIIÏ  et 
Louis  XÏV. 

Plogastel  Saint-Germain.  —  Ossuaire  gothique  en  ruine, 
près  de  la  chapelle  Saint-Germain. 

Plomeur.  —  A  la  chapelle  de  Tréminou. 

Plonéis.  —  Trois  arcades  gothiques  xvi®  siècle,  au  côté 
Sud  de  l'église. 

Plonévez  du  Faou.— Ossuaire  près  del'église paroissiale. 
Id.  Petit  ossuaire  Renaissance  à  Saint- 

Herbot,  près  du  porche. 

Plouarzel.  —  Chapelle  dans  le  cimetière.. 

Ploudiry.  —  1635. 


—  71  — 

Plouégal-Guerrand.  —  Petit  oratoire  à  l'embranché - 
ment  de  la  route  de  Lanmeur. 

Plougasnou.  —  Oratoire  xvi®  siècle,  dans  le  cimetière. 
Id.  Oratoirede  Notre  Damede  Lorette,  1611, 

à  Méjou  an  Orator. 

Plougonven.  —  Ossuaire  gothique,  xvi®  siècle. 

Plougoulm.  —  xvii«  siècle. 

Plounéour-Trez.  —  Deux  chapelles  Louis  XIII  et 
Louis  XIV. 

Plouvien.  —  Ossuaire  gothique,  wi^  siècle,  accolé  à  la 
chapelle  de  Saint-Jaoua. 

Primelin.  —  Ossuaire  gothique  de  Saint  Tujean,  disparu. 

Rédéné.  —  Arcades  gothiques,  xvi®  siècle,  accolées  au 
Sud  de  l'église. 

Roche  (La).  —  1639. 

Roscoil. — Deux  ossuaires,  dont  un  très  beau,  Louis  XIII. 

Saint-Corentin  de  Quimper.  —  Ossuaire  de  1514,  démoli 
en  1840,  reconstitué  en  partie  dans  la  galerie  des  costumes 
au  Musée  départemental. 

Saint-Divy.  —  Petit  ossuaire  à  deux  compartiments, 
surmonté  d'une  croix. 

Saint-Hemin.  —  1637. 

Saint-Jean-du  Doigt.  —  Ossuaire  gothique,  xv®  siècle, 
accolé  au  Sud  de  la  base  du  clocher  ;  autre  ossuaire  de 
1618,  maintenant  muré  ;  oratoire  ouvert,  dans  le  cime 
tière,  1573. 

Saint -Pol- de -Léon.  —  Plusieurs  ossuaires  gothiques, 
xvi«  siècle,  autour  du  cimetière  Saint-Pierre. 

Saint-Servais.  —  Chapelle  xvii«  siècle. 

Saint-Thégonnec.  ■—  Magnifique  chapelle,  1676. 

Saint- Yvi.  —  Ossuaire  près  de  l'église  paroissiale  ;  un 
autre  semblable  à  Loc  Maria-an-Hent  ;  tous  deux  gothi 
ques,  xv«  siècle,  dans  le  genre  du  cloître  de  Ponll'Abbé. 
Sîzun.  —  Chapelle,  1588. 


—  72  — 

Spézet.  —  Ossuaire  très  délabré. 
Taulé.  —  Deux  petits  ossuaires  gothiques,  au  pied  du 
clocher. 
Trémaouézan.  —  Gothique,  xvi«  siècle. 


CALVAIRES   &    CROIX   HISTORIÉES 


Calvaires  de  premier  ordre. 

Saint- Jean  Trolimoh.  —  A  la  chapelle  de  Tronoên.  De 
1500  à  1530. 
Plougonven.  —  1554. 
Guimiliau.  —  1581. 
Plougastel-Daoulas.  —  1602. 
Saint-Thégonnec.  —  1610. 
Pleyben.  —  1650. 

Calvaires  de  deuxième  ordre. 

Tous  du  XVI*  siècle. 

Brasparts.  —  Environ  1530. 
Briec.  —  Chapelle  de  Saint- Vennec,  1556. . 
Cléden-Poher.  —  1575. 
Édern.  —  Saint-Maudez.  Ruiné. 
Ergué  Gabéric.  —  Kerdévot. 

Forêt -Fouesnant  (La).  —  Formant  aussi  chaire  exté- 
rieure. 
Gouézec.  —  Notre-Dame  des  Fontaines,  1554. 
Guengat. 

Landrévarzic.  —  Notre-Dame  de  Quilinen. 
Meylars.  —  Notre-Dame  de  Confors. 
Quéménéven.  —  Notre  Dame  de  Kergoat. 

(A  suivre,) 


—  73  — 


CARTULAIRE 

DE    L'ÉGLISE   DE    QUIMPER 

(Suite.) 


5. 


HEC  SUNT  NOHINA  ECCLESIARUH  i'^ 


que  debent  et  tenentur  solvere  anno  quolibet  denarios  censuales 
in  Synode  Penthecostes  Capitale  Corisopitensi,  quelibet  ecclesia 
prout  inferius  describitur. 

Ceneaux  que  doibvent  ces  églises  au  Chapitre  de  Oornouaiiie 

au  Synode  de  Penttecoste. 


Primo. 

Castrum  novum  in 

Hanflveuc, 

XV» 

fago, 

VIII» 

Roslochoen  (2) 

V» 

Lennon, 

un» 

Keinmerch, 

V8 

Beryan, 

X» 

Locus  Petroci  (3), 

v» 

Ploeye, 

V» 

Sanctus  Severinus 

(4),ii» 

Scruynyac, 

VIII» 

Pleyben, 

X» 

Treugan  (7), 

II» 

Brasperz, 

VIS 

Ploelouguen  (8), 

XVI» 

Plebs  montis  (5), 

XII* 

Cetguen  Pochaer, 

XVI» 

Lannedern, 

XII* 

Spezet, 

X» 

Plebs  nova  in  fago 

,  VIII» 

Seine  Hernin, 

V» 

Killiov  (6), 

XVIII» 

Motrefl, 

V» 

(1)  Cart.  56,  f  43. 

(2)  RosDoeo. 

(3)  Lopérec. 

(1)  Saintr-Sé^l. 

(5)  Loqueffret. 

(6)  Qaillion,  trêve  de  Plooévez-du 

(7)  Trtogan. 

(8)  PouUaoueo. 

-Faou. 

,1 


—  74  — 


Pleguin  (1), 

VIII» 

Ploesulyan, 

V» 

Karahes, 

XX» 

Sanctus  Martinus, 

iiii» 

Ploeneguezell  (2), 

VII» 

Lannisgat, 

VIII» 

Carnoet  pocher, 

X» 

Merelijac  (6), 

X» 

Ploezestelleuc  (3), 

XVI» 

S»«»  Maeocus  (7), 

VIII» 

Pestyfflen, 

V» 

Niguillac  (8), 

XV» 

Duautkellen, 

XII» 

Mur, 

XII» 

Treffrevan  (4), 

X» 

Moustaer  Caradeuc. 

,      V» 

Mezle, 

X» 

Bodeov, 

m» 

Poul, 

V» 

Telgruc, 

iiii» 

Moelov, 

VIII» 

Seinctnic, 

III» 

Glomael, 

vil» 

Ploemodiern, 

XII» 

Ploegranch, 

H» 

Ploemeguen  (9), 

IV» 

Kyntin, 

m» 

Kemenet  maeii  (10) 

,     V» 

Plegeau, 

V» 

Cast, 

VIII» 

Botouha, 

XX» 

Goezeuc, 

V» 

Plebs  nova  in  Quin 

- 

Briziac, 

XX» 

tin, 

VI» 

Sanctoes, 

11» 

Ploekergneuell  (5), 

X» 

Laz, 

XV» 

Castrum  Corle, 

VII» 

Trefîoues  (11), 

III» 

Vêtus  Corle, 

ni» 

Plogonec, 

X» 

Summa  xxiii  libras  xix<^  vi 

(1 

• 

(1)  Plévio. 

(2)  PlouDévézel. 

(3)  Plusquellec. 

(4)  Trebrivao. 

(5)  PlouguerDével. 

(6)  Herleac. 

(7)  Saiot-Hahieux. 

(8)  Neuillac. 

(9)  Ploêveo. 

(10)  QuemeoeveD. 

(11)  Trefflez,  en  Briec. 


-  7S  - 
6. 

PROCURATIONS  DU  LÉGAT  SUR  BENEFICES  DE  CORNOUAILLE^') 

H6C  sunt  procurationes  legati  in  Franoia  in  olvitate 
et  dyoeoesi  Oorisopitensi. 


Episcopus  Corisopiten., 

XX  libras. 

Capitulum  Corisopiten., 

X  libras. 

Abbas  de  Landeguennoc, 

VIII  libras. 

Âbbas  de  Kemperle, 

X  libras. 

Abbas  de  Koetmaloan, 

c». 

Abbas  de  bona  Requie, 

VIII  libras. 

Abbas  de  fiangonio, 

VIII  libras. 

Prior  de  Trevezeuer  (2), 

xx«. 

Prior  de  Locomarie  subtus  Kemper, 

VI  libras. 

Prior  de  Castrolini, 

xx». 

Prior  de  Carabes, 

xx». 

Prior  de  Concq, 

XX  8. 

Prior  de  Languern  (3), 

XXX». 

Prior  de  insula  Sizun, 

XXX». 

Prior  de  Capite  loci  de  bella  insula, 

VIII  libras. 

Abbas  de  Doulas, 

c». 

Abbas  S^»  Mauricii  prope  Carnoet, 

iiii  libras. 

Prior  de  insula  Tutuarni  (4), 

LX». 

Prior  de  S'»  Ronani  de  nemore, 

c». 

Prior  S^iAmandi, 

c». 

Prior  pontis  Briencii, 

LX». 

Prior  de  Landuyan, 

XL». 

Prior  de  Sauson, 

LX». 

Somma  procurationum  hujusmodi  vi^^libras 

». 

(1)  Cart.  56,  f^  43. 

(â)  Prieuré  de  Saiot-Hichel  du  moustoir,  eo  Elliaot. 

(3)  Prieuré  de  Laovern. 

(4)  C'est  le  prieuré  de  nie  Tristan. 


—  76  — 

RENTES  DU  CHAPITRE  EN  TRÉGUNC  ET  NEVEZ 

SANS  LES  DIMES  «' 

Sequuntur  omnes  reddltus  venerabllls  oapituli  eoolesie  Corisopiten 
tam  denarlis,  firumento,  avena  quam  gallinls  et  ovis  In  parroohia 
de  Trefgueno  et  de  Neguez  exoeptis  deolmis  et  altaragio  (s). 


§.  Villa  de  Lestrefguenc. 

§.  Eudo  Anglici,  vu',  ii  minoti  frumenti,  ii  cribate 
avene  cum  quarta  parte,  i  galline. 

Gauffridus  cruce  signatus,  ejus  consortes  vu*,  xi  minoti 
frumenti  m  cribate  avene  cum  quarta,  i  galline. 

Petrus  dictus  Alanic. 

Hazevisia  relicta  (3)  condam  dicti  fabri  (4)  vin»,  vu**. 
III  minoti  frumenti. 

Rivallonus  Alani  ejus  fratres  et  sorores  v%  m  minoti 
frumenti. 

Relicta  dicti  medici  (5),  vu»  ii  minoti  frumenti. 

Eudo  Anglici  (6)  ibidem  i  minotus  frumenti  cum  tercia 
parte  ii  cribate  avene,  i  gallina. 

§.  Gaufridus  Jestinl  ii»  i'*. 

Item  vi'^,  II  minoti  frumenti  cum  dimidio. 

Daniel  Henrici  Castreuc  xx**,  v  scutelle  frumenti. 

Guillotus  Castreuc  xvii**,  v  scutelle  frumenti. 

Alanus  Gêner  Nigri  (7)  ii»  vr*,  ii  partes  minoti  frumenti. 

Guennreda  lilia  Pétri  an  Gall  vi«  ii**,  m  minoti  frumenti. 

Rivallonus  dictus  Pyllac  m**  ob. 

(1)  Carl.,  56,  f.  38. 

(3)  Âltaraçium,  droit  d'autel.  Une  charte  de  1367  (  Fouillé  de  Reones, 
t.  p.  719)  ÔDumère  ainsi  tout  ce  que  comprenait  ce  droit  :  <  Toutes  les 
oblations,  le  pain  de  Noël,  les  dimes  sur  les  animaux,  porcs,  oies,  abeil- 
les, les  offrandes  fiites  à  Toccasion  des  mariages  et  des  funérailles,  les 
deniers  de  confession  de  Carême  et  de  confréries.  > 

(3)  ReUcta,  terme  consacré  pour  Vidua. 

(4)  Fabri,  traduction  de  Le  Goff. 

(5)  Medici,  Louzaouer. 

(6)  AngUci,  Sauzon,  ou  le  Saoz. 

(7)  Ni(fri,  le  Du. 


Desuper  terra  que  fuit  Guilloti  Pennée  m*  m**. 

Mathelina  filia  Bourdan  tenet. 

Heredes  Guidonis  Nigri  vii^,  lui  minoti  frumenti,  ii  cri" 
bâte  avene,  i  gallina. 

Alanus  dictus  Pap  ii«  vu'',  i  minotus  cum  terciâ  parte 
frumenti. 

Guido  dictus  Bengac  xvni<^,  i  minotus  frumenti. 

Dictus  Guasdoc  un''. 

Heredes  Davidis  Fabri  xviii'*. 

Heredes  Rivalloni  Fall  xx**. 

Petrus  Carpentarius  ni»,  i  minotus  et  dimidium  fru- 
menti. 

Johannes  Gouzioci  ratione  uxoris  sue  vu''. 

Alanus  dictus  Golouen  ratione  uxoris  sue  ix**,  i  scutella 
frumenti. 

Somma  Kàergauter 

§.  Petrus  dictus  Musulyac  v»  n'*. 

Daniel  dictus  Ours  vu  solidi  ni''  ob.  dimidium  minoti 
cum  quarta  frumenti,  i  gallina  cum  dimidio. 

Judicellus  Gleman  et  ejus  consortes  nii^  ini'',  i  minotus 
frumenti. 

Cristianus  dictus  Bothlae  et  ejus  fratres  nP  m'',  v  scutelle 
frumenti. 

Item  idem  Cristianus  pro  se  u»  vi*'  ob.,  i  scutella  fru- 
menti cum  dimidio. 

Alanus  Abrahe,  Gauffridus  Guilloti  ratione  terre  Eudo- 
nis  Kàergauter  viii'',  un  minoti  frumenti. 

Johannes  Sutoris  (1)  xxi''  ob.,  i  scutella  cum  sexta  parte 
frumenti. 

Guido  dictus  Maucuiî,  Azenora  dicta  Maucuff  in*  vi**  ob. 
mi  scutelle  frumenti. 

(1)  Svlortt,  Qttéré. 


-  78  - 

Conanus  dictus  Joce  n"  v^  ob.,  n  scutelle  frumenti. 

Ouregann  Rouzaudi  xt^  cum  duabus  partibus  m  ob. 
I  scutella  frumenti. 

Guido  dictus  Postuec  ratione  uxoris  Eudonis  Fabri  repe- 
ritur  quod  débet  vi»  viu**,  et  bladi  nescitur  quantum. 

Ouregann  relicta  iilii  Vam  xxi**  ob.  i  scutella  cum  sexta 
parte  frumenti. 

Guido  Sutoris  xxi*^  ob.  i  scutella  et  sextam  partem  fru- 
menti. 

Filii  Guidonis  fabri  xx**. 

Gaufirida  filia  Pétri  an  Gall....  m»  iir*  ii  partes  unius 
minoti  frumenti. 

Desuper  terra  Guilloti  Pétri  xyii**  tenentur. 

Mansionarii  dicte  ville  debent  ratione  anniversarii  the- 
saurarii  Pichardi  xxxx  solidos  de  quibus  debentur  taille 
xir*  et  anniversarium  xxviii*. 

Somma  Buësit 

§.  Johannes  Caznevedi  vi»  vi'',  i  gallina,  avenam  ii  minoti 
et  I  scutella  frumenti. 

Daniel  Goezijam  vii^  un'',  i  minotus  frumenti  cum  ali- 
quantulo,  i  gallina  et  avenam  et  terciam  partem  cribrate. 

Per  heredes  Johannis  fratris  sui  xii»  ix**,  v  minoti  cum 
dimidio  frumenti,  un  ova. 

Guillotus  Ruffl  ni»  vi<*  dimidiam  partem  i  minoti  fru- 
menti. 

Relicta  Gauffridi  Ruffi  xix<^  ob.  v  scutelle  frumenti 
I  gallina,  u  cribrate  avene. 

Eudo  dictus  Scoarnec  et  ejus  fratres. 

Guillermus  Christiani  dictus  Frieuc. 

Filii  dicti  Rivallonon  ni»  \iu^  et  idem  Eudo  pro  se  mi^. 

Guillermus  dictus  Colliov  ni»  \^  ob.  i  minotus  cum  dua- 
bus partibus  frumenti. 


~  79  — 

Nicholaus  Salioci  ix'  et  dimidium  minoti  frumenti. 

Guillermus  Rufii  ii«  cum  tercia  parte  ob.  i  minotus  cum 
dimidio  frumenti. 

Guillotus  Rîvalloni  fabricii  dictus  Euzenov  Teuz  dictus 
morillon  y*  vi^  un  minoti  frumenti  et  très  partes  frumenti. 

Dictus  an  Boseuc  xui^, 

Filie  Danielis  Goeziam  de  prima  uxore  \ï^  cum  duabus 
partibus  r^,  ii  scutelle  cum  dimidio  frumenti,  duas  partes 
I  cribrate  avene. 

Petrus  Alanic  ratione  matris  sue  vi'. 

Ueredes  Juliane  sororis  sue  vi<>,  modicam  summam 
frumenti. 

Heredes  dicti  an  Pergoent  de  Concq  vii^  ob.  n  scutellas 
cum  dimidio  frumenti. 

Filie  dicti  an  Haltus  xx'. 

Guillermus  an  Quoante  et  ejus  fratres  im^  ob. 

Filie  Rivallon  Ruffi  xvi^  et  dimidium  minoti  frumenti. 

Somma  Kaerandoulff 

§.  Herveus  Vam  xi<*  et  Gaufridus  Pamouic  j^. 

Oliverius  Nathalis  Rioci  im^. 

Ueredes  Gaufiridi  Tannov  \ii^. 
Gauffridus  dictus  Gentil  et  ejus  fratres  vi>. 

Guido  dictus  Bricon  et  ejus  fratres  viii<^  \iu^  et  nonam 
partem  unius  minoti  frumenti. 

Eudo  Floci  et  ejus  fratres  xi^  v<*,  i  minotum  frumenti 
excepta  nona  parte. 

Idem  Eudo  pro  se  v**. 

Guillermus  Periusii  ob. 

Kadoredus  Jestini  pro  ipso  tenet  xii**. 

Heredes  Eudonis  fabricii  ii^  vi**. 

Eudo  dictus  Boedeov  xyi**  Herveus  Vam  teuz. 

Eudo  Perioci  et  ejus  soror  iii^  ni^. 


—  80  — 

Kadoredus  Jestini  et  ejus  fratres  vn'*'  duas  partes  uiiius 
minoti  frumenti. 

GrazloDus  Colliov  iii^  iir*  duodecimam  partem  unius 
scutelli  frumenti. 

Guillermus  dictus  an  Treut  m  solidos  iiii'^ 

Alanus  Loshouarni  v«  x"*  et  mediani  partem  m  ob.  ob 
scutellam  frumenti. 

Relicta  Alani  Floci  n"  xi<*  ob.  v  scutellas  frumenti. 

Guillermus  Gaufridi  Floci  v**. 

Eudo  dictus  an  Goedaes  ratione  terrarum  juris  sue 
xx^*  ob. 

Filius  Guilloti  Davidis  xxii<*  ob. 

Eudo  dictus  an  Maguer  xvii^  ob.  m  scutellas  frumenti. 

Alanus  Johannes   Cariov  et  Guillermus   Guidomarus 
xiiir*. 

Gaufiridus  Rivalloni  Berrthov  xvii**. 

Heredes  dicti  Deservoey  vu*. 

Eudo  dictus  Pengam  xV*.  , 

Daniel  Johannis  Kezlen  ii»  viii^  ob. 

Guillotus  Eudonis  Guilloti  viir*. 

Eudo  Ansqueri  viir*  ob. 

Filius  dicti  Cozguall  n<*  ob. 

Dictus  Coetdigou  ii». 

Gaufiridus  dictus  Bargaync  ix«  de  quibus  Guido  de 
Treguenc  débet  m»  iiii**,  i  gallinam  et  ii  cribatas  avene. 

Relicta  Gaufîridi  Collezeuc  ii^. 

Guillermus  an  Gall  iiii«  vi<*  et  niediam  partem  trium 
obolorum. 

Terra  Eudonis  fabricii  quam  tenet  ad  presens  Eudo 
Floci  III  ix«*. 

Somma  Kaertruc  apud  Neguez 

Gaufridus  Morvani  Floci  ii»  ix**. 
Heredes  Rivalloni  Bataes^xi»  v<*. 


—  81  -^ 

Relicta  Gaufridî  Augusti  (1)  et  Hâzevisis  dicti  Cozdrouc 
mi»  ini**. 

Guido  Danielis  dicti  an  Gall  ni*  iiif'  ob. 

Plaesou  duetmat  et  Hazevisia  fllii  Much  ix^  et  dicta 
Plaesou  nii^  ob. 

Ânmou  filia  Mathei  (2)  ix<*. 

Alanus  an  Loudour  et  ejus  fratres  m*  vi**. 

Relicta  Gourioveni  ii*  un**. 

Dicta  Glannou  relicta  Henrici  Cotonnec  ii»  vi**  ol. 

Grallon  Morvani  v»  i**. 

Johannes  Morvani  et  filius  dicti  Garsill  xvr*. 

Guidomarus  dictus  Vaentes,  petrus  dictus  Guyhommar- 
chou,  Alanus  dictus  Vaentes  vi»  ix'*. 

Guillermus  dictus  Guarredou  et  ejus  fratres  v»  iiii^. 

Theresa  relicta  dictus  Régis  (3)  ii*  vu**. 

Salou  dictus  Cardenneres  ix'^. 

Alanus  Henrici  de  Buzec  per  Gaufridum  precedenlem 
ni«  vr*. 

Caznevedus  dictus  Saincthourchan  et  ejus  consortes  ix**. 

Oureguenena  relicta  Johannis  Perici  ii»  xi**  ob. 

Johannes  dictus  Guemmou  xyi"*.  . 

Item  relicta  Judicelli  ennboudeur  x**. 

Item  Mansionarii  dicte  ville  debent  ii«  nii'*  ralione  pas 
tus  hyemalis,  vu  gallinas  et  xii  cribatas  avene  et  sextam 
decimam  gerbam  pro  décima. 

Somma  an  Bi  Roxxor 

§.  (îaufridus  dictus  Cocguen  xii**  ob. 
Alanus  dictus  Coguen  xii**  ob. 

Guillermus  Judicelli  parvi  (4)  et  ejus  fratres  v»  i  galli- 
I      nam,  ii  cribatas  avene. 

(1)  AMftttU,  Eost. 
(2)Mahé. 

(3)  Régis,  Boue. 

(4)  Le  Biban. 


—  82  — 

Goido  Maucufl  predictus  v«. 

Guido  Posteuc  predictus  ratione  uxoris  sue  v«  iif*. 

Summa  istius  particule  xvu*  iiif*. 

Somma  totalis 

§.  Sequuntur  ista  que  scripta  erant  in  dorso  rotuli  ori- 
ginalis. 

§.  Lestreguenc  débet  xxvi  cribatas  avene  xni  gallinas. 

§.  Anbuesit  débet  xviii  cribatas  avene  ix  gallinas  et 
vn"  ova. 

§.  Kaergauter  débet  xvm  cribatas,  ix  gallinas  item  cibum 
pro  preposito. 

§.  Kaerandoulfi  débet  xxviii  cribatas  avene,  xnu  galli- 
nas et  XX  ova. 

§.  Kaertruc  débet  xii  cribatas  avene  et  vn  gallinas. 

§.  Buronnou  débet  xii  cribatas  avene  et  vn  gallinas. 

§.  Somma  avene  cxiiii  cribatas  avene. 

§.  Somma  Gallinarum  lix. 

§.  Somma  ovorum  xiii". 

§.  Apud  Lestreguenc  débet  habere  capitulum  xl*  mino- 
tos  frumenti  vel  circa. 

§.  Item  apud  Kergauter  xii  minotos  frumenti  et  super 
terram  Eudonis  Kergauter  xxx*  gerbam  pro  décima. 

§.  Item  apud  Buesit  xxx  minotos  frumenti. 

§.  Item  apud  Kaerandoulfi  v  minotos  frumenti  et  ali- 
quantulum  plus. 

§.  Item  apud  Kertruc  xvn*"  gerbam  pro  décima  que 
solet  valere  circa  m  sextarios  frumenti. 

§.  Somma  frumenti  sine  decimis  nii"  vn  minotos  fru- 
manti. 

§.  Guido  Bougac  negavit  quin  terre  quarum  mediam 
partem  detinent  debebant  ab  antiquo  m»  n  minotos  fru- 
menti et  super  hoc  fuit  convictus,  emendam  gagiavit. 


8. 


-83- 


HOHHES  DU  CHAPITRE,  EN  TRÉGUNC  ^*^ 


Heo  wnt  nomina  hominum  Capltuli  In  parrochia  d»  Tregueno 

exiatantium  in  terra  ipaorum. 


§.  In  villa  de  Kaergc 

)Z. 

Cadoredus  Rivalloni, 

xv» 

Relicta  filii  Anmelle, 

iii« 

Papa, 

ITÏ* 

Filia  Deryan, 

VIII» 

Gêner  Galteri, 

XII» 

Terra  an  Fîanter, 

VI* 

Relicta  Corvezen  cum 

Guillermus  Qlius  an 

flliis  Danielis, 

XV» 

■ 

Collet, 

XII8 

Dictus  Botlae, 

ys 

Filius  an  Gentil, 

XIII» 

Gaufîridus  gêner  Ho- 

Relicta  Rivalloni  filii 

dierne, 

VIII» 

an  Gall, 

Vjs 

Filius  Glemani, 

XII» 

Diclus  Pendu, 

VI» 

Relicta  Maucuf, 

II« 

CadoredusSinister(2), 

VIII» 

Filius  Maucuf, 

xv» 

Daniel  Morvani, 

II" 

Conanus  Persone, 

VI» 

Relicta  Bernard i. 

III» 

Filius  Goserhov, 

II» 

'       Filius  Perioci, 

IIII» 

Cadoredus  Bernardi 

mi» 

§.  Apud  Bosit. 

Filia  Arani, 

n» 

Daniel  Rivallonis, 

VI« 

Eudo  Jestini, 

xvs 

Petrus  frater  suus. 

XII» 

Filius  Guezengar, 

iiii» 

Eudo  fr,atri  eorum, 

III» 

Relicta  Bricon, 

ys 

Cadoredus  Brom, 

VII» 

filia  filii  Croc, 

V8 

Gilart, 

VI» 

Rivallonus  Rodaudi, 

vus 

Filius  an  Movn, 

XVI» 

Daniel  Losoarni, 

iiii« 

Daniel  Even, 

XIII» 

Bartholomeus, 

IX» 

§.  Item  in  villa  Galteri 

Henricus  Ore, 

V« 

Filius  Isac, 

XII» 

Filius  Calm, 

XVI» 

Eudo  Ville  Galteri  (3) 

(1)  Cari.  56,  f.  42  —  et  31  f.  60. 

(2)  SiniUer,  kleier  ou  kJeiart. 

(3)  VUla  Galteri.  Kergauter. 


-  84  - 


§.  Item  apud  Lestrefgt 

lenc. 

§.  Hec  sunt  nomina  il- 

Filius  Nizede, 

XXI» 

lorum  extra  terram 

apud 

Filius  Bolie, 

ini» 

Kaerandelf. 

Guillermus  Gosberz, 

VI» 

Filius  Buzic, 

V» 

Frater  suus, 

im» 

Eudo  filius  an  Putov, 

VI» 

Eudo  Cadoredi, 

11» 

Ancherus  filius  mili- 

Eudo  lestini, 

XI» 

lis  (3), 

m» 

Nicholaus, 

11» 

Herveus  filius  Isac, 

xnu^ 

Filius  Guillermi  Mor 

Filius  Even, 

11»  Vl'* 

vani, 

vin» 

Natalis  Strabonis  (4), 

XX» 

Filius  Alani  Morvani, 

X» 

Alanus  Johannis, 

11» 

Filius  de  Fefrez, 

V» 

Filius  an  Cleuguezeir, 

11» 

Daniel  Hervei, 

11» 

Dibacor, 

11» 

Daniel  Gohen, 

IX» 

Filius  Topin, 

V» 

Flori  (4), 

111» 

Frater  suus. 

II» 

Guillermus  Scisor  (2), 

VII» 

Petrus  Johannis, 

un» 

Guillermus  Coet, 

VIII» 

Relicta  Lagadoc, 

11» 

Henricus  Caufridi, 

vil» 

Guennou, 

II» 

Guenou, 
Juliana  Jestini, 
Deryanus  Glasoi, 
Relicta  Lagadoc,          : 
Matheus  frater  suus, 
Guido  JudicelH, 
Guillermus  filius  Croe 
soges. 

II» 
111» 

VIII» 
JCVIII» 

II» 

VIS 
XXI» 

§.  Hec  sunt  nomina  exis- 
tencium  in  terra  pacifica. 
Filius  an  Gall,                 iiii» 
Filius  Calvi  (o),                  ii» 
Filius  Danielov,                 ii» 
Filius  Danielis,                  ii» 
Filius  Gozill  bis,             ini» 
.Cadoredus  Rivalloni 

bis. 

111» 

Filius  Maucuf  bis. 

11» 

(1)  Flori,  Bleuzeo. 
(3)  Scisor,  QuemeDer. 

(3)  MiUtU,  Marhec. 

(4)  Strabonis,  Guilcher,  louche. 

(5)  Calvi,  le  Hoal. 


-  85 


§.  Item  apud  Neguez 

• 

Rivallonis  filius  Gar- 

Graloaus  Blemchuant, 

xv» 

dic, 

XII» 

Judicellus  Heric, 

VI» 

Dictus  Pochaer, 

v» 

Fîlius  Forestarîi  (i), 

VIII» 

Jordanus, 

iiii» 

Eudo  filius  Lodou, 

X» 

Filie  Henrici, 

m» 

Henricus  gêner  filii 

Filius  an  Gall, 

1111» 

Gall, 

VI» 

Relicta  Bugonus, 

V» 

Cozdroc, 

XV» 

Dictus  Cadennic, 

v» 

Relicta  Eveai  Kaer 

Persona  de  Bozoc  (2), 

guem, 

XIII» 

Anstherus  filius  Garni, 

m» 

Supra  auxilium  in  terra  de  Tresguenc  xxxv  libras  v** 
minus  cum  Eudone  de  Kaergauter  6». 

(A  suivre,) 


(1)  ForegUtrU,  Coatanezre  ? 

(2)  Penona  de  Bozae.  Ce  doit  être  le  Recteur  de  Beuzec-Cooq. 


Buu.KTi!f  DE  LA  GoMiiissiON  oiocésiiffE.  —  l'*  anoée. 


6 


86  - 


du  Minihy  de  Léon. 


ENQUÊTE  DE  COMMODO  ET  INCOMMODO 

(Suite.) 


TÉMOINS. 


Messires  Jan  du  Dresnay,  seigneur  de  Penanrun  ; 

Autre  Jan  du  Dresnay,  seigneur  de  Querbol  ; 

Jan-Claude  le  Grand,  seigneur  de  Querantraon  ; 

Allai n-François  du  Coatlosquet,  seigneur  des  illes  ; 

Jan  le  Dourguy,  seigneur  du  Roserf  ; 

Guy  de  Quercop,  seigneur  de  Querenes  ; 

Jan  Baptiste  le  Rouge,  seigneur  de  Lesplouênan  ; 

Jacques  de  Pennehoûadic,  seigneur  de  Lanvaden  ; 

Et  Claude  de  L*estang,  seigneur  de  Rosanpoul  ; 

Messieurs  Math urin  -  François  Richard,  seigneur  de 
Quermerzio,  conseiller  du  Roy,  senechal  et  premier  ma- 
gistrat et  maire  de  la  ville  de  S^  Paoul  ; 

Guy  le  Dalle,  seigneur  de  Quervistin,  lieutenant  des 
Reguaires  du  dit  S^  Paoul  ; 

Et* noble  homme  Yves  Hérault,  seigneur  de  Coûadou, 
ancien  scindic  du  dit  S^  Paoul  ; 

Et  Maistre  Jean  Salaun,  advocat  en  la  Cour,  postulant 
au  dît  S^  Paoul,  chacuns  témoins. 

Le  dit  sieur  de  Rafïias  persistant  aux  fins  et  conclu- 
sions de  ses  requestes  et  des  dites  assignations,  a  requis 
qu'il  nous  pleut  faire  faire  apel  et  évocation  des  parties 
et  témoins  cy  devant  dénommés,  adjuger  deflault  vers  les 


—  87  - 

non  comparants  et  procéder  à  la  jurée  et  audition  des 
témoins  qui  se  présenteront  sur  les  faits  portés  par  les 
dites  requestes  et  autres  en  résultants  circonstances  et 
dépendances,  reservant  passé  de  ce,  de  faire  tels  autres 
réquisitoires  qu'il  trouverra  bon  estre,  sans  que  les  qua- 
litez  puissent  nuire  ny  préjudicier  aux  parties  et  nom- 
mément à  regard  des  dits  sieurs  le  Dot,  Tainguy  ^t  Auf- 
fray,  partyes  intervenantes  au  procès  principal  et  a  le  dit 
sieur  Raffias  signé  :  Rafifias,  chanoine  de  Léon,  et  Jacques 
Hervé. 

.  De  quoy  avons  acte  décerné  et  apel  fait  par  le  dit  Le 
Mesle,  nostre  adjoint,  des  dittes  partyes  defTenderesse  et 
des  témoins  apellés  à  requeste  des  dits  sieurs  du  Chapistre, 
à  icelluy  apel  ont  comparus  les  dits  sieurs  Guillerm,  Sou- 
tré,  Rozec,  Le  Dot,  Tainguy  et  Aufîray,  viccaires  perpétuels 
des  paroisses  de  S.  Jan,  Trégondern,  S.  Pierre,  Toussaint, 
le  Crucifix  des  Champs  et  Notre  Dame,  six  des  sept  parois- 
ses du  Minehy,  lesquels  s'expédiant  d'eux  mesmes  sans 
s'arreslerà  répondre  à  tous  les  faits  par  les  dits  sieurs 
du  Chapistre  cy  dessus  allégués,  parce  qu'on  y  a  cy  devant 
respondu  par  tout  Testât  du  procès  jugé  au  Conseil  par 
arrest  contradictoire  du  septième  Oust  1697,  disent  qu'il 
s'agit  uniqueilient  de  l'exécution  du  dit  arrest  par  lequel 
il  est  dit  que  avant  de  faire  droit  sur  les  appellations, 
demandes  et  interventions  des  partyes  autres  que  celles 
décidées  par  le  dit  arrest,  que  les  dites  parties  se  reti 
rerayent  par  devers  mondit  seigneur  l'Archevesque  de 
Tours  ou  son  oflicial  en  Bretagne,  qui  serait  par  luy  com- 
mis et  député  à  cet  effet  pour  estre  procédé  à  l'union  des 
sept  paroisses  du  minehy  dont  est  question  en  une  ou 
plusieurs  paroisses,  si  faire  se  doit,  pour  son  décret 
sur  la  dite  union  reporté  au  conseil,  estre  ordonné  par 
Sa  Majesté  ce  qu'il  appartiendrait,  or,  les  dits  sieurs 
Viccaires  soutiennent  que  bien  loin  que  les  dittes  sept  pa- 


—  88  — 

roisses  doivent  estre  unies  en  une  ou  réduites  en  moindre 
nombre  que  à  celuy  de  sept,  de  tout  temps  immémorial 
establis  comme  nécessaire,  la  dite  union  ne  se  pourrait 
faire  que  au  grand  préjudice  du  peuple  et  par  conséquent 
déclarent  s'y  opposer  formellement,  tant  par  rapport  à 
lïnterest  de  chacun  d'eux  en  particulier  qu'à  celuy  du 
peuple,  et  pour  justiifier  de  la  commodité  ou  incommo- 
dite  de  la  dite  union,  les  dits  sieurs  du  Chapistre  ne  doi- 
vent pas  s'attacher  à  certaines  personnes  qu'ils  ont  choisy 
comme  dévouées  à  leur  discrétion  ainsi  qu'ils  l'ont  f^it, 
mais  bien  assigner  le  général  de  chacune  des  dittes  seçt 
paroisses,  avec  sommation  de  faire" comparoir  devant 
M.  le  Commissaire  tous  et  chacuns  les  habitants  ayant 
voix  délibérative  pour  estre  par  mon  dit  sieur  le  Commis- 
saire ouïs  sur  le  fait  de  la  commodité  ou  incommodité  de 
la  dite  union,  et  faute  a  eux  de  l'avoir  fait,  les  dits  sieurs 
Viccaires  perpétuels  déclarent  protester  de  nullité  de  l'as- 
signation par  les  dits  sieurs  du  Chapitre  donnée  aux  thé- 
moins  assignés,  qui  d'ailleurs  sont  suspects  et  reprocha- 
bles,  veu  qu'ils  sont  tous  ou  parents  ou  alliés  ou  detteurs 
ou  autrement  engagés  dans  les  intérests  desdits  sieurs  du 
Chapitre. 

Premièrement  à  l'égard  des  dits  de  Penanrun  et  de 
Querennée  ils  n'oserayent  disconvenir  qu'ils  sont  detteurs 
des  dits  sieurs  du  Chapistre  pour  raison  de  rentes  fon- 
cières et  constituées,  parce  que  tous  les  ans  ils  ne  peu- 
vent se  dispenser  de  leur  en  payer  les  levées,  outre  que 
le  dit  sieur  de  Pennanrun  s'est  cy  devant  ouvert  en  faveur 
des  dits  sieurs  du  Chapistre  par  un  motif  d'intérest  puis- 
qu'il n'en  a  allégué  d'autre  que  celuy  qu'il  n  eust  faillu 
fournir  que  une  seulle  maison  prebyteralle  n'y  ayant  que 
un  seul  viccaire  perpétuel,  au  lieu  qu'il  en  eust  faillu 
sept  si  les  sept  paroisses  eussent  subsisté,  et  par  là  a  pré- 
tendu parvenir  à  la  descharge  de  la  contribution  qu'il 


—  89  — 

devra  pour  le  rétablissement  de  la  maison  presbiterale  de 
la  paro'sse  qui  est  celle  de  Notre-Dame  ruinée  depuis 
quelques  années.  Et  au  regard  du  dit  sieur  de  Querenes 
il  y  a  raison  d'estre  attaché  aux  intérests  des  dits  sieurs 
du  Chapistre  parce  qu'il  a  recueilly  une  riche  succession 
de  l'un  de  leur  corps  qui  estoit  le  feu  sieur  de  Querescop, 
son  oncle,  qui  de  son  vivant  a  esté  partye  au  procès  et 
dont  il  a  en  conséquence  possédé  la  prébende  et  qu'il  a 
ensuite  résignée  au  sieur  abbé  du  Couettenfaux,  son 
parent. 

Au  regard  du  dit  sieur  de  QuerbauUe  du  Dresnay,  outre 
qu'il  n'est  pas  du  Minehy  et  que  par  conséquent  il  ne  peut 
connaistre  la  commodité  ou  incommodité  de  l'union  pré- 
tendue par  les  dits  sieurs  du  Chapistre,  c'est  qu'il  est 
proche  allié  des  sieurs  de  Quergus,  Couettanfaux  et  de 
Morisure,  chanoines. 

Le  sieur  de  Querantraon  est  débitteur  des  dits  sieurs 
du  Chapistre,  outre  qu'il  est  beau  père  du  sieur  abbé  du 
Bourgblanc,  archidiacre,  et  proche  allié  du  sieur  abbé  de 
Querenprat,  aussi  archidiacre  et  vicaire  général  de  Mon- 
seigneur l'Évesque  de  Léon. 

Le  sieur  des  Isles  du  Coetlosquet  est  proche  parent  du. 
dit  sieur  abbé  de  Morisure,  chanoine,  et  ne  peut  con- 
naistre le  fait  du  procès,  attendu  le  peu  de  temps  qu'il 
demeure  au  dit  Minehy. 

Le  sieur  de  Roserf  de  Dourguy  est  gendre  du  sieur  du 
Pont,  receveur  du  temporel  de  l'abbaye  de  Landevenec, 

9 

dont  mon  dit  seigneur  l'Evesque  de  Léon  est  abbé. 

Le  sieur  de  Lesplouênan  le  Rouge,  est  un  jeune  gentil- 
homme sortant  nouvellement  des  Estudes,  qui  est  parent 
du  sieur  de  Keraudren  Jacob,  chanoine,  lequel  est  son 
curateur  particulier. 

Le  sieur  de  Lanvaden  de  Pennehoûadic  est  propre  frère 
et  commensal  de  Missire  Louis  de  Pennehoûadic  partye 


—  90  — 

au  procès  en  quaHté  de  prétendu  vicaire  perpétuel  de 
tout  ce  Minehy. 

Le  sieur  de  Rosanpoul  de  TËstang,  outre  qu^il  est  notoi- 
rement imbécille,  c*est  quil  est  proche  parent  du  sieur 
abbé  de  TEstang  Parcoz,  chanoine  du  dit  Léon. 

Les  sieurs  de  Querversio  Pichard  et  de  Quervestin  le 
Dalle  sont  juges  et  officiers  de  mon  dit  seigneur  TÉves- 
que  chanoine  de  Léon  et  ont  cy  devant  donné  leurs  avis 
pour  Tunion  cassée  par  Tarrest  du  conseil  sus  datte,  outre 
que  le  dit  sieur  de  Querversio  s'est  de  plus  oposé  publi- 
quement, et  par  menasses  entrepris  d'empêcher  la  liberté 
des  suiïrages  et  dellibérations  du  peuple  au  sujet  du  pro- 
cès. 

Yves  Hérault,  sieur  de  Coûadou,  est  compère  et  fermier 
du  sieur  de  Trofagan  Quergus  cy  devant  chanoine  héritier 
et  résignataire  du  sieur  Quergus  son  oncle,  le  fils  du  quel 
sieur  de  Trofagan  est  par  résignation  du  dit  sieur  Trofa- 
gan son  père,  chanoine  de  Léon,  outre  que  le  dit  sieur 
Coûadou  est  père  de  Missire  Hamon  Hérault,  prestre,  l'un 
des  prétendus  soubs  vicaires  du  dit  Chapitre  nommé  en 
exécution  de  l'arrest  du  Parlement  de  Bretagne  cassé  par 
l'arrest  du  29  Avril  1695. 

Et  M«  Jan  Salaun  est  greffier  secrétaire  de  Monseigneur 
l'Évesque,  de  son  vicaire  général  et  des  trois  archidia- 
cres, et  proche  allié  du  sieur  Hervé,  pénitencier  et  cha- 
noine au  dit  Léon. 

Les  raisons  et  moyens  cy-dessus  suffisent  pour  faire 
rejetter  les  dits  témoins  et  tout  ce  qui  pourroit  estre  de 
leur  part  allégué  au  sujet  de  la  commodité  ou  incommodité 
de  funion  prétendue  par  les  dits  sieurs  du  Chapitre  qui 
auraient  deu  faire  assigner  le  général  de  chacune  des 
dites  paroisses  et  non  pas  certains  particuliers  suspects, 
ainsi  que  on  vient  de  leur  faire  voir,  et  partant,  les  dits 
sieurs  vicaires  perpétuels  ont  lieu  de  protester  de  nullité^ 


—  91  -- 

de  ràssignation  leur  donnée  et  aux  prétendus  témoins,  et 
de  se  pourvoir  contre  tout  ce  que  fait  a  esté  et  se  pour- 
rait faire  à  leur  préjudice  par  les  voyes  de  droits,  réser- 
vant de  fournir  autres  moyens  en  cas  de  besoin,  et  saul! 
tous  leurs  autres  droits,  sommants  tous  les  dits  témoins 
de  reconnoistre  les  dits  moyens  et  reproches  véritables, 
et  ont  signé.  Ont  ngné  :  J.  Guillerm,  vicaire  perpétuel  ; 
J.  RosEC,  vicaire  perpéttul  ds  Saint  -  Pierre  ;  J.  Le  Dot, 
vicaire  perpétuel  de  Totissaints ;  G.  Tanguy,  vicaire  per^ 
pétuèl  du  Crucifix  dee  Champs  ;  et  B.  Auffret,  vicaire 
perpétuel  de  Notre-Dame. 

Ce  fait,  sur  ce  que  Anne  Blaize  a  représenté  que  Texé- 
cution  de  notre  commission  Tincommoderait  beaucoup 
sy  nous  y  procédions  en  sa  demeure  qui  est  une  maison 
marchande,  attendu  que  il  y  a  une  grande  quantité  de 
inonde  qui  comparoistront  devant  nous,  avons  réservé  de 
procéder  à  la  continuation  de  notre  dite  commission  en 
l'auberge  de  la  GaUère,  où  nous  sommes  descendus,  où 
les  dites  partyes  se  trouveront,  et  a  la  dite  Blaize  signé. 
Ainsi  signé  :  Anne  le  Bleiz;  J.  le  Roy,  Monsieur  V Officiai; 
G.  HiNAULT,  promoteur^  et  J.  le  Mesle,  greffier. 

Par  le  dit  sieur  de  Raffias  en  la  dite  qualité  a  esté  dit 
que  les  dits  sieurs  du  Chapistre  sont  entièrement  dans  le 
point  de  l'exécution  de  Tarrest  dont  est  cas,  puisqu'il  a 
esté  dit  par  icelluy  qu'il  serait  informé  de  la  commodité 
ou  incommodité  de  l'union  dont-  il  s'agist  au  procès,  ce 
qui  ne  se  peut  faire  que  après  avoir  entendu  quelques 
personnes  sur  la  vérité  des  faits  portés  par  la  requeste 
présentée  par  les  dits  sieurs  du  Chapistre  à  Mgr  l'Arche- 
vesque  de  Tours  en  exécution  du  dit  arrest,  la  preuve 
desquels  doit  servir  beaucoup  à  l'information  ordonnée 


—  92  — 

par  le  dit  arrest.  Au  surplus,  les  dits  sieurs  du  Chapistre 
ont  fait  signiffier  non  seulement  les  partyes  intéressées 
mais  encor  le  général  de  chacune  des  sept  prétendues 
paroisses  du  Minehy,  aux  personnes  de  leurs  procureurs 
terriens,  pour  venir  déduire  sur  le  procès- verbal,  leurs 
raisons  touchant  la  dite  commodité  ou  incommodité  et 
sauf  à  les  contredire  s'il  en  est  besoin. 

Au  regard  des  reproches  proposés  contre  les  dits  témoins 
assignés  de  la  part  du  Chapistre,  le  dit  sieur  de  Raflias 
soustient  qu'ils  sont  inconsidérables,  premièrement  à 
regard  de  la  parenté  et  alliance  allégués  par  les  sieurs 
deffendeurs,  puisque  ce  moyen  de  reproche  ne  peut  pré- 
valloir  dans  une  affaire  contre  un  corps  et  communauté 
comme  il  pourroit  prévalloir  dans  une  discution  entre 
des  particuliers,  et  sy  quelques  uns  des  dits  sieurs  témoins 
sont  debitteurs  de  quelques  rentes  au  mareau  et  collège  (1) 
du  dit  Chapistre,  cela  ne  regarde  en  aucune  manière  le 
subjet  du  procès  qui  ne  s'entend  que  aux  seules  dixmes 
et  cordelées  du  dit  Chapistre,  au  lieu  que  les  rentes  qui 
sont  deues  au  mareau  et  collège  du  dit  Chapistre  se  dis- 
tribuent au  hault  et  bas  chœur  de  la  dite  église  cathédralle 
de  Léon  comme  estantes  la  plus  part  legs  pieux  et  fon- 
dations pour  participer  aux  prières  de  l'église  de  la  cathé- 
dralle de  Léon. 

Le  moyen  de  reproche  particulier  déduit  contre  le 
sieur  de  Pennanrun  du  Dresnoy  se  tire  de  l'interest  quïl, 
doit  avoir  à  ce  qu'il  n'y  ait  que  un  seul  Vicaire  dans  le 
Minehy  par  la  raison  que  sy  les  sept  Vicaires  subsistoyent 
il  seroit  tenu  de  contribuer  aux  réparations  d'une  maison 
presbiteralle  au  vicaire  de  Notre-Dame.  Mais  il  n'y  a  rien 

(1)  On  donnait  le  nom  de  mareau  ou  collège  à  l'ensemble  des  ecclé- 
siastiques chargés  du  service  religieux  à  la  cathédrale,  le  receveur  et 
distributeur  du  mareau  s'appelait  marelleur»  du  mot  mareau  ou  mar^, 
sorte  de  jeton  distribué  primitivement  au  clergé  pour  assistance  ain 
offices,  et  leur  donnant  droit  à  une  rétribution. 


—  93  — 

de  plus  faible  parce  qu*il  est  conneu  pour  un  gentil- 
homme fort  aisé  et  qui  ne  se  feroit  point  une  peine  de  la 
ditte  contribution  sy  elle  estoit  absolument  nécessaire, 
outre  que  cette  raison  est  assez  considérable  pour  la  com- 
modité ou  incommodité  de  l'union  en  question. 

Le  reproche  déduit  contre  le  sieur  de  Querenes  n'est 
point  véritable,  en  ce  que  on  a  avancé  que  le  feu  sieur 
de  Querescop,  son  oncle,  vivant  chanoine  de  Léon  ayant 
été  partye  au  procès,  puisqu'il  étoit  mort  plus  d'un  an 
avant  l'introduction  de  l'instance  et  le  surplus  des  dits 
moyens  de  reproches  ne  mérittent  point  de  réponses  au 
regard  du  dit  sieur  de  Querenes. 

11  n  est  non  plus  véritable  que  le  sieur  de  Querbaul  ne 
soit  point  habittant  du  dit  Minehy  puisque  il  demeure 
dans  la  ville  depuis  plus  de  vingt  ans,  et  pour  ce  qui  est 
de  la  parenté  et  alliance  du  dit  sieur  de  Querbaul  avecq 
quelques  uns  de  MM.  du  Chapitre  à  supposer  qu'elles 
fussent  véritables,  on  a  cy  devant  respondu  à  ce  moyen. 

Le  reproche  contre  le  sieur  de  Querantraon  n'a  aucun 
fondement,  puisque  les  sieurs  du  Bourgblanc  et  de  Quer- 
amprat  ne  sont  point  chanoines  ny  partyes  au  procès,  et 
sy  le  dit  sieur  de  Querantraon  est  débitteur  de  quelques 
rentes,  on  a  déjà  dit  que  ces  sortes  de  rentes  ne  sont  point 
privativement  au  Chapistre  mais  à  tout  le  chœur. 

Le  reproche  vers  le  sieur  des  Isles  a  esté  aussycy  devant 
contredit,  et  il  importe  peu  qu'il  soit  ancien  habittant  du 
Minehy  ou  nouvellement  venu,  il  suffit  qu'il  y  demeure, 
il  y  a  plus  de  douze  ans,  et  qu'il  soit  connoissant  des  faits 
soutenus  par  les  demandeurs  et  autres  qui  en  peuvent 
résulter. 

Si  le  sieur  Dupont,  beau-frère  du  sieur  de  Roserf  est 
receveur  de  Mgr  l'Évesque  de  Léon  (1)  dans  son  abbaye  de 

(1)  Pierre  Neboax  de  la  Brosse,  évoque  de  Léon  (1671-1701),  abbé  dç 
UidéveDoec  (1606-1701). 


-94- 

Landevennec,  comme  on  ne  te  croy  pas,  ce  n'est  pas  un 
moyen  de  reproche  valable  contre  le  dit  sieur  de  Roserf, 
son  gendre. 

Au  regard  du  sieur  de  Lesplouênan,  il  y  a  plus  de  trois 
ans  qu'il  est  habitant  de  la  ville,  et  il  est  parfaitement 
connoissant  de  la  vérité  des  faits  soustenus  et  sa  parante 
avec  le  sieur  de  Renaudren  n'est  d'aucune  considération 
pour  les  raisons  sus  dites. 

Le  sieur  de  Pennehouadic,  prestre,  n'est  nullement 
partye  au  procès  et  partant,  le  sieur  de  Lanvaden,  son 
frère,  ne  peut  estre  jugé  reprochable  sauf  le  plus  prudent 
sentiment  de  M.  le  Commissaire. 

A  Tesgard  du  sieur  de  Rosanpoul  c'est' une  injure  cer- 
tifiée que  les  sieurs  défendeurs  luy  ont  fait  de  le  traitter 
d'imbécille,  et  ce  sera  à  M.  le  Commissaire  d'en  juger 
quand  il  aura  eu  la  bonté  de  l'interroger. 

Il  est  vray  que  les  sieurs  de  Quermersio  et  de  Querves- 
tin  sont  officiers  de  la  juridiction  des  reguaires  de  Mgr 
l'Évesque  de  Léon,  mais  il  ne  s'ensuit  pas  que  on  en 
puisse  induire  contre  eux  un  moyen  de  reproche,  bien  au 
contraire,  ce  sont  les  personnes  qui  doivent  estre  le  plus 
entendues  pour  la  conservation  de  l'interest  du  public  et 
dans  le  fait  qui  s'offre  à  juger,  et  on  laisse  au  dit  sieur 
de  Quermersio  à  se  deffendre  de  la  calomnie  qui  lui  a  esté 
imposée  par  le  plaidé  des  dits  sieurs  défendeurs. 

Le  reproche  contre  le  sieur  de  Couadou  n'est  nulle- 
ment admissible,  parce  qu'il  n'est  pas  véritable  qu'il  soit 
fermier  du  sieur  Trofagan,  mais  bien  le  sieur  Hérault  son 
fils,  et  à  supposer  qu'il  le  fust  quid  inde  puisque  le  sieur 
de  Trofagan  n'est  point  chanoine,  quoi  qu'il  l'ait  cy 
devant  esté  et  il  n'est  pas  véritable  que  le  dit  Hérault, 
prestre,  soit  l'un  des  sous  vicaires  du  Chapitre. 

Et  pour  le  regard  du  sieur  de  Salaun  il  n'est  pas  vray 
de  dire  qu'il  soit  parent  ni  allié  du  sieur  Hervé,  cha- 


s 


—  96  — 

Boine,  et  quand  ce  fait  seroit  véritable  comme  non,  on  a 
cy  devant  répondu  à  ce  futil  reproche,  et  au  respect  des 
qualités  du  sieur  Salaun,  elles  ne  touchent  en  aucune 
manière  les  intérêts  du  Chapitre  dont  il  n'est  point  offi- 
cier. 

Partant,  le  dit  sieur  Rafias  conclud  à  ce  que  sans  avoir 
esgard  aux  prétendus  moyens  de  reproches  déduits  par 
les  dits  dellendeurs,  il  soit  procédé  à  la  jurée  et  audition 
des  témoins  assignés,  persistant  le  dit  sieur  de  Rafias  à  la 
contestation  de  la  qualité  de  vicaires  perpétuels  prise  par 
les  dits  sieurs  dellendeurs  et  réservant  tous  les  autres 
droits, conclusions  et  réquisitoires  du  Chapistre  et  a  signé, 
et  le  dit  Hervé  son  advocat  :  Raffias,  chanoine  de  Léon, 
el  Jacques  Hervé. 

Les  dit  sieurs  Vicaires  defïendeurs  ont  réservé  de  répli- 
quer en  temps  et  lieu,  persistants  au  surplus  aux  repro- 
ches par  eux  cy  devant  déduits  par  leurs  plédés  et  aux 
conclusions  y  prises,  avec  toutes  les  réservations  et  pro- 
testations y  insérées,  et  ont  signé.  Ainsi  signé  :  J.  Guillerm, 
vkaire  de  Saint  -  Jan  ;  Jan  Soutré,  vicaire  perpétuel; 
J.  RosEC,  vicaire  perpétuel  de  Saint- Piere  ;  J.  le  Dot, 
vkaire  perpétuel  de  Toussains  ;  B.  Auffret,  vicaire  perpé- 
tuel de  Notre-Dame,  et  G.  Tanguy,  vicaire  perpétuel  du 
Crucifix  des  Champs.    . 

Desquels  dits  et  déclarations  avons  donné  acte  aux  par- 
tyes  et  sur  ce  oui  le  promotteur  en  ses  conclusions,  sans 
préjudice  aux  reproches  des  dits  sieurs  Vicaires,  avons 
ordonné  qu'il  sera  procédé  à  la  jurée  des  dits  témoins  et. 
continuation  de  nostre  commission,  auquel  eflet  avons 
fait  faire  apel  par  nostre  adjoint  des  dits  procureurs  ter- 
riens et  des  dits  témoins,  auquel  apel  ont  compareus  : 


—  96  — 

Les  dits  François  la  Roche  et  Martin  Penequaisse,  pro- 
cureurs terriens  du  cartier  Notre-Dame. 

Les  dits  Yves  Bastard  et  Jan  Bras,  procureurs  terriens 
du  quartier  de  Saint-Jan. 

Les  dits  Jan  le  Cosquer  et  Jacques  Marchadour,  procu- 
reurs terriens  du  cartier  du  Crucifix  de  la  ville. 

Les  dits  Guillaume  Moncus  et  Ollivier  le  Dréau,  procu- 
reurs terriens  au  cartier  de  Tregondern  Minehy. 

Les  dits  Pierre  Corre  et  François  le  Roux,  procureurs 
terriens  au  quartier  Saint-Pierre. 

Raoul  Moncus  l'un  des  procureurs  terriens  au  quartier 
Toussaints  et  les  dits  François  le  Gallou  et  Guillaume 
Pleyber,  procureurs  terriens  au  quartier  du  Crucifix  des 
Champs. 

Et  des  dits  témoins  assignés  ont  aussy  compareus  : 

Les  dits  sieurs  du  Dresnay  de  Pennanrun  et  du  Dresnay 
de  Querbaol,  le  Grand  de  Querantraon,  le  Dourguy  de 
Roserf ,  de  Quercop  de  Querenes,  le  Rouge  de  Lesplouënan, 
Pennehoadic  de  Lanvaden,  Pichard  de  Quermersio,  et  de 
Salaun. 

Desquelles  comparutions  avons  pareillement  décerné 
acte  et  de  la  jurée  des  dits  témoins  présents,  la  main  levée, 
de  dire  la  vérité  sur  les  faits  de  la  requeste  des  dits  sieurs 
du  Chapistre  et  autres  en  résultants  dont  ils  seront  enquis, 
et  avons  donné  deiïault  vers  le  dit  le  Maigre  Tun  des  pro- 
cureurs terriens  du  quartier  de  Toussaints  et  vers  les  dits 
sieurs  des  Isles  et  de  Coetlosquet,  TEstang,  Rosampoul, 
le  Dal  de  Quervistin  et  Hérault  Couadou,  témoins,  la  jurée 
desquels  vaudra  lors  de  leur  audition,  à  laquelle  et  de 
celle  des  dits  témoins  comparants  a  esté  réservé  de  pro- 
céder par  chahier  séparé  du  présent,  après  que  les  dits 
procureurs  terriens  qui  se  sont  présentés  auront  mis  leurs 
dirres  et  déclarations  et  auront  estes  oûis,  ce  qui  a  esté 
renvoyé  à  demain  huit  heures  du  matin  attendu  que  la 


—  97  — 

nuict  est  survenue,  et  du  tout  fait  et  rédigé  le  présent,  le 
dit  jour  et  an  que  devant.  Ainsi  signé  :  J.  le  Roy,  M^  VOf- 
fdd;  G.Hlnaclt,  if'  le  Promoteur,  et  J.  le  Mesle,  greffier. 


Du  troisième  jour  du  mois  de  Décembre  1698,  entre  les 
huict  et  neul  heures  du  matin  dans  la  dite  ville  de  S^  Paoul 
de  Léon,  par  devant  nous,  sus  dit  officiai  et  juge  ecclé- 
siastique du  diocèse  de  Saint- Brieuc,  commissaire  en 
celte  partye,  en  présence  du  promotteur  du  dit  diocèse 
de  Saint-Brieuc  et  ayant  pour  adjoint  maistre  Jacques  le 
Mesle,  greffier  de  lofficialité  de  la  dite  ville,  de  lui  le  ser- 
ment pris  au  cas  requis. 

Se  sont  présentés  en  personnes  nobles  gens  Pierre 
Marec  sieur  de  Kerider,  ancien  scindic  de  la  dite  ville  de 
Si  Paoul,  Guillaume  Cheffrel,  sieur  de  Runegouet,  con- 
seiller du  Roy  et  substitut  de  son  procureur  en  la  com- 
munauté du  dit  St  Paoul  et  Jacob  Quillou  sieur  de  Que- 
rouel,  tous  trois  de  la  paroisse  de  N.  D.,  deputtés  par  le 
gênerai  dicelle  par  acte  prosnale  du  vingt  troisième 
Novembre  pour  deffendre  pour  luy,  aux  fins  de  l'assigna- 
tion donnée  à  François  de  la  Roche  et  Martin  Penequoisse, 
procureurs  terriens  de  la  dite  paroisse  et  mettre  leurs 
dires  et  déclarations  au  lieu  et  place  des  dits  procureurs 
terriens,  lesquels  après  avoir  ouy  lecture  des  réquisitoi- 
res des  sieurs  du  Chapistre  et  des  deffences  des  sieurs 
Vicaires  cy  dessus  insérées,  ont  déclaré  s'adhérer  aux 
reproches  par  les  dits  sieurs  Vicaires  déduits  contre  les 
thémoins  assignés  de  la  part  des  dits  sieurs  du  Chapistre 
et  soustiennent  les  dits  reproches  plus  que  suffisants  pour 
opposer  l'audition  des  dits  prétendus  témoins,  ^t  au 
regard  des  réponses  des  dits  sieurs  du  Chapistre  aux 
moyens  de  reproches  cy  dessus,  elles  sont  tellement  incon 
sidérables  qu'elles  ne  peuvent  donner  aucunes  atteintes. 


-  98  - 

Il  n*est  pas  question  d'informer  qu*il  n*y  a  qu'une  seule 
église  pour  desservir  les  dits*  sept  vicariats  perpétuels, 
qu'il  n'y  a  dans  la  dite  église  que  un  seul  fond  baptismal, 
et  d'ordinaire  un  seul  tabernacle  et  une  seulle  croix, 
parceque  on  en  est  demeuré  d'accord  dans  tout  Testât  du 
procès  comme  on  en  convient  encore  à  présent,  [mais  [les 
dits  sieurs  du  Chapistre  ne  peuvent  non  plus  disconvenir 
que  au  temps  de  Pasques  les  habittans  de  chaque  paroisse 
reçoivent  la  communion  de  leurs  vicaires  ou  sousvicaires 
devant  l'autel  destiné  pour  desservir  leur  cure,  et  cela  est 
d'autant  plus  nécessaire  que  sy  il  manquait  d'estre  fait, 
il  serait  impossible  aux  recteurs  de  scavoir  sy  quelques 
uns  de  leurs  paroissiens  manqueroient  de  faire  ses  pas- 
ques. 

Au  fond,  toutte  union  de  beneffice  ne  peut  que  procéder 
de  deux  causes,  l'une  est  la  nécessité  et  l'autre  l'utilité. 
Dans  l'espèce  qui  se  présente,  ny  l'une  ny  l'autre  de  ces 
deux  causes  ne  se  trouve  et  conséquament  il  n'y  a  aucun 
lieu  à  l'union  prétendue  par  les  dits  sieurs  du  Chapis- 
tre, Qu'il  ny  ait  point  de  nécessité,  il  est  évident,  puis 
qu'il  y  a  du  bien  plus  que  suffisant  pour  la  subsistance 
des  sept  Viccaires  perpétuels  du  Minehy  et  de  leurs 
soubs  Vicaires,  et  que  bien  loin  que  les  fonds  destinés  à 
cet  effet  soyent  diminués,  ils  augmentent  touttes  les  ans 
considérablement  et  partant,  il  n'y  a  point  de  nécessité 
d'unir  les  dits  sept  vicariats  perpétuels. 

Il  n'y  a  non  plus  d'utilité,  puis  que  chacun  des  sept 
Vicaires  et  soubz  Vicaires  peut  honnestemnt  subsister 
du  bien  destiné  à  sa  subsistance  et  que  la  moindre 
des  dittes  sept  paroisses  contient  plus  de  familles  et  de 
communiants  que  la  plus  part  des  autres  paroisses  du 
diocèse  de  Léon,, comme  il  est  justifié  par  un  état  des 
paroisses  du  dit  évesché  du  27  Juin  1695,  signé  Jeudv,  fait 
pour  régler  la  grandeur  des  cahiers  et  registres  des  bap- 


I 


-  99  - 

tesmes,  mariages  et  sépultures  de  chaque  paroisse,  que 
les  dits  députés  ont  en  Tendroit  représentée  et  offert  de 
déposer  entre  les  mains  de  l'adjoint  avant  la  clôture  de 
la  présente  commission,  sauf  à  en  prendre  copie  par  ses 
mains,  collationnée  de  M.  le  Curé  ;  d'où  il  s'ensuit  que 
les  dits  sieurs  du  Chapistre  sont  très  mal  fondés  à  préten- 
dre Tunion  par  eux  requise,  à  laquelle  les  dits  habitants 
et  paroissiens  s'opposent,  avec  d'autant  plus  de  raison 
qu'elle  serait  très  préjudiciable  à  tout  le  peuple  des  dittes 
sept  paroisses,  puisque  ce  nombre  est  absolument  néces- 
saire pour  le  service  des  dittes  sept  paroisses,  ce  qui  est 
justifié  par  une  triste  expérience  pendant  que,  en  consé- 
quence de  l'union  cy  devant  faite  par  Mgr  l'évéque  de 
Léon  des  dittes  sept  paroisses  en  une,  et  dès  depuis  cas- 
sée pararrest  du  Conseil,  le  peuple  du  Minehy  a  esté  régi 
par  moindre  nombre,  puisque  on  a  vu  plusieurs  enfants 
morts  sans  baptesme,  plusieurs  personnes  sans  confes- 
sion, communion  et  extrême  onction,  faute  de  pasteurs  ; 
et  dans  le  temps  de  Pasques  et  de  Jubilé  on  s'est  veu 
obligé  de  faire  venir  des  capucins  et  autres  religieux  et 
prestres  dans  l'église  cathédralle  pour  remplir  les  tribu- 
naux des  dits  sept  vicaires  et  soubz  vicaires,  et  suppléera 
leur  deffaultf  ce  qui  est  prouvé  par  acte  authentique  et  de 
plus,  la  quinzaine  de  pasques  a  esté  pendant  le  dit  temps 
de  l'union,  tous  les  ans  prolongée  d  autre  quinzaine  faute 
de  pasteurs  suiïisants  et  cela  au  grand  scandale  de  la  reli- 
gion, et  pour  un  dessein  prémédité  de  ne  point  recevoir 
les  plaintes  des  particuliers  au  sujet  du  désordre  cy  des 
sus,  l'on  a  discontinué  depuis  l'an  1692  les  visites  qui  se 
faisaient  de  précédent  tous  les  ans,  en  cette  ville  de  Saint- 
Paoul  de  Léon,  et  ainsi  les  dits  députtés  repettent  leurs 
oppositions  formelles  à  Tunion  prétendue  par  les  dits 
sieurs  du  Chapistre  et  requièrent  qu'il  plaise  à  M.  le  Com- 
missaire d'entendre  tous  et  chacuns  les  dénommés  dans 


—  100  — 

Tacte  prdnal  sus  datte,  lesquels  ils  ont  déposé  en  l'endroit 
aux  mains  de  Tadjoint  deuement  garenty,  controllé  et 
scellé  et  chiffré  des  dits  députés  qui  ont  exercé  tous  les 
droits  du  général  de  la  dite  paroisse  et  les  leurs  en  parti- 
culier et  à  déduire  par  cy  après  telles  autres  raisons  qu'il 
appartiendra,  déclarant  faire  ellection  de  domicile  en  la 
demeure  du  dit  sieur  de  Querider  Marrec,  en  cette  ville  de 
S.  Paoul  paroisse  de  N.  D.  et  ont  signé  :  P.  Marrec,  Jacob 
GuiLLOu  et  G.  Cheffrel. 

Les  sieurs  Ollivier  Lucas,  Nicolas  Rolland  sieur  de 
Querrenes  et  Mathurin  Le  Becq  sieur  du  Clos  se  présen- 
tant pour  Yves  Bastard  et  Jean  Bras,  procureurs  terriens 
de  la  paroisse  S.-Jan  et  faisant  pour  le  gouvernement 
d'icelle  aux  fins  d'acte  prosnal  du  23®  Novembre  dernier 
qu'ils  ont  en  l'endroit  déposé  aux  mains  du  consignant 
adjoint  deuement  garenty  et  d'eux  chiffré,  ont  déclaré 
s'arrester  et  adhérer  aux  raisons  déduittes  par  les  sieurs 
députtés  de  la  paroisse  de  N.-D.  quant  à  présent,  saufl 
dans  la  suite  à  déduire  telles  autres  raisons  qu'ils  juge- 
ront à  propos  et  ont  signé  :  Mathurin  Le  Becq,  0.  Lucas 
et  Rolland. 

(A  suivre.) 


—  101  — 


MUSÉE  D'ART  RELIGIEUX 


OOmiNnATION  DE  LA  LISTE  DES  OBJETS  OFFERTS 
ponr  la  formation  de  ce  Musée. 


V.  —  Pied  de  ohandeller  en  bronze,  xvi«  siècle,  pro- 
venant de  la  chapelle  de  Notre-Dame  de  Kergoat,  en  Que- 
ménéven. 

VI.  —  Petit  Brûle-olerges,  en  fer  forgé,  à  tige  tordue  ; 
même  provenance. 

VIL  —  Tpono  pour  offirandes,  en  bois  de  chêne,  de 
OindO  d*équarrissage,  avec  chanfreins  sur  les  angles,  et 
moulures  pourallégir  le  pied.  Ce  tronc,  fermant  à  double 
serrure,  est  blindé  de  ferrures  solides  et  compliquées, 
travaillées  au  marteau,  et  donnant  une  excellente  idée  de 
l'habileté  de  nos  anciens  foirerons.  Sur  ces  ferrures  sont 
riTés  des  encadrements  guillochés,  gravés  au  poinçon  et 
à  la  matrice.  Sur  une  petite  traverse  on  lit  :  Bodenes.  1622. 

VIII.  —  Bois  gravé,  pour  impression  d'images  de  saint 
Corentin. 
Don  de  M.  de  Kerangal,  imprimeur  de  TËvèché. 


IvuRUf  DK  LA  Commission  dioo^saiiib.  —  1"  aDDôe. 


—  102  — 


RestanratiOB  des  YITRiUX  de  la  chapelle  de  KergoaL 


La  belle  chapelle  de  Notre-Dame  de  Kergoat,  en  Qué- 
ménéven,  possède  une  série  de  sept  vitraux  anciens,  dont 
quatre  particulièrement,  placés  dans  le  bas -côté  Nord, 
sont  d*un  intérêt  remarquable.  Ils  représentent  : 

A.  Histoire  de  Tenfance  du  patriarche  Joseph,  en  cinq 
panneaux. 

B.  Différentes  scènes  d'une  grande  représentation  du 
jugement  dernier,  ayant  eu  sa  place  antérieurement  dans 
une  grande  fenêtre  de  la  chapelle  qui  a  précédé  la  cha- 
pelle actuelle. 

C.  Autres  tableaux  de  ce  jugement  dernier. 

D.  Apôtres  et  prophètes  tenant  des  banderolles  avec 
inscriptions  gothiques.  Cette  dernière  verrière  date  du 
XY^  siècle,  et  est  très  précieuse  par  sa  composition  et  son 
style. 

Ces  vitraux,  en  fort  mauvais  état  de  conservation  et 
menacés  d'une  destruction  prochaine,  ont  été  classés  par 
la  Commission  des  Monuments  historiques,  et  grâce  à  une 
modeste  contribution  des  deniers  de  la  Fabrique  parois- 
siale, cette  Commission  s'est  chargée  de  les  restaurer  selon 
toutes  les  règles  de  l'art,  c'est-à-dire,  en  leur  conservant 
entièrement  leur  caractère  et  en  les  consolidant  pour  des 
siècles  ;  elle  a  confié  ce  travail  à  son  verrier  attitré,  M.  Félix 
Gaudin,  qui  l'a  exécuté  avec  autant  de  soin  que  de  science, 
et  c'est  plaisir  maintenant  de  voir  ces  vitraux,  autrefois 
à  peu  près  indéchiffrables,  parfaitement  lisibles  à  tous  les 
yeux. 


—  103  — 

N.  B.  —  Les  lecteurs  du  Bulletin  doivent  être  tentés  de 
trouver  fastidieuse  la  longue  liste  de  nos  monuments, 
nomenclature  trop  sèche,  occupant  ces  trois  premiers 
numéros.  Ils  sont  invités  à  prendre  patience  et  à  mettre 
cet  ennui  sur  le  compte  de  la  grande  richesse  artistique 
de  notre  pays.  Il  faudra  probablement  subir  cette  énumé- 
ration  encore  dans  le  quatrième  numéro,  après  quoi  cette 
étude  archéologique  deviendra  plus  intéressante,  lors- 
qu'on abordera  la  description  de  nos  édifices  religieux. 


—  104  — 


STATISTIQUE  MONUMENTALE 

DU    DIOCÈSE    DE    QUIMPER   ET   DE    LÉON" 

(Suite.) 


Calvaires  de  troisième  ordre. 

Chàteaulin.  —  Chapelle  de  Notre-Dame. 

Goulien.  —  Chapelle  de  Saint-Laurent.  En  partie  ruiné. 

Kernével.  —  Chapelle  de  Loc-Jean.  En  partie  ruiné. 

Laz.  —  1526. 

Loc-Mélar.  —  Semblable  à  la  croix  de  Lopérec. 

Lopérec.  —  1552. 

Nizon. 

Pencran.  —  Deux  belles  croix,  dont  une  semblable  à 
Lopérec. 

Plabennec.  —  Au-dessus  de  Tossuaire,  et  à  la  chapelle 
de  Loc-Maria. 

Plomeur.  —  A  Notre-Dame  de  Tréminou,  formant 
chaire  extérieure. 

Plomodiern.  —  Sainte-Marie  du  Ménez-Hom,  154^. 

Plounéventer. 

Plonévez-du-Faou.  —  Saint-Herbot. 

Plouézoc'h.  —  Croix  hosannière,  avec  pupitre. 

Poullan.  —  Croix  hosannière,  chaire  et  pupitre. 

Saint-Divy.  —  Croix  surmontant  l'ossuaire,  1506. 

Saint-Hernin.  —  Au  cimetière,  genre  Quilinen. 
Id.  Ruines  à  Kerbreudeur. 


—  105  — 

Saint-Ségal.  —  Au  bourg  et  à  Saint-Sébastien. 
Saint-Servais.  —  Base  historiée. 
Scaêr.  —  xiv«  au  xv«  siècle. 


FONTAINES    MONUMENTALES 
ET  fontaine:s  v£nérée:s 


Batz  (Ile  de).  —  Fontaine  de  saint  Pol,  recouverte  par 
la  mer  à  chaque  marée. 

Beuzec-Cap-Sizun.  —  Notre-Dame  de  la  Clarté  ;  Saint- 
Tudy;  Lochrist. 
Bodilis.  —  Notre-Dame  de  Bodilis. 
Briec.  —  Saint- Vennec  ;  Sainte-Cécile. 

Cast.  —  Saint-Gildas. 

Chàteaulin.  —  Notre-Dame  ;  les  trois  Ducs  ;  Saint-Jean 
et  Notre-Dame  de  Kerluan. 

Cléden-Cap-Sizun.  —  Langroas. 

Cléder.  —  Saint-Ké. 

Clohars-Fouesnant*  —  Notre-Dame  du  Drénec, 

Combrit.  —  Notre-Dame  de  la  Clarté. 

Comanna.  —  Saint-Jean  du  Mougau. 

Crozon.  —  Saint- Jean  ;  Saint-Egarrec. 

Daoulas.  —  Notre-Dame  de  la  Fontaine. 

Dirinon.  —  Sainte-Nonne  et  Saint-David. 

Ergué-Armel.  —  Saint- Alor. 

Ergué-Gabéric.  —  Kerdévot  :  Notre-Dame  et  Saint-Jean, 
Saint-Fiacre;  Yun-Maria  ;  Saint-Éloi. 

Folgoêt  (Le).  —  Fontaine  de  Notre-Dame  à  l'abside  de 
l'église. 

Fouesnant.  —  Sainte- Anne. 

Goueznou,  —  Saint-Goueznou. 

Gouézec.  —  Notre-Dame  des  Fontaines  ;  Tréguron. 


—  106  — 

Goulven.  —  Pénity. 

Guengat.  —  Saint-Fiacre  ;  Saint-Jean. 

Guerlesquin.  —  Saint-Trémeur. 

Guiclan.  —  Saint-Jacques  et  Feunteim-Bol. 

Guimaôc.  —  Chapelle  de  Christ. 

Guimiliau.  —  Saint-Miliau. 

Kerf eunteun.  —  Fontaine  de  la  Trinité,  sous  le  cimetière, 

Lampaul- Guimiliau.  —  Notre-Dame;  Sainte -Anne; 
Saint-Pol  ;  Sainte-Anastase. 

Lampaul-Ploudalmézeau.  —  Cimetière. 

Landerneau.  —  Fontaine-Blanche. 

Landivisiau.  —  Saint-Thivisiau  et  Pont-Iliz. 

Landrévarzec.  —  Notre-Dame  de  Quilinen. 

Lanmeur.  —  Crypte  de  Saint-Mélar. 

Lannilis.  —  Prat-Per  et  Trobérou. 

Loc-Maria-Plouzané.  —  Notre-Dame. 

Loc-Mélar.  —  Saint-Mélar. 

Locronan.  —  Notre-Dame  de  Bonne-Nouvelle  et  Saint- 
Eutrope. 

Meilars.  —  Notre-Dame  de  Confors. 

Moêlan.  —  Saint-Roch  et  Saint-Philibert. 

Motrefi.  —  Saint-Lérin. 

Plogbnnec.  — -  Chapelle  de  Saint-Trégonnec. 

Plomodiern.  —  Saint-Mahouarn  ;  Saint-Corentin. 

Plonéis.  —  Saint-Gilles;  Sainte- Anne  de  Pratanras. 

Plonéour-Lanvern.  —  Lanvern. 

Plonévez-Porzay.  —  Sainte-Anne-la-Palue. 

Plouarzel.  —  Notre-Dame  de  Trézien. 

Plouénan.  —  Notre-Dame  de  Kerélon. 

Plougastel-Daoulas.  —  Saint-Jean  ;  Fontaine-Blanche. 

Plougonvelin.  —  Saint-Mathieu. 

Plougoulm.  —  Saint  Colomban  ;  Prat-Coulm. 

Plouguerneau.  —  Deux  au  Grouanec,  trois  à  Prat-Pol  ; 
Notre-Dame  du  Traon  et  Loguivy. 


—  107  — 

Plouguin.  —  Loc-Majan. 

Plounéventer.  —  Saint- Né  venter  et  Saint- Derrien,  à 
Kert)énéat. 

Plounévez-Lochrist.  —  Lochrist;  Sainte  Brigitte. 

Plouvien.  —  Saint- Jaoua;  Saint- Jean-Balanan. 

Plouvorn.  —  Lambader. 

Plouzévédé.  —  Notre-Dame  de  Berven. 

Plozévet.  —  Deux  dans  le  cimetière,  contre  l'église. 

Pont-Croix.  —  Notre-Dame  de  Roscudon;  SaintHila- 
rion. 

Poullan.  —  Kerinec. 

Primelin.  —  Saint-Chrysante. 

Rédéné.  —  Notre-Dame  de  Lorette. 

Riec.  —  Saint-Léger. 

Rumengol.  —  Notre-Dame. 

Saint-Cor)entin  de  Quimper.  —  Saint-Corentin  ;  Saint- 
Primel.      • 

Saint-Jean-du-Doigt.  —  Fontaine  monumentale  ;  Saint- 
Mériadec. 

Saint-Melaine  de  Morlaix.—Notre-Dame-des- Fontaines. 

Saînt-Nic.  —  Saint-Côme. 

Saint-Pol  de  Léon.  —  Lenn-ar-Gloar;  Saint-Roch. 

Saint- Vougay.  —  Saint-Jean. 

Scaër.  —  Sainte-Candide. 

Tréboul.  —  Saint-Pierre. 

TrefBagat.  —  Saint-Fiacre. 

Tréflez.  —  Sainte-Ideltrude  ;  Saint-Guévroc. 

Trémaouézan.  —  Notre-Dame,  1656. 


CLOITRES  ANCIENS 


Daoulas.  —  Colonnes  et  arcades  du  xn«  siècle,  en  place, 
mais  la  toiture  a  disparu. 


—  108  ~ 

Carhaix.  —  Couvent  des  Augustins.  Deux  côtés  du  cloî- 
tre, xv«  siècle,  en  place,  mais  avec  les  arcatures  murées. 

Lesneven.  —  Couvent  de  la  Retraite,  autrefois  Ursuli- 
nés,  1678. 

Loc-Maria-Quimper.  —  Trois  piles  et  arcades  d'un  cloî- 
tre roman  du  xi«  ou  du  xii<»  siècle  ;  un  c6té  du  cloître, 
XVII*  siècle. 

Pont-Croix.  —  Petit-Séminaire,  ancien  couvent  d'Ursu- 
lines,  xvii^»  siècle. 

Quimper.  —  Séminaire,  ancien  couvent  de  Calvairien- 
nes,  xvii®  siècle. 

Sainte-Croix  de  Quimperlé.  —  xvii<»  siècle. 


CLOITRES   DISPARUS 


Cordeliers  de  Quimper.  —  xiii*  siècle. 

Abbaye  de  Landévennec.  —  xiii*  siècle. 

Abbaye  du  Relecq,  en  Plounéour-Ménez.  —  xiii*  siècle. 

Abbaye  de  Saint-Mathieu,  en  Plougonvelin.  —  xni«  siè- 
cle. 

Abbaye  de  Saint-Maurice,  en  Clohars-Camoêt.  —  xin* 
siècle. 

Carmes  de  Pont-l'Abbé.  —  xv«  siècle. 


SALLES   CAPITULAIRES 


Abbaye  de  Saint-Maurice.  —  Intacte,  xim  siècle. 
Relecq  (Le).  —  xiip  siècle  ;  les  murs  restent,  les  colonnes 
et  les  voûtes  ont  disparu. 


—  109  — 
DEUXIÈBCE   PARTIE 

MOBILIER    .A.RTISTIQXJE 


AUTELS  &  RETABLES 


Anano.  —  Retable  à  colonnettes  et  tourelles. 

Beuzec-Cap-Sizun.  —  Autel  et  grand  retable  de  N.-D  de 
la  Clarté  ;  colonnes  torses,  guirlandes,  médaillons,  1684. 

Bodilis.  — Maître -autel,  bas  reliefs;  autels  à  grands 
retables  de  Notre-Dame,  Sainte-Famille,  Saint-Jean-Bap- 
tiste et  Rosaire. 

Brennilis.  —  Maltre-autel  et  autel  des  Sibylles. 

Briec.  —  Maltre-autel,  retable  à  tourelles.  . 

Chftteaulîn.  —  Retables  à  colonnes  des  autels  de  la 
Sainte- Vieiige  et  de  Saint- Joseph. 

Cléden-Poher.  —  Bas -reliefs  anciens  dans  le  maître- 
autel;  deux  autels  latéraux,  Pentecôte  et  Rosaire,  1694. 

Combrit.  —  Retable  à  tourelles. 

Comanna.  —  Autel  et  grand  retable  de  Sainte-Anne, 
1662;  à  la  sacristie,  ancien  retable  à, tourelles  de  Saint- 
Jean-du-Mougau. 

Crozon.  —  Autel  et  grand  retable  des  Dix-Mille  Martyrs. 

Daoulas.  —  Retable  de  la  chapelle  Sainte- Anne  ;  reta- 
ble à  la  sacristie. 

Douamenez.  —  Autel  de  la  chapelle  Saint-Michel. 

Elliant.  —  Retable  du  mattre-autel. 

Ergué-Gabéric.  —  Retable  de  l'autel  Nord  ;  beau  retable 
flamand,  à  Kerdévot  ;  autel  et  retable  en  pierre  blanche  à 
la  chapelle  Saint- André. 

Faou  (Le).  —  Retables. 


—  110  — 

Folgoêt  (Le).  —  Huit  autels  en  pierre  dont  quatre  très 
riches. 

Fouesnant.  —  Retable  de  la  chapelle  Sainte-Anne,  1685. 

Goueznou.  —  Autels  du  Rosaire  et  de  Saint-Yves. 

Goulven.  —  Mattre-autel  en  kersanton  ;  autel  latéral  en 
bois,  avec  neuf  bas-reliefs  ;  tous  deux  de  la  fin  du  x.y^^ 
siècle. 

Guiclan.  —  Retables  du  Rosaire  et  de  Saint-Sébastien. 

Guimaêc.  —  Retables  à  groupes  sculptés  aux  chapelles 
de  Christ  et  des  Joies. 

Guimiliau.  —  Retables  à  colonnes  torses  des  autels  du 
Rosaire,  Saint-Miliau  et  Saint-Joseph. 

Henvic.  —  Retable  et  niches  au  mattre-autel. 

Juch  (Le).  —  Autel  delà  chapelle  Midi,  en  granit 
sculpté,  avec  buste  en  médaillon,  1703. 

Kerlaz.  —  Petits  autels  en  pierre. 

Kernével.  —  Retable  à  tourelles. 

Kernilis.  —  Retables  à  tourelles  et  à  colonnes  torses. 

Lampaul- Guimiliau.  —  Six  autels  à  grands  retables 
dans  réglise  paroissiale,  un  à  la  chapelle  de  la  Trinité  et 
un  à  la  chapelle  de  Sainte- Anne. 

Landeleau.  —  Dans  Tancienne  église  il  y  avait  un  grand 
retable  au  maître-autel. 

Landévennec.  —  Maître-autel,  retable  à  tourelles. 

Landudec.  —  Grand  retable  du  Rosaire,  1700. 

Lanmeur.  —  Grand  retable  de  Notre-Dame  de  Kerni- 
troun,  et  autel  Midi,  sculpté  et  mouluré. 

Loc-Mélar.  —  Mattre-autel  et  autel  de  Saint  Hervé. 

Locquénolé.  —  Mattre-autel,  retable  à  tourelles. 

Locquirec.  —  Mattre-autel  nouveau,  avec  anciennes 
scènes  sculptées  et  personnages  en  bas-relief. 

Locronan.  —  Retable  du  Rosaire. 

Lopérec.  —  Grand  retable  du  Rosaire. 

Loquefiret.  ~  Autel  du  Rosaire, 


—  m  — 

lleigv«a.  —  Au  bas  de  l'église,  autel  gothique  en  pierre, 
de  1489. 

Peumeurit.  —  Maltre-autel,  retable  à  tourelles. 

Plabennec.  —  Rosaire. 

Pleyben.  —  Mattre-autel,  très  riche  retable  à  tourelles  ; 
Rosaire,  colonnes  torses,  groupe,  médaillons. 

Pleyber-Christ.  —  Maître-autel. 

Ploaré.  —  Maltre-autel,  beau  retable  à  tourelles  ;  deux 
autels  latéraux,  retables  à  colonnes  torses. 

Plomodiern.  —  Sainte-Marie  du  Ménez-Hom,  trois  au- 
tels à  grand  retable  ;  deux  autels  en  pierre. 

Ploudiry.  —  Maître-autel  ;  retable  à  tourelles  venant  de 
N.-D.  des  Portes,  de  Châteauneuf  ;  autels  de  la  Trinité  et 
du  Rosaire,  grands  retables. 

Plouédem.  —  Autel  de  Saint- Yves. 

Plouégat-Guerrand.  —  Retable  à  tourelles. 

Plougasnou. — Maître-autel,  retable  à  tourelles;  Rosaire, 
{[rand  retable,  colonnes  torses  et  tableau. 

Plouguer.  —  Deux  autels  latéraux  à  grands  retables. 

Plouvien.  —  Rosaire,  retable  à  colonnes  torses. 

Plouvom.  —  Deux  belles  niches  au  maître-autel. 

Plozévet.  —  Chapelle  de  la  Trinité,  retable. 

Pont-Croix.  —  Autel  de  l'abside,  Cène  et  petit  retable, 
autels  de  Saint-Pierre,  Saint-Nicolas  et  Sainte-Famille. 

Pont-l'Abbé.  —  Autel  de  Sainte-Anne. 

Pouldreuzic.  —  Chapelle  de  Notre-Dame  de  Penhors, 
retable. 

Primelin.  —  Chapelle  de  Saint-Tujean,  autel  à  grand 
retable. 

Roscofi.  —  Grand  et  petit  retable  très  riche. 

Saint-Corentin  de  Quimper.  —  Maître  autel  en  bronze 
doré,  émaillé  et  ciselé. 

Sainte-Croix  de  Quimperlé.  —  Chapelle  de  Rosgrand, 
autel  et  retable. 


—  H2  — 

Saint -Jean 'du -Doigt.  —  Mattre-autel,  grand  et  petit 
retable,  pierre  et  marbre. 

Saint-Pol-de-Léon.—  Cathédrale  ;  plusieurs  petits  autels 
en  pierre,  deux  grands  retables. 

Notre-Dame  du  Creisker.  —  Deux  grands  retables. 

Saint-Sauveur-Sizun.  —  Beau  retable  à  tourelles. 

Saint-Ségal.  —  Chapelle  de  Saint-Sébastien,  retables 
et  boiseries  aux  trois  autels. 

Sainte-Sève.  -~  Retable  du  mattre-autel. 

Saint-Thégonnec.  ^  Deux  autels  latéraux  à  retable  ;  un 
autre  à  la  chapelle  ossuaire. 

Sizun.  —  Mattre-autel. 

Spézet.  —  Au  fond  du  porche,  bas-reliefs  flamands, 
provenant  d'un  ancien  retable. 

Telgruc.  —  Mattre-autel  ;  autel  latéral,  don  des  Ros- 
madec. 

Trégunc.  —  Chapelle  de  Saint-Philibert,  maître-autel. 


JUBÉS   ET   CHANCELS 

CLOTURES    DE    CHŒURS    ET    DE    CHAPELLES 


Jubés. 


Folgoêt  (Le). —  Magnifique  jubé  en  kersanton  ;  xv»  siè- 
cle. 

Plouvorn.  —  Notre-Dame  de  Lambader,  très  riche  jubé 
en  chêne,  fin  du  xv«  siècle. 

Roche  (La).  —  Jubé  en  bois,  xvi®  siècle. 


Chanoels  et  clôtures. 

Brennilis.  —  Deux  clôtures  en  bois.  Renaissance,  au 
bas  des  bas-côtés,  fonts  baptismaux  et  autre  réduit. 


—  113  — 

Daoulas.  —  ClAtnre  en  balustres  tournés  et  sculptés, 
XTP  siècle,  sur  Toratoire  de  Notre-Dame  de  la  Fontaine. 

Guimaêc.  —  Chapelle  de  Notre-Dame  des  Joies,  trois 
clôtures  en  bois,  xvi®  siècle,  sur  le  chœur  et  les  chapelles 
latérales. 

Lanmeur.  —  Clôture  gothique  en  bois,  provenant  du 
chœur  de  Kernitroun,  maintenant  aux  fonts  baptismaux. 

Martyre  (La). —  Chancel  en  pierre  autour  du  chœur. 

Plonévez-du-Faou.  —  Chapelle  de  Saint-Herbot,  magni- 
fique chancel  en  chône  autour  du  chœur. 

Plouézoc*h.  —  Clôture  Renaissance,  à  l'entrée  de  la 
chapelle  de  Saint- Antoine. 

Plougasnou.  —  Clôture  et  porte,  fin  du  gothique,  autre- 
fois à  rentrée  du  chœur,  maintenant  à  rentrée  de  la  cha- 
pelle de  Kericufl. 

Plouzévédé.  —  Chancel  en  pierre  et  bois  autour  du 
chœur  de  la  chapelle  de  Berven. 

Sainte-Croix  de  Quimperlé.  —  Au  bas  de  la  nef,  admi- 
rable travail  de  la  Renaissance,  1541,  en  pierre  de  Taille- 
bourg,  ayant  autrefois  servi  de  clôture  pour  une  chapelle. 

Chapelle  de  Rosgrand.  —  Chancel  en  bois  sculpté  et 
historié.  Fin  du  xvi«  siècle  ou  commencement  du  xvii«. 

Saint-Pol-de-Léon.  —  Cathédrale,  chancel,  arcatures  en 
kersanton  autour  du  sanctuaire. 


STALLES 


Lampaul-Guimiliau.  —  xvii<>  siècle. 
Plonévez-du-Faou.  —  Saint-Herbot,  xvi«  siècle, 
Plouguer. 

Plouzévédé.  —  Berven,  xvi«  siècle. 
Riec.  —  Anciennes  stalles  de  Sainte  Croix  de  Quim- 
perlé, xvu«  siècle. 


—  114  — 

Sainte -Croix  de  Quimperlé.  —  Deux  à  la  sacristie, 
xvii«  siècle. 

Saint-Louis.  —  Anciennes  stalles  de  Landévennec. 

Saint-Pol  de  Léon.  —  Cathédrale,  66  magnifiques  stal- 
les gothiques  à  dais  et  dosserets,  1504-1523. 

Saint-Thégonnec.  —  Stalles  et  banc  du  célébrant. 


PORTES    SCULPTÉES 


Goueznou.  —  Bas-reliefs  et  statuettes. 
Guimaêc.  —  Quatre  bas-reliefs. 
Loc-Mélar.  -r-  Bas-reliefs  de  la  Passion,  1577. 
Pleyben.  —  Chapelle  de  Lannellec,  deux  panneaux,  1544. 
Plouégat-Guerrand.  —  Statuettes  en  bas-reliefs,  1536. 
Saint-Melaine  de  Morlaix.  —  Panneaux  flamboyants, 
inscription  gothique.    

CHAIRES    A    PRÊCHER 


Crozon.  —  Chaire  exécutée  sur  le  modèle  de  celle  de 
Saint-Corentin  de  Quimper,  d'après  un  marché. 

Guimiliau.  —  Statuettes,  panneaux  et  médaillons,  1677. 

Lampaul-Guimiliau.  —  Évangélistes  et  docteurs,  1759. 

Locronan.  —  Petits  bas-reliefs  donnant  la  légende  de 
saint  Ronan,  1707. 

Plogastel  Saint -Germain.  —  Chapelle  Saint -Germain, 
bas-reliefs. 

Saint-Corentin  de  Quimper.  —  Bas -reliefs  et  grande 
sculpture. 

Saint- Servais.  —  Quatre  sujets  en  bas-relief. 

Saint-Thégonnec.  —  Magnifique  ensemble,  feuillages, 
arabesques,  statuettes,  bas-reliefs,  évangélistes  et  docteurs. 


-  115  — 

CHAIRES  EXTÉRIEURES  EN  PIERRE 


ForétFouesnant  (La).  —  Autour  du  calvaire. 
Guimiliau.  —  Chapelle  de  Sainte- Anne,  au  cimetière. 
Plomeur.  —  Tréminou,  ou  calvaire. 
Plougasnou.  —  Petite  chaire  hexagone  au  cimetière. 
PouUan.  —  Au  calvaire  de  Kerinec. 


CUVES  DE  FONTS  BAPTISMAUX 


Faou  (Le).  —  Inscriptions  de  quatre  fleuves  du  Paradis. 

Guîclan.  —  1658. 

Lampaul-Guimiliau.  -—  1651. 

Meilars.  —  Sculptures  originales,  xviF  siècle. 

Penmarc'h.  —  Cuve  en  kersanton,  feuillagée  et  armo- 
riée. 

Plonéour  Lanvern.  —  Belle  cuve  en  kersanton. 

Plouédern.  — 1641. 

Plouégat-Guerrand.  —  Belle  cuve  gothique. 

Plougasnou.  —Cuve  en  pierre  avecînscription  gothique. 
Cuve  intérieure  en  plomb,  ornée  de  quatre  cariatides,  1609. 

Saint-Jean-du-Doigt.  —  Belle  cuve  gothique. 

Saint-Pol  de  Léon.  —  Dans  la  cour  du  presbytère,  an- 
cienne cuve  en  pierre  ayant,  dit-on,  servi  au  baptême  par 
immersion. 

BALDAQUINS  DE  FONTS  BAPTISMAUX 


Bodilis.  —  Six  colonnes  doriques  et  dôme  en  kersanton, 
statues  des  quatre  docteurs  d'Occident. 
Comanna.  —  1654. 
Guimiliau.  —  Vrai  chef-d'œuvre  de  sculpture,  1675. 


—  116  — 

Lampaul-Guimiliau.  — 1650. 

Martyre  (La).  — 1635. 

Plabeunec.  — 1752. 

Plouédern.  ~  1641. 

Pont  Croix.  —  Bas  reliefs  dôme  accolé  au  mur. 

Saint-Melaine  de  Morlaix.  -—  1660. 


FOYERS  AUX  FONTS  BAPTISMAUX 


Bénodet  (Perguet). 

Cléden-Cap-Sizun. 

Ergué-Gabéric. 

Gourlizon. 

Guengat. 

Juch  (Le). 

Penhars  (ancienne  église). 

Penmarc'h. 

Ploaré. 

Plomelin  (Bodivit). 

Pont-Croix. 

Pont-1'Abbé  (église  de  Lambour). 

Primelin  (Saint-Tujean). 


BÉNITIERS  EN  PIERRE 


Folgoôt  (Le).  —  Au  fond  du  porche  des  Apôtres. 

Gouesnac'h.  —  Bénitier  dans  le  cimetière,  fait  d*un 
vieil  autel  romain,  comme  à  Penhars. 

Guimiliau.  —  Au  fond  du  porche. 

Lampaul-Guimîliau.  —  Au  fond  du  porche,  et  bénitier 
des  diables  à  Tintérieur,  près  de  la  porte  Sud. 

Landemeau.  —  Au  fond  du  porche. 

Landivisiau.  —  Au  fond  du  porche. 


—  117  — 

Martyre  (La).  —  Bénitier  avec  squelette  à  l'entrée  du 
porche.  Deux  à  l'intérieur  de  Téglise,  dont  un  de  1681. 

Penhars.  —  Vieil  autel  romain  transformé  en  bénitier, 
la  cuye  du  foyer  (foculus),  servant  de  piscine,  amphore 
sculptée  sur  Tune  des  faces. 

Ploudiry.  —  Deux  bénitiers  à  l'intérieur,  1675-1681. 

Trémaouézan.  —  Fond  du  porche  et  intérieur. 

Tréméoc.  —  Bénitier  à  cuve  creusée  en  quatre  feuilles. 


BÉNITIERS  PORTATIFS  EN  BRONZE 


Lannédem.  —  Guillaume  le  Toux,  de  la  paroisse  de 
Lannédern,  1578. 

Loqueffret.  —  F.  Pour  la  paroisse  de  Loqueilret.  Sancta 
Omovefa,  1617. 

Quéménéven. — Notre-Dame  de  Kergoal.  MIL  V«  XXIX. 


STATUES   &    GROUPES 


Argol.  —  S^  Geneviève,  S*«  Anne. 

Bannalec.  —  Vierge  ouvrante,  xvii*  siècle. 

Bénodet.  —  Notre  Dame  de  Pitié. 

Bodilis.—  Notre-Dame,  S*«  Famille,  Notre-Dame  de  Pitié. 

Brasparts.  —  Notre  Dame,  S.Tujean,  S.  Roch,  S.  Michel. 

Brennilis.  —  Notre-Dame  de  Bréac'h-Iliz,  S.  Michel. 

Briec.  —  A  Saint- Vennec,  S*«GuenTrimammis,  S.Ven- 
nec. 

Cast.  —  S.  Hubert,  S.  Tujean. 

Châteauneuf-du-Faou.  —  Notre-Dame  des  Portes. 

Cléden-Cap  Sizun.  —  A  Saint-Thei,  S.  Sébastien  en 
albâtre  ;  à  Langroas,  Notre- Seigneur  au  milieu  des  bour- 
reaux. 

BULLSTIH  DS  LA  GOMMISSION  DIOCESAINE.  —  l'*  aimée.  8 


—  118  — 

Cléden-Poher.  —  Notre-Dame. 

Clohars-Fouesnant.  —  Trinité  au  porctie. 

Daoulas.  —  Petite  vierge  à  Notre-Dame  de  la  Fontaine. 

Douarnenez.  —  S^  Hélène,  S.  Michel. 

Édern.  —  S.  Édern  sur  son  cerf. 

Faou  (Le).  —  Groupe  de  S.  Yves. 

Folgoêt  (Le).  -—  Apôtres,  Notre-Dame  de  la  Fontaine, 
Jean  V  et  autres. 

Goueznou.  —  Groupe  de  S.  Yves. 

Gouézec.  --  Groupe  de  S.  Yves,  Notre-Dame  de  Trégu- 
ron. 

Goulien.  —  Notre-Dame  à  la  chapelle  de  Saint-Laurent. 

Guengat.  —  S.  Fiacre,  S.  Michel,  S.  Roch,  S*«  Barbe, 
Notre-Dame. 

Guiclan.  —  S.  Sébastien. 

Guimaêc.  —  Christ  en  robe  rouge  ;  Statuettes  à  Christ 
et  à  Joies. 

Guimiliau.  —  S.  Hervé,  S.  Yves,  S.  Miliau,  statuettes 
et  bas-reliefs. 

Henvic.  —  S.  Maudez,  S^  Juvette. 

Hôpital  Camfrout.  —  S^  Barbe,  1511. 

Huelgoat.  —  Groupe  de  S.  Yves  ;  bas-reliefs  de  Notre- 
Dame  des  Cieux. 

Juch  (Le).  —  Notre-Dame,  S.  Gabriel,  S.  Michel. 

Kerfeunteun.  —  Mère  de  Dieu. 

Kerlaz.  —  S.  Hervé. 

Kernével.  —  S.  Benoit. 

Kernilis.  —  S*®  Anne,  S^  Anastase. 

Lampaul-Guimiliau.  —  Notre  Dame,  S.  Fol,  S.  Pierre. 

Saint-Paul.  --  S.  Michel,  S.  Jean,  Notre-Dame  de  Pitié, 
etc. 

Landéda.  —  Notre  Dame  des  Anges. 

Landeleau.  —  S.  Théleau  à  cheval  sur  un  cerf. 

Landerneau.  —  Notre-Dame  de  Pitié,  S*«Anne. 


—  119  — 

Landivisiau.  —  S.  Thivisiau,  S.  Michel. 

Landrévarzec.  —  A  Quilinen,  Notre-Dame  de  Bonnes- 
Nouvelles,  Notre-Dame  de  Pitié,  groupe  de  S.  Yves. 

Landudal.  —  S.Tugdual,  Notre-Dame  de  Populo,  S.Yves. 

Lanmeur.  —  S.  Mélar,  S.  Yves,  Notre-Dame  de  Kerni- 
troun. 

Lannédem.  —  S.  Édern. 

Leuhan.  —  S.  Yves. 

Loc-Mélar.  —  S.  Mélar. 

Locquénolé.  — ■  Notre-Dame,  xiii«  siècle. 

Locquirec.  —  Notre  Dame  entourée  d'un  arbre  de  Jessé. 

Locronan.  —  S.  Ronan,  S.  Corentin,  S.  Michel,  S.  Roch. 

Logonna-Quimerc'h.  —  S^  Brigitte. 

Loqueffret.  —  Sainte-Trinité. 

Martyre  (La).  —  S.  Salomon,  Notre-Dame,  S.  Pol-Auré- 
lien. 

Helgven.  —  Sainte-Trinité,  S.  Laurent,  S.  Yves. 

Notre-Dame  de  T Assomption  (Quimperlé).  —  Notre- 
Dame  de  Bot-Scao. 

Notre-Dame  du  Mont-Carmel  (Brest).  —  Notre-Dame, 
S.  Yves. 

Pencran.  —  Notre  Dame  de  Pitié,  descente  de  croix,  1517. 

Penmarc'h.  —  Christ,  Notre-Dame,  S.  Jean,  S.  Michel. 

Peumerit.  —  S.  Yves. 

Pleyben.  —  Notre-Dame  du  Rosaire,  S.Germain,  S.Yves. 

Pleyber-Christ.  —  S*«  Anne. 

Ploaré.  —  Sainte-Trinité,  S.  Herlé. 

Plogonnec.  —  S.  Mandez. 

Plomodiern.  —  Menez -Hom,  Notre-Dame,  S^  Anne, 
S.  Joachim,  S.  Laurent. 

Plonéis.  —  S.  Gilles,  S.  Mandez,  S.  Maurice,  pauvre  de 
S.  Yves. 

Plonévez-Porzay.  --  S^  Anne,  Notre-Dame  de  Pitié. 

Plouédern.  —  S.  Yves,  groupe. 


—  120  - 

Plouégat-Guerrand.  —  Nombreuses  statues. 

Plouégat-Moysan.  —  Christ  en  robe  rouge,  dans  un 
village. 

Plouénan.  —  Notre-Dame  de  Kerélon,  S^  Anne. 

Plouézoc'h.  —  Chapelle  de  Saint -Antoine,  S.  Antoine, 
groupe  de  S.  Yves,  S.  Maudez. 

Plougasnou.  —  S.  Pierre,  S.  Paul,  Trinité,  S.  Pierre, 
assis. 

Plougonven.  —  S.Yves,  Christ,  S*« Barbe,  Notre-Dame 
des  Anges. 

Plouhinec.  —  S.  Winoc,  Notre-Dame  de  Lorette. 

Plounéventer.  —  S.  Néventer,  S.  Pierre. 

Plounévez  Lochrist.  —  A  Lochrist,  Vierge  mère  gothi- 
que ;  au  Maillé,  Notre-Dame  de  Kermeur. 

Plourin-Morlaix.  —  Statuettes. 

Plouvien.  —  S.  Jean-Balanan,  S.  Jaoua. 

Plouvorn.  —  S.  Pierre,  S.  Paul,  Notre-Dame  de  Lam- 
bader. 

Plouzévédé.  —  Notre-Dame  de  Berven. 

Pluguffan.  —  Notre-Dame  de  Grâces. 

Pont-Croix.  —  S*«  Anne,  S.  Jacques,  S.  Sébastien. 

Pont-l'Abbé.  —  Notre-Dame  des  Carmes,  S*«  Anne,  Tri- 
nité ;  autrefois,  à  Lambour,  statue  du  Sauveur,  SS.  Côme 
et  Damien,  SS.  Crépin  et  Crépinien. 

Pouldavid.  —  Deux  statues  de  S.  Jacques. 

Pouldergat.  —  S.  Ergat,  S.  Yves,  SS.  Côme  et  Damien. 

Pouldreuzic.  —  Notre-Dame  de  Penhors. 

Primelin.  —  S.  Tujean,  S.  Théodore. 

Quéménéven.  —  Notre-Dame  de  Kergoat,  S.  Jean- 
Baptiste. 

Quimerc'h.  —  Assomption  de  Notre-Dame. 

Rédéné.  —  Notre-Dame  de  Lorette. 

Relecq  (Le).  —  Notre-Dame. 

Riec.  —  S.  Antoine,  S.  Cornély,  S.  Corentin. 


—  121  — 

Roche  (La).  —  Groupe  de  S.  Yves,  Notre-Dame  de  Bon- 
Secours. 

Roscoff.  —  Panneaux  en  albâtre. 

Rosporden.  —  Notre-Dame,  S^  Barbe. 

Rumengol.  —  Notre-Dame,  évangélistes,  docteurs. 

Saint-Derrien.  —  S.  Derrien  et  S.  Néventer. 

Saint -Divy.  —  Groupe  du  Rosaire,  Notre-Dame  de 
Pitié,  S.  Mandez. 

Saint-Éloy.  —  S.  Éloy. 

Saint-Hemin.  —  S.  Hernin,  S^  Anne. 

Saint-Jean-du-Doigt.  —  S.  Jean,  le  Sauveur. 

Saint-Jean-Trolimon.  —  S.  Jean,  Notre-Dame  de  Tro- 
noên,  S.  Mandez. 

Saint-Martin  de  Morlaix.  —  Anges  en  marbre. 

Saint-Mathieu  de  Morlaix.  —  Notre -Seigneur  en  croix, 
SS.  Crépin  et  Crépinien,  Trinité  en  albâtre,  Notre-Dame 
du  Mur,  statuettes  de  la  Grand*Rue. 

Saint-Melaine.  —  Notre-Dame,  S.  Avertin. 

Saint-Nic.  —  SS.  Côme  et  Damien. 

Saint-Pol  de  Léon.  —  Notre-Dame  de  Bon  Secours, 
Apôtres. 

Saint-Renan.  —  Notre-Dame  de  Liesse. 

Sainte-Sève.  -  S»»  SèVe,  S,  Tugdual,  S.  Yves. 

Saint-Thégonnec.  —  S.  Thégonnec.  —  Notre-Dame  de 
Bon-Secours. 

Saint- Yvi.  —  S.  Yvi,  S.  Michel,  S.  Roch,  Notre-Dame. 

Scaôr.  —  S^  Candide. 

Spézet.  —  S.  Pierre,  S.  Paul,  S*«  Madeleine. 

Taulé.  —  Notre-Dame,  S*«  Anne,  S.  Pierre. 

Tourc'h.  —  S^  Candide. 

Treffiagat.  —  S.  Riagat,  Notre-Dame,  S*«  Catherine. 

Tréûez.  —  S**  Ideltrude. 

Trémaouézan.  —  Notre-Dame,  S^  Anne. 


—  122  — 
NICHES   A  VOLETS 

(Nichas  pouvant  se  fermer  comme  des  armoires  et  ayant  leurs  panneaux 
ou  volets  om6s  de  peintures  ou  de  sculptures.) 


Bannalec.  —  Niche  de  la  Vierge,  ouvrante. 

Bodilis. — Retable  de  Tautel  de  Notre-Dame,  transformé. 

Brennilis.  —  Notre-Dame  de  Bréac'h-Iliz,  1485. 

Briec.  —  Sainte-Cécile. 

CoUorec.  —  Fond  du  porche. 

Crozon.  —  Grand  retable  des  martyrs. 

Guimaêc.  —  Une  à  Christ,  deux  à  Joies. 

Henvic.  —  Deux,  S.  Mandez  et  S*«  Juvette. 

Juch  (Le).  —  Deux,  Notre-Dame  et  S.  Gabriel. 

Locquirec.  —  Notre-Dame  entourée  d'un  arbre  de  Jessé. 

Locquelfret.  —  Sainte-Trinité. 

Pleyben.  —  Deux,  Guernilis  :  S.  Nicodème,  Lannellec  : 
Notre-Dame. 

Plogonnec.  ~  Autrefois,  S.  Mandez;  volets  arrangés  en 
panneau. 

Plonévez-du-Faou.  —  Deux,  à  Saint-Herbot. 

Plougastel-Daoulas.  —  Chapelle  de  Saint-Claude. 

Plouzévédé.  —  Notre  Dame  de  Berven. 

Pont-Croix.  —  Sainte-Anne,  1673. 

Saint-Jean-du-Doigt.  —  Fond  du  porche. 

Saint -Ségal.  —  S.  Sébastien,  Notre-Dame  foulant  le 
buste  d'Eve. 

Saint-Thégonnec.  —  Deux,  Notre-Dame  et  S.Thégonnec. 


SÉPULCRES   DE   NOTRE-SEIGNEUR 


Lampaul-Guimiliau.  —  AntJioine  fecit,  1616. 
Plouguemeau.  —  Chapelle  de  l'hospice. 
Rosporden.  —  Autel  Nord. 


—  123  — 

Saint-Corentin  de  Quimper.  —  Copie  du  sépulcre  de 
Bourges. 

Sainte-Croix  de  Quimperlé.  —  Maintenant  au  fond  du 
jardin. 

Saint -Mattiieu  de  Morlaix.  —  Près  de  Notre-Dame  du 
Mur. 

Saint-Martin  de  Morlaix. 

Saint-Thégonnec.  —  Sous  la  chapelle  de  Tossuaire,  1702. 

Scaôr.  —  Deux  à  la  chapelle  de  Coadry. 


TRIBUNES   &   BUFFETS   D'ORGUES 


Ergué-Gabéric.  ^  Peintures,  anges  musiciens. 

Goulven.  —  Tribune  à  panneaux  flamboyants. 

Guimiliau.  —  Très  riches  sculptures,  trois  bas-reliefs. 

Lampaul-Guimiliau. —  Statuettes,  moulures,  sculptures. 

Pleyben.  —  Même  genre,  xvii«  siècle. 

Pont-Croix.  —  Petite  tribune  gothique. 

Roscoff.  —  XVII®  siècle. 

Saint-Corentin  de  Quimper. 

Saint-Divy.  —  Tribune  ornée  de  cinq  panneaux  Renais- 
sance. 

Saint-Jean- du -Doigt.  •—  Peintures,  S*«  Cécile,  David, 
anges. 

Saint-Mathieu  de  Morlaix.  —  Genre  xvii»  siècle. 

Saint-Melaine.  —  Tribune  gothique,  builet  xvii«  siècle. 

Saint-Pol  de  Léon.  —  Tribune  gothique,  buffet  xvii* 
riëcle. 

Saint-Thégonnec.  —  xvii*  ou  xvui*  siècle. 

Sizun.  —  Même  genre,  très  riche. 


—  124  — 
SARCOPHAGES 

GBRGUEILS     SN     PISRRB 


Carhaix.  —  Maintenant  au  fond  du  cimetière. 

Landeleau.  -—  Autrefois  dans  l'ermitage  de  S.  Théleau, 
maintenant  à  Téglise. 

Landerneau.  —  Maintenant  au  Musée  de  Saint-Louis 
de  Brest. 

Mahalon.  ■—  Au  bas  de  l'église,  côté  Nord. 

Plozévet.  —  Chapelle  de  Saint  Ronan. 

Plougonven.  —  Cimetière,  près  de  l'ossuaire. 

Plounévez-Lochrist.  —  A  Lochrist,  extérieur,  côté  Nord. 

Plouvien.  —  Sarcophage  de  S.  Jaoua,  dans  sa  chapelle, 
en  terre  sous  son  monument. 

Quim perlé.  —  Provenant  de  la  chapelle  des  Domini- 
cains ;  maintenant  au  Musée  de  Quimper. 

Saint-Pol  de  Léon.  —  Sarcophage  sculpté  et  ornementé, 
dit  de  Conan-Mériadec. 

TOMBEAUX 

TOMBBAUX     DE     SAINTS 


Conquet  (Le).  —  Tombe  du  Vén.  Michel  Le  Nobletz. 

Dirinon.  —  Tombeau  de  S*«  Nonne,  xv«ou  xvi«  siècle. 

Lannédern.  —  Tombe  de  S.  Édern,  xv«  ou  xvi«  siècle, 
autrefois  au  milieu  de  l'église,  maintenant  au  bas  du 
collatéral  Nord. 

Locronan.  —  Tombe  de  S.  Ronan,  dans  la  chapelle  du 
Pénity,  xvi«  siècle. 

Plonévez-du-Faou.  —  Chapelle  de  Saint-}Ierbot,  tom- 
beau du  Saint,  dans  le  chœur. 

Plouvien.  —  Chapelle  de  Saint-Jaoua,  tombeau  du  Saint, 
XV®  siècle. 


—  125  — 

Sainte-Croix  de  Quimperlé.  —  Tombeau  de  S.  Gurloês, 
dans  la  crypte.  

TOMBEAUX  MONUMENTAUX 

BT    HISTORIÉS 


Beuzec  Cap-Sizun.  —  Deux  dalles  armoriées  venant  du 
pavé  de  l'église. 

Clohars-Fouesnant.  —  Tombe  armoriée  dans  la  nef. 

Combrit.  —  Tombe  armoriée,  autrefois  dans  le  chœur, 
maintenant  dans  le  transept  Midi. 

Forêt- Fouesnant.  —  Tombe  avec  effigie,  autrefois  à 
Locamand,  maintenant  à  Kernuz,  Pont  l'Abbé  (voir  BulL 
Soc.  Arch.  du  Finistère,  1889). 

Kerfeunteun.  —  Tombe  avec  effigie,  autrefois  à  Saint- 
Pierre  de  Cuzon,  maintenant  à  Kernuz  (voir  id.,  id,). 

Landéda.  —  Chapelle  de  Saint-Laurent,  tombe  d'un  sei- 
gneur de  Carman. 

Lannilis.  —  Cour  du  presbytère,  seigneur  de  Kerengar, 
ou  du  Coum,  maintenant  au  Musée  de  Saint-Louis  de  Brest. 

Loc-Maria-Quimper.  —  Tombe  d'Alain  de  Pénnélé  et 
quelques  autres,  dans  le  bas-côté  Nord. 

Locronan.  —  Tombe  d'un  seigneur  de  Névet. 

Plougasnou.  —  Tombe  armoriée,  autrefois  à  l'entrée 
de  la  chapelle  de  Kericuf!. 

Plouvien.  —  Tombe  de  Laurent  Richard,  1525. 

Saint-Corentin  de  Quimper. —  Évéques  et  chanoines. 

Sainte-Croix  de  Quimperlé.  —  Tombe  d'Abbé,  crypte. 

Saint-Eutrope. 

Saint-Louis  de  Brest.  —Tombe  de  Gilles  de  Texûe  (Musée) . 

Saint-Pol  de  Léon.—  Évéques, chanoines,  Amice  Picart. 

Musée  de  Quimper.  —  Statue  tumulaire  du  seigneur  de 

Châteaugal,  dalles  armoriées  et  épitaphes. 

(A  suivre.) 


m      I  Wi  I      m 


—  126  — 


CARTILAIRE 

DE    L'ÉGLISE   DE   QUIMPER 

(Suite.) 


9. 

RENTES  DEUES  AU  CHAPITRE  DE  CORNOUAILLE 

EN  CLOHAL  FOENANT  i" 

Orozual  Foenant. 

Sequuntur  oensus  et  Jura  oapltalla  oapitull  Oorlsopiten.  apud 

Orozual  Foenant  et  olroa  Id  looorum. 


§.  De  super  domo  et  terra  que  fuit  Guillermi  Carioci  I^. 
et  nomine  Droniou  per  D.  de  Vico  Irigido  (2)  clericum  un*. 

§.  De  super  domo  et  orto  et  arpento  terre  rétro  que 
sunt  armigeri,  iiii"  quartam  frumenti. 

§.  De  super  domo  et  terra  que  fuit  Stephani  et  filii 
Pères,  iii^^  et  ii  quartas  frumenti  cum  dimidio  et  u  quartas 
avene,  gallinam  et  desuper  dicta  terra  Stephani  pro  tal- 
lia  xx>  quando  plus  quandoque  minus. 

Desideratur  terra  Pelliperii. 

§.  De  super  terra  Pelliperii  (3)  non  juratum  capitale 
sed  census  iii^. 

§.  De  super  terra  filiarum  Gaufridi  de  Loco  amandi  lu^ 
et  II  quartas  frumenti  et  ii  avene,  Gallina. 

§.  De  super  colle  Perioci  de  terra  armigeri  unxicarum 
m'  et  11  quartas  frumenti  et  avene,  Gallina. 

(1)  Gart.  56,  f^  41  et  31  ^  57. 
(8)  Ruieo. 
(8)  Pelleter. 


—  187  — 

§.  Déterra  filii Morvani, uno  aniio  m  obi.  et  in alio  anno 
I*,  I  quartam  f rumenti  et  unam  quartam  avene  et  prêter 
unam  gallinam. 

§.  De  terra  et  tenura  Eudonis  Guillermi  et  Rivalloni 
Guidonis  Guezenoci. 

§.  De  terra  Amicie,  m  ob.  i  quartam  frumentl  et  avena 
que  dicitur. 

§.  De  terra  JohannisTutguali  m  ob.  et  quartam  f  rumenti. 

§.  De  terra  an  Keliov  per  Paybouner  m^  et  i  quarta 
frumenti. 

§.  De  veteri  villa  (1)  vi^*,  iiii  quartas  frumenti. 

§.  De  domo  et  orto  Gourlounani  et  i  arpento  terre  sibi 
pertinente  vi**. 

§.  De  terra  filie  Goredi  jus  tacetur  injuste  w^. 


10. 

RENTES  DUES  AU  CHAPITRE  DE  CORNOUAiLLE 
AU  TERIE  DE  L'EXALTATION  DE  LA  SAINTE  CROIX  «) 

Oorisopitum. 
ilura  CapHalla  Capituli  Oorltopiten  in  feato  exultationls  8**  Oruoit. 


§.  De  domo  Louenanilov  XYin**. 

§.  De  domibus  filii  Dogorech  xuii"*. 

§.  De  domo  Juliane  Adeline  alio  nomine  domo  butira- 
tonim  iu>. 

§.  De  domo  Hervei  Loesedi  x^. 

§.  De  domo  Guillermi  Ruffî  de  Penruic  xu"*. 

§.  De  domo  filie  Gortinactut  in  Rachaer  xhu**. 

§.  De  domo  Symonis  Roanchert  xiiii'*. 

De  domo  Symonis  magni  (3)  quam  habet  Petrus  ejus 
gêner 


(1)  Gosqner. 
(3)  CarU  56,  41. 
(3)  Le  Heur. 


—  128  — 

Ploemadibrn 

§.  Item  in  festo  eflusionis  sanguinis  crucifixi  ecclesie 
Corisopitensis  anno  quolibet  desuper  Toulgoet  Gorezoe  in 
parrochia  de  Ploemadiern  quos  dédit  Rivallonus  Matredi 
Placitatorum  (1),  et  sui  Heredes  tenentur  xii**. 


11. 

RENTES  DUES  AU  CHAPITRE  DE  CORNOUAILLE 

EN.SCAZRE  m 

Soaezre 

•equuntup  redditut  teu  oensus  debiti  Capitule  Corisopiten  quoll- 

iMt  anno  mente  Januarll  In  parrochia  de  Soazre  et  primo. 


§.  Super  villa  de  Penbis,  xxv»  ob. 

§.  De  âuper  terra  ab  Gizan,  ii>  ini<i. 

§.  De  super  terra  Kergonov,  xx*. 

§.  De  super  terra  Alani  Hervei,  xx'. 

§.  De  super  terra  an  Quenmet,  ii'  iii^. 

§.  De  super  terra  Gaufridi  Courant,  vi^  ob. 

§.  De  super  terra  Eudonis  Kermeryan,  ix>. 

§.  De  super  terra  Aes  clerres,  ni"  iii*>. 

§.  De  super  terra  Judicelli  Poyll,  xu'. 

§.  De  super  terra  Gauilridi  Helguro,  m*  ii^. 

Item  super  terra  de  Kerlemoy,  xx*  x'. 
§.  De  super  terra  Courant  ib.,  iii*  xi^. 
§.  De  super  terra  Judei,  ui>  xx^'. 
§.  De  super  terra  an  Milbev,  \n^  ob. 
§.  De  super  terra  an  Doucic,  ii>  vi'. 
§.  De  super  terra  Judicelli  Jestim,  xii'. 
§.  De  super  terra  an  Lagadeuc,  xvin^  ob. 
§.  De  super  terra  Caznevedi  Kermeryan,  iii>  nu'. 

(1)  Du  QuiDquis. 
(S)  C.  56,  f.  40. 


—  129  — 

§.  De  super  terra  Rivalloni  clerici,  m*  iiii^  ob. 
§.  Item  super  villa  de  Lem  an  rous,  xxv. 

§.  De  super  terra  filie  Andrée,  iiii*  w^. 

§.  De  super  terra  an  Jugler,  un*  ii^'. 

§.  De  super  terra  Pasquiov,  un"  \n^. 

§.  De  super  terra  Judicelli  Tanguy,  vi»  nu*. 

§.  De  super  terra  filii  Johannis  Deo  logou,  u*  ix*. 

§.  De  super  terra  an  Doucic,  vi*  \u\^  ob. 

§.  De  super  terra  an  Seulcher,  vu*  ob. 

§.  Supra  qualibet  domo  predictarum  villarum  deben- 
tor  due  cribate  avene  cum  una  gallina,  excepta  domo 
Rivalloni  clerici  in  qua  moratur  ad  presens,de  super  qua 
nihil  debetur  et  tenet  sextam  partem  ville  predicte  de 
Kerlemoy. 

Holendinum  temporepacis  solebat  valere  xL'aliquando 
plus  aliquando  minus. 

12. 

HEC  SUNT  FESTA  DUPLA  IN  DICTA  ECCLESIA 
IN  DUIBUS  DISTRiBUCiONES  QUOTIDIANE  DUPLICANTUR 

Aiiiio  DoHifii  M.CC.LXX"*  Octato  (1). 


In  mense  : 

Jantuzrii.  —  Circumcisio  Domini,  —  Epiphania,  —  Con- 
versioS^^Pauli, —  festum  Beati  JulianiCenomanen.episc. 

Febnuirii.  —  Purificatio  B.  M.  V.,  —  Elïusio  sanguinis 
Crudfixi  ecclesie  Corisopit.,  —  dies  Cinerum,  —  Cathedra 
S.  Pétri,  —  Mathie  Apostoli. 

Mardi.  —  Die  dominica  in  ramis  palmarum,  —  die 
jovis  in  Cena  Domini,  —  die  veneris  in  Passione  Domini, 

—  Vigilia  Pasche,  —  Pasche,  —  Lune  in  crastino  Pasche, 

—  die  Martis  sequenli,  —  dominica  qua  cantatur  Quasi- 
modo,  —  Amotinum  Pasche. 

(1)  a  56,  f.  41,  4S  et  C.  81,  f.  60. 


—  130  — 

-/  Maii.  —  S**  Chorentini ,  —  invencio  Sancte  Crucis,  — 

Ascensio  Domini,  —  die  Pentecostes,  —  die  lune  sequenti, 

—  in  Trinitate  Domini. 

^  Junii.  -r  Ronani,  episcopi,  —  Nativitas  B.  Johannis- 

Baptiste,  —  Pétri  et  Pauli. 
Jtdii.  —  Marie-Magdalene. 

AttgtuH.  —  Assumpcio  B.  M.  V.,  —  Apercio  S*«  Crucis. 
Septembri.  —  Nativitas  B.  M.  V.,  —  Exaltatio  S*«  Crucis, 

—  Michaêlis  Archangeli. 

4  Octobri.  —  Conogani,  episcopi. 

Nbvembri.  —  Festum  omnium  Sanctorum,  —  Comme- 
moratio  fidelium,  —  Martini  Turon.,  archiepiscopi. 

-+  Decembri.  —  Nicholaï,  ep.,  —  Chorentini,  ep.,  —  Nati- 

vitas Domini,  triplum  propter  missas,  —  Stephani,  pro- 
thom.,  —  Johannis,  —  SS.  Innocentium. 

Heg  sunt  festa  semidupla 
in  quibus  distribugiones  gotidiane  semi  dupligantur 

Distributions  semi-doubles  aux  fêles  semi-doubles 

cy-nommées. 
In  mense  : 

Januarii.  —  Conversio  S^»  Pauli. 
Februarii.  —  Cathedra  S"  Pétri,  —  Mathie  Apostoli. 
-f  Mardi.  —  Guingaloêi  abbatis. 

Aprilis.  —  Marci  EvangeL,  —  Philippi  et  Jacobi. 

Maii.  —  Barnabe  Apost. 

Juliù  —  Jacobi  Apost. 

Auguati.  —  Pétri  ad  vincula,  —  B.  Laurentii,  martyr., 

—  Bartholomei,  apost.,  —  decolacio  B.  Johan.  Bapt. 
Septembri.  —  Mathei,  apost.,  —  Beat.  Michaêlis  Arch., 

duplum  ut  supra. 
Octobri.  —  Dionysii  et  Sociorum  ejus,  —  Luce,  EvangeL, 

—  Symonis  et  Jude. 

Novembre  —  Katerine  virg.,  —  Andrée  Apost. 


—  131  — 

D&cembrû  —  Thome  Apost. 

Hec  sunt  processiones  in  quibus  quilibet  canonicus  per- 
cipit  xn  denarios. 

Primo,  in  ramis  palmarum  apud  locum  Béate  Marie. 

Secundo,  in  vigilia  Pasche  ad  sacrum  f ontem  et  in  pro- 
cessionibus  quarumlibet  vesperarum  in  septimana  pas- 
che, VI  denarios. 

Ad  festum  Beati  Marci  processio  fit  ad  s*^  Agloram  (1). 

Prima  die  rogacionum,  —  ad  locum  Béate  Marie. 

Secundâ  die  ad  Villam  fonds  (2). 

Tertià  die  apud  Cozon  (3). 

In  die  Ascensionis  Domini  ad  domum  fratrum  (4). 

In  crastino  omnium  SS.  in  circuitu  castri  (5). 

Hec  sunt  Capitulia  generalia 
in  quibus  quilibet  canonicus  percipit  v  solidos 

Quatre  chapitres  généraux,  5  sols  à  chacun  chanoine. 

Primo  in  crastino  Beati  Corentini  estivalîs. 
Secundum  in  crastino  Sinodi  Penthecostes. 
Tercium  in  crastino  Sinodi  S^^  Luce. 
Quartum  in  crastino  S^î  Chorentini  hyemalis. 

§.  Computaciones  vero  de  argentaria,  luminari  et  la- 
brica  sunt  in  crastinis  sinodorum  vel  secunda  die  in 


(1)  C'est  sans  doute  une  mauvaise  lecture  pour  Sanetum  Àglorwn, 
Saint  Alor,  patroD  de  la  paroisse  d'Ergué-Armel,  où  devait  se  rendre  la 
procession  de  S.  Marc. 

(3)  Kerfeunteun. 

(3)  Cuzon,  ancienne  paroisse  actuellement  comprise  dans  celle  de  Ker- 
feooteun. 

(4)  Les  Cordeliers  de  Saint-François,  dont  le  couvent  se  trouvait  sur 
remplacement  des  halles  actuelles. 

(5)  On  voit,  dès  lors,  que  la  procession  qui  se  fait  tous  les  ans  autour 
de  la  place  Saiot-Corentin  ne  date  pas  simplement,  comme  Fa  dit  le  Cha- 
soioe  Horeau,  du  massacre  qui  aurait  eu  lieu  à  Quimper,  au  xiv*  siècle, 
km  de  la  prise  de  la  ville  par  Charles  de  Blois,  puisque  cette  procession 
teit  d'usage  près  de  cent  ans  auparavant,  en  1S78. 


—  132  — 

quibus  quilibet  canonicus  percipiet  de  argentaria  et  lu- 
minari  v  solido8,de  fabrica  v  solidos.  (Nota  quando  débet 
comput<ic%o  fleri.) 

§.  Distribuciones  festorum  duplicum. 

Omnia  festa  dupla  que  fiunt  in  ista  ecclesia  per  circu- 
lum  anni,  videlicet  stationes,  processiones  et  dominice 
in  universo  ascendant  ad  lxx  s.  un  d.  (Processions  en 
Van,  70^  4^.) 

§.  De  Plumbo  canonicorum. 

Plumbum  vero  tocius  anni  omnino  lucratum  valet 
xLin  libras  x^  nu''  et  sic  totum  plumbum  tam  duplicum 
quam  simplicum  totius  anni  valet  xlvu  libras  vui*'.  (Les 
marqties  de  plombs  des  cJianoines,  par  an  4P  6^.) 


DEUXIÈME  PARTIE  (0 

MC 

18.  DONATIONES  NONNULLORUH  REDDITUUH  PACTE 
STO  CORENTINO  PER  DIVERSOS 

Dons  faiU  à  Saint-Oorentin  et  à  son  Chapitre  (S). 


((  Omne  quod  est  dignum  memoria  posterorum  noti- 
tie  manifestari  litterarum  apicibus  sancitum  est  a  péri- 
tis  propalari.  Quamobrem  nos  S.  Chorentini  Canonici 
terras  S.  Chorentino  ejusque  Canonicis  datas  hoc  scripto 
post  nos  futuris  patefacere  studuimus. 

(1)  Nous  doDoerons  dans  cette  deuxième  partie  quatre  pièces  se  rap- 
portant aux  XI*  et  XII*  siècles. 

(2)  Celte  notice  a  dû  être  composée  peu  après  la  mort  du  duc  Ho€l,  qui 
arriva  en  1086.  Dom  Morice  donne  cette  pièce  dans  le  I*'  volume  des 
Preuvsi,  coi.  877  (Cart.  56,  f  96}. 


—  133  — 

Alanus  igitur  Consul  (1)  Benedicti  Comitis  filius  cum  in 
Leonenses  qui  fines  regionis  sue  nocitura  sibi  temeritate 
invaserant,  ad  bellum  properaret,  votum  vovit  Domino 
sanctoque  Chorentino  ut  si  victis  hostibus  victor  ad  pro- 
pria remearet,  terras  S.  Chorentini  sine  dilatione  ampli- 
iicaret.  Leonensibus  igitur  victis  cum  predictus  Consul  ad 
ecclesiam  S^*  Chorentini  in  coniluentia  (2)  venisset,  haut 
immemor  voti,  juxta  illud  dicentis  psalmographi  vovete 
et  reddite,  quamdam  tribum  nomine  Lesbuzgar  in  pago 
Cabsizun  in  plèbe  (3)  que  dicitur  Buzoc  S.  Chorentino  in 
communem  prebendam  canonicorum  totam  in  perpetuum 
dédit. 

Post  hec  autem  predictus  Consul  Alanus,  subacto  vice 
comité  Morvano  sibi  rebelli,  ad  ecclesiam  S.  Chorentini 
votum  soluturus  venit.  Voverat  enim  Consul  in  se  in  pre- 
dictum  vadens  hostem,  ut  si  ipsum  contumacem  ad  libi- 
tum suum  humiliare  posset  S.  Chorentini  ecclesiam  datis 
muneribus  honoraret.  Tum  vero  voti  sui  memor  omnia 
que  sui  juris  erant  in  quadam  tribu  nomine  Tresgalet, 
que  est  in  Ploeneor  in  pago  Capcavall,  S.  Chorentino  dans 
manu  sua  super  altare  posuit  in  communem  prebendam 
canonicorum.  Hii  sunt  redditus  quos  ipse  dédit  in  illa 

tribu  scilicet  duo  sextaria  frumenti  quot duœ  partes 

an  toulen. 

Est  villa  Lan  Connili  (4)  nomine  in  Ploenewes  in  fou 
quam  Alanus  Consul  et  Judith  Comltissa  S.  Chorentino 
dederunt;  cujus  donationis  causa  hec  fuit.  Quodam  tem- 


(1)  AUin  Cainard,  frère  d'Orscand,  évoque  de  Quimper,  était  comte  de 
CoroouailJe,  et  mourut  l'ao  1058. 

(2)  ConflaenUa  c*est  la  traduction  du  mot  Kimber  ou  Kumber, 

(3)  Noua  avons  ici  un  exemple  de  la  division  territoriale  en  pagus  ou 
fov,  canton  ;  plebs  ou  pUm,  paroisse  ;  iribiis  ou  tref.  (Borderie,  II,  p.  174.) 

(4)  U  y  a  un  village  de  ce  nom  Lanffoniily  sur  les  limites  des  paroisses 
de  Plonévez-du-Faou  et  de  Lannédern. 

BuLLmif  DE  LA  Commission  diocésaine.  —  1'*  année.  9 


K. 


-  134  — 

pore,  Alani  Consulis  oculi  languerunt  ac  turpiter  lippire 
ceperunt,  qua  de  re  Judith  Comitissa  (1)  nostri  tempo- 
ris  mulier  prudentissima  nimium  tristis  eflecta,  domi- 
num  suum  Alanum  consulem  rogando  submonuit  ut 
per  S.  Chorentini  intercessionem  a  vero  medico  quereret 
sanitatem.  Tum  Consul  et  Comitissa  in  Dei  confidentes 
misericordia,ad  ecclesiam  S.  Chorentini  unanimiter  vene- 
runt  et  supradictam  villam,  id  est  Lanconnilli  S.  Choren- 
tlno  dederunt,  orantes  ut  Consulis  oculi  per  intercessio- 
nem S.  Chorentini  sanarentur.  Crastina  vero  die  consulis 
occuli  sic  apparuere  sani  ac  si  eos  alicujus  languoris 
nulla  occupasset  molestia. 

Mortuo  Alano  consule,  filius  ejus  Hoel  defuncti  patris 
consulatum  accepit,  qui  pro  patris  sui  animai  redemp- 
tione,  quamdam  tribum  nomine  Treu-Hebont  que  est  in 
Ploenevez  in  Fou,  S.  Chorentino  in  communem  preben- 
dam  canonicorum  cum  redditibus  suis  totam  in  perpe- 
tuum  dédit,  in  qua  sunt  Kaer-Crath  et  Kaer-Riolach. 

Juzeth  Comitissa  nostri  temporis  mulier  religiosissi- 
ma,  cum  obitus  sui  diem  approximare  sentiret,  présente 
Orscando  Corisopitensi  (2)  presule,  S.  Chorentino  dédit 
C.  solidos  et  xx  equas  atque  totidem  boves,  dédit  etiam  in 
Plonevez  in  Fou  Les  peren  et  très  villas  Haelguzen  que 
in  capite  pontis  Pauli  sunt  et  unam  villam  nomine  Ker- 
goet  (3),  et  unam  domum  quam  habebat  in  mercato  cum 
duobus  molendinis  que  sunt  super  fluvium  Reyr.  Dédit 
insuper  Brengolou  in  plèbe. Foenant  cum  domo  peculiari 


(1)  Judith,  Apouse  d'Alain  Caiaard,  mourut  le  23  Février  1063,  et  l'on 
voit  que  l'auteur  de  la  notice  est  contemporain  de  la  princesse. 

(2)  Orscand  mourut  dans  le  courant  de  l'aonée  1064,  et  Judith  décéda 
le  30  Février  de  cette  môme  année. 

(8)  Il  y  a  un  village  de  Kerouét  sur  les  limites  de  cette  paroisse  et  do 
Cloitre-Pleyben.  —  Pont -Paul  existe  également. 


—  135  — 

que  ibi  erat.  Que  omnia  Hazeuvis  Comitissa  (1)  canonicis 

S.  Chorentini  inrationabiliter  abstulit. 

• 

Dum  Benedictus  Orscandi  (2)  presulis  filius  graviter 
infirmaretur,  parentes  ejus  contristati  ad  ecclesiam  ve- 
nientes  quamdam  villam  Penbren  in  plèbe  Treguent  pro 

■ 

incolumitate  pueri  S.  Chorentino  dederunt  et  sanatus  est 
puer  ex  illa  hora,  quam  villam  Gorhezre  prefectus  cano- 
nicis S.  Chorentini  injuste  abstulit. 

Cum  presul  Orscandus  vite  sue  iinem  approximare  ani- 
madverteretjvocatis  ad  se  canonicis,in  communem  eorum 
prebendam  S^  Chorentino  dédit  terciam  partem  décime 
Brisiac  (3)  et  terciam  partem  altaris  et  quamdam  terram 
in  Brisiac  Kallastruc  nomine,  terram  trium  mensurarum 
mellis,  dédit  eciam  aliam  terram  in  Scazre  nomine  Bo- 
locooc. 

Benedictus  vero  Episcopus  (4)  Orscandi  patris  sui  suc- 
cessor,  ejus  eleemosynam  malorum  consilio  cassavit,  ter- 
ramque  Callastruc  cuidam  tiranno  consanguineam  suam 
accepturo  in  dotem,  pro  neias  !  concessit. 

Periou  Benedicti  consulis  filius,  ante  obitus  sui  diem 
présente  Benedicto  episcopo  in  communem  canonicorum 
prebendam,  S^  Chorentino  pro  anima  sua  dédit  unam 
villam  nomine  Penbis  in  Scazre. 

Guezennec  vero  Benedicti  Consulis  et  episcopi  filius 
médius  moriens,  in  perpetuum  dédit  S^  Chorentino  in 

(1)  Havoise,  épouse  de  Hoel,  fils  d'Alain  Caioart  (1066),  décéda  en  1071. 

(2)  Orscand,  évéque  de  Quimper  (1032),  mort  en  1064,  avait  eu  de 
son  épouse,  la  fille  de  Rivelen  de  Crozon,  trois  enfants  ;  c'est  Benoit, 
guéri  ici  par  S.  Corentin,  qui  succéda  à  son  père  sur  le  siège  épiscopai, 
«11064. 

(3)  Briec. 

(4)  Beadt  on  Badik.  —  Fat  évéque  de  Quimper  de  1064  à  1113. 


c 


—  136  — 

communem  canonicorum  prebendam,  villam  unam  no- 
mine  Kaer  Cribur  in  Plèbe  nevez  (1)  in  pago  Treguent. 

Prefectus  quidam  de  Kemper  nomine  Bien  Luet  ante 
obitus  sui  diem  pro  anima  sua  S^  Chorentino  dimidium 
unius  ville  Kaergardiles  nomine  a  cohaeredibus  suis  sibi 
separatum  in  perpetuum  dédit. 

Dum  Consul  Hoellus  olim  Roma  reversus  in  hostes  suos 
scilicet  Cornubie  tyrannos,  bellum  pararet,vovit  si  hostes 
^  superaret,  Ecclesie  S^»  Chorentini  bona  se  ampliaturum. 
Quibus  ergo  superatis,  unam  villam  Pentraez  in  Plèbe 
Sent-Nic  in  pago  Porzoed  S.  Chorentino  in  perpetuum 
dédit.  Dédit  eciam  decimam  unius  ville  nomine  Uhelgaiz 
que  est  in  plèbe  Coroe  super  ripam  Hodet. 

Hincmon  filius  Saludem  moriens,  pro  anima  sua  cujus- 
dam  ville  nomine  Kaer  uhel  in  Kemmenet  partem  S.  Cho- 
rentino in  perpetuum  dédit. 

V  Dum  quodam  die  Consul  Hoellus  (2)  per  S.  Chorentini 

ecclesiam  transitum  faceret,  videns  in  publico  quemdam 
librum  compaginibus  solutum  ex  indigentia  coopéra torii, 
S*o  Chorentino  in  perpetuum  dédit  et  concessit  ut  omnes 
S^'  Chorentini  libri,  cervinis  de  fisco  suo  qui  est  Kembe- 
roen  sufficienter  induantur.  Gleu  vero  de  Foenant  et  Vesa- 
ruce  de  Broerec  fiscariis  suis  et  eorum  posteris  precîpit 
huic  suo  precepto  fideliter  obedire. 

Hec  est  summa  domini  Hoeli  Consulis  dum  moreretur 
scilicet  Bremuden  (3)  in  Briziac  et  Kaerstrat  in  plèbe 
Nevez  Porzoet  (4). 

(1)  Il  s'agit  ici  de  la  paroisse  de  Névez,  qui  a  élé  depuis  prébeode  du 
Chapitre  de  Quioiper. 

(2)  Hoêl,  fils  d'Alaiu  Caigoard,  fut  fait  duc  de  Bretagne  par  son  mariage 
avec  Havoise,  6iie  du  duc  Alain  (1066).  Il  mourut  eo  1084. 

id)  Brencmuden  (Dom  Horice). 

(4)  C'est  la  plus  ancienne  mention  de  la  paroisse  de  Plonévez-Porzay 
au  Cartulaire  de  Quimper. 


—  137  — 

Onven  (1)  filia  Rivelen  Benedicti  presulis  mater,  domui 
sue  sapienter  disponens,  pro  redemptione  anime  sue 
S^  Chorentino  dédit  unam  villam  nomine  Kaerkennuz 
in  plèbe  Treguent  et  in  eadem  plèbe,  aliam  villam  nomine 
Penbren  quam  alia  vice  Orscandus  episcopus  et  ipsa,  qua- 
dam  necessitate  compulsi  dederant  in  perpetuum. 

Guegon  filius  Periou  Benedicti  consulis  filii,  pro  anime 
sue  expiatione  S^  Chorentino  in  perpetuum  dédit  quam- 
dam  villam  Kaertruc  nomine  que  est  in  plèbe  que  dicitur 
Nevez  super  fluvium. 

Âlanus  consul  mortem  futuram  previdens,  pia  devotione 
commotus,  pro  redemptione  anime  sue  et  patrum  suorum 
dédit  S^  Chorentino  terram  trium  sextariorum  frumenti 
et  trium  avene  et  trium  gallinarum  et  in  kalendis  Maii, 
xvm  nummorum  in  plèbe  que  dicitur  Cloetgual  et  villa 
que  dicitur  Govenech  juxta  Castellinum  de  qua  Canonici 
S^i  Chorentini  habent  duas  partes  décime  et  oblationum 
et  sépulture. 

/' 


(1)  OmvcH,  c'est  la  nom  de  la  femme  de  i*évdque  Orscaod. 


—  138  — 


du  Minlliy  de  Léon. 


ENQUÊTE  DE  COMMODO  ET  INCOMMODO 

(Suite.) 


Nobles  gens  Guillaume  le  Roy,  sieur  de  Lestang,  con- 
seiller du  roy  et  son  procureur  en  tiltre  de  la  ville  et 
communauté  de  S^  Pol  de  Léon,  Jacques  le  Deneric,  sieur 
de  PouUeprat,  fils  d'ancien  scindicq  de  la  ditte  ville,  et 
honorable  homme  Jan  Guillou,  présent  par  Jean  le  Cos- 
quer  et  Jacques  Marhadour,  procureurs  terriens  de  la 
paroisse  du  Crucifix  devant  le  Trésor  de  la  ditte  ville  et 
députés  du  général  de  la  ditte  paroisse  du  23®  Novembre 
dernier,  qu'ils  ont  mis  aux  mains  de  l'adjoint  deuement 
chiffré  signé  et  garenty,  ont  pareillement  déclaré  d'adhé- 
rer aux  raisons  deduittes  par  les  députtés  de  la  paroisse 
de  N.-D.  sauff  à  y  adjouter  dans  la  suitte  sy  besoin  est,  et 
ont  signé  :  J.  Dinérig,  fils  d'ancien  scindicq,  Guillaume 
LE  Roy  et  Jan  Guillou. 

Guillaume  Moncus  et  Ollivier  le  Dréau,  procureurs  ter- 
riens de  la  paroisse  de  Trégondern,  André  Roignan  et 
Pierre  le  Borgne,  députés  par  acte  prosnal  du  30»  Novem- 


—  139  — 

bre  dernier,  par  le  général  de  la  ditte  paroisse,  et  fai- 
sants pour  les  autres  députés  au  dit  acte  qu*ils  ont  déposé 
aux  mains  de  l'adjoint,  lesquels  parlant  par  Maistre 
Louis  Corentin  le  Corre,  nottaire  royal  et  apostolique  en 
rÉvesché  de  Léon,  ont  déclaré  s*adhérer  quant  à  présent 
aux  raisons,  demandes  et  réquisitoires  des  députtés  de  la 
paroisse  de  N.-D.  et  y  adjoustant  disent  que  dans  le  temps 
de  la  prétendue  union  qui  a  été  cassée,  le  nommé  Fous- 
toul  et  André  Kerbiriou,  de  la  ditte  paroisse  de  Trégon- 
dem,  décédèrent  sans  confession,  communion  ny  extrême 
onction,  quoy  que  Ton  fust  par  plusieurs  fois  en  cette 
ville  chercher  des  curés  ou  prestres  pour  les  leur  admi- 
nistrer, que  dans  le  mesme  temps  estant  décédées  deux 
personnes  de  la  ditte  paroisse  dans  le  mesme  jour.  Ton 
ne  peut  le  lendemain  faire  Tenterrement  des  deux, 
attendu  qu'il  n'y  avait  que  un  seul  prestre  qui  desservait 
la  ditte  paroisse,  et  ont  déclaré  ne  sçavoir  signer,  pour 
lesquels  a  signé  le  dit  le  Corre,  qui  a  chiffré  le  dit  acte. 
AinH  signé  :  Le  Corre,  nottaire  royal  apostolique. 


Pierre  Corre  et  François  Le  Roux,  procureurs  terriens 
de  la  paroisse  de  S^  Pierre,  et  honorables  gens  Paoul 
Jaouhen,  Jan  Merser  et  Jacob  Roignant,  députtés  d'icelle 
du  général  de  la  ditte  paroisse  par  acte  prosnal  du 
23<)  Novembre  dernier  qu'ils  ont  déposé  aux  mains  du 
greffier,  chiffré  des  dits  Jahouen  et  Merser,  les  tous  assis- 
tés de  M®  Louis  Correntin  le  Corre,  nottaire  royal  et  apos- 
tolique en  Léon,  qui  a  aussy  chiffré  le  dit  acte  prosnal, 
lesquels  ont  dit  s'adhérer  aux  raisons  desduittes  par  le 
général  de  la  paroisse  de  N.  D.  et  députés  d'icelle,  et 
disent  outre  que  dans  le  temps  de  la  prétendue  union, 
Anne  Morisure,  du  terrouer  de  Queralbret,  en  la  ditte 
paroisse,  mourut  sans  confession,  communion  ny  extrême 


—  140  — 

onction,  faute  de  pasteur,  réservé  de  proposer  autres  rai- 
sons dans  la  suitte,  s'ils  voyent  le  devoir  faire,  et  ont  les 
dits  Jaoahen  et  Merser  signé,  et  pour  les  autres  qui  ont 
déclaré  ne  scavoir  signer,  a  signé  à  leur  requeste  le  dit 
le  Corre.  Ainsi  signé,  P.  Jaouhen,  le  Corre,  nottaire  royal 
et  apostolique,  et  Merser. 


Paoul  Moncus,  procureur  terrien  du  haut  bout  de  la 
paroisse  de  Toussaints,  Aufîray  Cloarec  et  Yves  Moncus 
et  Jan  Argouarch,  députés  par  les  habitans  du  dit  hault 
bout  de  la  paroisse  de  Toussaints,  par  acte  prosnal  du 
23®  Novembre  dernier,  parlant  par  le  dit  le  Corre,  not- 
taire, ont  déclaré  adhérer  aux  fins  et  conclusions  prises 
par  les  habitans  de  la  ditte  paroisse  de  N.  D.  et  adjous- 
tants  aux  raisons  et  moyens  qu'ils  ont  d'opposer  l'union 
prétendue  par  les  dits  S"  du  Chapistre,  soustiennent  que 
pendant  que  la  ditte  paroisse  de  Toussaint  a  esté  dépour- 
veue  de  son  viccaire  perpétuel  par  la  prétendue  union 
que  on  avait  fait  des  sept  paroisses  en  une,  il  y  est  arrivé 
plusieurs  désordres  par  deffault  d'avoir  leurs  dits  viccaires 
et  d'avoir  quelques  personnes  obligées  à  les  servir  ;  un 
enfant  à  Yves  Penfenteniou  estant  décédé  on  ne  peut  trou- 
ver aucuns  prestres  pour  faire  la  levée  du  corps,  et  il  fut 
obligé  de  le  porter  luy  mesme  dans  cette  ville  sans  assis- 
tance d'aucuns  prestres,  et  estant  le  dit  Pennefeuteniou 
lui  mesme  malade  peu  de  temps  après,  l'on  fut  par  trois 
ou  quatre  fois  en  cette  ville  pour  chercher  un  prestre 
pour  luy  administrer  les  sacrements,  sans  en  pouvoir 
trouver  aucuns  ;  de  quoy  ayant  porté  ses  plaintes  à  Mgr 
de  Léon,  il  fut  obligé  d'y  envoyer  son  secrétaire,  et  ainsi 
s'il  arriverait  qu'ils  n'auroyent  pas  leurs  viccaires  perpé- 
tuels comme  au  passé  ils  seraient  perpétuellement  dans 
les  mesmes  événements  et  dans  le  hazard  de  mourir  sans 


—  141  — 

sacrements,  estant  une  grande  partye  d*eux  esloignés 
d'une  lieue  du  port  et  havre  de  Rosco,  où  il  se  tient  et 
réside  d'ordinaire  le  soubz  viccaire  de  la  ditte  paroisse. 
D'ailleurs,  s'il  y  avait  nécessité  par  deSauIt  de  bien,  il  y 
aurait  plus  de  raison  de  diminuer  le  nombre  des  cha- 
noines que  celuy  deà  viccaires  et  particulièrement  pour 
Tutillité  du  même  peuple,  qui  ne  reçoit  aucun  soulage- 
ment des  dits  chanoines.  Et  pour  informer  vallablement 
sy  ou  non  Tunion  demandée  par  les  dits  S"  du  Chapitre 
est  utile  ou  non,  il  fallait  assigner  des  gens  qui  en  peu- 
vent déposer  avec  connaissance  de  cause  et  non  pas  des 
gentilshommes  demeurants  en  ville,  qui  en  temps  de 
maladie  ne  manquent  point  de  secours  spirituels,  reser- 
vants d'adjouster  cy  après  ce  qu'ils  jugeront  utile  et 
nécessaire  pour  la  defiense  de  leurs  droits  et  oposer 
l'union  en  question,  et  ne  scachant  signer  ont  prié  de 
signer  à  leur  requeste  le  dit  le  Corre,  leur  procureur,  qui 
a  déposé  aux  mains  du  greffier  le  dit  acte  prosnal  sus 
datte,  de  lui  chiffré.  Ainsi  signé  :  Le  Corre,  nottaire  royal 
apostolique. 


François  le  Gallou  et  Guillaume  Pleyber,  procureurs 
terriens  de  la  paroisse  du  Crucifix  des  Champs  au  dit 
Hinehy,  et  honorables  gens  Yvon  Querbiriou  et  Gabriel 
le  Roux,  députés  par  le  général  de  la  ditte  paroisse  par 
acte  prosnal  du  23«  Novembre  dernier,  deuement  signé 
et  garanty,  qu'ils  ont  en  l'endroit  déposé  aux  mains  de 
notre  adjoint  chiffré  de  le  Corre,  lesquels  ont  déclaré 
aprouver  et  adhérer  aux  raisons  déduites  par  les  habit- 
tants  de  la  paroisse  de  N.  D.  et  par  ceux  de  la  paroisse  de 
Toussaints  pour  opposer  comme  ils  font  formellement 
l'union  de  leur  paroisse  à  aucune  des  six  autres  ny 
aucune  des  six  autres  à  la  leur,  ne  pouvant  y  voir  aucune 


—  142  — 

utilité  ny  nécessité  :  utilité  parce  que  il  n'est  pas  possible 
que  un,  deux,  trois,  quatre  et  cinq  vicquaires  perpétuels 
avec  leurs  soubz  viccaires  puissent  desservir  les  sept 
paroisses  du  Minéhy  comme  font  sept  viccaires  avec  leurs 
soubz  vicaires  ;  de  nécessité  il  n*y  en  a  aucune,  puisque  il 
y  a  un  fond  plus  que  suffisant  pour  leur  entretien,  et 
mesme  il  arriveroit  beaucoup  de  désordre  dans  le  tem- 
porel aussi  bien  que  dans  le  spirituel,  puisque  il  y  a  plu- 
sieurs personnes  de  mesme  nom  et  surnom  dans  les  sept 
paroisses  du  Minéhy  qui  ne  peuvent  estre  distinguées  que 
par  le  nom  de  leurs  paroisses,  et  comme  les  fouages  sont 
très  considérables,  il  ne  seroit  pas  possible  de  trouver 
deux  procureurs  terriens  qui  seroyent  en  estât  d*avancer 
le  montant  des  dits  fouages,  puisque  au  temps  présent, 
qu'il  y  a  quatorze  procureurs  terriens,  c'est  avec  beau- 
coup de  peine  qu'ils  peuvent  trouver  de  l'argent  pour  les 
avances,  chacun  pour  leurs  paroisses,  reservant  par  cy 
après  d'adjouster  ce  qu'ils  jugeront  nécessaire  et  de  pren- 
dre telles  conclusions  qu'ils  aviseront  bon,  et  a  le  dit 
Querbiriou  signé,  et  pour  les  autres  ont  affirmé  ne  scavoir 
signer,  a  signé  à  leur  requeste  leur  procureur,  chez  lequel 
ils  ont  esleu  domicilie.  Ainsi  signé  :  QuERBmiou  et  le  Corre, 
nottaire  royal  apostolique. 


Et  la  nuit  survenue,  a  esté  la  continuation  de  notre 
commission  renvoyée  à  demain,  8  heures  du  matin,  où 
les  dittes  parties  sont  assignées,  et  du  tout  acte  décerné 
sous  notre  signe,  celui  du  prometteur  et  de  nostre  adjoint, 
le  dit  jour  et  an.  Ainsi  signé  :  J.  Le  Roy,  Monsieur  Voffi- 
cial;  G.  Hinault,  Monsieur  le  promotteur,  et  J.  le  Mesle, 
Greffier. 


—  143  — 

Du  quatrième  jour  du  mois  de  Octobre  1698,  environ 
les  9  heures  du  matin,  par  devant  nous  susdits  officiai  de 
S^  Brieuc,  commissaire  en  cette  partye,  et  descendus  avec 
le  promotteur  et  le  greffier  de  l'officialité  du  dit  S^  Brieuc 
en  la  ville  de  S^  Paoul  de  Léon,  pour  l'effet  susmentionné 
et  la  commission  nous  décernée  par  Mgr  TÉvôque  de 
Tours,  à  laquelle  avons  vacqué,  ayant  pour  adjoint  M«  Jac- 
ques le  Mesle,  greffier  de  la  dite  officialité,  juré  au  cas 
requis. 

  esté  de  la  part  du  dit  S' de  Raffias,  en  la  dite  qualité, 
assisté  du  dit  Hervé,  son  advocat,  après  avoir  eu  commu- 
nication des  plaides  des  procureurs  terriens  et  députtés 
des  cantons  du  Minihy  devant  dénommés,  et  des  déllibé- 
rations  prétendues  y  alléguées  et  déposées  aux  mains  de 
l'adjoint,  a  esté  dit  et  déclaré  protester  de  nullité  des 
dits  plaides  et  soustenu  que  sont  des  ouvrages  de  quel- 
ques particulliers  habittants  de  cette  ville,  qui  se  sont 
érigés  en  chef  de  party  et  entièrement  dévoués  aux  inte- 
rest  des  dits  S"  Guillerm,  Soutré  et  autres,  deSendeurs 
principaux,  sans  Tavis  de  la  plus  grande  partie  des  prin- 
cipaux et  anciens  habitans  de  la  ville  et  canton  du  Minéhy 
ny  leur  participation,  lesquels  chefs  de  party  ont  par  bri- 
gue et  par  caballe  attiré  la  populasse  et  les  paîsans,  et 
leur  ont  inspiré  les  mesmes  sentiments  qu'ils  ont  eux 
mesmes  conceus  contre  les  chanoinnes  du  Chapistre  de 
Léon,  ce  qui  se  voit  assez  clairement  par  la  conformité  et 
ia  relation  entière  qui  se  trouve  non  seullement  dans  les 
dits  plaidez,  mais  encore  dans  les  prétendus  actes  pros- 
naux  y  reflerés,  contre  lesquels  on  soustient  une  nullité 
essentielle  fondée  sur  plusieurs  raisons  :  la  première,  que 
ces  dits  actes  n'ont  point  esté  faits  dans  la  forme  et  ma- 
nière prescritte  par  les  arrêts  et  règlements  de  la  Cour, 
qui  ont  ordonné  que  les  actes  prosnaux  serayent  insérés 
sur  des  cisihiers  chiffrés,  millésimés  des  juges  des  lieux. 


—  144  — 

et  que  leur  déliberration  se  ferait  en  présence  du  Recteur 
et  au  moins  de  douze  principaux  habittans  de  la  paroisse, 
qui  serayent  annuellement  nommés  par  le  général  de 
chacune  paroisse  et  leur  déliberration  rédigée  et  signée 
sur  le  dit  cahier.  Les  procureurs  terriens  de  chacun  des 
quartiers  du  Minehy,  non  plus  que  les  dits  chefs  du  party, 
ne  scaurayent  faire  voir  aucun  cahier  de  cette  sorte  sur 
lequel  les  dits  actes  prosnaux  ayent  estes  insérés,  et  ils 
n'ont  point  esté  faits  de  la  manière  ordonnée  par  les  dits 
arrêts  et  règlements,  par  conséquent  ils  sont  nuls  et 
inconsidérabies. 

Seconde  raison  de  nullité,  c'est  que  la  plus  grande  par 
tye  des  dits  actes  prosnaux  ont  estes  faits  et  raportés  par 
M®  Louis  -  Correntin  le  Corre,  lequel  devait  connaistre 
qu'il  estait  antierrement  suspect  au  Chapistre  de  Léon  : 
lo  parce  qu'il  est  l'un  des  chefs  de  party  et  mesme  partye 
intervenante  et  desnommée  au  procès  contre  le  dit  Cha- 
pistre ;  2»  parce  qu'il  est  actuellement  en  procès  de  grande 
conséquence  avec  le  Chapistre  au  Parlement  de  cette  pro- 
vince, et  enfin  parce  qu'il  est  caution  des  S''»  Guillerm, 
Soutré  et  Rozec  pour  l'attouchement  des  deniers  du  Cha- 
pistre qu'ils  ont  arrestés  et  receus  dans  le  cours  du  pré- 
sent procès,  aussi  bien  que  le  S' de  l'Estang  le  Roy,  autre 
chef  de  party,  ce  qui  inilust  encore  une  autre  nullité 
essentielle  dans  tous  les  prétendus  actes  prosnaux  qu'il  a 
raporté  au  nombre  de  cinq. 

Et  en  troisième  lieu.  M'  le  Commissaire  renseignera, 
s'il  luy  plaist,  qu'il  y  a  six  des  dits  actes  prétendus  pros- 
naux, faits  par  le  ministère  du  dit  le  Corre,  ce  qui  est 
moralement  et  pour  ne  point  dire  physiquement  impos- 
sible, aussy  peut-on  facillement  connaistre  qu'il  ny  a  dans 
la  vérité  que  un  seul  des  dits  actes  qui  ait  esté  raporté  le 
dimanche  23®  Novembre  dernier,  et  que  les  autres  ont 
estes  dressés  sur  le  mesme  modèle  aux  jours  suivants  et 


—  143  — 

ensuitte  tous  controllés  le  second  du  présent  mois,  ce  qui 
marque  évidemment  la  brigue  et  caballe  dont  on  a  cy 
devant  parlé. 

Au  fond,  le  dit  S'  Raffias,  sans  aucunement  aprouver 
les  dits  actes  prosnaux  respondant  aux  raisons  des  habit- 
tans  cy  devant  desnommés,  a  pareillement  déclaré  en 
protester  de  nullité,  et  persister  aux  réponses  qu'il  a  cy 
devant  données  aux  reproches  proposés  par  les  deflen- 
deurs  principaux,  adjoustant  qu'il  serait  impossible  au 
Chapistre  de  Léon  de  faire  oûir  un  seul  témoin  digne  de 
lov  soit  noble  ou  du  tiers  estât  dans  toutte  Testendue  du 
Minehy  qui  ne  fut  ou  parent  de  quelque  chanoine  ou 
debitteur  de  quelques  rentes  aux  collège  et  marreaux  ou 
enfin  vassal,  débiteur  ou  officier  de  Mgr  l'Évesque,  qui 
est  aussy  chanoine  (1). 

Les  particuliers  qui  ont  signé  les  dits  plaides  demeu- 
reront bien  d'accord  qu'il  n'y  a  dans  tout  le  Minehy  que 
une  seule  église  paroissiale  qui  est  la  Cathédrale,  un  seul 
simetière,  un  seul  fond  baptismal,  un  seul  tabernacle  et 
une  seuUe  croix  dans  la  mesme  église,  mais  ils  sont  encore 
sommés,  aussi  bien  que  les  principaux  deflendeurs,  d'ad- 
vouer  ou  de  contester  les  autres  faits  soutenus  par  la 
requeste  des  demandeurs,  scavoir  qu'il  ny  a  dans  la  dite 
église  que  une  seulle  grande  messe,  qui  se  chante  au 
cœur,  outre  la  messe  communelle,  qui  se  dit  à  basse  voix 
à  rissue  de  matines  pour  la  commodité  des  habittans  du 
Minehy  qui  ne  peuvent  assister  à  la  grande  messe  ;  qu'il 
n  y  a  dans  la  mesme  église  que  un  seul  prosne,  un  seul 
pain  benist,  une  seulle  aspersion  de  l'eau  beniste'  ;  qu'il 
ne  s'y  chante  que  de  seulles  vespres  ;  qu'il  n'y  a  jamais 
eu  dans  la  ditte  église  que  un  seul  registre  pour  raporter 

(1)  H"  de  Neufville,  en  1592,  avait  fondé  un  canontcat  dans  le  Chapitre 
de  la  Cathédrale  pour  lui  et  ses  successeurs.  (Archives  de  l'Ëvécbé  de 
Quimper.) 


—  146  — 

les  mariages,  baptesmes  et  sépultures,  sy  ce  n'est  depuis 
les  trois  à  quatre  ans  que  les  viccaires  se  sont  avisés  de 
prendre  chacun  son  cahier  ;  qu'il  n'y  a  que  l'Évesque  ou 
en  son  absence  le  premier  dignitaire  ou  ancien  chanoine 
qui  fait  la  bénédiction  des  fonds  à  Pasques  et  à  la  Pente- 
coste,  des  cierges,  des  cendres  et  des  rameaux,  et  que 
aux  assemblées  sinodalles  on  n'y  appelle  jamais  que  le 
seul  viccaire  de  Toussaints. 

Le  S>^  Raffias  convient  que  pendant  les  trois  jours  de 
feste  de  Pasques  les  viccaires  prennent  les  hosties  du 
ciboire  du  tabernacle  et  les  portent  dans  des  calices  sur 
quelques  autels  de  la  dite  église,  que  mesme  ils  en  peu- 
vent avoir  consacré  sur  les  dits  autels  pour  communier 
les  habittans  du  Minehy,  mais  il  soustient  que  ce  n'est 
que  jusques  à  l'heure  de  midy  des  dits  jours  de  festes,  et 
que  aux  autres  heures  des  mesmes  jours  et  à  tous  les 
autres  jours  de  la  ditte  quinzaine,  les  habittans  du  dit 
Minéhy  indifféremment  communient  dans  la  ditte  cha- 
pelle de  Toussaint  et  que  les  viccaires  ne  font  aucune 
autre  fonction  sur  les  dits  autels,  ce  qui  prouve  évida- 
ment  qu'ils  n%  sont  point  autels  de  paroisse  comme  on 
le  veut  supposer. 

A  l'égard  des  raisons  qui  ont  esté  déduites  pour  oposer 
Tunion  dont  est  cas,  on  soustient  que  ce  n'est  point  tant 
le  temporel  qu'il  faut  regarder  pour  juger  de  la  nécessité 
et  utilité  de  la  ditte  union,  comme  le  bon  ordre  de  l'église 
et  le  bien  spirituel  des  âmes  qui  se  trouvent  sans  doutte 
plus  dans  l'unité  que  dans  la  multiplicité  des  pasteurs 
dans  la  mesme  église,  et  c'est  un  fait  purement  suposé 
que  les  fonds  du  Chapitre  s'augmentent  tous  les  ans  con* 
sidérablement,  bien  au  contraire,  il  est  constant  qu'ils 
diminuent  annuellement  puisque  le  terrain  sujet  aux 
dixmes  du  Chapistre  se  gaignent  journellement  par  le 
sable,  particulièrement  du  costé  de  Sentec  au  quartier  de 


—  147  — 

S<  Pierre  et  du  Crucifix  des  Champs,  ce  qui  est  notoire  à 
tout  le  pays. 

Il  n*est  pas  véritable  que  le  cartier  du  Minehy  le  moins 
peuplé  contienne  plus  d*habittans  que  la  plus  grande 
partye  des  paroisses  du  diocèse,  et  on  réserve  à  s'expé- 
dier plus  positivement  sur  ce  fait  quand  les  dits  habittans 
auront  communiqué  ou  déposé  Testât  du  S'  Jeudy,  men- 
tionné en  leur  plaidé,  ce  qu'ils  sont  sommés  de  faire 
incessamment.  On  dira  seulement  en  ce  lieu  qu'il  est  tout 
à  fait  hors  de  raison  de  prétendre  que  le  nombre  des  sept 
viccaires  et  soubz  viccaires  prétendus  nécessaires  pour  la 
conduitte  spirituelle  d'environ  cinq  mille  communiants 
dont  il  y  a  plus  d'un  quart  qui  sont  dirigés  par  les  pres- 
tres  des  subcursalles  de  Rosco  et  Santec,  sans  parler  des 
confesseurs  relligieux  carmes,  minimes  et  capucins  des 
autres  communautés. 

La  triste  expérience  dont  parlent  les  habittans  qui  ont 
soussigné  les  dits  plaides  est  une  pure  imagination  ou  du 
moins  on  soustient  que  s'il  est  arrivé  quelques-uns  des 
accidents  dont  ils  font  mention,  ce  n'a  point  esté  manque 
de  pasteurs,  mais  bien,  ou  par  deffault  de  ne  les  avoir 
avertis  ou  par  les  avoir  avertis  trop  tard  et  à  contre  temps 
ce  qui  peut  arriver  et  arrive  souvent  dans  les  autres 
paroisses  par  les  mesmes  deffaults  ou  par  d'autres  acci- 
dents impréveus,  comme  les  deffendeurs  principaux  n'en 
peuvent  ignorer  eux-mêmes. 

Que  sy  une  fois  à  Pasques  et  une  autre  fois  au  Jubillé 
on  a  appelé  quelques  relligieux  capucins  pour  les  confes- 
sions dans  la  cathédralle,  ce  n'a  esté  que  pour  donner 
une  plus  grande  liberté  de  conscience  au  peuple  comme  il 
s'usilte  dans  plusieurs  autres  paroisses  bien  réglées,  et  par- 
ceque  particulièrement  une  année,  la  populace  du  Minehy, 
dont  la  mutinerie  fut  arrestée  par  l'autorité  de  M.  le  Mar- 
quis de  la  Coste,  lieutenant  pour  le  Roy,  affecta  de  venir 


—  148  — 

en  foule  chercher  à  se  confesser  aux  trois  jours  de  feste 
de  Pasques. 

On  ne  convient  pas  que  la  quinzaine  Pasqualle  ait  esté 
prolongée,  mais  à  supposer  que  cela  fust  véritable  pour 
une  année,  cela  est  provenu  ou  de  la  négligence  des  pa- 
roissiens à  se  présenter  à  la  confession  au  temps  et  lieu 
de  la  ditte  quinzaine  indiqués  à  diffères  jours  par  le  fait 
des  deffendeurs  principaux  ou  par  raison  de  renvois  de 
plusieurs  pénitents  auxquels  la  prudence  des  confesseurs 
les  obligeait  de  différer  Tabsolution. 

Au  surplus,  pour  ce  qui  regarde  la  plainte  du  deffault 
de  visite  de  Mgr  l'Évesque  ce  n'est  point  au  Chapitre  d'exa- 
miner son  ministère,  n'y  sa  conduitte  et  ceux  qui  ont 
quelques  sujets  de  plaintes  sont  à  la  porte  de  son  pallais 
épiscopal  en  état  de  la  faire  quand  ils  le  voudront. 

(A  suivre.) 


—  149  — 


STATISTIQUE  MONUMENTALE 

DU   DIOCÈSC:    DE    QUIMPER    ET    DE    LÉON 

(Fin.) 


VITRAUX    PEINTS 


Baimalec.  —  Chapelle  de  la  Véronique 3 

Id.           Chapelle  de  S*  Mathieu,  Loc-Mahé.  .  1 

Béoodel.  —  Église  de  Perguet 1 

Brasparls.  —  Passion,  côté  Nord  du  sanctuaire.  .  1 

Brennilis.  —  Trois  fenêtres  de  Tabside 3 

Briec.  —  Chapelle  de  Sainte-Cécile 2 

Cast.  —  Notre-Dame  de  Quilîdoaré,  Passion.  .  .  1 

Clohars-Fouesnant 2 

Combrit.  -  Chapelle  de  la  Clarté,  beaux  fragments.  2 

Conquet  (Le).  —  Maîtresse- vitre 1 

Dinéault.  —  Saint  Exupëre,  maintenant  au  musée 

deQuimper 1 

Douamenez. —  Sainte-Hélène,  2  fenêtres,  Passion.  2 

Edern.  —  Chapelle  de  Lannien.  Disparu 1 

Ei^ué-Gabéric.  —  Église  paroissiale,  1516  ....  2 

Id.               Notre  Dame  de  Kerdévot ...  2 

(iouézec.  —  Église  paroissiale.  Passion,  1371.  .  .  1 

Id.         Notre-Dame  des  Fontaines 3 

Guengat.  -  1371 S 

A  reporter 36 

BcaniH  Ds  u  Commission  DiocisAiifi.  —  1'*  année.  10 


—  ISO  - 

BepoH 36 

Guimiliau.  —  Maltresse-vitre,  Passion 1 

Juch  (Le).  —  Maîtresse-vitre,  crucifiement.  ...  1 

Kerfeunteun.  —  Arbre  de  Jessé 1 

Lababan 1 

Lampaul-Guimiliau.  —  Divers  panneaux  réunis.  1 
Landudal.  —  Fragments  à  la  ctiapelle  de  Saint- 

Tugdual i 

Langolen.  —  Ancienne  maîtresse-vitre.  Musée  de 

Quimper 1 

Lannédern.  —  Maîtresse-vitre,  Passion 1 

Locronan.  —  Maltresse  vitre  et  Pénity i 

Id.           Chapelle  de  Notre-Dame  de  Bonne- 
Nouvelle i 

Martyre  (La).  —  Trois  fenêtres  un  peu  boule- 
versées   3 

Meylars.  —  Chapelle  de  Notre-Dame  de  Confors.  3 

Melgven.  —  Église  paroissiale 2 

Chapelle  de  la  Trinité.  —  Fragments,  blasons  .  .  i 

Penmarc'h.  —  Maltresse-vitre i 

Pleyben.  —  Maîtresse-vitre,  Passion 1 

Id.     .    Chapelle  de  Lannellec i 

Plogonnec.  —  xv«  et  xvi«  siècle 6 

Plomeur.  —  Chapelle  de  Tréminou i 

Ploudiry.  —  Maîtresse-vitre 1 

Plouguerneau.  —  Fragments  à  Notre-Dame  du 

Grouanec i 

Pont-Croix.  —  Chapelle  du  Rosaire  et  côté  Nord.  2 

Pouldavid.  —  Restes  :  trois  panneaux.  Passion  .  1 

Quéménéven.  —  Paroisse,  Passion 1 

Id.  Chapelle  de  Notre  Dame  de  Ker 

goat 7 

A  reporter 80 


—  151  — 

Report 

Roche  (La).  —  Maltresse-vilre,  Passion 

Saint-Corentin-Quimper.  —  Fenêtres  hautes  res- 
taurées  

Saint-Divy.  —  Maîtresse-vitre,  1531 •  •  • 

Saint-Goazec.  —  Ancienne  maîtresse  vitre  rema- 
niée, 1593 

Saint-Mathieu-Quimper.  —  Maîtresse-vitre.  .  .  . 

Saint  Martin-Morlaix.  —  Saint-François  deCubu 


nen 


Saint-Nic.  —  Deux  fenêtres  latérales 

Saint-Pol-de  Léon.  —  Cathédrale 

Saint-Ségal.  —  Saint- Sébastien 

Spézet.  —  Chapelle  de  Notre-Dame  du  Crann, 

1548  50-59 

Tourc'h.  —  Maîtresse-vitre 

Treflîagat.  —  Maîtresse-vitre 

Tréméoc.  —  Chapelle  de  Saint  Sébastien 

Tréméven.  —  Chapelle  de  Saint-Diboan 


80 
1 

31 
1 

1 
1 

3 
2 
2 
1 


Total 134 


TABLEAUX    ET    PEINTURES 


Audierne.  —  Les  Apôtres  au  tombeau  de  la  Sainte - 
Vierge  ;  sainte  Félicité  et  ses  enfants. 

Beuzec  Cap  Sizun.  —  Tableau  votif  à  Notre-Dame  de  la 
Clarté,  1705. 

Brasparts.  —  Huit  tableaux  à  la  sacristie,  Évangélistes 
et  Docteurs,  1649. 

Chftteaulin.  —  Chapelle  de  Notre-Dame  :  Rosaire  et 


—  li)2  — 

sainte  Barbe,  par  Valenlin  ;  Annonciation  ;  Légende  des 
saints  Grépin  et  Crépinien,  patrons  des  cordonniers* 

ClédenPoher.  —  Grandes  peintures  sur  la  voûte  de  la 
nef  et  à  la  sacristie,  1750. 

Dirinon.  —  Quelques  peintures  du  xviii^  siècle  à  la 
voûte  ;  d'autres  modernes. 

Douarnenez.  —  Ghapelle  de  Saint-Michel  :  tableau  de 
Michel  Le  Nobletz  ;  49  tableaux  couvrant  la  voûte  ;  his- 
toire de  Notre-Seigneur  et  des  Anges,  1667-1675. 

Ergué-Gabéric.  —  Anges  musiciens  sur  la  tribune  des 
orgues. 

Esquibien.    —    Ghapelle  de  Sainte  -  Thévette  :   deux 
tableaux,  dont  un  signé  :  Herbault,  17f8. 
Forêt-Fouesnant  (La).  —  Grand  tableau  du  Rosaire. 
Goulven.  —  Légende  de  saint  Goulven,  xvup  siècle. 
Guimaëc.  —  Chapelle  des  Joies  :  peintures  sur  les  volets 

de  la  niche  de  Notre  Dame,  signées  : 
Barazer,  1593,  et  sur  le  coflre  de  l'autel  ; 
autres  peintures  sur  les  volets  de  la  niche 
de  saint  Herbot  ;  tableau  du  vénérable 
Michel  Le  Nobletz. 
Id.  Chapelle  de  Christ  :  peintures  sur  les  volets 

de  la  niche  de  sainte  Anne. 
Ilenvic.  — -  Notre  Seigneur  en  croix  ;  Immaculée  Con 
ception. 

Juch  (Le).  — Volets  des  niches  de  Notre-Dame  et  de 
saint  Gabriel. 
Kerfeunteun.  —  Sainte-Famille,  par  Valentin. 
KerglolT.  —  Peintures  à  la  voûte,  de  même  date  que 
celles  de  Cléden-Poher. 
Kernilis.  —  Rosaire  et  les  quinze  mystères. 
Lampaul-Guimiliau.   —  Chapelle  de  Sainte   Anne  : 
tableau  de  sainte  Anne,  Sainte-Vierge  et  Enfant-Jésus. 
Landerneau.  —  Notre-Dame  de  Pitié,  de  Jobbé-Duval  ; 


—  133  — 

saint  Houardon,   de  Yan  'Dargent  ;   grandes  peintures 

murales,  du  même. 

I 

I        Landévennec.  —  Cène  ;  saint  Corentin  ;  saint  Jacques. 

Lanmeur.  —  Paroisse  :  cène  et  Rosaire. 
Id.  Kernitroun  :  tableau  votif  de  sainte  Anne 

(Goudelin). 

Locmélar.  —  Légende  de  saint  Hervé. 

Locquirec.  —  Anges  à  la  voûte,  1712  ;  Rosaire. 

Locronan.  —  Rosaire. 

Loctudy.  —  Vœu  de  Louis  XIIL 

Moëlan.  —  Chapelle  :  saint  Philibert  distribuant  des 
aumônes. 

Penmarc'h.  —  Vœu  de  la  paroisse. 
[        Ploaré.  —  Rosaire. 

Plobannalec.  —  Vierge  et  Enfant-Jésus. 
'        Ploéven.  —  Huit  scènes  de  la  Passion,  dans  la  voûte  du 
chœur  ;  docteurs,  dans  le  porche. 

Plonévez-du-Faou.  —  Volets  d'une  niche  et  coffre  d*un 
vieil  autel  à  la  chapelle  de  Saint-Herbot. 

Ploudirj\  —  Trinité  et  Rosaire. 

Plouégat-Guerrand.  —  Rosaire,  purgatoire,  ange  gar- 
dien, anges  et  Évangélistes  dans  le  porche. 

Plougasnou.  —  Rosaire,  1668. 

Plougastel-Daoulas.  —  Saint  Claude. 

Plounévez-Lochrist.  —  Lochrist  :  crucifiement. 

Plouvien.  —  Rosaire.  Au  château  de  Lesven  :  tableau  de 
sainte  Guen,  mère  de  saint  Guénolé. 

Pont-Croix.  —  Rosaire. 

Pouldavid.  —  Voûte  du  chœur. 

Primelin.  —  Chapelle  de  Saint-Tujean  :  fonts-baptis- 
maux, 1705. 

Quéménéven.   —  Kergoat,    deux   tableaux  copiés  de 
Valentin. 

Querrien.  — -  Rosaire. 


! 
f 


—  154  — 

Rédené.  —  Voûte  de  Notre-Dame  de  Lorette,  1716. 

Rosnoên.  —  Fresque  de  la  Trinité,  1677. 

Rumengol.  —  Assomption. 

Spézet.  —  Nativité  ;  Descente  de  Croix  ;  Assomption,  et 
peintures  murales. 

Saint-Corentin  de  Quimper.  —  Peintures  murales  par 
Yan  *Dargent.  —  A  la  sacristie  :  tableaux  de  sainte  Anne 
et  de  l'Extrême-Onction,  par  Valentin. 

A  la  chapelle  des  Ursulines  :  belle  Assomption. 

Sainte-Croix  de  Quimperlé.  —  Saint  Clément. 

Saint-Divy.  —  Légende  de  sainte  Nonne  et  de  son  fils  ; 
saint  Divy  ou  David  ;  six  panneaux  à  la  voûte  du  chœur, 
1676. 

Saint-Jean-du-Doigt.  —  Nativité  de  la  Sainte-Vierge  ; 
Décollation  de  saint  Jean.  Sur  la  tribune  des  orgues  :  roi 
David  ;  sainte  Cécile  et  anges. 

Saint- Louis  de  Brest.  —  Moïse  frappant  le  rocher  ; 
sainte  Félicité. 

Saint-Melaine  de  Morlaix.  —  Nombreux  tableaux,  dont 
deux  de  Valentin. 

Saint-Pol-de-Léon.  —  Fresque  du  jugement  dernier  ; 
Rosaire  ;  Anges  et  blasons  à  la  voûte  du  transept  ;  Adora- 
tion des  Mages. 

Sainte-Sève.  —  Belle  Ascension. 


BANNIÈRES 


Dirinon 2 

Guimiliau.  —  Notre-Seigneur  en  croix  et  saint 

Miliau,  1658  ;  Rosaire  et  saint  Fol 2 

Lampaul-Guimiliau.  —  Saint  Pol  et  Notre-Dame  ; 

Saint-Sacrement  et  Assomption 2 


-  155- 

Locquénolé 

Pencran 

Ploudiry 

Piougonven.  —  Notre-Dame 

Plougourvest.  —  Notre-Seigneur  en  croix  ;  saint 
Pierre  et  saint  Paul 

Plouguerneau.  —  Notre-Seigneur  en  croix  et 
Rosaire  ;  saint  Pierre  et  saint  Paul 

Ploumoguer . 

Rumengol.  —  Notre-Dame.  .  .  .  , 

Sibiril.  —  Rosaire 

Tréflez.  —  Sainte  Ideltrude  .  .  .  .  , 

Musée  de  Morlaix 

Musée  de  Quimper 


1 
1 

2 
1 


2 
2 


ÉTOFFES  ANCIENNES 


Batz  (Ile  de).  —  Etole  de  saint  Pol,  tissu  oriental. 
Dirinon.  —  Ornements  donnés  par  les  Montmorency. 
Saint-Jean-du-Doigt.  —  Chasuble,  tunique  et  dalma 
tique. 


CROIX   DE   PROCESSION 


Brennilis.  —  1650. 
Carantec.  —  1652. 
Gouesnac'h.  —  1691. 
Guengat.  -  1584. 
Irvillac. 

Kerfeunteun.  — 1658. 
Lannédern.  —  1620. 
Lanneuflret. 


—  156  — 


Laz. 

Mespaul.  — 1675. 
i  Pleuven. 

Pleyber  Christ. 
1  Plonévez-du-Faou. 

i  Plouénan. 

Plougasnou. 

Plougoulm. 

Plouguerneau.  —  xv«  siècle. 

Plouigneau. 

Ploumoguer. 

Pont-Croix.  —  Petite  croix  gothique. 

Saint- Yvi.  —  Deux  croix  :  saint  Yvi  et  saint  Sympho 
rien. 

Saint  Jean-du-Doigt.  —  Époque  de  François  !«'. 

Saint-Servais. 

Saint -Thégonnec. 

Trégunc.  —  1610. 

CALICES,    OSTENSOIRS 

CHASSES,  HELIQUAIKES,  OHFÈVKEHIE 


Clohars-Carnoët.  —  Calice  de  Saint-Maurice. 

Crozon.  —  Petite  châsse  en  cuivre  doré,  en  forme  de 
chapelle  du  xv^^  siècle  ;  châsse  en  ébène,  avec  application 
d^ornements  d'argent,  genre  Louis  XIII. 

Dirinon.  —  Patène  avec  médaillon,  Assomption  ;  Or- 
ceaux  des  saintes  huiles. 

Douarnenez.  —  Petite  châsse  d'argent,  xvii«  siècle. 

Ergué-Gabéric.  —  Six  chandeliers  d'argent  ;  une  croix 
d'autel  ;  un  encensoir  ;  deux  lampes,  genre  Louis  XIII. 

Esquibien.  —  Petit  ostensoir  à  pied  très  riche,  1603. 


—  157  — 

Goulien.  —  Petite  cloche  de  saint  Goulven,  vi«  siècle. 

Guengat.  —  Calice. 

Guimaêc.  —  Calice,  1583. 

Juch  (Le).  —  Petite  châsse  d'argent,  xvu®  siècle. 

Landeleau.  —  Petite  châsse,  cuivre  et  étain. 

Landévennec.  —  Deux  reliquaires  en  bois  plaqué  d'ar- 
gent. 

Lanhouarneau.  —  Bras  d'argent,  xiii«  siècle. 

Lannédern.  —  Petite  châsse  d'argent,  xvi«  siècle. 

Lannilis.  —  Petite  châsse  de  cuivre  doré,  en  forme  de 
chapelle  du  xv®  siècle  ;  deux  petits  médaillons  xiii®  siècle. 

Lesneven.  —  A  l'hôpital,  bras  d'argent  de  saint  Mandez. 
—  Au  presbytère,  petit  reliquaire  provenant  de  Sainte- 
Catherine  de  Mespaul. 

Loc-Maria-Quimper.  —  Petite  croix  reliquaire  à  double 
croisillon,  argent  doré,  xi®  siècle. 

Loemélar.  —  Statuette  d'argent  de  saint  Mélar. 

Locquénolé.  —  Un  buste  et  un  bras  d'argent  doré. 

Locronan.  —  Petite  cloche  de  saint  Ronan  ;  calice  ; 
ostensoir  Renaissance  ;  reliquaire  de  saint  Eutrope. 

Martyre  (La).  —  Belle  châsse  d'argent,  Renaissance  ; 
statue  en  argent  de  l'Enlant-Jésus. 

Molène  (Ile).  —  Calice  récent  donné  par  le  comité  du 
Drummont'CiMtle, 

Plobannalec.  —  Joli  reliquaire  à  pied,  xvi®  siècle. 

Plougasnou.  —  Deux  calices  ;  ostensoir  Louis  XIII. 

Plouider.  —  Reliquaire  de  saint  Didier. 

Pont  l'Abbé.  —  A  Kernuz  :  deux  calices  et  ostensoir  ; 
encensoir  Louis  XII  ;  petite  coupe  orientale. 

Roche  (La).  —  Deux  calices  ;  une  petite  châsse  gothi- 
que. 

Roscoff.  —  Vierge  en  argent  et  chapelet  à  grains  d'am- 
bre montés  en  filigrane  d'argent,  dons  de  Marie-Stuart. 

Saint-Corentin  de  Quimper.  —  Calice  de  la  Cathédrale. 


—  158  — 

—  A  rhôpital  :  ostensoir  Louis  XIII,  provenant  d'Ergué- 
Gabéric. 

Sainte-Croix  de  Quimperlé.  —  Au  couvent  de  la  Retraite, 
anciens  Dominicains,  châsse  en  argent  du  xvi^  siècle. 

Saint-Éloi.  —  Calice. 

Saint-Évarzec.  —  Châsse  et  reliquaire  du  Saint-Clou. 

Saint-Jean-du-Doigt.  —  Deux  calices  ;  buste  d*argent 
de  saint  Mériadec  ;  bras  de  saint  Mandez  ;  étui  du  doigt 
de  saint  Jean-Baptiste. 

Saint-Mathieu  de  Morlaix.  —  Deux  grands  chandeliers 
en  cuivre  fondu, 

Saint-Nic.  —  Deux  petites  châsses  d'argent. 

Saint  Pol- de -Léon.  —  Petite  cloche  (an  BîrGFlcu); 
châsse  monumentale  de  saint  Pol  ;  calice. 

Saint-Thégonnec.  —  Lampe  d'argent. 

Trégunc.  —  Crosse  d'argent,  Henri  II. 


RELIQUAIRES  EN  BOIS   SCULPTÉ 


Clohars-Carnoêt.  —  Saint-Maurice,  xvii®  siècle. 
Plogoff.  —  Deux  à  Notre-Dame  de  Bon-Voyage. 
Plouhinec.  —  Reliquaire  xvii®  siècle. 


—  159  — 


ARCHITECTURE  BRETONi 


Ètnde  des  Monuments  du  diocèse  de  Quimper 


Cette  étude  ne  s*étend  pas  aux  monuments  de  toute  la 
province  de  Bretagne,  elle  doit  se  limiter  à  ceux  de  la 
partie  extrême  et  la  plus  occidentale  du  pays,  au  seul 
diocèse  de  Quimper,  correspondant  au  département  du 
Finistère. 

C'est  là,  du  reste,  que  le  mouvement  architectural  et 
artistique  s'est  manifesté  le  plus  complètement  et  a  été 
comme  le  reflet  le  plus  parfait  de  tout  ce  qui  s*est  produit 
dans  le  reste  de  la  région. 

Notre  moisson  sera  bien  abondante,  et  nous  serons 
étonnés  quand  nous  aurons  recueilli  toutes  les  richesses 
que  nous  ont  laissées  nos  pères.  Et  lorsque  nous  nous 
dirons  que  c'est  pour  Dieu,  pour  son  culte,  pour  sa  gloire 
qu'ils  ont  couvert  le  pays  de  si  admirables  monuments, 
nous  ne  pourrons  nous  défendre  de  leur  appliquer  les 
éloges  décernés  par  le  livre  de  l'Ecclésiastique,  au  chapi- 
tre XLiv,  V.  1  :  ((  Laudemiis  viros  glorioaoa,  et  parentes 
nottros  in  generatione  stid,  6,  Homines  dimtes  in  virtute, 
]pvlchritvdini8  studium  hdbentes  :  Louons  ces  hommes 
vraiment  dignes  de  gloire  qui  ont  été  nos  pères  et  dont 
nous  sommes  les  descendants  ;  ces  hommes  à  la  foi  ro- 
buste, ayant  le  goût  et  le  culte  du  beau.  » 


I 


—  160  — 

Nous  suivrons  dans  cette  étude  Tordre  déjà  suivi  dans 
les  nomenclatures  qui  ont  trouvé  place  dans  les  numéros 
précédents  du  Bulletin,  commençant  par  les  Églises,  Cha 
pelles.  Clochers,  Porches,  etc.,  et  finissant  par  le  Mobilier, 
et  ce  ne  sera  là  qu'une  sorte  de  traité  général,  car  ensuite 
il  faudra  prendre  chacune  des  paroisses  à  part  et  faire 
une  revue  détaillée  de  tout  le  diocèse. 

Le  présent  travail  sera  comme  un  cours  d'archéologie, 
indiquant  le  style  et  le  caractère  de  chacun  des  monu- 
ments. 


Architecture  primitive  ou  «  latine  ». 


Quelle  a  été  l'architecture  bretonne  à  l'époque  méro- 
vingienne et  carlovingienne  ?  11  est  difficile  de  répondre 
à  cette  question,  car  il  ne  nous  reste  qu'un  seul  monu- 
ment authentique  de  ces  époques  reculées.  Il  n'y  a  pas 
de  doute  cependant  que  les  monuments  religieux  ne  fus- 
sent nombreux  et  probablement  richement  ornés  pendant 
cette  période.  Le  cartulaire  de  Landévennec  nous  donne 
j  le  nom  d'une  foule  de  paroisses  régulièrement  consti- 
tuées dès  avant  le  viii^  et  le  ix®  siècle,  et  qui  avaient  par 
conséquent  leurs  églises.  L'histoire  nous  apprend  que 
saint  Corentin  travailla  de  ses  propres  mains  à  la  cons- 
truction de  sa  cathédrale  de  Quimper,  et  qui  sait  s'il  ne 
s'inspira  pas  pour  ce  travail  des  beaux  modèles  qu'il 
0^  L^~^  trouva  à  Tours  où  il  alla  pour  sa  consécralionépiscopale, 
ou  bien  encore  dans  les  villes  de  Nantes  et  d'Angers  par 
lesquelles  il  dut  passer  dans  ce  voyage  ?  En  même  temps 
saint  Guénolé  construisait  son  monastère  de  Landéven- 
nec, et  saint  Tudy  celui  de  1- Ile-Tudy. 


■r'4'^W 


-  161  — 

Au  vi®  siècle,  saint  Pol- Au  rélien  fonda  la  cathédrale  de 
Léon,  les  monastères  de  l'Ile-de-Batz,  de  Lampaul-Plou- 
dalmézeau,  Lampaul-Guimiliau  et  Plougar.  C'est  à  la 
même  époque  qu'il  faut  faire  remonter  l'érection  de  la 
première  chapelle  de  N.  D.  du  Creisker.  à  Saint-Pol-de- 
Léon,  la  chapelle  de  Callot,  l'église  de  Lochristan-Izelvez, 
les  abbayes  de  Daoulas,  du  Relecq  ou  Gerber  en  Plounéour- 
Ménez  et  de  Saint-Mathieu  du  bout  du  monde,  de  flnihus 
terrœ,  près  du  Conquet,  dans  la  paroisse  de  Plougonvelin. 
C'est  alors  que  saint  Majan,  expert  en  architecture,  cons- 
truisait le  monastère  de  son  frère  saint  Gueznou,  et  que 
celui-ci  mourut  accidentellement  en  visitant  l'église  que 
faisait  bâtir  saint  Corbasius  au  monastère  fondé  à  Quim- 
perlé  par  saint  Gurthiern. 

Dans  les  siècles  suivants,  les  églises  durent  se  multi- 
plier, mais  de  tous  ces  édifices  vénérables  il  ne  nous  reste 
rien,  ou  presque  rien.  Nous  ne  possédons  de  certaine- 
ment antérieur  aux  invasions  normandes  que  la  crypte 
de  Lanmeur  et  quelques  piles  et  arcades  de  l'église  qui 
la  surmonte. 

Cette  CRYPTE  de  Lanmeur  fut  construite  pour  abriter  les 
restes  vénérés  du  jeune  prince  saint  Mélar,  traîtreuse- 
ment mis  à  mort  dans  cette  ville  par  ordre  de  son  oncle 
Kivod  en  544,  et  qui  fut  honoré  dès  lors  comme  un  mar- 
tyr. Elle  affecte  les  proportions  et  les  dispositions  des 
Confessions  ou  Martyrîa  des  premiers  siècles  de  l'Église, 
et  ce  sont  ses  faibles  dimensions  qui  lui  donnent  juste- 
ment plus  de  prix  en  indiquant  mieux  sa  destination  et 
son  objet.  Elle  mesure  8™  18  de  longueur  sur  5™  07  de 
largeur  et  est  divisée  en  trois  petites  nefs  par  deux  rangs 
île  quatre  colonnes  qui  sont  hautes  seulement  de  1'»  33  et 
soutiennent  des  arcades  surbaissées  et  des  voûtes  en  ca 
lotte  informe  dont  la  hauteur  ne  dépasse  pas  1'°  97.  Six 
de  ces  colonnes  monolithes  ont  ()'"  40  de  diamètre,  deux 


-  162  - 

autres  plus  épaisses  mesurent  0°>  60  et  sont  couvertes  jus- 
qu'à la  moitié  de  leur  hauteur  d'une  sculpture  absolu- 
ment barbare  et  primitive  représentant  des  tiges  et  des 
branches  végétales  avec  insertions. 

Il  est  à  croire  que  le  tombeau  ou  sarcophage  du  jeune 
saint  était  placé  entre  ces  deux  piliers  ornementés,  et  ce 
qui  le  fait  supposer,  ce  sont  les  quatre  fenestelles  latéra- 
les percées  vers  cet  endroit,  ouvertures  étroites  par  les- 
quelles le  peuple  pouvait  voir  de  l'extérieur  et  vénérer  le 
tombeau  ;  car  cette  crypte  était  autrefois  dégagée  dans 
une  bonne  partie  de  sa  hauteur  et  n'a  été  complètement 
enfouie  que  plus  tard,  lorsqu  on  a  voulu  mettre  le  pavé 
du  pourtour  au  niveau  de  celui  du  chœur.  On  y  pénétrait 
alors  par  deux  portes,  et  maintenant  par  une  seule,  du 
côté  Nord,  à  laquelle  donne  accès  un  escalier  de  huit  ou 
neuf  marches.  Près  de  cette  porte  est  une  fontaine  formée 
d'une  petite  vasque  de  0"™  40  de  diamètre,  d'où  l'eau  va  se 
perdre  sous  le  pavé  et  se  déverser  dans  le  vallon  voisin 
par  un  canal  souterrain.  Cette  fontaine  a-t-elle  servi  au- 
trefois, comme  quelques-uns  l'afRrment,  à  l'administra 
tion  du  baptême  par  immersion  ?  C'est  possible,  mais 
rien  ne  le  prouve. 

Toute  l'église  qui  surmontait  cette  crypte  devait  être  de 
la  même  époque,  mais  elle  a  été  détruite  par  les  Nor- 
mands, et  il  n'en  reste  que  six  grosses  piles  carrées  avec 
leurs  arcades  en  plein-cintre  qui  viennent  tomber  sur  un 
petit  tailloir  ou  abaque  bien  simple. 

En  dehors  de  ce  monument  il  ne  reste  que  des  édifices 
ou  des  parties  d'édifices  de  date  absolument  incertaine, 
mais  que  l'oa  voudrait  cependant,  à  cause  de  leur  carac- 
tère d'extrême  simplicité,  attribuer  à  la  période  anté- 
rieure à  Tan  mil.  Ce  sont  :  l'église  ensablée  de  l'ile-de- 
Batz,  l'église  de  Locquénolé,  la  nef  de  Pioujean,  quelques 
piles  et  arcades  du  côté  Midi  de  la  nef  de  Plougasnou,  et 


~  163  ~ 

peut-être  la  chapelle  ensablée  de  Saint-Guévroc,  près  de 
Kéremma,  en  Tréflez. 

11  est  admis  de  dire  que  les  Normands,  dans  leurs 
incursions  au  ix®  siècle,  ont  tout  ravagé  et  tout  détruit. 
Qu'ils  aient  tout  brûlé,  je  le  comprends  ;  mais  lorsque  les 
toitures,  les  charpentes  et  les  meubles  avaient  été  consu- 
més par  le  feu,  il  restait  encore  les  murailles,  les  piliers 
et  les  arcades,  et  ces  hordes  occupées  à  piller  ne  devaient 
pas  toujours  s  attarder  à  renverser  ces  maçonneries  par- 
fois très  solides. 

Quoi  qu'il  en  soit,  il  reste  dans  une  région  qu'ils  ont 
visitée  et  saccagée,  une  vaste  église  qu'ils  ont  brûlée  peut- 
être,  mais  qui  existe  encore  en  très  bon  état  de  conserva- 
tion, c'est  celle  de  Saint-Philbert  de  Grandlieu,  dans  le 
pays  de  Nantes,  construite  presque  entièrement  en  815  et 
complétée  en  836  ;  elle  est  pour  tout  l'Ouest  le  plus  remar- 
quable spécimen  de  l'architecture  carlovingienne. 

Comme  cette  église  de  Saint-Philbert,  il  se  pourrait 
aussi  que  quelques-unes  de  nos  églises  bretonnes  aient 
survécu  à  ces  dévastations,  et  ce  serait  comme  une  jouis- 
sance pour  nous  d'avoir  la  conviction  que  ces  vénérables 
édifices  auraient  traversé  cette  crise  qui  fut  si  terrible 
pour  notre  pays. 

L'église  ensablée  de  l'Ile-de-Bafz  est-elle  antérieure  à 
l'an  mil,  ou  est-elle  postérieure  au  séjour  des  Normands, 
qui  y  établirent  longtemps  leur  quartier  général  ?  L'as- 
pect de  ce  qui  reste  de  cet  édifice  nous  porte  à  l'attribuer 
au  ix«  ou  au  x«  siècle.  A  quelle  époque  cette  église  fut  elle 
ensevelie  sous  les  sables  soulevés  parles  vents  et  formant 
dans  cette  partie  orientale  de  l'Ile  des  dunes  hautes  de 
8  et  10  mètres  ?  On  ne  le  sait  pas.  Ce  que  nous  pouvons 
dire,  c'est  qu'elle  est  située  sur  l'emplacement  même  du 
monastère  établi  par  saint  Fol,  et  très  probablement  à  la 
place  de  son  église  primitive.  Elle  mesure  28  mètres  de 


-  164  - 

longueur  totale  et  se  compose  d'une  nef,  de  deux  bas- 
côtés,  d'un  transept  ou  bras  de  croix,  d'un  sanctuaire  ou 
abside  en  demi-cercle  et  de  deux  petites  absidioles  ou 
chapelles  demi-rondes  s'ouvrant  sur  le  transept.  La  nef  a 
4  mètres  50  de  largeur  entre  les  piles,  et  les  bas-cdtés 
1  mètre  90.  Les  cinq  travées  de  la  nef  sont  formées  par 
des  piles  en  carré  long  ayant  1  mètre  sur  0  mètre  75  de 
section,  avec  des  intervalles  de  2  mètres  pour  les  arcades. 

Lorsque,  il  y  a  environ  trente  ou  quarante  ans,  on  s'avisa 
de  déblayer  cette  église,  on  trouva  les  maçonneries  intac 
teS;  mais  les  travaux  furent  dirigés  avec  tant  de  mala- 
dresse que,  la  nef  ayant  été  avant  tout,  débarrassée  des 
sables  qui  l'obstruaient,  la  poussée  des  sables  qui  rem- 
plissaient les  bas- côtés  jeta  à  terre  les  arcades  et  une 
partie  des  piles.  Il  ne  reste  debout  qu'une  seule  arcade 
de  la  nef,  du  côté  Nord,  une  du  transept,  et  une  petite 
arche  joignant  ce  transept  au  bas-côté.  Ces  arcades  sont 
formées  de  claveaux  de  petite  dimension  ;  dans  la  nef 
elles  portaient  directement  sur  les  piles  sans  intermédiaire 
de  tailloir;  ce  n'est  que  dans  le  transept  qu'on  trouve  un 
tailloir  de  la  plus  grande  simplicité  pour  faire  la  transi- 
tion entre  la  pile  et  le  départ  de  l'archivolte. 

L'appareil,  ou  pierres  qui  forment  les  piles,  n'est  pas 
absolument  régulier  et  la  hauteur  des  assises  est  d'environ 
20  ou  25  centimètres. 

La  façade  Ouest  est  encore  debout  avec  sa  petite  porte, 
sa  fenêtre  géminée  et  son  petit  campanile  ;  même  un  pan 
de  mur  latéral  ayant  conservé  une  fenêtre  à  plein-cintre 
donne  la  hauteur  exacte  de  la  nef.  Dans  tout  l'édifice  il 
n'y  a  pas  la  moindre  trace  de  sculpture,  si  ce  n'est  sur  un 
seul  tailloir,  à  l'entrée  de  l'absidiole  du  transept  Nord. 

L'église  de  Locquénolé,  au  bord  de  la  rivière  de  Mor- 
laix,  a  pour  patron  saint  Guénoié,  fondateur  de  Landé- 
vennec.  Sa  nef  est  proche  parente  de  celle  de  l'Ile-de-Batz  ; 


-  165  —  I 

i 


elle  mesure  4  m.  70  de  largeur  et  se  compose  de  trois 
travées  de  2  m.  70  d'ouverture  et  3  m.  90  de  hauteur  sous 
arcades,  séparées  par  des  piles  carrées  barlongues  de 
1  m.  90  sur  0  m.  75  d'épaisseur,  hautes  de  2  m.  50  et  ter- 
minées par  un  simple  tailloir  sous  les  arcades  à  plein- 
cintre  ou  en  demi-rond.  Les  quatre  piles  du  transept  sont 
cantonnées  de  colonnettes  surmontées  de  chapiteaux  aux 
sculptures  barbares  et  bizarres,  retraçant  des  rudiments 
de  volutes,  crossettes  et  enroulements  avec  des  ébauches 
de  têtes  humaines  ;  les  tailloirs  aussi  ont  reçu  quelques 
ornements  :  dents  de  scie,  frettes,  damiers. 

Les  piles  et  les  arcades  de  la  nef  de  Ploujean,  église 
toute  voisine,  ont  beaucoup  de  rapport  avec  celles  de  la 
nef  de  Locquénolé,  et  ce  caractère  se  retrouve  encore  dans 
le  côté  Sud  de  la  nef  de  Plougasnou  ;  là  on  rencontre 
même,  dans  quelques  tailloirs,  des  têtes  saillantes,  for- 
mant une  ornementation  un  peu  plus  riche. 

Quelle  date  attribuer  également  à  la  chapelle  presque 
souterraine  de  Saint -Guévroc,  en  Tréllez  ?  Cet  édifice, 
situé  tout  près  de  la  mer,  était  à  peu  près  ensablé  ;  il  a  été 
déblayé  et  consciencieusement  restauré. 


Xl^  siècle. 


Pour  ce  qui  est  de  la  chronologie  et  de  la  description 
des  monuments  romans  du  xp  et  du  xii®  siècle,  il  existe 
un  travail  très  remarquable  fait  par  M.  C.  de  la  Monne- 
raye  et  publié  dans  le  Bulletin  Archéologique  de  V Associa- 
tion bretonne,  année  1846.  Lorsque  les  dates  de  la  cons- 
truction de  ces  édifices  sont  clairement  consignées  et 
établies,  M.  de  la  Monneraye  ne  fait  pas  difficulté  de  les 

BCLLBTIN  DE  LA  COMMISSION  DIOCÉSAINE.  —  l'*  dDDée.  11 


n 


-  166  - 

admettre,  mais  lorsque  ces  indications  font  défaut  et  que 
les  dates  sont  un  peu  douteuses,  Thonorable  archéologue 
a  une  tendance  marquée  à  rajeunir  nos  monuments,  se 
basant  sur  cette  donnée  absolument  inexacte,  mais  que 
tous  les  auteurs  ont  répétée  en  se  copiant  les  uns  les 
autres,  à  savoir  :  que  la  Bretagne  était  en  retard  d*un  bon 
demi-siècle  sur  les  autres  provinces  pour  le  mouvement 
architectural.  Nous  prouverons  qu'il  n'en  était  rien  pour 
ce  qui  regarde  les  constructions  romanes  du  xi®  et  du 
xu^  siècle,  et  que  même  elle  était  presque  en  avance  au 
XIII®  siècle. 

Commençons  par  Loc- Maria  de  Quimper.  M.  de  la 

Monneraye  attribue  la  fondation  de  cette  abbaye  au  comte 

Alain  Canihart,  qui  y  mit  comme  abbesse  sa  fille  Hodierne; 

mais  il  est  dit  dans  le  cartulaire  de  TÉglise  de  Quimper, 

que  réponse  du  même  Alain  Canihart  enleva  ce  monas 

tère  à  Tévéque  Orscand,  auquel  il  appartenait  auparavant. 

C'est  que  donc  il  existait  déjà.   Et,  par  ailleurs,  il  est 

X  acquis  que  Loc-Maria  fut  d'abord  abbaye  royale  et  ensuite 

/  ducale;  elle  était  donc  fondée  avant  874,  année  de  la  mort 

[  de  Salomon,  le  dernier  des  rois  de  Bretagne. 

L'église  romane  de  Loc-Maria,  que  nous  possédons 
maintenant,  est-elle  réellement  du  xi®  siècle,  ou  serait 
elle  une  église  carlovingienne  du  ix«  siècle?  Cette  der- 
nière supposition  ne  serait  pas  inadmissible,  car  l'église 
de  Loc-Maria  offre  dans  sa  structure  certains  points  com- 
muns  avec  Saint-Philbert  de  Grandlieu  qui  est  de  815  et 
835,  la  petite  église  de  Germigny-les-Prés  (Loiret),  aussi 
du  ix«  siècle,  celle  de  Tournus,  en  Bourgogne,  de  la  même 
époque,  et  une  église  carlovingienne  octogonale  à  Nimè- 
gue,  en  Hollande. 

La  nef  de  Loc-Maria  est  séparée  des  bas-côtés  par  des 
piles  en  carré  long,  renforcées  sur  leurs  deux  faces  d'une 
sorte  de  pilastre  ou  contrefort  qui  monte  jusqu'à  la  nais- 


-  167  - 

sance  des  arcades  et  s*y  termine  carrément  et  non  en  gla- 
cis comme  à  Grandlieu.  Les  arcades  à  plein-cintre  sont 
portées  sur  des  tailloirs  en  biseau  allongé  ;  les  fenêtres 
des  bas-côtés  et  de  la  nef  sont  étroites  à  l'extérieur,  éva- 
sées à  rintérieur  et  terminées  en  plein-cintre,  ce  qui  est 
le  caractère  de  Tarchitecture  romane.  Les  piles  de  la 
croisée  du  transept,  destinées  à  porter  le  clocher  central, 
sont  plus  fortes  et  cantonnées  de  quelques  colonnettes  à 
chapiteaux  bien  primitifs  comme  sculpture.  Ces  ménies 
colonnettes  se  retrouvent  au  fond  des  transepts,  qui  ont 
deux  étages  de  fenêtres. 

L^abside  actuelle  et  l'absidiole  Sud  sont  de  construction 
récente,  mais  tracées  d'après  les  données  anciennes  ;  seule 
Tabsidiole  du  transept  Nord  est  de  la  même  date  que  le 
reste  de  Tédifice.  Le  porche  Ouest,  qui  est  du  xv«  siècle, 
a  fait  disparaître  une  porte  romane  géminée  dont  on  sai- 
sit encore  à  l'intérieur  l'ancien  tracé. 

L'appareil  extérieur  se  compose,  pour  les  bas-côtés, 
de  petites  pierres  cubiques  rappelant  le  petit  appareil 
romain.  La  maçonnerie  des  transepts  est  en  appareil 
moyen,  avec  pierres  de  plus  grandes  dimensions  dans  les 
contreforts  et  les  fenêtres. 

Le  clocher  central,  couronné  par  un  toit  en  ardoises, 
fêt  bien  simple  et  a  été  remanié  sur  deux  de  ses  faces  ; 
mais  sur  les  côtés  Est  et  Sud  on  retrouve  encore  les  jolies 
petites  fenêtres  géminées  primitives,  analogues  à  celles 
du  clocher  de  Germigny-les-Prés. 

L'église  abbatiale  de  Landévennec,  détruite  parles  Nor- 
mands, fut  reconstruite  par  l'abbé  Blenlivet  ou  Brélivet, 
1031 1047.  Cette  église  vénérable  est  maintenant  à  l'état 
de  ruines.  Vendue  nationalement  à  la  Révolution,  elle 
existait  encore  entière  dans  les  premières  années  du 
xix«  siècle,  mais  alors  son  acquéreur  s'acharna  à  la 
détruire,  il  y  construisit  un  four  à  chaux  et  employa  une 


—  168  - 

grande  partie  des  matériaux  de  Tédifice  et  de  l'abbaye  à 
cette  industrie.  Il  reste  encore  cependant  une  partie  des 
murs  sur  une  certaine  hauteur  et  les  parties  basses  des 
piles  qui  ont  été  dégagées  par  le  propriétaire  actuel, 
M.  le  comte  de  Chalus,  ce  qui  permet  de  déterminer  exac- 
tement le  tracé  de  Téglise.  Elle  se  composait  d'une  nef  de 
7  mètres  de  largeur  et  de  deux  bas-côtés  de  3  m.  10,  de 
deux  bras  de  croix  assez  profonds,  d'un  sanctuaire  fermé 
par  quatre  colonnes  cylindriques  et  contourné  par  un  bas- 
côté  ou  déambulatoire  sur  lequel  s'ouvrent  trois  chapelles 
rayonnantes  en  cul  de  four,  celle  du  milieu  étant  un  peu 
plus  profonde  que  les  deux  autres.  La  longueur  totale  est 
de  51  m.  80,  la  longueur  de  la  nef  et  des  bas  côtés,  13  m.  20, 
et  celle  des  transepts  en  travers,  30  m.  80. 

Le  plan  a  la  même  disposition  que  ceux  de  Loctudy  et 
de  Saint-Gildas-de-Rhuys,  et  il  est  assez  probable  que  le 
constructeur  s'est  inspiré  de  ce  dernier  édifice,  commencé 
en  1008.  Les  dix  piliers  de  la  nef  de  Landévennec  sont  en 
carré  long  avec  pilastre  du  côté  du  collatéral  et  colonnet- 
tes  cylindriques  dans  l'intérieur  des  arcades.  Les  quatre 
piles  du  transept  et  les  deux  de  l'entrée  du  sanctuaire  sont 
en  forme  de  croix  grecque  et  cantonnées  de  trois  colon- 
nettes.  Presque  toutes  ces  colonnettes  ont  leurs  bases  cou- 
vertes de  sculptures  un  peu  barbares,  mais  caractéris 
tiques  du  xi®  siècle.  11  en  est  de  môme  des  chapiteaux  dont 
quelques-uns  sont  encore  en  place  et  la  plupart  gisants 
par  terre;  on  y  trouve  des  crossettes,  volutes,  enroule 
ments,  chevrons  et  passementeries,  branches  et  feuillages, 
animaux  et  petits  personnages  informes.  M.  Louis  Conra- 
jod,  ancien  professeur  de  sculpture  française  à  l'École  du 
Louvre,  a  reconnu  dans  quelques-uns  de  ces  chapiteaux 
rinfluence  irlandaise. 

Le  sol  intérieur  ou  pavé  s'en  va  en  pente  et  s  abaissant 
vers  le  sanctuaire,  de  sorte  que  le  niveau  de  l'abside  est 


—  169  — 

d'environ  un  mètre  plus  bas  que  celui  de  rextrémité 
Ouest.  C'est  une  particularité  qui  se  retrouve  aussi  à 
Loctudy. 

Les  trois  chapelles  rayonnantes  et  le  pourtour  du  chœur 
ont  conservé  leurs  fenêtres  en  plein-cintre.  Chaque  cha- 
pelle est  percée  de  trois  fenêtres  de  0  m.  80  de  largeur  et 
de  2  m.  50  environ  de  hauteur  ;  et  le  mur  de  pourtour 
qui  les  sépare  a  des  baies  géminées  un  peu  plus  étroites. 
Dans  les  collatéraux  on  ne  trouve  plus  de  fenêtres,  sauf 
une  seule  dans  le  mur  Midi,  véritable  meurtrière  de 
â  mètres  de  hauteur,  n'ayant  à  l'extérieur  que  0  m.  20 
d'ouverture  et  offrant  à  l'intérieur  un  évasement  de 
0  m.  80.  Au  lieu  de  correspondre  à  Taxe  d'une  travée, 
elle  se  trouve  placée  au  droit  d'une  pile,  singularité  que 
l'on  rencontre  aussi  dans  les  bas-côtés  de  Loc-Maria. 

Dans  le  transept  Nord  on  voit  la  trace  d'une  petite 
chapelle  demi-circulaire,  où  se  trouvait,  dit-on,  le  tom- 
beau de  saint  Guénolé.  Ce  tombeau  était  vide  à  l'époque 
de  la  reconstruction  de  l'église,  puisque  les  reliques  du 
saint  fondateur  en  furent  retirées  lors  de  l'invasion  des 
Normands  et  transportées  par  ses  moines  à  Montreuil- 
8ur-Mer,  en  924  ou  925.  Il  est  à  croire  cependant  que  la 
position  de  ce  sépulcre,  désormais  vide  mais  toujours 
vénérable,  influa  sur  la  disposition  et  les  dimensions  du 
plan  de  la  nouvelle  église  rebâtie  sur  l'emplacement  de 
l'ancienne. 

  l'angle  du  transept  opposé,  dans  l'espace  compris 
entre  le  bas-côté  du  chœur  et  la  sacristie,  est  le  tombeau 
du  roi  Grallon.  C'est  une  sorte  de  caveau  où  Ton  peut 
pénétrer  de  trois  côtés  par  des  arcades  basses  de  O.m.  80 
de  largeur.  Autour  du  carré  intérieur,  mesurant  2  m.  40 
de  côté,  régnent  trois  marches  qui  descendent  à  un 
niveau  de  0  m.  60,  et  à  cette  profondeur  on  voit  un  sarco 
phage  qui  n'est  point  une  auge  de  pierre,  comme  on  en 


—  170  — 

trouve  généralement  dans  les  églises  anciennes  et  les 
cimetières  primitifs,  mais  c'est  une  logette  en  maçonnerie 
d'appareil  moyen,  affectant  la  forme  du  corps,  large  de 
0  m.  50  aux  épaules,  de  0  m.  30  aux  pieds,  profonde  de 
0  m.  40,  et  ayant  une  petite  cellule  de  0  m.  20  sur  0  m.  15 
pour  recevoir  la  tète.  Les  pieds  étaient  à  l'Orient  et  la 
tète  à  l'extrémité  Ouest.  Ce  tombeau  est  maintenant  à 
moitié  envahi  par  les  terres  éboulées  et  par  les  herbes 
parasites. 

A  Loctudy,  nous  trouvons  à  peu  près  le  même  plan  qu'à 
Landévennec,  sauf  que  le  transept  fait  défaut  ;  nef  de 
6  m.  50,  deux  bas-côtés  de  3  m.  40  et  3  m.  65,  chœur  clôturé 
par  quatre  colonnes  cylindriques  très  sveltes  disposées  en 
demi-cercle,  et  par  derrière,  bas  côtés  contournant  pour 
former  déambulatoire  et  donner  accès  à  trois  chapelles 
absidales.  Les  piles  de  la  nef  sont  sur  plan  carré  long, 
garnies  de  deux  colonnettes  dans  le  sens  longitudinal, 
mais  aux  quatres  piles  qui  précèdent  le  chœur  ces  colon- 
nettes  se  présentent  sur  les  quatre  faces. 

Dans  la  nef  et  ses  collatéraux,  la  voûte  est  en  lambris 
de  bois  et  en  forme  de  berceau  et  de  demi-berceau,  mais 
dans  le  chœur,  la  voûte  est  en  pierre  et  se  termine  en 
culde-four  ou  demi-coupole.  Les  mêmes  dispositions  se 
retrouvent  dans  les  chapelles  absidales,  tandis  que  les 
travées  du  déambulatoire  sont  couvertes  d'une  voûte 
d'arête. 

La  couverture  de  l'abside  consistait  primitivement  en 
une  terrasse  de  dalles  de  granit.  Les  infiltrations  d'eau  ont 
obligé  à  y  superposer  un  toit  en  ardoises. 

La  longueur  totale  de  l'église  à  l'intérieur  est  de  33  mè- 
tres. 

La  sculpture  des  chapiteaux  est  encore  un  peu  barbare, 
mais  très  variée.  On  y  trouve  des  volutes,  des  crossettes, 
des  dents  de  scie,  entrelacs,  nœuds,  enroulements  divers, 


—  171  — 

bonshommes  informes,  feuillages,  têtes  de  béliers,  même 
à  ]*entrée  de  la  petite  chapelle  Sud,  un  crucifix  archaïque. 
Les  bases  elle-mémes  sont  couvertes  de  sculptures,  bons- 
hommes symboliques,  dont  deux  extra-naturalistes,  croix 
pattées,  cerfs,  renards,  enroulements  rappelant  les  pas 
sementeries  des  galons  des  officiers. 

Le  pian  de  Téglise  de  Loctudy  a  une  grande  analogie 
avec  celui  de  Saint-Gildas-de-Rhuys,  dans  le  Morbihan. 
Nous  trouvons  les  mêmes  rapports  dans  la  sculpture  des 
chapiteaux  et  la  disposition  des  fenêtres  ;  on  est  donc 
fondé  à  conclure  que  les  deux  édifices  sont  de  la  même 
date. 

Or,  malgré  tous  les  raisonnements  de  M.  de  la  Monne- 
raye,  il  faut  admettre  que  cette  église  de  Saint-Gildas  fut 
rebâtie,  entre  les  années  1008  et  1030,  par  saint  Félix, 
envoyé  pour  cette  mission  par  son  raattre  Gauzlin,  abbé 
de  Saint-Benott  sur-Loire.  La  preuve  en  est  qu'elle  fut 
consacrée  le  30  Septembre  1032,  par  Judicaôl,  évêque  de 
Vannes.  Une  autre  preuve,  c'est  une  inscription  qui  se 
trouve  sur  le  mur  Nord,  à  Tintérieur  de  la  chapelle  absi- 
dale:  P.  GOSFREDO.  DM.  ORATE,  Priez  Dieu  pour 
Geoffroy,  faisant  allusion  à  la  mort  du  comte  Geoffroy, 
survenue  au  cours  d'un  pèlerinage  à  Rome  qu'il  avait 
entrepris  au  commencement  des  travaux.  11  y  a,  de  plus, 
ia  description  du  porche  à  double  étage,  maintenant  dis- 
paru, et  qui  concorde  parfaitement  avec  le  porche  de 
Saint-Benottxsur-Loire,  qui  se  construisait  à  la  même 
époque  et  qui  existe  encore. 

II  y  a  eu  nécessairement  des  rapports  entre  l'abbaye  de 
Saint-Gildas  et  celles  de  Loctudy  et  de  Landévennec,  et 
tous  ces  points  de  parenté  entre  les  constructions  autori- 
sent plus  que  de  raison  à  affirmer  qu'elles  sont  de  même 
époque. 

C'est  encore  la  même  date  qu'il  faut  assigner  à  l'église 


—  172  — 

de  Fouesnant,  fort  remarquable  aussi,  maigre  bien  des 
remaniements  qui  Tout  défigurée,  surtout  à  Textérieur. 
C*est  surtout  dans  la  nef  et  le  transept  qu*on  retrouve  les 
éléments  romans  dans  toute  leur  valeur.  Les  cinq  travées 
de  la  nef  sont  séparées  par  de  hautes  piles  rondes  canton- 
nées de  quatre  colonnettes.  L'un  des  piliers  est  sur  un 
plan  carré,  et  sur  ses  angles  chanfreinés  porte  une  déco- 
ration de  pointes  de  diamant.  Les  arcades  sont  à  double 
archivolte  et  portent  sur  des  chapiteaux  extraordinaire- 
ment  variés  :  petits  bossages  serrés  rappelant  pour  ainsi 
dire  les  rugosités  de  la  pomme  de  pin,  feuillages  étages 
en  cinq  ou  six  rangs,  crossettes  enroulées,  spirales,  da- 
miers, tracés  géométriques,  étoiles  à  huit  pointes,  rouel- 
les, entrelacs,  personnages  grotesques,  accroupis  ou  for- 
mant cariatides  sous  les  tailloirs. 

Au-dessus  des  arcades  s'ouvrent  de  petites  baies  éva- 
sées, dont  la  largeur  à  Textérieur  ne  dépasse  pas  quinze 
centimètres.  Dans  les  deux  branches  du  transept,  dans  le 
chœur  et  même  le  côté  Sud  de  Tabside  se  répètent  les 
mômes  arcatures  avec  leurs  claveaux  de  petite  dimension 
et  leurs  chapiteaux  historiés. 

Indiquons  pour  mémoire  d'autres  constructions  ou  frag- 
ments remontant  à  la  même  époque. 

A  Plouguer,  à  la  porte  de  Carhaix,  le  côté  Nord  de  la 
nef  compte  quatre  arcades  à  plein-cintre  portées  sur  des 
piles  carrés  oblongues,  le  côté  Midi  n'en  a  que  deux,  dont 
une  ouverte  et  l'autre  murée. 

La  nef  de  Meilars,  près  de  Pont-Croix,  est  également 
romane,  et  les  piles  carrées  sont  garnies  de  colonnettes 
pour  recevoir  sur  leurs  chapiteaux  des  tailloirs  à  chan- 
frein allongé. 

La  nef  de  la  chapelle  de  Coadry,  en  Scaêr,  est  dans  le 
même  genre  et  l'ancienne  église  de  cette  paroisse  était 
du  même  style. 


—  173  — 

Âioutons  deux  petits  fragments  :  le  petit  oratoire  ruiné 
de  saint  Tugdual,  près  de  la  chapelle  également  en  ruine 
de  Saint-Jean  de  Locquéran,  en  Plouhinec,  et  un  petit 
arc  triomphal  divisant  en  deux  la  chapelle  de  Saint-Jean, 
en  Crozon. 

Terminons  cette  revue  des  monuments  du  xii«  siècle, 
parTéglise  de  Sainte-Croix  de  Quimperlé. 

La  vieille  abbaye  bénédictine  de  Sainte-Croix  est  assise 
entre  TEUé  et  Tlsole,  tout  près  de  leur  confluent.  Le  pre- 
mier monastère  de  Quimperlé  eut  pour  fondateur  saint 
Gurtiem,  prince  Cambrien,  qui  quitta  son  pays  avec  deux 
compagnons  pour  vivre  dans  la  solitude,  d  abord  à  l'île 
de  Groix,  ensuite  dans  Tllot  formé  par  les  deux  rivières 
d'Isolé  et  d'EUé,  à  Tendroit  où  elles  se  confondent  pour 
former  le  Léta.  Sur  le  même  emplacement,  le  comte  Alain 
Canihart  fonda,  au  commencement  du  xi®  siècle,  une 
abbaye  en  Thonneur  de  la  Sainte  Croix,  dont  le  premier 
abbé  fut,  en  1027,  Gurloês,  prieur  claustral  de  Saint- 
Sauveur  de  Redon. 

La  grande  église  abbatiale  remonte- t-elle  à  cette  épo- 
que, ou  plutôt  ne  faut-il  pas  en  assigner  la  date  au  gou- 
vernement de  Benoit  en  Bénédict,  à  la  fois  évéque  de 
Nantes  et  abbé  de  Sainte-Croix  ?  C'est  de  son  temps  que 
se  fit  la  translation  solennelle  des  reliques  du  premier 
abbé  saint  Gurloês,  en  1083,  et  à  la  même  date  le  cartu- 
laire  de  Quimperlé  mentionne  la  restauration  ou  plutôt 
la  reconstruction  de  Téglise  :  RestaurcUio  ecdesiœ  sanetœ 
Orwis. 

De  la  construction  ancienne  il  ne  reste  plus  que  cette 
église  ;  tous  les  bâtiments  monastiques,  y  compris  le  cloî- 
tre, ont  été  refaits  au  xvn®  siècle,  avec  un  certain  luxe  et 
snrtout  avec  beaucoup  d'ampleur.  Ils  servent  maintenant 
de  locaux  à  la  cure,  au  tribunal,  au  parquet,  à  la  sous- 
préfecture,  à  la  gendarmerie,  à  rhôtel-de-ville.  L'église 


-  174  - 

elle-même  n^est  pas,  absolument  parlant,  Téglise  pre- 
mière. Au  cours  des  travaux  de  restauration  exécutés  en 
1862,  on  voulut  consolider  le  clocher,  en  reprenant  en 
sous-œuvre  les  piliers  qui  le  soutenaient.  A  un  moment 
donné,  la  tour  s'écroula,  écrasant  par  sa  chute  une  grande 
partie  de  l'édifice.  Comme  c'était  là  un  de  nos  plus  anciens 
monuments  et  des  plus  remarquables,  on  le  reconstruisit 
en  reproduisant  aussi  fidèlement  que  possible  le  plan 
original  et  en  se  servant  d'une  bonne  partie  des  anciens 
matériaux.  Les  plans  de  cette  reconstruction  ont  été  dres- 
sés par  M.  Bœswilwald  et  exécutés  sous  la  direction  de 
M.  Bigot,  architecte  diocésain. 

L'édifice,  dans  sa  disposition  générale,  reproduit  la 
forme  d'une  croix,  mais  dans  sa  masse  extérieure,  du 
moins  des  endroits  où  l'on  peut  en  saisir  l'ensemble, 
comme  de  la  rue  du  Château,  il  a  plutôt  l'aspect  d'une 
immense  rotonde  couverte  par  un  toit  conique  à  deux 
étages.  Contre  le  mur  circulaire  s'appliquent  quatre  cha- 
pelles formant  branches  de  croix,  celle  de  l'Ouest  termi- 
née carrément  et  les  trois  autres  en  hémicycle,  celle  qui 
fait  abside  à  l'Est  ayant  une  plus  grande  profondeur. 

La  façade  Ouest  est  du  xviii®  siècle  et  sans  caractère. 
Tout  le  côté  Sud  se  trouve  noyé  dans  les  bâtiments  de 
l'abbaye  et  ne  peut  être  vu  ;  nous  n'avons  donc  à  exami- 
ner que  le  développement  Nord  et  la  partie  absidale. 

Sur  les  parois  Nord  nous  voyons  se  dessiner  le  style 
général  du  bâtiment  :  au  rez-de-chaussée,  des  contreforts 
peu  saillants,  limitant  des  travées  étroites  subdivisées 
pour  de  longues  colonnettes  qui  supportent  des  arcs  en 
plein-cintre  ;  une  porte  encadrée  de  trois  colonnettes  de 
chaque  côté,  avec  voussures  en  plein-cintre  que  surmonte 
un  joli  motif  formé  de  quatre  colonnettes  couronnées  de 
têtes  grimaçantes  en  guise  de  chapiteaux.  Au-dessus  de 
cette  ordonnance  régnent  deux  étages  de  fenêtres  roma- 


—  175  — 

nés  ;  les  premières,  ornées  de  cdhnmeHes,  éotoipont 
teneur  de  l'édifice,  les  secondes  s'ouvrent  sur  les  com- 
bles. Plus  loin,  ressort  la  chapelle  du  transept,  en  demi- 
cercle,  percée  de  longues  baies  étroites  sans  ornements. 

En  continuant  notre  examen  à  l'entrée  de  la  rue  Elle, 
nous  retrouvons  la  disposition  première,  mais  avec  plus 
de  sobriété  dans  la  partie  inférieure  ;  puis  vient  la  cba- 
pelle  absidale,  déployant  par  contraste  une  extrême 
richesse.  Elle  est  entourée  d'une  couronne  de  onze  fenê- 
tres et  comme  tapissée  de  trente  colonnettes  ou  pilastres, 
partant  de  fond  par  groupes  de  trois  et  séparant  les  fenê- 
tres au-dessus  desquelles  elles  portent  des  voussures  avec 
un  cordon  saillant  qui  se  répète  aussi  au-dessus  du  tru- 
meau pour  encadrer  un  tympan  curieux  formé  des  motifs 
les  plus  originaux  et  les  plus  variés.  C'est  le  moment 
aussi  de  faire  remarquer  l'extrême  variété  des  chapiteaux 
qui  terminent  les  colonnettes,  diversité  que  l'on  pourra 
retrouver  à  l'intérieur,  surtout  dans  cette  même  abside  : 
crosses,  volutes,  rosaces  nouées  les  unes  aux  autres, 
feuilles  enroulées,  palmettes,  oiseaux  adossés  ou  affrontés, 
entrelacs,  passementeries,  feuillages  en  collerettes  ;  et  ces 
mêmes  dessins,  avec  d'autres  variantes,  se  retrouvent  sur 
les  bases  des  mêmes  pilastres,  entre  les  griffes  qui  en 
forment  les  empattements.  Au  niveau  de  ces  bases  s'ou- 
vrent les  meurtrières  évasées  qui  donnent  une  lumière 
parcimonieuse  à  la  crypte. 

A  l'intérieur,  quatre  immenses  piliers,  entourés  cha- 
cun de  quinze  colonnes  engagées,  supportant  ce  qu'on 
pourrait  appeler  la  coupole  centrale,  quoiqu'il  n'y  ait  pas 
de  coupole  proprement  dite,  mais  une  voûte  recoupée 
pour  de  larges  arcs  diagonaux.  Entre  ces  gros  piliers  sont 
bandées  de  grandes  archivoltes,  et  plus  haut  des  arcs- 
doubleaux  s'en  vont  rejoindre  les  murs  du  pourtour,  sou- 
tenant la  voûte,  partie  en  forme  de  berceau,  partie  sur 


—  176  — 

plan  d*arètes.  Sur  tout  le  périmètre  intérieur,  il  y  a  un 
grand  déploiement  de  colonnes  appliquées,  particulière- 
ment au  fond  des  transepts  où  elles  forment  une  haute 
arcature  au-dessous  des  fenêtres. 

Mais  c'est  principalement  dans  Tabside,  qui  n'a  pas  été 
reconstruite  ni  retouchée,  que  l'on  trouve  prodiguées  les 
richesses  architecturales  :  colonnettes  à  bases  et  chapi- 
teaux sculptés,  arcature  basse,  fenêtres  à  colonnettes  avec 
colonnette  centrale  encore  dans  le  trumeau  ;  même  sculp- 
ture, même  ornementation  que  dans  les  chapiteaux  exté- 
rieurs. 

Sous  cette  abside,  s'étend  une  crypte  à  trois  nefs  et 
quatre  travées  séparées  par  des  colonnes  cylindriques  ou 
à  faisceaux  dont  les  bases  et  les  chapiteaux  sont  égale- 
ment ornementés.  On  y  trouve  deux  tombes,  dont  la  plus 
ancienne,  celle  de  saint  Gurloês,  est  l'objet  d'une  grande 
vénération. 

(A  suivre.) 


—  177  - 


CARTULAIRE 


DE    L'ÉGLISE    DE    QUIMPER 

(  Suite.) 


14. 

LITTERE  H)  CUJUSDAI  ANTIQUITATIS  MTER  EPISCOPUI 

ET  CONSTANTIAI  COIITISSAI  '>)  C 

Atttttatlon  qu'autrefois  Alain  Oalnart,  comte  de  Bretagne,  extor- 
qua de  frère  (3)  Oreoan,  éveeque  de  Oornouallle,  pour  lui  per- 
mettre d'eepoueer  la  fille  de  Rhralen  de  Oraouzon,  eoavoir  la 
moitié  dee  taillée  et  dee  amendée  dee  orimee  en  Qulmper- 
Oorentln»  leequellee  ohoeee  auparavant  appartenaient  à  8alnt- 
Oorentln. 

Et  la  femme  du  dit  Oalnart  extorqua  aueel  Loomaria,  qui  appar- 
tenait à  l'Éveequor  paroe  que  la  femme  de  l'Éveeque  deedaigna 
M  lever  pour  elle  en  régllee. 


((  Notandum  quod  interWillelmum  Episcopum  etCons- 
tantiam  Comitissam  Britannie  ex  testimonio  baronum 
Coraubie  et  aliorum  virorum  boni  testimonii  ita  declara- 
lum  est  : 

Quod  Comitissa  et  sui  apud  Keoiper  Cor.  soliti  sunt 
accipere  medietatem  tallisB,  medietatem  de  emendatione 
sanguinis,  medietatem  homicidii,  medietatem  deemenda- 


(1)  CartuJaire  56,  ^  15. 

(2)  La  comtesse  mourut  en  1903.  —  L'ôvéque  Guillaume  devint  évéque 
eo  1192.  Cest  dans  cet  espace  de  dix  ans  que  cet  acte  a  été  passé  ;  nous 
^  rapportons  ici.  parce  qu'il  recoDoalt  d'anciens  droits  appartenant  à 
l'église  de  Quimper  au  xi*  siècle. 

(3)  C'est-à-dire  de  son  frère  Orscan. 


-178- 

tione  furti,  medietatem  de  emendatione  duelli  postquam 
pugilles  ingressi  fuerint  intra  cordam,  et  medietatem  de 
emendatione  domorum  si  que  sine  assensu  domini  Epis- 
copi  in  vicum  interpellantur  vel  intrudantur.  Ista  autem 
predicta  que  prius  erant  propria  S.Chorentini,extorsit  (i) 
cornes  Alanus  Caniart  a  fratre  Orscando  Episcopo  pro 
concessa  ei  licentia  ab  eo  ducendi  uxorem  (2)  scilicet 
filiam  Rivelen  de  Craozon. 

Hoc  autem  testimonium  factum  est  ex  assensu  et  bene- 
placito  domini  Episcopi  et  domine  Comitisse  per  tios 
testes  : 

Abbatem  S.  Wingaloei.  —  Abbatem  Kemperelensem.  — 
Godianum,  filium  Judicaelis  et  filios  ejus.  —  Judicaei, 
filium  Homnes.  —  Gaufridum  du  Fou.  —  Guyonivach, 
filium  Daniel  (3).  —  Guethenoc,  filium  Ansceri  (4).— 
Eudonem,  filium  Riou.  —  Tiridian,  filium  Rimou. — 
Prefectum,  filium  Gleman  (5).  —  Rivallonum,  viceco- 
mitem.'—  Rivallonum,  filium  Halguoret  (6).  —  Gui- 
donem,  filium  Bastardi.  —  Eudonem,  filium  Doe- 
nerth.  —  Hytherguent,  filium  Ihesou  (7).  —  Filios 
Gorgar.  —  Enbroch  de  Lochamant,  filium  an  Gall  (8) 
de  Sent-Defridoc (9).  -  Riwalloni  (10)  filium.  —  Gauf 
fridum,  decanum.  —  Gauffridum  Caradoc.  —  Judi- 
caeiem  Cariou.  —  Payssant.  —  Cathon,  Robertum 
capellanum  filium  Catguallon  sacerdotes.  —  Eudonem 


(1)  nota  êXtorsU,  (Note  marginale  du  Cartulaire.) 

(2)  Nota  de  eoncessa  Epiteopo  UcenUa  ducendi  uxorem.  (Note  margi- 
nale  do  Cartulaire.) 

(8)  GuiKonuurch,  fiUum  Demei.  (D.  Morioe.) 

(4)  Anslerl.  flM.J 

(5)  6<0iium.  flMdJ 

(6)  HalgoreUt  (Ibid.) 

(7)  T^efo».  fihtd.j 

(8)  An»9ttlL  riMj 

(9)  De  Saint-Évarzec. 

(10)  HiwaUum,  (D.  Morioe.) 


—  179  - 

capellanum  S.Tudii.  —  Gayflas,  capellanum.  ^  Salo- 
monem,  capellanum  Golthuen  (1).  ^  Yicarios  et  pre- 
fectos  S.  Chorentini.  —  Alanum  Gemellum  et  prefec- 
tum  de  Brithiac. 

Istud  autem  testimonium  est  promulgatum  coram  do- 
mina comitissa  et  suis  baronibus  scilicet  : 

Morvano,  vicecomite  de  Fou  (2).  —  Herveo  Haelgomar 
tunctemporis  ipsius  senescallo. —  Petro  Hameriti  (3). 
Rodaudo,  iilio  Deriani  tune  temporis  (4)  senescallo  de 
Brouerec  (5).  ~  Et  coram  Domino  Guillelmo,  episcopo 
et  suo  capitulo  (6)  et  pluribus  aliis  viris  honestis  et 
discretis. 

Preterea  predicti  testes  attestaverunt  (7)  quod  locum 
S.  Marie  qui  prius  erat  Corisopitensis  Episcopi,  extorxit 
uxor  Alani  Caynart,  ab  Orscando,  Episcopo  quia  (8)  uxor 
ipsius  Episcopi  (9),  uxori  Alani  Caynart  in  ecclesia  S.Cho- 
reotini  assurgere  est  dedignata. 

Habet  eciam  in  portu  Dominus  (10)  salagium  et  suffi- 
cienciam  salis  de  theloneariis. 

Nos  autem  abbas  Guingaloêi  et  abbas  Kemperelensis 
istam  declarationem  et  vidimus  et  audivimus  et  communi 
assensu  utriusque  partis  boc  testimonium  sigillorum  nos 
trorum  munimine  decrevimus  roborandum. 


(1]  GUMwen  (D.  Morice)  GoUhuen  est  pour  Golchum,  Goulien. 

(3)  Nota  jnro  donUno  de  Fou,  (Note  marginale.) 

(3)  Hamerici.  (D.  Morice.) 

(1)  Le  mot  ipsiiu  est  ici  iotercallé  par  D.  Morice. 

(5}  D.  Morice  ajoute  ei  plurilhu  aliii, 

{'^)  CapeUano.  (D.  Morice.) 

(7)  AUêtUUi  $iuU.  flbkd.j 

(8)  Quùd.  flbid.j 

(9}  Nota  quod  dieU  de  uxore  epUeopi,  (  Note  oarginale.) 
(10)  D.  Morice  ajoute  EpUcoput, 


c 


-  180  - 

15. 

LITTERE  CONANI  COIITIS  BRITANNIE  (<>  SUPER  LIBERTATE 
TERRARUI  CAPITULI  APUD  CAPSIDUN  <^ 

1140  (»io).  Oonan,  duo  d«  Bretagno,  oomte  d«  RIohomont,  quitta 
d«  tailla  ai  da  tous  aea  drolta  laa  X^rr—  du  Ohapitra,  en  0«|h 
8lzun,  aoavoir  :  Laabudgat,  Panlaguat,  Lamunan,  Eaohyemou  at 
Karalan. 


Numperrime  ac  noviter  acta  vix  memoriter  valemus 
retinere  diu,  preterita  nisi  scripto  commendentur,  in  the- 
sauro  memorie  non  possumus  retinere,  ideoque  antique 
majorum  solercia  providit  ac  instituit  litterarum  apicibus 
anotari  quicquid  in  posterum  vellet  reservari.  Horum 
itaque  mores  atque  vestigia  sequens,  Ego  Conanus,  Dux 
Britannie  atque  Cornes  Richemundi,  presentis  scripti  asser- 
tione  tam  presencium  quam  futurorum  posteritati,  notum 
fieri  volo  me  totam  terra  m  quam  Canonici  beati  Choren- 
tini  habent  in  pâgo  qui  dicitur  Cap-Sizun  (3),  ab  tallia  et 
ab  omnibus  aliis  juris  ad  Comitem  pertinentibus  eisdem 
canonicis  aquitasse  ac  in  perpetuum  libère  concessisse. 

Ut  autem  hujus  concessionis  firmitas  per  succedencia 
tempora  firma  ac  inconvulsa  permaneat,  placuit  eam 
sigilli  nostri  munimine  roborari,  utquidemliquido  appa- 
reat  de  quibus  terris  hoc  eis  concesserim,  nomina  earum 
propriis  nominibus  placuit  annotari  videlicet  :  Lesbudgat 
et  quidquid  habemus  in  hiis  villis  Penlagued,  Lamunen, 
Kaehyemou  et  Kaerlan  (4). 

Actum  est  boc  anno  incarnationis  M»  C^  XL^  quinto. 


(1)  CoDan  m,  1119-1148. 

(2)  Cart.  56,  ^  15. 

(3)  Il  s'agit,  sans  doute  ici,  des  trois  prébendes  de  Beozec-Cap-Sixoo. 

(4)  Nous  retrouvoDS  encore  en  la  paroisse  de  Beazec-Cap-Sizun»  les 
villa^  de  Lezugar  fLetàudgai-LeUmigarj  et  de  Kerlan  fKereUmJ. 


-  181  — 

16. 
gUEDAI  LITTERE  ARCHIEPISCOPI  DE  QUADAI  CONCORDIA 
INTER  EPISCOPUII  ET  CAPITULUI 
CORISOPITENSE  f<' 

Aocord  fut  par  l'Archevêque  de  Toure  entre  lee  Éveeque  et  Cha- 
pitre de  Oornouaille  eur  piueieure  pointe  et  ohefe. 


Ego  Jossius  (2)  Dei  gracia  Turonensis  minister  humilis, 
memorie  commendare  curavi  quod  cum  verteretur  lis  et 
contencio  inter  venerabilem  fratrem  nostrum  Gaufri- 
dum  (3)  Corisopitensem  episcopum  et  clericos  suos,  pax 
inter  eos  mandato  nostro  per  venerabilem  fratrem  nos- 
trum Rodaldum  (4)  venetensem  episcopum  debuit  et 
cepit  reformari.  Scilicet  (5)  cum  hinc  inde  conqueri  non 
omnino  cessarent  nec  equis  animis  litteras  predicti  fra- 
tris  nostri  vellent  recipere,  interposuimus  partes  nostras 
et  per  veniam  Dei,  assensu  parcium  tandem  composi- 
tum  est  inter  eos  hoc  modo  :  pro  duabus  prebendis  Ma. 
scilicet  et  He.  (6).  Solvet  episcopus  centum  solidos  an- 
Duatim  capitulo,  quinquaginta  in  pascha,  quinquaginta 
in  festo  sancti  Luce  quoadusque  de  redditibus  primo 
accidentibus  plene  eis  instauret,  perpetuo,  magistro  Salo- 
moni  reddet  episcopus  annuatim  lx  solidos  pro  prebenda  : 
XX  in  festo  Pentecosthes,  xx  in  festo  S^î  Michaelis,  xx  in 
festo  omnium  Sanctorxim  donec  prima  vacet  prebenda 
de  qua  illum  débet  episcopus  investire. 
De  consecratione  vel  reconciliatione  ecclesiarum,  Alta- 

a)  C.  56,  ^  4.  —  30  Mars  (1169-1170). 

(3)  Josse,  archevêque  de  Tours,  de  1152  à  1171. 

(3)  Geoffroy,  évoque  de  Quimper,  de  1168  à  1185. 

(4)  Bodaidus,  ôvôqoe  de  Tances,  de  1144  à  1177. 

(5)  Yar.  Sed.  Cart.  31. 

(6}  Nous  igDoroDs  quelles  pouvaient  être  ces  prébendes  désignées  seu- 
lemeot  m  par  les  premières  lettres  de  leurs  noms.  Ma  ne  doit  pas  être 
la  prébende  de  Saint-Hatbieu,  qui  ne  fut  donnée  au  Chapitre  qu'en  1220, 
pir  i'évéqiie  Resaud. 

BOIUTM  DE  LA  COMMISSION  DIOCiSAINB.  —  1'*  anoéO.  12 


-  182- 

rium  velcimeteriorum  de  causis  matrimoDiorum,de  inter- 
dicto  (1)  ecclesiarum  et  presbyterorum,  de  absolucione 
excommunicatorum,  de  ordinandis  clericis,  de  conces- 
sione  vel  donacione  ecclesiarum,  de  rébus  omnibus  in 
quibus  sollicitudinis  vel  proventus  partem  debent  perci- 
père  archidyaconus  et  decanus,  faciet  episcopus  consilio 
eorum. 

In  causis  ecclesiasticis  laîcos  in  advocationem  non 
admittet  episcopus. 

Si  episcopus  ab  ecclesiis  vel  presbyteris  indebitum  non 
exigent  (exigerit)  nec  fuerit  eis  (ei)  paritum,  non  propter 
hoc  precipitanter  in  ecclesiam  vel  presbyterum  dabit  sen- 
tenciam  sed  admittet  prius  consilium  archidyaconi  et  de- 
cani. 

NuUus  clericorum  turbabit  episcopum  in  sinodo,  nisi 
forte,  quod  absit,  Episcopus  in  capitulo  requisitus  prius, 
ad  justiciam  stare  noluerit. 

Episcopus  reddet  Guezonoco  ecclesiam  de  Boduem  (2) 
etvicariam  Archidyaconatus(3)MagistroWilermi,  Aurelio 
et  Catgualadro  ecclesiam  de  Corlei  et  ecclesiam  de  Bodoeou 
et  vicariam  suam  sub  magistro  Salomone  et  Helgorico 
quidquid  habet  in  ecclesia  de  Rioc  (4)  ita  tamen  ut  quis 
eum  non  impecieritstet  ad  justiciam.  Episcopus  decimam 
de  Erge  in  pace  dimittet  ecclesie  sue  si  constiterit  légitime 
eam  prius  fuisse  donatam  ad  opus  ecclesie;  viridiarium(5) 
libros  et  anulum  et  superlicium  que  B.  (6)  bone  memorie 
quondam  Episcopus  Corisopitensis  legavit  ecclesie  illi, 


(1)  Var.  numéro,  Cart.  31. 

(2)  Bod6o. 

(3)  Il  est  probable  qu'il  s'agit  ici  de  l'archidiacoDé  de  Poher,  doDt  la 
paroisse  prébendale  ou  vicairie  était  Plonôvez-du-Faou. 

(4)  Var.  au  Cartulaire  31  :  In  ecdesiU,  et  Moc  pu)d  eum  contigU  in 
ecclesia  de  Rioc, 

(5)  tiota  quod  viridéarlum  perUnet  ad  CapUtUum,  (Note  marginale.) 

(6)  Bernard  de  Moelan,  évoque  de  Quimper,  1159-1167. 


-  183  — 

episcopus  intègre  restituât  ablata  filio  Turchi  si  redierit 
ad  locum  unde  exivit  ibi  mansurus,  si  minus,  medietatem 
iUorum  ablatorum  restituet  canonicis. 

Supradictam  vero  composicionem,  licet  ipsa  nobis  non 
omnino  placeret,  bono  tamen  zelo  et  amore  pacis  in  eccle- 
sia  reformande,  scripto  fecimus  comendari  et  ut  neutri 
parcium  postmodum  liceret  ab  ea  resilire,  sigillo  nostro 
communiri,  iii^  kalendas  Aprilis  (1)  fecit  eciam  dominus 
Episcopus  sigillum  suum  presenti  carte  cum  nostro  aponi. 


TROISIÈME  PARTIE  W 


GhXJILI-uA.XJ^^E  ,    1102  -  12ie  (5) 
17. 

LICTERE  DOIINI  ARCHIEPISCOPI  SUPER  EO  QUOD 
eOIES  BRITANNIE  REIISIT  JUS  PATRONATUS  QUOD  HABEBAT 

IN  ECCLESIA  STi  lATHEl  ^'^ 

L'Aroh«vèqu«  d«  Tours  attesta  que  le  Oomte  de  Bretagne  donne 
àSalnV-Corentln  le  tiers  qu'il  dlealt  avoir  du  drolot  de  patronage 
de  l'église  de  Saint-Mathieu  (de  Quimperj. 

-1209- 


Johannes  (5)  Dei  gracia  Turonensis  archiepiscopus  om- 

(1)  Le  3  des  caleDdes  d'Avril,  c'est  le  90  Mars.  La  date  n'est  pas  spé- 
cifiée, mais  CD  doit  la  chercher  entre  ravènement  de  Geoffroy,  évéque 
de  Qoimper  en  1168,  et  la  mort  de  Josse,  archevêque  de  Tours,  en  1171, 
Mit  l'année  Ue9  ou  1670. 

(S)  Dans  cette  troisième  partie,  nous  grouperons  les  actes  par  ordre 
ehrooologique  sous  le  nom  de  l'Evéque  pendant  Tôpiscopat  duquel  ils 
loroot  été  passés. 

(3)  Guillaume  élu  à  la  mort  de  son  prédécesseur  Thébaud,  arrivée  le 
18  Mai  1193,  mourut  lui-même  le  15  Décembre  1218  après  un  glorieux 
âpieoopat  de  vingt-six  ans. 

(4)  C.  56,  ^  7. 

(5)  Jean  de  Faye,  doyen  de  l'église  de  Tours,  en  fut  nommé  archevêque 
le  4  Octobre  1308  et  mourut  le  23  Avril  1228  (Eubel). 


s. 


-  184  — 

nibus  ad  quos  liltere  iste  pervenerint  salutem  in  Domino. 

Universitati  vestre  innotescat  quod  nobilis  vir  Guido 
de  Thoarcio  cornes  Britonnie  (1)  in  presencia  nostra  pro 
salute  anime  sue  et  bone  memorie  Constancie  (2)  quon- 
dam  comitisse  et  predecessoris  ejus,  dédit  liberaliter  et 
concessit  Deo  et  beato  Corentino  in  perpetuam  elemo- 
synam,  jus  patronatus  quod  in  ecclesia  S^^-Mathei  pro  ter- 
cia  porcione  se  habere  dicebat,  prefate  ecclesie,  beati 
Corentini  episcopo  habendum  de  cetero  libère  et  quiète. 

In  cujus  rei  testimonium  predicto  episcopo  présentes 
litteras  concessimus  sigilli  nostri  munimine  roboratas. 
Actum  anno  gracie  M®  CC»  nono  consecrationis  nostre 
primo. 


18. 
QUEDAI  CARTA  ARCHIEPISCOPI  INTER  EPISCOPUI 
CORISOPITENSEl  ET  GUIDONEI  COIITEI 

Aooord  sur  procès  devmni  TArohevesque  de  Tours  que  Quy  de 
Touare,  comte  de  Bretagne,  n'eelevra  d'avantage  une  maison 
^  qu'il  bastlt  en  la  terre  de  8*  Oorentin  et  en  donnera  contres- 

change  et  récompense.  Que  l'Évesque  de  Oornoualila  pourra 
bastir  maison  pour  le  marché  dont  II  Jouira  et  continuera  en 
sa  maison  les  plaldolerles. 


Johannes,  Dei  gracia  Turonensis  archiepiscopus,  omni- 
bus ad  quos  lictere  présentes  pervenerint,  salutem  in 
Domino. 

Notum  facimus  universis  quod  cum  inter  venerabiiem 
fratrem  nostrum  Willelmum  Corisopitensem  episcopum 


(1)  Guy  de  Thouars,  marié,  à  Constance,  duchesse  de  Bretagne  en  1199. 
Mourut  le  13  Avril  1213.  (Eo  1213  Pâque  14  Avril,  eo  1214,  Pâque 
30  Mars. 

(2)  Constance,  fille  du  duc  Conao  IV,  épousa,  en  troisièmes  noces, 
Guy  de  Thouars,  et  mourut  quatre  ans  après,  en  1202,  en  laissant  deux 
filles,  Alix  qui  devint  duchesse  de  Bretagne,  et  Catherine,  mariée  au 
seigneur  de  Vitré. 


-  185  — 

et  nobilem  virum  Guidonem  de  Thoarcio  Comitem  Bri- 
tannie  super  quadam  domo  quam  idem  cornes  in  fundo 
beati  Corentini  edificare  inceperat,  coram  nobis  contro- 
versia  verteretur,  tandem  in  banc  formam  pacis  concor- 
diter  convenerunt. 

Prenominatus  episcopus  in  presenciâ  nostra  concessit 
quod  de  predicta  domo  a  prefato  comité  per  mutacionem 
recipiet  que  nobis  et  venerabilibus  fratribus  nostris  Nan- 
netensi  (1)  et  Venetensi  (2)  episcopis  rationabilis  et  suffi- 
ciens  apparebit,  ita  quod  si  dictorum  fratrum  nostrorum 
episcoporum  ad  decernendam  permutacionem  istam  alter 
interesse  non  posset,  alius  episcopus  provincie  nostre 
vices  ejus  et  pienitudinem  potestatis  gereret  in  hoc  facto. 

Memoratus  comes  in  manus  nostras,  fide  data  promisit 
quod  permutacionem  quam  nos  et  supra  dicti  fratres 
nostri,  pcefato  episcopo  in  recompensacionem  domus  jam 
dicte  faciendam  duxerimus,  eidem  episcopo  faciet  nec 
dictam  domum  alcius  eo  statu  in  quo  eam  vidimus  eriget 
vel  ultra  metas  a  nobis  et  aliis  bonis  viris  inspectas  lacius 
ampliabit,  sed  parietibus  erectis  tegimen  sibi  licebit 
apponere  ne  per  hyemem  vel  pluvias  jacturam  incurrant. 

Sub  eadem  eciam  fidei  religione,  idem  Comes  concessit 
quod  in  ipsa  domo  homines  beati  Corentini  Capti  'd\i(o)- 
quin  tenebuntur  et  quod  de  permutacione  observanda 
litteras  domini  régis  Francie  et  suas  et  filie  sue  heredis 
Britannie  et  nostras  sepedicto  episcopo  habere  se  faciet 
et  litteras  episcoporum  Britannie  in  hune  modum  quod 
si  hères  Britannie  dictam  compositionem  et  permutacio- 
nem ut  condictum  est  non  observet,  dictam  domum  idem 
hères  funditus  faciet  demoliri  et  si  neutrum  istorum 
lacère  voluerit,  prefati  episcopi  in  eum  et  terram  ejus 


a)  Geoifroy,  1190-1S12. 
&)  Guetheooc,  118^1230, 


—  186  — 

sentenciam  ecclesiasticam  promulgabunt  et  f  acient  obser- 
vari  donec  eorum  alteri  acquiesçât.    * 

De  dampnis  quoque  episcopo  datis,  ad  probatiosem 
ipsius  episcopi  eidem  satisfaciet  cornes  sepius  nominatus. 

Concessit  insuper  idem  cornes  quod  idem  episcopus, 
aquas  domum  jam  dictam  superfluentes  sicut  hactenus 
habuit,  in  posterum  libère  habeat  et  quiète  et  quod  do- 
mum quam  ad  macelli  usum  idem  episcopus  edificare 
inceperat  ibidem  nisi  (1)  incepit  vel  alibi  in  fundo  suo 
edificet,  perficiat  et  consummet,  ita  quod  supradictus 
cornes  nichil  ibi  percipiet. 

Nec  Episcopus  homines  corisopitenses  compellere  pote- 
rit  ut  ad  macellum  suum  vendituri  aliquid  veniant  vel 
empturi. 

In  eorum  autem  que  dicta  sunttestimonium,  ad  peticio- 
nem  comitis,  episcopo  antedicto  présentes  litteras  nostras 
concessimus  sigilli  nostri  munimine  roborandas. 

Actum  anno  gracie  M®  CC^  nono. 

(A  suivre,) 


m^9w     1^ 


(1)  Niii  est  sans  doute  une  mauvaise  lecture  pour  vhl. 


—  187  — 


du  Mlnlliy  de  Léon. 


ENQUÊTE  DE  COMMODO  ET  INCOMMODO 

(Suite.) 


M.  le  Commissaire  voit  bien  que  touttes  les  raisons  allé- 
guées par  les  dits  habittans  chefls  de  party  pour  devoir 
opposer  la  ditte  union,  ne  sont  d'aucune  considération 
pour  empêcher  qu'elle  soit  jugée  comme  plus  utile  et 
commode  à  tous  les  habittans  du  Minehy,  et  pour  ne  lais- 
ser aucun  lieu  d'en  doutter  le  dit  sieur  de  Raffias,  au  dit 
nom,  soutient  positivement  les  faits  cy  dessus  et  autres  cy 
après  articulés  vers  tous  les  défendeurs  véritables  :  Que  la 
ville  de  S^  Paoul  est  située  d'une  manière  que,  de  l'église 
cathédralle  aux  villages  les  plus  esloignés  des  quartiers 
champestres  du  Minehy  il  n'y  a  pas  plus  de  trois  quarts 
de  lieue  en  exceptant  les  territoires  qui  sont  desservis 
par  les  subcursalles  de  Roscoi  en  Toussaint,  et  de  San- 
lec  en  S*  Pierre. 

Que  dans  la  ville  et  tout  le  territoire  du  Minehy,  il  n'y 
a  pas  le  nombre  de  sept  milles  personnes  de  toutte  sorte 
d'âge  dont  il  ne  peut  y  avoir  que  les  deux  tiers  ou  envi- 
ron de  communiants  ; 

Que  du  dit  nombre  de  ces  sept  milles  personnes  ou 
environ,  il  y  en  a  plus  de  2.500  qui  sont  sous  le  distroit 
des  subcursalles  de  Rosco  et  de  Santec. 

Que  les  habittants  du  port  et  havre  de  Rosco  qui  con- 


—  188  — 

tient  aussy  partye  des  paroissiens  du  quartier  de  S^  Pierre, 
ont  leurs  prédicateurs  particuliers  aux  Avents,  Caresme 
et  octave  du  Sacre  ; 

Qu'ils  ont  leur  hospital  aussy  particulier  et  que  néant 
moins  il  ne  se  trouve  point  un  habittant  du  dit  port  de 
Rosco  qui  ait  jamais  donné  son  avis  et  délibération  pour 
oposer  la  ditte  union  et  que  dans  Téglise  du  dit  Rosco  il 
y  a  toujours  douze  à  treize  ecclésiastiques  habittués  dont 
la  plus  part  sont  confesseurs  et  que  à  Tarrivée  du  mesme 
port  il  y  a  un  couvent  de  capucins  qui  fournist  toujours 
quinze  à  seize  relligieux  de  famille  ; 

Que  les  maisons  et  demeures  des  sept  viccaires  tant  des 
trois  quartiers  de  la  ville  que  des  quatre  quartiers  de  la 
campagne  sont  toutes  sittuées  dans  la  ditte  ville  de  S*  Paoul 
et  que  dans  tout  le  territoire  du  Minehy  il  n'y  a  ny  pont 
ny  rivière  ny  passage  qui  empêche  la  communication 
dans  toutes  les  saisons  de  l'année. 

Lesquels  faits  le  dit  S' de  Raffias,  au  dit  nom,  soustient 
véritable  et  somme  les  defïendeurs  de  les  advouer  ou  con- 
tester, requérant  en  cas  de  contestation  qu'il  soit  reçeu 
d'en  faire  la  preuve  tant  par  actes  que  témoins  que  par 
l'inspection  des  lieux,  persistant  au  surplus  à  requérir 
qu'il  soit  procédé  à  l'audition  des  témoins  assignés,  saufl 
à  en  faire  assigner  d'autres  sy  requis  est  et  réservant  tous 
les  autres  droits  et  conclusions  du  dit  Chapistre,  et  a  signé 
et  le  dit  Hervé,  son  advocat.  Ainsi  signé  :  Raffias  et  Jac- 
ques Hervé. 

Et  la  nuit  survenue  a  esté  la  continuation  de  nostre 
commission  renvoyée  à  demain,  8  heures  du  matin,  où 
les  partyes  sont  assignées  le  dit  jour  et  an.  Ainsi  signé  : 
J.  le  Roy,  M.  VOffldal  ;  G.  Hinault,  M,  le  Promotteur,  et 
J.  LE  Mesle,  Oreffler, 


—  189  — 

Au  cinquième  jour  du  dit  mois  de  Décembre,  en  la 
dite  ville  de  S^  Paoul  de  Léon,  par  devant  nous  susdit 
officiai  et  juge  ecclésiastique  du  diocèse  de  S^  Brieuc, 
commissaire  en  cette  partie,  en  présence  du  promotteur 
et  ayant  pour  adjoint  le  dit  le  Mesle,  juré  au  cas  requis, 
8  heures  du  matin. 

Se  sont  présentés  les  dits  Sieurs  Guillerm,  Rozec  et  le 
Dot,  viccaires  perpétuels  des  paroisses  de  S^  Jean,  S' Pierre 
et  Toussaints,  lesquels  après  avoir  pris  la  lecture  du  der- 
nier plaidé  des  dits  Sieurs  du  Chapistre,  ont  requis  qu'il 
plaise  à  M.  le  commissaire  leur  octroyer  un  dellay  de 
24  heures  pour  en  conférer  à  leurs  consorts  et  s'expédier 
positivement  sur  le  tout,  et  ont  signé,  sans  préjudice  de 
leurs  droits.  Ainsi  signé  :  J.  Guillerm,  viccaire  perpétuel 
de  S*  Jean  ;  J.  Rozec,  viccaire  perpétuel  de  S*  Pierre,  et 
J.  LE  Dot,  viccaire  perpétuel  de  Toussaints. 


Se  sont  pareillement  présentés  le  dit  S'  de  Querider, 
Tun  des  députés  de  la  paroisse  de  N.-D.,  le  dit  S'  du  Clos 
le  Becq,  Tun  des  députés  de  la  paroisse  de  S^  Jean,  Jean 
Guillou,  Tun  des  députés  de  la  paroisse  du  Crucifix  devant 
le  Trésor,  et  maistre  Louis-Corentin  le  Corre,  nottaire 
royal  et  apostolique  en  Léon  et  procureurs  des  députés 
des  paroisses  de  Trégondern,  Saint-Pierre,  Toussaints  et 
Crucifix  des  Champs,  lesquels  ont  aussi  requis  qu'il  plaise 
à  M.  le  Commissaire  leur  accorder  un  dellay  de  24  heures 
pour  respondre  au  dernier  plaidé  des  dits  S'«  du  Chapis- 
tre, et  pour  en  conférer  aux  procureurs  terriens  et  dépu- 
tés des  sept  paroisses  du  Minehy  et  ont  signé  aussi  comme 
aussi  noble  homme  Michel  Beaugy,  S'  du  dit  lieu,  Tun 
des  députtés  de  la  ditte  paroisse  de  Trégondern,  qui 
adhère  au  réquisitoire  des  cy-dessus  des  nommés  avec 
réservation  de  tous  et  chacuns  les  droits  des  dits  parois* 


-  190  - 

siens.  ÀinH  signé  :  P.  Marreg,  Baugy,  Mathurin  le  Becq, 
Jean  Guillou  et  le  Corre,  notaire  royal  et  apostolique. 


De  quoy  avons  décerné  acte  et,  le  requérant  les  dits 
deilendeurs,  et  sur  ce  oûy  le  promotteur  en  ses  conclu- 
sions, leur  avons  octroyé  le  dellay  de  24  heures  pour  res- 
pondre  au  plaidé  des  dits  Sieurs  du  Chapistre  pour  passé 
de  leurs  responses,  estre  ordonné  ce  qu'il  sera  veu  apparte- 
nir le  dit  jour  et  an.  Ainsi  signé  :  J.  le  Roy,  M.  V Officiai; 
G.  HiNAULT,  M.  U  Promottmr,  et  J.  le  Nesle,  greffier. 


Du  sixième  jour  du  mois  de  Décembre  1698,  8  heures 
du  matin,  par  devant  nous  susdit  officiai  et  juge  ecclé- 
siastique du  diocèse  de  S^-Brieuc,  en  la  ville  de  S^-Paoul- 
de-Léon,  où  serions  descendus  à  Tetlet  submentionné,  en 
présence  du  promotteur  et  dudit  le  Mesle,  greffier  de 
rOfficialité,  juré  en  tel  cas  requis  et  accoutumé,  sont  com- 
pareus  les  dits  S"  de  Quereder,  Lucas  et  Guillou,  députés 
par  les  paroissiens  de  S^  Jan,  N.  D.  et  du  Crucifix  de  la 
ville  devant  le  Trésor,  lesquels,  sur  la  sommation  leur 
faitte  par  les  dits  Sieurs  du  Chapistre  de  déposer  aux 
mains  de  Tadjoint  lestât  du  S' Jeudy  dans  le  plaidé  qu'ils 
ont  juré,  ont  en  Tendroit  représenté  le  dit  estât,  datte  du 
27  Juin  1695,  signé  Jeudy  et  refiéré,  délivré  à  M»  Lannec, 
duquel  ils  ont  requis  copie  à  l'avoir  par  les  mains  du  dit 
adjoint  à  leurs  frais,  et  ont  signé,  sans  préjudice  de  leurs 
droits.  Ainsi  signé :P.  Marrec,  0.  Lucas  et  Jan  Guillou. 


Le  dit  S'  Soutré,  faisant  tant  pour  luy  que  pour  ses 
confrères,  a  demandé  que  les  dits  Sieurs  du  Chapistre  ayant 
à  s'expédier  sur  Testât  déposé  aux  mains  de  l'adjoint  par 


—  191  — 

les  députés  des  paroisses  de  N.  D.,  S^  Jan  et  Crucifix  du 
Trésor,  comme  ils  I*ont  réservé  par  leurs  plaides,  requé- 
rant au  surplus  que  le  dellay  de  24  heures  leur  octroyé 
pour  répondre  aux  plaides  des  dits  Sieurs  du  Chapistre  leur 
soit  prolongé  de  pareil  temps  ou  de  tel  autre  qu'il  plaira 
à  M.  le  Commissaire,  attendu  que  nous  ne  trouvant  point 
de  conseil  en  cette  ville,  l'un  de  ses  confrères  est  allé  en 
conférera  leur  conseil  qui  demeure  en  la  ville  de  Morlaix, 
distante  de  la  présente  ville  de  quatre  lieues,  et  a  signé, 
avec  réservation  de  tous  et  chacuns  ses  droits,  iitn^i  signé  : 
Jan  SousTRÉ,  viccaire  perpétuel. 


Par  le  dit  S^"  Raffias  en  la  ditte  qualité,  assisté  du  dit 
Hervé,  son  advocat,  a  esté  dit  que  les  diifuges  des  dits 
sieurs  Soutré  et  consorts  ne  tendent  que  à  la  ruine  du 
Chapistre  et  à  le  consommer  en  frais  par  le  retardement 
de  l'effet  de  la  commission,  sans  aucun  fondement  ni 
bonnes  raisons,  puisque  n'estant  question  que  d'avouer 
ou  contester  la  vérité  des  faits  soutenus  par  le  plaidé  du 
dit  Chapistre  du  quatrième  de  ce  mois,  c'est  une  pure 
heure  d'advancer  qu'il  faille  chercher  un  conseil  à  Morlaix 
pour  s'expédier  par  aveu  ou  contestation  des  dits  faits  ; 
c'est  pourquoy  M'  le  Commissaire  est  très  humblement 
suplié  de  rompre  court  à  une  telle  vexation  et  ayant 
es^rd  à  l'opposition  formelle  du  dit  S^*  Raflias  au  second 
dellay  requis  par  le  dit  S'  Soutré,  requiert  qu'il  soit 
ordonné  que  une  heure  après  midy  de  ce  jour,  il  soit  pro- 
cédé à  l'audition  des  témoins  assignés  et  que  sur  le  def- 
lault  de  tous  les  deffendeurs  d'avoir  respondu  par  aveu 
ou  contestation,  les  faits  contenus  en  son  dit  plaidé,  les 
dits  faits  soient  donnés  pour  avoués  ou  pour  contestés, 
réservant  en  cas  qu'ils  soyent  donnés  pour  contestés,  d'y 
faire  la  preuve  de  la  manière  qu'elle  sera  ordonnée  aux 


—  192  — 

frais  des  dits  deffendeurs,  et  de  l'expédier  sur  Testât  du 
dit  Jeudy  déposé  aux  mains  du  Sieur  Adjoint,  passé  qu'il 
en  aura  eu  la  communication  qu'il  requiert  luy  estre  adju- 
gée, sauf!  les  autres  droits,  conclusions  et  réquisitions  du 
dit  Chapistre,  et  a  signé  avec  le  dit  Hervé,  son  advocat. 
Ainsi  signé  :  Raffias  et  Jacques  Hervé. 


Les  dits  S"  de  Querider,  Lucas  et  Guillou,  aux  dits 
noms,  ont  en  l'endroit  requis  pareillement  que  le  dellay 
de  24  heures  leur  octroyé  le  matin  du  jour  d'hyer  leur 
soit  prolongé  jusques  aux  3  heures  de  l'après  midy  de  ce 
jour  pour  respondre  au  plaidé  des  dits  Sieurs  du  Chapistre, 
ce  qu'ils  offrent  faire  dans  les  dits  temps,  et  ont  signé  : 
P.  Marrec,  0.  Lucas  et  Jan  Guillou. 


Le  dit  S'  Raffias,  parlant  par  le  dit  Hervé,  a  déclaré 
persister  à  ses  précédents  plaides,  opositions,  réquisitions 
et  protestations,  sans  préjudice  de  tous  les  droits  du  dit 
Chapistre.  Ainsi  signé  :  Raffias. 


Sur  quoy  avons  acte  décerné  aux  dittes  partyes  de  leurs 
dires,  déclarations  et  réquisitions  et  prolongé  le  dit  dellay 
aux  dits  défendeurs  jusques  aux  3  heures  de  l'après 
midy,  pour  venir  s'expédier  sur  le  dernier  plaidé  des  dits 
Sieurs  du  Chapistre,  après  avoir  sur  ce  oûy  le  promet- 
teur en  ses  conclusions  et  avons  pareillement  adjugé  aux 
dits  Marec,  Lucas  et  Guillou,  copie  par  les  mains  de  nos- 
tre  adjoint  de  Testât  luy  déposé,  à  leurs  frais  et  à  leur 
valloir  et  servir  ainsi  que  de  raison  ;  fait  et  rédigé  le  dit 
jour  et  an  avant  midy.  Ainsi  signé  :  J.  le  Roy,  if'  V Officiai; 
G.  HiNAULT,  if'  le  PromoUeur,  et  J.  le  Mesle,  greffier. 


-  193  - 

Et  la  dite  heure  de  3  heures  de  Taprës  midy  de  ce  dit 
jour  sixième  Décembre  1698,  devant  nous,  susdit  oflScial, 
en  présence  du  promotteur  et  ayant  pour  adjoint  le  dit 
le  Mesle,  greffier,  de  luy  le  serment  pris  au  cas  requis, 
en  la  dite  ville  de  S^  Paoul  de  Léon,  sont  comparus  véné- 
rables et  discrets  Missires  Jan  Soutré,  prestre,  viccaire 
perpétuel  de  la  paroisse  de  Trégondern,  Jan  Rosec,  vic- 
caire perpétuel  de  la  paroisse  de  S^  Pierre,  Jacques  le  Dot, 
Ticcaire  perpétuel  de  la  paroisse  de  Toussaints,  Goulven 
Tainguy,  viccaire  perpétuel  de  la  paroisse  du  Crucifix  des 
Champs,  et  Bizien  Âulfray,  viccaire  perpétuel  de  la  pa- 
roisse de  N.-D.  de  Cahel,  au  Minehy  Léo^  ou  refuge  de 
S^  Paoul,  faisants  tant  pour  eux  que  pour  Missire  Yves 
Guillerm,  prestre,  viccaire  perpétuel  de  la  paroisse  de 
SUan,  absents  ce  jour  pour  leurs  aiïaires  communes,  ont 
dit  que  c'est  en  vain  que  les  dits  Sieurs  du  Chapistre  ont 
entrepris  de  détruire  les  reproches  déduits  contre  les 
témoins  par  eux  choisis,  veu  que  leurs  raisons  sont  trop 
faibles  pour  y  donner  la  moindre  atteinte,  ils  disent  que 
la  parenté  et  Talliance  ne  sont  pas  des  moyens  pertinants 
dans  les  affaires  contre  un  corps  et  communauté,  pour- 
quoy  ils  n'en  aportent  aucunes  raisons  et  il  leur  serait 
impossible  d*en  donner  de  valables,  puisque  ce  corps 
dont  ils  parlent  est  composé  des  particulliers  dont  les 
parents  et  alliez  sont  naturellement  intéressés  dans  tout 
ce  qui  les  regarde. 

Ils  disent  aussi  que  les  detteurs  des  dits  Sieurs  du  Cha- 
pistre ne  peuvent  estre  pour  cette  raison  reprochés  parce- 
que,  disent-ils,  s'ils  doivent  quelques  rentes  au  collège  et 
mareau  du  Chapistre  cela  ne  regarde  en  aucune  manière 
le  sujet  du  procès  qui  ne  s'estend  qu'aux  seuUes  dixmes  ; 
mais  pour  ne  point  user  de  prolixité  pour  refïuter  ce  rai- 
sonnement f  rivol,  on  demande  aux  dits  Sieurs  du  Chapistre 
sy  chacun  d'eux  en  particulier  ne  profite  pas  des  dittes 


-194- 

rentes,  ils  n'oseroyent  et  ne  voudroyent  Tavoir  contesté 
et  ainsy  les  dits  detteurs  regardent  les  dits  Sieurs  du 
Chapistre  comme  leurs  véritables  créanciers  qui  souvent 
sont  en  droit  d'user  vers  eux  de  contraintes  et  par  ainsi 
les  dits  detteurs  sont  reprochables. 

La  réponse  des  dits  Sieurs  du  Chapistre  aux  reproches 
particuliers  fournis  contre  le  S' de  Pennanrun  du  Dresnay 
ne  mérite  pas  de  réplique,  puisque  le  motif  de  reproches 
est  justiffié  par  la  déclaration  qu'il  a  cy  devant  donnée 
pour  l'union  cassée  par  Tarrest  du  conseil  cy  devant 
allégué. 

Sy  Ton  s'est  trompé  au  sujet  du  S'  de  Querenes,  disant 
que  son  oncle  avoit  esté  partye  au  procès,  Ton  ne  se 
trompe  pas  en  soustenant  qu'il  l'a  esté  personnellement 
luy  même  pendant  qu'il  a  esté  chanoine  en  la  place  de  son 
oncle  et  après  son  décès,  et  les  autres  moyens  contre  luy 
déduits  sont  demeurés  sans  réponse. 

L'alliance  du  S'  de  Querbaul  du  Dresnay  avecq  les  S" 
de  Quergus  de  Couêtanfaux  et  de  Morisur,  chanoines,  est 
par  la  raison  susdite  un  moyen  plus  que  pertinent  pour 
le  rendre  reprochable,  quant  il  n'y  auroit  pas  d'autre 
moyen. 

Au  regard  du  S'  Querantraon  le  Grand,  outre  l'intérest 
que  l'on  scait  que  le  Sieur  abbé  du  Bourgblanc,  archi- 
diacre, son  beau  frère,  et  le  Sieur  abbé  de  Queremprat, 
aussi  archidiacre  et  viccaire  général  de  Léon,  son  proche 
allié  prennent  au  procès,  c'est  qu'il  est  aussy  proche  alliée 
du  dit  S>^  de  Quergus,  chanoine,  et  il  suffist  qu'ils  soyent 
débiteurs  desdîts  Sieurs  du  Chapistre  pour  estre  cencés 
dans  leurs  intérest  et  par  conséquent  reprochables. 

Il  ne  faut  d'autres  raisons  pour  renvoyer  le  S'  des 
Isles  du  Coetlosquet  que  celles,  cydevantdeduittes,sçavoir 
qu'il  est  proche  parent  du  S'  abbé  de  Morisur,  chanoine, 
partye  au  procès,  ce  qu'il  ne  voudroit  pas  désavouer. 


-  1Ô5  - 

Les  dits  Sieurs  du  Chapistre  au  regard  du  S' de  Roserf  le 
Dourgny  disent  que  encore  que  son  beau-père  soit  rece- 
veur de  Mgr  TÉvéque  de  Léon,  il  n'est  pas  pour  cela 
reprochable,  mais  ils  n'en  donnent  aucunes  raisons  et  il 
leurseroit  bien  difiQcile  d'en  donner,  puisque  l'on  ne  peut 
concevoir  que  le  gendre  qui  a  épousé  la  fille  unique  du 
dit  S' du  Pont  ne  prenne  point  de  part  aux  proffits  que  le 
beau-père  tire  de  cette  recette. 

La  parenté  du  S'  de  Lesplouênan  le  Rouge  avec  le  S' de 
Runaudren  Jacob,  chanoine  de  Léon  son  curateur,  suffit 
pour  le  faire  rejetter  pour  les  raisons  cy  dessus  alléguées. 

Sy  le  S'  de  Pennehouadic,  prestre,  n'est  point  partye 
desnommée  au  procès,  qui  ne  voit  le  grand  interest  qu'il 
a  dans  l'union,  puisquil  est  nommé  par  les  dits  Sieurs 
du  Chapistre  pour  prétendu  vicaire  perpétuel  de  tout  le 
Minehy  dont  il  a,  depuis  l'arrest  du  Parlement  de  Breta- 
gne, fait  les  fonctions,  qu'il  continuerait  encore  actuel- 
lement s'il  n'y  avait  esté  formellement  oposé  par  les  dits 
Sieurs  Viccaires  depuis  la  cassation  du  dit  arrest,  d'où  il 
s'ensuit  que  le  dit  S^  de  Lanvaden  de  Pennehouadic,  son 
frère  et  commensal,  a  aussi  trop  d'intérest  au  procès 
pour  y  estre  receu  comme  thémoin. 

Il  suffit  que  le  S^  de  Rosampoul  de  l'Estang  soit  parent 
du  S' abbé  de  l'Estang  Parcos,  chanoine  de  Léon  et  partye 
au  procès,  pour  estre  jugé  reprochable. 

Au  regard  des  S"  de  Quermessiou,  Pichard,  Seneschal, 
el  du  S^  de  Quervistin  le  Dal,  lieutenant  de  la  jurisdic- 
lion  de  S*  Paoul,  ils  doivent  estre  trop  attachés  aux  inté- 
resls  de  M"  l'Évèque  de  Léon,  duquel  ils  tiennent  leurs 
charges,  pour  pouvoir  estre  désintéressés  comme  il  le 
iaut  estre  pour  déposer  sur  les  faits  du  procès,  s'agissant 
de  détruire  ou  d'empêcher  la  reprise  de  l'ouvrage  entre 
pris  par  mon  dit  S"  l'Évesque,  de  concert  avecq  les  dits 
Sieurs  du  Chapistre. 


-  196  - 

Les  dits  Sieurs  du  Chapistre  prétendent  que  le  reproche 
déduit  contre  le  S'  de  Coûadou  Hérault,  n*est  d'aucune 
considération,  parceque,  disent-ils,  il  n'est  pas  véritable 
qu'il  soit  fermier  du  S' de  Trofagan,  mais  que  est-il  donc, 
puis  que  il  demeure  dans  une  maison  apartenante  au  dit 
S'de  Trofagan  ?  C'est,  disent-ils,  son  fils  qui  en  est  le  fermier. 
Belle  délicatesse  I  le  père  et  le  fils  demeurent  ensemble 
dans  la  mesme  maison,  et  sy  le  bail  est  au«nom  du  fils,  le 
père  n'y  a-t-il  aucun  intérest  ?  Il  y  a  encore  un  autre 
moyen,  c'est  que  le  dit  S' de  Trofagan  est  compère  du  dit 
S'  Coûadoux,  ayant  nommé  le  dit  S'  Hérault,  son  fils. 
D'ailleurs,  comment  peut-on  contester  que  le  dit  S'  Hé- 
rault, fils  du  S'  Coûadou,  soit  l'un  des  soubz  curés  du 
Minehy,  puisque  depuis  l'arrest  sus  allégué  du  Parlement 
de  Bretagne,  il  en  a  nottoirement  fait  les  fonctions.  Il  ne 
faut  que  la  vue  des  registres  de  baptêmes,  mariages  et 
sépultures  pour  demeurer  convaincu  de  cette  vérité,  et 
partant  son  père,  qui  a  intérêt  que  son  fils  ne  perde  pas 
les  profiits  qu'il  pourroit  tirer  de  ses  fonctions,  ne  peut 
estre  receu  pour  témoin  en  cette  cause. 

(A  9uivre*) 


—  197 


•f 


Hotioe  sur  Pont-OPOix,  par  M.  Auguste  TÉPHANY, 
Chanoine  honoraire,  Curé-Doyen  de  Pont-Oroix. 

C'est  un  joli  petit  volume  illustré,  de  218  pages,  et  dont 
le  personnel  de  M.  de  Kerangal  a  fait  un  vrai  bijou  de 
typographie.  Le  meilleur  éloge  que  Ton  puisse  faire  de 
ce  livre,  c'est  d'en  donner  une  analyse  succincte. 

L'avant-propos  est  une  monographie  rapide  du  culte 
de  la  Sainte- Vierge  dans  chacune  des  paroisses  du  canton. 

La  première  partie  comprend  d'abord  une  description 
de  la  ville  de  Pont-Croix,  et  aborde  ensuite  une  étude  de 
la  belle  église  collégiale  de  Notre-Dame  de  Roscudon,  de 
chaque  détail  architectural  du  monument,  puis  du  riche 
mobilier  qui  l'orne  et  le  décore,  ajoutant  quelques  faits 
historiques  relatifs  à  l'église,  et  une  généalogie  des  sei- 
gneurs de  Rosmadec,  qui  ont  été  marquis  de  Pont-Croix 
et  que  l'on  doit  considérer  comme  les  fondateurs  et  les 
bienfaiteurs  de  la  collégiale. 

La  deuxième  partie  commence  par  nous  renseigner  sur 
les  origines  de  la  dévotion  à  la  fontaine  miraculeuse  de 
Notre-Dame  de  Roscudon.  On  passe  ensuite  en  revue 
rhistorique  de  l'ancien  couvent  des  Ursulines,  devenu 
Petit-Séminaire,  et  on  consacre  quelques  pages  au  vieil 
hôpital  et  à  l'hospice  actuel,  à  l'école  chrétienne  des  Filles 
du  Saint-Esprit,  sans  négliger,  à  la  fin,  les  cantiques  bre- 
tons et  français,  en  l'honneur  de  Notre-Dame  de  Roscudon, 

Bulletin  db  la  Commission  DiocisAiNK.  —  1"  année.  18 


—  198  — 

de  Notre-Dame  des  Flots  de  Tréboul  et  de  Saint-Tujean 
de  Primelin. 

On  voit  que  le  travail  est  complet  dans  son  genre,  et 
on  ne  peut  mieux  terminer  cette  note,  qu'en  rappelant 
réloge  décerné  à  Fauteur  par  Monseigneur  FÉvéque  : 
«  Vous  avez  donné  un  bon  exemple  aux  prêtres  de  notre 
«  cher  diocèse  de  Quimper.  Plusieurs,  je  n'en  doute  pas, 
«  auront  à  cœur  de  marcher  sur  vos  traces  et  de  mettre 
«  en  lumière  les  trésors  que  conservent  leurs  églises  ou 
«  leurs  archives  paroissiales.  » 

En  effet,  chaque  église,  chaque  paroisse  a  son  histoire  ; 
toutes  n'ont  pas  l'importance  de  Pont-Croix,  toutes  les 
églises  ne  sont  pas  des  monuments,  toutes  les  paroisses 
n'ont  pas  un  passé  si  illustre,  mais  chacune  peut  être 
l'objet  d'une  notice  plus  ou  moins  étendue.  Les  plus  im- 
portantes pourraient  fournir  un  volume  qui  aurait  son 
intérêt  pour  les  paroissiens,  le  clergé,  les  érudits,  voire 
même  les  touristes.  Les  notices  plus  modestes  auraient 
leur  place  marquée  dans  ce  Bulletin,  qui  va  commencer, 
tout  prochainement,  une  étude  de  chacune  des  paroisses 
du  diocèse,  d'après  l'ordre  alphabétique. 


La  Cathédrale  de  Saint -Pol  et  le  Mlnlliy-Léon, 

par  M.  l'Abbé  PEYRON,  Chanoine,  Chancelier- ArchivisU 
de  VÉvêché  de  Quimper,  Vice -Président  de  la  Société 
Archéologique  du  Finistère. 

Encore  un  ouvrage  qui  a  demandé  de  longues  et  pa- 
tientes études,  et  qui  nous  révèle  une  grande  partie  de 
l'histoire  de  cette  cathédrale.  Donnons-en  les  principales 
divisions  :  L'évêché  de  Léon.—  Catalogue  des  évêques. — 
Service  paroissial  du  Minihy.  —  Description  de  la  cathé 


—  199  — 

drale,  ses  diverses  chapelles.  —  La  psallette.  —  Extrait 
des  comptes.  —  Les  chapelles  du  Minihy.  —  Les  cérémo- 
nies de  la  cathédrale.  —  Inventaire  de  1790.  — -  Le  clergé 
de  Saint-Pol. 


Congrès  de  Lannlon.  —  Au  récent  Congrès  de  l'As- 
sociation Bretonne,  tenu  à  Lannion  au  commencement  de 
Septembre,  notre  confrère,  M.  l'abbé  A.  Favé,  a  pu  rendre 
témoignage  du  sérieux  de  nos  œuvres  et  de  nos  entre- 
prises. Interrogé,  un  peu  ironiquement  peut-être,  ou  avec 
une  légère  pointe  d'incrédulité,  sur  ce  qu'était  devenu 
ce  mouvement  archéologique  dans  le  diocèse  de  Quimper, 
annoncé.  Tan  dernier,  au  Congrès  de  Châteaulin,  il  a  pu 
relever  le  gant  et  répondre  avec  assurance  en  exposant 
ce  que  Mgr  TÉvéque  de  Quimper  a  fait,  en  un  an,  pour  la 
cause  de  l'Archéologie  monumentale  : 

i»  Une  circulaire  fort  appréciée  par  les  Sociétés  savan- 
tes, même  en  dehors  de  la  Bretagne  ; 

2»  Oi^anisation  d'une  Commission  diocésaine  d'Archéo- 
logie ; 

3»  Création  d'un  organe  de  la  Commission  :  le  Bulletin, 
arrivé  alors  à  son  4<»  fascicule,  et  aujourd'hui  à  son  5«  ; 

4<»  Création  d'un  Cours  d'archéologie  au  Grand-Sémi- 
naire ; 

S»  Installation  d'un  Musée  d'art  religieux  à  TÉvêché  ; 

&)  Achat  du  cloître  des  Carmes  de  Pont-l'Abbé  par 
Mgr  Dubillard,  qui  le  donne  au  Diocèse  et  le  fait  recons- 
truire dans  la  cour  intérieure  du  Grand-Séminaire. 


—  200  — 


LE  NOUVEAU  CLOITRE  DU  SÉMINAIRE 


En  effet,  comme  il  vient  d*ôtre  dit,  Monseigneur  l'Évè- 
que  a  acheté,  pour  une  somme  assez  respectable,  Tancien 
cloître  du  couvent  des  Carmes  de  Pont  r Abbé,  magnifique 
œuvre  du  xv«  siècle,  qui  avait  été  démolie,  il  y  a  une  quin- 
zaine d'années,  et  dont  les  matériaux  avaient  été  trans- 
portés dans  une  propriété  particulière,  chez  M.  Danyel 
Beaupré,  en  Plonéour-Lanvern.  Nulle  place  n'était  mieux 
destinée  à  recevoir  ce  cloître  monumental  que  le  Sémi- 
naire diocésain,  où  les  travaux  d'agrandissement  nécessi- 
taient un  remaniement  de  l'ancienne  galerie,  si  dépour- 
vue de  style.  C'est  ce  que  sa  Grandeur  a  compris,  et  avec 
une  noble  générosité.  Elle  a  décidé  qu'il  serait  réédifié  en  ce 
milieu  qui  lui  convient  si  bien.  Le  travail  de  reconstruc- 
tion est  bien  commencé,  et  dans  quelques  mois  nos  sémi- 
naristes circuleront  sous  ces  arceaux  gothiques  qui  ont 
abrité,  pendant  plus  de  trois  siècles,  les  bons  moines  de 
Pontl'Abbé. 


—  201  — 


MUSÉE  D'ART  RELIGIEUX 


CONTINUATION  DB  LA  LISTE  OBS  OBJETS  OFFERTS 
pour  la  formation  de  oe  Musée. 


IX.  —  Quatre  Ohandeliers  d'autel,  en  cuivre,  à 
pieds  triangulaires,  du  x\i^  ou  du  xvii<»  siècle.  Don  de 
M.  Pèche,  fabricant  et  marchand  de  bronzes  d'églises. 

X.  —  Série  de  Panneauz  de  bois  sculptés  et  peints, 
du  xvi«  siècle  :  bustes  en  médaillons,  découpures  et  crêtes 
feuillagées,  ayant  formé  une  clôture  de  chapelle.  Don  de 
M.  1  abbé  Guirriec,  recteur  de  Loc-Maria-Berrien. 

tt 

XL  —  Missel  bénédictin,  édité  à  Venise  en  1606, 
remarquable  par  son  texte  et  par  sa  reliure  ancienne  où 
Ton  voit  des  arabesques  imprimées  sur  la  tranche  dorée, 
et,  sur  le  plat,  une  effigie  de  la  statue  de  sainte  Cécile  par 
Mademo. 

Catéohlsme  de  Léon,  en  français,  imprimé  à  Léon 
en  1751,  chez  Jean  P.  de  Crémeur. 

Nouveau  Testament,  en  hollandais,  suivi  des  psau- 
mes notés  en  plain- chant,  imprimé  à  Dordrecht  chez 
Hendrick  et  Jacob  Keur,  1696. 

tt 

XIL  —  Chapiteau  en  bols,  sculpté  et  doré,  de  style 
corinthien  ou  composite,  provenant  d'un  retable  du 
xvu«  siècle.  Don  de  M.  Tabbé  A.  Favé,  aumônier. 


—  202  — 


ARCHITECTURE  BRETONNE 


Étude  des  Monuments  du  diocèse  de  Quimper 

(Suite.) 

Xn'  siècle. 


L'architecture  du  xii«  siècle  dilïère-t-elle  complètement 
de  celle  du  xp  ?  Quelques  archéologues  ont  voulu  établir 
une  différence  absolument  tranchée,  mais  elle  n'existe 
pas  en  réalité.  La  transformation  dans  la  manière  de 
bâtir  ne  se  fait  que  par  gradation,  avec  le  cours  du  temps, 
avec  l'expérience  acquise  et  aussi  avec  les  besoins  nou- 
veaux qui  exigent  de  nouveaux  programmes. 

Cette  période  du  xii«  siècle  est  représentée  chez  nous 
par  deux  écoles  :  à  la  première,  appartiennent  les  églises 
abbatiales  de  Daoulas  et  du  Relecq,  ainsi  que  la  partie 
Ouest  de  l'abbaye  de  Saint -Mathieu.  La  seconde,  plus 
légère,  plus  déliée,  plus  élégante,  a  son  centre  d'influence 
à  Pont-Croix  qui  exerce  son  action  sur  toutes  les  cons- 
tructions d'alentour. 

L'église  de  Daoulas  date  du  xii®  siècle  avancé,  puis- 
qu'elle a  été  construite  en  1167,  par  Guiomarc'h  de  Léon 
et  Nobile  sa  femme.  Le  Chronicon  BrUannicum  dit  que 
Bernard  de  Moêlan,  évéque  de  Cornouaille,  en  confirma  la 
fondation  :  ((  MCLXVII,  incepta  est  ecclesiœ  apud  Daavlas, 
Bemardo  prœsule  Corisopiterui  prœsente  et  confirmante.  )) 

GeoRroy,  son  successeur  sur  le  siège  de  Quimper,  mit 


-  20Ô  — 

en  possession  de  la  dite  abbaye  les  chanoines  réguliers 
de  rOrdre  de  saint  Augustin,  en  Tan  1173. 
*  L'église,  telle  qu*elle  existe  actuellement,  ne  représente 
pas  toute  la  longueur  ancienne,  mais  Textrémité  suppri- 
mée,  c*est-à-dlre  le  chœur  et  une  sorte  de  transept  Midi, 
ne  dataient  que  du  xv»  ou  du  xvi«  siècle.  En  1876  et  1877, 
il  a  été  fait  à  cet  édifice  d'excellents  travaux  de  restaura- 
tion sous  la  direction  de  M.  Bigot,  architecte  diocésain, 
qui  a  construit  l'abside  en  hémicycle,  les  deux  absidioles 
terminant  les  bas-côtés  et  le  collatéral  Sud. 

Ce  que  nous  avons  d'authentique  du  xii*)  siècle,  c'est  le 
portail  Ouest,  la  nef  avec  son  bas-côté  Nord.  La  façade 
Ouest  est  précieuse  pour  nous,  car  elle  est  avec  celle  de 
Saint- Mathieu,  la  seule  façade  romane  qui  soit  restée 
intacte,  sans  aucun  remaniement.  Elle  se  compose  ainsi  : 
au  milieu,  une  large  porte  accostée  de  chaque  côté  de 
deux  colonnettes,  portant  les  archivoltes  d'un  arc  à  plein- 
cintre  et  latéralement  deux  autres  arcades  aveugles  plus 
étroites,  à  côté  desquelles  montent  deux  contreforts  lar- 
ges, peu  saillants.  A  sept  mètres  de  hauteur  environ,  le 
mur  subit  un  retrait  où  prennent  naissance  quatre  con- 
treforts méplats  qui  encadrent  et  séparent  trois  fenêtres 
à  plein-cintre,  dont  celle  du  milieu  plus  large  que  les 
deux  autres.  Le  tout  se  termine  par  un  gable  ou  pignon 
assez  aigu  ;  cet  ensemble  est  simple,  mais  a  en  même 
temps  un  air  de  grandeur  et  de  dignité. 

A  l'intérieur,  la  nef  longue  de  28  mètres  et  large  de 
6  m.  80,  avec  bas  côtés  de  3  m.  50,  est  composée  de  sept 
travées  formées  par  des  piliers  en  croix  grecque,  c'est-à- 
dire  ayant  un  pilastre  sur  chacune  des  quatre  faces  ; 
piliers  hauts  de  5  mètres,  couronnés  d'un  simple  tailloir 
à  chanfrein  et  portant  des  arcs  à  plein-cintre  à  double 
archivolte.  Au-dessus  de  ces  arcades,  viennent  des  fenê- 
tres étroites  à  l'extérieur  et  évasées  intérieurement. 


—  204  — 

Il  faut  noter,  de  chaque  côté  de  la  porte  Ouest,  une 
ornementation  en  sculpture  méplate,  formant  comme  un 
large  bandeau  ou  litre,  et  qui  se  compose  d'ornements 
variés  dans  lesquels  on  remarque  surtout  un  simulacre 
de  nattes  tressées  en  osier  ou  en  roseaux.  Cette  décoration 
rappelle  les  sculptures  analogues  de  la  nef  de  la  cathé- 
drale de  Bayeux. 

Cette  nef,  malgré  sa  simplicité,  est  d*aspect  majestueux, 
et  cette  note,  sobre  dans  Tensemble,  particulièrement  dans 
le  tracé  des  piliers  qui  sont  dépourvus  de  chapiteaux,  ne 
doit  pas  faire  conclure  que,  avant  cette  époque,  toute 
richesse  fût  exclue  de  Tarchitecture  bretonne  et  qu'il  faille 
classer  comme  postérieurs  à  l'église  de  Daoulas,  les  édifi- 
ces où  Ton  trouve  plus  de  richesses.  Non,  cette  simplicité 
peut  parfaitement  être  attribuée  à  l'état  des  ressources 
pécuniaires,  à  l'esprit  de  modération  ou  d'austérité  du 
comte  ou  des  moines  qui  faisaient  bâtir,  absolument 
comme  l'esprit  de  saint  Bernard  a  exercé  son  influence 
sur  les  constructions  cisterciennes.  La  sobriété  d'orne- 
ments de  l'église  de  Daoulas  ne  nous  empêche  nullement 
d'attribuer  au  xi®  siècle  les  églises  de  Landévennec,  Loc- 
tudy,  Fouesnant  et  Sainte-Croix  de  Quimperlé,  où  Ton 
trouve  plus  d'abondance  de  colonnettes  et  de  sculptures. 

A  côté  de  cette  église,  est  un  cloître  également  roman, 
un  peu  postérieur;  nous  en  parlerons  à  l'article  :  Cloître. 

La  première  fondation  d'un  monastère  au  Relecq  ou 
Gerber,  en  Plounéour  Menez,  fut  faite  par  saint  Pol  Auré- 
lien,  qui  y  mit  comme  supérieur  son  disciple  saint  Tan- 
guy, auquel  il  donna  pour  compagnons  huit  moines  pris 
dans  les  monastères  des  tles  de  Batz  et  d'Ouessant. 

Cette  communauté  n'a  pas  laissé  de  traces  dans  l'his- 
toire et  fut  détruite  par  les  Normands.  A  la  même  place, 
saint  Bernard  fonda  en  1132  une  abbaye  cistercienne. 
L'église,  dans  ses  parties  principales  que  nous  possédons 


—  205  — 

encore,  date-telle  de  cette  époque,  ou  faut-il  l'attribuer 
aux  dernières  années  de  ce  siècle  ?  A  en  juger  par  les 
piles  lourdes  et  massives,  par  les  chapiteaux  primitifs,  on 
la  croirait  volontiers  du  commencement  du  siècle,  mais 
il  y  a  toutes  les  grandes  arcades  de  la  nef,  du  transept  et 
de  rentrée  du  chœur  qui,  au  lieu  d'être  en  plein-cintre 
comme  dans  la  période  romane,  sont  devenues  ogivales, 
c'est-à-dire  sont  formées  de  deux  arcs  de  cercles  qui  se 
rejoignent  en  pointe  dans  le  haut,  ce  qui  est  un  des  carac- 
tères du  style  gothique  ou  ogival  et  indiquerait  la  transi- 
tion entre  ces  deux  styles,  par  conséquent  la  dernière 
moitié  ou  le  dernier  quart  du  xii®  siècle. 

Le  plan  général  se  compose  d'une  nef  accompagnée  de 
deux  bas-côtés,  d'un  vaste  transept  et  d'une  abside  termi- 
née par  un  mur  droit.  Sur  chacune  des  branches  du  tran- 
sept s'ouvrent,  du  côté  Est,  deux  chapelles  ou  absidioles 
carrées.  C'est  là  une  disposition  commune  à  toutes  les 
églises  cisterciennes  et  qui  a  été  observée  dans  douze  ou 
quinze  abbayes  différentes  par  un  savant  archéologue, 
M.  Eugène  Lefèvre-Pontalis. 

Ces  quatre  chapelles  sont  éclairées  par  deux  petites 
baies  ogivales  surmontées  d'une  rose  à  six  lobes  et  qui 
semblent  à  coup  sûr  appartenir  au  xiii®  siècle,  tandis  que 
les  quelques  fenêtres  primitives  qui  existent  encore,  ainsi 
que  les  piscines  près  des  autels,  sont  bien  en  plein-cintre. 
Les  parties  de  l'église  qui  n'ont  pas  été  remaniées,  c'est- 
à  dire  ces  quatre  chapelles  et  la  branche  Nord  du  tran- 
sept sont  couvertes  de  voûtes  en  pierres,  en  forme  de  ber- 
ceau ogival. 

A  l'abbaye  de  Saint-Mathieu,  en  Plougonvelin,  près  du 
Conquet,  la  toiture  a  disparu,  mais  les  murailles,  les  pi- 
les et  les  arcades  sont  encore  en  grande  partie  debout. 
La  partie  la  plus  ancienne,  c'est  la  façade  Ouest  avec  les 
deux  premières  travées  de  la  nef  et  le  mur  du  bas-côté 


—  206  — 

Nord.  La  porte  percée  dans  cette  façade  est  trilobée  et 
encadrée  dans  deux  voussures  à  plein-cintre,  entourées 
d'un  cordon  saillant  orné  d'une  série  de  boutons  et  qui 
porte  sur  un  bandeau  horizontal,  dont  la  gorge  est  garnie 
de  crochets  ou  feuilles  de  nénuphar  à  extrémités  recour- 
bées. A  6  mètres  de  hauteur,  au-dessus  d'un  retrait  en 
glacis,  sont  percées  trois  fenêtres,  celle  du  milieu  plus 
large  et  plus  haute.  Les  deux  premiers  piliers  de  chaque 
côté  de  la  nef  sont  cylindriques,  surmontés  d'arcades  de 
forme  ogivale  ou  en  tiers-point,  mais  sentant  la  construc- 
tion romane.  Les  chapiteaux  sont  formés  de  deux  assises 
donnant  deux  rangs  de  feuilles  à  crochets,  avec  corbeilles 
carrées,  plus  une  troisième  assise  pour, le  tailloir.  Les 
bases  sont  bien  profilées,  avec  griffes  aux  angles. 

Dans  le  mur  du  bas-côté  Nord,  on  voit  des  fenêtres  roma- 
nes très  étroites  et  des  cordons  de  pierres  disposées  en  arê- 
tes de  poisson,  ce  qui  est  un  caractère  du  xi®  et  du  xir»  siècle. 

A  la  même  école  et  à  la  même  époque  appartient  la 
chapelle  de  Kernitroun  en  Lanmeur,  pour  ce  qui  est  de 
la  nef  et  du  transept.  A  l'extérieur,  les  contreforts  peu 
saillants  et  les  fenêtres  étroites  et  longues  donnent  bien 
la  sensation  du  style  roman,  quoique  le  cintre  des  fenê- 
tres de  la  nef  soit  légèrement  ogival.  Dans  le  transept,  au 
contraire,  la  porte  et  les  fenêtres  sont  en  plein-cintre  par- 
fait, encadrées  de  colonnettes,  de  moulures  et  d'ornements 
bien  appropriés  à  ce  style.  Cette  porte,  fort  originale  sera 
décrite  à  l'article  :  Porche. 

A  l'intérieur,  la  nef  dépourvue  de  bas-côtés  est  garnie 
de  hautes  colonnes  engagées  séparant  les  fenêtres.  Trois 
des  piles  du  transept  sont  rondes  et  accompagnées  de  co- 
lonnettes dont  les  chapiteaux  soutiennent  les  grands  arcs 
doubleaux  qui  portent  le  clocher  central.  Ces  arcs  dou- 
bleaux  sont  de  forme  ogivale,  ainsi  que  les  voûtes  en  ber- 
ceau qui  couvrent  les  deux  bras  du  transept. 


—  207  — 

La  nef  de  la  chapelle  de  Perguet,  en  Bénodet,  semble 
dériver  de  Téglise  de  Fouesnant,  et  cependant  on  est 
tenté  de  la  dater  du  xiP  siècle,  à  cause  surtout  des  deux 
jolies  colonnettes  qui  surmontent  les  piles  du  côté  Sud, 
et  aussi  à  cause  de  Tare  triomphal  qui  sépare  cette  nef 
du  chœur  et  qui  est  en  ogive,  au  lieu  d'être  en  plein- 

cÎDtre. 

* 
#  * 

La  deuxième  école  du  xm  siècle  est  représentée,  tout 
particulièrement,  par  la  nef  et  le  chœur  de  Téglise  de 
PonlCroix. 

Ici  le  caractère  de  la  construction  change  complète- 
ment :  au  lieu  des  gros  piliers  carrés  ou  ronds,  accostés 
parfois  de  colonnes  un  peu  lourdes,  nous  avons  des  fais- 
ceaux formés  de  fines  colonnettes  au  nombre  de  quatre, 
six,  huit,  donnant  des  pilettes  excessivement  légères  et 
déliées,  couronnées  de  chapiteaux  singuliers,  dépourvus 
d'ornements  et  de  feuillages  et  dont  on  trouve  des  analo- 
gues en  Normandie  et  sur  les  bords  du  Rhin.  Les  archéo- 
logues les  appellent  chapiteaux  cannelés  ou  godronnés, 
ou  encore  cubiques,  à  partie  inférieure  arrondie  ;  c'est-à- 
dire  qu*au<dessus  de  Tastragale,  les  colonnettes  s'élargis- 
sent et  montent  en  s'évasant  et  en  se  compénétrant  pour 
arriver  à  former  un  carré  sur  lequel  vient  reposer  le 
tailloir.  Ce  couronnement  du  chapiteau  est  formé  d'un 
certain  nombre  de  moulures  dans  le  bas  et  d'un  large 
filet  au-dessus.  Il  reçoit  immédiatement  les  arcades  sans 
aucune  retraite,  contrairement  à  l'usage  général.  Ces 
arcades  sont  composées  de  moulures  rondes,  serrées, 
dessinant  un  plein-cintre  ou  demi-cercle.  Le  petit  fais- 
ceau qui  forme  le  membre  central  vient  tomber  en  encor- 
bellement ou  en  porte-à-faux  sur  le  haut  du  chapiteau,  et 
mourir  en  bec  de  sifflet  ou  en  fond  d'entonnoir.  Pour  mieux 


—  208  — 

dessiner  encore  les  arcades,  un  tore  ou  moulure  ronde 
vient  les  contourner  en  saillie  sur  le  nu  des  écoinçons. 

La  nef  compte  sept  travées,  et  le  chœur  quatre.  Ici  les 
piles  sont  un  peu  plus  basses,  et  les  tailloirs  un  peu  plus 
simples.  Au  côté  Nord  de  ce  chœur,  est  un  second  colla- 
téral, bordé  aussi  de  colonnes  et  d'arcades  romanes  de 
même  caractère,  mais  d'un  travail  moins  parfait,  et  dis- 
posées avec  une  certaine  irrégularité. 

Comme  l'église  de  Pont-Croix  est  un  monument  trè« 
important,  on  est  fondé  à  croire  que  c'est  là  le  point  de 
départ  de  cette  architecture,  dont  l'influence  s'exerça  sur 
les  constructions  du  voisinage  et  même  dans  un  rayon 
assez  étendu. 

Les  deux  édifices  qui  accusent  le  mieux  cette  influence 
sont  le  prieuré  de  Languidou,  en  Plovan,  et  la  chapelle 
de  Kerinec,  en  Poullan.  L'église  de  Languidou  ou  Saint- 
Guy  n'est  plus  qu'une  ruine  ;  il  ne  reste  debout  que  quel- 
ques pans  de  murailles,  une  jolie  rose  xv®  siècle  dans  le 
mur  absidal  et  quelques  piles  et  arcades  absolument  dans 
la  note  de  celles  de  Pont-Croix.  C'est  un  tailloir  écroulé 
et  gisant  à  terre  qui  va  nous  donner  la  date  de  cette  cha- 
pelle, et  par  là  même  aussi,  du  monument  qui  en  a  été  le 
modèle.  Sur  ce  tailloir,  on  lit  cette  inscription  en  capi- 
tales du  XII®  siècle  : 

GVILLELMVS  :  CANONICVS  :  ET  :  IVO  :  DE  :  REVESCO 
AEDIFICAVERVNT  :  ISTAM  :  ECCLESIAM.  —  Le  cha- 
noine Cruillaume  et  Yves  de  Revesco  ont  fait  bâtir  cette  église. 
Or,  le  chanoine  Guillaume  est  mentionné  dans  le  cartu- 
laire  de  la  cathédrale  de  Quimper  aux  années  1162  et  1166. 

Voilà  donc  connue  la  date  de  Languidou,  et  approxima- 
tivement aussi  celle  de  Pont-Croix,  de  même  qu'elle  nous 
renseigne  suffisamment  sur  les  autres  édifices  ou  parties 
d'édifices  qui  en  dérivent. 

Kerinec,  perdu  au  fond  d'une  campagne  ignorée,  est  un 


—  209  — 

vrai  bijou  d'architecture  romane.  Au  pied  des  colonnes  sont 
de  laides  bancs  en  pierre,  .les  faisceaux  de  coionnettes  sont 
les  mêmes  qu'à  Pont-Croix,  les  chapiteaux  sont  couverts 
de  feuillages,  les  arcades  du  chœur  encore  plus  larges  et 
plas  amples.  Les  piliers  du  transept  sont  puissants  pour 
soutenir  une  tour  centrale  ;  les  petites  arcades  faisant  com- 
muniquer les  bas-côtés  avec  ce  transept  sont  trapues  et  en 
plein-cintre  parfait,  tandis  que  la  forme  ogivale  se  des- 
sine un  peu  dans  les  grands  arcs  doubleaux  et  se  retrouve 
encore  plus  caractérisée  dans  les  arcades  de  la  nef. 

La  porte  du  côté  Midi,  toute  encadrée  de  coionnettes  et 
de  moulures  a  un  bon  caractère  roman.  Quelques  petites 
fenêtres  et  meurtrières  existent  encore,  d'autres  ont  dis- 
paru pour  faire  place  à  de  larges  fenêtres  du  xiv^'  siècle, 
donnant  un  jour  plus  abondant. 

Celte  chapelle  est,  sans  contredit,  le  plus  beau  et  le  plus 
heureux  dérivé  de  Pont-Croix,  et  l'on  voit  que  le  vieil 
architecte  s'est  appliqué  à  cet  ouvrage  avec  une  prédilec- 
tion toute  particulière,  qu'il  y  a  travaillé  avec  amour  pour 
en  faire  un  vrai  petit  chef-d'œuvre. 

Dans  bien  d'autres  chapelles  et  églises,  on  reconnaît 
cette  influence  de  l'architecture  de  Pont-Croix,  il  suffira 
de  les  citer  sans  donner  d'autres  explications  qui  ne 
seraient  que  des  redites  :  les  chœurs  de  Cléden-Cap-Sizun, 
Pouldergat,  Peumerit,  Landudec,  Treffiagat,  Pluguffan; 
nef  de  Plozévet,  trois  travées  dans  la  nef  de  Mahalon, 
quelques  piles  et  travées  à  Pouldreuzic,  Tréogat  et  Lan- 
guivoa,  en  Plonéour-Lanvern,  et  presque  entièrement  les 
intérieurs  de  Lambour  à  Pont-l'Abbé  et  de  Notre-Dame  à 
Châteaulin. 


—  210  — 


Xni»  siècle. 


Avec  ce  siècle  prend  naissance  le  style  qu'on  est  con- 
venu d'appeler  gothique  ou  ogival,  et  qui  .régna  pendant 
trois  siècles.  Au  cours  de  cette  période  ses  caractères 
varient,  ce  qui  lui  fait  donner  des  appellations  différentes. 
Pendant  le  xiii®  siècle,  il  se  nommera  style  ogival  à  lan- 
cette, au  XIV®,  style  ogival  rayonnant,  et  pendant  le  xv«  et 
les  premières  années  du  xvi«,  style  ogival  flamboyant. 

Le  style  ogival  à  lancette  doit  cette  dénomination  à  la 
forme  des  fenêtres  en  usage  au  commencement  de  cette 
époque,  baies  longues  et  étroites  terminées  en  ogive  ou 
en  arc  aigu,  figurant  un  peu  l'extrémité  d'un  fer  de  lance. 

Ce  genre  de  fenêtres  se  trouve  assez  rarement  dans  nos 
monuments  de  cette  époque,  on  ne  peut  guère  les  signa 
1er  qu'au  portail  Ouest  de  la  cathédrale  de  Saint-Pol-de- 
LÉON,  à  la  salle  capitulaire  de  l'abbaye  de  Saint-Mauric« 
de  Carnoêt,  et  dans  le  chœur  de  Bénodet.  Partout  ailleurs, 
les  fenêtres  sont  divisées  en  deux,  trois,  quatre  et  cinq 
baies  par  des  meneaux  ou  montants  en  pierre,  qui  s'épa- 
nouissent à  leur  partie  inférieure  en  différentes  figures 
et  compartiments  à  lobes  arrondis,  remplissant  le  tym- 
pan de  ces  fenêtres  et  auxquels  on  donne  le  nom  de  trè- 
fles, quatrefeuilles,  quintefeuilles,  roses,  rosaces. 

L'expression  la  plus  pure  et  la  plus  importante  de  ce 
style  du  xiii®  siècle  se  trouve  dans  la  nef  et  les  bas-côtés 
de  la  cathédrale  de  Saint-Pol-de-Léon.  M.  Pol  de  Cîourcy 
nous  apprend  que  cette  partie  fut  commencée  par  Tévé- 
que  Derrien  vers  1230. 

Au  portail  Ouest,  donnons  seulement  un  coup  d'œil  au 
porche  et  aux  deux  clochers  et  réservons -les  pour  des 
chapitres  spéciaux.  Examinons  les  trois  fenêtres  à  lan- 
cette percées  dans  la  façade,  et  la  jolie  galerie  couverte 


—  211  — 

qui  les  surmonte,  avec  sa  balustrade  trilobée  et  ses  quatre 
arcatures  découpées  en  redents.  Sur  le  côté  Midi,  on 
observera  les  contreforts,  les  fenêtres,  les  gables  ou  pi- 
gnons qui  arrêtent  les  toits  transversaux  du  bas-côté,  la 
jolie  frise  feuillagée  qui  orne  les  corniches,  les  encadre- 
ments sculptés  des  fenêtres  hautes  et  la  balustrade  qui 
court  au  bas  du  toit  de  la  nef. 

C'est  à  rintérieur  que  nous  trouverons  surtout  à  admi- 
rer. Au  premier  pas  que  Ton  fait  dans  la  nef,  ou  se  trouve 
surpris  et  comme  saisi  d'étonnement  en  voyant  ces  piliers 
aux  fines  colonnettes,  aux  bases  si  classiques,  aux  chapi- 
teaux si  corrects  et  si  déliés,  ces  arcades  aux  nervures  si 
dégagées,  ces  faisceaux  montant  du  pavé  et  s'épanouis- 
sant  dans  la  Voûte  en  arcs  ogives,  doubleaux  et  formerets. 

Les  matériaux  mis  en  œuvre  sont  encore  pour  exciter 
notre  curiosité.  Ce  n'est  pas  le  granit  breton,  au  grain 
parfois  un  peu  grossier  et  rebelle  ;  c'est  une  pierre  à  la 
texture  fine  et  serrée,  h  la  couleur  chaude  et  harmonieuse  ; 
ce  n'est  pas  un  vulgaire  tuQeau,  comme  on  s'est  plu  à  le 
répéter,  c'est  un  calcaire  noble  et  solide  qui  n'a  pas  bron- 
ché depuis  six  cents  ans  et  qui  est  encore  aussi  frais, 
aussi  moelleux  que  le  premier  jour.  Sans  hésiter,  il  sem- 
ble qu'on  peut  en  indiquer  la  provenance  :  c'est  une 
pierre  transportée  de  Normandie,  peut-être  la  pierre  de 
Caen,  analogue  à  celle  qui  entre  dans  les  magnifiques 
monuments  romans  et  gothiques  de  cette  province.  L'évé- 
que  Derrien  a  pu  voyager  dans  ce  pays,  en  admirer  les 
églises  et  les  matériaux,  et  calculer  que  le  transport  par 
mer  de  ces  matériaux  pouvait  être  aussi  facile  et  aussi 
économique  que  le  charroi  pénible  du  granit  venant  des 
carrières  de  Cléder.  Cela  nous  donnerait  aussi  la  clef 
d'un  autre  problème,  et  nous  expliquerait  le  semblant 
dïnfluence  normande  qu'on  trouve  dans  les  chapiteaux 
sculptés  et  surtout  les  rapports  très  frappants  de  ressem- 


—  212  — 

blance  qui  existent  entre  les  deux  clochers  de  la  cathédrale 
de  Saint-Pol  et  ceux  de  la  cathédrale  de  Bayeux  et  de 
Saint-Pierre  de  Caen. 

Cette  nef  de  Saint-Pol,  sans  avoir  les  vastes  proportions 
des  cathédrales  de  TIle-de-France,  du  Maine  et  de  la  Nor- 
mandie, en  a  tout  le  fini  et  toute  la  délicatesse  ;  ne  pour- 
rions-nous pas  même  avancer  que,  à  ce  point  de  vue,  elle 
remporte  sur  celles  de  Dol  et  de  Tréguier,  si  renommées 
cependant  dans  notre  province  ? 

Pourquoi  faut-il  que,,  au  dessus  de  ces  arcades  si  bel- 
les, la  galerie  et  les  fenêtres  hautes  aient  des  formes  moins 
heureuses  ?  Y  a-t-il  eu  changement  d'architecture  ?  Ya-t-il 
eu  économie  ou  mesquinerie  ?  On  avait  cependant  bien 
commencé,  car  si  l'on  veut  jeter  les  yeux  sur  les  galeries 
de  la  première  travée,  à  moitié  masquées  par  le  buffet  d'or- 
gue, on  constatera  que  c'était  un  excellent  départ,  et  on 
ne  peut  leur  refuser  un  grand  air  de  parenté  avec 
celles  de  Notre-Dame  de  Paris  et  de  la  cathédrale  du  Mans. 

Le  chœur  de  l'abbaye  de  Saint-Mathieu  rappelle  le  style 
et  la  flore  sculptée  de  la  nef  de  Saint-Pol.  Quatre  grandes 
piles  et  deux  autres  plus  petites,  toutes  tapissées  de  colon- 
nettes,  portent  les  hautes  arcades  du  transept,  celles  plus 
basses  du  chœur,  les  voûtes  des  bas-côtés  et  celles  du 
chœur  très  élancées  et  effondrées  en  partie.  Quelques 
fenêtres  conservent  encore  leurs  meneaux  et  leurs  réseaux 
de  trèfles  et  de  quatrefeuilles  très  habilement  combinés. 

A  la  cathédrale  de  Quimper,  c'est  le  chœur  et  la  chapelle 
absidale  qui  appartiennent  au  xiii^  siècle,  et  il  y  a  là  de 
quoi  dérouter  les  archéologues  et  les  architectes,  car  à 
première  vue,  on  est  tenté  d'attribuer  toute  cette  œuvre  au 
xnr«  siècle  ;  bases,  colonnes,  chapiteaux,  galeries,  fenêtres 
hautes  semblent  en  avoir  l'apparence  ;  mais  nous  avons 
les  dates  authentiques  des  différents  travaux  :  1239. 
L'évêque  Rainaud  entreprend  la  construction  du  chœur, 


—  213  — 

auquel  il  rattache  la  chapelle  de  Notre-Dame  de  la  Victoire^ 
qui  devient  chapelle  absidale.  —  1280.  Yves  Cabellic  cons- 
truit le  bas-côté  Nord  du  chœur.  — 1285-1295.  Alain  Rive- 
len  reconstruit  ou  remanie  la  chapelle  absidale. 

On  voit  donc  par  ces  dates  quelles  sont  les  parties  qui 
appartiennent  au  xni«  siècle  ;  et,  du  reste,  un  examen 
attentif  fait  bien  retrouver  les  caractères  du  style  de  ce 
siècle,  là  où  au  premier  coup  d'œil,  on  avait  cru  reconnaî- 
tre ceux  du  siècle  suivant.  Les  bases  sont  écrasées  et  apla- 
ties, mais  c'est  un  tracé  logique.  Les  chapiteaux  sont  bas 
et  constitués  par  une  sorte  de  couronne  de  feuillages,  cela 
tient  à  la  nature  de  la  pierre  mise  en  œuvre  et  qui  n'oflre 
pas  d'assises  hautes,  force  est  d'employer  les  matériaux 
conformément  à  leur  nature  et  d'après  leurs  dimensions. 
Encore  trouve -t- on  quelques-uns  des  chapiteaux  des 
colonnettes  qui  ont  vraiment  la  corbeille  arrondie  et  les 
CFOSsettes  classiques. 

Examinez  de  près  le  dessin  général  et  les  profils  de  la 
galerie  du  chœur,  comme  aussi  la  frise  gravée  en  creux 
qui  court  sous  cette  galerie,  et  vous  y  trouverez  le  faire 
du  xm«  siècle,  de  même  que  vous  reconnaîtrez  à  la  fois 
le  délié  et  le  nerveux  de  cette  époque  dans  les  meneaux 
et  les  compartiments  des  fenêtres,  et  aussi  dans  les  colon- 
nettes,  quatref  euilles,  crossettes  et  fleurons  des  pinacles  qui 
coupent  la  galerie  extérieure  de  la  chapelle  de  l'abside. 
De  cet  examen  vous  devrez  conclure  que  notre  pays  au  lieu 
d'être  en  retard  était  bien  plutôt  en  avance  sur  les  autres. 

L'église  de  Bénodet  a  été  construite,  en  1241,  en  l'hon- 
neur du  glorieux  martyr  saint  Thomas  de  Cantorbéry.  De 
cette  construction  il  n'existe  plus  que  le  chœur  ou  abside, 
mais  nous  pouvons  nous  réjouir  d'avoir  là  un  spécimen 
bien  intéressant  de  l'architecture  ogivale  primitive.  A  mi- 
bauteur  des  murs  prennent  naissance  de  gros  pilastres, 
ionnés  d'une  partie  carrée  et  de  cinq  colonnettes  dont  les 

Bounni  db  la  Commisbion  DiocisAiNE.  —  1*^  année.  14 


—  214  — 

chapiteaux  sont  ornés  de  la  flore  en  usage  à  cette  époque, 
feuilles  d'eau  à  pointe  recourbée  en  volute,  autres  feuilles 
bien  galbées,  se  collant  à  la  corbeille,  retournées  en  cro- 
chets. Les  tailloirs  sont  parfaitement  profilés  et  reçoivent 
les  retombées  des  différents  arcs  de  la  voûte.  Également  il 
faut  admettre  comme  très  correctes  de  style,  les  deux  baies 
à  lancette  du  mur  absidal,  surmontées  d'une  petite  rose  à 
six  lobes  et  encadrées  dans  une  arcade  à  tiers-point. 

Citons  encore  la  nef  de  Notre-Dame  de  l'Assomption,  à 
QuiMPERLÉ.  C'est  un  vaisseau  large  et  élevé,  dépourvu  de 
collatéraux,  sans  caractère  bien  tranché  à  l'intérieur, 
mais  ayant  extérieurement  bon  style  et  bonne  physio- 
nomie. Il  suffit  de  détailler  les  moulures  et  les  profils  du 
soubassement  et  de  la  corniche,  le  tracé  des  fenêtres  élan- 
cées avec  leur  meneau  unique  et  les  quatrefeuilles  ou  les 
roses  des  tympans,  pour  leur  assigner  à  coup  sûr  la  date 
du  xin^  siècle,  sans  compter  que  les  deux  portes  latérales 
Nord  et  Sud,  auxquelles  on  a  adjoint  des  porches  au 
XV®  siècle,  sont  ornées  d'une  flore  sculptée  qui  est  exacte- 
ment la  même  que  celle  de  Notre-Dame  de'  Lamballe, 
dont  la  construction  est  de  1220-1234. 

De  Quimperlé,  allons  à  Rosporden,  et  nous  trouverons 
encore  dans  le  clocher,  le  porche,  le  transept  et  la  nef, 
un  travail  bien  caractérisé  du  xiii®  siècle.  Les  gros  piliers 
qui  soutiennent  le  clocher,  les  piles  octogonales  de  la  nef 
ont  des  chapiteaux  à  feuilles  grasses,  avec  des  moulures 
parfaitement  du  style  de  cette  époque. 

Des  éléments  un  peu  semblables  se  trouvent  au  porche 
de  Coatméal  et  dans  quelques  parties  de  la  nef.  Dans  les 
deux  travées  du  chœur  de  Pont-Croix,  on  observe  une 
note  un  peu  différente  :  deux  piles  formées  de  six  colon- 
nettes  avec  un  chapiteau  bien  évasé  couvert  de  feuilles 
grasses  et  arrondies,  larges  arcades  ogivales  à  moulures 
serrées  et  bien  nourries. 


—  215  — 

Terminons  par  la  salle  capitulaire  de  Tabbaye  cister- 
cienne de  Saint-Maurice  en  Clohars-Carnoêt,  à  Textré- 
mitë  Sud  de  la  Forêt  de  Quimperlé.  Elle  est  absolument 
la  même  que  celle  de  N.-D.  de  Langonnet,  dont  elle  dé- 
rive du  reste  :  deux  fenêtres  géminées  surmontées  d*un 
oculus,  ayant  leurs  ébrasements  extérieurs  et  intérieurs 
tout  tapissés  de  colonnettes  cylindriques  monolithes, 
surmontées  de  chapiteaux  feuillages  à  corbeilles  rondes, 
et  soutenant  des  arcades  ogivales  à  tores  et  gorges  alter- 
nant. Porte  de  même  construction  donnant  sur  un  vesti- 
bule voûté  qui  communique  avec  la  salle  par  deux  portes 
intérieures.  Dans  la  salle,  deux  colonnes  cylindriques  qui 
reçoivent  sur  leurs  chapiteaux  les  retombées  de  toutes  les 
nervures  de  la  voûte^ 

XIV*  siècle. 


Ce  siècle  est  celui  qui  a  produit  dans  notre  pays  le 
moins  d'œuvres  d'architecture,  car  il  a  été  en  grande 
partie  occupé  par  la  guerre  des  Blois  et  des  Montfort  ; 
mais  s'il  a  laissé  peu  de  monuments,  il  aura  eu  du  moins 
la  gloire  de  donner  naissance  à  une  merveille,  au  clocher 
du  Creisker,  le  plus  beau,  le  plus  élancé,  le  plus  élégant 
des  clochers  de  Bretagne  et  de  ceux  du  monde  entier. 

Toute  la  partie  orientale  de  l'église  du  Creisker  est 
contemporaine  du  clocher  et  date  du  règne  de  Jean  IV, 
duc  de  Bretagne,  1345-1399.  On  le  reconnaît  facilement 
au  style  de  ses  fenêtres,  à  la  belle  rose  de  l'abside,  aux 
compartiments  rayonnants  des  trois  larges  baies  du  côté 
Midi.  Là  apparaît,  en  effet,  le  style  rayonnant  de  ce  siècle, 
dénommé  ainsi  à  cause  des  figures  qui  se  combinent  pour 
former  les  tympans  des  fenêtres  :  trèfles,  quatrefeuilles, 
petites  roses,  à  lobes  d'abord  arrondis,  s'allongeant  plus 
tard  en  pointe  au  fur  et  à  mesure  de  la  marche  de  Tart. 


—  216  — 

Ici  la  fenêtre  absidale  est  divisée  en  six  baies,  les  trois 
latérales  en  quatre,  et  dans  toutes  la  naissance  du  réseau 
du  tympan  est  soulignée  par  une  grande  traverse  hori- 
zontale, destinée  à  raidir  et  à  consolider  les  meneaux. 

Observez  les  pignons  ou  gables  qui  couronnent  ces 
fenêtres,  indiquant  les  toits  transversaux  qui  couvrent  ce 
collatéral,  les  puissants  contreforts  surmontés  de  pinacles 
et  d'où  partent  des  arcs-boutants  allant  s'appuyer  contre 
la  base  du  clocher.  Un  architecte  même  ue  doit  pas  négli- 
ger de  noter  les  gargouilles  posées  à  mi-hauteur  des  con- 
treforts sous  des  meurtrières  ou  barbacanes  formant  issue 
des  eaux  pluviales  qui  descendent  des  combles  par  des 
conduites  passant  dans  les  maçonneries.  Un  autre  point 
digne  d'observation,  ce  sont  les  galeries  ou  balustrades 
hautes  aux  deux  retombées  du  pignon  Est  et  sur  le  cêté 
Nord  où  elles  donnent  naissance,  dans  l'axe  du  clocher,  à 
un  joli  édicule  ou  loggia  en  arcade  polylobée,  surmontée 
d'un  fronton  aigu,  que  Ton  peut  à  peine  apercevoir  de  la 
rue,  faute  de  recul,  mais  qui  a  précédé  de  près  d'un  siècle 
celle  qui  forme  un  si  bel  ornement  au-dessus  de  la  grande 
rose  du  transept  Midi  de  la  Cathédrale. 

  l'intérieur,  ce  qui  nous  frappera  le  plus,  ce  sont  les 
quatre  hautes  piles  qui  portent  le  clocher,  toutes  revêtues 
de  colonnettes  rondes  qui  leur  donnent  un  élancement 
extraordinaire  et  occasionnent  une  sorte  de  frisson  quand 
on  vient  à  se  dire  que  ce  sont  ces  supports  d'apparence  si 
frêle  qui  soutiennent  ce  poids  immense,  cette  tour  qui 
s'élève  si  haut  dans  les  airs. 

A  la  cathédrale  de  Quimper,  le  collatéral  Sud  du  chœur 
fut  construit  sous  l'évêque  Allain  Gonthier,  1333  1335.  On  y 
observe,  en  eflet,  un  changement  dans  les  trèfles  et  les  qua- 
trefeuilles  des  fenêtres  :  les  lobes  de  ces  figures  deviennent 
aigus,  d'arrondis  qu'ils  sont  dans  le  chœur,  l'abside  et  le 
collatéral  Nord.  Par  ailleurs,  on  pourra  reconnaître  quel- 


—  217  — 

ques  variantes  et  modifications  dans  la  flore  des  chapi- 
teaux et  dans  les  ébrasements  extérieurs  des  fenêtres. 

Le  couvent  des  Carmes  de  Pont-l'Abbé  fut  fondé  en  1383 
par  Hervé  du  Pont,  et  Ton  peut  attribuer  à  la  même  épo- 
que réglise  du  monastère  qui  sert  maintenant  d'église 
paroissiale.  Cet  édifice  est  tout  particulièrement  remar- 
quable par  sa  façade  principale  et  par  la  belle  rose  de  son 
abside.  A  la  façade  principale,  donnant  sur  la  place  des 
Carmes,  on  a  un  grand  portail  encadré  de  six  colonnettes 
de  chaque  côté,  continuées  par  des  cordons  arrondis  for- 
mant voussures.  Au  milieu,  sont  percées  deux  portes  ogi- 
vales, séparées  par  un  trumeau  auquel  s'adossent  des 
colonnettes  servant  de  base  à  une  niche  qui  a  son  dais  à 
la  naissance  des  arcades.  La  flore  des  chapiteaux  a  une  phy- 
sionomie à  part  et  nous  reporte  au  porche  de  Pont-Croix. 

Ce  portail  est  surmonté  d'une  fenêtre  à  six  baies,  avec 
rose  rayonnante  composant  un  réseau  très  délié  de  trèfles 
et  de  quatrefeuilles.  Une  autre  porte  et  une  autre  rose, 
dans  le  même  genre,  mais  plus  petites,  s'ouvrent  à  gau- 
che sur  le  bas-côté  Nord. 

  Imtérieur,  l'église  se  dessine  sous  la  forme  d'une  im- 
mense nef  de  10  mètres  de  largeur  sur  45  mètres  de  lon- 
gueur, partagée  en  huit  travées  par  une  rangée  de  hauts 
piliers  à  faisceaux  de  colonnettes,soutenant  des  arcades  très 
élevées.  Il  n'y  a  qu'un  seul  collatéral  au  Nord.  Le  mur  Sud 
de  la  nef  est  plein  à  sa  base  et  percé  au  haut  d'une  série 
de  fenêtres.  Cette  disposition  a  été  adoptée  parceque  à  ce 
mur  méridional  s'adossait  autrefois  le  cloître  du  couvent. 

Ce  tracé  des  tympans  des  fenêtres  est  bien  dans  la  don- 
née du  style  rayonnant,  mais  on  est  bien  porté  à  les  né- 
gliger quand  on  a  devant  soi  la  magnifique  et  immense 
rose  qui  s'épanouit  dans  le  mur  de  l'abside.  Au-dessus 
d  un  soubassement  de  huit  riches  baies  s'arrondit  une 
immense  roue  de  six  mètres  de  diamètre,  divisée  par 


—  218  — 

seize  rayons,  toute  dentelée  de  quatrefeuilles,  trèfles,  tri- 
lobes,  le  disputant  pour  la  grâce,  Télégance,  le  délié,  Tha- 
bileté  du  dessin  aux  plus  belles  roses  de  nos  grandes  ca- 
thédrales de  France.  Cette  page  merveilleuse  de  dentelle 
de  pierre  est-elle  des  dernières  années  du  xiv«  siècle,  est- 
elle  du  XV®,  comme  celle  du  transept  de  Saint-Pol-de- 
Léon  qui  a  absolument  le  même  tracé  ?  Il  est  difficile  de 
le  décider,  mais  il  n'était  que  juste  de  la  citer  en  décri- 
vant une  église  dont  elle  est  le  plus  superbe  ornement. 


XV«  siècle. 


Si  le  XIV®  siècle  a  été  sobre  dans  notre  pays,  en  revanche 
le  XV®  y  a  été  prodigue  d'œuvres  d'art.  Les  troubles  poli 
tiques  avaient  cessé,  le  règne  du  duc  Jean  V  fut  pacifique 
et  nous  voyons  ce  prince  contribuer  par  ses  libéralités  à 
l'achèvement  des  travaux  des  cathédrales  de  Quimper  et 
de  Saint-Pol,  des  églises  du  Folgoat  et  de  Saint-Jean-du- 
Doigt.  C'est  sans  doute  aux  bonnes  dispositions  et  à  la 
piété  du  duc,  à  l'état  prospère  du  pays,  au  zèle  des  évo- 
ques et  des  prêtres  qu'il  faut  attribuer  le  grand  mouve- 
ment artistique  qui  anima  cette  période  et  qui  enrichit 
notre  pays  de  si  remarquables  monuments. 

C'est  à  Bertrand  de  Rosmadec,  évéque  de  Quimper,  que 
revient  l'honneur  d'avoir  entrepris  la  construction  de  la 
néf ,  des  transepts  et  de  la  façade  occidentale  comprenant 
le  portail  et  les  deux  tours. 

Le  26  Juillet,  fête  de  sainte  Anne,  1424,  il  posa  la  pre- 
mière pierre  des  tours,  assisté  de  Jean  de  Langonez,  che- 
valier, chargé  de  représenter  le  duc  Jean  V.  Pendant  tout 
le  cours  du  siècle,  les  travaux  se  poursuivent,  et  voici  les 
principales  dates  que  l'on  a  pu  relever  d'après  les  comp- 
tes et  marchés  de  la  fabrique  : 


—  219  — 

ÉpisGopat  de  Jean  de  Lespervez.  1451-1472. 

1460.  —  La  nef  est  achevée. 

1464.  —  Les  bas-côtés  de  la  nef  sont  voûtés. 

1467.  —  Le  croisillon  Sud  du  transept  est  couvert. 

Thibaud  de  Rieux.  —  1472-1475. 

1475.  —  On  entreprend  le  croisillon  Nord  du  transept, 

qui  sera  terminé  en  1486. 

Allain  Le  Maout.  —  1484-1493. 

1487-1493.  —  Construction  des  voûtes  du  transept  et  de 

la  nef. 

.     Raoul  Le  Moel.  —  1493  1501. 

1494.  —  Construction  des  meneaux  des  fenêtres  hautes 
de  la  nef,  des  balustrades,  des  galeries,  des  pinacles,  etc. 

Vers  cette  époque,  les  fenêtres  sont  garnies  de  vitres 
peintes  par  Jehan  Sohier. 

Passons  donc  rapidement  en  revue  cette  partie  de  notre 
cathédrale,  et  nous  y  constaterons  encore  une  autre  évo- 
lution de  Tart,  Tapparition  de  ce  style  du  xv®  siècle,  qu'on 
a  difi^lé  flamboyant,  à  cause  des  compartiments  de  rem- 
plissage des  tympans  des  fenêtres,  qui  ne  sont  plus  rayon- 
nants mais  affectent  maintenant  la  forme  de  cœurs  debout 
ou  renversés,  de  flammes  plus  ou  moins  contournées,  et 
que  l'on  a  aussi  désignés  fréquemment  sous  le  nom  de 
soufflets. 

Ces  formes,  nous  les  reconnaîtrons  dans  les  fenêtres, 
variées  de  toutes  manières,  diversement  combinées  et 
agencées,  mais  toujours  harmonieuses  et  habilement  des- 
sinées. 

Au  grand  portail  occidental,  il  y  a  les  deux  portes  gémi- 
nées, séparées  par  un  trumeau  qui  portait  autrefois  la  sta- 
tue équestre  du  duc  Jean  V.  Tout  autour,  comme  enca- 
drement, un  ébrasement  profond  composé  de  trois  lignes 
de  niches  à  dais,  destinées  à  abriter  les  douze  apôtres  ;  et 
plus  haut,  dans  les  voussures,  d*autres  niches  toutes  peu- 


—  220  — 

plées  de  figures  d'anges  aux  souples  draperies  et  aux  che- 
velures opulentes,  tenant,  les  uns  des  banderoUes,  les 
autres  des  écussons. 

C'est  dans  le  fronton  de  ce  porche,  dit  M.  Le  Men  dans 
sa  Monographie  de  la  Cathédrale,  que  se  trouve  la  plus 
belle  page  héraldique  que  le  Moyen -âge  ait  gravée  en 
Bretagne  sur  le  granit  de  ses  monuments.  Mais  la  nomen 
clature  de  tous  ces  blasons  et  des  autres  disséminés  et 
prodigués  dans  la  cathédrale,  serait  trop  longue  pour 
cette  notice  forcément  abrégée.  Pour  en  avoir  la  descrip- 
tion et  la  détermination,  comme  aussi  pour  être  rensei- 
gné sur  les  anciens  vitraux  et  les  vocables  des  anciennes 
chapelles,  il  faudra  recourir  à  la  Monographie  de  M.  Le 
Men,  ancien  archiviste,  ou  à  la  Visite  de  la  Cathédrale  de 
Quimper,  par  M.  l'abbé  Thomas. 

Plus  haut,  au-dessus  des  deux  grandes  fenêtres  de  la 
façade,  au  milieu  de  la  plate-forme  qui  rejoint  les  deux 
tours,  nous  apercevons  la  statue  équestre  du  roi  Grallon 
rétablie  telle  qu'elle  existait  autrefois. 

Passons  sur  la  place  Saint-Corentin  pour  admirer  tout 
le  développement  de  la  façade  Nord.  On  embrasse  d'un 
seul  coup  d'œil  tout  cet  ensemble  appartenant  à  deux  siè- 
cles différents,  et  loin  d'être  blessé  par  cette  dissemblance 
de  style,  on  est  au  contraire  comme  ravi  de  cette  unité 
dans  la  variété,  de  l'harmonie  qui  règne  de  cette  fusion, 
comme  aussi  de  l'air  de  santé  et  de  vigueur  de  notre 
cathédrale  bretonne,  sans  aucune  tache  qui  la  dépare, 
aucune  difformité  qui  enlaidisse  sa  rpbuste  structure. 

Les  angles  du  transept  sont  appuyés  par  de  puissants 
contreforts  ornés  de  niches,  et  sur  lesquels  se  détachent 
à  différents  niveaux  des  groupes  de  pinacles  aigus,  dont 
les  plus  élevés  forment  un  pittoresque  couronnement.  Le 
long  du  collatéral,  c'est  un  beau  déploiement  de  riches 
fenêtres,  de  contreforts  et  de  galeries  aux  découpures  va- 


-  221  — 

nées,  avec  les  frises  de  feuilles  déchiquetées  et  mouve- 
mentées. Plus  haut,  les  pinacles  d'où  partent  les  arcs-bou- 
tants  à  double  volée,  qui  vont  contrebouter  les  murs  hauts 
et  les  voûtes  de  la  nef. 

Négligeons  en  ce  moment  les  porches,  auxquels  on  re- 
viendra dans  un  autre  chapitre,  et  pénétrons  à  Tintérieur. 
Dans  la  nef,  deux  premières  piles  cylindriques,  les  autres 
cantonnées  de  colonnettes  avec  chapiteaux  peu  marqués, 
les  mêmes  nervures  se  continuant  dans  les  arcades,  frise 
ieuillagée  sous  la  galerie,  celle-ci  bien  ornementée  et  sur- 
montée d'une  balustrade  courant  sous  les  fenêtres  hau- 
tes. Même  disposition  dans  le  .transept,  et  dans  les  bas- 
côtés  petites  piles  déliées  pour  former  un  double  collatéral. 

Dans  le  voisinage  et  le  cercle  d'influence  de  Quimper, 
nous  avons  Locronan.  Nous  savons,  d'après  la  Mono- 
graphie  de  M.  le  Men,  que  Pierre  Le  Goaraguer,  maître 
tailleur  de  pierres  et  maçon,  fut  le  maître  de  l'œuvre  du 
croisillon  Nord  du  transept  de  la  cathédrale,  auquel  il 
commença  à  travailler  avec  Guillaume  le  Goaraguer,  qui 
probablement  était  son  fils,  depuis  le  2  Mars  1477,  jus- 
qu'à la  fin  d'Octobre  1479.  Or,  en  1485,  ce  même  Pierre 
le  Goaraguer  était  à  Locronan,  où  il  dirigeait  les  travaux 
de  la  belle  église  que  l'on  construisait,  pour  remplacer 
celle  qui  fût  bâtie  en  1031,  par  Alain  Canihart. 

Cette  église  a  l'aspect  d'une  petite  cathédrale,  et  certai- 
nes villes  épiscopales  seraient  fières  de  posséder  un  édi- 
fice si  noble  et  si  beau.  Voyons-la  avec  sa  grosse  tour 
carrée,  autrefois  surmontée  d'une  flèche,  ses  deux  gentils 
clochers  de  l'arc  triomphal  et  du  Pénity,  ou  chapelle  du 
tombeau  de  saint  Ronan,  ses  trois  porches,  ses  contreforts, 
ses  fenêtres  et  son  double  rang  de  balustrades  extérieu 
res,  sa  grande  fenêtre  absidale  reproduisant  presque  iden- 
tiquement le  tracé  de  certaines  fenêtres  de  Quimper. 

A  l'intérieur,  on  trouve  d'abord  les  deux  grosses  piles 


—   Z2Z   — 

sur  lesquelles  porte  le  grand  clocher  ;  puis  les  trois  tra 
vées  de  la  nef,  divisées  par  des  piliers  ronds  cantonnés  de 
quatre  colonnettes  qui  montent  de  fond,  sans  chapiteaux, 
pour  aller  former  les  nervures  des  archivoltes  et  des  voûtes. 
A  rentrée  du  chœur,  sont  deux  grosses  piles  cylindriques 
dont  Tune  renferme  un  escalier  à  vis  desservant  les  com- 
bles et  les  galeries  extérieures.  Ces  piles  portent  le  grand 
arc  triomphal  sur  lequel  est  monté  le  petit  clocher  central. 

Les  deux  premières  travées  du  bas-côté  Sud  s'ouvrent 
sur  la  chapelle  du  Pénity,  longue  de  16  mètres  et  lai^e  de 
5  m.  70,  élevée  sur  l'emplacement  de  l'ermitage  de  saint 
Ronan  et  recouvrant  aussi  son  tombeau.  Au-dessus  de  ce 
tombeau  est  un  monument  en  kersanton  qui  fut  érigé,  soit 
par  la  duchesse  Anne,  vers  1505,  soit  vingt  ans  plus  tard 
par  sa  fille  Renée  de  France  qui  devint  duchesse  d'Esté  et 
de  Ferrare. 

Notons  que  toute  l'église  de  Locronan  est  couverte  de 
voûtes  en  pierre,  chose  bien  rare  dans  notre  pays,  en 
dehors  des  églises  de  premier  ordre. 

Moins  importante  comme  dimensions,  mais  conçue 
dans  le  même  style  et  voûtée  également  en  pierre,  est  la 
chapelle  de  Notre-Dame  de  Tronoen,  en  Saint-Jean  Troli 
mon.  Comme  les  églises  de  Locronan  et  de  Penmarc'h, 
elle  est  surmontée  d'un  clocher  central  accosté  de  deux 
clochetons,  qui  y  sont  reliés  par  une  galerie.  A  l'extérieur, 
le  côté  Nord  est  sobre,  mais  le  côté  Sud  est  d'une  élégance 
remarquable,  décoré  d'un  porche  et  d'une  porte  secon- 
daire qui  présentent  une  grande  richesse  d'ornementation. 
Trois  fenêtres  sont  percées  dans  cette  façade,  et  deux  dans 
l'abside  carrée  ;  celle  qui  correspond  au  mattre-autel  est 
divisée  en  cinq  baies  et  a  son  tympan  rempli  par  une  rose 
composée  de  septquatrefeuilles. 

La  chapelle  de  Notre  Dame  de  Quilinen,  dépendant  de 
la  paroisse  de  Landrévarzec,  doit  être  de  la  même  époque, 


-  223  - 

d'autant  plus  que  nous  avons  des  raisons  sérieuses  de 
croire  qu*elle  fut  bâtie  par  Jean  de  Launoy,  dont  nous 
trouvons  plus  tard  le  nom,  au  porche  Midi  de  Saint-Her- 
bot,  en  Tannée  1498  (1). 

Le  côté  Est,  formé  par  Tabside  et  un  transept  Nord,  est 
percé  de  trois  belles  fenêtres  et  appuyé  par  quatre  contre 
forts  surmontés  de  pinacles  aigus,  hérissés  de  crossettes. 
Sur  la  façade  Sud,  on  trouve  trois  autres  jolies  fenêtres, 
une  petite  porte  élégante  et  une  sorte  de  porche  en  arcade 
encadrant  deux  portes  géminées  au-dessus  desquelles  est 
une  gracieuse  Vierge  à  genoux,  ayant  à  sa  droite  un  ange 
portant  sur  une  banderolle  Tinscription  gothique  :  Ave. 
Qratia.Plena. 

A  sa  gauche,  un  autre  ange,  aussi  à  genoux,  tient  Tins- 
cription  :  Notre, Dame, de. bonnes. nouvelles. 

On  trouve  un  ressouvenir  de  ce  porche  dans  celui  de 
Notre-Dame  des  Fontaines,  en  Gouézec.  A  l'intérieur,  on 
est  agréablement  surpris  de  trouver  une  architecture 
riche  et  savante,  dans  la  partie  absidale,  c'est-à-dire  une 
travée  de  la  nef,  le  chœur  et  la  branche  qui  forme  l'unique 
transept  au  Nord.  Des  piliers  revêtus  de  colonnettes  sou- 
tiennent des  arcades  et  des  voûtes  élégantes  recoupées  de 
nervures  moulurées.  Quatre  écussons  forment  les  clefs  à 
l'entrecroisement  de  ces  nervures  ;  l'un,  dans  le  chœur, 
est  chargé  d'hermines  sans  nombre  ;  deux,  dans  la  nef  et 
le  transept,  portent  des  macles. 

Près  de  cette  chapelle,  est  un  calvaire  très  beau  et  très 
pittoresque  qui  sera  décrit  plus  tard. 

L'église  de  Notre-Dame  de  I'Assomption,  à  Quimperlé, 
dont  nous  avons  déjà  décrit  la  nef  xui«  siècle,  a  sa  deu- 
xième partie  datant  du  xv«  siècle.  En  l'abordant  par  le 

(l)  Conf.  Bulletin  de  la  Société  Archéologique  du  Finittère,  année  1898, 

Cge  U  et  seq.  —  Prééminences  à  Landrévarzec  et  à  Quilinen,  par 
l*abbé  A.  Favé. 


—  224  — 

côté  Midi,  on  voit  d^abord  son  clocher  massif  qui  plane 
sur  toute  la  ville,  puis  un  porche  surmonté  d'une  cham 
bre.  Plus  loin,  on  trouve  une  élégante  fenêtre  à  compar- 
timents flamboyants,  puis  la  grande  fenêtre  du  transept 
avec  son  tympan  fruste  ;  au-dessous,  une  ravissante  petite 
porte  ornée  de  colonnettes,  de  feuillages,  crossettes  et 
choux  de  couronnement  ;  puis  une  troisième  fenêtre  à  la 
rosace  des  plus  élégantes  ;  enfin  un  grand  arc-boutant, 
pratiqué  dans  un  contrefort  d'angle  et  enjambant  la  rue 
pour  dégager  le  passage. 

A  l'abside,  deux  étroites  fenêtres  latérales,  l'immense 
fenêtre  centrale,  et  aux  contreforts  deux  niches,  dont 
l'une  abrite  la  statue  de  Notre-Dame  de  Kergornec.  Au 
côté  Nord,  même  répétition  de  fenêtres  et  de  portes  qu'au 
côté  Midi,  après  quoi  vient  un  porche  qui  est  une  mer- 
veille de  grâce  et  de  richesse. 

A  l'intérieur,  à  l'extrémité  de  la  nef,  l'édifice  s'élargit 
pour  recevoir  deux  collatéraux,  et  le  chœur  est  délimité 
par  quatre  puissants  piliers  qui  portent  le  clocher.  Deux 
massifs  carrés,  faisant  avancée  sur  les  premiers,  servent 
d'adossement  à  deux  autels  et  encadraient  autrefois  un 
jubé,  dont  l'existence  est  attestée  par  deux  portes  ou  pas- 
sages qui  y  donnaient  accès.  Dans  toute  cette  partie  supé- 
rieure, il  y  a  une  grande  richesse  de  colonnettes,  de  vous- 
sures, de  nervures,  et  à  la  place  du  lambris  en  bois,  nous 
trouvons  de  solides  voûtes  en  pierre,  divisées  par  des  arcs 
ogives.  On  pourrait  signaler  avec  raison  les  piscines 
sculptées  qui  accompagnent  les  autels,  et  noter  une  bizar- 
rerie dp  la  construction  :  c'est  que,  sur  neuf  fenêtres  qui 
ajourent  les  différentes  travées,  trois  seulement  se  trou 
vent  exactement  dans  l'axe  des  voûtes  qui  les  surmontent. 

Transportons  nous  maintenant  dans  la  grande  chapelle 
de  Saint  Herbot,  en  la  paroisse  de  Plonévez-du  Faou,  à 
deux  lieues  du  Huelgoat.  Au  fond  du  porche  Midi,  on  lit 
cette  inscription  : 


—  225  — 

Messire  Jehan  de  Launoy,  prehtre,  gouverneur  de  céans, 
faire  eest  portail,  commencement  le  premier  jour  de 
Juillet,  mU  qucUre  cents  guerre  vingts  dix  huit. 

Au  tympan  de  la  grande  porte  Ouest,  deux  anges 
tiennent  des  inscriptions,  celle  de  droite  porte  :  L'an 
mU  V*XVI  (1516)  fust  cest  portail  consacré  et  mise  ichi 
cette  pierre. 

Ces  deux  inscriptions  nous  indiquent  fort  bien  que  la 
grosse  construction  de  l'église  a  été  faite  avant  la  fm  du 
X¥«  siècle,  sauf  le  mur  droit  de  Tabside,  qui  a  été  remanié 
ou  plutôt  prolongé  après  coup,  comme  le  marque  le 
style  des  contreforts  et  Tinscription  gravée  sur  l'un  d'eux  : 

M.MA.DERIEN.1618. 

A  l'extérieur,  l'ornementation  de  la  porte  Ouest  sous  le 
clocher,  celle  des  contreforts,  des  fenêtres  et  du  porche 
Sud  nous  révèlent  ce  style,  comme  aussi  à  l'intérieur,  les 
piles  qui  forment  les  cinq  travées  de  la  nef,  composées  de 
faisceaux  de  colonnettes,  couronnées  de  chapiteaux  feuil- 
lages et  supportant  de  hautes  arcades  à  moulures. 

De  Saint-Herbot  à  Brennilis  il  y  a  huit  kilomètres,  en 
passant  par  LoquelTret.  Au  fond  de  l'église  de  Brennilis, 
sur  une  pierre,  au  coin  de  l'Épitre,  est  une  inscription  qui 
nous  renseigne  sur  la  date  exacte  de  la  construction  : 
Yves.  Toux. procureur.lan.mil.CCCClIII  XX  cinq  (1486) 
commencement .  de .  cette .  chapelle. 

La  physionomie  générale  de  l'architecture  est  bonne  et 
convenable,  mais  en  dehors  du  clocher,  de  la  porte  double 
avec  trumeau  central,  à  la  façade  Ouest,  puis  de  la  fenêtre 
absidale  ayant  un  tympan  à  trois  fleurs  de  lis,  l'édifice 
n'offre  rien  d'extraordinaire  ;  mais  il  n'en  est  pas  de  même 
des  détails  de  sculpture,  statuaire  et  vitraux  peints  qui 
seront  à  étudier  dans  des  chapitres  à  part. 

(A  suivre.) 


—  226  — 


CARTULAIRE 


DE    L'ÉGLISE    DE    QUIMPEB 

(Suite.) 


19. 

QUEDAI  LITTERE  DOIINI  ARCHIEPISCOPI  INTER  EPISCOPUI 

ET  GUIDONEI  COIITEI  BRITANNIE 

Lsttres  de  l'Arohevetque  de  Tours  touchant  quelque  oontroverte 
entre  l'Eveeque  de  Oomouallle  et  le  oomte  de  Bretagne  pour 
baatlment  à  Quimper  Oorentln. 


Johannes  Dei  gracia  Turonensis  archiepiscopus,  Guil- 
lelmus  Andegavensis  (1),  G.  Nannetensis  (2),  P.  Briocen 
sis  (3),  P.  Macloviensis  (4),  J.  Leonensis  (5)  et  G.  Treco- 
rensis(6)  eadem  gracia  episcopi,  universis  Christifldelibus 
ad  quos  lictere  présentes  pervenerunt,  salutem  in  Domino. 

Cum  inter  venerabilem  fratrem  nostrum  Guillermum, 
Corisopitensem  episcopum,  et  nobilem  virum  G.  deToar 
cio  comitem  Britannie  contentio  verteretur  super  qua- 
dam  domo  quam  idem  cornes  in  fundo  S^^  Ghorentini 
edificare  inceperat  et  super  alia  domo  in  villa  S^^  Choren- 


(1)  Guillaume  de  Beaumont,  1S02-1240,  évéque  d'Aogera. 
(3)  Geoffroy,  1199-1212,  évoque  de  Nantes.    • 

(3)  Petrus,  1208-1212,  évéque  de  Saint-Brieuc. 

(4)  Pierre  Giraud,  1184-1218,  évéque  de  Saint-Maio. 

(5)  Jean,  1187-1227,  évéque  de  Léon. 

(6)  Godefiroy,  1179-1220  (d'après  Gams),  évéque  de  Tréguier. 


—  227  — 

tini  ab  ipso  episcopo  ad  usum  macelli  inchoata  quam 
idem  cornes  fieri  impediebat  et  super  aliis  eciam  quere- 
lis,  tandem  facta  a  partibus  (antê)  archiepiscopum  corn- 
promissio  et  firmata,  idem  cornes  sub  religione  jura- 
menti  apud  Redonis  (1),  nisi  (ubi)  ad  concilium  conve- 
neramus  concessit  se  facturum  permutacionem  compe- 
tentem  ipsi  episcopo,  pro  domo  quam  faciebat  in  fundo 
S^  Chorentini,  scilicet  sexaginta  solidos  annui  redditus 
et  eas  assigna  vit  ipsi  episcopo  in  parrochia  de  Elgent  (2), 
concedens  quod  tantum  terre  ei  in  ipsa  parrochia  libère 
assignabit  que  ad  minus  sexaginta  solidos  valeat  annua- 
tim.  Ita  quod  si  eadem  terra  per  melioracionem  Episcopi 
plus  valuerit,  episcopo  totum  cedat,  nec  comas  alcius  eri- 
getdomum  illam  eo  statu  in  quo  vidimus  eam  (3),  nos 
scilicet  archiepiscopus  cum  aliis  bonis  viris,  nec  lacius 
altra  metas  quas  similiter  vidimus  ampliabit,  nec  in  ea 
homines  S^^  Corentini,  sine  utriusque  consensu,  capti  tene- 
buntar,et  de  bac  permutacione  observanda ,  litteras  dom ini 
régis  francorum  et  suas  et  filie  sue  heredis  Britannie  cum 
nostris,  ipsi  episcopo  dari  faciet,  ita  quod  si  hères  bri- 
tannie dictam  composicionem  et  permutationem  non  ob- 
servaverit  ipse  hères  domum  illam  funditus  tenebitur 
demoliri  et  si  neuter  istorum  facere  voluerit,  tamdiu  in 
eum  et  terram  suam  sentenciam  ecclesiasticam  promul- 
gabimus  donec  eorum  alteri  acquiesçât. 

Aquas  dictam  domum  preterfluentes  sicut  hactenus 
habuit  libère  habebit  episcopus  et  quiète. 

Domum  quam  ad  macelli  usum  inchoaverat  episcopus. 
ibidem  ubi  incepit  vel  alibi  in  fundo  suo  ubi,  salvo  jure 


(1)  Coodle  de  la  province  de  Tours  tenu  à  Reones  au  oommeDoemeut 
fie  Paooôe  1210. 

(S)  KlUaut. 

(3)  L'archeTÔqoe  de  Tours  était  donc  venu  foire  sa  visite  à  Quimper 
tt  sa  qualité  de  métropolitain. 


—  228  — 

comitis,  voluerit  edificabit,  perâciet  consumabit,  nichil 
ibi  comité  percepturo,  Episcopus  homines  Corisopitenses 
non  compellet  ut  ad  macellum  sum  vendituri  veniant  vel 
empturi. 

In  domo  episcopi  sicut  consuetum  est  cause  et  placita 
tractabuntur. 

Hec  omnia  juramento  comitis  et  concessione  episcopi 
confirmata  ad  petitionem  parcium  in  scriptum  redigi 
fecimus  et  sigillorum  nostrorum  munimine  roborari. 


20. 

CARTA  DOIINI  J.  TURONENSIS,  ARCHIEPISCOPI 
SUPER  DIRUTIONE  DOlUS  QUAI  GUIDO  COIES  BRITANNIE 
EDIFICAVIT  IN  FUNDO  S^i  CHORENTINI 
CONTRA  VOLUNTATEI  EPISCOPI  (') 


t 


Johannes,  Dei  gracia  Turonensis  Archiepiscopus,  omni- 
bus présentes  litteras  inspecturis  salutem  in  Domino. 

Universitati  vestre  notiiicandum  duximus  quod  cum 
nobilis  vir  Guido,  comes  Britannie,  quamdam  domum 
apud  Kemper  Corentinum  in  terra  venerabilis  fratris  nos- 
tri  Corisopitensis  contra  justitiam  edificasset,  post  modum 
inter  dictes  episcopum  et  comitem  facta  fuit  composicio 
sub  bac  forma. 

Dictus  Comes  suam  injustitiam  recognoscens  coram 
nobis  concessit  quod  predicta  domus  per  ipsum  episco- 
pum funditus  dirueretur  et  quod  tota  materia  ipsius 
domus,  ligna  scilicet  et  lapides  ad  perfectionem  capelle 
Béate  Marie  (2)  quam  inceperat  dictus  Episcopus  appo- 
neretur. 


(1)  C.  56,  f*  19. 

(2)  C'est  la  chapelle  de  N.-D.  du  Gaéaudet,  démolie  vers  1810. 


—  229  — 

Ut  autem  hec  composicio  in  perpetuum  firma  sit  et 
stabilis  présentes  litteras  sigilli  nostri  munimine  robo- 
ratas  sepedicto  episcopo  duximus  concedendas. 


CARTA  DE  DIRUTIONE  DOlUS 
QUAI  GUIDO  COIES  BRITANNIE  CONSTRUXIT  c 

IN  FUNDO  ST>  CHORENTINI 
CONTRA  VOLUNTATEI  EPISCOPI  CORISOPITENSIS  («) 

Le  Conta  de  Bretagne  oéde  au  8gr  Evesque  pour  lever  un  Inier- 
dlct  une  maison  qu'il  faisait  bastir  au  terroir  du  dit  Evesque  et 
oonaent  que  les  matériaux  d'ioelle  soient  employés  au  Queodet 
que  le  diot  Evesque  Iwtlssalt. 


Guide  de  Thoarcio,  cornes  Britannie,  omnibus  présentes 
litteras  inspecturis  salutem  in  Domino. 

Universitati  vestre  litteris  volo  presentibus  aperiri  quod 
cum  in  terra  beati  Chorentini  apud  Kemper-Chorenti- 
num  domum  quamdam  contra  justiciam  construxissem 
et  propter  hoc  terra  mea  interdicto  subjecta  fuisset  ;  tan- 
dem ad  cor  rediens  et  meam  in  justiciam  recognoscens 
concessi  quod  predicta  domus  f unditus  diruatur  per  epis- 
copum  et  totam  materiam  ipsius  domus,  ligna  scilicet  et 
lapides  idem  episcopus  ad  perfectionem  Capelle  Béate 
Marie  (2)  quam  incepit  pro  sua  voluntate  apponat. 


A  .  j.  r-A  Tyr 


a)  G.  56,  19. 

(9)  Nota  de  CapeUa  Béate  Marie.  (Note  eo  marge  da  Cartulaire.) 

Buiunif  DE  LA  CoM MISSION  DiocisAiNB.  —  V*  année.  15 


—  230  — 


CARTA  PETRI  ^*^  COIITIS  BRITANNIE  DE  QUODAI  AUXILIO 

QUOD  FECIT  GUILLERIU8  EPISCOPUS  C0RI8OPITENSIS, 
QUOIODO  NOLUIT  QUOD  IN  CONSEQUENCIAI  TRAHERETUR 

Ayde  de  l'Evetque  au  Duo  de  Bretagne  sans  tirer  à  oonséquenoe  (2). 

-  1213  - 


Universis  Christifidelibus  présenter  litteras  inspecturis, 
I  Petrus,  dux  Britannie,  Cornes  Richemundi,  salutem  et  di- 

lectionem. 

Noverit  universitas  vestra  quod  auxilium  quod  fecit 
mihi  Wilelmus  Corisopitensis  Episcopus  de  sua  voluntate 
et  de  mera  gracia  non  de  jure  fecit,  salvo  jure  S^^  Coren- 
tini  et  comitis  Britannie,  nec  volo  in  consequenciam  quod 
mihi  in  Deo  de  gracia  esse  factum,  trahere  ullo  modo. 
-Q  /  Actum  pu^lice  apud  Alraium  (3)  annoDomini  MoCCoXIll<* 

pridie  liàlendas  Maii  (4). 


CARTA  DE  RESI6NACI0NE  JURIS  PATRONATUS 

SI  QUOD  HERVEUS  DE  LEONIA  HABEBAT 

IN  ECCLESIA  CRAOTHON  (»} 

Ls  8gr  de  Orauzoh  présente  son  fils  pour  estre  pourveu  de  cette 
oure  dont  y  avait  oontroverse  pour  présentation  (6). 


Reverendo  patri  ac  domino  Guillermo  Dei  gracia  Cori- 
sopitensi  episcopo  et  humili  ejusdem  ecclesie  Capitule 

(1)  Pierre  de  Dreux,  dit  Mauclerc,  qui  devint  comte  de  Bretagne  en 
épousant  Alix,  fille  atnée  de  Gui  de  Thouars  et  de  Constance,  qui  n'avait 
que  onze  ans  au  moment  de  son  mariage,  en  1212. 

(2)  C.  56,  1^  20.  —  G.  31,  ^  9, 
(S)  Alraium,  Âuray. 

(4)  30  ÂYril  1213. 

(5)  Ancienne  forme  du  mot  Crozon. 

(6)  C.  56,  M9. 


231  — 


H.  de  Leooia  eorum  devotus  parrochianus,  salutem  et  ut 
decet  patronis  suis  in  Domino  obedire. 

Sanctitati  vestre  preces  dirigimus  pro  E.  clerico  vestro 
filio  Wilelmi  Penboch  hominis  nostri,  ut  eidem  ecclesiam 
de  Craothon,  super  qua  inter  dominum  episcopum  et  nos 
controversia  extitit  et  quam  in  manu  episcopi  paciflce  resi- 
gnavimus,  pro  caritatis  intuitu  et  nostrarum  precium  inter- 
ventu  liberaliter  conferatis,  et  si  nostris  precibus|obtem- 
perare  voluerit  paternitas  vestra,  cognoscatis  certissime 
tam  honorem  beati  Chorentini  quam  vestrum  locum  et 
tempore  effecturos. 


ai. 

LITTERE  DE  CONCESSIONE  ECCLESIARUI 
QUAS  FECIT  WILLELIUS  EPISCOPUS  CAPITULO  C0RI80PITENSI 

1218.  —  L'Evesque  de  Oornouallle  donne  au  Ohaplttre,  à  la  pplém 
et  par  le  ooneell  de  l'Arohevetque  de  Tours,  BannaleOi  Plode- 
tet,  8pezet  {*)l 


Uniyersis  présentes  litteras  inspecturis  Guillermus,  Dei 
gracia  Corisopitensis  episcopus,  salutem  in  Domino. 

Noveritis  Univers! tas  vestra  quod  nos  paupertatem  eccle- 
8ie  et  capituii  Corisopitensis  attendentes  et  eis  personali- 
ter  providere  volentes,  ad  preces  et  consilium  venerabilis 
patris  nostri  Johannis,  Thuronensis  archiepiscopi  et  alio- 
rum  presbyterorum  et  discretorum  virorum  cum  eodem 
assistencium,  de  ejusdem  Capituii  consensu  et  voluntate 
dedimus  et  concessimus  caritatis  intuitu  de  Banadloc  in 
Péecarnoet,  de  Ploechevet  (2)  in  Armorico  in  Capcavall  et 
de  Spethut  (3)  in  Poechaer  ecclesias,  memorato  capitule 


(1)  C.  56,  ^  13. 

(3)  Plœckev^  ou  Plœthevet,  Plozôvet. 

9)  SpeUwt  pour  Speihuc,  Spithoe,  Spézot. 


—  232  — 

libère  et  intègre  in  perpetuum  possidendas,  salvo  jure 
episcopali  archidyaconorum  et  decanorum. 

Quod  ut  ratum  esset  et  stabile,  concessionem  istam  sigilli 
nostri  munimine  duximus  roborandam. 

Actum  puplice  anno  gracie  M9  CO"  sexto  decimo,  mense 
majo,  pontificatus  autem  nostri  vicesimo  quarto  (1). 


25. 

LITTERE  DOIINI  PETRI  COIITIS  BRITANNIE 

ET  AALIZ  UXORIS  SUE 

QUOD  NON  HABEANT  JUS  IN  ELECTIONE  CORISOPITENSI 

Les  duos  et  duchesse  de  Bretagne  déclarent  pour  eux  et  leurs 
successeurs  leisser  au  Ohapfstre  l'élection  de  l'Evesque  w. 

-  1218  - 


Universis  in  Christo  renatis  ad  quos  presens  scriptum 
pervenerit,  Petrus  dux  Brltannie  cornes  Richemondi  et 
Aaliz  uxor  ejus  salutem  et  sinceram  dilectionem. 

VolenXes  hominum  obstare  maliciis  que  de  die  in  diem 
nostfis  temporibus  crescere  dignoscuntur,  et  providere 
Corisopitensls  ecclesie  libertati,  universitati  vestre  volu- 
mus  innotescat  quod  cum  ecclesiam  €orisopitensem  pas- 
tore  vacare  contigerit,  in  electione  substituendi  episcopi 
nuUum  jus  penitus  reclamamus,  sed  eam  tantum  canoni- 
corum  Corisopitensium  esse  liberam  protestamur  et  ne 
quis  successorum  nostrorum  in  electione  predicta  jus  ali- 
quod  reclamare  présumât,  in  hujus  rei  testimonium  pre- 
sentem  cartulam  sigillorum  nostrorum  munimine  duxi- 
mus roborandam.  Actum  anno  gracie  apud  Succinou  (3) 
Mp  ce»  decimo  octavo.  (A  suivre.) 


(1)  Gaillaume  était  donc  évoque  de  Quimper  depuis  119S. 

(2)  C.  &6,  ^  12. 

(3)  Cliftteaa  de  Succioio,  près  Vannes. 


233 


raitlï  988  88i^V  VS€A&SAV8 

du  Mlniliy  de  Léon. 


ENQUÊTE  DE  COAfMODO  ET  INCOMMODO 

(Suite.) 


Us  disent  que  le  S^  Salaun  n'est  point  allié  du  S' Hervé, 
chanoine  pénitencier  de  Léon;  maistre  Jacques  Hervé, 
leur  advocat,  frère  du  dit  S'  Hervé,  a  tort  de  les  abuser 
de  la  sorte,  puisque  il  reconnoist  la  proximité  de  sa 
parenté  avecq  damoiselle  Marie  Balané,  femme  du  dit 
S' Salaun,  ce  qull  serait  aussi,  facille  à  prouver  s'il  estoit 
nécessaire,  et  le  dit  maistre  Jacques  Hervé  a  mauvaise 
grâce  de  la  désavouer  à  présent,  puisque,  à  ses  nopces,  il 
y  a  environ  deux  mois,  c'estoit  sa  cousine.  D'ailleurs,  si 
le  dit  Salaun  n'est  point  ofTicier  des  dits  Sieurs  du  Cha- 
pilre,  il  l'est  du  moins  de  M^'  l'Évoque  de  Léon  et  du 
S'  abbé  de  la  Brousse,  tous  deux  chanoines,  et  par  con 
séquent  reprochables. 

De  ce  que  dessus,  il  résulte  que  les  dits  Sieurs  Viccaires 
ont  raison  de  conclure  comme  ils  font  à  cet  esgard,  à  ce 
que  les  moyens  de  reproches  cy- dessus  soyent  déclarés 
pertinents  et  en  conséquence  les  dits  témoins  renvoyés  : 

Et  répondant  au  dernier  plaidé  des  dits  Sieurs  du  Cha- 
pistre,  disent  que  c'est  un  fait  assez  hardy  d'avancer  qu'il 
soit  impossible  au  Chapistre  de  faire  ouïr  aucun  témoins 
dignes  de  foy  dans  toutte  l'estendue  du  Minehy  qui  ne  fut 


—  234  — 

ou  parent  ou  allié  de  quelques  chanoines  ou  débitteurs  de 
quelques  rentes  du  collège  ou  mareau,  ou  enfin  vassal 
de  mon  dit  Seigneur  TÉvesque  de  Léon  ;  Ton  conviendra 
d'abord  que  tous  les  propriettaires  des  héritages  situés 
aux  sept  paroisses  du  Minehy  sont  vassaux  de  mon  dit 
Seigneur  TÉvesque  de  Léon  et  qu'ils  rellevent  de  luy 
comme  seigneur  féodal  ;  mais  l'on  ne  prétend  pas  repro- 
cher ceux  qui  n'auront  d'autres  qualités  que  celles  de 
vassaux  et  l'on  soutient  qu'il  se  trouvera  plus  de  deux 
mille  habittans  dignes  de  foy  dans  les  dittes  sept  parois- 
ses du  Minehy  qui  ne  sont  ny  parents,  ny  alliés,  ny  det- 
teurs  des  dits  Sieurs  du  Chapistre,  non  plus  que  de 
Mgr  l'Évesque  de  Léon  ;  lesquels  habittans,  s'il  plaist  à 
M.  le  Commissaire  les  entendre,  luy  feront  connoistre  que 
bien  loin  que  la  nécessité  urgente,  ny  l'utillité  évidente, 
requise  par  les  cannons  pour  former  l'union  des  beneffi- 
ces  se  trouve  dans  l'espèce  de  la  cause,  il  en  naistrait  plu- 
sieurs incommodités  et  inconveniants  pour  le  regard  du 
spirituel  comme  pour  le  temporel.  Pour  le  spirituel,  le' 
général  de  chacune  des  dittes  paroisses  a  déjà  cy- dessus 
insinué  les  malheurs  qui  sont  arrivés  pendant  que  les 
sept  paroisses  du  Minehy  ont  esté,  après  l'arrest  du  Par- 
lement de  Bretagne,  régies  par  un  seul  prétendu  viccaire 
perpétuel  et  des  soubz-viccaires,  puisque  par  le  deilault 
de  pasteurs,  plusieurs  enfants  sont  morts  sans  baptême, 
plusieurs  autres  personnes  mortes  sans  extrême-onction, 
sans  confession,  sans  viatique  et  sans  aucune  autre  conso- 
lation spirituelle,  et  les  enterrements  de  cadavres  retar- 
dés considérablement,  au  grand  détriment  et  scandale  de 
la  relligion  ;  et  quant  au  temporel,  les  propriétaires  des 
herittages  sittués  aux  sept  paroisses  du  Minehy  se  trou- 
verront  bien  embarrassés  dans  la  description  et  dénom- 
brement des  dits  herittages,  ils  ne  pourraient  plus  se 
conformer  aux  anciens  aveus  fournis  depuis  les  trois  à 


—  235  — 

quatre  cents  ans  qui  leurs  devrayent  servir  de  règles, 
parce  que  les  lieux  de  leur  sittuation  ne  porteraient  plus 
le  mesme  nom,  ce  qui  causerait  un  désordre  et  une  con- 
iusion  très  préjudiciable,  outre  plusieurs  autres  inconvé- 
niants  dont  les  habittants  pourront  parler  avec  plus  de 
connaissance  que  les  dits  Sieurs  Viccaires,  qui  s'atta- 
chent uniquement  à  ce  qui  les  concerne  et  au  point  essen- 
tiel, qui  est  de  sçavoir  s'il  y  a  nécessité  urgente  de  faire 
Tunion  requise  par  les  dits  Sieurs  du  Chapistre,  car  il  ne 
sagist  pas  seullement  de  scavoir  si  l'union  serait  com- 
mode ou  incommode,  mais  de  scavoir  s'il  y  a  nécessité 
de  la  faire  ;  les  termes  de  l'arrest  du  Conseil  du  septième 
Oust  1697,  de  l'exécution  duquel  est  question  le  justiffient, 
puisque  il  porte  que  l'union  des  sept  paroisses  dont  est 
cas,  «  sera  faitte  en  une  ou  plusieurs  paroisses  sy  faire  se 
doit,  »  ces  termes,  ((  9y  faire  se  doit  »  demandent  une  sé- 
rieuse refflexion.  L'arrest  ne  porte  pas  que  l'union  sera 
faitte  sy  commodément  faire  se  peut,  ce  qui  n'induirait 
autre  obligation  que  d'informer  du  commode  ou  de  l'in- 
commode, mais  les  termes  ((  sy  faire  se  doit  n  imposent 
une  obligation  indispensable  d'informer  de  la  nécessité 
de  l'union  des  dittes  sept  paroisses,  ce  qui  est  impossible, 
de  toute  impossibilité. 

Les  termes  du  mesme  arrest  qui  portent  que  les  sept 
paroisses  dont  est  cas  «  seront  unies  en  une  ou  plusieurs 
9y  faire  se  doit,  »  doivent  imposer  un  éternel  silence  aux 
dits  Sieurs  du  Chapistre  pour  le  premier  fait  qu'ils  ont 
avancé  par  leur  requeste  présenté  à  Mgr  l'Archevesque  de 
Tours,  le  quatrième  Octobre  dernier,  qui  est  que  tout  le 
Minehy  n'a  jamais  composé  qu'une  seulle  paroisse  puis- 
que, sur  la  démonstration  faite  du  contraire  par  les  dits 
Sieurs  Viccaires,  l'arrest  du  Conseil  autorise  le  nombre 
des  dites  sept  paroisses,  portant  que  les  sept  paroisses  dont 

eit  c(u  seront  unies  si  faire  se  doit,  qu'ils  ne  fassent  donc 


—  236  — 

plus  de  difficulté  sur  une  question  décidée  par  un  arrest 
souverain. 

Quant  à  ce  qu'ils  disent  qu'il  n*y  a  que  une  seulle  église, 
un  seul  tabernacle  et  autres  faits  de  mesme  nature,  c'est 
une  matière  sy  souvent  rebattue  et  sy  bien  eclaircye,  aussi 
bien  que  la  question  s'il  y  a  lieu  à  l'union  des  dites  sept 
paroisses,  par  Tescrit  que  les  dits  Sieurs  Viccaires  ont 
fourny  devant  M^  de  Pommereu,  Conseiller  d*Estat,  com- 
missaire cy  devant  nommé  par  Sa  Majesté  au  sujet  des 
différents  des  partyes,  qu'il  serait  inutile  de  repetter  les 
raisons  portées  par  le  dit  escrit  ;  c'est  pourquoy,  pour 
obvier  à  prolixité,  les  dits  Sieurs  Viccaires  en  déposent  en 
l'endroit  une  coppye  imprimée  contenant  douze  rolles, 
chiffrée  en  marge  des  soubz  signants,  aux  mains  de  l'ad- 
joint, supliant  M.  le  Commissaire  d'en  prendre  la  lecture. 

Quoyque  tous  les  dits  faits  soyent  inutiles  et  de  nulle 
conséquence  au  procès,  puisque  il  est  déjà  décidé,  et 
qu'il  demeure  pour  constant  qu'il  y  a  sept  paroisses  ou 
viccariats  perpétuels  au  Minehy,  cependant  les  dits  Sieurs 
Viccaires,  t>our  ne  point  laisser  sans  réponse  ce  que  les 
dits  Sieurs  du  Chapistre  ont  avancé  par  leur  requeste  pré- 
sentée à  mon  dit  S^  l'Archevesque  de  Tours  et  par  leurs 
plaides  cy  dessus,  diront  qu'il  est  vray  qu'il  n'y  a  que 
une  seulle  grande  messe  qui  est  pour  le  regard  des  sept 
paroisses  du  Minehy,  la  messe  de  dimanche  ditte  commu- 
nelle,  laquelle  se  chantait  entierrement  à  haute  voix  et 
estait  respondue  par  les  dignitaires,  chanoines,  viccaires 
et  autres  du  cœur,  suivant  l'enqueste  du  19  Juillet  1549, 
faite  à  la  requeste  des  chanoines  et  Chapistre  de  Léon,  et 
qui  à  présent  est  cellebrée  à  basse  voix,  à  chaque  jour  de 
dimanche,  par  sept  viccaires,  chacun  à  son  tour,  après 
avoir  bény  l'eau  et  en  avoir  fait  l'aspersion  générale  par 
toutte  l'église  hors  le  cœur  et  beny  le  pain,  que  ensuitte 
la  dite  messe  communelle,  qui  se  dit  après  matines,  le 


—  237  — 

prosne  se  fait  par  le  mesme  viccaire,  qu'il  y  a  deux  asper- 
sions d*eau  béniste,  Tune  se  fait,  comme  on  vient  de  le 
dire,  avant  la  messe  communelle  hors  le  cœur,  et  l'autre 
sa  fait  par  le  mesme  viccaire,  immédiatement  avant  la 
fn^d'messe  du  cœur,  dans  le  dit  cœur  ;  que  le  pain 
béfiist  qui  se  donne  pendant  la  messe  du  cœur  est  celuy 
qui,  avant  la  messe  communelle,  a  esté  bénist  par  celuy 
des  viccaires  qui  cellebre  la  dite  messe*  communelle  ;  que 
le  prosne  qui  se  tient  à  Tissue  de  la  messe  communelle, 
en  ce  qui  concerne  le  spirituel,  se  fait  dans  la  chaire  par 
le  mesme  viccaire  qui  dit  la  messe  communelle,  mais  au 
regard  des  afiaires  temporelles  pour  bannies  affln  de 
mariage  ou  autrement,  et  se  fait  par  chacun  des  viccaires 
qui  se  trouve  successivement  au  dit  lieu,  chacun  pour  sa 
paroisse,  et  chaque  viccaire  distribue  à  l'autel  de  sa 
paroisse  les  cendres  et  y  célèbre  le  mariage  de  ses  parois- 
siens ;  quant  aux  vespres,  elles  se  chantent  au  cœur,  le 
viccaire  en  semaine  officie  aux  dittes  vespres  comme  à 
matines  et  mesme  au  cœur,  si  ce  n'est  aux  jours  de  fon- 
dation particuUière  pour  les  chanoines. 

Quant  aux  registres  des  baptêmes,  mariages  et  sépul- 
tures, il  est  vray  que  avant  la  déclaration  du  Roy,  du 
mois  d'Octobre  1691,  concernant  les  droits  des  dits  regis- 
tres, sur  le  pied  du  nombre  des  familles,  les  dits  sept 
viccaires  n'avoyent  que  un  seul  registre,  mais  chacun  des 
viccaires  y  distinguait  sa  qualité  et  sa  paroisse. 

Au  regard  des  bénédictions  des  fonds,  des  cierges  et 
des  cendres,  il  est  encore  vray  que  le  Seigneur  Evesque, 
ou  en  cas  d'absence  le  plus  caliiié,  les  fait,  mais  au  regard 
du  Seigneur  Evesque  c'est  par  un  droit  de  supériorité,  et 
au  regard  des  dignitaires,  c'est  une  pure  usurpation,  et 
quant  à  l'ancien  chanoine  dont  ils  parlent,  ce  n'en  a 
jamais  esté  l'usage. 

Quant  à  l'apel  qui  se  fait  du  seul  Viccaire  de  Toussaint 


—  238  — 

au  sinode,  il  ne  se  pratique  de  la  sorte  que  par  le  dessein 
que  ont  MM.  les  Evesques  et  le  Chapistre  depuis  long- 
temps de  faire  unir  les  sept  paroisses  du  Minehy  en  une 
seulle  représentée  par  celle  de  Tous-les-Saints  ;  au  sur- 
plus, le  Viccaire  de  Toussaints,  dont  l'appel  au  sinode  a 
esté  aprouvé,  tant  par  Seigneur  Evesque  de  Léon  que  par 
tous  les  autres  Recteurs  et  Viccaires  de  ce  diocèse,  n'a 
jamais  esté  fondé  en  titre  différant  de  ceux  de  autres  Vic- 
caires perpétuels  des  sept  paroisses  du  Minehy. 

Au  regard  de  ce  que  on  dit  que  pendant  les  trois  jours 
de  festes  de  Pasques,  les  Viccaires  prennent  des  hosties 
.  du  ciboire  du  tabernacle  de  la  chapelle  de  Toussaints  et 
les  portent  sur  quelques  autres  autels  de  la  dite  église 
cathédralle,  que  mesme  les  dits  Viccaires  peuvent  en  avoir 
consacré  sur  les  dits  autels  pour  communier  les  habit- 
tants  du  Minehy,  mais  que  ce  n'est  que  jusques  à  l'heure 
de  midy  des  dits  jours  de  festes,  et  que  aux  autres  heures 
des  mesmes  jours  et  autres  jours  de  la  quinzaine  de  Pas- 
ques,  les  habitants  du  dit  Minehy  communient  indiffé- 
remment dans  la  chapelle  de  Toussaint,  et  que  les  Viccai- 
res ne  font  autres  fonctions  aux  dits  autels,  d'où  les  dits 
Sieurs  du  Chapistre  infèrent  qu'ils  ne  sont  point  autels 
des  paroisses,  les  dits  Sieurs  respondent  que  ce  serait 
une  oppiniatreté  de  contester  qu'ils  n'ayent  de  tout  temps 
consacré  les  hosties  requises  pendant  le  temps  de  Pasques 
chacun  à  l'autel  destiné  au  service  de  la  paroisse,  et  ils 
n'ont  eu  recours  au  tabernacle  de  la  chapelle  de  Tous- 
saint que  dans  le  temps  que  les  hosties  ont  manqué  sur 
les  autels  particuliers  des  dites  paroisses  où  les  taberna- 
cles particuliers  ont  vraisemblablement  estes  cy  devant 
usités,  mais  sont  détruits  de  la  mesme  manière  que  les 
dits  Sieurs  du  Chapistre  ont  détruit  d'autres  marques  des 
dittes  paroisses  des  vicariats,  comme  il  se  remarque  par 
la  biffure  du  mot  de  Parochiœ  dans  le  tableau  sur  l'autel 


—  239  — 

de  la  paroisse  du  Crucifix  de  la  ville  et  des  inscriptions 
des  places  des  Yiccaires  au  cœur  de  la  dite  église  cathé- 
dralle  dont  les  dits  Sieurs  Viccaires  demanderont  acte 
d'apurement  en  temps  et  lieu,  et  Ton  ne  peut  doutter  de 
la  distingtion  des  dites  sept  paroisses  de  tout  temps  immé- 
morial, puisque,  par  l'enquête  faite  à  Tinstance  du  Cha- 
pistre,  le  19  Juillet  1549,  il  est  justiffié  que  chaque  parois- 
sien est  dans  le  temps  de  Pasques  obligé  de  recevoir  la 
communion  pasqualle  de  la  main  de  son  Viccaire  parti- 
cullier  ou  autre  prestre  par  luy  commis  à  l'autel  particul- 
lier  de  sa  paroisse,  laquelle  enqueste  les  dits  Sieurs  Vic- 
caires offrent  de  communiquer  ou  déposer  entre  les  mains 
deTadjoint  en  cas  de  contestation  des  laits  cy  dessus. 

Et  sur  ce  que  l'heure  de  6  heures  est  arrivée,  les  dits 
Sieurs  Viccaires  se  sont  retirés  et  protesté  de  continuer 
leur  plaidé  à  mardy,  8  heures  du  matin,  ou  la  continua- 
tiou  de  nostre  commission  a  esté  renvoyée,  attendu  le 
jour  de  dimanche  de  demain  et  la  f este  de  la  Conception 
de  la  Vierge  lundy,  et  du  tout  fait  et  rédigé,  le  présent 
soubz  les  signes  des  dits  Sieurs  Viccaires,  qui  ont  réservé 
de  tous  et  chacun  leurs  droits,  le  nostre,  celuy  du  pro- 
motteur  et  celuy  de  nostre  adjoint,  le  dit  jour  sixième 
Décembre  1698.  Ainsi  signé  :  Jan  Soutré,  vicaire  perpé- 
^ttrf;  J.  LE  Dot,  vicaire  perpétuel  de  Toussaints;  G.  Rozeg, 
vicaire  perpétuel  de  8^  Pierre  ;  G.  Tanguy,  vicaire  per- 
pétuel du  Crucifix  des  Champs  ;  B.  Auffret,  vicaire  perpé- 
tuel de  N.'D,;  J.  le  Roy,  M.  V Officiai;  G.  Hinault,  M,  le 
Promott^ir,  et  J.  le  Mesle,  greffier. 

Du  neuvième  jour  du  dit  mois  de  Décembre  1698,  8  heu- 
res du  matin,  par  devant  nous  susdit  Officiai,  commissaire 
en  cette  partie  et  descendus  à  cet  effet  en  la  dite  ville  de 
S' Paoul,  en  présence  du  Prometteur  ayant  pour  adjoint 
le  dit  Le  Mesle,  greffier  juré  au  cas  requis, 


—  240  — 

Les  dits  Sieurs  Viccaires  continuants  le  plaidé  par  eux 
commencé  le  sixième  de  ce  moi^,  disent  au  regard  de  ce 
qu'ont  avancé  les  Sieurs  du  Chapistre,  qu'il  ne  faut  pas 
regarder  tant  le  temporel  que  le  bon  ordre  de  l'église  et 
le  bien  spirituel  des  âmes  pour  juger  de  la  nécessité  oa 
utilité  de  la  dite  union,  les  dits  Sieurs  Viccaires  n'en  dis- 
conviennent pas  ;  mais  de  ce  principe  il  faut  tirer  des 
conséquences  qui,  raisonnablement,  doivent  estre  opo- 
sées  à  celles  que  en  ont  inféré  les  dits  Sieurs  du  Chapis- 
tre, car  de  conclure  que  le  peuple  est  mieux  regy  par 
un  seul  pasteur  qu'il  ne  le  serait  par  plusieurs,  c'est  la 
dernière  des  absurdités,  puisque  c'est  établir  un  nouveau 
principe  qui  combat  la  division  sagement  ordonnée  par 
les  conciles,  des  territoires  en  paroisses,  affin  que  cha- 
que pasteur  puisse  connaistre  ses  ouailles  et  en  estre 
connu  particulièrement  et  le  mesme  principe  par  un 
désordre  insuportable  destruirait  ce  qu'il  y  a  de  mieux 
estably  pour  la  régie  du  peuple  quant  au  spirituel. 

Pour  ce  qui  est  de  ce  que  les  dits  Sieurs  du  Chapistre 
disent  que  leurs  dixmes  diminuent  annuellement,  on 
leur  demande  la  représentation  des  baux  à  fermes  des 
dittes  dixmes,  qui  sans  doutte  bien  loin  de  faire  voir  de 
la  diminution,  justiffieront  d'une  augmentation  considé- 
rable, depuis  les  quarante  ans,  sur  le  prix  des  dites  dixmes.  ' 

Au  regard  du  grand  nombre  d'habittans  de  chaque 
paroisse  du  Minehy  que  l'on  soustient  excéder  le  nombre 
des  habittans  d'une  bonne  part  de  chacune  des  autres 
paroisses  de  Léon,  pour  le  justiffler,  les  dits  Sieurs  Vic- 
caires se  reportent  à  la  copye  de  Testât  des  familles  de  ce 
diocèse  déposé,  par  les  deputtés  des  paroisses  de  Notre- 
Dame,  Saint- Jean  et  du  Crucifix  de  devant  le  Trésor, 
entre  les  mains  de  l'Adjoint. 

Quant  à  ce  qu'ils  disent  que  les  dits  sept  Viccaires  et 
leurs  soubz  Curés  ne  sont  pas  nécessaires  pour  la  conduite 


-.  241  — 

spirituelle  des  habittans  des  sept  paroisses  du  Minehy, 
sous  prétexte  qu*il  y  a  des  Carmes,  des  Minimes  et  des 
Capucins  qui  contribuent  au  soulagement  des  pasteurs, 
c'est  une  illusion,  puisque  tous  ces  relligieux  ne  font  rien 
d'obligation  et  se  pourront,  quand  ils  voudront,  dispen- 
ser de  donner  ce  secours  qui  est  purement  volontaire  de 
leur  part  ;  et  quant  à  ce  qu'ils  disent  qu'il  y  a  plus  d'un 
quart  de  tout  le  peuple  du  Minehy  dirigé  par  les  prestres 
des  églises  subcursalles  de  Santec  et  de  Rosco,  c'est  un 
lait  contraire  à  la  vérité,  veu  que  à  l'esgard  de  la  paroisse 
de  Saint  Pierre,  dont  l'église  de  Santec  est  subcursalle, 
il  n'y  a  que  les  infirmes  qui  soyent  dispensés  du  prosne 
de  la  grande  messe  et  de  la  communion  pasqualle  à  l'au- 
tel et  chapelle  de  Saint-Pierre,  en  la  dite  église  cathé- 
dralle  de  Saint-Paul  et  à  l'égard  de  la  ditte  église  de  Rosco, 
subcursalle  de  Toussaint,  il  est  incontestable  qu'il  n'y  a 
que  les  habittans  du  port  et  d'une  partie  du  territoire 
voisin  qui  y  paraissent  sujets,  le  surplus  des  habittans  de 
la  ditte  paroisse  de  Toussaint  estants  obligés  au  prosne, 
grande  messe  et  communion  pasqualle  à  l'autel  et  cha- 
pelle de  Toussaint,  en  la  ditte  église  cathédralle. 

Quand  à  ce  qu'ils  ont  respondu  à  ce  que  on  leur  a  objecté 
que  dans  le  temps  de  Pasques  et  du  Jubilé,  ils  ont  esté 
obligés  d'appeler  des  relligieux  pour  survenir  aux  confes- 
sions, que  ce  n'a  esté  que  pour  donner  une  plus  grande 
liberté  de  conscience  au  peuple  ;  on  leur  demande  pour- 
quoy  ils  s'en  sont  avisés  cette  année  plutôt  que  pendant 
que  les  dits  sept  Viccaires  avec  leurs  soubz  curés  faisoient 
leurs  fonctions  curialles,  ne  seront-ils  pas  forcés  d'ad- 
vouer  que  c'estait  parceque  leur  prétendu  Viccaire  per- 
pétuel et  unique  dans  tout  le  Minehy  et  les  soubz  Viccaires 
;  estaient  insuffisants.  Car  enfin,  les  paroissiens  étaient- 
ils,  cette  année,  moins  libres  de  se  rendre  aux  couvents, 
pour  se  confesser,  que  les  années  précédentes  et  depuis  le 


—  242^ 

retour  et  le  rétablissement  des  dits  sept  Viccairès  perpé- 
tuels ? 

Ils  ne  veulent  pas  convenir  que  la  quinzaine  de  Pas- 
ques  ait  esté  prolongée  par  deilault  de  pasteurs,  mais  Ton 
soustient,  et  la  preuve  en  est  facille,  que  la  prolongation 
en  a  esté  publiée  en  chaire  aux  années  1691,  1693  et  1694. 

De  dire  que  cela  n'est  arrivé  que  par  la  négligence  des 
habittans  de  se  ranger  à  leur  devoir,  c'est  une  illusion  ; 
de  dire  aussi  que  la  prolongation  peut  avoir  esté  faitte 
pour  le  renvoy  par  les  confesseurs  faits  de  plusieurs  per- 
sonnes à  qui  ils  ne  pouvoyent  donner  l'absolution,  on 
leur  demande  d'où  ils  ont  puizé  cette  doctrine  que  parce- 
que  les  confesseurs  diffèrent  pour  bonne  cause  l'absolu- 
tion, il  y  ait  nécessite  de  prolonger  le  temps  de  Pasques  ; 
d'ailleurs,  d'où  ont-ils  apris  que  les  confesseurs  en  ayant 
uzé  de  la  sorte  ?  leur  en  ont  ils  fait  la  confidence  ?... 

Ce  qui  donne  lieu  aux  dits  Sieurs  Viccairès  de  conclure 
à  ce  que  les  dits  Sieurs  du  Chapistre  soyent  débouttés  de 
toutes  leurs  fins  par  dépans  dommages  et  interest,  et  les 
dits  Sieurs  Viccairès  maintenus  dans  la  possession  de 
leurs  viccariats  perpétuels.  Et  ont  signé,  mèsme  le  dit 
S'  Guillerm,  qui  estait  absent  le  sixième  de  ce  mois,  lors 
du  commencement  du  présent  plaidé. 

Les  dits  S"  de  Gueridec,  Marrec,  Runegoit,  Geffrel  et 
Kerouel  Guillou,  députés  de  la  paroisse  de  Notre-Dame, 
adhérants  aux  raisons  par  les  dits  Sieurs  Viccairès  allé- 
gués au  sbustien  des  reproches  fournis  contre  les  dits 
témoins,  ont  déclaré  protester  de  nullité  des  dires  et 
réquisitions  des  dits  Sieurs  du  Chapistre,  qui  n'ont  point 
de  raison  d'avancer  que  les  actes  pronaux  portant  les 
députtations  cy  dessus  soyent  l'ouvrage  de  quelques  par- 
ticuliers de  cette  ville  qu'ils  disent,  et  avec  outrage,  s'estre 
érigés  en  chef  de  party  sans  l'avis  de  la  plus  grande  par- 
tye  des  habittans  du  Minehy,  veu  que  l'acte  prosnàl  de  la 


—  243  — 

ditte  paroisse  de  Notre-Dame  a  esté  fait  en  la  manière 
accoustumée,  après  que  tous  les  habittans  de  la  ditte 
paroisse  ont  esté  par  les  procureurs  terriens,  avertis  de 
s'y  trouver. 

On  soustient  les  dits  actes  prosnaux  faits  dans  la  mesme 
forme  que  tous  les  précédents,  ce  qui  se  justifBera  par 
tous  les  actes  prosnaux  des  dites  sept  paroisses,  sans  qu*il 
serve  de  dire  que  M«  Louis  Corentin  le  Corre,  notaire 
royal  apostolique,  qui  a  raporté  une  partye  des  dits  actes 
prosnaux  leur  est  suspect,  sous  prétexte  qu'il  est  partye 
intervenante  desnommée  au  procès  et  qu'il  est  actuelle- 
ment en  procès  avec  les  dits  Sieurs  du  Chapistre,  puisque 
les  dits  députés  offrent  et  mesme  requièrent  qu'il  leur 
soit  permis  de  faire  comparoir  devant  M.  le  Commissaire 
tous  et  chacun  les  habittans  dénommés  au  dit  acte  et  plu- 
sieurs  autres  pour  repetter  le  contenu  en  iceluy. 

Il  est  également  inutile  de  dire  que  les  dits  actes  pro- 
naux  n'ont  pas  estes  raportés  le  jour  de  leur  datte,  les 
dits  députtés  soutiennent  que  celuy  dont  ils  ont  déposé 
copie  est  véritable  dans  toutes  ses  circonstances  et  il  est 
estrange  que  les  dits  Sieurs  du  Chapistre  ne  puissent 
sabstenir  des  injures,  car  enfin  que  prétendent-ils  en 
nommant  le  dit  le  Corre  chef  de  party  ?  Voudraient-ils 
persuader  à  M.  le  Commissaire  ce  qu'ils  insinuèrent,  il  y 
a  quelques  années,  à  M.  le  marquis  de  la  Coste,  que  tous 
ces  habittans  des  sept  paroisses  du  Minihy,  à  l'exception 
de  ceux  qui  se  sont  déclarés  à  leur  faveur,  soyent  autant 
de  mutins  animés  d'un  esprit  de  rébellion  et  que  le  dit 
le  Corre  en  soit  le  chef.  Si  on  les  presse  pour  déclarer  à 
quoy  les  dits  habitans  sont  rebelles,  oseraient-ils  dire  que 
c'est  à  la  volonté  du  Roy  ?  Ce  serait  attribuer  leur  crime 
à  un  peuple  innocent,  soumis  et  fidèle,  puisque  les  dits 
Sieurs  du  Chapistre  s'oposent  avec  opiniâtreté  aux  décla- 
rations du  Roy  qui  déclare  perpétuels  tous  les  Viccaires, 


—  244  — 

mesme  ceux  qui  estoient  cy  devant  amovibles,  au  lieu 
que  les  dits  habittans  en  demandent  l'exécution.  Ce  que 
les  dits  Sieurs  du  Chapistre  appellent  donc  rébellion  n'est 
autre  chose  qu'une  juste  opposition  de  la  part  des  dits 
habittans  aux  injustes  prétentions  des  dits  Sieurs  du  Cha- 
pistre, qui  ont  entrepris  de  priver  les  dits  habittans  de 
leurs  pasteurs  légitimes,  par  un  esprit  d'intérêt,  veu  que 
ils  ne  demandent  l'union  dont  est  cas  que  pour  se  dispen- 
ser de  fournir  les  portions  congrues  réglées  par  la  décla- 
ration du  Roy. 

Partant,  les  dits  Sieurs  députés  qui  déclarent  au  sur- 
plus adhérer  aux  raisons  desduittes  par  les  dits  Sieurs 
Viccaires,  ont  lieu  de  conclure  à  ce  que  les  dits  Sieurs  du 
Chapistre  soyent  débouttés  de  toutes  leurs  fins  par  dépans 
sauf  autres  droits.  Et  ont  signé  :  P.  Marec,  Jacob  Guullou 
et  G.  Cheffrel. 

(A  sfdvre.) 


—  245  — 


MUSEE  D'ART  RELIGIEUX 


GONTINUATION  DE  LA  U8TB  DES  OBJETS  OFFERTS 

pour  la  formation  de  oe  Mnaée. 


LIVRES  ET  MANUSCRITS 

XIII.  —  Exercice  spirituel  pour  les  pensionnaires  des 
rdigietises  Ursulines  de  la  congrégation  de  Bordeaux.  — 
Edité  à  Léon  chez  Jean  P.  de  Crémeur,  imprimeur  de 
l'Evéché  et  du  collège,  en  1756. 

XIV.  —  Instmotion  voar  an  abstinanc  ac  ar  yun.  — 
Gant  autro  J.  Marguet  chaloni  deus  a  Nanci^  ha  troet  en 
bresonec  gant  an  autro  J.  Lescop,  person  Landebaêron. 
E  Sant-Briec  e  ty  Prudhomme,  1823. 

XV.  —  Deux  feuillets  manuscrits  sur  parchemin, 
avec  lettres  initiales  dorées  et  enluminées. 

Ces  deux  livres  et  ces  deux  feuillets  sont  un  don  de 
M.  Prosper  Hémon,  Conseiller  de  Préfecture  à  Saint- 
Brieuc,  ainsi  que  les  trois  volumes  cités  au  n^  XI  de  la 
livraison  précédente  de  notre  Bulletin. 

t  t 

STATUES  ET  SCULPTURES 

provenant  de  la  chapelle  de  Notre-Dame  de  Kergoat,  en 
Quéménéven. 

Lors  d'une  restauration  de  la  chapelle  remontant  à  70 
ou  80  ans,  on  fit  l'acquisition  de  quelques  nouvelles  sta- 

Bulletin  de  la  Coimissioif  DiocisiiNB.  —  1'*  année.  16 


248  - 


Étude  des  Monuments  du  diocèse  de  Quimper 


(Suite.) 


Après  avoir  étudié  les  monuments  du  xv®  siècle  situés 
en  Cornouaiile,  passons  en  revue  ceux  du  Léon  et  de  la 
portion  de  Tréguier  qui  fait  partie  de  notre  diocèse. 

A  la  Cathédrale  de  Saint-Pol-de-Léon,  à  l'inverse  de 
celle  de  Quimper,  c'est  le  chœur  avec  ses  collatéraux  et 
ses  chapelles  qui  appartient  au  style  flamboyant. 

A  l'extérieur  on  pourra  juger  de  ce  changement  de 
style  en  examinant  le  dessin  des  galeries  hautes,  des 
fenêtres  et  des  pinacles  qui  couronnent  les  contreforts  ; 
mais  on  pourra  aussi  l'observer  dans  les  portes  géminées 
percées  au  fond  du  porche  xin®  siècle,  au  Sud  de  la  nef, 
tout  ornementées  de  feuilles  de  vigne  et  de  chardon,  et 
terminées  par  des  linteaux  en  accolade;  et  aussi  dans  la 
magniflque  rose  du  transept  Midi,  reproduction  à  peu  près 
identique  de  celle  de  l'église  des  Carmes  de  Pont  r Abbé. 

Ces  deux  ouvrages,  comme  la  construction  du  chœur, 
furent  faits  par  l'évèque  Jean  Validire,  qui  obtint  en  1431, 
du  duc  Jean  V,  la  somme  de  12  mille  livres  pour  l'aider 
dans  cette  entreprise. 

Donnons  en  même  temps  un  coup  d'œil  à  la  galerie  qui 
court  au-dessus  de  cette  rose,  à  la  naissance  du  pignon, 
et  surtout  à  cette  jolie  niche  ou  loggia  du  milieu  qui 
forme  à  cette  place  un  si  heureux  motif  architectural. 


—  249  — 

Quelques  archéologues,  en  quête  d'extraordinaire,  ont 
voulu  y  voir  une  fenêtre  ou  tribune  d'excommunication  ; 
mais  outre  qu'un  évéque  ne  se  serait  jamais  avisé  de 
monter  à  ces  hauteurs  par  de  malheureux  escaliers  tout 
étroits,  il  faut  remarquer  que  des  loggias  analogues 
existent  au  Creisker  et  au  Folgoat,  et  que  Texcommuni- 
cation  n'avait  réellement  rien  à  voir  dans  ces  deux  églises. 

Mais  c'est  surtout  à  Fintérieur  que  Ton  peut  juger  de 
la  valeur  de  Tœuvre  exécutée  par  Jean  Validire.  En  nous 
plaçant  au  haut  de  la  nef,  nous  nous  trouvons  devant  une 
vraie  forêt  de  colonnes,  grosses  piles  du  transept  et  de 
rentrée  du  chœur,  colonnes  des  branches  de  croix  et  des 
déambulatoires,  se  combinant,  s'enchevêtrant  dans  un 
ensemble  des  plus  grandioses  et  des  plus  harmonieux. 

En  face  de  nous  se  déploie  le  chœur,  dans  la  pure 
beauté  de  ses  lignes  et  de  ses  archivoltes,  avec  ses  gale- 
ries flamboyantes  aux  moulures  serrées  et  aux  riches 
sculptures,  et  surtout  avec  ses  deux  rangées  d'admirables 
stalles  à  baldaquin.  Au  fond,  tout  autour  de  Tautel,  il 
faudra  remarquer  tout  spécialement  les  figures  servant 
de  cariatides  sous  les  retombées  des  colonnettes  ;  elles 
sont  pleines  d'expression  et  de  style. 

A  l'extérieur,  nous  verrons  la  clôture  du  chœur,  for- 
mant dossier  en  pierre  derrière  les  stalles,  avec  crête 
trilobée  et  feuillagée  faisant  le  couronnement,  et  arcades 
ou  enfeus  servant  comme  de  cadres  à  de  petits  autels  en 
pierre  disposés  à  chaque  travée  ;  et  nous  pourrons  obser- 
ver la  piscine  pratiquée  dans  l'extrémité  du  massif  de 
ces  autels,  comme  aussi  la  petite  meurtrière  biaise  per- 
cée près  des  deux  les  plus  rapprochés  du  haut,  destinée, 
semble-t-il,  à  permettre  de  suivre  les  cérémonies  du 
sanctuaire.  II  ne  faut  pas  négliger  non  plus  de  donner 
on  coup  d'œil  tout  spécial  aux  deux  portes  latérales  don- 
nant accès  dans  le  chœur,  et  qui  sont  deux  vrais  bijoux 


—  250  — 

comme  finesse  et  heureuse  combinaison  de  moulures. 

L'agencement  des  piliers,  des  arcades  et  des  voûtes 
des  collatéraux  et  chapelles  mérite  également  de  fixer 
Tattention,  pour  voir  de  quelle  façon  ingénieuse  les 
architectes  de  cette  époque  savaient  se  tirer  des  plus 
grandes  difficultés. 

Dans  la  même  ville  de  SaintPol>  Téglise  de  Notre- 
Dame  DU  Creisker,  commencée  au  xiv<>  siècle,  est  termi- 
née au  XV®.  On  ne  peut  pas  donner  comme  modèle  d'élé- 
gance les  piles  de  la  nef,  ni  même  les  galeries  qui 
surmontent  les  arcades  ;  mais  on  ne  doit  pas  passer  sans 
remarquer  les  quatre  enfeus  latéraux  et  les  piscines 
dénotant  l'existence  d'autels  anciens  dans  le  bas-côté 
Sud  ;  et  ce  qui  nous  frappera  surtout  ce  sont  les  vastes  et 
hautes  fenêtres  qui  éclairent  ce  bas-côté,  l'une  ayant  son 
tympan  garni  de  treize  quatrefeuilles  allongés,  aux 
extrémités  flamboyantes,  l'autre  terminée  par  une  rose 
de  même  style,  la  troisième  enfin  ayant  aussi  une  rose, 
mais  en  forme  de  losange  subdivisé  en  neuf  quatrefeuilles. 
Quelques-uns  ont  voulu  reconnaître  dans  ces  fenêtres  le 
style  perpendiculaire  anglais  ;  mais  vraiment,  avec  la 
meilleure  volonté,  il  est  difficile  d'y  trouver  ce  style 
d'Outre-Manche,  qui  a  toute  la  raideur  de  nos  gentlemans 
modernes,  et  mieux  vaut  garder  à  des  architectes  bretons 
l'honneur  d'avoir  construit  en  entier  ce  si  beau  Creisker. 

N'oublions  pas  la  grande  rose  du  bas  de  la  nef,  plus 
majestueuse  encore  que  celle  du  chœur,  plus  découpée, 
plus  légère,  et  dans  laquelle  certains  amis  du  symbolisme 
croient  voir  une  figuration  de  la  Couronne  d'épines. 

A  l'extérieur,  on  reverra  avec  plaisir  cette  majestueuse 
façade  du  Midi,  donnant  sur  la  place  Michel-Colombe,  on 
admirera  son  imposante  série  de  six  grandes  fenêtres, 
dont  trois  du  xiv®  siècle  et  les  trois  autres  du  xv®,  son  joli 
petit  porche  couvert  d'une  terrasse  à  balustrade. 


—  251  — 

A  la  façade  Ouest,  où  pourra  étudier  une  porte  bien 
intéressante  et  on  désirerait  un  recul  plus  considérable 
pour  pouvoir  contempler  la  grande  rose  et  le  groupe  de 
trois  clochetons  octogonaux  qui  couronnent  le  pignon. 
Tournant  sur  le  côté  Nord,  on  trouve  le  grand  porche, 
contemporain  et  proche  parent  de  celui  du  Folgoat  ;  il  sera 
décrit  en  son  lieu  et  place. 

  Saint-Pierre,  chapelle  du  cimetière  à  l'Ouest  du 
Creisker,  entre  la  route  de  Morlaix  et  celle  de  Penn-Poull, 
lorsqu'on  se  trouve  devant  la  façade  principale  absolu- 
ment pauvre  et  plate,  affectant  des  airs  austères  de  style 
grec  ou  romain,  on  s'imagine  que  tout  l'édifice  est  aussi 
insignifiant  ;  mais  faites  le  tour  extérieur  et  vous  allez 
découvrir  une  construction  curieuse  du  xv^  siècle,  ayant 
une  fenestration  originale,  des  contreforts  de  style,  un 
petit  porche-abri  et  une  abside  qui  ne  manquent  pas 
d'élégance. 

A  l'intérieur,  c'est  un  vaisseau  à  trois  nefs  composé  de 
huit  travées  formées  par  des  piliers  octogonaux  et  quatre 
piles  carrées  portant  arcs  doubleaux  sur  les  bas-côtés.  Les 
piliers  ont  des  chapiteaux  moulurés  supportant  des  arca- 
des ogivales  sobres  de  moulures,  mais  de  lignes  très  heu- 
reuses. Dans  les  bas-côtés  sont  six  enfeus  aux  moulures 
fines  et  aux  écussons  frustes,  puis  quelques  petites  pisci- 
nes aux  abords  des  trois  autels  actuels  et  de  deux  autres 
disparus. 

Dans  la  paroisse  de  Plouvorn,  la  chapelle  de  Lambader 
a  été  entièrement  reconstruite  avec  son  clocher,  en  1877- 
1881,  et  malgré  cela  on  peut  toujours  la  considérer  comme 
ancienne,  car  on  a  reconstitué  aussi  fidèlement  que  pos- 
sible l'édifice  primitif  en  se  servant  des  anciens  maté- 
riaux, de  sorte  que  la  chapelle,  rajeunie  et  consolidée, 
possède  cependant  l'aspect  digne  et  respectable  d'un 
monument  des  vieux  âges. 


—  252  — 

Ce  qui  est  le  plus  remarqué  et  le  plus  vanté  à  Lamba- 
der,  c'est  le  clocher,  dont  la  vanité  locale  ose  presque 
faire  un  rival  du  Creisker. 

Comme  détails  particuliers  d'architecture  il  y  a  à  obser- 
ver la  porte  sous  le  clocher,  ornée  de  belles  colonnettes, 
et  dont  l'archivolte  à  plein-cintre  est  composée  de  mou- 
lures et  de  tores  avec  dos  de  carpe  ;  puis  le  petit  porche 
Nord  percé  de  deux  portes  ornées  de  colonnettes  et  sépa- 
rées par  un  léger  trumeau,  au  haut  duquel  est  une  Sainte- 
Marguerite  agenouillée  sur  son  dragon.  Au  chevet,  sous 
la  grande  fenêtre,  est  une  petite  sacristie  ou  chambre  du 
trésor,  toute  bâtie  en  pierres  de  taille,  en  y  comprenant 
même  le  toit. 

A  l'intérieur  on  est  agréablement  surpris  à  la  vue  des 
belles  dimensions  et  des  belles  proportions  de  Tédifice,  qui 
se  compose  d'une  nef  et  de  deux  bas-côtés  donnant  une 
largeur  de  13  m.  90  sur  une  longueur  de  28  mètres,  le 
tout  divisé  en  huit  travées. 

La  merveille  de  l'architecture  du  xv«  siècle  dans  notre 
pays,  c'est  le  Folgoat.  Il  est  vrai  que  cette  église  a  été 
commencée  au  xiv«  siècle,  en  1365,  d'après  M.  Pol  de 
Courcy,  mais  les  principaux  travaux  ont  dû  être  exécutés 
au  commencement  du  siècle  suivant,  tous  les  profils, 
feuillages,  meneaux,  portent  l'empreinte  de  cette  époque, 
et  nous  savons  que  l'église  fut  dédiée  par  Alain  de  la  Rue, 
évêque  de  Léon  en  1419,  sous  le  règne  du  duc  JeanV, 
qui  l'érigea  en  collégiale  par  mandement  de  1422-1424. 

Est-il  besoin  d'en  rappeler  l'origine  ?  Elle  est  racontée 
avec  une  grâce  charmante  dans  la  Vie  des  Saints  de  la 
Bretagne  Armorique,  par  Albert  Le  Grand,  de  Morlaix. 
C'est  l'histoire  du  pauvre  mendiant  Scdailn  ar  FoU  qui  ne 
sut  jamais  dire  d'autre  prière  que  ces  simples  mots  : 
Ave  Maria,  et  sur  la  tombe  duquel  pousse  un  lis  merveil- 
leux portant  sur  chacune  de  ses  fleurs  ces  deux  mots 


—  253  — 

■ 

Avé  Maria,  inscrits  en  lettres  d*or.  C'est  sur  la  tombe  de 
ce  pauvre  innocent,  enfant  et  serviteur  si  dévot  de  la 
Sainte- Vierge,  que  Ton  construisit  cette  admirable  église 
à  rérection  de  laquelle  contribuèrent  tous  les  gentilshom- 
mes du  voisinage,  comme  en  font  foi  leurs  armoiries 
sculptées  dans  les  difiérentes  parties  du  monument.  S'il 
ne  reste  pas  d'actes  authentiques  des  libéralités  du  duc 
Jean  IV  en  faveur  de  ce  sanctuaire,  nous  savons  du  moins 
que  son  fils  Jean  V  aida  par  d'importantes  donations  à  l'a- 
chèvement des  travaux,  et  sa  statue  de  grandeur  naturelle 
existe  toujours,  dressée  contre  un  pinacle,  à  droite  du 
porche  des  Apôtres. 

Le  plan  de  l'église  de  Notre-Dame  du  Folgoat  figure 
uueéquerre,  la  grande  branche  formée  par  la  nef,  les 
bas-côté  et  le  chœur,  et  la  petite  par  une  large  chapelle 
se  retournant  vers  le  Midi  et  à  laquelle  s'adossent  la 
sacristie  et  le  porche  des  Apôtres.  Lorsqu'on  se  trouve 
en  face  du  grand  portail  de  l'Ouest,  on  voit  qu'il  est  cou- 
ronné par  deux  tours,  dont  l'une,  très  basse  et  très 
lourde,  émergeant  à  peine  de  l'ensemble,  a  été  construite 
au  xvi«  siècle,  dans  le  style  de  la  Renaissance  et  entourée 
de  douze  colonnes  ioniques  appliquées  en  guise  de  pilas- 
tres. Le  clocher  gothique,  au  contraire,  est  très  élevé  et 
domine  tout  le  pays  d'alentour;  il  est  appuyé  par  huit 
contreforts  puissants,  percé  de  jours  variés,  décoré  de 
découpures  et  d'ornementations  flamboyantes,  et  se 
termine  par  une  flèche  ajourée  et  hérissée  de  crossettes, 
entourée  à  sa  base  d*une  riche  galerie  double  et  accostée 
de  quatre  clochetons  octogones.  Cette  façade  est  d'aspect 
majestueux,  mais  autrefois  elle  était  de  plus  gracieuse, 
lorsque  la  double  porte  d'entrée  était  abritée  sous  son 
porche  primitif,  formant  comme  un  léger  dais  de  pierre 
porté  sur  deux  frêles  colonnettes  qui  soutenaient  trois 
arcatures  dentelées  et  feuillagées  dont  les  débris  ont 


f 


—  254  — 

été  recueillis  dans  Tenclos  du  presbytère,  et  dont  les 
amorces  se  retrouvent  encore  sur  les  joues  des  deux 
contreforts  latéraux  et  des  deux  côtés  de  la  porte. 

Le  tympan  de  cette  porte  double  contient  un  bas- 
relief  représentant,  avec  une  grande  naïveté  et  en  même 
temps  une  admirable  habileté  de  ciseau,  Tadoration  des 
Mages.  La  Sainte- Vierge  est  couchée  dans  un  lit  élégam- 
ment drapé  «t  tient  sur  sa  poitrine  l'Enfant  Jésus,  qui 
tourne  les  yeux  vers  les  princes  de  l'Orient  venus  pour 
l'adorer.  Saint  Joseph  est  assis  à  terre,  tenant  un  bâton 
de  la  main  droite  et  saisissant  de  la  gauche  l'un  des 
glands  de  l'oreiller  de  la  Sainte-Vierge.  Derrière  lui, 
l'âne  et  le  bœuf  avancent  la  tète.  Déjà  l'un  des  rois  est 
prosterné  devant  l'Enfant  divin.  Le  second,  debout,  por- 
tant en  bandoulière  une  ceinture  garnie  de  clochettes, 
tient  d'une  main  une  cassolette  remplie  d'encens,  et  de 
l'autre  montre  l'étoile  qui  les  a  guidés  dans  leur  course 
lointaine.  Plus  loin,  le  troisième  mage  est  à  l'état  fruste 
par  suite  de  dégradations  provenant  de  la  chute  du 
porche  ;  et  à  l'extrémité,  un  ange  plane  au-dessus  d'un 
troupeau  de  moutons  paissant  sur  la  montagne,  et  tient 
une  banderolle  avec  ces  mots  gravés  :  Puer  ruUus  est.  Du 
côté  gauchp  de  la  porte,  se  lit  cette  inscription  à  moitié 
écroutée  :  Johannes  illustrissimus  dux  Britanum  fundavU 
presens  collegium  anno  Domini  MIIIIo  XXIII  :  Jean  V, 
très  illustre  Duc  de  Bretagne,  a  fondé  cette  collégiale  en 
l'an  1423. 11  s'agit  là,  non  de  la  fondation  de  l'église  déjà 
commencée  plusieurs  années  auparavant,  mais  de  son 
érection  en  collégiale  et  de  la  dotation  nécessaire  pour 
y  assurer  en  permanence  la  célébration  du  service  divin. 

Dans  une  niche  du  contrefort  de  droite  est  une  jolie 
statue  de  saint  Yves,  l'avocat  des  pauvres,  tenant  en  main 
un  parchemin  déroulé,  vêtu  d'une  cotte  ou  d'un  surplis  à 
larges  manches,  les  épaules  couvertes  d'une  sorte  de  ca- 


—  255  — 

mail  dont  le  capuce  recouvre  le  bonnet  carré  ou  barrette 
dont  il  est  coiffé.  Cette  statue  n*est  pas  ici  à  sa  place  pri- 
mitive ;  elle  provient  d'une  chapelle  de  la  paroisse,  où 
elle  formait  le  groupe  traditionnel  avec  le  riche  et  le  pau- 
vre, et  elle  porte  encore  les  traces  de  peinture  et  de  dorure 
qu'on  retrouve  sur  toutes  les  statues  intérieures  et  exté- 
rieures de  réglise.  Est-il  nécessaire  de  faire  remarquer 
l'élégance,  la  finesse,  le  fouillé,  Thabileté  et  l'originalité 
de  tracé  du  cul  de  lampe  et  du  dais  de  cette  niche?  C'est 
l'observation  qu'on  aura  lieu  de  répéter  en  face  de  tous 
les  détails  et  de  toutes  les  ornementations  de  l'église  du 
Folgoat. 

Contournons  l'angle  qui  sépare  ce  portail  de  la  façade 
du  Midi,  et  nous  nous  trouverons  devant  d'autres  mer- 
veilles :  une  série  d'admirables  contreforts  agrémentés 
de  niches  et  de  pinacles  élancés  ;  des  fenêtres  offrant  des 
découpures  uniques  dans  leur  genre  ;  le  portail  de  l'évo- 
que Alain  percé  de  deux  portes  en  accolades,  séparées  par 
on  trumeau  portant  dans  une  niche  la  statue  du  fonda- 
teur, Alain  de  la  Rue,  évéque  de  Léon.  Pourquoi  faut-il 
que  le  magnifique  fronton  qui  surmonte  le  porche  ait  été 
si  déplorablement  découronné  ?  Les  festons  trilobés  de 
Tarcade  qui  existe  encore,  les  naissances  des  rampants 
élancés,  les  feuillages  découpés  avec  une  grâce  infinie,  ne 
le  font  regretter  que  plus  amèrement.  Espérons  que  la 
Commission  des  Monuments  historiques  va  pouvoir  bientôt 
reconstituer  entièrement  ce  beau  motif  architectural 
comme  elle  a  restauré  les  galeries  et  balustrades  partout 
où  elles  avaient  été  détruites  ou  endommagées. 

Le  porche  des  Apôtres  et  le  pignon  de  la  sacristie  for- 
ment un  retour  imposant  et  de  grand  style.  Après  avoir 
admiré  les  guirlandes  refouillées  qui  encadrent  l'entrée 
du  porche,  et  avoir  lu  l'inscription  que  tient  à  droite  un 
vieillard  barbu  :  Bien  soiez  venus,  soyez  les  bienvenus, 


—  256  — 

rendons-nous  à  son  aimable  invitation,  pénétrons  dans 
rintérieur  et  contemplons  cette  série  de  statues  placides, 
nobles,  majestueuses,  rangées  des  deux  côtés  et  présidées 
par  saint  Pierre,  qui  s'adosse  au  trumeau  séparant  les 
deux  portes  du  fond.  Toutes  les  draperies  sont  variées  et 
cependant  du  même  genre,  un  peu  collées  sur  le  corps  et 
formant  dans  les  retombées  des  plis  d'une  élégance  et 
d'une  abondance  presque  excessive.  Chaque  apôtre  porte 
son  attribut  traditionnel  ou  sa  caractéristique  et  tient 
en  main  une  banderolle  où  était  peint  autrefois  un  article 
du  Oredo.  Les  soubassements  et  les  dais  des  niches  sont 
des  chefs-d'œuvre  de  sculpture,  surpassés  encore  par  les 
encadrements  des  portes  du  fond  et  l'entablement  de  feuil 
lages  et  d'hermines  passantes  qui  se  trouve  au-dessus  de 
la  tête  de  saint  Pierre.  Comme  toute  œuvre  qui  frappe 
par  le  merveilleux,  la  légende  s'est  attachée  à  ce  porche 
du  Folgoat,  et  ce  travail  a  été  attribué  au  bon  Dieu  lui 
même,  qui  se  serait  présenté  un  jour  sous  la  figure  d'un 
simple  ouvrier  et  qui  aurait  disparu  une  fois  son  prodi 
gieux  ouvrage  terminé. 

L'extrémité  de  la  chapelle  de  croix  nous  offre  une  large 
rose,  démolie  autrefois  et  heureusement  rétablie  après  le 
couronnement  de  la  statue  miraculeuse  de  Notre-Dame 
du  Folgoêt,  pour  perpétuer  dans  un  vitrail  le  souvenir  de 
ce  glorieux  événement.  Là  encore,  on  peut  admirer  les 
galeries  rétablies,  les  pinacles  restaurés,  et  remarquer  les 
encadrements  en  accolade  des  anciens  blasons,  les  corni 
ches  ornées  de  feuillages,  les  gargouilles  impressionnistes 
et  expressives  décelant  l'habileté  étrange  et  la  verve  sati- 
rique des  sculpteurs  du  xv«  siècle. 

L'abside  droite  se  développe  à  l'Est  d'une  façon  magis- 
trale, avec  ses  grands  contreforts,  ses  fenêtres  aux  tym- 
pans prodigieux,  ses  arcs  de  décharge  supportés  par  de 
petits  moines  en  cariatides,  ses  corniches,  ses  galeries, 


—  257  — 

ses  gargouilles  qui  semblent  personnifier  tous  les  genres 
de  gourmandise.  Dans  la  travée  qui  manque  de  fenêtre, 
nous  trouvons  une  petite  porte  destinée  à  laisser  passage 
aux  fidèles  qui  venaient  de  Téglise  faire  leurs  dévotions  à 
la  fontaine  ;  puis,  sous  la  rose  monumentale,  la  fontaine 
miraculeuse  qui  jaillit  de  dessous  le  maître-autel,  la  fon- 
taine solitaire  où  autrefois  le  pauvre  Salaûn  trempait  son 
pain  et  se  plongeait  au  cœur  de  l'hiver,  source  mainte- 
nant emmurée  dans  un  vaste  bassin  et  surmontée  comme 
d'un  dais  triomphal  par  une  arcade  d'une  élégance  sans 
pareille  qui  abrite  et  encadre  la  statue  assise  de  Notre- 
Dame  portant  TËnfant-Jésus,  vêtue  des  draperies  ayant  la 
souplesse  des  plus  belles  sculptures  de  la  Grèce,  et  pla- 
nant comme  une  reine  sur  les  eaux  abondantes  et  limpi- 
des auxquelles  elle  communique  leurs  vertus  miracu- 
leuses. Au-dessus  s'élancent  les  légers  meneaux  de  la 
maîtresse-fenêtre  et  s'épanouissent  en  un  réseau  merveil- 
leux les  innombrables  lobes  de  la  grande  rose  qui  n'a  de 
rivales  qu'à  la  cathédrale  de  Saint -Pol- de -Léon  et  à 
Notre-Dame  des  Carmes  de  Pont-l'Abbé. 

En  passant  au  côté  Nord  de  la  basilique,  nous  remar- 
quons que  ce  collatéral,  moins  en  vue,  est  beaucoup  plus 
sobre  et  plus  simple,  et  cependant  cette  sobriété,  avec  les 
contreforts  vigoureux,  les  fenêtres  étroites,  les  jolies  por- 
tes ornées,  formerait  une  belle  façade  d'une  église  de 
deuxième  ordre. 

Nous  nous  sommes  attardés,  sans  avoir  tout  vu,  à  faire 
le  tour  extérieur  du  monument  ;  hâtons-nous  de  pénétrer 
à  rintérieur.  C'est  un  ensemble  de  colonnes  et  de  colon- 
nettes  bordant  la  nef  des  deux  côtés  et  montant  dans  les 
voûtes  en  nervures  déliées  ;  puis,  vers  le  milieu  de  l'édi- 
fice, c'est  une  sorte  de  grande  barrière  en  granit  découpé  ; 
et  au  fond,  la  grande,  l'immense  roue  qui  couronne  la 
maîtresse-vitre  toute  brodée  et  dentelée,  tout  étincelante 
de  perles  et  de  diamants. 


—  258  — 

Approchons  de  cette  grande  clôture  en  pierre  tout  ajou- 
rée qui  nous  ferme  rentrée  du  chœur  :  c'est  le  jubé,  tri- 
bune  suspendue  sup  trois  arcades  étranges,  prodige  de 
légèreté  et  d'équilibre,  de  finesse  et  d'élégance,  frêles 
piliers  couverts  de  nervures  et  de  nichettes  minuscules, 
arcs  découpés  et  denticulés,  grosses  feuilles  de  choux  et 
guirlandes  microscopiques,  petites  pyramides  en  aiguille 
et  haute  balustrade  évidée  sur  laquelle  était  autrefois  le 
Christ  crucifié,  accompagné  de  la  Sainte- Vierge  et  de  son 
disciple  saint  Jean. 

Passons  en  revue  les  cinq  autels  posés  en  longue  ligne 
droite  sous  les  fenêtres  du  mur  oriental  :  l'autel  autrefois 
du  Rosaire  et  maintenant  du  Mont-Carmel,  taillé  dans  la 
fine  pierre  de  Kersanton,  et  offrant  en  façade  huit  arcatu- 
res  subdivisées  en  deux  autres  secondaires,  et  surmontées 
d'une  guirlande  de  feuillages  refouillée  dans  la  pierre  qui 
forme  table.  Le  maltre-autel,  composé  d'après  le  même 
modèle,  mais  encore  plus  fini  et  plus  grandiose  puisqu'il 
mesure  plus  de  4  mètres  de  longueur.  L'autel  moderne  en 
bois  sur  lequel  est  posée  la  statue  miraculeuse  de  Notre- 
Dame  du  Folgoat,  la  Sainte  Patronne,  et  qui  cache  un  petit 
autel  en  pierre  que  l'on  espère  voir  prochainement  déga- 
ger. L'autel  des  anges,  présentant  dans  ses  arcades  une 
série  de  petits  angelots  vêtus  de  robes  longues,  portant 
alternativement  des  banderolles  et  des  écussons,  et  dont 
les  têtes  sont  ornées  ou  plutôt  chargées  d'une  chevelure 
singulièrement  ébouriffée  qui  ne  contribue  pas  à  les  em- 
bellir. Le  dernier  autel  est  celui  dit  du  cardinal  de  Coe- 
tivy,  extraordinaire  dans  son  dessin,  composé  de  trois 
minces  colonnettes  isolées,  surmontées  d'arcatures  trilo 
bées  d'une  grâce  et  d'une  légèreté  inconnues  ailleurs. 

Outre  ces  cinq  autels  de  l'abside,  on  en  trouve  encore 
deux  petits  sous  le  jubé,  et  un  huitième  aux  fonts  baptis- 
maux. 


-  259- 

Veuillez  jeter  un  rapide  coup  d'œil  sur  les  vieilles  sta- 
tues de  saint  Jean-Baptiste,  de  sainte  Catherine  et  sainte 
Marguerite,  accompagnées  d'une  autre  statue  de  saint 
qui  n'a  pas  d'attribut  et  qui  a  cependant  un  faux  air  de 
saint  Jean  TEvangéliste,  peut-être  celui  qui  se  trouvait 
autrefois  sur  le  jubé.  Remarquez  la  finesse  des  sculptures 
prodiguées  dans  les  bénitiers,  les  piscines,  les  enfeux  ou 
arcades  extérieures  de  la  clôture  du  chœur,  considérez 
les  mille  variétés  des  trames  découpées  dans  les  rosaces 
et  les  tympans  des  fenêtres,  admirez  le  merveilleux 
tableau  retracé  en  couleurs  étincelantes  dans  la  royale 
îerrière  du  maître  autel,  et  dites  si  les  hommes  n'ont  pas 
bien  fait  les  choses  pour  la  Reine  des  Cieux. 

Nous  avons  passé  bien  rapidement  à  travers  tous  ces 
chefs-d'œuvre.  Si  l'on  veut  étudier  en  détail  toute  l'his- 
toire de  Notre-Dame  du  Folgoat,  en  connaître  les  diffé- 
rentes fondations,  savoir  les  blasons  qui  ornaient  autrefois 
les  voûtes,  les  murailles  et  les  vitraux,  suivre  ce  dévot 
pèlerinage  dans  ses  jours  de  gloire  et  dans  sa  décadence, 
le  revoir  tel  qu'il  est  maintenant  revenu  à  son  ancienne 
splendeur,  il  faut  lire  les  nombreuses  notices  qui  ont  été 
composées  sur  ce  sujet  :  celles  du  Père  Cyrille  et  de  M.  de 
Kerdanet  insérées  dans  l'édition  de  1837  d'Albert  Le 
Grand  ;  Dessins,  histoire  et  description,  par  le  marquis 
de  Coêtlogon,  1831  ;  Notice  sur  Notre-Dame  du  Folgoat, 
par  Pol  et  Henry  de  Courcy,  1860  ;  Notre-Dame  du  Fol- 
goat, par  l'abbé  Le  Corre  ;  Le  Couronnement  de  Notre 
Dame  du  folgoat,  le  8  Septembre  1888,  Semaine  religieuse 
deQuimper. 

Un  monument  aussi  important  que  le  Folgoat  n'est  pas 
sans  avoir  exercé  son  influence  dans  la  contrée.  Il  semble 
qu'on  peut  entrevoir  cette  influence  à  Goulven,  Trémaoué- 
zan,  Saint-Jean-Balanan  en  Plouvien,  et  même  La  Mar- 
tyre, au  delà  de  Landerneau. 


—  260  — 

GouLVEN.  —  Près  du  ravissant  petit  porche  donnant  sur 
le  transept  Sud,  qui  sert  maintenant  de  sacristie,  sur  le 
contrefort  de  Tangle  Sud-Ouest,  on  lit  cette  inscription  : 
Lan  MV"  V  (lôOô)  O.  Clech.  Gouverneur.  Per  Ouen 
Fabrique. 

Cette  date  nous  reporte  bien  au  commencement  du 
xw  siècle,  mais  Téglise  pouvait  bien  être  commencée 
quelques  années  auparavant  ;  en  tout  cas,  elle  est  complè- 
tement dans  la  tradition  du  xv®  siècle,  dont  le  caractère, 
du  reste,  se  maintiendra  encore  pendant  de  longues 
années,  en  se  modifiant  peu  à  peu. 

A  part  le  grand  et  beau  clocher  de  1593,  toute  Téglise 
de  Goulven  est  dans  la  donnée  gothique  :  à  Textérieur, 
grande  abside  droite,  campanile  central  chevauchant  sur 
le  milieu  du  toit,  petit  porche  déjà  mentionné,  dont  les 
deux  portes  géminées,  les  délicates  colonnettes,  le  béni- 
tier central,  les  feuilles  frisées  et  déchiquetées  à  l'excès 
rappellent  toutes  les  finesses  du  Folgoat  ;  à  Tintérieur, 
deux  gros  piliers  portant  un  grand  arc  triomphal,  trois 
enfeus,  dont  Tun  contient  un  petit  autel. 

Et  dans  le  mobilier,  nous  trouvons  encore  du  vrai  flam 
boyant  :  maître-autel  en  Kersanton,  dans  le  genre  de  ceux 
du  Folgoat,  divisé  sur  sa  façade  en  quinze  arcatures  flam- 
boyantes et  portant  une  frise  de  feuillages  très  largement 
sculptés  ;  puis  petit  autel  en  bois  orné  de  découpures  et 
de  sept  bas-reliefs  ;  enfin  une  tribune  des  orgues  couverte 
de  panneaux  et  rosaces  gothiques. 

Trémaouézan.—  Ici  encore  c'est  la  porte  double  du  fond 
du  porche  qui  nous  donne  la  note  architecturale  et  orne- 
mentale du  Folgoat,  même  disposition,  mêmes  profils, 
mêmes  feuillages,  même  style  de  draperies  et  même  pose 
dans  la  vénérable  statue  de  Notre-Dame  adossée,  au  tru- 
meau. 

Et  à  rintérieur,  nous  sommes  aussi  en  pleine  architec- 


—  261  — 

ture  du  xv®  siècle,  parfaitement  accusée  dans  les  colonnes 
cantonnées  de  quatre  ou  six  colonnettes,  dans  les  chapi- 
teaux sculptés,  les  arcades  composées  de  moulures  à  dos 
de  carpe,  les  petits  bénitiers  ciselés  et  les  amorces  de 
chancel  ou  clôture  en  pierre  accrochées  aux  piliers  du 
chœur. 

La  chapelle  de  Saint- Jean-Balanan,  en  Plouvien,  appar- 
tenait aux  Chevaliers  Hospitaliers  de  Saint- Jean  de  Jéru- 
salem et  dépendait  de  la  commanderie  de  La  Feuillée. 

A  lextérieur,  nous  retrouvons  encore  un  joli  porche  à 
double  porte,  rappelant  toujours  Le  Folgoat,  Goulven  et 
Trémaouézan,  et  surmontée  d*un  groupe  du  baptême  de 
Notre-Seigneur,  puis  un  clocher  très  originalement  placé 
sur  la  façade  et  y  formant  comme  un  éperon.  A  Tinté- 
rieur,  c'est  une  nef  et  un  bas-côté  séparés  par  de  belles 
colonnes. 

Les  chapiteaux  et  les  culs-de-lampe  ont  des  feuillages 
bien  découpés.  Autrefois,  cette  chapelle  avait  six  autels  ; 
la  table  en  pierre  du  maître-autel,  finement  moulurée  et 
longue  de  4  mètres,  a  été  remplacée,  il  y  a  dix  ou 
quinze  ans,  par  un  autel  en  bois,  et  sert  maintenant  de 
marche  sous  la  balustrade  I 

Au-dessus  du  maître-autel,  dans  le  léger  trumeau  qui 
sépare  deux  fenêtres,  est  une  niche  gothique  en  pierre 
abritant  une  très  curieuse  statue  de  saint  Jean-Baptiste. 

Notre-Dame  de  La  Martyre  (on  dirait  plus  correcte- 
ment du  Martyr,  Itroun-Varia  ar  Merzer),  est  une  église 
ainsi  appelée  en  mémoire  de  la  mort  violente  de  Salomon, 
dernier  roi  de  Bretagne,  qui  y  fut  massacré  le  25  Juin  874. 
ILa  Borderie,  Hîst  de  Bret,  t.  II,  p.  115.) 

La  partie  la  plus  ancienne  de  ce  monument  est  le  clo- 
cher, qui  a  tous  les  caractères  du  xiii®  siècle.  La  nef  est- 
elle  de  ce  siècle  ou  du  siècle  suivant,  ou  même  du  xv»?  Il 
est  difficile  de  le  déterminer,  les  colonnes,  chapiteaux  et 

BCLLBTIlf  DE  Là  COMMISSIOIf  DIOCjfoAIHK.  —  1"  aOOée.  17 


i    I 


—  262  — 

arcades  n'ayant  pas  de  détails  absolument  tranchés  ;  mais 
pour  ce  qui  est  du  chœur,  il  est  certainement  du  xv«  siè- 
cle, ce  style  est  franchement  indiqué  par  la  sculpture 
feuillagée  et  surtout  par  le  chancel  ou  clôture  de  colon- 
nettes  et  petites  arcades  trilobées  en  Kersantonqui  ferme 
les  deux  côtés,  et  qui  autrefois  courait  aussi  sur  le  devant 
pour  faire  la  séparation  d'avec  la  nef.  Mais  là  où  le  style 
du  XV®  siècle  s'affirme  le  plus  clairement,  c'est  dans  le 
riche  porche  du  Midi,  qui  sera  étudié  plus  tard. 

Saint  Melaine  de  Morlaix.  —  C'était  un  ancien  prieuré 
dépendant  de  Saint  Melaine  de  Rennes,  fondé  en  1130 par 
Guyomarc'h  de  Léon.  La  date  de  l'église  est  donnée  par 
l'inscription  gothique  qu'on  lit  sur  un  cartouche  tenu  par 
deux  anges,  au  fronton  du  porche  latéral  :  Uan  mil  qua- 
tre cents  quatre  vingts  neuff  fut  comancée  cest  Église  de 
par  Dieu. 

La  façade  Ouest  ofîre  une  assez  grande  richesse  avec  sa 
large  porte,  sa  fenêtre  à  trois  baies  et  son  clocher  rejeté 
sur  le  côté  Sud. 

A  l'intérieur,  la  nef  est  séparée  des  bas-côtés  par  des 
piliers  cylindriques  sans  chapiteaux,  portant  des  arcades 
qui  forment  sept  travées.  Les  collatéraux  sont  irréguliers 
et  dessinent  cinq  chapelles  du  côté  Nord  et  trois  du  côté 
Midi,  avec  un  bon  nombre  d'enfeus. 

La  charpente  de  la  nef  est  fortifiée  par  des  tirants  ou 
poutres  en  bois  dont  les  extrémités  sont  saisies  par  des 
gueules  monstrueuses.  Les  sablières  ou  corniches  sont  un 
peu  sculptées,  celles  des  bas  côtés  le  sont  plus  richement. 

Dans  cette  môme  ville  de  Morlaix,  on  peut  signaler 
comme  œuvre  du  xv®  siècle  une  partie  de  l'ancienne 
église  des  Jacobins,  qui  fait  avancée  dans  la  rue  des 
Vignes  pour  former  comme  un  petit  bout  de  transept.  De 
la  même  époque  est  probablement  le  pignon  Est  avec  sa 
grande  rose,  presque  rivale  des  trois  que  nous  avons 


—  263  — 

citées  précédemment.  Dans  Tarticle  ayant  trait  au  xiiP 
siècle,  nous  avions  à  citer  cette  église,  puisque  le  couvent 
lut  fondé  en  1237  ;  mais  elle  est  tellement  encombrée  à 
rintérieur  par  tout  un  matériel  étrange,  qu*il  est  presque 
impossible  de  Tétudier. 

Plougonven.  —  Le  porciie  sous  le  clocher  porte  la  date 
de  1481,  tandis  que  les  portes  géminées  du  porche  latéral 
ont  le  millésime  de  1518.  Nous  devons  attribuer  cepen- 
dant à  la  fin  du  xw^  siècle  la  construction  de  la  plus 
grande  partie  de  cette  vaste  église,  qui  est  si  majestueuse 
avec  ses  belles  arcades,  ses  sablières  en  chône  sculpté, 
ses  nombreuses  chapelles  et  surtout  celle  qui  forme 
comme  une  abside  polygonale  pour  terminer  le  bas-côté 
Nord.  Le  chœur  se  termine  par  un  grand  pignon  droit 
percé  d'une  immense  fenêtre  à  six  baies  et  à  comparti- 
ments flamboyants  d'une  extrême  richesse. 

Sajxt-Jean  DU-DoiGT  nous  offre  l'ensemble  le  plus  com- 
plet et  le  plus  parfait  de  ce  qu'était  autrefois  une  église 
paroissiale  avec  toutes  ses  annexes  :  église  monumentale 
entourée  du  cimetière,  porte  de  style  ou  arc  de  triomphe 
pour  pénétrer  dans  celte  enceinte,  fontaine  sacrée,  cal- 
vaire, ossuaire,  oratoire  ouvert  ou  abri  pour  célébrer  la 
messe  les  jours  de  grand  pèlerinage,  riche  trésor  tou- 
jours conservé  ;  aucune  autre  paroisse  n'a  la  bonne  chance 
de  posséder  pareilles  richesses. 

Cette  église,  succédant  à  une  chapelle  de  saint  Mériadec, 
fut  construite  pour  abriter  une  relique  du  doigt  de  saint 
Jean-Baptiste  transportée  miraculeusement  de  Norman- 
die, dans  le  cours  du  xv«  siècle.  La  première  pierre  en 
fut  posée  le  premier  août  1440,  mais  elle  ne  fut  consacrée 
qu'en  1513,  selon  la  teneur  de  l'inscription  qui  se  trouve 
au  fond  du  porche,  à  côté  de  la  statue  du  saint  Patron  : 
LeXVIII^jour  de  novembre,  l'an  mil  V^  XIII  fut  l'église  de 
céans  dédiée  par  Anthoine  de  Orignaulx,  évêque  de  Tréguier, 


-• 264  ~ 

Le  portail  Ouest  est  imposant,  percé  d'une  grande 
porte  et  d'une  fenêtre,  avec  le  clocher  sur  Vangle  Sud.  La 
façade  Midi  est  très  originale  avec  ses  curieuses  fenêtres 
et  les  galeries  élégamment  découpées,  pratiquées  dans 
répaisseur  de  la  maçonnerie,  formant  chemin  de  ronde 
entre  le  porche  et  le  clocher  et  s'étageant  en  trois  rangs 
sur  la  base  de  la  tour.  L'abside,  en  mur  droit,  est  d'un 
effet  magistral,  grâce  aux  longues  lignes  verticales  for- 
mées par  ses  contreforts  et  à  sa  très  haute  fenêtre  termi- 
née par  une  rose. 

A  l'intérieur,  ce  qui  surprend  surtout,  c'est  la  hauteur 
extraordinaire  des  piliers  comparée  à  leur  faible  épais- 
seur, l'élévation  prodigieuse  de  la  voûte  en  bois,  qui  dé- 
passe de  beaucoup  tout  ce  qu'il  y  a  de  plus  élancé  dans  le 
pays. 


XVI'  Siècle. 


Pendant  la  première  moitié  du  xvi®  siècle  et  même  au 
delà,  l'architecture  continue  sa  marche  générale  dans 
notre  Bretagne.  Les  mêmes  formes  se  perpétuent,  en  se 
modifiant  légèrement  :  fenêtres  à  tympans  flamboyants, 
se  simpliflant  par  la  suppression  des  redents  ou  trilobés 
au  sommet  des  baies  et  à  la  base  des  soufflets  ;  —  contre 
forts  couronnés  de  pinacles  à  crossettes  végétales  ;  —  por 
tes  et  niches  encadrées  de  colonnettes,  ou  désormais  de 
moulures  prismatiques  qui  se  terminent  en  arcs  surbais- 
sés ou  en  anse  de  panier,  surmontées  d'accolades  ou  de 
contrecourbes  feuillagées,  et  encore  de  frontons  aigus 
tout  hérissés  de  feuilles  déchiquetées. 

Souvent  les  portes  seront  accostées  de  pilastres  carrés, 
mais  sillonnés  de  moulures  spéciales,  ou  encore  de  pilas- 


—  263  — 

très  ronds  entourés  de  spirales  creuses  ou  de  losanges 
évidés,  terminés  par  des  pyramides  chargées  de  crochets 
végétaux.  Dans  les  paroisses  voisines  du  littoral,  les  faça 
des  principales  ou  même  les  murs  latéraux  portent  des 
scalptures  représentant  des  bateaux,  des  navires,  des  scè- 
nes de  pêche,  des  poissons,  des  oiseaux  de  mer,  toutes 
choses  locales  intéressant  les  gens  de  l'endroit. 

  l'intérieur,  les  colonnes  et  les  piles  sont  rondes  ou 
octogones,  parfois  avec  colonnettes  appliquées,  mais 
généralement  avec  suppression  de  chapiteaux,  les  mou- 
lures aiguës  des  arcades  venant  pénétrer  dans  ces  piles 
ou  mourir  à  leur  surface. 

Elles  sont  nombreuses  les  églises  et  chapelles  bâties  à 
cette  époque  et  offrant  ces  caractères  ;  il  vaut  mieux  les 
indiquer  par  ordre  alphabétique,  car  le  classement  par 
ordre  chronologique  serait  difficile,  les  travaux  dans 
quelques-uns  de  ces  édifices  ayant  été  exécutés  à  deux  ou 
trois  reprises  différentes. 

BoDais.  —  A  l'intérieur  du  porche,  on  lit  la  date  de 
1S70,  est-ce  la  date  de  l'église  ?  Celle-ci  a  une  nef  et  deux 
bas-cêtés,  avec  un  troisième  bas  côté  annexé  plus  tard 
du  côté  Midi.  Belles  sablières  sculptées,  représentant  des 
sujets  très  variés. 

Brasparts.  —  La  date  de  1551  se  lit  sur  la  façade  Ouest, 
au-dessus  d'une  porte  gothique.  La  base  du  clocher,  avec 
sa  jolie  galerie,  est  aussi  de  la  même  époque,  mais  la 
chambre  des  cloches  et  la  flèche  sont  postérieures. 

Carhaix.  —  Le  portail  et  le  clocher  portent  la  date  de 
1527  et  1535. 

Cléden-Cap-Sizun.  —  Le  portail  Ouest,  le  clocher,  le 
porche  Midi  et  la  nef  sont  absolument  gothiques. 

Ergué-Gabéric.  —  Église  paroissiale  de  1516.  Chapelle 
de  Kerdévot,  même  époque  ou  antérieure  de  quelques 
années.  Hautes  colonnes  et  belles  arcades. 


—  266  — 

Chapelle  de  Saint-Guénolé,  même  style,  sablières  sculp 
tées. 

FoRÈT-FouESNANT.  —  JoUe  façade  Ouest  avec  joli  clocher 
et  tourelle  d'escalier  ;  intérieur  assez  simple,  belle  fenê- 
tre absidale. 

GouÉZEC.  —  Chapelle  de  Notre -Dame -des -Fontaines  : 
Façade  Ouest  très  riche,  ornée  de  colonnettes,  mou- 
lures et  feuillages  ;  contreforts  avec  niches  et  pinacles  ; 
ce  qui  reste  des  tourelles  qui  accostaient  le  vieux  clo- 
cher disparu  indique  une  disposition  ayant  du  rapport 
avec  Pleyben.  Joli  porche  Midi,  bras  de  croix,  abside  à 
pans  coupés,  ayant  des  contreforts  surmontés  de  pinacles 
avec  gargouilles  variées  et  bizarres.  A  Tintérieur,  il  y  a 
une  nef  et  un  collatéral  Nord  séparés  par  une  ligne  de 
cinq  colonnes,  puis  deux  branches  de  croix  et  une  abside 
polygonale  dans  lesquelles  cinq  fenêtres  possèdent  des 
vitraux  anciens  assez  remarquables. 

GouLiEN.  —  Chapelle  de  Saint  Laurent,  près  du  village 
de  Lannourec.  La  date  de  1655,  qui  se  trouve  sur  le  grand 
contrefort  Sud,  marque  certainement  une  restauration  et 
non  la  construction,  car  tout  dans  cet  édifice  indique  le 
xvi®  siècle  :  les  portes,  le  clocher,  les  colonnes  intérieures 
qui  séparent  la  nef  de  l'unique  bas-côté  Nord. 

Guengat.  —  Église  très  originale,  dans  laquelle  il  faut 
remarquer  surtout  les  fenêtres  de  labside formant  ligne 
droite,  les  portes  et  le  porche,  les  riches  vitraux  anciens. 

GuiMiLiAU.  —  Le  clocher  et  la  nef  datent  certainement 
du  xvi«  siècle,  mais  au  siècle  suivant  ont  été  faites  beau- 
coup d'adjonctions  dont  il  sera  parlé  ensuite. 

Hopital-Camfrout.  —  L'intérieur  de  l'église  est  bien 
gothique  ;  le  portail  Ouest  est  une  magnifique  page  de  la 
Renaissance  ;  nous  en  parlerons  quand  on  traitera  de  ce 
style. 

Kerfeunteun.  —  Chapelle  de  La  Mère-de  Dieu.  On  y 


—  267  — 

trouve  les  dates  de  1541-1578-1621.  Il  y  a  là  à  observer  tout 
particulièrement  la  belle  porte  ornementée  du  transept 
Midi,  le  petit  clocher  monté  sur  le  contrefort  d'angle  près 
de  cette  porte,  les  pignons  de  Tabside  à  pans  coupés  et 
les  piscines  intérieures. 

Kkrlaz.  —  Dates  de  1569-1588-1603.  Joli  clocher  accosté 
de  deux  tourelles,  porche  et  ossuaire. 

Lampaul-Guimiliau.  —  Le  porche  a  été  fait  en  1533,  le 
clocher  commencé  en  1573  ;  la  nef  et  une  partie  du  bas- 
côté  Midi  sont  de  cette  époque,  mais  Tabside  et  le  bas- 
côlé  Nord  appartiennent  au  xvii®  siècle. 

Laxdudal.  —  La  belle  église  de  Notre-Dame  de  Populo 
porte  les  deux  dates  de  1539  et  1548.  Elle  a  de  spéciale- 
ment remarquable  ses  deux  portes  Midi  et  Nord,  ainsi 
que  son  abside. 

MEU.ARS.  —  Chapelle  de  Notre-Dame  de  Confors.  Bel 
édifice  tout  conçu  dans  la  donnée  gothique,  sauf  son  clo- 
cher qui  est  du  XVII®  siècle.  La  façade  Ouest  est  très  riche 
en  sculpture  ;  Tabside  à  pans  coupés  très  élégante  avec 
une  fenêtre  à  fleurs  de  lis.  Sur  le  côté  Nord  de  cette 
abside  est  cette  inscription  :  En  Van  itfvc  XXVIII,  le  se- 
cond dimanche  d^Août, 

Melgven.  —  Chapelle  de  la  Trinité.  Belle  abside  à  pans 
coupés,  portes  latérales,  deux  fenêtres  fleurdelisées,  très 
riche  façade  Ouest. 

Pencran.  —  La  date  de  cette  église  est  donnée  par  une 
belle  inscription  gothique  tenue  par  un  ange  au  côté  gau- 
che de  rentrée  du  porche  :  Le  15^  jour  de  Mars  1563  fut 
fondé  ceste  chapelle  au  nom  de  Dieu  et  de  sa  Mère  et  de 
Minte  Appoline  de  par  Hervé  Kerantiès  et  Ouillemette  Bras 
fabriques  de  la  dite  chapelle. 

On  remarquera  spécialement  la  belle  rose  flamboyante 
de  l'abside,  le  clocher  et  le  porche.  A  l'intérieur,  de  nom- 
breuses statues  anciennes,  et  tout  particulièrement  le 


—  268  — 

groupe  de  Notre-Dame  de  Pitié,  le  plus  riche  et  le  plus 
beau  de  tout  le  diocèse.  II  est  ainsi  daté  :  En  lan  MU  F<* 
XVII  cest  histoire  fust  complet  :  J.diouguet  "J^^ 

A  noter  aussi  que  dans  le  clocher  de  Pencran  se  trouve 
la  plus  ancienne  cloche  du  pays,  puisqu'elle  porte  la  date 
de  1365. 

Penmarc'h.  —  Église  paroissiale  commencée  en  4508, 
d'après  la  date  inscrite  sur  le  porche  :  Le  jour  saint  René 
1508  fut  fondé  cette  église,  et  la  tour  Van  Îô09,  dont  était 
recteur  KK  Jégou.  Le  jour  saint  René,  c'est-à-dire  le  jour 
de  la  fête  de  saint  Ronan,  1®'  Juin. 

C'est  un  édifice  colossal  mesurant  24  mètres  de  largeur 
et  37  •»  40  de  longueur  à  l'intérieur,  mais  ayant  une  lon- 
gueur totale  de  50  mètres  en  y  comprenant  les  13  mètres 
de  saillie  extérieure  du  clocher  et  de  la  chambre  du  tré- 
sor. Rien  de  plus  imposant  que  son  abside  droite  avec 
son  immense  fenêtre,  son  riche  porche  au  pied  du  clo- 
cher, sa  tour  immense  restée  inachevée  ;  et  sur  tout  cela 
des  sculptures  originales,  de  riches  contreforts,  des  gar 
gouilles  humoristiques.  Remarquer  spécialement  la  belle 
fenêtres  à  trois  fleurs  de  lis,  la  cuve  des  fonts  baptismaux, 
le  foyer  intérieur,  et  la  chambre  du  trésor  couverte  par 
une  toiture  ou  terrasse  en  dalles  de  granit  contournée  par 
une  balustrade  découpée. 

Dans  la  même  paroisse,  on  peut  voir  les  ruines  de  l'é- 
glise de  Sainte -Thumette,  à  Kérity,  et  la  chapelle  de 
Notre-Dame  de  la  Joie,  sur  la  côte,  entre  le  phare  d'Eck- 
mûhl  et  Saint-Guénolé. 

Pleyben.  —  Grande  et  belle  église,  à  laquelle  une  ins- 
cription donne  la  date  de  1564,  quoiqu'elle  semble 
antérieure  par  son  style.  Le  grand  clocher  est  de  1588. 
Ce  qu'il  y  a  de  plus  remarquable  dans  la  partie  gothique, 
c'est  la  façade  Ouest  avec  sa  belle  porte  et  le  clocher  de 
sainte  Catherine,  puis  l'abside  dont  les  fenêtres  sont  sur- 
montées de  pignons  très  élégants. 


—  269  — 

Ploark.  —  Portail  Ouest,  clocher,  et  quelques  autres 
parties  datées  de  1550-1555-1557,  mais  Tabside  et  tout  le 
haut  doivent  être  du  xvii«  siècle. 

Pu)gastel-Saint-Germain.  —  Chapelle  de  Saint- Germain, 
?aste  édifice  entièremeot  gothique.  Beau  portail  Ouest, 
portes  latérales  ornées  et  fenêtre  fleurdelisée. 

Plogonnec.  —  Église  paroissiale,  1581-1661.  Grande 
abside  droite.  Vieux  vitraux. 

Dans  la  môme  paroiss^e,  chapelle  de  Saint-Theleau, 
très  belle  façade  Ouest,  clocher  très  curieux,  deux  belles 
portes  latérales. 

Plomodiern.  —  Chapelle  de  Sainte-Marie  du  Menez- 
HoM,  1574-1591,  nef,  bas-côtés,  transept. 

Plonéour-Lanvern.  —  Chapelle  de  Lanvern,  portant  la 
date  de  1562,  mais  ses  colonnes  et  ses  arcades  semblent 
indiquer  une  date  plus  ancienne  ainsi  que  la  fenêtre  à 
rose  de  Tabside. 

Plouzévédé.  —  Grande  et  belle  chapelle  de  Notre-Dame 
DE  Berven,  1567,  faite  tout  d'une  venue,  en  très  beaux 
matériaux,  grande  fenêtre  absidale. 

Primelin.  —  Grande  chapelle  de  Saint-Tujean.  Toute 
gothique,  sauf  une  colonne  à  chapiteau  ionique.  Grande 
tour,  beau  porche. 

La  Roche-Maurice.  —  Porte  latérale,  grande  fenêtre  de 
l'abside  dont  le  vitrail  est  daté  de  1539.  Sablières  sculp- 
tées, de  1559.  Jubé  en  bois. 

Spézet.  —  Chapelle  de  Notre-Dame  du  Cran,  1550, 
remarquable  surtout  par  ses  vitraux. 


—  270  — 


Renaissance. 


Dans  le  courant  du  xv®  siècle,  il  se  produisit  en  Italie 
un  retour  marqué  vers  les  ouvrages  littéraires  et  aussi 
les  monuments  d'architecture  et  les  antiquités  de  la  Grèce 
et  de  Rome  ;  on  se  mit  à  les  étudier  et  à  les  reproduire,  d 
il  surgit  d'innombrables  artistes  adeptes  de  la  nouvelle 
école. 

Par  suite  des  expéditions  des  rois  de  France  Charles  VIII 
et  Louis  XII  en  Italie,  1495  et  1499,  ces  souverains  et  les 
seigneurs  qui  les  accompagnaient  vinrent  à  se  passionner 
pour  les  nouvelles  œuvres  italiennes  et  entrèrent  en  con- 
tact avec  les  peintres,  sculpteurs  et  architectes,  dont  ils 
amenèrent  un  grand  nombre  en  France. 

Sous  François  I®',  cet  engouement  ne  fit  qu'augmenter. 
Nos  artistes  français  eux-mêmes  abandonnent  les  ancien- 
nes traditions  gothiques  pour  adopter  les  modes  nouvel- 
les ;  plusieurs  voyagent  en  Italie  pour  étudier  et  se  for- 
mer, d'autres  font  leur  éducation  dans  notre  pays  même, 
à  côté  des  Italiens,  et  si  ces  derniers  obtiennent  la  direc- 
tion de  certains  ouvrages  et  de  certaines  constructions, 
nos  maîtres  français  font  aussi  excellente  figure  et  diri- 
gent en  chefs  des  travaux  fort  importants. 

En  dehors  de  ces  causes  indiquées,  d'autres  influences 
agirent  encore,  mais  qu'il  serait  trop  long  d'exposer. 

Ce  mouvement  d'innovation  qui  se  produit  en  France 
dès  les  dernières  années  du  xv®  siècle,  notre  pays  de  Bre- 
tagne semble  s'y  montrer  réfractaire  pendant  bien  long- 
temps. La  Renaissance  apparaît  chez  nous,  comme  par 
surprise  et  d'une  façon  isolée  et  inexpliquée,  en  deux 
médaillons  noyés  au  milieu  de  panneaux  flamboyants 
dans  le  joli  jubé  de  Lambader,  datant  de  1481-1490.  En- 


—  271  — 

suite,  la  première  manifestation,  bien  peu  importante, 
n'a  lieu  qu'en  1533,  au  porche  gothique  de  Lampaul- 
Guimiliau,  dans  les  pilastres  corinthiens  de  la  niche  qui 
couronne  le  fronton,  et  dans  le  bénitier  &b  Tintérieur, 
tout  chargé  d'oves,  de  rais  de  cœur,  rangs  de  perles,  entre- 
lacs et  autres  motifs  absolument  dans  la  note  nouvelle. 

Quatre  ans  plus  tard,  en  1537,  se  construit  la  façade 
Ouest  de  Rumengol  qui  est,  avec  le  portail  de  l'Hôpital - 
Camfrout,  Tune  des  plus  belles  pages  de  la  vraie  Renais- 
sance en  Basse-Bretagne.  Dans  la  porte  principale,  on 
conserve  encore  les  moulures  prismatiques  du  style  flam- 
boyant, mais  certains  autres  membres  et  ornements  d'ar- 
chitecture se  modifient  et  empruntent  des  formes  inusi- 
tés jusque  là  ;  les  petites  pyramides  aiguës  et  feuillagécs 
deviennent  des  pinacles  d'un  nouveau  genre  formés  de 
fuseaux  en  spirale,  de  boules  à  godrons,  d'arrangements 
de  rubans  contournés  en  volutes  et  faisant  bouquet  ter- 
minal. Dans  les  contrecourbes  de  couronnement  ce  ne 
seront  plus  les  feuilles  de  choux  ou  de  chardon  déchique- 
tées, mais  une  nouvelle  feuille,  approchant  un  peu  de 
celle  de  l'acanthe,  plus  grasse,  plus  molle,  plus  arrondie. 
Les  chapiteaux  et  les  frises  se  ressentiront  aussi  de  cette 
transformation  qui  se  dessinera  également  dans  les  ni- 
ches, les  encadrements,  les  moulures  et  les  crossettes 
garnissant  les  rampants  des  pignons.  Dans  tous  ces  orne- 
ments, on  trouve  les  souplesses,  les  rondeurs,  le  gras 
sobre  et  délicat  qui  sont  la  vraie  touche  des  premières 
années  de  la  Renaissance. 

Au  porche  de  Landivisiau,  1554-1559,  les  dispositions 
générales  de  la  période  gothique  se  perpétuent,  avec  les 
profils  et  les  feuillages  anciens  ;  mais  au  milieu  de  cette 
ornementation  se  rencontrent,  conçus  dans  le  style  de 
François  I«  et  d'Henri  11,  les  culs-de-lampe  des  niches  des 
apôtres  et  une  partie  de  leurs  couronnements,  le  bénitier 


-  272  — 

avec  le  dais  qui  le  surmonte,  aiosi  que  la  plupart  des 
décorations  qui  tapissent  le  tympan  intérieur,  sans  comp- 
ter la  niche  du  sommet  du  fronton. 

Les  mémdl  caractères  s'observent  dans  la  porte  Midi 
de  La  Roche-Maurice,  1539,  et  dans  la  façade  Ouest,  1589  ; 
comme  aussi  dans  le  porche  de  Daoulas,  1566. 

Ce  travail  de  la  Renaissance,  mais  plus  avancé,  abso 
lument  dégagé  des  formes  flamboyantes, .  se  rencontre 
dans  le  porche  de  Bodilis,  1570,  dans  les  deux  de  Plou- 
gasnou,  15741582,  dans  ceux  de  Plouégat  -  Guerrand , 
1574,  Pleyben,  1588,  Brasparts,  1589.  A  Bodilis  et  à  Pley 
ben,  on  voit  apparaître  pour  la  première  fois  la  colonne 
dite  française,  imitée  de  Philibert-Delorme,  composée  de 
tambours  cannelés  séparés  par  des  bagues  saillantes  et 
sculptées. 

Il  eût  fallu  peut-être  citer  auparavant  le  retable  ou  jubé 
de  Sainte  Croix  de  Quimperlé,  daté  de  1545,  mais  on  ne 
peut  pas.  dire  que  ce  soit  une  œuvre  bretonne,  c'est  un 
produit  des  écoles  de  la  Touraine,  qui  nous  reporte  aux 
sculptures  de  Solesmes  et  du  pourtour  du  chœur  de  Char- 
tres. 


XVII«  Siècle. 


Dès  le  commencement  de  ce  siècle,  Tarchitecture  bre- 
tonne semble  s*être  complètement  débarrassée  de  tous  les 
vieux  souvenirs  gothiques,  sauf  pour  ce  qui  est  des  fenê- 
tres, qui  conservent  encore  leurs  formes  ogivales  et  leurs 
meneaux  flamboyants.  Mais  par  ailleurs,  on  adopte  les 
moulures  et  profils  fournis  par  les  monuments  grecs  et 
romains,  on  les  exagère  même  parfois  en  surchargeant 


—  273  — 

les  corniches  de  modillons  ou  d'encorbellements.  Les 
portes  seront  encadrées  de  colonnes,  de  pilastres,  sur- 
montées d'un  entablement  et  d'un  fronton;  les  contreforts 
seront  recoupés  de  différents  étages  de  corniches,  tapissés 
de  niches  à  pilastres  et  à  coquilles,  couronnés  de  consoles 
renversées  ou  de  clochetons  à  quatre  colonnettes  portant 
des  dômes  superposés  ;  les  porches  adopteront  franche- 
ment les  mêmes  ornements,  contreforts,  colonnes,  pilas- 
tres, niches,  lanternons,  soubassements  intérieurs  com- 
posés de  panneaux  moulurés  ou  ornementés  de  feuillages 
ou  de  cartouches. 

Mais  une  chose  à  remarquer,  c'est  que  les  piles  inté- 
rieures et  colonnes  séparant  la  nef  des  bas-côtés  gardent 
toujours  la  môme  physionomie  qu'au  xvi®  siècle,  c'est-à- 
dire  qu'elles  sont  octogones  ou  rondes,  sans  chapiteaux, 
de  même  que  les  arcades  qui  les  surmontent  sont  tou- 
jours ogivales  ou  surbaissées,  mais  presque  jamais  en 
plein-cintre  parfait.  C'est  là  une  survivance  des  traditions 
gothiques,  qui  se  maintient  obstinément  dans  le  pays. 
Les  églises  les  plus  remarquables  de  cette  époque  sont  : 
Dans  la  Cornouaille  :  Ploaré,  Le  Juch,  Notre-Dame  de 
Kergoat,  en  Quéménéven,  l'abside  de  Plomodiern  et  Clé- 

DEN-POHER. 

Ploaré  et  Le  Juch  ont  des  relations  intimes,  puisque 
Ploaré  est  l'église  mère  et  que  Le  Juch  en  est  une  trêve. 
Toutes  deux  ont  été  agrandies  au  xvii®  siècle  du  côté  de 
l'abside,  et  toutes  deux  ont  à  cette  extrémité  de  jolis  lan- 
ternons ou  clochetons  à  dômes  pour  couronner  les  contre- 
forts. Au  Juch,  on  trouve  pour  ces  travaux  les  dates  de 
1668-1691. 

La  chapelle  de  Kergoat,  qui  a  remplacé  une  autre  plus 
ancienne,  doit  être  de  1675  environ,  c'est  du  moins  la  date 
qui  se  lit  sur  la  sacristie.  Le  style  de  cette  époque  est  bien 
accusé  dans  les  portes,  les  corniches  et  les  clochetons 


—  274  — 

Il  en  est  de  même  de  1  abside  de  Plomodiern,  qui  a  été 
conservée  lorsque  l'église  a  été  reconstruite,  vers  1855  ou 
1860. 

A  Cléden-Poher  il  a  été  fait  des  agrandissements  à  la 
fin  de  ce  siècle,  et  la  dédicace  date  de  1694.  Sur  le  contre- 
fort Nord-Est  de  l'abside  est  inscrite  la  date  de  1689;  les 
deux  sacristies  sont  de  la  même  époque,  elles  sont  cou- 
vertes d'une  toiture  en  forme  de  carène  de  navire  ren- 
versé. 

Dans  le  Haut-Léon,  il  y  a  tout  un  groupe  d'églises 
ornées  de  beaux  contreforts  surmontés  de  lanternons  d'un 
dessin  vigoureux  et  fort  décoratif  : 

SizuN.  —  Abside  bien  riche,  avec  frise  feuillagée, 
niches  à  dais,  lanternons  au  haut  des  gables. 

CoMANNA.  —  Date  de  1622  au  bas  du  clocher,  1646-16S0 
au  porche.  Architecture  assez  riche  à  l'extérieur. 

LoGMÉLAR.  —  Abside  élégante,  portes  bien  ornementées. 
Différentes  dates  :  1577-1599-1649  1656  1664. 

Lampaul-Guimiliau.  —  Date  d'une  porte  Midi  :  1622. 
Abside  :  1627.  Sacristie  :  1673.  Porte  Nord  :  1609. 

L'abside  et  la  sacristie  forment  l'ensemble  le  plus  heu- 
reux, le  plus  mouvementé  et  en  inême  temps  le  plus  har 
monieux  qu'il  soit  possible  d'imaginer  ;  les  clochetons 
qui  surmontent  les  contreforts  et  les  cinq  pignons  de  la 
partie  absidale  se  découpent  admirablement  sur  le  ciel  et 
forment  une  silhouette  qu'il  est  impossible  de  trouver 
dans  un  autre- monument. 

Guimiliau.  —  Grand  déploiement  aussi  de  contreforts 
et  de  clochetons,  mais  ayant  moins  d'apparence  qu'à  Lara 
paul.  Dates  diverses  :  1633  1642-1664-1667.  Sacristie  :  1683. 

Saint  Thégonnec.  —  On  trouve  ces  ornements  sur  les 
deux  bas-côtés  ;  la  nef  et  l'abside  ont  été  refaites  au  xviir 
siècle,  1777. 

BoDiLis.  —  Extérieur  très  ornementé,  belle  sacristie. 


-  27S  — 

A  ce  groupe  qui  vient  d'être  cité,  il  convient  d'ajouter 
GoL'Ez.NOu,  dont  la  partie  absidale  est  aussi  admirable- 
ment soignée.  On  trouve  sur  deux  points  différents  du 
monument  les  dates  de  1607  et  1615. 

Chose  assez  curieuse,  les  lanternons,  ainsi  qu'au  por- 
che de  Landerneau,  ont  pour  couronnement  un  croissant. 
On  sait  que  c'étaient  là  les  armes  d'Henri  II  et  de  Diane 
de  Poitiers  ;  mais  on  est  déjà  bien  loin  de  ce  règne,  qui 
se  termina  en  1559. 

Pour  terminer  la  série  des  églises  du  xvii<^  siècle,  il  faut 
signaler  aussi  la  chapelle  du  Collège  de  Quimper,  bâtie 
par  les  Pères  Jésuites  qui  dirigeaient  ce  Collège.  Com- 
mencés vers  1650,  elle  ne  fut  terminée  qu'en  1700,  pour 
le  gros  œuvre  ;  môme  les  voûtes  et  le  pavé  ne  furent  entiè- 
rement finis  qu'en  1748. 

Gel  édifice  est  construit  absolument  d'après  les  règles 
classiques  du  xvii^^  siècle  ;  façade  imposante  avec  pilastres, 
galerie,  fronton,  corniches  très  fortes.  A  l'intérieur,  pi- 
liers massifs,  corniche  très  saillante,  voûtes  en  berceau, 
coupole  surbaissée  à  la  croisée  du  transept,  abside  en 
hémicycle,  ensemble  grave  et  majestueux. 

Il  vaut  mieux  arrêter  là  l'étude  de  nos  églises,  car  cel- 
les, peu  nombreuses,  qui  furent  construites  dans  le  cou- 
rant du  xviii«  siècle,  ne  peuvent  pas  être  considérées 
comme  des  œuvres  d'art. 

(A  suivre.) 


»  mmtKiOmm  m 


—  276  - 


CARTUUIRE 


DE    L'ÉGLISE    DE    QUIMPEB 

(  Suite.) 


26. 

CARTA  DE  ANNIVERSARIO 

VENERABILIS  GUILLERMI  CORISOPITEN  EPISCOPI 

QUOLIBET  ANNO  FACIENDO 

40  sols  de  rente  sur  moulin  de  l'Evesohé  pour  obit  de  l'EvesqiM 

Quillaume  (i). 

-  1218  - 


UniversisChristifidelibus  présentes  litteras  inspecturis, 
Guillermus  divina  permissione  Corisopitensis  ecclesie 
minister  humilis,  salutem  in  vero  salutari. 

Noveritis  quod  nos  dedimus  et  concessimus  pro  redemp- 
cione  anime  nostre,  canonicis  presbyteris  et  clericis  in 
ecclesia  S*'  Chorentini  deservientibus  ad  faciendum  anni 
versarium  meum,  XL  solidos  annis  singulis  recipiendos 
de  quodam  molendino  quod  nos  fecimus  apud  Kemper- 
Corentin  quod  super  stagnum  Amys  (2)  dinoscitur  esse 
situm.  Si  quis  vero  votum  nostrum  in  hac  parte,  quod 
absit,  confringere  temptaverit  maledictionem  nostram  se 
noverit  incursurum. 

Et  ut  hoc  ratum  et  stabile  perseveret,  sigillo  nostro  et 
sigillo  nostri  capituli  fecimus  présentes  litteras  sigillari. 
Actum  apud  Lanlydron  (3)  anno  Domini  M^CCoXYlIK 


(1)  c.  56,  f20. 

(2)  Il  s'agit  saD8  doute  ici  du  moulio  de  TËvôcbé,  et  de  l'étaog,  qui  oot 
subsisté  jusque  vers  1860. 

(3)  LanniroD  était  déjà  en  possession  des  Évoques  de  Coroouaille. 


—  277  — 


REITJ^TJID,     lS10-12-ia  HJ 


27. 

CtRTA  DE  ANNIVERSARIO  6AUFRIDI  R06ERII 
THESAURARII  CORISOPITENSIS  FACIENDO  ^^ 

-1219- 


Universis  Ghristifidelibus  présentes  litteras  inspecturis 
Renaldus  Dei  gratia  Corisopitensis  electus  salutem  in 
I      Terosalutari. 

Cam  discretus  vir  Gaufridus  ecclesie  nostre  thesaura- 
rius  de  anime  sue  redempcione  cogitans,  domum  suam 
que  est  in  vico  Themer  (3)  cum  appendiciis  suis  in  manu 
Dostra  libère  resignasset  et  nobis  humillime  supplicasset 
ut  eamdem  conferemus  unde  ipsius  anime  utilius  vide- 
remus,  Nos  Capituium  nostrum  bonis  temporalibus  tenue 
et  maxime  domibus  cémentes  et  supplicationi  nominati 
thesaurarii  digne  satisfacere  cupientes,  dictam  domum 
cum  inpendiciis  perpetuo  pacifiée  possidendam  pariter  et 
suis  eidem  Capitulo  contulimus  habendam,  ita  tamen 
quod  Daniel  dictl  thesaurarii  clericus  qui  eidem  thesau- 
rario  diu  deservierat  fideliter  et  attente,  eamdem  domum 
cum  appendiciis  suis  teneat  pacifice  et  quiète  dum  vixerit 


(1)  Beoaud,  nous  dit  Albert  Je  Graod,  était  fraDgaÎB  d'origiDe  ;  ce  qui 
est  coofii-mé  par  Tépithëte  GalUct  qui  lui  est  donnée  dans  une  inscription 
entourant  l'ancien  reliquaire  de  saint  Ronan,  dans  lequel  furent  déposés 
les  linges  sur  lesquels  tombèrent  les  trois  gouttes  de  sang  du  Crucifix  : 
âMo  donUni  4%49  in  tempore  Bênaldi  Gallici  CorisopUensU  electi  corn- 
fosUafitit  arca  S^  Honani  confestoris  aiguë' ponii/ùis  (Procès- ver  baux 
de  MM.  de  Coetlogon  et  de  Plœuc.  Archives  de  l'Evéché).  Elu  au  com- 
oeocement  de  Tannée  1219,  Renaud  ne  fut  sacré  que  vers  le  mois  de 
Février  1221. 

{%)  C.  56.  f  21. 

(3)  Themer,  c'est  la  rue  Obscure,  aujourd'hui  rue  Royale. 

BoLLETiif  DE  LA  Goiiiiissioiv  DIOCESAINE.  —  1'*  année.  18 


-  278  - 

et  possideat  usufructu,  reddendo  ex  ea,  sepe  scripto  Capi- 
tulo,  VI  denarios  mense  januarii  annis  singulis  persol- 
vendos.  Et  ut  tam  Capitulum  quam  clericus  memorati 
dicto  modo  eamdem  domum  cum  appendiciis  suis  teneant 
possessione  firmarii,  presens  scriptum  in  hujus  rei  lesti- 
monium  sigilli  nostri  munimine  duximus  roborandum. 
Actum  apud  Kemper  Corentinum  anno  gracie  M»  CC'» 
nono  decimo. 


28. 

LinERE  DOMINI  EPISCOPI  DE  CONCORDIA 
QUE  FUIT  INTER  CAPITULUM  ET  GUIDONEM  ET  DERIANUM 

FILIOS  ALANI  f'J 

Les  fll8  d'un  nommé  Alain  ont  par  serment  fait  sur  l'ÉvanoMe  et 

bras  de  saint  Oorentin,  renoncé  à  leurs  prétentions  sur  terre 

dicte  Taertruc. 

-  1218- 


Universis  Christifidelibus  ad  quos  presens  scriptum 
pervenerit,  R.  dei  gracia  Corisopitensis  electus  salutem 
in  Domino. 

Universitati  vestrevolumusinnotescat  quod  cum  coram 
nobis  inter  Capitulum  nostrum  ex  una  parte  et  Guidonem 
et  derianum  fiiios  Aiani  ex  altéra,  super  jure  duodecim 
denariorum  et  gailinagio  et  avenagio  (2)  que  dicebant  se 
debere  recipere  in  terra  que  dicitur  Taertruc  (3)  que  est 
proprie  dicti  Capituli  quo  verteretur,  dicti  fratres  in  nos- 
tra  presencia  resignaverunt  (4)  dicta  jura  et  super  sacro- 


(1)  Cart.  56,  f  2. 

(2)  GalUnage,  droit  de  geline  ou  de  volaille  ;  avenaçe,  droit  sur  les 
avoines. 

(3)  Caertruc,  var.  du  Cart.  31,  f»  6. 
(4j  Signaveruntj  var.  du  Cart.  31. 


—  279  — 

sancta  Evangelia  et  brachium  sancti  Chorentini  (1)  jura- 
verunt  quod  nullum  jus  in  dicta  terra  de  cetero  reclama- 
bunt  nec  récipient  nec  tenebunt  nec  aliquis  vel  aliqui 
nomine  ipsorum,  extranei  videlicet  vel  heredes. 

In  cujus  rei  testlmonium  nos  et  abbas  de  Langonio  qui 
presens  aderat,  sigilla  nostra  presentibus  litterisduximus 
apponenda. 

Datum  apud  Kemper-Corentin  anno  gracie  M^CCo  nono 
decimo. 


LinERE  DOMINI  EPISCOPI  CORISOPITENSIS  SUPER 

ECCLESIA  DE  MOELOU  ^^ 

AMord  sur  procès  par  advis  du  Sgr  Evesque  que  le  Recteur  de 

Moelou  payera  par  an  80  livres  de  cire  au  Ohapltre  de  Oor* 

nouallle  et  100  sois. 

-  1218- 


Unlversis  Christi  fidelibus  ad  quos  presens  scriptum 
pervenerit,  R.  Dei  gratia  Corisopitensis  electus  salutem  in 
Domino. 

Cum  super  ecclesia  de  Moelou  (3)  que  ad  luminare 
ecclesie  Sancti  Corfentini  dignoscitur  pertinere,  inter 
Capitulum  nostrum  ex  una  parte  et  Cadoretum  presby- 
terum  ex  altéra  coram  nobis  questio  verteretur,  tandem 
de  assensu  nostro  inter  partes  amicabilis  compositio  tali- 
ter  intervenit,  quod  dictus  Cadoret  presbiter  ab  instanti 
festo  nativitatis  beati  Johannis  baptiste  in  annum  dicto 
Capitulo,  octoginta  libras  cere  ad  usum  luminaris  ecclesie 

(1)  Oo  voit  qu'au  xiii*  siècle  on  conservait  encore  une  relique  du  bras 
de  saint  Coreutin,  sur  lequel  on  prétait  serment. 

(2)  Cart.  56,  f»  1. 

(3)  Moelou,  ancienne  paroisse  de  Cornouaille,  maintenant  en  St-Brieuc, 
iitrfrtf^MoHou. 


-  280  — 

beat!  Chorentini  annuatim  persolveret  :  xx  libras  in 
festo  beati  Nicholai,  xx  in  Pascha,  xx  in  Assumptione 
béate  Marie  et  xx  in  natali  Domini  et  abinde  idem  Cadoret 
quamdiuvixerit,  centumsolidos  usualis  monete  sepedicto 
Capitulo  ad  usum  luminaris  dicte  ecclesie  annuatim  per- 
solvet  :  XXX  solidos  in  festo  beati  Luce,  xxx  in  natali 
domini  et  xl  in  sinodo  Pentecostes. 

In  cujus  composicionis  testimonium,  presens  scriptum 
sigilli  nostri  munimine  duximus  roborandum. 

Actum  anno  gracie  M®  CC®  decimo  nono  (1). 


80. 

LinERE  DE  COMPROMISSIONE  QUE  FACTA  FUIT 

INTER  R.  EPISCOPUM  CORISOPITENSEM  TUNC  ELECTUH  SUPER 

EXCESSIBUS  CLERICORUM  CHORI  ET  ALIIS 

ET  CAPITULUM 

Oompromis  entre  l'Évesque  et  le  Chapitre  de  Oornoualiie,  du  tré- 
sorier et  doyen  de  Omp-Oaval,  touchant  le  prieuré  de  l' hospital, 
une  messe  de  Notre-Dame,  une  prébende  et  correoUon  des 
choristes. 

—  1220.  (Janvier,  n.  s.)  — 


Universis  Christifidelibus  ad  quos  presens  scriptum 
pervenerit,  R.  dei  gracia  Corisopitensis  electus  salutem  in 
Domino. 

Universitati  vestre  volumus  innotescat  quod  cum  inter 
nos  ex  una  parte  et  Capitulum  nostrum  exaltera,  conten- 
cio  haberetur  videlicet  super  prebenda  bone  memorie 
G.  Corisopitensis  thesaurarii  et  institutione  prioris  in 
hospitali  de  Kemper-Corentino  et  missa  quam  de  beata 


(1)  Cette  pièce  est  du  mois  de  Juin  1219,  car  il  y  est  dit  que  la  fôtede 
saint  Jean-Baptiste  est  proche. 


—  281  — 

Tirgine  in  ecclesia  nostra,  diebus  singulis  instituimus 
celebrari  nec  non  super  villa  que  dicitur  villa  episcopi,  et 
œrrectione  excessuum  clericorum  ecclesie  beati  Coren- 
tini,  insuper  et  molendino  quod  venerande  recordationis 
Guillelmus  predecessor  noster  Capitulo  assignaverat  pro 
anniversario  suo  iaciendo  compromissimus  magistrum 
G.  thesaurarium  et  R.  decanum  de  Cap  cavall  et  tercium 
quemcumque  secum  vocare  voluerint,  iîrmiter  promit- 
tentes  quod  ad  arbitrium  predictorum  juratorum  de  pre- 
taxatis  satisfaciemus  competenter  et  si  quid  excessimus 
io  predictis,  emendabimus  diligenter. 

In  cujus  rei  testimonium  presentibus  litteris  sigillum 
nostrum  duximus  apponendum. 

Actum  anno  gracie  M<>CCo  nonodecimo  mense  januario 
dominica  ante  epiphaniam  domini  (1). 


81. 

LinERE  PROCURATORIE  QUAS  HABUIT  ABBAS  RIVENSIS 

AD  COMPONENDUM 
CUI  EPISCOPO  CORISOPITENSI  SUPER  ECCLESIA 

STi  TUDII  <^) 

Touchant  tos  ppétantlons  du  soigneur  abbé  de  Ruis, 

en  IMsIe  Tudy  (3). 

-1220  - 


R.  Dei  gracia  Corisopitensi  electo,  S^i  Gildasii  Ruvensis 
humilis  conventus  salutem  in  Domino. 

(1)  Le  dimanche  avant  TEpiphanie  tombait  le  4  Janvier  en  l'année  1330 
(oooTeau  style),  on  sait  que  jusque  vers  la  fin  du  xvi*  siècle  (1563),  les 
Ufflôes  se  comptaient  de  Pâques  à  Pâques. 

(2)  cm.  56,  f  18. 

(3)  Ce  titre  français  traduit  eccleiki  5'^  TudU  par  Hle  Tudy.  N'est-ce 
pv  plutôt  Loctudy  qu'il  faudrait  dire  ? 


—  282  — 

Mittimus  ad  vos  venerabilem  virum  Herveum  abbatem 
et  patrem  procuratorem  nostrum,  ei  dantes  spéciale  man- 
datum  de  componendo  vobiscum  super  ecclesia  S^  Tudii 
et  omoibus  pertioenciis  suis,  pacem  qua  nobis  super  dicla 
ecclesia  et  ejus  pertiaenciis  egerit,  gratam  habituri  et 
acceptam. 

Preterea  eidem  dedimus  spéciale  mandatum  quod  in 
animam  suam  et  io  animas  nostras  posset  jurare  obedien- 
tiam  quam  vobis  débet  et  successoribus  vestris  et  fideli- 
tatem  ecclesie  S^i  Tudii. 


32. 

OUEDAM  LICTERE  INTER  EPISCOPUM  ET  ABBATEM  DE  REVIS 

ET  CONVENTUM  H) 

Aooord  que  l'mbbé  et  convent  de  saint  Quedas  de  Ruis  auront  une 

des  prébendes  de  Lotudy»  TEvesque  de  Oornoumllle  disposition 

des  deux  autres. 

-  1220,  Avril.  - 


Universis  Christiiidelibus  présentes  litteras  inspecturis 
H.  abbas  et  conventus  S^^  Gildasii  Rivensis  salutem  ia 
Domino. 

Noveritis  quod  post  diutinam  controvercionem  que 
intep  nos  et  venerabilem  virum  electum  Corisopitensem 
super  ecclesia  S^»  Tudii  in  prandi  (sic)  dignoscatur  agi- 
tata,  tandem  composuimus  in  hune  modum. 

Quod  nos  ex  donatione  predicti  Electi  et  consensu  Capi- 
tuli,  unum  canonicatum  habemus  in  ecclesia  S^î  Tudii  in 
perpétue  possidendum,  magister  vero  Gaufiridus  secun- 
dam  et  magister  Tadiocus  (2)  terciam  quamdiu  vixerint 
possidebunt,  quas  cum  pro  tempore  vacaverint,  dictas 


(1)  Cart.  56,  f»  7. 

(9)  Tadheus  pour  Cadiocus. 


—  283  — 

electus  et  successores  sui,  illos  confèrent  quibus  viderint 
conferendas,  quod  de  commun!  assensu  dicti  electi  et 
tocius  sui  Capituli  est  statutum  quod  tria  bénéficia  seu 
canonicatus  in  dicta  ecclesia  de  cetero  habebuntur.  Nos 
vero  omni  contentioni  et  columpnie  quod  contra  predic- 
tum  electum  et  Corisopitensem  ecclesiam  tiabebamus 
super  dicta  ecclesia,  renonciavimus  expresse,  omnibus 
vero  instrumentis  et  licteris  quas  super  dicta  ecclesia 
habemus  utemur  secundum  consilium  dictorum  magis- 
trorum,  et  in  loco  securo  cum  eorum  consilio  ponemus 
reservanda,  et  alienata  secundum  consilium  eorum  stu- 
debimus  revocare. 

Nos  vero  electo  Corisopitensi  et  successoribus  suis  obe- 
dienciam  quam  debemus,  fidelitatem  vero  ecclesie  S^^Tu- 
dii  pro  nobis  et  conventu  nostro  cum  eorum  speciali  man- 
dato  juravimus. 

Dicti  vero  magistri  dictas  fidelitatem  et  obedienciam 
juraverunt  et  bec  omnia,  bona  fide  duximus  pro  nobis  et 
conventu  nostro  concedenda. 

Dicti  vero  magistri  in  acquirendo  et  revocando  jura 
ecclesie  antedicte,  debent  nobiscum  laborare  et  expensas 
pro  suis  porcionibus  ponere  alioquin  de  acquirendis  nie- 
hil  percipient  donec  nobis  super  expensis  fuerit  satisfac- 
tum  et  similiter  erit  de  nobis. 

Ut  hoc  autem  robur  optineat  firmitatis,  présentes  litte- 
ras  sigillo  nostro  et  sigillo  Capituli  fecimus  sigillari. 

Dalum  apud  Kemper-Corentin  anno  gracie  MoCC®  vice- 

simo  mense  Aprili  (1). 

(A  suivre.) 


(1)  En  1920,  Pftqaes  étant  le  29  Ma»,  cette  pièce  est  bien  du  mois 
*  A?ril  1280. 


—  284  — 


du  Minihy  de  Léon. 


ENQUÊTE  DE  COMMODO  ET  INCOMMODO 

(Suite.) 


Les  S'>  Ollivier  Lucas,  Nicolas  Rolland  S'  de  Kerrous 
et  Mathurin  Le  Becq  S^  du  Clos,  députés  par  le  général  de 
la  paroisse  de  S^  Jan. 

Les  S^*  de  Lestang,  le  Roy,  Poulprat,  Dinéric  et  Jan 
Guillou,  députés  par  le  général  de  la  paroisse  du  Crucifix 
devant  le  Trésor. 

Honorables  gens  André  Roignan  et  Pierre  Le  Borgne, 
députés  par  le  général  de  la  paroisse  de  Trégondern. 

Honorables  gens  PaouIJahouen  et  Jacob  Roignan,  dépu- 
tés par  le  général  de  la  paroisse  de  Saint-Pierre  ; 

Gabriel  le  Roux,  l'un  des  députés  de  la  paroisse  du 
Crucifix  des  Champs,  faisant  pour  luy  et  pour  les  autres 
dignités. 

Adhèrent  tous  aux  oppositions,  raisons  et  protestations 
présentées  par  les  Sieurs  Viccaires  et  les  députés  du  géné- 
ral de  la  paroisse  de  Notre-Dame. 

Et  la  nuit  survenue,  a  esté  la  continuation  de  la  présente 
Commission  renvoyée  à  demain,  8  heures  du  matin. 
Ainsi  signé  :  J.  le  Roy,  M,  V Officiai;  G.  Hinault,  M,  le  Pro- 
moiteur,  et  J.  le  Mesle,  greffier. 


—  286  — 

Du  dixième  jour  de  Décembre  1698,  8  heures  du  matin, 
devant  nous  susdit  officiai  ont  comparus  Yves  Moncus  et 
Auilray  Clouarec,  députés  par  le  hault  bout  de  la  paroisse 
de  Toussaint,  les  tels  faisant  tant  pour  eux  que  pour  Jean 
Argouarcb,  ont  adhères  aux  raisons  et  protestations  des 
Vîccaires  et  habitants  de  la  paroisse  de  Notre-Dame. 

Le  S'  Ratifias  a  demandé  temps  jusqu'à  demain  pour 
conférer  des  plaides  cy  dessus  afin  de  scavoir  s'ils  méri- 
tent réponse  ou  non,  acte  et  delay  requis  par  le  dit  S'  Ra- 
flas, luy  octroyé. 

Et  advenant  ce  jour  onzième  Décembre  1698,  8  heures 
du  matin,  par  devant  nous  officiai,  le  dit  S^  RafBas, 
assisté  du  S'  Hervé,  son  adjoint,  a  dit  qu'il  est  assez  évi- 
dent que  les  délais  affectés  par  les  deffendeurs  principaux 
à  répondre  au  plaidé  du  Chapistre  du  quatrième  de  ce 
mois  soubz  le  spécieux  prétexte  de  faire  venir  un  conseil 
de  la  ville  de  Morlaix  ne  servent  à  autres  fins  que  à  con- 
sommer le  Chapistre  en  frais  par  le  retardement  de  l'effet 
de  la  commission  et  à  donner  plus  de  reliefl  à  l'éloquence 
de  leur  conseil  qui  demeure  en  cette  ville  et  qui  écrit 
pour  eux  avec  d'autant  plus  de  liberté  qu'il  croit  estre 
bien  à  couvert  des  reproches  que  mériteront  sa  conduitte 
envers  le  Chapistre,  et  on  suplye  M.  le  Commissaire  d'ob- 
server que  tous  ces  diffuges  sont  d'autant  plus  préjudi- 
ciables au  Chapistre  que  les  témoins  qui  doivent  estre 
ouïs  ou  partye  d'iceux  peuvent  avoir  occasion  de  s'absen- 
ter et  se  dispenser  par  ce  moyen  de  donner  leur  déposi- 
tion comme  les  defiendeurs  le  souhaittent,  c'est  pourquoy 
on  proteste  de  leur  faire  suporter  les  frais  du  dit  retar- 
dement. 

Au  fond  l'on  a  déjà  dit  que  le  reproche  de  parenté 
suposée  de  quelques  uns  des  témoins  avec  quelques  cha- 
noines n'est  d'aucune  considération,  parce  qu'il  n'est 
point  question  de  l'intérest  particulier  d'un  chanoine 


—  286  — 

mais  bien  de  celuy  d*un  corps  et  d*une  communauté  qui 
subsiste  toujours. 

Le  second  moyen  de  reproche  qui  est  fondé  sur  ce  que 
quelques  uns  des  témoins  sont  detteurs  de  quelques  ren- 
tes au  marreau  et  collège  de  la  cathédrale,  est  du  moins 
aussi  faible  que  le  précédent,  non  seulement  parce  que 
ces  sortes  de  rentes  ne  sont  point  affectées  aux  portions 
congrues  prétendues,  mais  encore  parce  que  les  defien- 
deurs  avant  Tarrest  du  Parlement  de  Bretagne,  comme 
Viccaires  du  cœur  estaient  participants  dans  les  mesmes 
rentes  comme  tout  le  reste  du  bas  chœur. 

Ce  que  les  defiendeurs  ont  dit  du  S'  de  Querenec  n  est 
point  véritable,  puisque  11  n'a  jamais  porté  l'habit  de  cha- 
noine que  pour  la  prise  de  possession  du  canonicat  du 
feu  S^  de  Quercop,  son  oncle,  qu'il  n'a  jamais  fait  de  ri- 
goureuse, assisté  au  cœur  comme  chanoine,  n'y  fait  aucu- 
nes fonctions  en  la  dite  qualité  et  qu'il  résigna  son  cano- 
cat  tout  après  la  prise  de  possession,  au  S'  de  Querhoent. 

Il  serait  tout  à  fait  inutile  de  s'arrester  à  respondre  à 
ce  que  les  defiendeurs  ont  allégué  pour  soustenir  leurs 
prétendus  reproches  contre  les  S"deQuerbaul  etQueran 
traon  des  Isles,  de  Roserf,  de  Lesplouênan  et  de  Rosam- 
poul,  parceque  les  raisons  desduittes  par  le  précédent 
plaidé  du  S^  de  Raflias,  du  quatrième  de  ce  mois,  sont  plus 
que  suffisants  pour  faire  connaistre  la  faiblesse  des  dits 
reproches. 

Il  a  esté  aussi  suffisamment  respondu  aux  reproches 
allégués  contre  les  S"  de  Lanvaden,  de  Quermersio  et  de 
Quervistin,  mais  c'est  sauf  le  respect,  une  imposture  d'a- 
vancer que  le  S' Hérault,  prestre,  soit  filleul  du  Sieur  à  pré 
sent  de  Trofagan  et  à  suposer  qu'il  le  fut  est-ce  une  raison 
qui  empesche  que  le  sieur  de  Couadou,  son  père,  soit  oûy 
dans  une  cause  publique. 

Tout  le  raisonnement  des  defiendeurs  au  sujet  du  dit 


—  287  — 

S' Hérault  est  sy  peu  solide  qu'il  ne  mérite  pas  que  on 
s'y  arreste,  que  s'il  fait  quelques  fonctions  de  soubz  vicaire 
dans  le  Minehy,  ce  n'est  que  à  la  prière  et  requeste  du 
S'Tainguy,  l'un  des  defiendeurs  principaux,  et  partant 
ce  moyen  ne  peu  non  plus  empescher  que  le  père  du  dit 
S' Hérault  soit  entendu. 

Le  S'  Hervé  et  le  dit  maistre  Jacques  Hervé,  advocat, 
persistent  à  contester  formellement  qu'ils  ayent  aucune 
{Kirenté  ny  alliance  avec  le  S'  Salaun,  ce  n'est  pas  que  la 
compagne  du  dit  S^  Salaun  soit  de  famille  a  estre  désa- 
voué, au  contraire. 

On  ne  fait  point  de  doutte  que  s'il  estait  permis  et  s'il 
convenait  d'entendre  les  habittants  du  Minehy  touchant 
lunion  en  question,  que  la  plus  grande  partye  et  presque 
tous  s'y  oposeraient  vigoureusement  en  foule  et  en  confu- 
sion; ils  sont  trop  dévoués  aux  defiendeurs  principaux  et 
trop  fortement  engagés  à  leurs  chefs  de  party  pour  avoir 
la  liberté  de  témoigner  qu'ils  soyent  d'un  autre  sentiment 
que  eux. 

Le  S^  Raffias  persiste  à  soutenir  que  tout  le  Minehy  n'a 
jamais  composé  que  une  seuUe  paroisse  nommée  la 
paroisse  du  Minehy-Paoul,  ce  qui  est  sy  vray  que  lors- 
qu'il fut  question  d'afiranchir  et  annoblir  le  nombre  de 
1640  feux  en  Bretagne  en  exécution  de  l'édit  du  Roy  du 
mois  de  Janvier  1640,  MM.  les  Commissaires  députés  ont 
affranchy  et  anobly  trois  vingtièmes  feux  dans  toute  la 
paroisse  du  Minehy  PaouZ,ce  qui  fait  connaistre  avec  évi- 
dence la  vérité  de  l'unité  de  la  paroisse  soustenue  par  le 
Chapistre. 

Et  ce  qui  confirme  encore  l'unité  de  paroisse,  c'est  que 
chaque  dimanche,  seullement  il  ne  se  dit  dans  l'église 
que  la  messe  communelle  à  basse  voix  pour  tous  les 
paroissiens  du  Minehy  par  l'un  des  dits  Viccaires,  les 
autres  recevant  la  rétribution  de  leurs  messes  à  l'excep- 


—  288  — 

lion  de  celuy  qui  la  doit  au  cœur  lorsque  il  n'y  a  point 
d'offisance  de  chanoine. 

Les  deilendeurs  s'efforcent  d'insinuer  qu'il  n'y  a  que  la 
nécessité  urgente  qui  puisse  servir  de  motif  à  l'union, 
mais  on  soustient  qu'il  y  faut  de  plus  considérer,  l'utilité, 
la  bienséance  et  la  commodité,  et  que  dans  l'unité  de  pa- 
roisse au  Minehy  il  y  a  nécessité,  utilité,  bienséance  et 
commodité  pour  le  peuple  du  Minehy. 

La  nécessité  s'y  trouve  par  la  paix  au  dedans  et  au 
dehors,  et  le  bon  ordre  qui  sont  nécessaires  pour  la  con- 
duite des  âmes,  et  cette  paix  et  ce  bon  ordre  se  trouvent 
sans  doute  plus  dans  l'unité  que  dans  la  multiplicité  des 
pasteurs  dans  la  mesme  église. 

Cette  mesme  unité  est  aussi  plus  utile  au  peuple  parce 
que  n'y  ayant  qu'un  seul  viccaire  il  ne  faudra  que  une 
seule  maison  presbyteralle,  ou  lieu  que  s'il  y  en  avait  sept 
il  leur  faudrait  construire  à  chacun  sa  maison  conve- 
nable et  les  entretenir  en  réparation  ce  qui  serait  à  Top- 
pression  du  public. 

La  bienséance  veut  aussi  qu'il  n'y  ait  point  différents 
recteurs  ou  viccaires  perpétuels  siib  eodemtecto  par  milles 
raisons  que  tout  le  monde  peu  connaistre,  et  il  est  cons- 
tant  qu'un  seul  viccaire  avec  un  nombre  suffisant  de  soubz 
viccaires  qui  ne  seront  point  tous  sujets  au  cœur  de 
l'église  cathédrale,  serviraient  plus  commodément  et  avec 
plus  d'assiduité  le  peuple  que  ne  pourraient  faire  sept 
différents  viccaires  s'ils  étaient  sujets  au  cœur. 

Le  S'  de  Raffias  persiste  en  ce  qu'il  a  dit  touchant  l'as- 
persion de  l'eau  béniste,  et  si  elle  se  fait  avant  la  messe 
communelle  c'est  un  abus  parce  que  la  dite  aspersion  sui- 
vant les  rubriques  se  doit  faire  au  cœur  avant  la  grande 
messe  et  continuer  dans  le  reste  de  l'église  ainsi  qu*il  est 
usité  dans  la  distribution  du  pain  bénist  dont  l'unité  aussi 
bien  que  celle  de  l'eau  béniste,  de  prosne  dans  l'église, 


—  289  - 

de  grand'messe  et  de  vespres,  marquent  assé  Tunité  de 
paraisse  dans  la  dite  église. 

C'est  à  crédit  que  les  deflendeurs  avancent  que  encor 
bien  qu*il  n'y  eut  qu'un  seul  registre  dans  la  dite  église, 
neantmoins  chacun  des  sept  viccaires  distinguait  ses  qua- 
lités dans  le  dit  registre  puisque  ils  ne  scaurayent  faire 
voir  qu'ils  y  aient  jamais  pris  ny  aucun  d'eux  ny  leurs 
prédécesseurs  la  qualité  de  viccaires  perpétuels,  et  il  est 
bien  vray  qu'ils  ne  se  sont  qualif&és  tels  que  depuis  l'ins- 
truction de  l'instance. 

11  est  encore  de  mesme  de  ce  qu'ils  disent  touchant  la 
bénédiction  des  fonds,  cierges  et  cendres,  et  il  est  sauf 
correction  du  dernier  ridicule  de  soustenir  que  c'est  par 
usurpation  que  les  dignitaires  font  ces  sortes  de  cérémo- 
nies en  l'absence  de  l'Évéque,  et  en  leur  absence  le  plus 
ancien  chanoine,  puisque  c'est  Tusage  de  toutes  les  cathé- 
drales, et  on  soustient,  de  plus,  que  les  chanoisnes,  lors- 
qu'ils l'ont  voulu,  on  fait  les  baptêmes,  mariages  et  levées 
de  corps,  ce  qui  fait  encor  voir  que  le  tiltre  de  la  cure  du 
Minehy  réside  dans  le  Chapistre. 

II  ne  faut  pas  estonner  si  à  deilaut  de  bonnes  raisons 
les  deBendeurs  en  ont  aporté  de  si  mauvaise  au  sujet  du 
lait  que  aux  synodes  on  ne  fait  apel  que  du  seul  Vicaire 
de  Toussaint  pour  tout  le  Minehy,  il  semblerait  à  les  enten- 
dre que  depuis  plusieurs  siècles  les  Évesques  et  le  Cha- 
pistre auraient  preveu  le  procez  qu'ils  ont  intenté  depuis 
les  douze  ans  au  Chapistre.  Quelle  absurdité  I  Us  ont 
neantmoins  raison  de  soutenir  que  le  Vicaire  de  Tous- 
saint n'avait  point  de  tiltre  différant  de  ceux  des  autres 
Vicaires  pour  se  présenter  seul  au  sinode,  parce  qu'il  est 
vray  que  ny  les  uns  ny  les  autres  n'avaient  aucun  tiltre 
queceluy  de  Vicaires  du  cœur  nommés  par  le  Chapistre, 
et  non  pas  celuy  de  Vicaires  perpétuels  qu'ils  prétendent 
à  présent. 


—  290  - 

Les  deflendeurs  n'osent  contester  que  hors  les  matinées 
des  trois  testes  de  Pasques,  les  habitants  du  Minehy  com- 
munient tous  inditléremment  dans  la  chapelle  de  Tous- 
saints,  à  laquelle  est  le  seul  tabernacle  de  l'église  cathé- 
drale et  paroissiale  du  Minehy,  comment  donc  pourayeot- 
ils  connaître  sy  ou  non  leurs  prétendus  paroissiens  au- 
raient fait  leur  pasque  ? 

On  est  convenu  qu'ils  ont  quelquefois  consacré  des  hos- 
ties sur  les  autels  particuliers  aux  trois  jours  de  festes  de 
Pasques  seulement  et  ils  sont  aussy  demeurés  d'accord 
qu'ils  prennent  tous  des  hosties  du  tabernacle,  cela  mar- 
que plus  que  toute  chose  l'unité  de  paroisse. 

Il  est  aussi  controuvé  d'advancer  que  le  Chapistre  ait 
destruit  les  tabernacles  qu'ils  supposent  avoir  esté  sur  les 
dits  autels,  il  ne  faudra  que  l'inspection  de  la  construction 
des  mêmes  autels  pour  revaincre  cette  contre  vérité. 

Quant  aux  cendres,  on  les  donne  au  cœur  et  indifférem- 
ment aux  autels  de  l'église  où  il  se  présente  du  monde 
pour  en  prendre.  Sy  l'on  a  effacé  sur  un  tableau  ces  deux 
mots  :  Rtctor  Paroquiœ,  la  personne  qui  Ta  effacé,  à  sup- 
poser qu'il  fut  du  cœur,  était  en  droit  de  le  faire. 

L'on  convient  que  ces  mots  :  place  de  viccaire,  que  Ton 
avait  inscript  dans  sept  places  différentes  aux  haults  bancs 
du  cœur  ont  été  effacés  par  l'ordre  du  Chapistre  après  i'ar- 
rest  du  Parlement  de  Bretagne  qui  avait  ordonné  l'insti 
tution  d'un  seul  Viccaire  perpétuel  avec  le  nonabre  de 
quatre  soubz  Viccaires  qui  tous  ne  fussent  point  sujets  au 
cœur.  C'est  de  quoy  MM.  du  Chapistre  réservent  aussy  de 
demander  apurement. 

Ce  n'est  pas  d'aujourd'huy  que  les  deflendeurs  ont 
exagéré  le  revenu  du  Chapistre  dont  le  montant  n'est 
grand  et  considérable  que  dans  leurs  idées  et  leurs  écri- 
tures, on  leur  en  a  fourni  un  état  fort  médiocre  qu'ils 
n'ont  jamais  osé  contredire. 


-  291  - 

D'ailleurs  ne  voit  on  pas  que  la  valeur  des  dixmes  n'est 
point  fixe  et  que  tantost  elle  s'augmente  et  tantost  elle 
diminue  ;  mais  que  ne  répondent  ils  aux  faits  que  on  leur 
asoustenus  que  la  mer  et  le  sable  gaignent  tous  les  jours 
]e  territoire  sujet  aux  dites  dixmes  et  en  diminuent  con- 
sidérablement le  fond. 

Us  ont  grossi  à  plaisir  le  nombre  des  familles  du 
Minehy.  On  persiste  à  soutenir  que  dans  tout  le  Minehy 
il  n'y  a  pas  4,000  communiants,  à  excepter  les  habitants 
qui  sont  sujets  aux  subcursalles  de  Rosco  en  Toussaints  et 
de  Sentec  en  Saint-Pierre,  ce  qui  se  peut  facilement 
vérifBer  par  le  roolle  de  la  capitation. 

11  n'est  pas  véritable  de  dire  qu*il  n'y  a  que  la  moindre 
partye  des  habitants  du  cartier  de  Toussaints  qui  soyent 
sujets  à  la  subcursalle  de  Rosco,  puisqu'il  est  constant 
qu'ils  y  sont  tous  sujets  à  la  réserve  de  la  cinquième  par- 
tye  ou  environ  et  on  dit  de  mesme  des  habitants  du  car- 
tier de  Saint-Pierre  dont  plus  des  deux  tiers  sont  servis 
ou  par  subcursalle  de  Rosco  ou  par  celle  de  Santecce  que 
on  ne  peut  contester  sans  faire  outrage  à  la  vérité. 

On  a  déjà  déduit  les  raisons  pour  lesquelles  on  avait 
prolongé  la  quinzaine  de  Pasques,  une  année,  et  que  on 
avait  quelque  fois  appelé  des  religieux  capucins,  on 
adjoustera,  qu'il  se  peut  faire  que  les  S"  le  Dot  et  Tain- 
guy,  lors  soubz  viccaires,  dans  le  dessein  de  s'ériger  en 
viccaires  se  serayent  relâchés  de  leur  charité  et  de  leur 
devoir  et  que  MM.  du  Chapistre  voyant  l'affectation  du 
peuple  instiguée  par  les  defïendeurs  à  venir  en  foule  cher- 
cher à  se  confesser  aux  trois  jours  de  feste  de  Pasques, 
opinèrent  mieux  qu'il  leur  en  constat  pour  l'entretien  des 
dits  religieux  que  de  souffrir  que  le  peuple  prétextât 
aucun  sujet  de  crier. 

Ledit  S'Raffias  persiste  donc  en  ses  fins  avec  ses  précé- 
dents protestation.  Ainsi  signé:  Raffias  et  Jacques  Hervé. 


—  292  — 

Et  sur  ce  que  les  dits  Viccaires  ont  requis  qu'il  leur  soit 
permis  de  répliquer  au  précédent  plaidé  et  qu'il  leur  soit 
donné  quelque  temps  à  cet  efiet,  leur  avons  donné  jus- 
qu'à demain  8  heures  du  matin,  et  ont  les  dits  Guillerm 
et  SouTRÉ,  faisant  tant  pour  eux  que  pour  leurs  consorts, 
signé  avec  nous  le  dit  jour  onzième  Décembre  1698.  Ainsi 
signé  ;  Jean  Soutré,  vicaire  perpétuel  ;  J  ,  Guillerm,  vicaire 
perpétuel  de  S^Jean  ;  J.  le  Roy,  M.  VOfflcial  ;  G.  Hinault, 
M.  le  Promotteur,  et  J.  le  Mesle,  greffier, 

(A  suivre,) 


TABLE    DES    MATIÈRES 


BciLETiit  i>^  1"^  CoimissiON  DIOCESAINE.  —  1"  aoDée. 


19 


TABLE  DES  MATIÈRES 

DU  BULLETIN  DE  LA  COMMISSION  DIOCÉSAINE 

d'Architecture  &  d'Archéologie. 


Pages. 
Lettre  de  Mgr  TËvéque  de  Quimper  et  de  Léon  instituaDt  ane  Gom- 

missioD  d'Architecture  et  d'Archéologie l 

Règlements  de  la  GommissioD 15 

Lettre  de  Mgr  l'Évoque  à  MM.  les  Membres  de  la  Commissioo 18 

Statistiqne  momunentale  du  Diooèse  de  Quimper, 

par  M.  l'Abbé  AB6RALL 28 

r*  Pabtib.  Églises  et  chapelles  : 

Période  latine 24 

Période  romane 24 

Période  ogivale 26 

Période  de  la  Renaissance 27 

Clochers 60 

Porches,  portes  ornementées 63 

Roses  et  rosaces 66 

Fenêtres  monumentales 67 

Fenêtres  à  tympan  fleurdelisé 67 

Arcs  de  triomphe 68 

Ossuaires 69 

Calvaires  et  Croix  historiées 72-104 

Fontaines  monumentales 105 

Cloîtres  anciens 107 

Cloîtres  disparus 108 

Salles  capitulaires 108 

n*  Parti K.  Mobilier  artistique  : 

Autels  et  retables 109 

Jubés  et  chancela 112 

SUlles 113 

Portes  sculptées 114 


—  296  — 

Pifes. 

Chaires  à  prêcher 114 

Chaires  extérieures  en  pierre 115 

Cuves  de  fonts  baptismaux 115 

Baldaquins  de  fonts  baptismaux 115 

Foyers  aux  fonts  baptismaux 116 

Bénitiers  en  pierre 116 

Bénitiers  portatifs  en  bronze 117 

Statues  et  groupes 117 

Niches  à  volets. 122 

Sépulcres  de  Notre-Seigneur 122 

Tribunes  et  buffets  d'orgues 123 

Sarcophages  en  pierre 124 

Tombeaux  de  Saints 124 

Tombeaux  monumentaux  et  historiés 125 

Vitraux  peints 149 

Tableaux  et  peintures 151 

Bannières 154 

Etoffes  anciennes 155 

Croix  de  procession 155 

Calices,  ostensoirs 156 

Reliquaires  en  buis  sculpté 158 

Arohiteotare  bretonne. 

ËTUDE  DES  Monuments  du  Diocàse  de  Quihpbr 159 

Architecture  primitive  ou  latine 160 

XI*  siècle 165 

XII*  siècle 202 

XIII*  siècle 210 

XIV*  siècle 215 

XV  siècle 218-248 

XVI*  siècle 264 

Renaissance 270 

XVII*  siècle 272 

Gartulaire  de  l'Église  de  Quimper 
par  M.  l'Abbé  PEYRON 

1.  Lettre  de  l'Évoque  Alain  prescrivant  la  confection  du  Cartulaire.  31 

2.  Evesques  de  Cornouaille 33 

8.  Noms  des  comtes  et  ducs 35 

4.  Taxe  des  bénéfices  de  Cornouaille 37 

5.  Droits  censaux  dus  au  Chapitre 73 

6.  Procurations  du  légal  sur  bénéUces  de  Cornouaille 75 

7.  Rentes  dues  au  Chapitre  en  Trégunc  et  Névez 76 


—  297  — 

Pages. 

8.  flommes  du  Chapitre,  en  Trôganc 83 

9.  Rentes  dues  au  Chapitre,  eu  Clohal  Foenaot 126 

10.  Rentes  dues  au  Chapitre  à  l'exaltation  de  la  Sainte  Croix 127 

11.  Rentes  dues  au  Chapitre,  en  Scazre 128 

13.  Fôtes  doubles  et  semi-doubles 129 

13.  Dons  faits  à  Saint-Corentin,  au  xi*  siècle 132 

14.  Attestation  des  droits  extorqués  à  Tôglise  de  Cornouaille,  par 

Alain  Cainart 177 

15.  Conan,  duc  de  Bretagne,  quitte  de  taille  les  terres  du  Chapitre, 

en  Cap-Sizun 180 

16.  Accord  fait  par  TArchevôque  de  Tours,  entre  l'Ëvôque  et  le 

Chapitre  de  Cornouaille 181 

17.  Droit  de  patronage  accordé  à  Saînt-Corentin  par  le  comte  de 

Bretagne  sur  l'église  Saint-Mathieu 183 

18.  Accord  entre  Guy  de  Thouars  et  l'Évéque 184 

19.  Lettre  de  l'Archevêque  de  Tours,  touchant  cette  question 226 

20.  Autre  lettre  de  TArcbevéque  de  Tours,  à  ce  sujet. 228 

31.  Lettre  de  Guy  de  Thouars,  à  ce  sujet 229 

S.  Ayde  de  TËvéque  au  duc,  sans  tirer  à  conséquence 230 

33.  Hervé  de  Léon  renonce  à  ses  prétentions  sur  l'église  de  Crozon.  230 

34.  L'Évéque  de  Cornouaille  donne  au  Chapitre  les  églises  de  Ban- 

nalec,  Plozévet  et  Spézet 231 

35.  Les  duc  et  duchesse  de  Bretagne  laisseot  au  Chapitre  l'élection 

de  l'Évoque 232 

36.  Obit  de  l'Êvesque  Guillaume 276 

37.  Anniversaire  du  trésorier  Geoffroy  Roger 277 

38.  Accord  entre  l'Evéque  et  les  fils  d'Alain 278 

39.  Lettre  de  l'Évéc^ue  Renaud  touchant  Moêlan 279 

30.  Accord  entre  l'Evéque  Renaud  et  le  Chapitre 280 

31.  Lettre  du  Couvent  de  Rhuys  à  l'Évéque  do  Quimper 281 

33.  Accord  entre  l'Évéque  de  Quimper  et  S'  Gildas  de  Rhuis 282 

Enquête  de  1698 

TOUCHANT  l'union  DBS  SEPT  VICARIATS  DU  MINIHY-LBON 

EN  UNE  SEULE  PAROISSE       47-86-138-187-233-284 

Musée  d'Art  religieux 56-101-201-245 

Bibliographie. — Ifotice  sur  PonUJroix,  par  l'Abbé  A.  TEPHANY.  197 
—                La  Cathédrale  de  Saint- Pol  et  le  Minihy- 

Léon,  par  M.  l'Abbé  PEYRON 198 

Notices.  ~  Congrès  de  Lannion 199 

—            Nouveau  Goitre  du  Séminaire 206 


—  298  — 


Gartnlaire. 


TABLR  ALPHABETIQUB  DBS  NOMS  DB  PERSONNES 

(Le  ehiffire  indique  je  Dumèro  de  l'acte  da  Cartalaire  dans  lequel  le  Hom  est  dtè.) 


Àaiiz,  ducheue 25 

Abaret,  éveque 2 

Abrahe,  Alanus 7 

Adelioa,  Julia 10 

Alain,  évéque 1 

Alani,  RivaUùnus 7 

Aiaoic 7 

Alaoic,  Peirus 7 

Alain,  Canhiart 3-13 

Alain 28 

Alanus,  Hir  ferroenic 3 

Alefroudou,  Auffrei 3 

Allorus  (S^),  évéque 2 

Amicia 9 

Andréa 11 

Anglici,  Eudo 7 

Ansceri 14 

Ansqueri,  Eudo 7 

Arani 8 

Arthurus 3 

Auffret,  Alefroudou 3 

Augusti,  Gaufridus 7 

Aurelius 16 

B 

Bargaync,  Gauffridw 7 

Bartholomeus 8 

Bastardi,  Guldo 14 

Bataes,  Rlvallonus 7 

Benedictus,  Cornes 13 

Benedictus,  /Uitu  Orscandi 13 

Bengac,  Guldo 7 

B.  Bernard,  évéque 16 

Bernard,  évéque 2 

Berna rdi,  Cadoredus 8 

Bernardus,  de  Moelan,  évéque.  2 

Berrihou, Gauffridvs  Ri  valloni.  7 

Beubosel,  Yvo,  évéque 2 

Bindic,  évéque 2 


Bleucbuant,  Gralonus 8 

Blenluen 15 

Boedeov 7 

Boiic 8 

Boseuc 7 

Botlae 8 

Bothiae,  Ckristianus 7 

Boudeur  (Enn.),  Judicellus. . , ,  7 

Bourdan  7 

Bricon,  Guido 7 

Bricon 8 

Brom,  Cadoredus 8 

Budhic,  Daniel 3 

Budic,  Castellin S-3 

Budic,  éveque  et  comte 3 

'  Bugonus. 8 

Bundic,  évéque 3 

Bundic 3 

Buys  (du),  Guillaume 4 

Buzic 8 

G 

Cabellic,  Yvo,  évéque 2 

Cadenoic 8 

Cadoredi,  Ludo 8 

Cadoretus 29 

Canhiart,  Àlahi 2-3-14 

Calm 8 

Calvi 8 

Garni,  Ansckeius 8 

Caradoc,  Gaufridus 14 

Cardenneres,  Salou 7 

Carioci,  GuiUerjnus 9 

Cariou,  Judicael 14 

Cariou,  Alanus- Johannes 7 

Carpentarius,  Petrus 7 

Castellin,  Budic 2-3 

Castreuc,  Daniel-Henriei 7 

Casireuc,  Guillotus 7 

Catgualadrus 16 


—  299  — 


CatgualloD 14 

CathoD 14 

CazoeTddi,  JoKannes 7 

ChoreotiQus  (S*),  évéqve 2 

Clerici,  RHfaUanuM 11 

Clerres,  Àe$ 11 

Cleogaezeir  (an) 8 

Cocgoeo,  Gaufridus 7 

Cocgueo,  ÀUmMS T 

Goet,  GnUlermus 8 

Coctdigoa 7 

CoffiBl  (an) 8 

CoHezeuc,  Gau/fridut 7 

Colliou,  GuUlermus 7 

Coliiov,  Grazloma 7 

Coium,  Coma 15 

Cooao,  Uux 3 

CoiMoas,  Suerioe 3 

Coogar 3 

Coogar,  Keroenve 3 

CoDstancia 17 

Corvezeo 8 

Cotooec,  Benrieus 7 

Courant,  Gaufridv» Il 

Cosdroc 8 

CoxdroQC,  BatevUls 7 

Cozgoall 7 

Croc 8 

Croesoges 8 

O 

Daniel,  Drem 3 

Daniel,  Even 8 

Daniel 14 

Danielis 8 

Danieloo ! 8 

Davidis,  GuiUotus 7 

Deoart  rThomas  d'AniutJ.  évê-- 

îue 2 

Deologou 11 

Deriani 14 

Derianus,  filius  Alani 28 

Deryan 8 

Deservœy 7 

Dibaoov 8 

^^  (Herifu  Kemtfrej 3 


Doeneth,  Eitdo 14 

Dogorecb 10 

Doucic  (an) 11 

DreoD,  Daniel 3 

DroDÎou 9 

Doetoiat,  Plaesou 7 

E 

En  Broch,  de  Lochamani 14 

Eudo,  Fabri 7 

Eudo 14 

Eozeoov,  GuUlotut 7 

EveD 8 

Eveous,  de  Foresta,  ëpêque. . .  2 

P 

Fabri,  David 7 

Fabri,  Guido 7 

Fabri 7 

Fabricii,  Eudonis 7 

Fall,  Rivailonus 7 

Fefrez 8 

Ferroeaic  f  Alain  FergentJ ....  3 

Fiaoter  (aD) 8 

m 

Flam,  Gralea 3 

Floci,  Eudo 7 

Fioci,  Alamis 7 

Floci,  Gaufridut  Morianut. ...  7 

Flori 8 

Foresta,  Even  de,  évéque 2 

Forestarii 8 

Fou  (du),  Gaufridus 14 

Francia,  Petrut  de 3 

Fradleuc,  Fraval 3 

Fraval,  Fradleuc 3 

Frieuc,  GuUlermus  ChritOani, 

a 

GaciaouSf  de  MonteUiSf  évéque  j  2 

Gail  (ao ),  GuiUermui 7 

Gall  (  ao  ),  Guido  Danielis ....  7 

Gall  (au),  Gauffridus 7 

Gall  (an) 14 

Gall  (ao),  Petrus 7 

Gall  (an),  Akmus  de  Riec ....  2 

Gall,  Henrieta 8 

Gall  (ao) 8 


—  300  — 


Gall  (an),  Rivallonus 8 

Gardic,  Rivallonus 8 

Garsill 7 

Gaufridus,  évéque 2-16 

Gaufridus,  decanus 14 

Gaufridus,  thesaurarius, . . .    27-33 

Gaufridus •  9 

OtiufridMs,  chanoine  de  s,  Tudy,  32 

Gaufridi,  Benricus 8 

Gaufridus,  du  Fou U 

Gaufridus 7 

Gaufridus,  filius  Henriei 3 

Gayffas,  Capellanus 14 

Gemellus,  àlanus 

Gentil  (an) 8 

Gentil,  Gauffridus 7 

Gilart 8 

Gizan  (ab) n 

Glannou 7 

Gleman,  Judicellus 7 

Glemani 8 

Gleman 14 

Gleu,  de  Foenant 13 

Glosoi,  Deryanui 8 

Godianus 15 

Goedaes,  £u<(o 7 

Goennoc  (s'),  éve'que 2 

Goezijam,  Daniel 7 

Gohen,  Daniel 8 

Golohet,  évêque 2 

Golouen,  Àlanus 7 

Gonterii,  Alanus,  évéque 2 

Goredi 9 

Gorgar 14 

Gortinactut 10 

Goserhou 8 

Gourioveni 7 

Gourlounani 9 

Gouzioci,  Johannes 7 

Gozberz 8 

Gozil 8 

Gralen,  Mur 3 

Gralen,  Ploeneor 3 

Gralen,  Fiam 3 

Guanedon,  GuUlermus 7 


Guardoc , 

Guemmou,  Johannes , 

Guegon,  /Uius  PerUm 

Guennreda , 

Guenou 

Guethenoc 

Guezengar , 

Guezenoci,  Rivallonus 

Guezonocus 

Guido,  filius  Alani 

Guido,  de  Thoarch 

Guido,  de  Ploenevez,  évéjue. 

Guidomarus,  Guillemius 

Guillermi,  Eudo 

Guiilermus,  évéque 

Guilioti,  GuUlotus 

Guilioti,  Gauffridus 

Gunthebed,  évéque 

Guyhommarchou,  Peîrus 

Guyoofvach 

H 

Haelgomar,  Berveus 

Halguoret,  Rivallonus 

Haltus  (an) 

Hameriti,  Petrus 

Harnotaotheo,  évéque 

Hazeuvis,  ComiUssa 

Hazevisia 

Helgoricus 

Helguro,  Gaufridus 

Henriei,  Alanus  de  Buiec  . . , 

Henriei 

Hergu 

Heric,  Judicellus 

Hervei,  Daniel 

Hervei,  Alanus 

Herveus,  de  Leonia 

Herveus,  de  Landéleau 

Hincmon,  fUius  Saludem 

Hir,  Alanus 

Hytherguent 

Hodierne,  Gauffridus 

Hoel 

Homnes 

Houel 


7 
7 

13 
7 
8 

14 
8 
9 

16 

38 
3 
3 
7 
9 

J 
7 
7 
2 
7 

14 

14 
14 

7 
14 

2 

13 

I* 
i 

16 

II 

7 

8 

3 

8 

8 

II 

23 

2 

13 

3 

14 

8 

13 

14 

3 


-  301  - 


Ihesou 14 

bac 8 

IsiCf  Berveus 8 

J 

Jacobos,  évéque 3 

Jeao,  archevêque 

de  Tours 17-18-19-20-24 

Jean  XI,  pape 2 

Jestio,  Gaufridus 7 

Jestiai,  Kadoredus 7 

JesUoi,  JuUanus 8 

JestiDi,  Eudo 8 

hstinlJudiedlus 11 

Joce,  Conan 7 

Johanoes,  Dux 3 

Jokooes,  fUius  Artkuri 3 

JobaDDis,  Petrus 8 

Johaoois,  Alanus 8 

Jordanus 8 

Jossiua,  arekevêque  de  Tours .  16 

iudeus 11 

Judicaelis 14 

Jodiœlli,  Guida 8 

Judith,  ComiUssa 13 

Jaliaoa 7 

K 

Kaergauter,  Eudo 7 

Kaergaero,  Evenus 8 

Kembre,  DUes 3 

Kemperelensis,  Abbas 14 

Kergooov 1 1 

Kermeryan,  ^v<(o 11 

Kermeryao,  Caznevedi 11 

ïerocnve,  Congar 3 

Kerouant  (de),  ffervettf 1 

Kezlen,  Ditniel  Johannh 7 

L 

Lagadeuc  (an) 11 

Lagadoc 8 

LangoDÎo  (de),  a^to 28 

Lodoa,  Eudo 8 

Loesedj,  Herveus 10 

t^hoaanii^  Akmus 7 


Losoarni,  Daniel 8 

loudour  (an),  Alanus 7 

LoueDanilov 10 


HagDÎ,  Symon 10 

Haguer,  Eudo 7 

Malestricio  (de),  Theolaldus  . .  2 

Marcell 3 

Marcho V,  Rivelen 3 

Harec  (Le),  Gaufridus,  évéque,  2 
Marhec  (le),  Gaufridus,  Archid. 

Poker 4 

Matheus 8 

Mathei,  Symon « . 

Mathelina 7 

Matredi,  Rivallonus 10 

MaucufT 8 

Maucuff,  Azenora 7 

MaucufT,  GtUdo 7 

Maxeuci 3 

Hedici 7 

Helle  (an) 8 

Herianus 1 

Hilbev  (an) 11 

Militis,  Anscherus 8 

Hoelan  (de),  Bernard,  évéque.  2 

Hontellis  {Gacianus  de) 2 

Morelli,  AlanuA  de  Riec,  évéque .  2 

Morillon,  Teuz 7 

Morguethen,  évéque 2 

Morvani 9 

Morvani,  Daniel 8 

Morvanus,  Cornes 13 

Morvanus,  Vicecomei  du  fou,  14 

Morvani,  Grallon 7 

Morvani,  yo^annes 7 

Morvani,  GuUlermi 8 

Morvani,  Alani 8 

Moyn  (an) 8 

Mucb,  Bazeviiia 7 

Mur,  Gralen 3 

Musulyac,  Petrus 7 

N 

Nicholaus 8 

Nigri,  Alanus 7 


-302  — 


NIgri,  Gvido 7 

Nizede 8 

O 

Onveo 13 

Ore,  Benricui 8 

Orscao,  éoé<tue 2-18-14 

OuregaoD 7 

Ouregueoeoa 7 

Ours,  Daniel 7 

P 

Pamonic,  Gaufridut 

Pap,  Àlanua 7 

Papa 8 

Parvi,^  GuéUermui-JwUceUi ...  7 

Pasquiov 11 

PayssaoC U 

Pelliperii 9 

Peoboch,  ViUelmus 23 

Peodu 8 

Peogam,  Eudo 7 

Pennée,  GuiUaU 7 

Peoruic,  GuiUermua 10 

Pergoent  (an) 7 

Pères 9 

Perici,  Johannes 7 

Perioci,  Eudo 7 

Perioci 8 

Periou 13 

Perioci,  GuUlermus 7 

Persooe,  Conanus 8 

Pétri,  Guillotus 7 

Pelrus,  de  francia 3 

Pichardi 7 

Pierre,  de  Dreux 22-25 

Placitalorum 10 

Ploeoeour,  Gralen 3 

Pochaer   8 

Postuec,  Guido 7 

Poyll,  Judicellus 11 

Prefectum,  fiUum  gleman 14 

Putov  (an),  Eudo 8 

Pyllac,  Bivatlonus 7 

Q 

Queomet  (an) 11 

Quoaote  (  ao },  GuUlermui 7 


Quoetmozan,  Gaufridui  évêgue    i 

R 

ïi.,  deeanus  de  Capeaval 30 

Radulphus,  ëvéque 3 

Ragao,  évéiiue î 

Rannov 3 

Raoulptius,  évéque S 

Régis,  Theresa 7 

Reeth,  Jahan 3 

Renaldus,  évêque  . .    27-29-30,  etc. 

Revis  (de),  <l^6as 33 

Blmou,  TUidian U 

Rioci,  Oliverius 7 

Riou,  Eudo 

Rivaieo l* 

RivalioDus,  Clerid H 

Rivallonis,  Daniel B 

Rivalloois,  Petnu 8 

Rivallonis,  Eudo B 

Rivailoni,  Cadoredus B 

Rivallonou ^ 

Rivallonus,  Vicecomes U 

Rivelen,  Marchou 3 

Rivelen 13 

Roanchert,  Sfftnon 10 

Robertus,  évéque 3 

Robertus,  CapeUanw U 

Rodaldus,  évêque 16 

Rodaudus,  fUius  Deriani U 

Rodaudi,  Bivallonus B 

Rogerii,  Gaufridus 31 

Rosprenden 1 

Rouzaudi,  Oureyann 7 

RufG,  Guillermui  de  Penruic .    10 

Ruffi,  Guillermus '7 

Ruffi,  RivaUon 7 

RuOî,  Gaufridus 7 

Ruffi,  GuiUotus *? 

8 
S"  Aglora 13 

S.  Chorentinus 13 

S.  Chorentini,  BrachMim 38 

S»' Conoganus 13 

S.  Gildasi  Rivensis,  abbas 83 

S.  Guengalœi 13 


-  303  - 


s.  JolJanos 12 

S.  Ihrtjous 12 

S.  Bouoiis 12 

Saioctfaourchao,  Cauievedus . .  7 

S,  Wiogoloei,  abba$ 14 

Salomoii,  CapabUmus 14 

Salamun,  évéque 2 

Salioci,  NichoUnu 7 

SdomoD 16 

Stludem 13 

Sdsor 8 

Scoarnec,  Eudo 7 

S«uJcher  (an) n 

Smjiter,  Cadoredus 8 

Stephani 9 

StrtboQis, /Vflteiw 8 

Sucrioc,  Conanus 3 

Salons,  Guida 7 

Sotoris,  Johannes 7 

T 

Tadiocus  tCadiocusj 32 

ÎMguy,  JHdiceUus 11 

Taooou,  6av/>tiiiu 7 

Theobaldus,  de  MaUstricto,  évé- 

9^ 2 


Theobaldus,  epitcopus 2 

Thoarcb,  Guida 8 

Thoarcio(de),Gtti<to.  17-18-19-20-21 

Tiridian 14 

Topin 8 

Tregueoc  (de),  Guida 7 

Tremerio,  epitcopus 2 

Treut  (an),  Guillermus 7 

Turchi..... 16 

Tutgual,  Joannei 9 

U 

UDoa,  Daniel 8 

V 

YaeQtes,  Guldomanu 7 

Vaeotes,  Alanus 7 

Yalle  (de)  Guida,  évéque 2 

Vam,  Eerveus 7 

YaugioD  (de  la),  Gu^,  éveque.  2 

Yesaruce  ^de  BroerecJ 13 

Yico  frigido  fdej  Dominui 9 

Yillegalteri,  Eudo 8 

W 

Willelmus,  éveque     14-18-22-28-24 

Willermi 16 


9  9^tm^^t^l^»^t^^^^^^0*^^^ 


Gartulaire. 

TABLE  ALPHABÉTIQUE  DBS  NOMS  DE  LIEUX 


AlamaDia 3 

Alraium 22 

Amys  ffleuvej 28 

iveosis 19 


BaDazleuc-BaDadloc 4-24 

Bella  iosola 6 

Beoodel 4 

ï^ryM 4-5 

Bodeov 4_5 

Bodueu IQ 

Bolocooc,  en  Scaer 13 


Bosit,  en  Tregunc 8 

Botouha 4-5 

Bozoc,  Conq 8 

Brasperz 4-5 

Bremuden,  en  ^Hee 13 

Brengolou,  en  Foueinan( 13 

Briocensis 19 

BrilbiaoBriziac 4-5-13-14 

Broerec-Brouerec 13-14 

Buesit 7 

BuroDDOv 7 

Buezec  Conq 4 

Buzuec  Cap  Capvall 4 

Buozec  Cap  SizuD 4 


Booa  requie,  abbaye 4-6  1  Buzoc  Cab  Sizun ....!.!!!!!!!    13 


—  304  — 


Cap  Caval 13-24-30 

Cap  Sidun U 

Carabes 6 

Carûot  Pocher 4 

Cast 4-5 

Castellioum 13 

CastroliDÎ 6 

Castrum  Beati  Cboreotini 38 

Caslrum  Corlé 4-5 

Castrum  oovum  de  fago 4-5 

CeoomaDeDsis 2 

Cetgueo-Cap-Sizuo 4 

Cetguen  Pochaer 5 

Cloejgual 13 

Clohal,  Crozval  Foeoant 9 

Combrit 4 

Concq 4-6 

Coofluentia 13 

Coray 4 

Cordeliers  de  Qu imper 12 

Corle 16 

Corûubia 2 

Coroe 13 

Cozon 12 

CraouthoD,  CraouzoD 4-14-23 

Croz  guall,  Clousbal  Carooet . .  4 

Croz  gual,  Crozoal  foenaot 

D 

Doôlan 4 

Doleosis 2 

Doulas 4-6 

Duaut  Kaelen  ou  Kelleo 4-5 

£ 

Erge 16 

Ergué  Gabéric 4 

Elgeot 19 

Esquebyeo 4 

F 

Fagetum, /Vioue^ 4 

Foenant 4-13 

Fougères 2 

G 

Glomaôl 4-5 

Goezeuc 4-5 


Golthueo,  GouUenT 14 

Goulcbeo 4 

Goumenecb,  Gouvenech 4-13 

GourureiD,  Gourin 4 

Guelleo,  en  Erçué-Àrmel 4 

Guengat 4 

Guyscri 4 

H 

Hael  guzeo ,  en  Plonévez  du  Faou   13 

Hauffuet,  HaDffveuc 4-b 

Hodet,  fleuhe 13 

I 

losula  SizuD 6 

iDsula  Trestani,  Tutuarai,  Tris- 
tan       6 

K 

Kaeraudoulf,  en  7re>ttfic 7-8 

Kaercribur,  en  Nevet 13 

Kaergardilez 13 

Kaergauter 7 

Kaergoz,  en  Trégunc 8 

KaerkeuDuz,  en  Trégunc 13 

Kaer  Riolach,  en  Plonévez  du 

Fou 13 

Kaerstrat,  en  Plonévei  Porzay   13 

Kaertruc,  en  Nevez 7-13 

Kaeruhel,  en  Quemenet 13 

Kallastruc,  en  Briec 13 

Keiomerch 5 

Kemberveo 13 

Kemeoet  maen  ou  Yaen  ....    4-5 

Kemmenet 13 

Kcmper-Corentin,  HôpitaL ...    30 

Kemperele 4-6 

Keraes,  Kerhaes,  Karahes 4-5 

Kerelao,  en  Cap  Sizun 15 

Kergoet,  en  Plonevez  du  fou.    13 

Kerlemoy,  en  Scaôr 11 

Kerneuguell,  Kemevel 4 

Keryao,  Querrien 4 

Killiou,  en  Plonevez  du  fou . .     5 

Kintin 5 

KoetmaloaD,  abbaye 6 

Kymerch 4 


—  305  — 


Lambaban 4 

Uncooili,  en  Plonevez  du  fou,    13 

Undeguennec 4-6 

Landeleau,  Laoteleau 2-4 

lududec * 

Landayao,  Landugao,  Landuy- 

^n 4-6 

Laogooet,  de  Langooio S-4-6 

LaDgaeni,  Lanvem 6 

Laolydroo,  Lanniron 36 

laDoederD 4-5 

Laanisgal 4-5 

Lanounen,  en  CapSisun 15 

Luireuc,  Lanriec 4 

Laz 4 

Lem,  ffUla  de 11 

Lenooo 4-5 

leooeosis,  episcopus 19 

Lesbuzgar,  Lesbudgat,  en  Cap- 
Sisun       13-15 

LespereD,  en  Plonevez  du  fou.    13 

Lestrefgaenc 7-8 

LeochaD 4 

Lochamaot 14 

Locrenan 2 

Loctudy 4-32 

Locos  Amandus 9 

Locas  Marie 4-6-12-14 

Locas  Petroci,  Lopérec 4-5 


lacIovieDsis,  episcopus 2-19 

Mazaloo 4 

McTlIar 4 

Mclgueo 4 

Merelyac,  Herellac,  Merleac  . .  4-5 

Mede 4-5 

MoclaD 2-4 

Moelou 4-5-29 

Botreff 5 

Noastaer  Caradeac 4-5 

Mur 5 

N 

KaoDetensis,  epUcopus. . .    2-18-19 
Régnez,  Neugoet,  Nevez.,.    4-7-8 


Niguyllyac,  NeniUac 4-5 

Nizon 4 

NovioDSOsis 2 

P 

Pemerit 4 

Peobis,  villa  en  Scaer.  .  .  .    11-18 

Feobren,  en  Trégunc 13 

Penruio 10 

Pentraez,  en  SaintrNic 18 

Perioci 9 

PeustyfTyeo 4-5 

PlebsmoDtis,  alias  Loqueffret .  4-5 

Plebs  Qova  io  fago 4-5 

Plebs  oevez  Porzoet 13 

Piebs  Dova  îd  Porzoez 4 

Plebs  nova  in  Quiotin 4-5 

Plebs  nevez,  Nevez 13 

Pleguio  ou  Ploeguyo,  Plévin  .  4-5 

PleybeD,  Pleizbeo 4-5 

Ploebaozleuc 4 

Ploedemet,  Ploedevet,  Ploeche- 

vet 4-24 

Ploedergat  4 

Ploedresic 4 

Ploegastel 4 

Ploegeau,  St  Gilles  io  Pligeau  .  4-5 

Ploegoff 4 

Ploegonec 4-5 

PloegraDcb,  Ploegroach 4-5 

PloeguCTaD,  Ploguffvao 4 

Ploekaerguevell 4-5 

Ploelao,  Poullan 4 

Ploelougueo,  PouUaouen.  .  .  .  4-5 

Ploeire,  Ploaré 4 

Ploemegueo,  Ploeven 4-5 

Ploemeryn,  Plomelin 4 

Ploemodiern,  P/omodicm.  .  4-5-10 

Ploeneour 4-13 

Ploeoevez  io  fou 13 

Ploenevet 4 

Ploeoevez,  Porzay 2-8 

Ploermael,  Ploeoivel 4 

Ploesulyan 4-5 

Ploemer,  Plomeur 4 

Ploeye 4-5 


—  306  — 


Ploezestelleac,  Plusqtiellee .     .     5 

Ploezinec,  PlauhiniK 4 

PloezvaD 4 

Pocher,  Pœchœr 4-24 

PoecarDŒt 24 

PoDS  brieocius 4-6 

PoD8  pauluB IB 

Porzoed,  PaguM 18 

Poull,  Paul 4-5 

PrimeliD 4 

Q 

Quimper,  Saint-Mathieu 17 

Quintio 4 

Quoet  malouan,  abbas 4 

R 

Bachaer 10 

Bedooes 19 

Reyr,  /lumen 13 

Richemodie 3 

Rieo-Rieuc-Bioc 2-4-16 

Rosdreneo 4 

Roslochen  -  Rofilochoen ,   Ros  - 

noen 4-5 

Rospredeo 2 

8 
SaDctereffredeuc-Saiot  Evar- 

dac,  SeDt  Defridoc 4-14 

SaDCta  Aglora,  Ergué  Armel.  .    12 

SaDCtoes 4-5 

SaDCtus  Amandus 4-6 

SaDCtus  Gildasius  Ruvensis.  .  .    31 

Sanctus  HeraiDUS 4-5 

SaDCtus   Maeocus,   S*  Meac, 

5'  Mahiem 4-5 

Sanctus  Martinus 4-5 

Sanctus  Matbeus 4 

Sanctus  Mauricius  prope  Car- 

noet 4r6 


Sanclus  Ronanus 4-6 

Sanctus  Severinus,  S^  Ség<d .  .    5 
Sanctus  Tudinus  .  .  .    4-5-14^1-33 

Sauson,  en  Belle  lie 6 

Sein.terte8engar,  S^  Sigal.  ...    4 

Seinct  Nie 5-13 

Scazre-Scaezre 4-10-13 

Scruyniac 4-5 

Spethut-Spezet 4-5-24 

Saccinou 35 

T 

Taertruc,  {vide  kaertruej )K 

Telgruc 4-5 

Toulgoet  Gorezoe,  en  PUmifh 

diem 10 

Trecorensis S-19 

Trefifbrivan  Treffrevan 4-5 

Treffguaennec 4 

Trefguenc  -  Tresguenc  -Tre  - 
guent 4-7-13 

TrefTmaeheuc,  Tréméoc 4 

Treffoues,  TreflezrenrBriec.  .  .    5 

Treffriagat ^ 

Treffuzger  Trevezever 4-6 

Treffvortre,  Tréoultré 4 

Tresgalet 13 

Treugan,  Tréogan 5 

Treuhebont,  en  Plonévet  du 

Faou 13 

Turonensis 16-1'' 

U 

Uhelgalz,  en  Coray 13 

V 
Yenetensis,  Episcopus  ....    16-18 
Yeteri  villa  (de)  Coiq^ter.  ...    9 

Vêtus  corle 4-5 

Yiila  fontis,  Ker/eunteun, . .   4-13 
Yilla  Galteri,  Kergauter 8 


Qttlmper,  typ.  de  KèranOal,  impr.  de  l'EVteh^. 


DIOCÈSE    DE    QUIMPER    ET    DE    LÉON 


BULLETIN 

r>E     LA     COMMISSION     DIOCÉSAINE 
D'ARGHITEGTURE  &  D'ARGHÉDLGGIE 


BULLETIN 

DE    LA 

COMMISSION    DIOCÉSAINE 

d'Architecture  &  d'Archéologie. 


mu  dé  l'Ikbomtmmt  uintml 
II«  Akkée  B  Fp.nc.. 


QDIUPER 
TYP.  DB  KERANGAL,   IMPR.   DE   L'ÉVÊCHÉ 


MUSÉE  D'ART  RELIGIEUX 


CONTINUATION  DE  LA  LISTE  DES  OBJETS  OFFERTS 

pour  la  formation  de  oe  Musée. 


25.  —  Un  Missel  in-4o  de  1628,  avec  messes  propres 
des  Frères  mineurs. 

tt 

26.  —  Antiphonaire  in-folio  édité  en  1651,  à  Paris, 
chez  Jean  de  la  Caille. 

Les  n<)«25  et  26  sont  déposés  parle  trésorier  de  la  fabri- 
que de  Saint-Hernin. 

tt 

27.  —  Qravures  extraites  d'anciens  missels  du  xvii®  et 
XVIII*  siècle. 

tt 

28.  —  Belle  Gravure  représentant  un  sire  de  Croy 
en  tenue  de  grand  veneur. 

tt 

29.  —  Ourleuse  Gravure  janséniste,  du  xvii«  siè- 
cle, représentant  «  les  circonstances  principales  de  la  vie 
du  bienheureux  Jean  de  Paris  ». 

Les  n<»  23,  26,  27,  28  et  29  déposés  par  M.  l'abbé  Guir 
rîec. 


-  6  — 

tt 

30.  —  Tome  I«'  de  la  Famille  sainte,  par  le  Père 
Jeao  Cordier,  S,  J.,  imprimé  à  Paris  chez  Denis  Bechet, 
1666.  Ce  volume  porte  la  signature  de  deux  de  ses  anciens 
propriétaires,  Kerourien  Huchet  et  Théophile-Marie  Laên- 
nec. 

Déposé  par  M.  Tabbé  Thomas. 

tt 

31.  —  Anolenne  Oloolie  de  0  m.  25  de  diamètre,  pro 
venant  du  couvent  des  Cordeliers  de  Quimper,  déposée 
par  M.  le  docteur  Chauvel.  On  lit  sur  la  cloche,  avec  la 
date  de  1705,  l'inscription  :  SIT.  NOMEN.  DOMINI.  BENE 
DICTUM.  Au-dessous,  est  un  écusson  portant  trois  étoiles 
ou  molettes,  deux  en  chef,  une  en  pointe,  avec  une  flèche 
en  abtme  la  pointe  en  bas.  Nous  n'avons  pu  déterminer  à 
quelle  famille  ces  armes  appartiennent. 

tt 

32.  —  Dlotlonnalre  français  breton  armorique, 
suivi  d*une  Orammalre  armorlque,  manuscrit  d'une 
belle  écriture  du  commencement  du  xviii^  siècle.  Ayant 
été  à  l'usage  de  Zenon  Mazel,  gret&er  de  la  justice  de  paix 
du  canton  de  Scaêr. 

tt 

33.  —  Requeste  des  fidèles  à  Nos  Seigneurs  les  Évé- 
ques  de  l'assemblée  générale  du  clergé  de  France.  Sans 
date  ni  nom  d'imprimeur.  On  a  écrit  à  la  main  sur  la 
couverture  la  date  de  1780,  et  le  nom  du  propriétaire,  le 
Père  Alexandre,  de  Quimper,  capucin. 

Les  n<»  32  et  33  déposés  par  M.  l'abbé  Guirriec. 


-  7  - 

t  t 

34.  —  Treize  feuillets  parohemln  d'un  livre 
dlieTires  imprimé  en  caractères  gothiques,  au  commen- 
cement du  xvi^»  siècle.  Toutes  les  pages  sont  encadrées  de 
fort  jolies  gravures  sur  bois,  représentant  les  sibylles, 
des  sujets  tirés  de  la  Bible,  des  scènes  pastorales,  et  enfin 
d'une  danse  macabre  comprenant  trente-six  sujets  variés. 

Déposé  par  M.  le  chanoine  Pouliquen,  qui  nous  dit  que 
cette  relique  du  passé  provient  de  la  Chartreuse,  près 
Auray. 

tt 

35.  —  Un  devant  d'autel  en  bois,  2  m.  90  x  0  m.  95, 
formé  de  deux  panneaux  pleins,  aux  extrémités,  et  d'un 
grand  panneau  vide,  dans  le  milieu.  Les  deux  panneaux 
pleins  sont  ornés  de  deux  branches  de  palmier  et  de  chêne, 
très  habilement  sculptées,  se  croisant  par  les  pieds  et 
reliées  par  un  nœud  de  ruban.  Les  petits  montants  qui 
les  limitent  sont  couverts  de  festons  descendants,  compo- 
sés de  feuilles  de  chêne  et  de  laurier. 

Le  grand  panneau  vide  devait  être  rempli  autrefois  par 
une  tenture  ou  antependium.  Il  est  entouré  d'un  encadre- 
ment formé  de  culots  feuillages  et  de  rubans  entrelacés. 

Cette  pièce  provient  de  la  chapelle  de  Lannélec,  en  Pley- 
ben. 

tt 

36.  •—  Un  petit  Olirist,  tout  vermoulu,  provenant 
aussi  de  la  même  chapelle. 

Provenant  de  la  chapelle  de  Guennilis,  dans  la  même 
paroisse  : 

tt 

37.  —  Un  Christ  en  croix,  bois,  1  m.  40, 


-  8  - 

38.  —  Une  Sainte-Vierge  et  un  saint  Jean  au  pied 

de  la  croix,  bois,  0  m.  92,  xvii®  siècle,  ayant  des  draperies 
UD  peu  tourmentées  et  une  pose  théâtrale. 

tt 

39.  —  Une  autre  statue  de  sainte,  sans  attribut, 
bois,  0  m.  95. 

tt 

40.  —  Deux  fragments  de  volets  de  niche  et  person- 
nages en  bas-relief. 

Les  objets  portant  les  noa  35,  36,  37,  38,  39  et  40  ont 
été  déposés  par  M.  Le  Coz,  curé-doyen  de  Pleyben. 

tt 

41.  —  Orationes  jaoulatoriœ  ad  vitam  eoolesias- 
tioam  et  religionem  pertinentes,  manuscrit  dont 
suit  la  description  par  M.  Tabbé  Favé,  qui  en  a  fait  le 

dépôt  au  Musée. 

Monsieur  le  Chanoine, 

J'ai  rhonneur  de  vous  remettre  pour  être  déposé  au 
Musée  Épiscopal,  si  vous  le  jugez  bon,  un  manuscrit  inti- 
tulé ((  Orationes  jaculatoriœ  ad  Vitam  EccUsiasticam  et 
ReUigiosam  pertinentes  ».  En  voici  la  description  :  ce 
minuscule  volume,  ce  «  Libelle  »,  ou  a  Enchiridion  », 
offre  comme  surface  90  ^/^  sur  57,  et  rentre  dans  le  for- 
mat de  ces  spécimens  de  librairie  diamant  que  jadis  on 
nommait  en  Italie  «  pugUlaria  »,  étant  donné  qu^ils  se 
pouvaient  dissimuler  dans  le  poing  fermé,  à  la  façon 
d*un  poignard.  Ce  recueil  a  près  de  300  pages.  Le  collec- 
teur, aussi  pieux  que  patient,  réservant  aux  formules  de 


-  9  - 

la  Liturgie  Romaine  une  part  très  grande,  a  pris  les  plus 
belles  pages  de  son  parterre  mystique  dans  les  œuvres  de 
S.  Bernard;  de  S.  Thomas  d'Aquin  et  de  S.  Bonaventure, 
et  pour  la  partie  rythmée,  dans  les  œuvres  poétiques  de 
Santeuil  et  de  CofBn. 

Trois  litanies  ont  été  insérées  dans  ce  Manuel  :  les  lita- 
nies du  Sacré-Cœur  de  Jésus,  celles  du  Saint-Cœur  de 
Marie,  et  très  longues  et  développées,  les  litanies  des 
Saints  (du  f®  95  à  123).  Ces  dernières,  très  curieuses, 
semblent  propres  à  expliquer,  en  dehors  du  culte  de  nos 
Saints  bretons,  le  culte  particulier  que  notre  iconographie 
locale  démontre  pour  certains  Saints  étrangers  à  la  Breta- 
gne par  leur  origine,  et  que  la  dévotion  de  nos  pères  avait 
adoptés  et  naturalisés  comme  Saints  de  leur  pays  par  la 
suite  des  temps. 

Où  ont  été  recueillies  ces  litanies  de  dévotion  toute 
particulière,  toute  intime  ?  Elles  ont  été  vraisemblable- 
ment cousues  et  reliées  de  pièces  et  de  morceaux  par  le 
collecteur,  d'après  l'inspiration  de  son  cœur  et  de  sa  foi  : 
il  y  insiste  sur  le  grand  S.Vincent  de  Paule  :  rien  d'éton- 
nant à  ce  que  dans  la  fréquentation  de  maîtres  vénérés,, 
au  Séminaire  de  Léon,  chez  les  Lazaristes,  un  clerc  pieux 
et  fervent  eût  contracté  une  dévotion  spéciale  pour  le 
créateur  de  tant  d'œuvres  merveilleuses. 

La  première  invocation  à  la  Mère  de  Dieu  la  proclame  : 
«  8^  Maria  JBrittonum,  Oallorum  et  totius  orhis  patrona.  » 
Puis,  dans  une  procession  majestueuse,  défilent  et  se  pro- 
filent les  Saints  de  l'Ancien  Testament  :  «  8^  Ahél,,.^ 
«  8^  Abraham,..,  8^  David, paaltes  regius;  —  les  apôtres, 
«  les  disciples  et  les  martyrs.  » 

Presque  en  tète  de  ces  derniers,  nous  trouvons  deux 
noms  qui  pour  nous  sont  une  indication  (1)  : 

(1)  s.  Thomas  de  Landeroeau,  et  à  6  k".  S.  Urbain  :  «  Lanurvan  »• 


-  10  - 

«  S^  T?u>ma,  EedeHe  CantuarensU  prœsul  et  defenêor.  » 
((  8^  Urbane,  papa  et  hostia  pro  flde  X^^  jugulata.  » 

A  tout  Seigneur,  tout  honneur.  S.  Pôl-Aurélien  a  trois 
invocations  : 

«  S^  Faute,  Leoniœ  patrone  et  Hybemiœ  decus.  — 
«  8.  P.  jS^onini  Brittantœ  prœsulum  CoriphcBe,  —  8.  P.  Sol 
((  Aremoricœ  et  patrator  miracvlorum.  » 

S.  Corentin,  à  son  tour,  est  caractérisé  à  trois  reprises: 

«  8^  Corentine  Comiibiensum  patrone. 
((  8^  C.  in  Aremoricà  prœco  Magni  Régie.  —  8.  C.  pau- 
perum  et  pupillorum  pastor.  » 

S.  Tugdual,  S.  Brieuc,  S.  Paterne,  S.  Malo,  S.  Samson, 
S.  Clair  de  Nantes  viennent  à  leur  rang.  Chose  surpre 
nante,  notre  obscur  collecteur  ne  fait  pas  mémoire  de 
notre  saint  Renan  alors  qu'en  revanche,  il  donne  trois 
invocations  à  S.  René  d'Angers  1  C'est  un  fervent  croyant 
à  l'apostolicité  des  Églises  de  Bretagne,  comme  il  l'atteste 
par  cette  invocation  :  c  8^  Maxime  a  divo  Petro  apvd 
Rhedonenses  misse.  » 

Nous  relevons  dans  ces  litanies  le  nom  de  deux  saints 
aujourd'hui  bien  oubliés  chez  nous  :  <  8^"^  Ollivari  et  Roi- 
lande  usque  ad  mortem  fratres  charissimi.  » 

Nous  disons  plus  bas.  Monsieur  le  Chanoine,  que  l'au- 
teur de  ce  Manuel  de  piété  était  de  Landerneau  :  Ce  qui 
le  confirme  c'est  la  commémoration  de  trois  pontifes  où 
on  sent  vibrer  une  émotion  patriotique  : 

€  8^  ffoardone,  Occiemorum  prœstU,  LandemiensHnu 
charissime.  » 

<  8^  Cognogane,  Comubiœ  Pontifex  et  Landemaci  pa- 
trone. » 

«  8^  Tenenane,  Occiemorum  prceeul  eerventissime.  » 

Nous  devons  relever  dans  ce  Recueil  deux  ou  trois  piè- 
ces aujourd'hui  bien  oubliées,  peut-être  à  tort,  comme  le 


-  H  - 

€  Ad  sanetum  Crolvinum  »  de  Santeuil,  commençant  par 
ces  mots  :  «  Christe,  decreto  patrU  institutus » 

Ce  petit  volume,  en  somme,  ne  nous  fournit  aucun 
renseignement  intrinsèque  sur  la  biographie  de  son  com- 
positeur, si  ce  n'est  la  liste  de  ses  sermons  tant  français 
que  bretons.  (1)  La  majeure  partie  des  sermons  français 
qu'il  détient  dans  son  arsenal  ne  sont  pas  de  lui  :  sept  ou 
huit  sont  du  Père  Ségault,  mais  il  doit  beaucoup  aussi  à 
MM.  Doaré,  Kermarrec  et  Quéméner  :  sans  doute,  les 
Bourdaloue  autorisés  et  reconnus  de  l'époque  et  de  la 
localité.  Toutefois,  il  a  à  lui,  d'origine,  douze  sermons 
français  traitant  particulièrement  de  l'Eucharistie  et  de 
la  Communion  :  leur  titre  est  apostille  avec  une  grande 
complaisance  de  l'annotation  «  Mîhi:^,  Le  catalogue  des 
sermons  bretons  est  relativement  modeste  et  manque 
d'allure  :  Notre  collecteur,  à  part  quelques  sermons  de 
MM.  Baud  et  Quérez  n'a  à  lui  :  «  Mihi,  »  que  deux  pièces 

d'éloquence  :  un  sur  la  Médisance  et  l'autre  sur le 

Dimanche  gras  ! 

Il  me  reste.  Monsieur  le  Chanoine,  à  vous  révéler  com- 
ment je  devins  le  détenteur  de  ce  minuscule  recueil.  Vers 
1886,  j'étais  vicaire  aux  environs  de  ce  bon  pays,  dont  le 
savant  curé  Arzel  a  restitué  et  établi  le  nom  antique  :  Tal- 
medonia.  Le  curé  de  Ploudalmézeau,  M.  Le  Guen,  me 
donna  ce  livre.  Trois  ans  après,  le  trouvant  savoureux  et 
curieux,  je  me  rappelais  que  dans  la  bibliothèque  du  pres- 
bytère de  Ploudalmézeau,  il  était  resté  un  autre  petit 
volume,  certainement  frère  de  celui  que  je  vous  livre, 
moins  gros,  mais  habillé  de  môme  façon.  Je  priai  mon 
vieil  ami  Le  Moan,  alors  vicaire,  recteur  de  Roscanvel, 
de  le  rechercher  ;  mais  il  avait  disparu,  et  toutes  les  re- 
cherches furent  vaines. 

(1]  F*  80  à  83. 


-  12  - 

Je  le  regrettai,  car  il  ne  me  reste  que  mes  souvenirs 
qui  ne  vaudront  jamais  le  document.  Jusqu'à  preuve  du 
contraire  j'établis  ce  qui  suit. 

Le  collecteur  des  c  Orationes  Jacvlatoriœ  »^  dont  il  est 
cas,  avait,  avec  un  grand  instinct  d'ordre,  composé  un 
petit  livre  de  raison  :  beaucoup  de  chiffres,  —  peu  de  prose 
et  pas  du  tout  de  poésie.  Dans  le  cahier,  malheureusement 
disparu,  il  disait  être,  pour  l'expiation  de  ses  péchés  (m), 
employé  à  Saint-Thomas  de  Landerneau,  en  1702. 

Les  cahiers  paroissiaux,  étant  donné  que  nous  possé- 
dons son  écriture,  pourraient  nous  dire  qui  et  quel  était 
ce  prêtre  de  Saint-Thomas. 

Veuillez  agréer.  Monsieur  le  Chanoine,  etc. 

Antoine  FAVÉ. 


-  13  - 


ARCHITECTURE  BRETONNE 


♦" 


Etude  des  Monuments  du  diocèse  de  Quimper 

(Suite.) 


CLOCHERS 


La  Basse-Bretagne  est  le  pays  classique  des  clochers  et 
particulièrement  des  clochers  à  jour.  Ils  y  sont  semés 
comme  à  profusion,  jalonnant  nos  rivages,  se  dressant 
sur  le  flanc  de  nos  coteaux,  s'abritant  au  creux  de  nos 
vallées,  émergeant  au  milieu  de  nos  plaines. 

Tant  de  choses  donnent  à  notre  Bretagne  son  caractère 
à  part  :  son  terrain  accidenté,  ses  landes,  ses  vieux  chê- 
nes, son  Océan  aux  aspects  tantôt  riants,  tantôt  sauvages  ; 
mais  le  clocher  est  un  produit  du  sol  et  compose  à  la 
contrée  sa  physionomie  propre.  Un  paysage  n'est  pas  bre- 
ton, si  à  rhorizon  ne  se  profile  une  flèche  aérienne  ;  et  je 
sais  certains  sommets,  certains  points  culminants  d'où 
l'œil  découvre  jusqu'à  quinze  et  vingt  clochers  de  pa- 
roisses. 

Dans  aucune  autre  province,  même  dans  les  deux  dio- 
cèses voisins  de  celui  de  Quimper,  ils  ne  sont  si  beaux  ni 
i  si  multipliés,  et  quoique  les  pays  de  Vannes  et  de  Saint- 
i  Brieue  puissent  se  glorifier  de  quelques  tours  monumen- 
I  taies,  c'est  avec  dédain  que  nous  regardons  les  dômes  en 


-  14  - 

ardoises  et  les  grêles  aiguilles  de  charpente  qui  surmon 
tent  leurs  pauvres  églises. 

A  quelle  époque  remonte  la  genèse  de  ces  monuments 
qui  font  notre  orgueil  ?  Il  en  existait  peut-être  un  bon 
nombre  à  Tépoque  romane,  mais  nous  n*en  possédons 
désormais  que  trois  de  cette  période,  les  autres  ayant 
disparu  pour  faire  place  à  des  constructions  plus  élégantes 
et  plus  élancées,  plus  en  harmonie  avec  le  génie  du  pays. 
Nous  avons  le  clocher  de  Loc-Maria-Quimper,  datant  du 
XI®  siècle,  peut-être  du  ix«,  grande  masse  carrée  s'élevant 
sur  le  milieu  de  l'église,  c'est-à-dire  sur  la  croisée  du 
transept.  Il  est  couvert  par  un  toit  en  ardoises  d'aspect 
peu  gracieux,  et  n'a  rien  d'intéressant  que  les  jolies  peti 
tes  fenêtres  géminées  qui  décorent  ses  faces  Est  et  Sud, 
les  deux  autres  façades  ayant  été  refaites  au  cours  du 
XVI®  siècle. 

Le  clocher  central  de  Kernitroun,  en  Lanmeur,  datant 
du  xiP  siècle,  a  le  même  aspect  général  que  celui  de  Loc- 
Maria,  mais  il  a  bien  plus  de  grâce  et  plus  de  vie  par  suite 
de  ses  petites  baies  toutes  conservées,  de  son  toit  passant 
à  l'octogone  et  tout  enjolivé  par  ses  lucarnes  et  ses  pina- 
cles d'angles. 

La  tour  de  Lochriat-an-Izelvez,  en  Plounévez-Lochrist, 
est-elle  du  xi®  ou  du  xii«  siècle  ?  C'est  une  énigme  pour 
les  archéologues.  Les  caractères  de  sa  maçonnerie  et  les 
quelques  sculptures  de  ses  tailloirs  indiqueraient  le 
XI®  siècle.  La  base  est  portée  sur  quatre  arcades  en  ogive 
qui  sont  certainement  de  l'époque  romane,  comme  en  font 
foi  les  cordons  qui  divisent  cette  base  en  trois  étages  à 
peu  près  égaux,  les  contreforts  à  peine  saillants  qui 
accentuent  les  angles  et  les  baies  géminées  qui  ajourent 
la  chambre  des  cloches.  La  flèche  elle-même,  courte  et 
trapue,  pourrait  bien  être  attribuée  au  xii®  siècle,  si  elle 
ne  présentait  sur  ses  huit  pans  des  lucarnes  dans  le  genre 


-  15  - 

des  clochers  du  xiii®  et  du  xiv^  siècle,  et  quelques  autres 
ouvertures  d'un  dessin  absolument  gothique. 

Le  xiii«  siècle  nous  a  laissé  les  clochers  de  La  Martyre, 
de  Rosporden  et  de  la  cathédrale  de  Saint-Pol-de-Léon. 
A  La  Martyre,  ce  qui  fait  le  caractère  du  clocher,  c'est  la 
porte  basse  en  ogive  avec  tètes  plates  en  guise  de  chapi- 
teaux à  la  naissance  des  voussures,  contreforts  peu  sail- 
lants, baies  étroites  encadrées  de  gorges  et  de  tores  bien 
arrondis,  balustrade  d*arcatures  trilobées,  flèche  octogo- 
nale dépourvue  de  clochetons  d'angle  et  de  crossettes  sur 
les  arêtes. 

A  Rosporden,  le  clocher  à  la  silhouette  vigoureuse  et 
un  peu  lourde,  mais  cependant  très  originale,  s'élève  sur 
le  milieu  de  l'église  et  se  reflète  dans  les  eaux  calmes  de 
létang  qui  baigne  ses  pieds.  Ce  clocher  semble  être  un 
vrai  problème  pour  l'archéologue.  Par  ses  formes  géné- 
rales et  par  sa  masse,  il  appartient  au  xiii®  siècle,  et 
quand  on  examine  certains  détails,  comme  les  lucarnes 
qui  décorent  la  naissance  de  la  flèche,  on  est  tenté  de 
l'attribuer  au  xv«  siècle,  à  cause  des  meneaux  et  des  com- 
partiments des  tympans  qui  ont  des  rapports  frappants 
avec  les  fenêtres  flamboyantes.  A  bien  juger  cette  œuvre 
cependant,  il  faut  conclure  que  la  première  impression 
est  la  vraie  et  que  cette  construction  est  réellement  du 
xiip  siècle.  Les  grosses  piles  qui  soutiennent  le  clocher 
ont  des  bases  et  des  chapiteaux  qui  sont  de  cette  époque, 
le  porche  accolé  à  ses  pieds  est  du  même  style,  la  struc- 
ture même  de  la  tour,  le  chemin  de  ronde  qui  existe  dans 
l'épaisseur  de  la  maçonnerie  à  la  hauteur  des  lucarnes  et 
des  clochetons,  le  tracé  de  ces  clochetons  et  de  la  flèche 
indiquent  une  facture  tout  à  fait  différente  de  celle  des 
clochers  appartenant  aux  siècles  postérieurs.  Si  l'on  veut 
monter  dans  le  beffroi  et  examiner  de  près  le  système  de 
construction,  on  aura  occasion  de  reconnaître  l'habileté 


-  16  - 

et  ringéniosité  de  Tarchitecte  qui  a  conçu  et  tracé  ces  plans. 
Dans  Tarticle  Clocher  du  dictionnaire  de  Viollet  Le  Duc, 
on  trouve  peu  de  tracés  plus  savants  et  plus  logiques. 

A  la  cathédrale  de  Saint-Pol-de-Léon,  de  chaque  côté 
du  portail  Ouest  s'élèvent  les  deux  clochers  dont  les  bases, 
ornées  à  leur  premier  étage  de  longues  arcatures  aveu- 
gles,  sont  percées  au  second  de  baies  aux  ébrasements 
formés  de  colonnettes  multiples.  Plus  haut  viennent  les 
flèches  accostées  de  leurs  clochetons  et  de  leurs  lucarnes 
et  ajourées  d'ouvertures  nombreuses  qui  leur  donnent  de 
la  légèreté.  Le  clocher  Midi,  particulièrement,  par  sa 
structure  intérieure  et  par  les  évidements  pratiqués  dans 
le  massif  des  maçonneries  pour  les  élégir  tout  en  leur 
conservant  de  la  rigidité,  dénote  une  grande  science  de 
la  part  du  constructeur.  On  serait  tenté  de  reconnaître 
une  influence  normande  dans  ces  clochers  et  on  y  trouve 
plusieurs  points  de  rapport  avec  ceux  de  la  cathédrale  de 
Bayeux  et  de  Saint  Pierre  de  Caen.  Il  y  aurait  également 
à  signaler  une  disposition  très  originale  et  très  ingénieuse 
dans  l'intérieur  du  clocher  Midi,  au  point  de  départ  delà 
flèche  se  dégageant  des  lignes  verticales  de  la  base. 

Dans  le  cours  du  xcv®  siècle,  un  seul  clocher  a  été  cons- 
truit chez  nous,  mais  il  est  l'unique,  le  sans  pareil,  n'ayant 
aucun  rival  qui  puisse  lui  être  comparé,  non  seulement 
en  Bretagne,  mais  dans  l'univers  entier. 

Chartres,  Strasbourg,  Rouen,  Fribourg  en  Brisgau 
pourront  vanter  leurs  dentelles  de  pierre  et  l'emporter 
par  la  richesse  et  l'élévation,  mais  rien  n  est  si  beau  que 
le  Greisker  de  Saint-Pol-de-Léon,  aucun  clocher  au  monde 
n'a  cette  élégance,  cette  sveltesse,  ce  délié,  ce  fini  des 
proportions,  cette  pureté  des  lignes,  celte  pondération 
des  pleins  et  des  vides,  des  surfaces  planes  et  des  parties 
ornées  que  nous  admirons  ici. 

Portée  à  l'intérieur  de  l'église  sur  quatre  piles  entou- 


Saint-PoI-de-Lèon.  —  Créisker  et  CathAdrale. 


1- 

i 


-  17  - 

rées  de  faisceaux  de  longues  colonnettes,  la  base  se  dégage 
de  la  toiture  et  dès  l'abord  se  revêt  d'une  ornementation 
noble  et  digne  :  moulures  verticales  et  horizontales,  se 
coupant  pour  former  panneaux  et  caissons,  baies  carrées 
disposées  en  damier,  galerie  aveugle  et  galerie  à  jour, 
lancettes  appliquées  et  lancettes  ajourées,  ceinture  de 
quatrefeuilles  et  double  corniche  donnant  à  la  galerie 
supérieure  et  aux  clochetons  d'angle,  un  surplomb  vrai- 
ment extraordinaire.  Puis  viennent  des  clochetons  d'abord 
(»rrés,  passant  ensuite  à  l'octogone  par  trois  étages  suc- 
cessifs, et  sur  les  quatre  faces  des  lucarnes  qui  leur  font 
concurrence  par  leur  élancement. 

Et  de  tout  cela  émerge  la  flèche  en  pyramide  aiguë, 
découpée  de  plus  de  quatre-vingts  ouvertures  variées, 
rosaces,  trèfles,  quintefeuilles,  fenestelles,  qui  en  font 
une  vraie  dentelle  aérienne,  dans  laquelle  se  joue  la  brise 
de  mer  et  soufflent  les  grands  vents  de  tempête. 

Regardez-le  de  loin,  ce  modèle  des  clochers,  qui  devrait 
servir  de  mesure  à  tous  les  autres,  comme  le  Canon  de 
PdycUte  pour  les  belles  statues  de  la  Grèce  ;  mais  faites 
en  sorte  de  le  considérer  de  face  et  par  son  axe,  afin  que 
sa  silhouette  ait  toute  sa  beauté  et  toute  sa  valeur.  Voyez- 
le  du  haut  de  la  grande  place  ou  des  environs  de  la  gare, 
de  la  route  de  Gléder  ou  du  cimetière  de  Saint-Pierre  ; 
voyez  le  par  tous  les  aspects,  soit  'éclairé  en  plein  soleil, 
soit  se  découpant  en  aiguille  sombre  sur  un  fond  de  ciel 
lumineux  et  dites  si  ce  n'est  pas  là  vraiment  une  noble  et 
belle  œuvre,  et  si,  selon  le  mot  d'Ozanam,  un  ange  du  ciel 
descendant  en  ce  monde  ne  commencerait  pas  par  poser 
le  pied  sur  le  sommet  du  Creisker  ? 

Au  XV®  siècle  et  aux  deux  siècles  suivants,  c'est  cet 
admirable  exemplaire  qu'on  essaie  de  reproduire,  mais 
d'une  façon  plus  timide,  on  n'ose  pas  tenter  cette  légèreté, 
on  a  comme  peur  de  cette  ligne  verticale  montant  de  fond 

BOLLETl!!   DE  LA  COMMISSION   DIOCBSAIKE    —  2*  aboée.  2 


—  18  - 

et  si  haute,  et  Ton  fait  des  bases  plus  trapues,  ou  appuyées 
à  leurs  angles  par  des  contreforts  qui  donnent  de  bonnes 
masses  architecturales  et  des  lignes  plus  mouvementées, 
mais  enlèvent  ce  dégagé  qui  fait  le  charme  du  clocher  de 
Saint-Pol.  Les  flèches  et  les  clochetons  seront  plus  ornés, 
on  y  découpera  mille  ajours  variés,  les  arêtes  se  hérisse- 
ront de  crosses  végétales,  et  nous  ne  pourrons  trop  louer 
les  flèches  du  Folgoat  et  de  Pont  Croix,  celle  de  Pont-Croix 
surtout,  type  parfait  d'élégance  et  de  bonnes  proportions, 
s'élevant  sur  une  triple  galerie  découpée  présentant  le 
plus  juste  équilibre  de  surfaces  lisses  et  d'ornements  en 
reliefs. 

C'est  ce  chef-d'œuvre  qui  a  eu  l'honneur  de  servir  de 
modèle  aux  flèches  jumelles  de  la  cathédrale  de  Quimper, 
édifiées  en  1854-1856,  au  moyen  de  l'humble  sou  de  tous 
les  diocésains,  pauvres  et  riches. 

Elles  dominent  bien  la  jolie  ville  de  Quimper,  ces 
flèches  de  Saint-Corentin,  et  sur  la  plate-forme  qui  les 
réunit,  se  dresse  la  statue  équestre  du  roi  Grallon,  qui 
céda  au  fondateur  de  notre  diocèse  son  castellum  gallo- 
romain  pour  y  établir  son  palais  et  son  église. 

De  la  fin  de  la  période  gothique  nous  ne  ferons  que 
signaler  les  grosses  bases  de  Locronan,  de  Saint-Guénolé 
et  de  Saint-Nona  de  Penmarc'h,  SaintrTujean  de  Prime- 
lin,  Saint-Herbot,  Carhaix,  Plouguer  et  Notre-Dame  de 
l'Assomption  à  Quimperlé,  toutes  dépourvues  de  flèches, 
mais  importantes  par  leur  masse  et  leurs  ornementations 
moulurées  et  sculptées,  et  faisant  le  plus  grand  honneur 
aux  paroisses  qui  les  ont  bâties.  Encore  faut-il  indiquer 
que  quelques-unes  de  ces  tours  colossales  ont  à  côté  d'elles, 
sentinelles  vigilantes,  d'élégants  petits  clochers  en  minia- 
ture chevauchant  sur  le  faîtage  des  toits,  comme  les  cam- 
paniles du  Penity  et  de  l'arc-triomphal  à  Locronan,  et  le 
clocher  central  de  Penmarc'h,  escorté  de  ses  deux  tourel- 
les d'escalier. 


—  19  — 

En  fait  de  grands  clochers  de  cette  époque  surmontés 
de  pyramides,  nous  ne  signalerons,  en  dehors  du  Fûlgoat 
et  de  Pont-Croix  déjà  cités,  que  Ploaré,  1550,  Bodilis,  fin 
du  xv«  siècle,  et  Saint-Jean-du-Doigt,  un  peu  antérieur. 
Dans  ce  dernier,  la  base  est  étudiée  avec  un  soin  extra- 
ordinaire et  rendue  très  intéressante  par  des  galeries  à 
quatrefeuilles  et  arcades  subtrilobées  courant  à  trois 
niveaux  différents  sur  la  face  Midi  ;  la  flèche,  avec  ses 
clochetons,  au  lieu  d'être  en  granit,  est  en  charpente 
revêtue  de  lames  de  plomb,  ayant  les  arêtes  et  les  pina- 
cles garnis  de  feuillages  et  de  fleurons  estampés. 

Aux  dernières  années  du  x\i^  siècle  et  dans  le  cours 
du  xvii*',  on  bâtira  encore  de  grosses  tours,  mais  dans 
un  style  nouveau,  gardant  les  formes  générales  ancien- 
nes, mais  y  adaptant  des  ornements  dans  le  goût  de  la 
Renaissance,  corniches  à  modillons,  contreforts  à  pilastres 
s'amortissant  en  consoles  renversées,  galeries  à  balustres 
et  à  caissons.  Les  unes  conserveront  la  vieille  flèche  gothi- 
que agrémentée  des  éléments  du  nouveau  style,  comme  à 
Lampaul-Guimiliau,  1573,  Landivisiau,  1590,  Goulven, 
1593;  les  autres  prendront  pour  couronnement  un  ensem> 
blede  dômes  superposés  et  de  lanternons,  comme  à  Pley- 
ben,  1588  1591  ;  Saint-Thégonnec,  1599-1605,  Lampaul- 
Ploudalmézeau,  1629. 

La  parenté  de  ces  trois  clochers  est  une  chose  absolu- 
ment étonnante,  tous  les  motifs  d'architecture  y  sont 
presque  identiquement  les  mêmes,  depuis  la  base  jus- 
qu'au sommet  :  même  porche  avec  la  même  arcade  d'en- 
trée formée  par  des  colonnes  cannelées  et  des  colonnes 
françaises  genre  Philibert  Delorme,  même  niche  pour  le 
saint  Patron,  mêmes  contreforts  et  mêmes  galeries  avec 
balustres  taillés  en  gaînes. 

Pleyben  en  Cornouaille  et  Saint-Thégonnec  en  Léon 
étaient  alors  et  sont  toujours  des  paroisses  aristocratiques, 


-  20  - 

de  raristocratie  du  peuple,  agriculteurs,  industriels  et 
commerçants.  Leurs  deux  églises  avaiBnt  déjà  de  jolis 
clochers  gothiques  datant  de  1563  et  1564,  à  chambres 
ouvertes  et  flèches  aiguës,  desservis  par  une  tourelle  d'es- 
calier qui  leur  faisait  un  bel  accompagnement  ;  mais  les 
gens  de  Pleyben,  jugeant  que  ce  n'était  pas  digne  d'une 
paroisse  si  riche  et  si  grande,  désirant  peut-être  aussi 
avoir  des  cloches  plus  puissantes,  voulant  surtout  en 
hommes  un  peu  glorieux,  être  remarqués  de  loin  et  do- 
miner leur  immense  plateau,  se  résolurent  en  1588  à 
construire  un  clocher  monumental  qu'ils  accolèrent  à  la 
façade  Sud  de  leur  église.  Sur  la  base,  on  a  déployé  toutes 
les  richesses  de  l'ornementation  et  au-dessus  de  la  balus 
trade  haute,  se  dressent  quatre  clochetons  d'angle  couron- 
nés par  des  dômes,  faisant  la  garde  autour  d'un  grand 
dôme  central  que  font  valoir  les  lucarnes  cossues  percées 
sur  chaque  face,  ainsi  que  les  crossettes  donnant  du  nerf 
aux  côtes  saillantes  des  arêtes,  le  tout  surmonté  d'un  lan- 
ternon  octogonal  du  plus  heureux  effet  ;  et  dans  cet  ensem- 
ble, formant  une  silhouette  admirable,  sont  percées  quan- 
tités de  baies  et  d'œils-de-bœuf  donnant  un  jeu  parfait  de 
lumière  et  d'ombres. 

.  Certes,  c'est  un  beau  coup  d'oeil  que  ce  groupe  des  clo- 
chers de  Pleyben  :  la  grosse  tour  Renaissance  de  Saint- 
Germain  et  le  petit  clocher  gothique  de  Sainte-Catherine 
se  reliant  par  deux  arcades  aériennes  à  l'élégante  tourelle 
d'escalier. 

L'émulation  est  une  belle  chose  ;  les  habitants  de  Saint- 
Thégonnec  devinrent  jaloux  de  la  gloire  de  Pleyben,  et 
quelques  années  plus  tard,  ils  entreprenaient  aussi  un 
clocher  rival  de  celui  de  cette  paroisse  ;  il  est  même  plus 
massif,  avec  ses  riches  contreforts  montant  jusqu'à  la 
galerie  haute  portée  sur  un  puissant  encorbellement  ;  et 
dans  le  dôme  principal,  la  lanterne  et  les  clochetons  d'an- 


-ai- 
gle on  retrouve  les  mêmes  particularités,  la  même  habi- 
leté dans  les  combinaisons  architecturales. 

Il  est  réellement  imposant  ce  clocher  de  Saint-Thégon- 
nec,  et  il  s'élève  au  milieu  d'un  cadre  digne  de  lui.  Cal- 
vaire historié  tout  couvert  de  personnages,  arc-de-triom- 
phe à  grosses  piles  ornées  de  riches  lanternons,  donnant 
accès  dans  le  cimetière,  merveilleuse  chapelle  ossuaire,  à 
la  façade  couverte  d'arcatures  et  de  colonnettes  du  style 
le  plus  pur,  aux  gables  à  crêtes  découpées,  surmontés 
d'élégants  clochetons  se  profilant  sur  le  ciel. 


* 
*  * 


Jusqu'ici  nous  n'avons  parlé  que  des  grandes  tours,  où 
les  cloches  sont  enfermées  dans  des  chambres  closes  d'où 
le  son  s'échappe  par  des  baies  percées  sur  les  quatre 
faces;  mais  il  y  a  une  autre  catégorie  de  clochers  moins 
importants,  absolument  ouverts  et  qui  sont,  à  propre- 
ment parler,  les  vrais  clochers  à  jour.  Le  beffroi  est  formé 
par  des  montants  ou  piliers  en  pierre,  réunis  latérale- 
ment par  des  linteaux  ou  traverses  qui  leur  donnent  plus 
de  stabilité,  et  dans  les  vides  régnant  entre  ces  piles  sont 
suspendues  les  cloches  qui  se  balancent  en  toute  liberté 
dans  ces  chambres  ouvertes.  Cette  disposition  est  surpre- 
nante, et  l'on  se  demande  parfois  comment  se  maintient 
cet  équilibre,  comment  sur  de  si  faibles  supports,  sur  un 
quillage  qui  semble  si  frôle,  peuvent  tenir  debout  les 
flèches  élancées  qui  les  surmontent. 

11  y  a  bon  nombre  de  ces  clochers  de  second  ordre 
datant  du  xv®  et  du  xvi®  siècle,  par  conséquent  de  la  fin 
de  la  période  gothique,  dont  ils  ont  les  formes  et  les  orne- 
ments. Chose  extraordinaire,  nous  n'en  trouvons  que 
trois  dans  le  Léon,  c'est-à-dire  dans  la  partie  Nord  du 


—  22  - 

département  :  à  Guimiliau,  Taulé  et  Henvic,  encore  ont- 
ils  leur  caractère  à  part,  ils  sont  trapus  et  courtauds. 

En  Cornouaille,  au  contraire,  c'est-à-dire  dans  le  cen- 
tre et  le  Sud,  ils  sont  bien  plus  nombreux  et  le  style  en 
est  différent  :  les  formes  sont  plus  élancées,  les  baies 
comprises  entre  les  piliers  pour  former  chambres  des 
cloches,  ont  une  grande  hauteur  et  généralement  se  ter- 
minent par  un  linteau  droit  que  soulage  un  encorbelle- 
ment. Au-dessus,  à  la  naissance  de  la  flèche,  les  angles 
sont  garnis  de  quatre  pinacles  aigus,  et  les  faces  percées 
de  larges  gables  ajourés  en  découpures  flamboyantes  ;  les 
arêtes  de  la  flèche  octogonale  sont  toujours  hérissées  de 
crochets. 

Les  types  les  plus  intéressants  de  cette  époque  sont  : 
Brennilis,  dans  la  montagne  d'Arrée,  1483,  La  Forél- 
Fouesnant,  Pluguffan,  Landudec,  Argol,  Saint-Théleau, 
en  Plogonnec,  petite  merveille  égarée  sur  le  versant  Midi 
de  la  montagne  de  Locronan.  A  Kerfeunteun,  aux  portes 
de  Quimper,  on  n'a  pas  craint  de  mettre  la  base  en  porte- 
à-faux  des  deux  côtés  sur  la  maçonnerie  du  pignon, 
moyennant  un  fort  encorbellement  mouluré  et  sculpté. 

Dans  la  région  de  Penmarc'h,  le  clocher  principal  est 
accompagné  de  deux  autres  tourelles  secondaires,  comme 
à  l'église  paroissiale  de  Tréoultré  ou  Saint -Nona,  aux 
ruines  de  Kérity,  à  Notre  Dame -de -la -Joie,  et  dans  la 
paroisse  voisine.  Saint- Jean-Trolimon,  à  la  chapelle  de 
Tronoën  ;  disposition  que  l'on  retrouve  également  à  Saint- 
Germain  de  Plogastel  et  à  Kerlaz,  près  Douarnenez. 

Les  clochers  de  la  Renaissance  et  du  xvii®  siècle  sont 
répartis  dans  toutes  les  régions  du  département.  En  géné- 
ral une  galerie  ou  balustrade  saillante  forme  ceinture  au 
pied  de  la  chambre  des  cloches  ;  les  piliers  de  celle-ci 
sont  ornés  de  pilastres  grecs  à  chapiteaux  tantôt  dori- 
ques, tantôt  corinthiens,  supportant  des  arcades  ou  des 


-  23  - 

linteaux  droits  ;  quelquefois  une  seconde  balustrade 
règne  à  la  base  de  la  flèche. 

Une  différence  existe  encore  entre  les  clochers  de  la 
Cornouaille  et  ceux  du  Léon  :  les  premiers  n'ont  généra- 
lement qu'un  seul  étage  de  chambres  de  cloches,  tandis 
que  les  seconds  ont  deux  et  jusqu'à  trois  étages  de  cham- 
bres très  basses,  séparées  par  des  planchers  en  pierre 
auxquels  correspondent  des  balustrades  d'une  très  forte 
saillie  donnant  à  l'ensemble  un  aspect  de  force  et  de  soli- 
dité s'alliant  en  même  temps  avec  une  très  grande  légèreté. 

Les  exemples  en  sont  tellement  nombreux  qu'il  faut  se 
borner  à  citer  les  plus  remarquables. 

Dans  le  Léon  :  Locmélar,  1577-1599,  couronnant  une 
église  fort  élégante  ;  Plougourvest  ;  La  Roche-Maurice, 
1589,  admiré  par  tous  les  voyageurs  qui  passent  à  ses 
pieds  en  chemin  de  fer,  et  s'élançant  avec  tant  de  légèreté 
à  côté  de  la  masse  lourde  des  ruines  du  vieux  château  ; 
Saint  Servais,  ayant  encore  des  proportions  plus  heureu- 
ses qu'à  la  Roche  ;  Gouesnou,  1615,  très  habilement  étu- 
dié ;  Kernilis  ;  Plougar  ;  Plounéour-Trez  et  Trémaouézan, 
1715. 

Dans  la  Cornouaille  :  Rumengol,  1537,  moitié  gothique, 
moitié  Renaissance;  Cléden-Poher ;  Kerdévot,  en  Ergué- 
Gabéric,  refait  en  1702,  après  la  chute  de  l'ancienne  flèche  ; 
Sainte- Anne  de  Fouesnant,  1683;  Le  Juch,  1700;  Notre- 
Dame  de  Confors,  en  Meilars,  et  le  joli  clocher  de  Saint- 
Côme,  en  Saint-Nic. 

Ces  clochers  que  nous  venons  de  citer  sont  surmontés 
d*une  flèche  octogonale  qui  garde  jusqu'en  plein  xviii®  siè- 
cle la  forme  gothique,  sinon  les  ornements  de  ce  style. 
Dans  d'autres,  la  flèche  est  remplacée  par  des  dômes  super- 
posés, accostés  de  petits  lanternons  donnant  les  aspects 
les  plus  curieux  et  nous  reportant  aux  clochers  de  Séville 
et  de  Burgos  ou  aux  minarets  du  Caire  et  de  Constinople. 


-  24  — 

Ce  style  oriental  a  sa  plus  importante  réalisation  à  Ros- 
coif,  où  Ton  trouve  le  plus  heureux  problème  de  force  et 
de  gracilité,  de  masses  solides  et  de  baies  évidées,  de 
retraits  et  de  saillies,  formant  dans  tous  les  sens  les  plus 
extraordinaires  silhouettes.  Et  ces  dispositions  de  dômes 
nous  les  retrouvons  à  Notre-Dame-de-Berven,  en  Plouzé- 
védé,  1575,  Saint-Houardon  de  Landerneau,  au  Faou,  à 
Notre-Dame  de  Châteaulin,  Sainte-Marie  du  Ménez-Hom, 
Plogonnec,  pour  ne  citer  que  les  spécimens  les  plus 
importants. 

Ils  sont  tellement  jolis  ces  clochers  à  dômes,  ils  ont 
tant  de  charme  et  de  pittoresque,  que  Ton  a  vu  parfois 
des  officiers  en  manœuvres  les  dessiner  à  cheval  et  en 
emporter  un  croquis  rapide  sur  une  page  de  leur  album 
de  poche. 

*  « 

Tous  les  siècles  depuis  le  xi»  jusqu^au  xviiF  nous  ont 
fourni  des  clochers  qui  sont  du  domaine  de  Tarchéologie, 
et  au  xix^  la  marche  de  Tart  n'a  pas  subi  d'arrêt.  Le  siècle 
qui  vient  de  s'écouler  en  a  vu  s'élever  un  bon  nombre  qui 
ne  sont  pas  indignes  de  leurs  devanciers,  et  toujours  la 
tradition  se  perpétue. 

Heureux  pays  I  où  les  traditions  ne  meurent  pas.  Heu- 
reux pays  1  où  rame  du  peuple  s'identifie  avec  Tâme  de 
son  clocher,  où  chacun  est  fier  de  la  beauté  de  son  clo- 
cher paroissial,  où  le  cœur  s'attendrit  en  le  revoyant 
après  une  longue  absence,  où  l'âme  s'émeut  et  se  recueille 
en  entendant  le  son  des  cloches  bénites  qui  y  sont  logées 
pour  louer  Dieu,  pour  y  chanter  sa  gloire  de  leur  voix 
douce  et  puissante. 


-  25  - 


PORCHES  —  PORTES   ORNEMENTÉES 


Le  vestibule  primitif  des  églises,  à  Tépoque  des  basili 
ques  romaines,  était  VcUrium  ou  le  parvis,  cour  carrée 
entourée  d'un  portique  ou  d'une  colonnade  formant  une 
sorte  de  cloître  avec  une  fontaine  ou  un  bassin  d'eau  vive 
dans  le  milieu,  pour  les  ablutions  des  fidèles.  Dès  cette 
époque  aussi,  on  établit  à  la  façade  des  églises  d-es  porches 
ouverts  ou  fermés  destinés  à  recevoir  les  catéchumènes  et 
les  pénitents  auxquels  l'entrée  du  temple  était  interdite. 
Lorsqu'il  n'y  eut  plus  de  catéchumènes  et  que  les  péni- 
tences publiques  eurent  été  supprimées,  on  conserva  les 
porches,  et  quelques-uns  eurent  de  grandes  dimensions, 
particulièrement  dans  les  abbayes  clunisiennes. 

Nous  ne  possédons  pas  de  porches  proprement  dits  da- 
tant de  la  période  romane,  il  ne  nous  reste  que  deux  por- 
tes assez  remarquables  du  xii»  siècle,  toutes  les  deux  à 
Lanmeur,  à  l'église  paroissiale  et  à  la  chapelle  de  Kerni- 
troun.  Celle  de  l'église  paroissiale  était  primitivement 
précédée  d'un  porche  de  même  style,  mais  qui  a  disparu  ; 
elle  se  compose  de  deux  colonnes  de  chaque  côté  surmon- 
tées de  chapiteaux  et  de  tailloirs  sculptés,  supportant  deux 
archivoltes  à  plein-cintre  formées  de  petits  claveaux,  les- 
quelles encadrent  une  sorte  d'arcade  triangulaire  en  forme 
de  mitre. 

La  porte  de  Kernitroun,  placée  au  bout  du  transept 
Midi,  est  plus  monumentale  :  trois  colonnes  de  chaque 
côté  sont  également  couronnées  de  chapiteaux  et  de  tail- 
loirs ornés  de  feuillages,  entrelacs,  besants,  étoiles,  offrant 
des  rapports  avec  l'ornementation  normande.  Ces  chapi- 
teaux portent  trois  archivoltes  et  un  fronton  aigu,  où  l'on 


-  26  - 

trouve  comme  décoration  des  torsades  et  des  rubans  plis 
ses.  Sur  le  linteau  qui  forme  tympan  demi-circulaire,  od 
reconnaît  une  sculpture  grossière  et  presque  fruste  repré 
sentant  Notre-Seigneur  assis,  entouré  des  symboles  des 
quatre  Évangélistes. 

Le  XIII®  siècle  nous  a  légué  le  porche  de  Rosporden  et 
les  deux  de  la  cathédrale  de  Saint-Pol-de  Léon.  Le  porche 
de  Rosporden,  accolé  à  la  base  du  clocher  sur  la  façade 
Midi,  s'ouvre  sur  l'extérieur  par  deux  arcades  aiguës  cir- 
conscrites par  une  arcade  ogivale  qui  laisse  entre  elles  un 
tympan  à  jour.  Le  chapiteau  de  la  colonne  centrale,  les 
nervures  et  la  clef  de  la  voûte  indiquent  bien  les  carac- 
tères de  cette  époque. 

A  Saint-Pol-de-Léon,  le  porche  Ouest  fait  avancée  sur 
la  façade  et  s'ouvre  par  une  large  arcade  bien  moulurée 
portée  sur  un  faisceau  de  trois  colonnettes  de  chaque  côté. 
Il  est  couvert  par  une  terrasse  bordée  d'une  balustrade 
à  quatrefeuilles.  A  l'intérieur,  règne  déjà  une  certaine 
richesse  :  colonnettes  avec  chapiteaux  à  feuilles  d'eau, 
supportant  les  nervures  de  la  voûte,  faisceaux  de  colonnes 
et  arcade  entourant  les  deux  portes  géminées,  colonnette 
adossée  au  trumeau  central  pour  servir  de  piédestal  à  la 
statue  de  saint  Pol,  le  Patron,  et  deux  autres  colonnettes 
adossées  aux  jambages  latéraux  et  recevant  des  statues 
d'apôtres. 

Sur  le  côté  Midi  donnant  sur  la  place,  s'élève  un  autre 
porche  qui  est  plus  élancé  dans  ses  formes  et  plus  pro- 
fond dans  ses  dimensions.  La  façade  se  compose  d'une 
grande  arcade  reposant  sur  des  faisceaux  de  colonnettes, 
avec  trois  jolies  niches  trilobées  évidées  dans  le  fronton. 
L'intérieur  est  voûté  et  divisé  en  trois  travées  dans  les 
quelles  sont  des  niches  pour  les  statues  des  Apôtres,  niches 
dont  les  culs-de-lampe  et  les  dais  ont  la  sculpture  très 
pure  du  xiii^  siècle  ;  deux  seulement  des  statues  anciennes 


-  27  - 

subsistent.  Le  fond  de  ce  porche  a  été  remanié  vers  1431* 
par  l'évéque  Jean  Validire,  et  est  occupé  par  deux  portes 
géminées  très  chargées  de  sculptures  dans  le  genre  du 
style  flamboyant. 

A  Pont-Croix,  le  xiv®  siècle  a  élevé  un  porche  unique 
en  son  genre,  édicule  extraordinaire,  ayant  une  façade 
toute  tapissée  d*une  dentelle  de  granit,  composée  de  rosa- 
ces, de  trèfles,  de  quatrefeuilles,  le  tout  découpé,  fouillé, 
mouluré,  arrondi  et  disposé  avec  une  grâce  et  une  habi< 
leté  qui  défieraient  le  compas  et  Timagination  de  plus 
d'un  géomètre  moderne. 

Sur  le  pignon  du  milieu,  une  grande  rosace,  trois  secon- 
daires et  une  autre  plus  petite  au  sommet.  Sur  les  fron- 
tons latéraux,  d'autres  combinaisons  analogues  et  aussi 
ingénieuses  ;  au  bas  de  ces  frontons,  deux  bénitiers  en 
arciitures,  toujours  dans  le  même  style.  Dans  la  grande 
arcade,  des  découpures  à  jour  suspendues  dans  le  vide  ; 
sur  les  parois  intérieures,  une  série  d*arcatures  trilobées. 
Autour  du  cintre  de  la  porte,  une  ceinture  de  quatre- 
feuilles et  une  niche  abritant  une  statue  de  la  Sainte- 
Vierge;  enfin,  la  voûte  divisée  par  de  fines  nervures  qui, 
à  leurs  points  de  croisement,  présentent  deux  jolies  clefs 
sculptées. 

Le  couronnement  du  fronton  principal  est  formé  par 
une  croix,  à  laquelle  est  adossée  une  image  fruste  de 
Notre-Seigneur  ressuscité,  étendant  les  bras  et  montrant 
les  plaies  de  ses  mains.  Au  haut  des  petits  frontons,  au- 
dessus  de  blasons  timbrés  de  casques,  deux  anges  portent 
la  lance  et  la  couronne  d'épines. 

Cette  œuvre  est-elle  originale,  ou  bien  l'idée  en  a-t-elle 
été  prise  ailleurs  ?  Dans  toute  notre  Bretagne  on  ne  trouve 
pas  un  seul  exemple  d'un  travail  semblable. 

Nous  devons  attribuer  à  la  fin  du  même  siècle  la  porte 
principale  de  l'église  de  Notre-Dame  des  Carmes,  à  Pont- 


-  28  - 

TAbbé,  porte  encadrée  par  six  colonnettes  de  chaque 
côté,  continuées  par  des  cordons  arrondis  formant  vous- 
sures. Au  milieu  sont  percées  deux  portes  ogivales  sépa- 
rées par  un  trumeau  auquel  s'adossent  des  colonnettes 
servant  de  base  à  une  niche  qui  a  son  dais  à  la  naissance 
des  arcades.  La  flore  des  chapiteaux  a  une  physionomie  à 
part  et  nous  reporte  à  celle  du  porche  de  Pont-Croix. 

Le  chef-d'œuvre  du  xv®  siècle  est  le  porche  des  Apôtres, 
au  Folgoat,  ayant  sa  grande  arcade  d'entrée  entourée 
d'une  triple  guirlande  de  feuillages  sculptés  et  évidés 
avec  un  art  extraordinaire  et  une  délicatesse  prodigieuse. 
Plus  haut,  dans  le  fronton,  on  voit  trois  encadrements 
pour  blasons  surmontés  de  riches  contrecourbes  feuilla 
gées,  avec  une  petite  baie  au  milieu  pour  éclairer  une 
chambre  régnant  sur  la  voûte  et  communiquant  avec  la 
sacristie  haute.  Sur  le  rempart  aigu  de  ce  pignon  a  été 
heureusement  rétablie,  par  la  Commission  des  Monuments 
historiques,  la  galerie  en  quatrefeuilles  qui  donne  à  ce 
couronnement  une  légèreté  et  une  distinction  sans  égales. 

D'un  côté  de  l'entrée,  la  dernière  guirlande  sculptée 
repose  sur  un  vieillard  à  longue  barbe  et  de  l'autre  sur 
un  personnage  coiilé  d'un  long  bonnet  et  tenant  un  car- 
touche sur  lequel  on  lit  comme  une  invitation  à  entrer  : 
Bien  soyez  venus. 

Dans  les  quatre  arcades  de  l'intérieur,  les  statues  des 
douze  Apôtres  sont  rangées  trois  par  trois  sur  des  piédes 
taux  sculptés  et  surmontés  de  dais  découpés,  feuillages, 
ajourés  par  un  ciseau  très  habile  et  très  correct.  Ces  sta- 
tues sont  empreintes  de  la  plus  grande  noblesse,  on  ne 
peut  trop  admirer  leurs  physionomies  placides  et  dignes, 
leur  pose  noble  et  l'agencement  de  leurs  abondantes  dra- 
peries. 

Au  fond,  deux  portes  également  encadrées  de  guirlan- 
des sont  séparées  par  un  trumeau  auquel  est  adossée  la 


-  29  - 

statue  de  S.  Pierre  au-dessus  de  laquelle  court  un  bandeau 
saillant  dans  lequel  sont  sculptées  des  hermines  passantes 
entourées  de  banderolles  portant  la  devise  ;  A  ma  vie. 

Tout  près  de  ce  porche  des  Apôtres  est  celui  dit  :  d'Alain 
de  la  Rue,  évéque  de  Léon,  qui  Ta  érigé,  et  dont  la  statue 
est  dressée  contre  le  trumeau  central.  Ici  encore,  on  ne 
peut  qu'admirer  les  colonnettes,  les  fines  ^ervures,  les 
feuilles  sculptées,  les  denticules  découpés  dans  le  grand 
cintre  et  la  naissance  du  fronton  aigu  qui,  il  faut  Tespé- 
rer,  sera  bientôt  rétabli  dans  toute  son  élégante  richesse. 

Faisons  également  des  vœux  pour  le  rétablissement  du 
porche  primitif  qui  précédait  la  porte  double  du  grand 
portail,  vrai  dais  en  pierre  porté  sur  des  colonnettes  iso- 
lées et  s  appuyant  par  côté  aux  contreforts  voisins  par  de 
légers  bras  à  redents  évidés  dans  le  genre  de  ceux  du 
jubé  intérieur. 

Les  porches  du  Folgoat,  et  particulièrement  celui  des 
Apôtres,  ont  exercé  leur  influence  dans  tout  le  pays  envi- 
ronnant. Nous  la  reconnaissons  dans  le  fond  du  porche 
de  Trémaouézan,  dans  le  porche  de  Saint-Jean-Balanàn, 
en  Plouvien,  ceux  de  La  Martyre,  du  Creisker,  à  Saint- 
Pol-de-Léon,  et  Saint  Herbot,  en  Plonévez-du-Faou. 

A  La  Martyre,  on  trouve  le  début  des  représentations 
en  haut-relief,  entourant  la  grande  arcade,  qui  se  conti- 
nueront et  prendront  même  plus  d'importance  dans  d'au- 
tres porches,  comme  à  Pencran,  Daoulas,  Landivisiau, 
Bodilis,  Guimiliau.  Ici  les  sujets  traités  sont  :  l'Annon- 
ciation, la  Visitation,  l'Ange  apparaissant  aux  bergers, 
l'Adoration  des  Mages,  la  Présentation  au  temple;  et  dans 
le  tympan  compris  entre  l'arcade  ogivale  et  l'arc  en  anse 
de  panier,  on  a  sculpté,  en  plus  grandes  dimensions,  la 
Naissance  de  l'Enfant  Jésus,  la  Sainte -Vierge  couchée 
dans  un  lit  bien  drapé,  saint  Joseph  assis  à  ses  pieds,  et 
vers  le  milieu,  les  têtes  de  l'âne  et  du  bœuf. 


—  30  - 

Dans  le  fronton,  il  faut  noter  comme  très  remarquables 
de  style  et  de  facture  deux  anges  élégants  qui  semblent 
voler  et  tiennent  des  banderolles,  deux  autres  encensant 
un  très  gracieux  groupe  du  couronnement  de  \^  Sainte 
Vierge.  A  Tintérieur,  se  trouvent  les  statues  des  Apôtres, 
en  assez  petites  dimensions  :  au  fond,  deux  portes  à  arca- 
des polylobées,  séparées  par  un  trumeau  très  fin,  auquel 
est  adossée  une  statue  de  Notre-Dame  de  Bonne-EencoTitre, 
absolument  dans  le  style  des  statues  du  Folgoat. 

Le  porche  Nord  du  Creisker  de  Saint-Pol  est,  pour  ainsi 
dire,  la  reproduction  du  porche  des  Apôtres  du  Folgoat, 
avec  moins  de  finesse  dans  les  sculptures,  à  cause  de  la 
différence  des  matériaux.  Et  en  même  temps,  il  faut  signa 
1er  le  porche  Midi  de  la  même  église,  couvert  par  une 
terrasse  à  balustrade. 

La  cathédrale  de  Quimper,  outre  le  portail  principal, 
possède  deux  porches  latéraux  qui  sont  de  vrais  modèles 
d'élégance.  Celui  du  Nord  se  détache  en  saillie,  ayant 
pour  ouverture  une  double  arcade  à  guirlandes  feuilla- 
gées,  que  surmonte  un  fronton  aigu  appliqué  sur  un  mur 
droit,  lequel  est  couronné  par  une  belle  galerie  flam- 
boyante. Sur  le  fronton  et  le  tympan  sont  les  blasons  du 
duc  Jean  V  et  de  sa  femme,  Jeanne  de  France,  de  l'évéque 
Bertrand  de  Rosmadec  et  des  barons  de  Névet,  et  au- 
dessus  de  l'arcade  du  fond,  les  armes  du  chanoine  Pierre 
du  Quenquis.  Deux  niches  extérieures  et  dix  intérieures 
semblent  avoir  été  destinées  à  recevoir  les  statues  des 
douze  Apôtres. 

Du  côté  Midi,  tout  contre  l'Évêché,  est  le  portail  de  la 

■ 

Vierge,  tout  enguirlandé  de  feuilles  de  pierre.  Dans  le 
tympan,  sur  un  cul-de-lampe  soutenu  par  un  ange  aux 
ailes  déployées,  Notre-Dame  est  assise,  couronne  en  tête, 
tenant  dans  sa  main  droite  un  livre,  et  ayant  sur  ses 
genoux  l'Enfant-Jésus  caressant  une  colombe.  Des  deux 


-  31  - 

côtés  de  la  Vierge-Mère  sont  deux  anges  qui  Tencensent 
dévolement,  et  dans  les  niches  des  voussures,  d'autres 
anges  chantent  ses  louanges  en  tenant  des  banderolles  ou 
en  s'accompagnant  de  la  harpe  et  de  la  cithare.  Le  fron- 
ton de  ce  portail  est  encore  riche  en  blasons,  indiquant 
la  générosité  des  donateurs  et  des  fondateurs. 

Sous  peine  de  nous  attarder  indéfiniment,  nous  ne  pou- 
vons pas  décrire  mais  énumérer  rapidement  les  porches 
qui  suivent  : 

Porche  Nord  de  Notre-Dame  de  l'Assomption  à  Quim- 
perlé,  ayant  sa  grande  arcade  subdivisée  par  deux  arcs 
plus  petits  sur  lesquels  court  une  frise  transversale, 
œuvre  très  belle  et  très  riche,  dont  on  trouve  des  analo- 
gues à  Saint-Fiacre  du  Faouêt  et  à  Kernascléden,  dans  le 
Morbihan. 

Saint-Jean- du -Doigt,  façade  plus  simple,  avec  deux 
jolies  portes  percées  dans  le  fond  et  une  belle  statue  du 
Précurseur  placée  dans  une  niche  à  volets. 

Notre-Dame-des-Portes,  à  Châteauneuf,  porche  à  nou- 
veau reconstitué  et  portant  la  date  de  1438. 

Locronan,  grand  porche  Ouest,  au  pied  de  la  tour,  et 
qu'il  faut  attribuer  à  1485,  environ. 

Saint-Melaine  de  Morlaix,  daté  de  1489. 

Saint-Herbot,  porche  Midi,  daté  de  1498,  et  conçu  avec 
plus  de  simplicité  dans  le  genre  de  ceux  du  Folgoat  et  du 
Creisker. 


# 
*  « 


Au  xvi«  siècle,  la  note  gothique  continue  pendant  de 
longues  années,  et  nous  la  trouvons  au  petit  porche  de 
Goulven,  1505  ;  à  Penmarc'h,  1508  ;  à  Cléden-Cap  Sizun  ; 
à  Saint-Tujean  de  Primelin  ;  à  Lampaul  Guimiliau,  1533  ; 


-  32  — 

à  Pencran,  1553  ;  à  Landivisiau,  1554  ;  à  Ploaré,  1535  ;  à 
Daoulas,  1556.  Dans  quelques-uns  de  ces  derniers  por- 
ches cependant,  la  Renaissance  s'annonce  par  quelques 
petits  détails  de  sculpture,  puis  elle  s'impose  tout  d'un 
coup  et  toute  entière  dans  ceux  qui  font  leur  apparition 
quelques  années  après. 

La  première  manifestation  bien  franche  et  bien  dégagée 
de  toute  influence  gothique  a  lieu  à  Bodilis. 

A  l'intérieur  de  ce  porche,  deux  anges  tiennent  un  car- 
tel portant  la  date  de  1570,  tandis  qu'à  l'extérieur,  au- 
dessus  de  la  clef  de  la  grande  arcade,  on  lit  la  date  de 
1631.  Les  contreforts  d'angle  sont  ornés  de  niches,  dont 
deux  abritent  V Annonciation,  d'un  côté,  l'ange  Gabriel 
tenant  un  lis  autour  duquel  s'enroule  une  banderolle 
portant  cette  inscription  :  Ave  gratia  plena  ;  en  face  de 
lui,  la  Sainte-Vierge  à  genoux  sur  un  coussin,  et  à  ses 
pieds,  un  vase  contenant  un  lis  entouré  aussi  d'une  ban- 
derolle avec  l'inscription  :  Ecce  ancilla  Domini,  fiât  mihi 
secundum  verhum  tuum. 

La  grande  arcade  d'ouverture  est  accostée  de  deux 
colonnes  corinthiennes  cannelées,  portant  un  entable- 
ment, et  dans  l'intérieur  même  de  cette  arcade,  dont  les 
ébrasements  sont  formés  de  moulures  et  de  gorges,  on 
trouve  la  colonne  dite  française,  inventée  par  Philibert 
Delorme  dans  la  construction  des  Tuileries  et  consistant 
en  tambours  cannelés  alternant  avec  des  bagues  saillantes, 
arrondies  et  sculptées.  Au  haut  de  l'arc,  la  clef  est  mar- 
quée par  une  grande  feuille  d'acanthe  enroulée  en  volute. 
Cette  disposition  des  contreforts,  des  colonnes  cannelées 
et  colonnes  françaises  et  de  clef  sculptée  se  retrouvera 
dans  la  plupart  des  porches  de  la  même  époque.  Au- 
dessus  de  l'entablement,  un  grand  fronton  présente  en 
son  milieu  une  niche  qui  contient  la  statue  de  la  sainte 
Patronne,  Notre  Dame  de  Bodilis  ;  puis  vient  comme  un 


Clocher  de  N.-D.  de  Berven, 
en  Plouzévédè. 


--  33  - 

premier  amortissement  en  fronton  courbe,  et  un  ram- 
pant aigu  couronné  par  un  lanternon. 

  rintérieur  du  porche,  au-dessous  des  niches  des 
Apôtres,  règne  un  soubassement  d'une  vigueur  et  d'une 
bizarrerie  extraordinaires  ;  c'est  une  série  de  panneaux 
formant  cartouches  découpés  et  déchiquetés,  ornés  cha- 
cun d'une,  deux  ou  trois  têtes  grimaçantes  ;  ses  panneaux 
sont  séparés  les  uns  des  autres  par  des  pilastres  ou  des 
cariatides  de  facture  étrange,  bonshommes  et  bonnes- 
femmes  dans  des  poses  et  avec  des  expressions  les  plus 
fantasques.  Dans  la  niche  du  fond  on  voit,  comme  à  Gui- 
milieu  et  dans  beaucoup  d'autres  porches,  la  statue  de 
Notre-Seigneur  vêtu  d'une  robe  étroite  à  plis  serrés,  et 
tenant  dans  sa  main  le  globe  du  monde. 

A  la  fin  de  ce  xvi«  siècle,  nous  trouvons  trois  porches 
sous  clocher  ayant  entre  eux  une  parenté  très  marquée  : 
Pleyben,  1588-1591  ;  Goulven,  1598,  et  Saint-Thégonnec, 
1599-1608.  Tous  trois  ont  les  contreforts  d'angle  chargés 
de  niches  à  colonnettes  et  dais,  les  colonnes  corinthiennes 
cannelées  en  façade,  et  dans  l'embrasure  de  l'arcade,  les 
colonnes  de  Philibert  Delorme,  puis  la  grande  niche  cen- 
trale pour  le  saint  Patron.  A  l'intérieur,  beau  soubasse- 
ment et  niches  des  Apôtres  ;  au  fond,  portes  géminées 
surmontées  de  la  statue  de  Notre-Seigneur  dans  le  tympan. 

Dès  lés  premières  années  du  xvii®  siècle,  nous  devons 
saluer,  à  Saint-Houardon  de  Landerneau,  le  porche  le 
plus  beau,  le  plus  grand,  le  plus  correct  qui  ail  été  exé- 
cuté dans  ce  style  et,  au  risque  d'être  trop  long,  il  faut  en 
donner  une  description  détaillée. 

L'entrée  consiste  en  une  grande  arcade  ayant  comme 
pieds-droits  deux  colonnes  à  tambours  cannelés  séparés 
par  des  bagues.  Le  cintre  qui  surmonte  ces  colonnes  est 
formé  d'un  gros  tore  orné  d'oves  et  de  feuillages  ;  à  la  clef 
on  lit  la  date  de  1604.  Les  ébrasements  de  l'intérieur  et 

BOLLETIN  DE   LA  COMMISSION   DlOr.KSAlNE.  —  2*  SDDée.  H 


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de  l'extérieur  se  composent  de  diilérentes  moulures,  bou- 
dins, gorges,  talons,  doucines  qui,  tout  en  étant  parfaite- 
ment de  la  Renaissance,  se  ressentent  encore  de  TinflueDce 
de  la  dernière  période  du  style  ogival.  Au  sommet  de 
Tarcade,  une  belle  volute  avec  grande  feuille  d'acanthe 
forme  une  clef  très  décorative.  De  chaque  côté  de  l'entrée, 
deux  colonnes  cannelées,  couronnées  de  chapiteaux  corin- 
thiens, supportent  une  frise  ornée  de  cette  inscription  : 
DOMVM  .  TVAM  .  DOMINE  .  DECET  .  SANGTITVDO .  IN  . 
LONGITVDINEM  .  DIERVM  .  1604. 

La  corniche  de  cette  frise  est  supportée  par  des  modil- 
lons  finement  sculptés.  Au-dessus,  règne  une  arcature 
originale  et  ayant  grand  caractère,  formée  de  trois  niches 
rondes  à  coquilles  et  de  quatre  arcades  carrées,  le  tout 
surmonté  d'un  fronton  obtus.  Plus  haut,  se  dresse  un 
second  fronton  plus  aigu  ayant  côtés  à  courbe  rentrante, 
encadré  par  une  galerie  rampante  découpée  de  comparti- 
ments flamboyants.  Au  milieu,  une  belle  niche,  accostée 
de  cariatides  à  gaines,  abritait  autrefois  la  statue  du  saint 
Patron,  car  au  bas  on  lit  :  S.  HOARDONE. 

Un  très  puissant  clocheton  couronne  cet  ensemble  ;  au 
premier  étage  il  est  carré  et  passe  ensuite  à  la  forme 
cylindrique,  pour  former  le  lanternon  qui  se  compose  de 
deux  petits  dômes  superposés. 

Les  angles  du  porche  sont  appuyés  par  deux  solides 
contreforts  ornés  de  niches,  de  corniches,  de  pilastres,  et 
couronnés  par  de  beaux  clochetons.  Sur  la  façade,  on 
remarque  dix  masques  ou  figures  saillantes  dont  quel- 
ques-unes pourraient  être  des  portraits.  Un  autre  point  à 
noter,  c'est  la  présence  des  croissants  qui  couronnent 
deux  petits  pinacles  au  bas  du  fronton  supérieur.  On  peut 
y  voir,  comme  dans  les  croissants  qui  se  trouvent  autour 
de  l'église  de  Goueznou,  une  réminiscence  de  Tornemen- 
tation  en  vogue  dans  l'architecture  du  règne  d'Henri  II, 
le  croissant  de  Diane  de  Poitiers. 


-  35  - 

A  rintérieur,  les  parois  latérales  sont  couvertes  par 
douze  niches  séparées  par  des  colonnes  cannelées  à  cha- 
piteaux corinthiens.  Dans  le  bas  des  dais  il  y  a,  de  même 
qu'à  Landivisiau,  un  ressouvenir  des  petites  pyramides 
gothiques,  mais  le  reste  est  composé  de  colonnettes,  de 
pilastres,  de  dômes,  avec  petites  urnes  et  croissants  de 
couronnement,  absolument  dans  le  genre  de  la  Renais- 
sance. La  voûte,  découpée  par  des  arcs  ogives  et  des  lier- 
nes,  a,  dans  son  milieu,  une  belle  clef  pendante  avec  rose 
sculptée. 

Au  fond,  les  deux  portes  qui  donnent  accès  dansTéglise 
doivent  être  antérieures  au  reste  d'un  demi-siècle  envi- 
ron; elles  offrent  le  même  caractère  que  celles  de  Landi- 
visiau  :  moulures  prismatiques  et  gorges  profondes  tapis- 
sées de  feuillages  découpés  ;  au  milieu,  beau  bénitier 
reposant  sur  une  colonnette  ornée  de  losanges  rappelant 
les  macles  des  Rohan  ;  au-dessus^  un  ange  tenant  deux 
goupillons,  et  comme  couronnement,  un  très  joli  dais 
d'où  l'on  voit  saillir  quelques  têtes  caractéristiques  du 
style  du  xvi«  siècle. 

Les  moulures  et  les  guirlandes  qui  encadrent  les  portes 
se  répètent  pour  former  la  grande  arcade  qui  entoure  le 
tympan,  et  dans  la  dernière  gorge  sont  nichées  des  sta- 
tuettes de  saints,  comme  à  Landivisiau,  Guimiliau,  etc. 
Elles  représentent,  en  partant  du  bas,  du  côté  gauche,  en 
montant  pour  faire  le  tour  et  descendre  du  côté  droit  : 

1.  —  Saint  Yves,  vêtu  de  l'aumusse  chargée  d'hermines 
héraldiques,  capuchon  et  bonnet  carré  ;  il  tient  un  sac  à 
procès  ou  un  livre  suspendu  et  une  liasse  de  parchemin. 

2.  —  Saint  Côme,  médecin,  frère  de  saint  Damien, 
tenant  de  la  main  droite  une  ampoule  de  médicaments. 

3.  —  Un  évoque,  bénissant  de  la  main  droite,  portant 
chape,  mitre  et  crosse. 

4.  —  Saint  Salomon,  roi  de  Bretagne,  couronne  en  tête, 


-  36  - 

armé  de  la  cuirasse  et  autres  pièces,  tenant  une  lance  de 
la  main  droite  et  de  la  gauche  une  épée,  signe  de  son 
martyre. 

5.  —  Évêque  revêtu  de  la  chasuble  et  coiffé  de  la  mitre. 

6.  —  Ecce-Homo. 

7.  —  Ange,  les  mains  jointes. 

8.  —  Saint  Fiacre,  vêtu  en  moine  et  tenant  une  pelle. 

9.  —  Évêqiie  bénissant,  chape,  mitre,  crosse. 

10.  —  Père -Éternel,  barbu,  coiffé  de  la  tiare,  bénissant 
de  la  main  droite  et  tenant  de  la  gauche  le  globe  du 
monde. 

H.  —  Saint  Roch,  chapeau  à  bords  relevés,  bourdon  de 
pèlerin,  ange. 

12.  —  Saint  Christophe  portant  TEnfant  Jésus. 

13.  —  Saint  François  d'Assise  montrant  ses  stigmates. 

14.  —  Saint  Jean-Baptiste  vêtu  d'une  peau  de  chameau 
et  portant  un  agneau  sur  son  livre. 

15.  —  Saint  Damien,  médecin,  frère  de  saint  Côme, 
coiffé  d'un  bonnet  rond  ou  calotte,  portant  un  vase  cylin- 
drique cannelé. 

16.  —  Saint  Pierre,  tenant  sa  clef. 

Le  porche  de  Guimiliau,  1606-1617,  presque  aussi  mo- 
numental, mériterait  une  description  aussi  détaillée.  Même 
disposition  générale  à  l'intérieur  et  à  l'extérieur,  sauf  que 
dans  le  fronton  ne  règne  pas  la  galerie  de  niches  et  d'ar- 
cades. 

Dans  les  ébrasements  de  la  grande  arcade,  on  a 
représenté  en  style  naïf  différentes  scènes  de  l'ancien  et 
du  nouveau  Testament  :  Adam  et  Eve,  la  démon  tentant 
notre  première  mère.  L'ange  les  chassant  du  paradis  ter- 
restre. Eve  avec  ses  deux  premiers  enfants  au  berceau. 
Sacrifice  de  Gain,  Gain  debout,  la  fumée  du  sacrifice  des- 
cend vers  la  terre.  Sacrifice  d'Abel,  Abel  à  genoux,  la 
fumée  monte  vers  le  ciel.  Meurtre  d'Abel  parCaîn.  Arche 


-  37  - 

de  Noé.  Noé  cultivant  la  vigne  et  cueillant  du  raisin,  puis 
foulant  ce  raisin  dans  une  cuve.  Ivresse  de  Noé,  péché  de 
Gham.  Annonciation.  Visitation.  L*ange  apparaissant  aux 
bergers.  Adoration  des  mages.  Présentation  au  temple. 
Fuite  en  Egypte. 

Dans  les  voussures,  une  foule  nombreuse  d'anges  tenant 
des  encensoirs  ou  différents  instruments  de  la  Passion. 
D'autres  prient,  les  mains  jointes  ou  les  bras  levés.  On  y 
distingue  aussi  saint  François  d'Assise,  saint  Laurent  et 
deux  autres  saints. 

Auprès  de  la  clef  formée  par  une  grande  feuille  d'acan- 
the enroulée  en  volute,  on  lit  la  date  de  1617,  et  plus  haut 
court  une  frise  avec  l'inscription  : 

0  QVAM  :  METVENDUS  VERE  :  NON  :  EST  :  HIC  :  AL 

EST  :  LOCVS  :  ISTE.  IVD  :  NISI  :  DOMVS  ;  DEL 

A  l'intérieur,  après  avoir*  donné  un  coup  d'œil  aux 
niches  et  aux  statues  des  Apôtres,  il  faudrait  passer  en 
revue  tous  les  sujets  bizarres  sculptés  dans  la  frise,  les 
tètes  grimaçantes  personnifiant  les  péchés  capitaux  ou 
les  différents  vices,  les  petits  personnages  grotesques  ou 
symboliques,  et  relever  dans  l'un  des  panneaux  la  date 
de  1606  qui  indique  le  commencement  des  travaux. 

Après  cela,  les  porches  qui  mériteraient  encore  une 
description  sérieuse,  sont  ceux  de  Trémaouézan,  1610- 
1623,  dérivant  aussi  de  celui  de  Landerneau,  avec  une 
galerie  ou  balustrade  saillante  sur  la  façade  ;  Gouesnou, 
1642;  Comanna,  1645-1650;  Ploudiry,  1665,  œuvre  non 
terminée,  mais  inspirée  très  visiblement  de  Landerneau. 
Et  de  plus,  on  pourrait  parler  longuement  d'une  foule 
d'autres  qui  sont  de  vrais  bijoux  ou  du  moins  des  ouvra- 
ges de  mérite  et  de  style  :  Guiclan,  1615,  surmonté  d'une 
chambre  des  archives  ;  Quimerch,  1621,  transporté  au 
cimetière  du  nouveau  bourg;  Plomodiern,  1624,  où  cha- 
que statue  d'apôtre  porte  le  nom  de  son  donateur  ;  Loper- 


-  38  - 

het,  1645,  démoli  il  y  a  quelques  années,  lors  de  la  recons- 
truction de  réglise,  et  pouvant  facilement  être  remonté; 
Lannédern,  1662;  Locmélar,  1664;  Pleyber-Christ,  1667; 
Lesneven  ;  Plabennec,  1674  ;  Beuzec-Gap-Sizun. 

Le  dernier  en  date,  Plouézoc'h,  1677,  mérite  une  men- 
tion spéciale,  parce  qu'il  est  conçu  dans  un  genre  un  peu 
différent  des  autres  ;  c'est  une  sorte  d'avant-corps  fermé 
latéralement  par  des  murs  pleins  et  s'appuyant  par  devant 
sur  deux  colonnes  cannelées  à  chapiteaux  corinthiens 
portant  architrave,  le  tout  surmonté  d'une  chambre  supé- 
rieure couverte  en  appentis. 

Les  chambres  surmontant  les  porches  sont  assez  nom- 
breuses, on  en  compte  une  quinzaine  dans  le  diocèse  ; 
elles  servaient  à  la  conservation  des  archives,  aux  réu- 
nions du  conseil  de  Fabrique,  et  parfois  même  au  loge- 
ment d'un  prêtre  ou  d'un  serviteur  de  l'église. 

(A  suivre.) 


-  39  - 


CARTULAIRE 

DE    L'ÉGLISE    DE    QUIMPEB 

(Suite.) 

i 
I 

33. 

CARTA  DE  ANNIVERSARIO  lAeiSTRI  6AUFRIDI 
THESAURARII  CORISOPITENSIS 

La  trésorier  donne  au  Chapitre  du  oontentement  de  i'Eveaque  sa 
msison  au  llef  de  l'Evesque,  tour  chastel  et  aura  obit  sur  loelle. 

-1220- 


Universis  présentes  litteras  inspecturis  R.  Dei  misera- 
tione  Corisopitensis  electus,  salutem  in  Domino  salvatore. 

Noveritis  quod  magister  Gaufridus  nostrë  ecclesie  Ihe- 
saurarius,  de  consensu  nostro  dédit  et  concessit  Capitule 
Corisopitensi  domum  suam  que  est  de  feodo  nostro  sitam 
in  Castro  Beati  Chorentini  (1),  retento  sibi  quamdiu  vixe- 
rit  usufructu,  anniversaria  (2)  autem  ejus  in  nostra  eccle- 
sia  solemniter  celebrabitur  annuatim. 

DatumapudKemperChorentinumannogracieM*CC®XX*. 

(1)  Castrum  BeaU  Chorentini.  C'est  la  portion  de  la  ville  de  Qaimper 
comprenaDt  la  place  Saint-Corentin,  qui  finit  par  former  la  paroisse  de 
Tour  du  Chastel,  Tro  ar  ChoMtel,  plus  tard  N.-D.  de  la  Chandeleur. 

(2)  ànnivenaria,  pour  anniversarium. 


-  40  — 
84. 

LinERE  DOMINI  EPISCOPI  CORISOPITENSIS 
DE  COLLATIONE  ECCLESIARUM  CAPITULO  ET  LUWNARI 
gUARUM  NOMINA  INFRA  CONTINENTUR  (<' 

Le  8gr  ivetque  donne  à  son  Chapitre  de  Oornouallle  8'  Mathieu, 
Scaezre,  8*  Delem  et  leurs  appartenances,  Moeiou  et  15  i.  d« 
rente  sur  Quimeroh  pour  le  luminaire  de  8*  Oorentin,  et  con- 
firme les  dons  des  paroisses  de  8*  Oorentin,  Banalec,  Treguno, 
Piouneour,  Beusec,  Capsidun,  Brieo  et  8pezet. 

~  1220  - 


Universîs  christifidelibus  présentes  litteras  înspecturis 
R.  Dei  gracia  Corisopitensis  electus  salutem  (in)  Domi- 
num  (2)  Salvatore. 

Noveritis  quod  nos,  tenuitatem  nostre  ecclesie  plenius 
àctendentes,  dedimus  et  concessimus  Capitulo  nostro, 
Sancti  Mathœi  de  Kemper  Corentin  et  de  Scadr  et  Sancli 
Delem  (3)  ecclesias  cum  omnibus  pertinenciis  suis  in 
perpetuo  pos3idendas.  Ecclesias  vero  de  Moëlou  et  pen- 
sionem  xv  solidorum  in  ecclesia  de  Keynmert  (4)  ad  usum 
luminaris  ecclesie  nostre  duximus  (5)  concedendas  sci- 
licet,  salvo  jure  episcopali  ;  donationes  vero  ecclesiarum 
eidem  Capitulo  a  predecessoribus  nostris  factas  parrochie 
videlicet  de  Kemper  Corentin,  de  Banadlec  (6),  de  Tre- 
guenc,  de  Ploeneor,  de  Ploechevet  (7),  de  Bodoc  Cap  Sidun, 
de  Briziac  et  de  Spethot  ecclesiarum,  duximus  liberaliter 
concedendas  et  eciam  approbandas. 

Ut  hoc  autem  robur  optineal  perpétue  firmitatis,  sigillo 


(1)  C.  56,  2. 

(2)  C.  31.  Omnium, 

(3)  llHd.  SancU  Deleni. 

(4)  Quimerch. 

(5)  C.  31.  SimUUer, 

(6)  Ibid.  Banadloe, 

(7)  im.  Ploetkevet 


-  41  - 

nostro  et  ejusdem  Capituli  sigillo,  presentem  paginam 
duximus  roborandam. 

Datum  apud  Kemper  Corentin,  die  veneris  proxima 
ante  lestum  béate  Magdalene,  anno  gracie  Mp  CC<^  vice- 
simo  (1). 


85. 

CARTA  DE  COLLATIONE  ECCLESIE  DE  PLOEGUVAN 
THESAURARIE  CORISOPITENSI  A  VENERABILI  PATRE  R.  CORI- 

SOPITENSI  EPISCOPO  w 

Le  MgneuF  Évasque  de  Cornouallie  donne  à  la  tpésorerle  de  son 

église  la  paroisse  de  Pluguan  entièrement  aveo  toutes  ses  apar- 

tenanoes. 

-  1220  - 


Universis  christiâdelibus  présentes  litteras  inspecturis 
R.,  divîna  miseracione  episcopus  Corisopitensis,  salutem 
in  vero  salutari. 

Noveritis  quod  nos  attendentes  paupertatem  et  tenuita- 
tem  thesaurarie  nostre,  ecclesiam  de  Ploecuvan  intègre 
cum  pertinenciis  omnibus  suis  dicte  thesaurarie  de  com- 
iquni  consensu  Capituli  duximus  in  perpetuum  assi- 
gûandam. 

Actum  est  apud  Turones,  MoCC^XX®  (3)  mense  novem- 
bris,  in  cujus  rei  testimonium  présentes  litteras  sigilli 
nostri  muniminç  duximus  roborandas. 


(1)  Eo  1220,  année  bissextile,  la  fôte  de  la  Madeleine,  22  Juillet,  tom- 
bait 00  mercredi  ;  le  vendredi  précédent  était  donc  le  17  Juillet.  A  cette 
époque,  Bainaud  n'était  encore  qu'évéque  élu  de  Quimper. 

(2)  C.  56,  ^  21. 

(3)  Cet  acte,  le  premier  que  nous  trouvons  passé  au  nom  de  Renaud, 
évêque,  et  non  plus  simplement  élu  de  Quimper,  est  donné  en  Novembre 
1990,  à  Toors,  où  il  était  vraisemblablement  venu  recevoir  la  consécra- 
ûoû  épisoopale. 


—  42  — 

96 

LinERE  DE  ARBITRIO  PROLATO 
INTER  EPISCOPUM  ET  CAPiTULUM  SUPER  CORRECTiONE 
CLERICORUM  CHORI  ET  SUPER  ALIIS  f<' 

Jugement  d'arbitres  que  Chapitre  prétente  à  l'Éveeque  pour  l« 
prieuré  de  i'HospItai,  que  l'Éveeque  sans  ie  consentement  du 
Ohapltre  ne  fait  fondation  en  la  dathédrale,  que  ie  village  dit 
de  l'Évesque  sera  de  moityé  entre  eux,  que  l'Évesque  ne  oorri- 
gera  suppost  que  sur  négligence  du  Chapitre,  que  i'Évéque  a 
cédé  ie  moulin  au  Chapitre. 

-  Février  1221.  (N.-S.)  — 


Universis  in  Christo  renatis  ad  quos  presens  scriptum 
pervenerit  G.  thesaurarius,  R.  decanus  de  Cap-Gavall  et 
J.  Garinî,  canonici  Corisopitensis  saluiem  in  vero  salu 
tari. 

Cum  inter  venerabilem  patrem  Renaldum,  Dei  gratia 
Corisopitensem  electum  ex  una  parte  et  Capitulum  suum 
ex  alia  contenlio  haberetur  videlîcet  :  super  prebenda  que 
fuit  bone  memorie  G.  Corisopitensis  thesaurarii,  institu- 
tione  prioris  in  hospitali  de  Kemper  Chorentino,  missa 
quam  de  beata  Virgine  in  ecclesia  cattiedrali  idem  cleri- 
cus  diebus  singulis  instituit  celebrari,  super  villa  que 
villa  episcopi  nominatur,  correctione  excessuum  clerico- 
rum  chori  ecclesie  beati  Corentini  et  molendino  quod 
venerande  recordationis  Willelmus  quondam  Corisopi- 
tensis episcopus  Capitulo  Corisopitensi  assignavit  prosuo 
anniversario  faciendo,  in  nos  G.  thesaurarium,  R.  deçà 
num  de  Cap-Cavall,  et  tercium  quemcumque  nobiscum 
locare(2)vellemus  compromiserunt,  firmiter  promittentes 
quod  ad  arbitrium  nostrum  satisfacerent  competenter 
quidquid  in  predictis  inveniretur,  excessum  diligenter 
emendare  parati. 

(1)  c.  56,  10. 

(2)  Locare,  est  mis  ici  pour  vocare. 


-  43  - 

Nos  igitur  G,  thesaurarius  et  R.  decanus,  J.  (1)  Garini 
coDcanonicum  nostrum  virum  providum  et  discretum  et 
antiquum  nobiscum  eligentesaddictumarbitrium  facien- 
dum  ab  antiquis  et  providis  viris  qui  super  predictis  ha- 
bere  certain  noticiam  videbantur,  rei  veritatem  inquisi- 
vimus  diligenter, 

Cum  igitur  nobis  constiterit  quod  a  longe  retroactis 
temporibus,  prior  in  hospitali  de  Kemper  Corentino  a 
Corisopitensi  Capitulo  eligebatur  et  episcopo  Corisopi- 
tensi  instituendus  consueverit  presentari,  nec  Willelmus 
qui  nunc  dicti  hospitalis  dicitur  esse  prior  a  predicto 
Capitulo  fuerit  electus,  eumdem  Willelmum  a  predicto 
hospitali,  arbitrando  decerninus,  removendum,  adjicientes 
quod  si  quis  de  rébus  ilKus  hospitalis  alienaverit,  sepe- 
dicto  Capitulo  inconsulto,  restituât  competenter. 

Item  cum  absque  assensu  Corisopitensls  Capituli,  ad 
quod  tota  parrochia  de  Kemper  Corentino  pleno  jure 
dignoscitur  pertinere  (2),  missa  de  beata  Virgine  a  nomi- 
nato  electo  fuerit  instuta  in  ecclesia  cathedrali,  ejusdem 
misse  institutioni  dicimus  non  tenere,  decernentes  quod 
eadem  missa  in  dicta  ecclesia,  nisi  assensus  dicti  Capituli 
intervenerît,  de  cetero  non  cantetur. 

Preterea  super  villa  que  dicitur  villa  episcopi  dicimus 
quod  ejus  medietas  ad  Corisopitense  Capitulum  pertinet 
decernentes,  ut  absque  consensu  Capituli  vel  ejus  procu- 
ratoris,  nichil  petat  Corisopitensis  electus  vel  episcopus. 

De  correctione  excessuum  clericorum  chori  Sancti- 
Chorentini  dicimus,  quod  ad  Capitulum  Corisopitense 
pertinet,  decernentes  quod  episcopus  vel  electus  vel  eorum 
officialis  Corisopitensis,  nullum  dictorum  clericorum  ex- 
communicet  vel  suspendat  dum  excessum  suum  coram 


(1)  J.  pour  Joannem. 

[%  Note  marginale  du  CariukUre  :  Nota  quod  Capitulum  habet  curtm, 


-  44  - 

Capitulo  voluerit  emendare,  nisi  Capitulum  negligens 
extiterit  corrigendo,  vel  super  feodis  suis  vel  ecclesiis, 
ipsos  clerîcos  contigeril  conveniri. 

De  prebenda  et  molendino  supradictis  nichil  ad  presens 
duximus  arbitraodum  quoniam  post  compromissionem 
in  nos  factam  antequam  presens  arbitrium  datum  esset, 
sepe  nominatus  electus  de  niera  liberalitate  sua,  ea  dicto 
Capitulo  concessit  et  contulit. 

Ut  autem  iîlud  arbitrium  robur  optineat  perpétue  flrmi- 
tatis,  presens  scriptum  sigillorum  nostrorum  munimine' 
duximus  roborandum. 

Actum  anno  gracie  M^  CC^  vicesimo,  mense  februario  (1). 


37. 

LITTERE  DOMINI  EPISCOPI  DE  AUCMENTATIONE 
PREBENDARUM  IN  ECCLESIA  CORISOPITENSi  ^ 

L'Evesque  et  ie  Chapitre  de  Cornouaille  augmentent  le  nombre 

des  chanoines  qui  étalent  douze  et  en  érigent  trois  auxquels 

l'Evesque  donne  les  églises  paroissiales  de  Combrlt,  Carnoet, 

Plougastel  (changée  depuis  à  Nevez)  protestant  de  n'augmenter 

ce  nombre,  donne  neanmolne  Plomodiern  à  un  sa  vie  durante, 

et  après,  pieno  Jure  au  Chapitre  sauf  le  droit  episcopal,  Moelou 

afTecté  au  luminaire. 

-1223  - 


Universis  présentes  litteras  inspecturis  R.  Dei  gracia 
Corisopitensis  episcopus  et  ejusdem  ec^lesie  Capitulum 

* 

salutem  in  Domino. 

Noveritis  quod  cum  duodecim  prébende  tantum  essent 
in  ecclesia  nostra  ab  antiquo,  prebendas  nostras  de  com- 
muni  et  tractatu  et  voluntate  duximus  augmentandas, 
ipsum  antiquum  numerum  usque  ad  quintum-decimum 

(1)  Le  mois  de  Février  1220  correspond  au  mois  de  Février  ISSl  dou- 
veau  style. 

(2)  G.  56,  14. 


-  43  - 

extendentes,  Magistrum  Herveum  Retheaudi  ad  preben- 
dam  ecclesie  de  Cômbrit,  Magistrum  H.  de  Castrolini  ad 
prebendam  ecclesie  de  Carnoet  (1),  Guillermum  Malatier 
ad  prebendam  ecclesie  de  plèbe  Castelli  in  Kemenet  (2) 
reciplendo  in  Canonicos  et  fratres. 

Nos  autem  Episcopus  dictas  ecclesias  eisdem  Canonicis, 
salvo  jure  episcopali,  in  perpetuum  de  communi  voluntate 
duximus  conferendas,  sed  prebendas  ipsas  sicut  et  anti- 
quas  cum  vacaverint,  nos  et  successores  nostri  qui  pro 
tempore  fuerint,  conferemus. 

Ecclesiam  eciam  de  Ploemodiern,  uni  canonico  de  com- 
muni voto  duximus  conferendam,  ad  cujus  prebendam 
Willelmum  Capellanum  recipimus  in  canonicum  et  f ra- 
trenr,  sed  prebenda  sua  post  ejus  obitum,  nulli  decetero 
conferatur  sed  ecclesia  ipsa,  salvo  jure  similiter  episco- 
palî,  a  Capitulo  possidebitur  pleno  jure. 

Nos  vero  Capitulum,  tactis  sacrosanctis  Evangeliis  jura- 
vimus,  et  nos  Episcopus  promisimus  firmiter  quod  dic- 
tum  quintum  decimum  numerum  in  creatione  prebenda- 
rum  nullatenus  de  cetero  augeremus,  nec  alicui  stallum 
in  choro  nec  vocem  in  Capitulo,  antequam  prebendam 
vacare  contigerit,  conferemus,  et  hoc  nisi  de  communi 
voluntate,  id  duceremus  meliori  proposito  revocandum. 

Circa  luminare  eciam  ecclesie  nostre  hoc  duximus  sta- 
tuendum  quod  nos  episcopus  tamdiu  vixerimus  ad  hono- 
rem  ecclesie  et  nostrum,  luminare  in  ecclesia  ipsa  minis- 
trabimus  competenter  et  recipiemus  fructus  ad  ipsum 
luminare  a  nobis  et  nostris  predecessoribus  deputatos. 

Ita  eciam  circa  ecclesiam  de  Moelou  extitit  ordinatum, 


(!)  Il  s'agit  ici  de  Ja  paroisse  de  Carnoet,  de  cette  partie  de  la  Cor- 
Douaille  qui  appartient  aujourd'hui  au  diocèse  de  Saint-Brieuc. 

(2)  Kole  marginale.  Nota  quod  infra  fuit  commutata  pro  Nevez.  — 
C'esl-à-dire  que  Ja  paroisse  de  Névez  fut  donnée  plus  tard  comme  pr6- 
beode  en  échange  de  Plogastel-Saint-Germain. 


~  46  — 

quod  ipsam  cuni  omnibus  apendiciîs  ad  usum  ipsius 
luminaris,  salvo  jure  episcopali  duximus  de  communi 
traetatu  in  perpetuum  assignandam,  quam  in  vita  sua 
Gaufiridus  Capellanus  noster  possidebit.  Qui  si  nobis  épis 
copo  supervixerit,  septem  libras  usualis  monete  ad  usum 
predicti  luminaris  annuatim  persolvet,  post  mortem  vero 
ipsius  vel  resignationem  si  eam  contigerit  vel  duxerit 
resignandam,  Capitulum  depredietaecclesiasicutdealiis 
redditibus  luminari  deputatis,  suam  faciet  voluntatem. 

Hec  itaque  omnia  de  communi  voluntate  et  traetatu 
duximus  ordinanda,  utilitatem  nostre  ecclesie  in  hiis 
plurimum  attendantes  et  ut  robur  obtineat  firmitatis, 
sigiila  nostra  presentibus  licteris  duximus  apponenda. 

Datum  apud  Kemper  Corentinum  die  veneris  proxima 
post  Assumpcionem  béate  Marie  Virginis  anno  gracie 
MoCCoXXnercio(l). 


38. 

LITTERE  DOMINI  EPISCOPI  ET  HERVEI  DE  PONTE 
SUPER  ECCLESIA  SANCTI  TUDII  » 

Oonoordat  entre  les  seigneurs  Evesque  de  Cornouaiile  et  du  Pont, 
touchant  Lotudy.  —  Résignation  du  droit  de  patronage.  —  Pré- 
tentions de  l'abbé  de  Ruis. 

-  1224  (N.-S.)  - 


Universis  présentes  iitteras  inspecturis  R.  Dei  gratia 
Corisopitensis  Episcopus  et  Herveus  de  Ponte  salutem  in 
Domino. 

Noveritis  quod  in  presencia  venerabilis  Patris  J.  Turo- 
nensis  Archiepiscopi ,  super  ecclesiam  Sancti  Tudii  et 


(1)  Eo  1233  fLiitera  A),  Le  15  Août  étaat  un  mardi,  le  veudredi  sul- 
vaDt  ôUit  Je  18  Août. 

(2)  C.  56,  1. 


-  47  — 

alias  ecclesias  ad  ipsam  pertinentes  cuni  omnibus  posses- 
sioQÎbus  et  sœsinis  quam  habebant  in  tempore  resigna- 
tionis  juris  patronatus  quem  ego  et  M.  mater  mea  jam 
dudum  resignavimus,  interque  specialiter  restitui  vina- 
gium  de  Ponte  et  terras  et  homines  juxta  ecclesiam  Sancti 
Tudii  et  alibi  et  locum  et  stagnum  molendinorum  et  om- 
nia  alia  que  ante  dictam  resignacionem  Ivo  de  Ponte  et 
aiii  Capellani  qui  in  ecclesia  Sancti  Tudii  erant  nomine 
eeelesie  possidebant. 

Ego  Episcopus  autem  bona  fide  teneor  facere  quod 
abbas  et  conventus  Rivensis,  nullo  unquam  tempore  ali- 
quid  habebit  in  ecclesia  Sancti  Tudii  vel  in  pertinenciis 
quas  modo  possidet,  dum  illud  possim  facere  per  recora- 
pensalionem  tanti  beneficii  quantum  abbas  Rivensis  per 
donationem  meam  in  illa  ecclesia  possidebat  et  debeo 
illam  recompeDsationem  oflerre  supradicto  abbati,  ad 
dictum  Corisopitensis  Capituli  et  si  abbas  illam  recom- 
pensacionem  recipere  noluerit,  ego  episcopus  dabo  fruc- 
tum  illius  recompensationis  illi  clerico  qui  defendet  eau- 
sam  contra  ipsum  abbatem  et  hoc  quamdiu  durabit  causa. 

Canonici  autem  Sancti  Tudii  recognoscent  quod  illas 
terras  et  homines  habent  de  eleemosyna  Hervei  de  Ponte 
et  predecessorum  suorum  et  alia  bona  temporalia  que 
ipsa  ecclesia  possidet  et  de  ipsa  terra  habebunt  ipsum 
Herveum  sicut  et  predecessores  sui  habuerunt  et  de  aliis 
temporalibus. 

Ego  eciam  episcopus,  ipsum  Herveum  de  Ponte  et  homi- 
nes suos  de  fructibus  ecclesiarum  a  tempore  spolationis 
perceptis,  penitus  liberavi.  Preterea  ego  Episcopus  et 
Capitulum  meum  et  Canonici  Sancti  Tudii  dimittemus 
ipsum  Herveum  de  Ponte  et  heredes  suos  in  pace,  dum 
modo  ipse  Herveus  et  heredes  sui  ecclesiam  Sancti  Tudii 
cum  omnibus  supra  dictis,  cum  ecclesia  Sancti  Corentini 
dimittant  in  pace. 


-  48  - 

Ego  autem  episcopus  bona  fide,  in  verbo  episcopi  pro- 
misi  quod  islam  pacem  iideliter  observabo. 

Ego  vero  Herveus  de  Ponte  super  sacrosanctis  evaDge- 
liis  juravi  quod  istam  pacem  ego  et  heredes  mei  in  per- 
petuum  observabimus. 

Ut  autem  pax  ista  robur  obtineat  firmitatis,  venerabilis 
Pater  J.  Turonensis  Archiepiscopus  qui  istam  pacem 
approbavit  et  confirmavit  ad  petitionem  nostram  insimul 
factam,  litteris  presentibus  suum  sigilium  apposuit.  Nos 
duo  eciam  et  nostra  sigilla  eisdem  litteris  duximus  appo 
nenda. 

Datum  apud  Kemper  Corentinum  anno  gracie  M^CC^^XX» 
tertio  die  Martis  proxima  post  Epiphaniam  (1). 

(A  suivre.) 


(1)  Ed  1234,  ie  jour  de  Ttipiphanie,  6  JaDvier,  tombait  uo  dimanche. 
Cet  acte  est  donc  daté  du  mardi  8  Janvier  1234  (N.-S). 


■^^- 


-49- 


du  Mlniliy  de  Léon. 


ENQUÊTE  DE  COMMODO  ET  INCOMMODO 

(Suite.) 


Après  une  réplique  des  Vicaires,  qui  ne  font  que  répé- 
ter les  mêmes  motifs  d'opposition  à  Tunion  des  sept 
paroisses  en  une  seule,  Tofficial,  sur  les  conclusions  du 
Promoteur,  rendit  Tordonnance  suivante  : 

Vu  par  nous,  Jan  le  Roy,  prestre  licencié  en  théologie, 
docteur  en  droit,  chanoine  et  théologal  de  Saint-Brieuc, 
la  requeste  présentée  à  Mgr  l'Archevesque  de  Tours  par 
les  nobles,  vénérables,  discrets  Chanoines  et  Chapitre  de 
Saint- Paoul  de  Léon  en  exécution  d'arrest  du  Conseil 
d'État  privé  du  Roy,  du  7  Oust  1697,  entre  eux  rendu  et 
Missires  Yves  Guillerm,  Jan  Soutré  et  Jan  Rozec,  pres- 
tres  et  vicaires  de  Léon  et  autres  Missires  Jacques  le  Dot, 
Goulven  Tanguy  et  Bizien  Aufïret,  aussi  vicaires,  expé- 
diée de  mon  dit  Sgr  Mathieu,  archevêque  de  Tours,  par 
laquelle  il  nous  commet  afin  d'informer  de  la  commodité 

et  incommodité  de  Tunion  réitérée  au  dit  arrest 

Le  tout  veu  et  mûrement  considéré,  nous,  susdit  ofTi- 
cial  de  Saint-Brieuc,  faute  aux  dits  deHendeurs  d'avoir 
positivement  répondu,  advoué  ou  contesté  tous  les  faits 
maintenus  par  les  dits  sieurs  du  Chapistre,  tant  parleurs 

Belutin  de  la  Commission  DiocisAiNB.  —  3*  année.  4 


pelle  de  Monsieur  S*  Adrien,  pour  y  baptiser  et  enterrer 
ceux  d'iceux  bourg  et  cantons,  à  condition  que  les  messes 
seroyent  finies  en  icelle  église  de  S^  Adrien  aux  testes  et 
dimanches,  en  esté  à  8  heures  et  en  hiver  à  9  heures  du 
matin,  afin  que  chacun  se  peut  trouver  à  la  grande  messe 
et  prosne  de  l'église  cathédralle,  et  aux  conditions  que 
les  fonds  baptismaux,  terres  benistes  et  sacrées  ne  pour- 
raient nullement  préjudicier  aux  droits,  obéissance  et 
submission  que  les  dits  paroissiens  debvent  à  leur 
S^r  Evèque,  qui  a  fait  la  dite  concession  et  ses  succès 
seurs,  à  la  charge  de  leur  payer  le  droit  de  visite  épisco- 
pale  tous  les  ans  en  la  dite  église,  et  de  venir  recevoir  le 
S^  Sacrement  à  la  cathédralle  à  Pasques  et  autres  festes 
solennelles,  et  d'y  venir  faire  leurs  prosnes  et  assemblées 
publiques  comme  anciennement,  ne  voulant  se  démem- 
brer du  corps  politique  du  Minehy  de  S*  Paoul,  ny  de- 
mander foires  et  marchés  autres  que  ceux  qui  sont  au 
Minehy  et  sans  qu'il  puisse  préjudicier  aux  droits  et  pro- 
fits du  S^  Tréguier,  vicaire,  et  ses  successeurs  présents 
ou  absents  dans  tous  les  services  et  convois  qui  se  feront 
dans  la  dite  église  de  M'  S^  Adrien,  et  à  la  charge  aussi 
de  bénir  et  entretenir  une  lampe  ardente  jour  et  nuit 
devant  le  dit  sacrère,  tout  quoy  se  justifie  par  les  actes 
en  l'endroit  représentés  par  le  dit  S'  Rozec,  dont  il  a 
requis  acte 

Ce  fait,  le  promoteur  a  requis  que  Missire  François  Gai, 
prestre  du  bourg  de  Santec,  trouvé  dans  la  dite  église 
soit  interrogé  sommairement  sur  les  faits  ci-dessus. 

En  conséquence,  interrogé  de  son  nom,  âge,  qualité  et 
demeure,  a  dit  s'appeler  François  Gai,  prestre  du  bourg 
de  Santec,  et  y  demeurant,  âgé  de  51  ans. 

Interrogé  combien  il  y  a  de  prestres  qui  font  leurs  fonc- 
tions dans  la  dite  église  succursale,  a  dit  qu'ils  sont  deux, 
scavoir  Missire  Paoul  Pouliquen,  soubzcuré,  qui  demeure 


—  53  - 

ordinairement  à  Rosco,  et  l'interrogé,  et  que  toutes  les 
fois  qu'il  est  besoin,  le  dit  Pouliquen  vient  au  boui^  de 
Santec,  et  que  presque  tous  les  dimanches  et  lestes  il  y  a 
deux  messes  au  dit  bourg,  la  messe  matinale  et  la  grande 
messe,  qui  se  chante  ordinairement  à  haute  voix,  environ 
les  8  à  9  heures. 

Que  le  dit  soubzcuré  fait  dans  la  dite  église  des  instruc- 
tions et  des  prières  nominales,  que  mesme  on  y  lit  des 
monitoires  et  ordonnances  du  Roy  et  de  justice. 

Interrogé  quel  distroit  dépend  de  la  dite  église  succur- 
sale pour  Tadministration  des  sacrements,  a  dit  qu'il  y  a 
les  villages  de  Santec,  Menroignant,  le  Pouldu,  Làbert  et 
risle  d'Hiec,  dans  lequel  isle  il  n'y  a  que  un  seul  ménage 
et  que  le  scillon  pour  y  passer  se  couvre  ordinairement 
aui  grandes  marées. 

Interrogé  si  le  S'  Rozec,  vicaire,  vient  souvent  y  faire 
les  fonctions  curiales  à  l'église  de  Santec  a  dit  que  le 
S' Rozec  est  là  pour  répondre. 

Interrogé  par  qui  le  dit  soubz  curé  est  établi  dans  ladite 
église  de  Santec  et  quelle  rétribution  il  a,  a  répondu 
que  c'est  M*'  de  Léon  qui  establit  le  soubz  curé  et  que  luy 
et  l'interrogé  sont  stipendiés  par  les  habitants. 

Et  a  signé  le  dit  Le  Gai  ses  dépositions. 

Lequel  retiré,  avons  fait  venir  le  S'  Rozec. 

Lequel  interrogé  a  dit  s'appeler  Jean  Rozec,  prestre 
vicaire  perpétuel  de  la  paroisse  de  S*-Pierre,  qu'il  vient 
souvent  faire  les  fonctions  curiales  à  Santec,  surtout 
quand  il  est  besoin  de  confesser  des  malades.  Que  c'est 
M»  de  Léon  qui  a  estably  le  soubz  curé  qui  y  est  en  l'ab- 
sence de  lïnterrogé,  qui  l'a  depuis  confirmé,  et  qu'il  est 
demandeur  en  portion  congrue  vers  Messieurs  du  Cha- 
pistre  ausy  bien  que  le  dit  Rozec  interrogé.  Lequel  a 
signé  sa  déposition. 


-  54  - 

Le  dix-neuvième  de  Décembre  1698,  environ  les  2  heu- 
res de  Taprës  midy,  nous,  sus  dit  officiai,  estant  descendu 
au  port  et  havre  de  Rosco,  où  le  S'  Rafias  nous  a  requis 
de  nous  transporter  en  l'église  succursale  du  dit  Rosco. 
Après  avoir  fait  nos  prières,  le  dit  S^  Raffias  a  requis 
qu'il  luy  soit  donné  comme  apuré  qu'il  y  a  dans  la  dite 
église  succursalle  un  sanctuaire  et  chœur  eslevé  de  cinq 
marches,  un  maitre  autel,  un  tabernacle  doré  et  emboisté 
de  bois  peint  avec  un  grand  retable  de  sculpture  peint  de 
blanc,  que  le  S*  Sacrement  y  repose,  au  devant  duquel  il 
y  a  une  lampe  ardente  ;  qu'il  y  a  des  deux  costés  du  chœur 
des  bancs  avec  un  pepistre  et  deux  escabeaux  pour  les 
chapiers,  un  escabeau  et  prie  Dieu  pour  l'officiant,  deux 
grands  chandeliers  de  cuivre  un  de  chaque  costé  avec 
des  pépistres;  qu'il  y  a  dans  la  nef  six  autels  ornés  et 
avec  retables,  et  au  bas  dans  la  dite  nef,  côté  de  TÉpistre, 
une  petite  chapelle  dédiée  à  S^  Joseph  ;  des  fonds  baptis- 
maux audessous  de  la  dite  chapelle,  couverts  et  ornés  de 
sculptures  et  fermés  d'une  balustrade,  des  orgues,  une 
grande  croix  eslevée  environ  le  milieu  de  la  dite  neD, 
six  confessionnaux,  une  grande  sacristie,  et  quantité  de 
beaux  ornements  ;  un  cimetière  qui  fait  le  tour  de  l'église, 
cerné  de  murettes  revestues  de  taille,  et  dans  le  cimetière 
un  reliquaire  et  une  chapelle  dédiée  à  S^  Brigide,  ce 
qu'il  a  requis  lui  estre  donné  pour  apuré  aux  présences 
des  S"  Guillerm,  Rozec  et  le  Dot,  vicaires  de  S*  Paoul, 
des  S"  de  Querider,  Lucas  de  Querouel,  Runegouet  et 
Deniric,  dépustés,  et  maistre  Louis-Corantin  Corre,  fai- 
sant pour  les  députés  des  quatre  cantons  de  la  campagne 
trouvés  dans  la  dite  église.  Signé  :  Raffias  et  Jacques 

Hervé. 

(A  suivre.) 


-#- 


55  — 


SUR  LES 


PAROISSES  DD  DIOCÈSE  DE  QUMPER  ET  DE  LÉON 

Par  MM.  PEYRON  et  ABGRALL. 


Nous  commençons  aujourd'hui  la  publication  de  notices 
sar  les  paroisses  du  diocèse,  et  nous  nous  proposons  de 
continuer  ce  travail  en  suivant  Tordre  alphabétique.  C'est 
dire  que  nous  accueillerons  avec  reconnaissance  tous  les 
renseignements  utiles  que  les  intéressés  pourraient  nous 
fournir  sur  la  localité  qu'ils  habitent,  particulièrement 
sur  le  culte  des  saints,  nous  aidant  à  faire  le  relevé,  aussi 
complet  que  possible,  des  chapelles,  statues,  fontaines 
des  saints  honorés  dans  une  paroisse. 


ARGOL 


Paroisse  citée  au  Cartulaire  de  Landévennec,  p.  147, 
sous  le  nom  d'Archol  ou  ArcoL 

En  1780,  cette  paroisse,  qui  était  à  la  présentation  de 
l'abbé  de  Landévennec,  valait  500  livres  et  ne  comportait 
pas  de  vicaire. 

Population  :  en  1800, 594  âmes,  dont  360  communiants. 
—  en  1900,  1,485  habitants. 


-  56  - 

Rôle  des  décimes  (1)  en  1780  : 

Taxe  personnelle  du  recteur,  M.  le  Garrec.  IS^. 

Le  fabrîce IK 

Le  Rosaire 2»  12»  &*. 

Trêve  de  Garvan 3'  12»  &*. 


Ë 


GLISE  PAROISSIALE 


Ce  que  Téglise  offre  de  plus  remarquable  à  Textérieur, 
c'est  son  clocher  dont  la  base  est  ornée,  à  ses  angles,  de 
colonnettes  à  pointes  de  diamant,  et  surmontée  dune 
belle  flèche  gothique,  ayant  les  caractères  de  la  fin  du 
XV®  siècle  ou  du  commencement  du  xvi«. 

Les  patrons  de  la  paroisse  sont  saint  Pierre  et  saint 
Paul,  qui  ont  dans  le  sanctuaire  leurs  statues  datant  du 
xvii®  siècle.  Il  existe  une  autre  belle  statue  de  saint  Pierre, 
en  Kersanlon,  le  représentant  vêtu  d'une  chasuble  de 
forme  antique,  style  xv«  siècle,  tenant  la  clef  et  coiffé  de 
la  tiare  à  triple  couronne. 

L'autel  Nord  est  couronné  d'un  beau  retable  xvii*  siècle, 
à  colonnes  torses  et  festons,  encadrant  une  très  jolie  statue 
de  sainte  Geneviève,  patronne  secondaire  de  la  paroisse. 
En  1634,  un  testament  fait  mention  d'un  legs  «  à  Notre- 
Dame  saincte  Genofeve  en  l'église  d'Argol  »  (G.  211  ). 

Les  autres  statues  anciennes  sont  celles  de  la  Vierge- 
Mère,  sainte  Anne,  Notre-Dame  de  Ro&hamadaur  et  saint 
Corentin. 

(1)  Les  décimes  ou  don  gratutt,  étaient  une  contribution  que  le  clergé, 
exempt  en  principe,  s'imposait  à  lui-même  pour  subvenir  aux  besoins  de 
l'Etat.  Cet  impôt,  voté  par  les  Assemblées  du  Clergé,  était  réparti  par 
un  bureau  ecclésiastique  sur  chaque  bénéfice,  proportionnellement  à 
l'importance  de  son  revenu.  Le  total  de  cette  contribution  montait,  pour 
le  seul  diocèse  de  Cornouaiile,  à  la  somme  de  S5,906  livres  en  1780. 

(Voir,  sur  la  perception  des  décimes,  Bevuê  deg  deux  Mondes»  n*  du 
15  Février  1879,  p.  755  :  Les  Assemblées  du  Clergé  de  France,  par  Alfred 
Maury.} 


-57- 

Arg  de  triomphe 

Un  arc  de  triomphe  donne  accès  dans  le  cimetière.  Il 
se  compose  d*une  grande  arcade  centrale  et  de  deux  peti- 
tes arcades  latérales  ;  des  deux  côtés  de  la  grande  arcade 
sont  deux  colonnes  ioniques  cannelées.  Le  couronnement 
a  une  certaine  importance,  il  est  formé  de  deux  cloche- 
tons carrés  sur  les  côtés,  et  au  milieu,  d'un  grand  fron- 
ton portant  la  date  de  1659. 

Croix  du  Cimetière 

Elle  porte  cette  date  :  LAN .  1593.  A  sa  base  est  un  petit 
autel  en  pierre,  au-dessus  duquel  est  une  Notre- Dame-de- 
PitU,  dont  la  robe  et  le  manteau  offrent  des  plis  bien 
drapés.  Deux  anges  debout  soutiennent  les  bras  de  Notre- 
Seigneur  et  deux  autres  plus  petits,  à  genoux,  recueillent 
le  précieux  sang  coulant  des  plaies  de  ses  mains. 

Sur  les  croisillons,  de  chaque  côté  de  Notre-Seigneur 
en  croix,  sont  les  statues  de  la  Sainte-Vierge  et  de  saint 
Jean,  auxquelles  sont  adossées  deux  Saintes-Femmes,  et 
au  milieu,  le  Sauveur  assis,  triomphant. 

Ossuaire  ou  Reliquaire 

Il  est  daté  de  1665,  et  a  sa  façade  percée  de  quatre  arca- 
des et  d*une  porte,  avec  un  bénitier  pour  asperger  les 
ossements  des  défunts. 

Chapelles 

Deux  chapelles  figurent  au  compte  des  décimes,  de  1764 
à  1789,  mais  sans  être  imposées,  ce  qui  montre  que  leur 
revenu  n'était  pas  considérable,  c'était  : 


—  58  — 

* 

lo  La  chapelle  de  la  Trinité,  à  TEst  du  bourg,  sur  ia 
route  de  Trégarvan.  En  1804,  elle  était  complètement  en 
ruine,  et  à  cette  époque  le  Recteur  se  propose  d'en  ven- 
dre les  pierres  pour  aider  à  la  réparation  de  Téglise 
paroissiale. 

2o  La  chapelle  de  Notre-Dame  de  Bonne  Nouvelle,  dite, 
en  1666  (H.  10),  Notre  Dame  de  Rochemadou,  était  égale 
ment  en  ruines  en  1804,  et  se  trouvait,  croyons -nous, 
située  au  lieu  dit  aujourd'hui  la  Fontaine-Blanche. 

Prêtres  d*Argol 

Halcun,  prêtre  d'Arcol,  figure  comme  témoin  aux  obsè- 
ques de  Gradlon,  à  Landévennec. 

1468.  L'annate  d'ArgoI  est  adjugée  pour  10  livres  à  Jan 
an  Guiriec,  clericus,  rector  de  Argol.  (Déal.) 

1541  (SlJanvier).  Annatede  la  paroisse  vacante  par  décès 
de  Henri  de  veteri  castro.  (Déal.) 

1549  (8  Janvier).  Annate  vacante  par  décès  de  François 
Maufuric.  (Déal.) 

1550  (Avril).  R.  P.  en  Dieu  Olivier  du  Chatel,  abbé  de 
Daoulas,  résigne  en  faveur  de  Gabriel  Campir. 

1568  (6  Décembre).  Annate  d* Argol,  adjugée  à  Ronan 
Mesguen,  titulaire  actuel.  (R.  G.  125.) 

1580.  Guillaume  Le  Mouel,  recteur  de  Telgruc  et  d'Argol. 
(G.  95.) 

1605.  Jacques  Thepault,  recteur.  (Déal.) 

1687.  Alain  Dagorn,  recteur,  donne  un  titre  clérical  à  son 
neveu  Mathurin  Dagorn  de  Bothoa.  (Titres  G.) 

1764-1778.  Joseph  le  Baron.  (Arch.  Évéché.  Bureau.) 

Le  8  Octobre  1766,  M.  le  Recteur  sollicite  protection 

et  intervention  du  Bureau  dans  sa  plainte  pendante 

au  présidial  de  Quimper,  contre  le  S'  Nourry,  procu 

reur  fiscal  de  la  juridiction  de  l'abbaye  de  Landévennec 


-  59  -^ 

et  son  paroissien,  pour  cause  d'injures  et  violences 
à  lui  faites  dans  les  dépendances  de  son  presbytère. 
(VoirB.  reg.  895,  Archives  départ.) 
1780-1787.  Yves,  oZic»  Guillaume,  Le  Garrec,  mort  en  Juin 

1787. 
1787-1790.  Charles  Le  Jollec,  prêtre  de  Quimerc'h,  pré- 
senté par  Tabbé  de  Landévennec  le  25  Juin  1787,  et 
installé  le  2  Juillet  1787,  prêta  serment  à  la  Constitu- 
tion en  1791,  mourut  pendant  la  Révolution. 

En  1787,  Jacques  Quiniquidec,  originaire  de  Ros- 
noen,  vint  de  Landévennec  pour  remplacer  comme 
curé  M.  Perfézon,  infirme,  qui  reçoit  du  bureau  ecclé- 
siastique un  secours  de  200  livres.  M.  Quiniquidec  fut 
successivement  prisonnier  aux  Carmes  et  au  château 
de  Brest,  puis  déporté  en  Espagne  en  Août  1792.  Au 
Concordat,  il  fut  nommé  recteur  de  Saint-Ségal,  où  il 
mourut  le  4  Décembre  1813. 

Pendant  la  Révolution,  la  paroisse  d*ArgoI  fut  des- 
servie par  un  S'd*Hervé,  ancien  vicaire  constitutionnel 
de  Daoulas,  qui,  au  commencement  de  1802,  était  à  rai- 
son de  son  âge  incapable  d'exercer  le  ministère. 
Le  premier  recteur  d'Argol,  après  le  Concordat,  fut 
1802-1814.  M.  Nicolas  Moreau,  du  Hellès,  en  Dinéault,  né 
en  1764,  ordonné  par  Mgr  de  Saint-Luc  en  1790,  empri- 
sonné à  Châteaulin  en  1793,  déporté  à  Rochefort,  nommé 
recteur  d'Argol  en  Octobre  1802.  Son  arrivée  était  im- 
patiemment attendue,  comme  on  peut  s'en  convaincre 
par  la  lettre  suivante  du  Maire  d'Argol,  datée  du 
29  Fructidor  an  X  (15  Septembre  1802),  dont  le  style 
se  ressent  de  l'influence  constitutionnelle  des  pasteurs 
d'Argol  depuis  dix  ans. 


! 


-  60  - 

«  Le  Maire  d^  Argot  à  M,  VÉvêque  du  département  du  Finis- 
tère, et  en  cas  d'absence,  au  presbytère  (1)  chargé  de  ses 
pleins  pouvoirs. 

((  Monsieur, 

((  Après  que  nous  avons  appris  votre  heureuse  nomina 
tion  pour  notre  Evéque,  et  vous  croyant  rendu  à  votre 
diocèse,  je  me  suis  empressé  de  vous  donner  avis  que  le 
citoyen  d'Hervé,  faisant  les  fonctions  de  notre  curé  et 
notre  seul  ecclésiastique,  devenu  par  son  grand  âge  et 
caducité  et  privé  de  la  vue  en  grande  partie  pour  ne  pas 
dire  totalement,  hors  d^état  de  faire  aucune  fonction  reli- 
gieuse quelconque,  j'ai  eu  l'honneur  de  vous  écrire  qua- 
tre lettres,  par  intervalle  de  quinze  jours  à  trois  semai- 
nes, et  toujours  adressées  au  presbytère  en  cas  de  votre 
absence  et  jamais  de  réponse  quoique  cet  objet  fut  de  la 
plus  grande  considération. 

((  Vous  m'avez  fait  l'honneur  de  me  faire  passer  votre 
ordonnance  du  9  de  ce  mois  suivie  d'autre  ordre,  du  14 
aussi  du  courant.  Le  préfet,  par  sa  lettre  circulaire,  du  15 
aussi  courant,  me  donne  le  même  ordre  de  faire  assem- 
bler les  prêtres  qui  se  trouvent  dans  ma  commune  pour 
chanter  le  Te  Deum  en  action  de  grâce  des  Senatus  Con- 
stU  (sic)  ;  il  paraît,  en  juger  par  les  apparences,  que  vous 
êtes  mal  instruit  l'un  et  l'autre  de  notre  malheureuse 
situation  d'être  privés  depuis  plus  de  trois  mois  d'aucun 
secours  spirituel,  malgré  mes  différentes  invitations. 

«  Je  crois  devoir  attendre  que  vous  nous  ayez  fait  venir 
un  prêtre  avant  de  chanter  le  Te  Deum,  à  moins  de  le 
chanter  tout  seul.  Depuis  que  nous  sommes  privés  du  ser- 


(1)  Le  presbytère,  c'était  le  nom  donné  par  les  prêtres  ooostitutionDels 
au  Conseil  épiscopal. 


-  61  - 

vice  divin,  personne  ne  s'approche  de  notre  église,  ceux 
qui  sont  capables  vont  à  la  messe  ailleurs. 

«  Ma  commune  me  charge,  au  nom  du  ciel,  de  vous 
demander  un  ecclésiastique  propre  par  ses  instructions 
et  ses  exemples  à  entretenir  au  milieu  de  nous  la  prati- 
que des  vertus  religieuses,  l'esprit  de  paix  et  de  concorde 
que  nous  avons  toujours,  grâce  à  Dieu,  conservé  ;  jusqu'ici 
nous  n'avons  eu  que  le  même  autel  et  le  même  temple. 

«  Monsieur,  nos  vases  sacrés  ayant  été  tous  enlevés  et 
nos  fabriques  n'ayant  point  de  fonds  entre  les  mains,  j'ai 
fait  les  avances  pour  l'achat  d'une  croix,  ciboire,  encen- 
soire  et  navette,  le  tout  en  cuivre  argenté  et  le  ciboire 
doré  en  dedans  ;  et  comme  ils  n'ont  pas  été  encore  bénits, 
je  Yous  prie  de  vouloir  bien  déléguer  le  pouvoir  au  prê- 
tre que  vous  ordonnerez  de  nous  venir,  de  les  bénir  et 
d'exposer,  le  dimanche  que  nous  célébrerons  ce  grand 
événement,  le  Saint- Sacrement  sur  le  trône  de  son  amour, 
snr  notre  autel,  dont  nous  sommes  privés  depuis  dix  ans. 

J'ai  l'honneur 

«  Lemillour,  maire.  » 

La  prière  de  ce  bon  maire  fut  enfin  exaucée,  et  M.  Mo- 
reau,  nommé  un  mois  après,  demeura  recteur  d'Argol 
jusqu'en  1814. 

1820-1822.  Le  Guen,  René-Xavier,  né  en  1789  à  Plouguin, 

prêtre  en  1818,  avait  été  vicaire  à  Plouvorn. 
182-1830.  Cantinat,  Olivier,  né  en  1792  à  Trefflaouénan, 

prêtre  en  1818. 
1831.  Le  Floc'hlay,  Hervé,  né  le  13  Mai  1795  à  Édern, 

prêtre  en  1824. 
1831 1835.  Le  Guével,  Joseph,  né  en  1800  à  Plouhinec, 

prêtre  en  1823. 
1835-1855.  Le  Breton,  Alain,  né  en  1802  à  Guiclan,  prêtre 

en  1827. 


: 


-  62  - 

1855-1880.  Le  Garo,  Guillaume,  né  en  1809  à  Dinéault, 
prêtre  en  1835. 

1880-1888.  Ily,  Alain,  né  en  1836  à  Plounévez-Lochrist, 
prêtre  en  1861,  recteur  de  Saint- Jean-du -Doigt,  puis 
d'Argol,  recteur  de  Névez  en  1888. 

1888  1900.  Quéméneur,  Jean,  né  en  1840  à  Guengat,  prê- 
tre en  1865,  recteur  de  Pouldavid  le  26  Septembre 
1888,  démissionnaire  en  1900. 

1900.  Guiodo,  Charles-Louis,  né  en  1855,  prêtre  en  1880. 

VicAmEs 

1833  (1er  Février).  Le  Guen,  Joseph,  né  à  Saint- Nie  en 

1795,  prêtre  en  1828. 
1835  (Octobre).  -  Le  Normant,  Jean,  né  en  1794  à  Cléden 

Cap,  prêtre  en  1821. 
1841.  JaSrès,  Nicolas,  né  en  1794  à  Lampaul-Guimiliau, 

prêtre  en  1822. 
1864.  Téphany,  François-Auguste,  né  en  1837  à  Camaret, 

prêtre  en  1863,  nommé  en  1863  vicaire  à  Landerneau. 
1867.  Le  Roux,  Goulven,  né  en  1830  à  Lesneven,  prêtre 

en  1855,  nommé  en  1864  vicaire  à  Guipavas. 
1871.  Moal,  Claude-Marie,  né  en  1843  à  Plouénan,  prêtre 

en  1867,  nommé  en  1867  vicaire  à  EUiant. 
1874.  Jossin,  Louis-Fortuné,  né  en  1847  à  Concarneâu,  prê 

tre  en  1871,  nommé  en  1871  vicaire  à  Kerfeunteun. 
1874.  Rognant,  Jacques,  né  en  1849  à  Plomodiern,  prêtre 

en  1874. 
1876-1878.  Cornic,  Thomas. 
1878-1879.  Floch,  Jean  Louis. 
1879-1883.  Belbéoc'h,  Charles. 
1883  (Avril-Novembre).  Philippot,  Jean  Victor. 
1883-1887.  Férec,  Yves-Marie. 
1887-1890.  Balanant,  François-Marie. 


-  63  - 

1890-1891.  Laurent,  Jacques. 
1891-1895.  Pallier,  Jean-Baptiste. 
1895-1897.  Danlec. 
1898.  Tanguy,  Pierre. 

Monuments  celtiques  t*' 

1.  —  A  1  kilomètre  du  bourg,  dans  la  garenne  dite 
Ar  C'hornellou,  près  la  Villeneuve,  à  gauche  du  chemin 
qui  conduit  au  passage  de  Térennez,  un  dolmen  renversé, 
dont  la  table,  longue  de  2  m.  55,  large  de  2  m.  40  et  épaisse 
de  0  m.  60,  reposait  sur  trois,  supports  ;  la  hauteur  totale 
était  de  1  m.  40. 

2.  —  Dans  le  Ménez-Han,  à  1  kilomètre  Ouest  de  ce 
dolmen,  près  d'une  maison  isolée  au  Guillidec,  un  tumu- 
lus  de  8  mètres  de  diamètre. 

3.  —  Un  dolmen  isolé  à  Talar-Menguen,  aux  dépen- 
dances du  village  de  Treuseulom. 

4.  —  Un  dolmen,  aux  dépendances  du  village  de  Keri- 
dreu. 

5.  —  Un  dolmen  renversé,  au  village  de  Coatmadiou, 
dans  la  garenne  dite  Goarem-an-Haren,  bordant  à  TEst 
la  route  de  Quimper  à  Lanvéoc. 

6.  —  Un  dolmen  dans  la  montagne  d'Argol,  près  le  vil- 
lage de  Lescoat. 

7.  —  Quatre  autres  dolmens  renversés,  dans  la  même 
montagne,  deux  vis-à-vis  du  rocher  du  Merdy,  un  à 
l'Ouest,  l'autre  à  l'Est. 

8.  —  Un  menhir  de  2  m.  72,  sur  le  versant  Nord  de  la 
dite  montagne,  à  1  kilomètre  Sud  du  bourg. 

9.  —  Un  menhir  haut  de  1  m.  60,  dans  le  champ  Parc- 
Lan,  à  la  Villeneuve. 

(1)  M.  Le  Mon,  Bulletin  Àrdiéoloçique,  IV,  p.  85. 


—  64  — 

10.  —  Un  autre  menhir  renversé,  à  Parc-Hamon,  vil- 
lage de  Gasprigent. 

11.  —  Au  village  du  Merdy,  dans  un  vallon  maréca- 
geux, enceinte  (celtique)  formant  un  carré  de  60  mètres 
de  côté,  défendu  par  un  double  retranchement  et  par  une 
double  douve.  La  hauteur  des  parapets  est  de  1  m.  30 
dans  les  endroits  les  plus  élevés.  A  l'intérieur  de  Ten- 
ceinte,  est  une  motte  ou  éminence  factice,  rectangulaire, 
longue  de  15  mètres,  large  de  8,  qui  paraît  avoir  été  la 
base  d'une  tour  divisée  en  deux  par  un  mur  de  refend. 
Un  retranchement,  qui  part  de  Tangle  Sud-Est  de  la  for- 
teresse, paraît  se  rattacher  à  une  seconde  enceinte. 

Le  Bulletin,  II,  p.  122,  signale  des  substructions  romai- 
nes dans  l'anse  de  Ster-Vihan,  au  village  de  TreseuUm 
(trajectus  amnis)  sur  la  rive  gauche  de  l'Aulne. 

Famille  noble 

Le  Gouandour  S"^  du  Mezros,  en  Argol  :  d'argent  à  troU 
chouettes  de  sable,  becquées  de  gueules. 


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-  65 


CHRONIQUE 


Le  nouveau  Cloître  du  Grand  -  Séminaire. 


Tout  le  monde  sait  que  Tancien  cloître  du  couvent  des 
Cannes  de  Pont  l'Abbé,  datant  de  Fépiscopat  de  Bertrand 
de  Rosmadec,  1416-1445,  fut  démoli  il  y  a  une  vingtaine 
d'années,  et  que  les  pierres  en  furent  transportées  dans 
une  propriété  en  Plonéour-Lanvern. 

Le  14  Juin  1901,  Monseigneur  l'Evêque  de  Quimper  fit 
l'acquisition  de  ces  matériaux,  pour  être  remontés  dans 
la  cour  intérieure  du  Grand-Séminaire,  considérablement 
agrandie  par  la  construction  d'une  aile  nouvelle,  du  côté 
Sud-Ouest. 

Ce  cloître,  reconstitué  par  les  soins  de  l'architecte  dio- 
césain, M.  Rapine,  et  de  son  inspecteur,  M.  Guérin,  archi- 
tecte du  département,  est  terminé  depuis  quelques  semai- 
nes, et  donne  à  cette  cour  centrale  un  aspect  artistique  et 
monumental,  un  air  de  grandeur  et  de  majesté  qui  sied 
admirablement  à  cette  maison  de  formation  des  jeunes 
clercs.  Cette  galerie  est  composée  de  meneaux  espacés  de 
Om.  80,  et  qui  se  recourbent  dans  le  haut  pour  former  un 
très  gracieux  réseau  d'arcatures  trilobées  et  de  trèfles  à 
redents  et  à  lobes  pointus.  Elle  clôt  maintenant,  à  peu  de 
chose  près,  trois  des  côtés  du  préau,  et  Ton  a  bien  l'espoir 
de  compléter  le  pourtour  au  moyen  de  l'acquisition  d'un 

Bulletin  de  la  Commission  di«cïsainb.  —  2*  aoDée.  5 


-  66  — 

autre  cloître  ancien,  de  même  style  et  de  même  dessin. 

L'espace  compris  entre  les  quatre  ailes,  parfaitement 
aéré  et  baigné  de  lumière,  est  transformé  en  un  parterre 
aux  larges  allées  sablées  et  aux  corbeilles  verdoyantes  et 
fleuries. 

Le  17  Mars  dernier,  M.  le  Supérieur  du  Séminaire  a 
voulu  faire  comme  une  sorte  d'inauguration  de  cette  œu- 
vre qui  a  transformé  la  partie  centrale  de  son  bel  établis- 
sement. Il  a  prié  Monseigneur  l'Évèque  de  vouloir  bien 
lui  faire  l'honneur  de  dîner  ce  jour  au  milieu  de  ses 
séminaristes  ;  et  pour  faire  escorte  à  Sa  Grandeur,  il  a 
adressé  la  même  invitation  à  l'architecte,  M.  Guérin,  et  à 
quelques  prêtres  qui,  d'une  façon  plus  ou  moins  directe, 
ont  contribué  à  la  réalisation  de  cette  entreprise. 

A  la  fin  du  repas,  M.  le  Supérieur  a  adressé  à  Monseigneur 
ses  plus  vifs  remerciements,  de  sa  part,  de  la  part  de  ses 
professeurs  et  de  ses  séminaristes  ;  et  en  même  temps  il 
a  exprimé  à  M.  Guérin  sa  meilleure  gratitude  pour  ses 
soins  minutieux  et  pour  le  zèle  qu'il  a  déployé  dans  la 
conduite  de  ce  travail. 

Monseigneur  l'Ëvêque  a  répondu  avec  sa  bonté  habi- 
tuelle et  avec  le  meilleur  entrain  que,  dans  cette  recons- 
titution, il  avait  voulu,  non  seulement  faire  œuvre  de 
restauration  artistique  et  d'ornementation  des  bâtiments, 
mais  encore  témoigner  de  son  affection  et  de  son  attache- 
ment pour  son  Séminaire,  son  Supérieur,  ses  Professeurs 
et  ses  chers  Clercs  qui  y  sont  formés  à  la  vie  ecclésias 
tique. 


-  67  - 


Embellissements  au  jardin  de  rËvôché. 


Dans  le  courant  de  1901,  il  a  été  exécuté  d'importants 
travaux  de  restauration  dans  les  parties  hautes  de  la  cha- 
pelle absidale  de  la  Cathédrale  de  Quimper.  La  charpente 
et  la  toiture  ont  été  renouvelées,  les  galeries  du  pourtour 
et  les  corniches,  à  moitié  rongées  par  Thumidité  et  les 
infiltrations,  remplacées  en  matériaux  neufs. 

Les  vieilles  galeries  qui  offraient  encore  une  certaine 
résistance,  Monseigneur  FËvêque  a  pensé  à  les  utiliser 
pour  décorer  le  rond-point  qui  termine  l'ancien  rempart 
de  ville,  formant  terrasse  le  long  du  mur  de  l'Évôché  ;  et 
voilà  pourquoi  les  voyageurs  et  les  promeneurs  qui  pas- 
sent sur  le  boulevard  de  TOdet,  voient  maintenant  à  Tex- 
trémité  de  ce  mur  une  balustrade  gothique,  composée  de 
trèfles  du  xui®  siècle,  encadrant  une  statue  du  Sacré-Cœur 
qui  s'y  dresse  sur  un  piédestal  ;  et  vers  le  milieu  de  ce 
même  rempart,  une  autre  travée  de  balustrade  en  quatre- 
feuilles,  correspondant  à  l'axe  de  la  chapelle  qui  a  été 
construite  derrière  la  vieille  muraille. 


—  68  — 


CORRESPONDANCE 


Différentes  lettres  et  certains  abonnements  à  notre 
Bulletin  indiquent  que  notre  œuvre  est  appréciée  en 
dehors  de  chez  nous. 

M.  Ruprich- Ilobert,  chargé  des  monuments  historiques 
du  Puy-de-Dôme,  a  voulu  connaître  notre  organisation 
pour  établir  quelque  chose  d'analogue  dans  cette  contrée 
si  riche  en  édifices  romans,  et  intéresser  à  ces  vieux  sou- 
venirs les  différentes  Sociétés  archéologiques  locales. 

M.  Devuns,  architecte  à  Saint-Étienne,  après  un  voyage 
dans  notre  pays,  est  devenu  amoureux  de  notre  langue 
et  de  nos  monuments,  et  a  voulu  prendre  un  abonnement 
au  Bulletin,  pour  connaître  davantage  ces  derniers. 

Quant  à  M.  le  comte  de  Laigue,  directeur  de  la  nouvelle 
Bévue  de  Bretagne,  il  est  passionné  pour  notre  œuvre, 
et  voudrait  répandre  dans  tous  les  départements  bretons 
ce  zèle  et  ce  feu  sacré  pour  l'étude  et  la  conservation  de 
nos  vénérables  monuments. 


'IKIOOC"    — 


69  - 


£3î.i©6BÂPHIl 


■il*- 


Deux  nouvelles  Revues  viennent  de  paraître  cette  année, 
en  Bretagne,  à  la  grande  satisfaction  des  personnes  cu- 
rieuses d'approfondir  de  plus  en  plus  l'histoire  et  la  litté- 
rature de  leur  pays. 

La  première,  la  Revue  Morblhanalse,  n*est  pas,  à 
proprement  parler,  une  nouvelle  revue,  car  fondée  en  1891 
par  M.  Tabbé  Max.  Nicol,  elle  a  donné,  jusqu'en  1895,  une 
suite  d'articles  des  plus  intéressants  et  des  plus  variés. 
Après  une  interruption  de  sept  ans,  elle  reparaît  aujour- 
d'hui, sous  l'habile  direction  de  l'infatigable  M.  Nicol, 
avec  le  concours  de  M.  Aveneau  de  la  Grancière,  dont  le 
nom  est  bien  connu  pour  ses  travaux  sur  l'histoire,  et 
même  la  préhistoire  de  notre  pays  breton. 

Nous  ne  citerons  de  lui  qu'un  travail  fort  consciencieux 
sur  la  paroisse  de  Pluguiïan,  qui  a  paru  en  1895  dans  la 
Sevue  de  V Ouest. 

On  s'abonne  à  la  Bévue  Morhihanaiae  chez  Lafolye,  im- 
primeur à  Vannes  ;  le  prix  d'abonnement  est  de  5  fr.  par 
an  ;  mais  à  l'instar  de  notre  Bulletin  diocésain,  la  Bévue 
ne  s'occupe  que  de  questions  exclusivement  locales. 


tt 


—  70  — 


La  seconde  publication  poursuit  un  but  plus  général, 
et  s'adresse  à  tous  les  départements  bretons.  C'est  la 
Revue  de  Bretagne,  qui,  à  vrai  dire  aussi,  n  est  pas 
une  nouvelle  revue,  car  elle  prend  la  suite  de  deux  publi- 
cations, la  Revue  de  Bretagne  et  de  Vendée,  et  la  Revue  de 
V Ouest,  qui,  à  la  fin  du  xix®  siècle,  ont  été  les  organes  les 
plus  autorisés  de  nos  vieilles  traditions.  La  Revue  de 
Bretagne  ne  peut  manquer  de  suivre  fidèlement  leurs 
traces,  puisqu'elle  est  dirigée  par  M.  le  marquis  de  TEs 
tourbeillon,  fondateur  de  la  Rew^  de  Vùuest,  et  que  nous 
comptons  parmi  ses  collaborateurs  un  grand  nombre  des 
principaux  rédacteurs  de  la  Revue  de  Bretagne  et  de 
Vendée. 

Trois  numéros  de  la  Revue  de  Bretagne  ont  paru  et  les 
lecteurs  ont  pu  se  convaincre  que  rien  n'a  été  épargné 
pour  donner  à  cette  publication  une  allure  qui  la  fasse 
estimer  de  tous  ;  nous  y  notons,  particulièrement  pour 
l'intérêt  de  nos  abonnés  fmistériens,  le  travail  de  M.  Abgrall 
sur  le  culte  de  sainte  Anne  dans  le  diocèse  de  Quimper, 
et  une  série  de  documents  se  rapportant  à  la  révolte  du 
Léon,  Plabennec  et  Saint  Pol,  du  17  au  25  Mars  1793. 

La  Revue  s'imprime  à  Vannes,  chez  Lafolye,  où  l'on 
peut  s'adresser  pour  l'abonnement,  dont  le  prix  est  de 
12  fr.  par  an.  Ce  qui  concerne  la  rédaction  doit  être 
adressé  à  M.  le  Comte  de  Laigue,  château  de  Bahurel,  près 
Redon  ;  nous  disions  tout  à  Theure,  à  l'article  Correspon 
dance,  un  mot  de  son  dévouement  passionné  aux  choses 
de  la  Bretagne  ;  en  sa  qualité  de  secrétaire  général  de  la 
rédaction  il  est  la  cheville  ouvrière  de  la  nouvelle 
Revue,  ce  qui  ne  l'a  pas  empêché  de  nous  donner  le  mois 
dernier  le  premier  volume  d'un  ouvrage  d'une  grande 
importance  réclamé  depuis  longtemps  par  les  érudits 


—  71  — 

bretons,  notamment  par  MM.  de  Courcy  et  de  Courson. 
-Ce  sont  les  Réformations  et  Montres  bretonnes  auxxv® 
et  xvr»  siècles.  —  Le  i^^  volume  comprend  une  partie  des 
réformatùmê  et  montres  de  l'Évéché  de  Vannes,  la  seconde 
partie  paraîtra  sans  tarder,  et  Tauteur  continuera  ce 
même  travail,  vrai  travail  de  bénédictin,  pour  tous  les 
autres  dioc-èses  bretons. 

Les  souscripteurs  à  Touvrage  entier  paieront  10  fr.  le 
volume  petit  in-4<>  ;  le  prix  est  de  12  fr.,  si  l'on  prend 
chaque  volume  séparément.  —  S'adresser  à  la  librairie 
Plihon  et  Hommay,  Rennes. 


72  — 


AraiTË€TORi  ummî 


Étude  des  Monuments  du  diocèse  de  Quimper 

(Suite.) 


FENÊTRES    MONUMENTALES 


Roses  &  Rosaces. 

Un  des  éléments  qui  contribuent  davantage  à  Forne- 
mentation  extérieure  et  intérieure  de  nos  églises,  ce  sont 
les  fenêtres,  soit  qu'elles  offrent  au  dehors  des  combinai- 
sons riches  et  harmonieuses,  soit  qu'elles  versent  au 
dedans  une  lumière  tantôt  vive  et  abondante,  tantôt  tami- 
sée par  des  vitraux  aux  mille  couleurs. 

Les  fenêtres  de  Tépoque  romane  étaient  en  général 
étroites,  mais  dès  le  xui®  siècle  elles  s'élargissent,  se  divi- 
sent en  deux  ou  plusieurs  baies  séparées  par  des  meneaux 
et  même  commencent  à  s'épanouir  en  roses  ou  rosaces. 
On  donne  ce  nom  aux  parties  supérieures  ou  tympans 
des  fenêtres  qui  prennent  la  forme  circulaire  et  se  com- 
posent de  compartiments  rayonnants,  trèfles,  quatrefeuil- 
les,  quintefeuilles,  panneaux  trilobés  tournant  autour 
d'un  petit  oculus  central.  Cette  rosace  primitive  nous  la 
trouvons  dans  la  chapelle  absidale  de  Saint-Corentin  de 
Quimper,  à  l'abside  de  Pluguflan,  et  aussi,  semble-t-il, 


~  73  - 

au  bas  côté  méridional  du  chœur  de  Kernitroun  de  Lan- 
meur. 

Le  xiv«  siècle  nous  a  donné  les  deux  roses  du  Creisker 
de  Saint -Pol- de -Léon  :  celle  de  l'abside,  au-dessus  du 
maltre-autel,  et  celle  de  la  façade  Ouest,  beaucoup  plus 
grande  et  aussi  plus  belle  comme  dessin,  que  quelques- 
uns  désignent  sous  le  nom  de  couronne  d'épines.  Je  l'ai 
déjà  signalée  à  l'article  «  Églises  »,  comme  appartenant 
au  xv«  siècle,  mais  après  nouvel  examen  attentif,  toute 
cette  extrémité  de  la  nef  semble  devoir  être  attribuée  au 
xi?«  siècle,  comme  le  chœur  et  son  bas-côté  Midi.  Il  n'y 
aurait  réellement  du  xv»  siècle  que  l'élargissement  du 
collatéral  Sud  de  la  nef  avec  l'adjonction  des  trois  der- 
nières fenêtres,  puis  les  deux  porches  Midi  et  Nord. 

A  ce  même  xiv®  siècle  appartiennent  les  roses  aveugles 
et  les  ornements  rayonnants  qui  forment  la  façade  du 
porche  de  Pont-Croix. 

Sont-elles  des  dernières  années  du  xiv«  siècle,  ou  des 
premières  du  xv«,  les  trois  roses  de  l'église  de  N.-D.  des 
Carmes  de  Pont-l'Abbé  ?  La  fondation  du  couvent  date 
de  1382,  et  il  est  fort  à  croire  que  l'on  se  mit  sans  tarder 
à  construire  l'église  ;  rien  d'étonnant  qu'elle  fût  terminée 
avant  l'an  1400.  Tout  dans  les  parties  principales  de  cet 
édifice  semble  être  rayonnant,  tout  dans  ces  trois  roses 
appartient  franchement  à  ce  style,  et  il  n'y  aurait  pour  y 
contredire  que  les  deux  encoignures  du  bas  de  la  grande 
rose,  offrant  quelques  compartiments  flamboyants;  encore 
cette  exception  n'aurait  pas  force  probante. 

Quoi  qu'il  en  soit,  au-dessus  d'une  ordonnance  de  huit 
baies,  couronnées  de  trilobés  et  de  trèfles,  et  offrant  une 
largeur  totale  de  six  mètres,  s'épanouit  une  rose  immense, 
à  huit  divisions  d'abord,  puis  à  seize,  présentant  dans  ses 
combinaisons  autour  de  l'oculus  central  soixante-quatre 
découpures  en  trilobés  et  en  quatrefeuilles,  sans  compter 


—  74  — 

les  douze  découpures  des  angles.  C'est  là  une  page  admi- 
rable, un  réseau  merveilleux  de  pierre,  harmonieux  dans 
ses  lignes,  savant  et  habile  dans  son  tracé,  délicat  et  fini 
dans  son  exécution. 

La  rose  du  milieu  de  la  façade  Ouest  est  de  dimension 
plus  restreinte,  mais  encore  d'un  dessin  fort  riche,  et  sa 
petite  compagne  au-dessus  de  la  porte  Nord,  en  est  comme 
une  élégante  réduction. 

Au  pignon  du  transept  Midi  de  la  cathédrale  de  Saint- 
Pol-de  Léon  existe  une  rose  de  même  tracé  et  de  mêmes 
dimensions  que  celles  de  l'abside  de  Pont-l'Abbé.  M.  Pol 
de  Courcy  Tattribue  à  l'évêque  Jean  Validire,  aux  envi- 
rons de  Tan  1431.  Est-ce  bien  la  date  exacte  ?  On  voit, 
il  est  vrai,  dans  ce  transept  bien  des  remaniements  du 
xv^  siècle,  mais  la  rose  magistrale  semble  avoir  un  par- 
fum incontestable  du  siècle  précédent. 

Dans  une  note  bien  flamboyante,  et  par  conséquent 
XV®  siècle,  nous  avons  dans  la  même  cathédrale  une  jolie 
rose  plus  petite,  couronnant  une  des  fenêtres  du  collaté- 
ral Nord  du  chœur  ;  et  dans  le  même  genre,  au  Creisker, 
Tavant-dernière  fenêtre  Midi,  tandis  que  la  dernière,  au- 
dessus  du  petit  porche,  offre  aussi  une  rose,  non  pas 
ronde,  mais  en  forme  de  losange,  et  composée  de  neuf 
quatrefeuilles  à  lobes  pointus. 

On  dit  qu'il  faut  reporter  aussi  au  xv®  siècle  la  grande 
rose  de  l'abside  ainsi  que  celle  de  la  façade  de  l'église  des 
Jacobins  de  Morlaix,  de  même  que  celle  qui  domine  les 
fontaines  Notre-Dame  à  l'entrée  du  monastère  des  Carmé- 
lites, et  cependant  toutes  trois  ont  dans  leur  tracé  et  dans 
leurs  moulures  une  bonne  petite  physionomie  du  xiv«  et 
même  du  xiii®  siècle. 

L'église  de  N.-D.  du  Folgoat,  xv®  siècle,  nous  fournit 
quatre  roses  :  celle  de  la  mattresse-vitre,  admirable  dans 
son  dessin  général  et  dans  ses  dimensions  ;  celle  du 


—  75  — 

pignon  Sud  de  la  chapelle  du  Rosaire,  rétablie  en  1889  ; 
dans  la  même  chapelle,  une  autre  rose  à  beaux  contours 
flamboyants,  et  enfin  une  quatrième  beaucoup  plus  petite 
au-dessus  de  Tautel  du  bas-côté  Nord. 

La  fenêtre  absidale  de  Saint-Jean-du-Doigt,  immense 
en  hauteur,  est  aussi  couronnée  d'une  fort  belle  rose  du 
xv«  siècle.  C'est  à  la  même  époque  ou  au  commencement 
du  siècle  suivant  qu'il  faut  faire  remonter  les  roses  plus 
modestes,  mais  cependant  très  intéressantes,  du  Groua- 
nec  en  Plouguerneau,  de  Saint-Laurent  en  Landéda,  tout 
près  des  ruines  du  château  deTroménec,  à  dix  pas  de  la 
petite  halte  du  chemin  de  fer  de  Lannilis  à  rAbervrac'h  ; 
celle  de  Tabside  de  Pencran,  de  Saint-Herbot,  en  Ploné- 
?ez-du-Faou,  de  Lanvern,  en  Plonéour  ;  et  enfin  la  rosace 
pittoresque  des  ruines  de  Languidou,  en  Plovan,  se  décou- 
pant à  vide  sur  le  ciel,  tout  encadrée  de  lierre,  fort 
menacée  de  s'efiondrer  il  y  a  quelques  années,  mais  main- 
tenant consolidée  par  les  soins  de  M.  le  Recteur  et  par  là 
même  assurée  encore  d'une  longue  existence. 


Grandes  maîtresses-vitres. 

Outre  les  Roses  et  Bosaces,  nous  devons  noter  encore 
un  certain  nombre  de  fenêtres  très  remarquables  par 
leurs  dimensions  et  la  richesse  de  leurs  dessins.  Toutes 
appartiennent  au  xv®  siècle  ou  au  commencement  du  xvi». 
Cest  à  cette  époque,  en  eilet,  que  le  style  flamboyant 
s'est  plu  à  percer  ces  immenses  baies,  à  les  diviser  par  de 
nombreux  meneaux  et  à  en  orner  le  tympan  par  mille 
combinaisons  ingénieuses  de  cœurs,  soufflets,  flammes 
contournées.  Nous  trouvons  de  très  beaux  exemples  de 
ces  fenêtres  aux  absides  de  Cléden-Poher,  de  Kerdévot,  en 
Ergué-Gabéric ,  Locronan,  Notre-Dame  de  l'Assomption 


-  76  - 

de  Quimperlé,  Pemeurit,  Plougasnou,  Plougonven,  Lam- 
bader,  en  Plouvorn,  Berven,  en  Plouzévédé,  La  Roche- 
Maurice,  et  Saint-François  de  Cuburien,  en  Saint-Martin 
de  Morlaix. 


Fenêtres  fleurdelieées. 

Dans  les  combinaisons  variées  des  tympans  des  fenêtres 
flamboyantes  il  a  pu  se  rencontrer  des  tracés  qui  se  rap- 
prochaient de  la  fleur  de  lis  héraldique,  et  comme  la  fleur 
de  lis  est  un  motif  très  décoratif,  l'idée  a  dû  venir  de 
remployer  franchement  et  de  donner  aux  meneaux  les 
courbures  voulues  pour  produire  cette  fleur.  On  y  a  réussi 
d'une  manière  très  heureuse,  et  une  fois  le  principe 
trouvé,  on  en  a  fait  largement  l'application  en  reprodui- 
sant tantôt  une  simple  fleur  de  lis,  tantôt  deux,  tantôt 
trois.  Mais  disons  que  pour  notre  diocèse  ce  genre  d'or- 
nementation n'a  eu  de  vogue  qu'en  Cornouaille  ;  nous 
n'en  connaissons  que  deux  exemples  dans  le  pays  de 
Léon,  à  Pleyber-Christ  et  à  Plougourvest. 

La  fenêtre  la  plus  ancienne  dans  ce  genre  semble  être 
la  maîtresse-vitre  de  Brennilis,  qui  doit  dater  de  1485 
ainsi  que  l'église,  comme  le  constate  une  inscription  au 
coin  de  l'Épître. 

Le  vitrail  qui  s'y  trouve  ne  doit  pas  être  de  beaucoup 
postérieur.  Chacune  des  baies  contient  deux  sujets  super- 
posés, ce  qui  fait  en  tout  huit,  mais  dans  un  ordre  boule- 
versé par  une  réparation  et  un  remaniement.  Rétablis- 
sant l'ordre  réel  nous  avons  : 

1.  Mariage  de  la  Sainte- Vierge  ; 

2.  Annonciation  ;  —  3.  Visitation  ; 

4.  Nativité  de  N.-S.  ;  —  5.  Circoncision  ; 
6.  Adoration  des  Mages;  ~  7.  Présentation  ; 
8.  Fuite  en  Egypte. 


—  77  — 

Le  dessin  du  tympan  forme  trois  jolies  fleurs  de  lis 
dans  lesquelles  sont  représentés  :  Notre-Seigneur  bénis- 
sant, saint  Michel,  saint  Roch. 

11  est  à  croire  que  cette  fenêtre  a  fait  école,  car  nous 
retrouvons  dans  les  deux  paroisses  voisines,  Loquefiret 
et  Lannédern,  la  môme  disposition  de  trois  fleurs  de  lis 
dans  la  maîtresse- vitre,  puis  une  fleur  de  lis  simple  dans 
une  fenêtre  latérale  à  Saint-Herbot  et  une  autre  sembla- 
ble à  la  chapelle  du  Vern,  dans  la  même  paroisse  de 
Plonévez-du-Faou. 

N'est-ce  pas  à  cette  même  influence  qu'il  faudrait  attri- 
buer les  deux  petites  fenêtres  à  une  seule  fleur  de  lis  qui 
existent  à  Saint-Goazec  et  à  Roudoualec  ?  Nous  citons  cette 
dernière  paroisse  qui  est  maintenant  dans  le  Morbihan, 
mais  qui  appartenait  autrefois  au  diocèse  de  Quimper. 

Le  maître  de  l'œuvre,  qui  quatre  ans  plus  tard  entre- 
prit la  construction  de  Sainte -Barbe  du  Faouët,  alors 
aussi  dans  l'évêché  de  Cornouaille,  avait  il  visité  Bren- 
nilis?  Toujours  est-il  que  l'inscription  qui  donne  la  date 
des  travaux  est  à  peu  près  la  même  :  Le  commencement  de 
cette  chapelle  fut  le  VI^  jour  de  Juillet  Van  mil  CCCCIIIIXX 
luuff  (1489)  ;  et  Ton  trouve  également  une  fenêtre  à  fleurs 
de  lis  à  l'extrémité  de  la  façade  principale. 

Une  autre  fenêtre  à  trois  fleurs  de  lis,  qu'on  peut  par- 
faitement dater,  puisqu'elle  doit  remonter  comme  l'église 
à  1308,  c'est  celle  de  Penmarc'h  ;  elle  est  placée  à  l'extré- 
mité Ouest  du  bas-côté  Nord,  à  l'endroit  où  sont  mainte- 
nant les  fonts  baptismaux.  Ici  le  tracé  est  d'une  rare  élé- 
gance et  d'une  correction  parfaite,  et  nous  le  retrouvons 
à  peu  près  identique,  non  loin  de  là,  à  l'église  de  Notre- 
Dame  des  Carmes  de  Pont-l'Abbé,  au  fond  de  la  chapelle 
de  Sainte-Anne,  dans  le  collatéral  Nord. 

Il  faut  reporter  à  la  même  époque  la  grande  et  belle 
fenêtre  absidale  d'Ergué-Gabéric  qui  contient  seulement 


—  78  - 

deux  fleurs  de  lis,  mais  qui  a  un  grand  air  de  famille  avec 
les  deux  dernières  que  nous  venons  de  citer.  La  verrière 
de  la  vie  et  de  la  Passion  de  N.-S.  qui  s*y  trouve  porte  cette 
inscription  : 

Cecte . victre . fut . fecte .en.lan MU  V^XVI (  16t6) . 

Derrière  l'autel  du  bas-côté  Nord,  une  petite  fenêtre  à 
deux  baies  se  termine  aussi  par  un  tympan  à  une  fleur  de 
lis  simple.  Dans  cette  môme  paroisse,  à  la  chapelle  de 
Saint- André,  se  trouvent  encore  deux  fenêtres  à  une  fleur 
de  lis,  mais  datant  de  1603-1630. 

De  cette  église  d'Ergué-Gabéric  l'influence  a  dû  s'exer- 
cer sur  Rosporden,  car  nous  y  trouvons  également,  du 
côté  Sud  du  chœur,  une  fenêtre  à  fleur  de  lis  unique; 
puis  à  Melgven,  à  la  chapelle  de  la  Trinité,  sur  le  bord  de 
la  voie  romaine  qui  formait  autrefois,  entre  Vannes  et 
Quimper,  le  parcours  du  pèlerinage  des  Sept  Saints  de 
Bretagne,  Encore  sur  le  bord  de  la  même  voie,  la  chapelle 
de  Saint-David  à  Quimperlé,  qui  a  aussi  sa  fenêtre  à  fleur 
de  lis,  mais  provenant  de  la  chapelle  de  N.-D.  de  Bonne- 
Nouvelle,  maintenant  détruite,  et  toute  voisine  autrefois 
de  celle  de  Saint-David. 

Dans  une  autre  région  nous  trouvons  encore  trois  modè- 
les de  fenêtres  fleurdelisées  :  à  Ploaré,  les  deux  fenêtres 
latérales  de  l'abside,  puis  à  la  chapelle  de  N.-D.  de  Con 
fors,  en  Meilars,  au  bord  de  la  grand'route  de  Pont-Croix, 
qui  se  confond  en  cet  endroit  avec  la  voie  romaine  de 
Quimper  à  la  pointe  du  Cap  Sizun.  À  Confors  la  fleur  de 
lis  est  d'un  galbe  admirable,  et  c'est,  entre  tous  les  autres 
modèles,  le  plus  pur  qui  existe  dans  le  pays. 

Pour  compléter  la  liste,  il  faut  citer  encore  d'autres  fené 
très  du  même  genre  :  à  la  chapelle  de  Saint- Germain,  en 
Plogastel,  à  la  chapelle  de  Saint-Roch  et  Saint  Philibert  de 
Moêlan,  à  l'église  de  Tréméven,  près  Quimperlé,  et  celle 
de  l'ancienne  église  de  Saint-Mathieu  de  Quimper,  main- 


—  79  — 

tenant  conservée  dans  la  cour  du  musée  de  cette  ville. 

Il  conviendrait  même,  peut  être,  d'y  ajouter  quelques 
autres  exemples  analogues  que  l'on  trouve  au  diocèse  de 
Vannes,  à  la  chapelle  de  Saint- Ave  du  bas,  à  la  Trinité  de 
Langonnet  et  Saint-Nicodème  de  Pluméliau. 

U  y  a  en  plein  cœur  de  Paris  une  immense  église  qui  a 
aussi  ses  fenêtres  hautes  ornées  de  fleurs  de  lis  :  c*est 
celle  de  Saint-Eustache,  dont  les  travaux  ont  été  commen- 
cés en  1332  et  qui  ne  fut  terminée  qu'en  1642.  Mais  hélas  I 
dans  ce  vaste  monument,  où  Ton  trouve  tant  de  remar- 
quables sculptures  et  des  motifs  d'ornementation  d'un 
fini  prodigieux,  la  décoration  des  fenêtres  hautes  est 
lourde  et  disgracieuse  au  possible  ;  la  comparaison  est 
toute  à  l'avantage  de  nos  modestes  mais  si  fines  et  si  jolies 
fenêtres  bretonnes. 


ARCS  DE  TRIOMPHE 

PORTES    MONUMENTALES    A    L'ENTRÉE 

DES     CIMETIÈRES 


Nos  ancêtres  avaient  une  haute  idée  de  la  dignité  du 
chrétien  et  aussi  de  la  majesté  et  de  la  sainteté  de  nos 
^lises.  Voilà  pourquoi  ils  ont  voulu  qu'à  l'entrée  de  leurs 
cimetières,  qui  étaient  autrefois  comme  le  parvis,  Tatrium 
de  réglise,  il  y  eût  une  porte  monumentale,  une  arcade 
triomphale  sous  laquelle  devaient  passer  les  paroissiens 
vivants  et  défunts,  comme  passaient  autrefois  à  Rome  les 
généraux  victorieux,  les  puissants  empereurs,  sous  les 
arcs  de  triomphe  érigés  en  leur  honneur. 

Le  plus  ancien  des  monuments  de  ce  genre  est  Tare  de 
triomphe  de  Saint-Jean-du-Doigt,  qui  est  en  pur  style  du 


-  80  — 

xv®  siècle  ;  il  consiste  en  une  large  arcade  pour  le  passage 
des  foules  et  des  processions,  ornée  de  colonnettes  et  de 
voussures  et  surmontée  d^une  accolade,  avec  deux  contre- 
forts et  deux  niches  abritant  les  statues  gothiques  de  saint 
Jean- Baptiste  et  saint  Roch.  Une  arcade  latérale  plus 
étroite  sert  au  passage  des  personnes  isolées. 

Un  autre  arc  à  peu  près  de  la  même  époque  est  celui 
de  Notre-Dame  de  Châteaulin,  qui  est  bien  pittoresque 
dans  son  état  un  peu  fruste  :  grande  arcade  surmontée 
d'un  pignon  dont  le  fronton  e^  percé  d'une  niche  à  cul- 
de-lampe  et  dais  sculptés,  logeant  une  vieille  statue  de 
Notre-Dame.  De  chaque  côté,  un  contrefort  au  pinacle 
terminé  en  cône  garni  de  crossettes  et  de  fleurons.  C'est 
là  une  digne  entrée  au  vieux  cimetière  de  la  ville,  où  l'on 
rencontre  d'abord  un  joli  calvaire  historié,  au  pied  duquel 
il  faut  passer  pour  arriver  à  l'église,  dont  l'intérieur  date 
en  grande  partie  du  xii®  siècle,  tandis  que  l'extérieur  a 
été  remanié  au  xvi®  et  au  xvu®. 

Dans  la  même  note  et  un  peu  le  même  style,  nous  avons 
la  jolie  porte  ornée  de  Penmarc'h,  faisant  passage  entre 
l'angle  Sud-Ouest  de  l'église  et  le  vieil  ossuaire  en  ruine; 
l'arc  de  Saint-Germain  de  Plogastel,  ceux  de  Plugufian  et 
de  Plogonnec.  Ce  dernier  est  presque  entièrement  gothi- 
que, mais  a  été  surmonté  d'un  couronnement  disparate 
en  1730.  A  Rumengol  on  retrouve  aussi  une  large  porte  à 
arcade,  ornée  des  moulures  prismatiques  de  la  fin  de  la 
période  ogivale. 

A  La  Martyre,  l'arc  de  triomphe  qui  forme  l'entrée  du 
cimetière,  en  face  du  porche,  est  tout  à  fait  monumental 
et  a  eu  l'honneur  d'être  reproduit  pour  figurer  au  village 
breton,  à  l'exposition  universelle  de  1900.  Il  est  à  triple 
arcade,  celle  du  milieu  beaucoup  plus  riche  que  les  deux 
latérales.  Cette  arcade  centrale,  à  anse  de  panier,  est  accos 
tée  de  colonnettes  prismatiques  qui  se  continuent  en  vous- 


—  81  — 

sures  profondes  encadrées  par  une  accolade  garnie  de 
feuilles  de  chardon,  le  tout  surmonté  d'une  frise  feuil- 
lagée  qui  porte  une  balustrade  à  compartiments  flam- 
boyants. 

Dans  les  deux  contreforts  des  côtés,  des  culs-de-lampe 
portent  les  statues  agenouillées  de  la  Sainte-Vierge  et  de 
l'ange  Gabriel  figurant  le  mystère  de  l'Annonciation.  A  côté 
de  la  Sainte -Vierge,  au-dessus  d'une  console  formée  par 
un  ange  en  cariatide  portant  un  écusson,  est  un  prie-Dieu 
ou  pupitre  recouvert  d'une  draperie  avec  un  livre  ouvert. 

L'arcade  principale  est  surmontée  d'un  beau  calvaire. 
Au  haut,  N.-S.  en  croix  ;  plus  bas,  N.-S.  dans  l'attitude 
du  jugement  dernier,  assis  sur  un  arc  dans  les  nuages, 
les  mains  étendues,  entre  deux  anges  qui  sonnent  de  la 
trompette  ;  au  pied  de  la  croix,  le  groupe  de  N.-D.  de 
Pitié,  la  Sainte -Vierge  tenant  sur  ses  genoux  le  corps 
inanimé  de  son  Fils  ;  à  ses  côtés,  saint  Jean  et  la  Made- 
leine.  Au  haut  des  deux  contreforts  sont  plantées  les 
croix  des  larrons,  dont  les  corps  sont  contorsionnés  par 
la  soufirance.  Au  revers  de  la  croix  de  N.-S.,  se  voit  le 
Sauveur  sortant  du  tombeau,  ayant  à  ses  côtés  deux  anges 
en  dalmatique  qui  le  soutiennent  d'une  main  et  de  l'autre 
supportent  les  coins  du  saint  Suaire.  Plus  bas,  deux  anges 
richement  drapés  tiennent  des  banderoiles,  et  deux  sau- 
vages velus  forment  cariatides. 

Au-dessus  de  ces  trois  arcades  court  une  galerie  ou  che- 
min de  ronde  où  Ton  accède  par  un  escalier,  et  dont  les 
deux  extrémités  communiquent  par  des  portes  avec  deux 
logis  anciens  qui  dépendent  de  l'église  et  dont  l'un  devait 
servir  de  chambre  du  guet  ou  de  poste  de  police  lors  de 
grandes  foires  annuelles. 

L'arc  de  la  Martyre  est  le  dernier  de  style  gothique  ; 
ensuite  en  viennent  d'autres  de  la  Renaissance,  du  xvii» 
et  du  xvui®  siècle. 

Bulletin  dr  la  Commission  diociîsaine.  —  2*  anoée.  6 


-  82  — 

Donnons  par  ordre  chronologique  ceux  qui  sont  datés  : 
Kerlaz,  1S58.  —  Assez  simple  ;  la  façade  ornée  de  deux 
colonnes  supportant  un  entablement. 

Saint-Thégonnec,  1587.  —  Quatre  grosses  piles  couron- 
nées de  volutes  ou  consoles  renversées  que  surmontent 
des  lanternons  à  la  fois  trapus  et  élégants.  Les  deux  piles 
du  milieu  sont  reliées  par  une  arcade  au-dessus  de  laquelle 
règne  une  galerie  d'arcatures  séparées  par  des  pilastres  à 
gaines  et  terminées  par  des  frontons.  A  la  hauteur  de  la 
galerie  est  la  représentation  du  mystère  de  rAnnoncia- 
tion  ;  d'un  côté,  la  Sainte- Vierge  agenouillée  sur  un  prie 
Dieu,  de  Tautre,  Tarchange  Gabriel.  Plus  bas,  dans  la  frise, 
cette  inscription  : 

ITRON  :  MARIA  .  VIR  .  SICOVR 

NI .  0  .  PET .  HUANTEC  .  DON  .  RECOUR 

HUI .  EN  .  QUENTAF .  ADVOCADES 

EVIT .  PECHER  .  HA .  PECHERES  .  —  1587. 

Dame  Marie  de  vrai  secours, 

Nous  vous  prions  ardemment  de  nous  venir  en  aide, 

Vous  êtes  première  avocate 

Pour  pécheur  et  pécheresse. 

Sizun,  1588.  ■—  C'est  le  plus  grand  et  le  plus  imposant 
des  arcs  de  triomphe.  Les  trois  grandes  arches  qui  le 
composent  ont  un  développement  de  près  de  quinze  mè- 
tres de  longueur  et  lui  donnent  un  aspect  absolument 
monumental,  grâce  surtout  à  la  balustrade  qui  contourne 
la  plate-forme,  aux  clochetons  qui  la  décorent  et  au  cal- 
vaire qui  y  dresse  ses  trois  croix.  Cette  œuvre  si  belle  a 
été  cependant  menacée  par  les  ingénieurs  et  conducteurs 
de  la  voirie,  sous  prétexte  de  rectification  de  route,  et  n'a 
été  sauvée  que  par  les  démarches  de  M.  Bigot,  architecte 
diocésain  et  départemental,  et  par  les  protestations  de  la 
Société  Archéologique  du  Finistère. 


—  83  — 

Argol,  1659.  —  Une  grande  arcade  et  deux  petites  qui 
en  sont  séparées  par  deux  colonnes  ioniques  cannelées. 
Au  milieu  du  couronnement  est  une  sorte  de  grand  fron- 
ton portant  la  date  de  1659,  et  sur  les  côtés  sont  deux  clo- 
chetons carrés. 

Lampaul-Guimiliau,  1669.  —  Accolé  à  Tabside  de  l'an- 
cien ossuaire  ou  chapelle  de  la  Trinité,  se  compose  d'une 
arcade  creusée  entre  deux  puissants  massifs  qui  forment 
pieds-droits,  les  faces  ornées  de  colonnes  et  d'un  entable- 
ment, le  tout  couronné  d'une  balustrade  qui  contourne  la 
plate-forme  d'où  émerge  un  calvaire  :  la  croix  de  Notre- 
Seigneuravec  la  Sainte-Vierge  et  saint  Jean,  et  de  chaque 
côté  les  croix  des  larrons.  Sur  la  face  qui  regarde  le  cime- 
tière est  sculptée  cette  inscription  :  A  :  RANNOU  ;  C  : 
KTANGUI  :  F  .  1669. 

Pleyben,  1725.  —  Monument  assez  simple,  une  seule 
arcade.  Sur  la  face  Ouest  une  niche  abrite  une  statue  de 
Notre-Dame  de  Pitié,  et  le  fronton  courbe  qui  forme  le 
couronnement  est  surmonté  d'un  Christ  en  croix,  accosté 
des  statues  de  la  Sainte-Vierge  et  saint  Jean.  Inscription  : 
NOVEL  .  FAVENNEG  .  FABRIQVE  .  1725. 

Sainte-Marie  du  Ménez-Hom,  en  Plomodiern,  1739.  — 
Grande  arcade  centrale  et  deux  portes  latérales.  Du  côté 
de  la  route  est  une  statue  de  la  Sainte-Vierge,  et  du  côté 
du  cimetière  une  statue  de  saint  Hervé  accompagné  de 
son  petit  guide  Guiharan. 

Trois  autres  arcs  de  triomphe  ne  sont  pas  datés,  mais 
ils  semblent  bien  avoir  tous  les  caractères  du  xvii®  siècle  : 

Plounéour-Ménez.  —  Deux  arches  surmontées  de  cou- 
ronnements à  grandes  volutes  et  lanternons.  Du  côté  exté 
rieur  trois  niches  enferment  des  statues  un  peu  détério- 
'rées  :  du  côté  du  cimetière  les  piles  sont  appuyées  par  de 
vigoureux  contreforts  aux  glacis  en  volutes  et  aux  cor- 
dons à  fortes  moulures. 


-  84  - 

Notre  Dame  de  Berven,  en  Plouzévédé.  —  Trois  arcades 
séparées  d'un  côté  par  des  pilastres  doriques  et  de  Tautre 
par  des  colonnes  corinthiennes.  Un  escalier  accède  à  la 
plate-forme,  qui  n'a  plus  ou  qui  n'a  jamais  eu  sa  balus- 
trade de  couronnement. 

Saint-Sébastien,  en  Saint-Ségal.  —  Une  arcade  surmon- 
tée d'un  entablement  où  l'on  a  représenté  le  martyre  de 
saint  Sébastien  :  deux  archers  le  perçant  de  flèches. 


OSSUAIRES,  CHAPELLES  DE  CIMETIÈRE 

ORATOIRES 


Le  peuple  breton  a  toujours  eu  un  cuite  et  une  grande 
vénération  pour  ses  morts  ;  n'en  aurions-nous  pour  preuve 
que  les  rites  funéraires  dont  on  trouve  des  vestiges  dans 
les  sépultures  des  dolmens  et  des  tumulus  et  au  pied  des 
menhirs.  Il  est  vrai,  m'objectera-t-on,  que  les  dolmens  et 
les  tumulus  ne  sont  pas  des  monuments  bretons.  Ils  sont 
du  moins  sur  terre  bretonne,  et  la  tradition  semble  s'être 
attachée  au  sol  et  s'être  transmise  d'âge  en  âge. 

Ce  culte  s'est  perpétué  dans  la  religion  chrétienne,  et 
la  meilleure  démonstration  que  l'on  puisse  en  donner, 
c'est  le  respect  avec  lequel  on  ensevelit  les  corps  des 
défunts,  la  solennité  qui  préside  à  la  veillée  des  morts  et 
à  leurs  funérailles,  et  aussi  la  fidélité  des  survivants  à 
aller  prier  sur  la  tombe  de  ceux  qui  ne  sont  plus. 

L'existence  ancienne  des  ossuaires  nous  est  indiquée 
par  les  vieilles  guerz,  les  complaintes  et  les  cantiques 
spirituels.  La  construction  de  ces  petits  monuments  avair 
pour  but  de  donner  un  abri  décent,  un  lieu  de  repos  con- 
venable aux  ossements  anciens  que  l'on  extrayait  des 


-  85  — 

tombes  au  lur  et  à  mesure  qu*on  les  ouvrait  pour  des 
inhumations  successives.  Les  ossements  étaient  recueillis 
avec  soin  et  déposés  avec  respect  dans  cet  asile  commun 
où  chacun  pouvait  vénérer,  sans  les  reconnaître  toutefois 
ni  les  distinguer  dans  la  masse,  les  restes  de  ses  parents 
et  de  ses  aïeux.  Il  arrivait  souvent  cependant  que  l'on 
mettait  à  part  la  tête  de  l'ancêtre  et  qu'on  l'enfermait 
dans  une  petite  châsse  en  bois  ajourée  sur  sa  façade,  pour 
laisser  voir  la  relique,  avec  une  inscription  commémora- 
tive  ou  épitaphe  :  Oi-gist  le  chef  de  Laurent  Troadec,  de 
im  mvarU  marchand  de  toUe,  né  le  3  Avril  1722,  décidé  le 
30  Mai  n87,  —  Reguie8cat  inpace.  Dans  mon  enfance,  j'ai 
pu  voir  ces  petits  cofirets-reliquaires  garnir  les  corniches 
des  contreforts  et  toutes  les  saillies  que  l'on  pouvait  trou- 
ver à  Tentour  de  mon  église  paroissiale. 

A  Paris,  l'ossuaire  ou  charnier  des  Innocents  formait 
une  galerie  ou  cloître  le  long  d'un  des  côtés  du  cimetière 
de  ce  nom.  Chez  nous,  les  premiers  ossuaires  consistaient 
en  une  sorte  d'appentis  ou  de  réduit  adossé  au  mur  d'en- 
ceinte du  cimetière,  ou  à  l'un  des  côtés  de  l'église,  avec 
sa  façade  percée  d'arcatures  pour  pouvoir  y  faire  passer 
les  ossements  ou  reliques,  les  y  voir  et  contempler  libre- 
ment et  les  asperger  d'eau  bénite,  ce  pourquoi  il  y  a  tou- 
jours un  ou  deux  bénitiers  incrustés  dans  le  soubasse- 
ment. 

Dans  d'autres  paroisses,  l'ossuaire  devient  une  vérita- 
ble chapelle  munie  d'un  autel,  de  fenêtres  à  meneaux  et 
vitraux,  mais  gardant  toujours  sa  fenestration  à  arcades 
multipliées  dans  le  côté  où  les  deux  côtés  qui  donnent 
sur  le  cimetière.  Il  arrive  même  que  ces  arcades  sont 
quelquefois  surmontées  d'un  second  étage  d'arcatures 
^aveugles  formant  niches  ou  panneaux  garnis  de  bas- 
reliefs. 

Ces   monuments  sont  tellement  nombreux  et  variés 


—  86  — 

qu'il  ne  suffit  pas  d'en  donner  une  description  générale, 
mais  qu'il  vaut  mieux  les  énumérer  en  indiquant  la  date 
et  les  détails  caractéristiques  de  chacun.  Plusieurs  sont 
en  style  gothique  et  appartiennent  à  la  première  moitié 
du  XVI®  siècle  ;  les  autres  sont  dans  le  genre  de  la  Renais- 
sance et  datent  de  la  fin  de  ce  siècle  ou  du  xvu^. 


* 


Argol.  —  1665.  Quatre  arcades  et  une  porte  avec  béni- 
tier au  milieu. 

Audierne.  —  Ossuaire  gothique  adossé  au  Sud  de 
l'église,  près  du  porche. 

Bénodet.  —  A  la  chapelle  de  Perguet  :  petit  ossuaire 
gothique  à  trois  arcades,  adossé  au  Sud. 

Bourg-Blanc.  —  Petite  chapelle,  style  Louis  XIII,  une 
porte  et  sept  arcades. 

Brasparts.  —  Chapelle  gothique,  xvi®  siècle  ;  au  bas  des 
rampants  des  pignons,  des  anges  tenant  des  inscriptions 
et  des  attributs  de  la  mort. 

Châteaulin.  —  Arcades  gothiques  à  l'angle  Sud-Ouest 
de  la  chapelle  de  Notre-Dame. 

Gléden-Poher.  —  A  l'angle  Nord-Est  du  cimetière,  jolie 
petite  chapelle,  moitié  gothique,  moitié  Renaissance  ;  une 
porte  et  quatre  arcatures  sur  le  côté  Ouest,  trois  arcatures 
sur  le  pignon  Nord.  Au  bas  d'un  rampant  de  pignon,  un 
ange  tient  un  petit  personnage  nu,  représentant  une  âme; 
à  l'autre  extrémité,  la  mort  brandissant  une  lance. 

Combrit.  — -  Au  Midi  de  Téglise,  petit  ossuaire  sans 
grand  style,  avec  arcades  sur  deux  côtés,  et  quelques 
trous  percés  dans  les  parois  extérieures,  pour  y  mettre 
des  tètes  de  mort.  Inscription  :  François  Francos  et  Mair- 
guérite  Cariou  ont  faiat  bastir  ce  reliquaire.  1700.  Dieu  le$ 
bénisse.  Sur  l'autre  face  :  Requiescant  in  pace. 


—  87  --. 

Comanna.  —  Abri  et  arcades  à  TOuest  du  cimetière,  du 
côté  de  la  place. 

Daonlas.  —  Transformé  en  sacristie  ;  arcades  séparées 
par  des  pilastres. 

Dirinon.  —  1577.  Chapelle  enfermant  le  tombeau  monu- 
mental de  sainte  Nonne,  patronne  de  la  paroisse. 

Ergué-Gabéric.  —  Édicule  xvn«  siècle,  dans  l'angle  Sud- 
Est  du  cimetière  :  une  porte  et  sept  arcades  soutenues 
par  des  pilastres  doriques. 

Faou  (Le).  —  Joli  ossuaire  daté  de  1603,  avec  arcades  et 
pilastres  à  gaines.  Démoli  vers  1888  par  la  municipalité, 
^our  l'élargissement  d'une  route. 

Gouesnou.  —  Ancien  ossuaire  formant  chapelle  dédiée 
à  sainte  Anne,  rebâti  vers  1880,  sous  le  même  vocable. 

Goulven.  —  Petite  chapelle  xvii«  siècle,  contre  le  mur 
Ouest  du  cimetière. 

Guengat.  —  Adossé  au  côté  Sud  du  bas  de  la  nef,  con- 
tre le  porche,  deux  arcades  gothiques  à  accolade,  inscrip- 
tion :  iô67  —  Respice  flnem. 

Guiclan.  —  Chapelle  xvii«  siècle,  transformée  pendant 
longtemps  en  bureau  de  tabac,  démolie  vers  1878. 

Guimiliau.  —  Chapelle  de  Sainte-Anne,  à  l'angle  Sud-Est 
du  cimetière.  Une  porte  et  quatre  fenêtres  étroites  à  plein- 
cintre,  séparées  par  des  colonnes  cannelées  à  chapiteaux 
ioniques.  Dans  l'une  de  ces  baies  est  logée  une  petite 
chaire  en  pierre  pour  prêcher  aux  foules  réunies  dans  le 
cimetière.  Au-dessus  de  la  porte  :  Mémento  :  Mori.  —  Î642, 

Kerlaz.  —  Adossé  au  côté  Midi  de  la  nef,  plus  bas  que 
le  porche,  et  de  même  date  que  celui-ci  :  1550,  environ. 
Deux  baies  gothiques  en  anse  de  panier. 

Lampaul-Guimiliau.  -—  Chapelle  sous  le  vocable  de  la 
Sainte-Trinité.  Dans  le  pignon  Nord  sont  percées  deux 
baies.  Le  côté  Est,  donnant  sur  le  cimetière,  est  très 
richement  ornementé  ;  il  est  couvert  de  deux  rangs  d'ar- 


-  88  — 

catures,  le  premier  formé  de  colonnettes  détachées  avec 
porte  et  fenestrage  en  plein-cintre,  le  second  faisant  une 
suite  de  niches  séparées  par  des  pilastres.  Au-dessus  de 
la  porte  est  Tinscription  :  Mémento  mori, 

L*abside  à  pans  coupés  est  surmontée  de  trois  pignons 
élégants  et  de  jolis  clochetons,  et  percée  de  deux  fenê- 
tres élancées.  Sous  la  fenêtre  Sud  se  trouve  cette  inscrip- 
tion :  I  :  GOFF  :  I  :  GVILLOV  :  F.  1667.  Sur  le  pignon 
central,  au-dessus  dé  Tare  de  triomphe  :  0 .  KERGOAT  — 
KERBRAT. 

Le  côté  Nord  n'est  pas  orné,  mais  dans  la  frise  du  haut 
on  a  sculpté  des  tètes  de  mort  et  des  os  en  sautoir. 

A  l'intérieur  est  un  bel  autel  à  colonnes  torses  dédié  à 
la  Sainte-Trinité.  C'est  dans  un  caveau  ou  une  sorte  de 
crypte  sous  cet  autel  que  se  trouvait  autrefois  le  beau  sé- 
pulcre de  Notre-Seigneur  placé  maintenant  dans  l'église. 

Landerneau.  —  A  dix  mètres  de  la  façade  de  l'église 
Saint-Thomas  est  l'ancienne  chapelle  ossuaire,  transfor- 
mée en  maison  d'habitation.  Elle  porte  la  date  de  1635. 
La  façade  Est  est  percée  d'une  porte  accostée  de  colonnes 
ioniques  et  de  quatre  baies  cintrées,  séparées  par  des 
pilastres  de  même  ordre. 

Landivisiau.  —  Chapelle  dédiée  à  sainte  Anne  ;  se 
trouvait  autrefois  tout  près  de  l'église  lorsque  celle-ci 
était  entourée  du  cimetière.  Elle  a  été  déplacée  et  trans- 
férée dans  le  nouveau  cimetière,  sur  le  bord  de  la  route 
de  Saint-Pol.  La  façade  principale  se  compose  d'une  porte 
centrale  encadrée  entre  deux  colonnes  ioniques  suppor 
tant  un  fronton,  et  de  quatre  fenêtres,  deux  de  chaque 
côté,  accostées  de  cariatides  terminées  en  gatnes  reposant 
sur  un  robuste  soubassement.  Ces  cariatides  représen- 
tent : 

1.  Un  homme  barbu,  la  poitrine  recouverte  de  volutes. 

2.  Un  homme  portant  fraise  ou  collerette,   les  bras 


—  89  - 

croisés  sur  la  poitrine,  le  corps  emmailloté  dans  un  lin- 
ceul composé  de  grandes  feuilles  végétales,  et  lié  par  des 
cordes,  à  la  façon  des  momies  égyptiennes. 

3.  La  Mort,  an  Ankou,  tenant  un  os  et  une  flèche.  Sur 
le  tailloir  en  pierre  qui  repose  sur  sa  tête  décharnée,  on 
lit  cette  inscription  : 

OR  :  ÇA  :  JE  :  SVIS  :  LE  :  PARRAIN 
DE  :  CELVY  :  QVI  :  FERA  :  FIN 

4.  Une  femme  avec  les  seins  pendants,  et  des  volutes 
sur  les  épaules. 

5.  Un  homme  barbu,  les  bras  croisés  sur  la  poitrine. 

6.  Une  femme  coiffée  d'une  toque. 

Cette  chapelle  n'a  pas  de  date,  mais  on  peut  la  placer 
aux  environs  de  1610-1620,  car  les  cariatides  de  sa  façade 
ont  beaucoup  de  rapport  avec  celle  de  Tossu^ire  de  La 
Martyre,  qui  est  de  1619,  et  celles  de  l'oratoire  de  N.-D. 
deLorette,  à  Plougasnou,  daté  de  1611. 

Lannédern.  —  Jolie  petite  chapelle  des  environs  de  1660, 
ayant  sur  sa  façade  une  porte,  quatre  arcades  et  deux 
])énitiers.  Aux  angles,  deux  cariatides  tiennent  des  ban- 
deroUes  portant  ces  mots  :  Cogita  mori  -—  Bespice  flnem; 
et  sur  la  frise  est  cette  inscription  :  Colin.  F.  Le.  Bras. 
F.  M.  J.  Kerdevez.  R. 

Le  nom  de  ce  recteur,  J.  Kerdevez,  se  trouve  à  Téglise, 
sur  un  tableau  du  Rosaire,  avec  la  date  de  1660. 

Locmélar.  —  Petit  ossuaire,  dans  Tangle  Sud-Ouest  du 
cimetière,  avec  la  date  de  1660. 

Loctudy.  —  A  peu  près  le  même  genre,  dans  un  angle 
aussi  du  cimetière.  xvii«  ou  xviu<)  siècle. 

Martyre  (La).  —  1619.  Accolé  au  côté  Ouest  du  porche. 
Façade  d'excellent  style  composée  d'une  porte  entre  deux 
colonnes  et  de  deux  fenêtres  à  plein-cintre.  Au  dessus  de 
la  porte,  deux  anges  tiennent  cette  inscription  : 


—  90  -~ 

An.  Maro.  An,  Bam,  An.  Ifétm.  lên 

Pa.  Ho.  Soing.  Den.  E.  Tle.  Crena 

Fol.  Eo.  Na.  Preder.  E.  Speret 

Ouelet.  Ez'Eo.  Eet.  Deceda  An.  1619, 

La  mort,  le  jugement,  Tenfer  froid, 
Quand  l*homme  y  songe,  il  doit  trembler; 
Fol  est  son  esprit  s*il  ne  voit 
Que  tous  nous  devons  décéder. 

Au  milieu  du  pignon,  une  belle  niche  monumentale, 
accostée  de  deux  cariatides,  abrite  la  statue  de  saint  Pol 
Aurélien.  La  disposition  des  bâtiments  voisins  de  l'église 
gênant  la  circulation  autour  de  cet  ossuaire,  le  construc- 
teur a  fait  disparaître  Tangle  en  faisant  un  pan  coupé,  et 
pour  supporter  la  saillie  supérieure  il  a  adossé  à  ce  pan 
une  cariatide  féminine,  dont  les  jambes  et  la  partie  infé- 
rieure du  torse  sont  enveloppées  de  bandelettes  à  la  façon 
des  momies  d'Egypte.  La  tête  se  termine  en  un  chapi- 
teau  ionique  qui  soutient  trois  consoles  admirablement 
sculptées  formant  une  avancée  très  saillante. 

Pencran.  —  1694.  Chapelle  au  côté  Ouest  du  cimetière, 
transformée  en  maison  d'habitation.  La  façade  est  décorée 
de  sept  baies  à  plein-cintre  séparées  par  des  colonnes 
ioniques,  et  de  sept  niches  supérieures.  A  la  frise  de  la 
porte,  marquée  de  la  date  1694,  on  lit  :  Chapeî.  Da.  8^. 
Itrop.  Ha.  Kamel.  Da.  Lakat.  Eskem.  An,  Pobl.  Chapelle 
à  saint  Eutrope,  et  charnier  pour  mettre  les  ossements 
du  peuple. 

A  l'intérieur,  sur  les  sablières  ou  corniches,  on  voit 
représentés  en  sculpture  :  un  convoi  funèbre  et  le  triomphe 
de  Neptune  et  d'Amphitrite. 

Penmarc'h.  —  Dans  l'angle  Sud-Ouest  on  trouve  les  res- 
tes de  ce  que  fut  jadis  le  joli  ossuaire  gothique  :  un  pignon 
élégant,  un  mur  et  des  soubassements.  Les  découpures 


—  91  — 

flamboyantes  du  pignon  indiquent  bien  quelle  était  Tor- 
nementation  de  la  façade  ajourée. 

Plabennec.  —  Ossuaire  formé  de  quatre  niches  larges 
et  profondes  pratiquées  dans  le  mur  d'enceinte  du  cime- 
tière, le  tout  surmonté  d'une  croix  de  mission. 

Pleyben.  —  L'ossuaire  est  un  des  plus  anciens  du  dio- 
cèse, et  doit  dater  des  premières  années  du  xvi«  siècle. 
C'est  une  chapelle  dont  la  façade  est  percée  de  douze  baies 
géminées  en  arc  à  anse  de  panier,  surmontées  deux  à  deux 
d'accolades  feuillagées,  avec  porte  centrale  de  même 
forme;  au  pignon  Nord,  même  fenestrage. 

Pleyber-Christ.  —  Deux  chapelles  en  style  Louis  XIII  et 
Louis  XIV. 

Plogastel- Saint-Germain.  — Près  de  la  chapelle  de  Saint- 
Germain,  ossuaire  gothique  privé  depuis  longtemps  de  sa 
toiture  et  de  sa  charpente.  Les  arbres  et  les  ronces  pous- 
sent à  l'extérieur,  le  lierre  tapisse  les  murs  et  les  arcades, 
ce  qui  donne  beaucoup  de  pittoresque  à  ces  vénérables 
ruines. 

Plomeur.  —  Ossuaire  à  la  chapelle  de  N.-D.deTréminou. 

Plonéis.  —  Trois  arcades  gothiques  du  xvi®  siècle,  au 
c^té  Sud  de  Téglise. 

Plonévez-du-Faou.  —  Ossuaire  à  l'église  paroissiale.  On 
y  a  retrouvé,  vers  1895,  une  belle  croix  de  procession,  en 
aident  doré,  qui  y  avait  été  cachée  sous  les  ossements, 
"  pendant  la  Révolution. 

A  la  chapelle  de  Saint-Herbot,  dans  la  même  paroisse, 
joli  petit  ossuaire  Renaissance,  accolé  à  l'angle  du  porche 
Sud.  Les  quatre  baies  carrées  sont  séparées  par  des  pilas- 
tres ioniques,  dont  les  chapiteaux  à  volutes  portent  un  bel 
entablement. 

Plouarzel.  —  Chapelle  du  xvii®  siècle,  dans  le  cimetière. 

Ploudiry.  —  1635.  Chapelle  ayant  une  porte  encadrée 
de  colonnes  cannelées  à  chapiteaux  corinthiens  et  sur- 


—  92  - 

montée  d*tin  fronton  triangulaire.  Les  baies  en  plein-cin- 
tre sont  séparées  par  des  pilastres  doriques  en  forme  de 
gatnes.  Au-dessus,  il  y  a  comme  une  frise  de  caissoas 
carrés  encadrant  différents  personnages  en  buste.  Au 
dessus  du  bénitier  d'angle,  un  ange  tient  une  banderolie 
avec  ce  texte  :  Bonnes  geniz  qui  par  icy  passez,  priez  Dieu 
pour  les  trépassez.  1635. 

Sur  le  fronton  de  la  porte  se  détache  le  buste  de  saint 
Pierre,  patron  de  la  paroisse,  vêtu  de  la  chape  et  portant 
la  tiare.  Sur  la  frise  on  lit  cette  inscription  :  O.  CouLm. 
F.  Rosec.  Fabricques.  en,  lan.  1635, 

Plougonven.  —  Contre  le  mur  Ouest  du  cimetière  est 
un  ossuaire  gothique  à  multiples  baies  terminées  en  arc 
subtrilobé. 

Plougoulm.  —  Au  côté  Sud  du  cimetière,  ossuaire  à 
quatre  niches  \\i^  siècle,  sur  un  soubassement  ajouré. 

Plouguerneau.  —  A  la  chapelle  du  Grouanec,  ossuaire 
adossé  au  porche,  formé  de  six  baies  séparées  par  des 
pilastres  en  gaînes. 

Plounéour-Ménez.  —  Ancien  ossuaire  maintenant  dé- 
truit, mais  dont  les  colonnes  cylindriques  existent  encore. 

Plounéour-Trez.  —  Au  côté  Sud  du  cimetière,  deux 
chapelles  style  Louis  XIII  et  Louis  XIV. 

Plouvien.  —  A  la  chapelle  de  saint  Jaoua,  ossuaire  go- 
thique adossé  au  côté  Midi  de  la  nef. 

Primelin.  —  Près  de  la  chapelle  monumentale  de  Saint- 
Tujean  existait  autrefois  un  petit  ossuaire  gothique,  dont 
quelques  pièces  sont  maintenant  au  bourg,  formant  clô- 
ture autour  d'une  croix  de  mission. 

Rédené.  —  Ossuaire  à  arcades  gothiques  adossé  au  Sud 
de  la  nef. 

Roche -Maurice  (La).  —  L'ossuaire,  situé  près  de  la 
façade  Ouest  de  l'église,  forme  une  chapelle  sous  le  voca- 
ble de  Sainte-Anne.  C'est  un  monument  remarquable  par 


-  93  - 

son  style  et  ses  dimensions.  Dans  la  frise  qui  couronne  la 
porte  principale  on  lit  cette  inscription  :  MEMOR  :  ESTO  : 
IVDICII  :  MEI  :  SIC  :  ERIT  :  ET  :  TVVM  :  MIHI  :  HODIE  : 
TIBI  :  GRAS  :  1639. 

Au  dessus  de  la  porte  du  pignon  Sud  :  MEMENTO  : 
HOMO  :  QVIA  :  PVLVIS  :  ES  :  1640.  —  Enfin,  le  petit  bé- 
nitier de  Tangle  Sud-Est  supporte  un  squelette  armé  d'un 
dard  et  qui  dit  :  JE  :  VOVS  :  TVE  :  TOVS. 

La  façade  latérale  de  cette  chapelle  est  d'une  grande 
richesse.  Dans  le  soubassement  formé  de  panneaux  car- 
rés ou  de  caissons,  on  a  sculpté,  non  pas  une  danse  maca- 
bre, comme  on  le  répète  dans  la  plupart  des  Guides,  mais 
quelque  chose  dans  le  même  ordre  d'idées  :  une  série  de 
sept  personnages  indiquant  les  différentes  catégories  de 
ceux  qui  sont  sujets  ou  tributaires  de  la  mort  :  i^  un 
laboureur  avec  une  bêche  ;  2»  une  femme  coquette  tenant 
un  bouquet  ;  3©  un  juge  ou  un  avocat  ;  4°  un  pape  ;  5°,  6®, 
70  saint  Yves  entre  le  riche  et  le  pauvre.  De  chaque  côté 
de  la  porte  sont  cinq  baies  en  plein-cintre,  à  jambages 
moulurés,  séparées  par  des  colonnes  corinthiennes  canne- 
lées qui  forment  une  très  belle  ordonnance,  et  au-dessus 
de  Tentablement  se  répète  la  même  disposition  de  pilas- 
tres et  de  niches  à  coquilles,  qui  se  continuent  sur  les 
contreforts  d'angle. 

Roscofi.  —  i^  Une  chapelle  sans  grand  style  ;  2°  un 
ossuaire  qui  est  un  des  plus  originaux  et  des  plus  parfaits 
du  genre  :  sur  un  des  pignons  et  une  des  façades  latérales 
sont  percées  vingt-huit  baies  séparées  par  des  pilastres 
cannelés,  quatorze  carrées  en  bas,  et  quatorze  à  plein-cin- 
tre au-dessus.  Les  pilastres,  les  moulures  et  les  disposi- 
tions générales  indiquent  le  style  Louis  Xlii. 

Saint-Corentin  de  Quimper.  —  Autrefois,  près  du  por- 
che latéral  Nord  existait  un  petit  ossuaire  gothique  qui 
datait  de  1514  et  qui  fut  démoli  en  1840. 


—  94  — 

Avec  les  débris  on  a  reconstitué  l'édicule  qui  se  trouve 
dans  la  galerie  des  costumes,  au  Musée  archéologique. 

Saint -Divy- La -Forêt.  —  1506.  Dans  le  cimetière,  un 
petit  ossuaire  à  deux  compartiments,  surmonté  d'une 
croix  qui  porte  cette  date  en  caractères  gothiques  :  Le 
premier  jour  de  Juin,  lan  mil  F®  VI. 

Saint'Hemin. — 1697.  Petite  chapelle  sous  le  vocable  de 
Sainte- Anne  :  une  porte  et  quatre  arcades  à  plein -cintre. 
Au-dessus  de  la  porte,  bas-relief  de  N.-D.  de  Pitié.  Ins- 
cription :  N  :  ET  :  D  :  MIRE  :  Y  :  ROUXEL  :  RECTEVR  : 
CHRISTOFE  ;  LE  :  STAIRIC  :  :  FARRIQUE  :  1697. 

Saint-Jean-du-Doigt.  —  Ossuaire  gothique,  xv«  siècle,  à 
arcades  subtrilobées,  accolé  au  Sud  de  la  base  du  clocher. 
Tout  à  côté,  à  l'angle  de  la  façade  Ouest,  autre  ossuaire 
genre  Louis  XIII,  1618,  ayant  ses  arcades  maintenant* 
murées. 

Saint-Pol-de-Léon.  —  Plusieurs  petits  ossuaires  gothi- 
ques, dans  le  mur  d'enceinte  du  cimetière  de  Saint-Pierre. 

Saint-Servais.  —  Une  chapelle  ayant  deux  belles  portes 
avec  pilastres  et  frontons,  et  cinq  fenêtres  à  plein-cintre 
séparées  par  des  pilastres  à  gaines  genre  Louis  XIII. 

Saint-Thégonnec.  — 1675.  C'est  un  des  derniers  ossuaires 
en  date,  mais  c'est  le  plus  beau  et  le  plus  monumental. 
La  façade  Midi  et  l'abside  à  pans  coupés  sont  particuliè- 
rement riches.  L'abside  est  percée  de  deux  belles  fenêtres, 
appuyée  sur  ses  angles  par  des  contreforts  surmontés  de 
clochetons  qui  forment  une  admirable  silhouette  avec  les 
trois  autres  clochetons  plus  haut  placés  sur  les  pignons 
aigus. 

Sur  la  façade  latérale,  un  solide  soubassement  soutient 
un  rang  de  six  fenêtres  séparées  par  des  colonnes  corin- 
thiennes, et  au  milieu  est  une  large  porte  de  même  style. 

Le  deuxième  étage  est  formé  par  une  série  de  huit 
niches  à  coquilles,  encore  séparées  par  des  colonnes 


-96  - 

semblables,  mais  plus  courtes.  Au-dessus  de  la  porte,  une 
niche  plus  monumentale  abrite  la  statue  de  saint  Paul- 
Aurélien  ;  cette  niche  est  surmontée  d*un  dais  et  accostée 
de  deux  cariatides  à  gaines  coiffées  de  la  volute  ionique. 
Dans  la  frise  qui  sépare  les  deux  étages  est  sculptée 
une  inscription  magistrale  en  grandes  capitales  romaines, 
qui  se  continue  sur  tout  le  pourtour  de  l'édifice  : 

CEST  :  VNE  :  BONNE  :  ET  :  SAINCTE  :  PANSÉE  :  DE  : 
PRIER  :  POVR  :  LES  :  FIDELES  :  TRÉPASSÉS  - 
REQVIESCANT  ;  IN  :  PAGE  :  AMEN  —  HODIE  :  MIHI 
CRAS  :  TIBI  —  0  :  PÉCHEVRS  :  REPANTEZ  :  VOVS 
ESTANTS  :  VIVANTS  :  CAR  :  A  :  NOVS  :  MORTS  :  IL 
N'EST  :  PLVS  :  TEMPS  —  PRIEZ  :  POVR  :  NOVS 
TRÉPASSÉS  :  CAR  :  VN  :  DE  :  CES  :  JOVRS  :  AVSSI 
VOVS  :  EN  :  SEREZ  —  SOIEZ  :  EN  :  PAIX. 

Dans  les  contreforts  des  extrémités  sont  incrustés  deux 
bénitiers  rappelant  toute  l'ornementation  des  clochetons 
et  des  niches.  A  l'intérieur  de  la  chapelle  on  voit  un 
autel  surmonté  d'un  retable  à  colonnes  torses  ;  et  sous 
l'autel  est  une  sorte  de  chambre  basse  ou  de  crypte  éclairée 
par  deux  soupiraux,  dans  laquelle  on  a  placé,  en  1702, 
un  sépulcre  de  Notre-Seigneur,  œuvre  des  plus  remar- 
quables, où  l'on  doit  admirer  surtout  la  Madeleine,  la 
Véronique  et  les  deux  anges  pleurant  près  du  tombeau. 

Saint- Yvi.  —  Un  ossuaire  près  de  l'église  paroissiale, 
et  un  autre  semblable  à  la  chapelle  de  Loc  Maria-an-Hent, 
tous  les  deux  gothiques  xv«  siècle,  à  meneaux,  arcatures 
trilobées  et  trèfles  à  redents,  dans  le  genre  de  l'ancien 
cloître  des  Carmes  de  Pont  l'Abbé,  maintenant  rétabli  au 
Grand-Séminaire  de  Quimper. 

Sizun.  —  Grande  chapelle  de  1588,  antérieure  de  près 
de  cent  ans  à  celle  de  Saint-Thégonnec,  mais  à  peu  près 
du  même  genre,  seulement  moins  riche.  Les  niches  du 
haut  sont  garnies  des  statues  des  Apôtres. 


-  96  - 

Spézet.  —  À  l'Ouest  du  cimetière,  ossuaire  très  délabré, 
semblant  être  de  la  fin  du  xvi<»  siècle. 

Tàulé.  —  Au  pied  du  clocher,  deux  petits  ossuaires 
gothiques  à  arcades  à  anse  de  panier,  des  premières 
années  du  xvi<»  siècle. 

Trémaouézan.  —  Ossuaire  gothique  percé  de  trois  arca- 
des à  anse  de  panier,  et  d'une  porte  élégante  encadrée 
d'une  riche  accolade  soutenue  sur  deux  anges  qui  tien- 
nent les  deux  légendes  suivantes  en  caractères  gothiques: 

Bonnes  .  gens  .  qui  .  par  .  icy  .  pcusez 
Priez  .  Dieu  .  pour  .  les  .  trépassez. 

Gant .  Doue  .  han  .  bet .  mUiguet .  eo 
Nep  .  7ui .  lavar  .  mat ,  pe  .na  .  teo. 

Ce  qui  signifie  : 

De  Dieu  et  du  mor^de  maudit  est 
Qui  ne  dit  le  bien  ou  ne  se  tait, 

*  « 

Nous  venons  de  voir  une  longue  liste  d'ossuaires.  Le 
grand  nombre,  la  variété  et  la  richesse  de  ces  monuments 
nous  indiquent  qu'ils  forment  une  belle  page  dans  l'his- 
toire de  l'art  en  Basse-Bretagne. 


ORATOIRES 

Après  les  ossuaires,  et  dans  le  môme  chapitre,  il  serait 
bon  de  signaler  d'autres  petits  monuments,  qui  sont  un 
peu  analogues  comme  construction,  mais  qui  ont  une 
destination  différente  :  ce  sont  des  oratoires  largement 
ouverts  sur  deux  ou  trois  côtés. 

On  en  trouve  un  très  intéressant  dans  les  Méjou  ou 


-  97  — 

vaste  champ  que  Ton  traverse  pour  aller  à  pied  du  bourg 
de  Plougasnou  à  Saint-Jean  du  Doigt.  C'est  un  oratoire 
dédié  à  N.-D.  de  Lorette,  édicule  d'un  genre  singulier  qui 
D  a  pas  son  pareil  dans  la  contrée,  et  qui  nous  reporte  au 
tombeau  lycien  dessiné  par  Viollet-le  Duc  dans  son  Dic- 
tionnaire de  V Architecture  et  dans  ses  Entretiens  :  en 
façade,  une  ouverture  en  arc  plein-cintre,  avec  antéfixe 
au  sommet  du  fronton  courbe;  sur  les  côtés,  un  soubas- 
sement puissamment  galbé  porte  des  pilastres  et  des 
cariatides  qui  soutiennent  un  entablement  et  une  toiture 
courbe,  toute  en  pierres  de  taille  fort  habilement  appa- 
reillées et  agencées,  retenues  par  deux  entraits  de  pierre 
dont  les  têtes  font  saillie  à  l'extérieur  et  qui  les  empê- 
chent de  pousser  au  vide.  Sur  la  frise  on  lit  cette  inscrip- 
tion : 

Damoiselle  .  Jeanne  .  de  .  Kerédan  .  Dame  .  Douairière  . 
de  .  Kervastan .  A  .  Faict .  Bâtir .  A .  Lhonneur  .  De  .  Dieu  . 
Et.De,  Notre-Dame  .  De  .  Lorette  .  16 Jl. 

Dans  la  même  paroisse,  au  fond  du  cimetière  transféré 
il  y  a  quelques  années,  existe  un  autre  oratoire  ouvert 
qui  se  trouvait  autrefois  près  de  l'église  ;  la  toiture,  en 
ardoises  ornementées,  est  portée  sur  des  colonnes  et  des 
piles  massives.  Sur  le  poinçon  du  toit  est  un  très  joli 
fleuron  en  plomb  découpé  et  estampé.  Au  fond  de  cet 
oratoire  est  un  autel  en  pierre  sur  lequel  on  disait  la 
messe  lorsqu'il  y  avait  un  concours  de  fidèles  trop  nom- 
breux pour  être  logé  dans  l'église,  ou  encore  à  l'occasion 
de  la  fête  annuelle  des  Trépassés. 

Dans  le  cimetière  de  Saint-Jean-du-Doigt  est  un  oratoire 
analogue,  daté  de  1573,  et  dont  la  destination  devait  être 
la  môme,  pour  les  jours  de  grand  concours  de  pèlerins. 
Le  soubassement  en  granit,  admirablement  profilé,  porte 
des  piliers  en  gaines  soutenant  la  frise  et  le  toit  qui  est 
couronné  d'un  clocheton  à  découpures  en  plomb.  On  ne 

BcLLETiN  DE  LA  CoMMissiOFr  DIOCESAINE.  —  3»  année.  7 


—  98  — 

saurait  étudier  trop  attentivement  les  ornements  et  les 
sujets  bizarres  sculptés  sur  la  sablière  intérieure,  ainsi 
que  les  nervures  et  les  clefs  pendantes  de  la  voûte. 

Signalons  pour  finir  un  autre  petit  oratoire  ouvert, 
presque  à  l'entrée  du  bourg  de  Plouégat  Guerrand,  et 
celui  de  la  chapelle  de  Saint-Cado,  en  Gouesnac'h,  ce  der- 
nier presque  entièrement  en  bois. 

(A  suivre.) 


99  — 


CARTULAIRE 

DE    L'ÉGLISE    DE    QUIMPER 

(Suite.) 


89. 

LinERE  DE  VENDICIONE  ET  OBLIGACIONE 
QUAS  FECERUNT  FILII  AMELINI  EPISCOPO  R.  <<) 

Les  fils  d'Amelln  pour  se  rédimer  des  usures  des  Juifs  vendent  ft 

l'Évesque  de  Cornouaille  certains  héritages  en  Kerfeunteun,  oy 

speoiflez. 

-1; 


■ 

L'niversis  présentes  litteras  inspecturis,  humile  Capi- 
lulum  Corisopitense  salutem  in  vero  salutari. 

Xoverilis  quod  cum  Guillermus  Allerius  filii  Amelini 
miles,  et  Eudo  et  Petrus  fralres  sui,  omnia  bona  $ua  et 
terras  omnes  quas  habebant  obligassent  pignori  cum 
judeis  (2)  ad  usuras  currenles  et  jam  periculum  toqius 
palriraonii  iraminere  sibi  sentirent  et  idem  Wilelmus  et 
fratres  ejus  in  nostra  presencia  constituti,  ad  liberandum 
se  de  manibus  judeorum  vendiderunt  venerabili  Patri 
nostro  Corisopitensi  Episcopo  treseilîatos  mellis  in  Cozon 
in  parrocbia  de  Kerfrouton  videlicet  Gampnotudi  et 
Caerangadone  et  Cistiliic,  pro  triginta  et  quinque  libras 
brietenses  sibi  et  successoribus  suis  quiète  et  pacifiée  i-n 
perpetuum  possidendas  et  habendas.  Très  autem  Carvenat 
frumenti  qui  solebant  reddi  episcopo  annis  singulis  de  tre- 


(1)  C.  56,  ^  12. 

(2)  Note  marginale  :  Nota  quod  tune  erant  hic  judei. 


—  100  — 

guisiael  (1)  de  illis  tribus  cilîalis,  decetero  non  solventur. 

Preterea  vendiderunt  eidem  Episcopo  très  alios  mellis 
cilîatos  in  eadem  parrochia  juxta  ciffatos  superius  nomi- 
natos,  pro  quadraginta  libris  britennis,  videlicet  duoscifla- 
tos  in  Lesteyr  et  Kaernynnou  et  unum  in  run'Gradlon, 
tali  tamen  conditione  adjecta,  quod  si  dictus  Wilelmus 
miles  vel  Eudo  et  Petrus  fratres  sui  vel  heredes  eorum 
voluerint  solvere  Episcopo  Corisopitensi  quadraginta  li- 
bras  bretenses,  dictos  très  ciffatos  ultimos  rehabebunt, 
prius  tamen  dicta  pecunia  persoluta. 

Preterea  convenit  inter  eos  quod  si...  voluerit  edificare 
domum  in  Lesteyr  usque  ad  viginti  libras,  dictus  Wilel- 
mus et  fratres  sui  tenentur  solvere  dicto  Episcopo  decem 
libras,  si  quando  terram  illam  supradicto  modo  voluerint 
rehabere,  nec  ipsi  eidem  Episcopo  in  plus  tenebuntursi 
circa  predictum,  sumptus  fecerit  ampliores. 

Preterea  si  Episcopus  fecerit  molendinum  in  Lesteyr, 
dictus  miles  et  fratres  sui  tenentur  solvere  dicto  Episcopo 
omnes  expensas  factas  circa  molendinum,  ad  legitiniam 
computacionem  magistri  operis,  si  quando  terram  illam 
a  dicto  Episcopo  voluerint  rehabere,  sicut  superius  est 
conventum  inter  eos  coram  nobis. 

De  calumpnia  autem  quam  Herveus  de  Ponte  movebat 
tempore  venditionis  contracte  super  dictas  terras,  ita  con- 
venit inter  eos  coram  nobis,  quod  sepedictus  Wilelmus 
et  fratres  sui  garantizabunt  dictum  Episcopum  et  succes- 
sores  suos  contni  eumdem  Herveum  et  alios  omne«  calum- 
pniatores  et  si  Episcopum  oporteat  facere  sumptus  defen- 
dendo  se,  tenebuntur  solvere  sumptus  illos  et  hoc  tenendo 
obligaverunt  ei  et  successoribus  suis  omnes  ferras  quas 
habent  vel  tenent  ab  Episcopo  in  Cuthon  (Cuzon). 

Hec  autem  que  supradicta  sunt,  se  fideliter  servaturos 

(1)  Terquûiaet  (terre  écorchôe).  Droit  à  l'occasion  d'un  défrichemeot. 


-  101  — 

juraverunt  coram  nobis,  tactis  sacrosancds  Evangeliis. 

Preterea  istis  venditionibus  et  aliis  conventionibus  in 
istîs  lîtteris  comprehensis,  sorores  ejusdem  Willelmi  et 
fflarjti  earum,  ad  hoc  ab  eodem  Episcopo  specialiter  con- 
vocati,  et  Dyles  armiger  qui  calumpniabatur  medietatem 
Kaerangadoube  et  filia  Amelini  soror  patris  ejusdem 
VVilelmi,  que  calumpniebatur  in  Kystillic,  de  mera  volun- 
tate  sua  libère  quitaverunt,  si  quid  jus  in  dictis  terris 
habebant.  Idem  autem  Wilelmus  et  fratres  sui  promise- 
runt  se  daturos  dicto  Dyles  armigero  et  sepedicte  filie 
Amelini,  legitimum  excambium  in  aliis  terris  suis. 

Nos  autem  ad  peticionem  Episcopi  Corisopitensis  et 
dicti  Wilelmi  militis  et  Eudonis  et  Pétri  fratrum  suorum, 
dictis  conventionibus  nostrum  consensum  adhibuimus  et 
favorem,  et  ad  majorem  certitudinem  rei  geste,  présentes 
litteras  sigilli  nostri  munimine  duximus  roborandas. 

Idem  eciam  Episcopus  ad  petitionem  dicti  Wilelmi  mi- 
litis et  fratrum  suorum,  présentes  litteras  sigilli  sui  muni- 
mine  roboravit. 

Actum  puplice  apud  Kemper  Corentinum  anno  gracie 
MoCCoXX  septimo. 

40. 

DE  NON  DANDO  RESPONSUM 
NISI  EXCLUSO  PETENTE,  NEC  DENTUR  SUPER 

HOC  LITTERE  («^ 

Que  le  Ohapltre  ne  délibérera  sur  demande  de  conséquence  que 
celuy  qui  denriande  ne  sorte,  et  sera  repondu  que  par  advie 
CM)mmun.  ^  1227  — 


Anno  Domini  M^CCoXXo  septimo  in  crastino  synodi 
S^i  Luce  (2)  in  capitulo  generali  statutum  et  juratum  fuit 
a  Canonicis  êcclesie  Corisopitensis,  quod  si  aliquis  pecie- 

- * 

(1)  C.  56,  f.  36. 

(3)  Le  19  Octobre  13S7. 


-  102  — 

rit  aliquod  magnum  responsum  a  dicto  Capitulo,  quod 
nullus  respondeat  petenti  nisi  illo  prius  excluso  extra 
Capitulum  et  communicato  consilio  omnium  canonicoruni 
presencium  et  cum  deliberacione  et  maxime  super  con- 
cessione  alicujus  littere  que  tangat  aliquam  receptionem 
alicujus  in  Canonicum  et  in  fratrem  in  dicta  ecclesia  et 
quod  nullus  concédât  litteras  suas  proprias  super  hoc  nec 
singulare  responsum. 

41. 

CARTA  DE  ANNIVERSARIO  ANSCERI 
ARCHIDIACONI  CORNUBIENSIS  FACIENDO  ANNUATIR 

IN  ECCLESIA  CDRISOP.  f<) 

L'Archidiacre  de  Cornouailie  donne  des  terrée  qu'il  a  au  flef  de 
8*  Corentin  au  Chapitre  et  que  le  possesseur  d'icelle  payera 
18  sols  pour  son  anniversaire. 

-1228- 


Universis  Christi  fidelibus  présentes  litteras  inspecturis 
Anscher  Cornubiensis  archidiaconus  salutem  in  Domino. 

Noverint  universi  quod  nos  viris  venerabilibus  et  dis 
cretis,  Capituio  Corisopitensi  dedimus  et  concessimus  in 
puram  elemosinam,  omnes  terras  quas  per  emptionem  val 
per  vadimonium  acquisivimus  vel  acquisituri  sumus  in 
feodo  S^^  Chorentini,  ita  quod  commemoratio  nostri  anni 
versarii  in  Corisopitensi  ecclesia  peragatur  solempniter 
annuatim.  Quicumque  vero  prenominatas  terras  tenebit, 
tenetur  solvere  XV  solidos  in  annis  singulis,  distribuendos 
clericis  qui  anniversario  intererunt. 

Quod  ut  firmum  et  stabile  successu  temporis  persévérât, 
ad  majorera  certitudinem  veritatis,  présentes  litteras  nos- 
tri sigilli  m  uni  mine  duximus  roborari. 

Actum  publiée  anno  Domini  M^  CC®  XX»  VIII»  apud 
Kemper  Corentin. 

(1)  C.  56,  1^  22. 


-  103  - 

LITTERE  DE  QUADAM  CONSTITUTIONE  FACTA 
Il  CAPITULO  CORISOPITENSI QUAM  (qy^d)  NULLUS  INSTITUETUR 

IN  CANONICUM  NEC  ALIQUEM  STATUM  fsiatuium) 
FIAT  QUI  PERPETUITATEM  CONTINEAT  NISI  VOCATIS  OMNIBUS 

CANONICIS  DE  PRDVINCIA  «) 

statut  qu'il  ne  sera  ordinaire  (2)  en  Chapitre  pour  être  perpétuelle 
que  tous  estant  en  la  province  de  Tours  n'y  soient  appelés  et 
n'y  consentent  à  peine  de  nullité. 

-  1228- 


Universis  Christi  fidelibus  présentes  litteras  inspecturis 
humile  Capitulum  Corisopitense  salutem  in  Domino. 

Noveritis  quod  nos  habita  communi  deliberacione  et 
consensu,  conslituimus  et  bona  fide  promisimus  quam 
(quod)  de  cetero  nuUum  instituemus  canonicum,  nec  de 
Dovo  aliquem  in  canonicum  recipiemus,  nec  redditus  ali- 
quos  vel  pensionem  alicui  conferemus,  nec  aliquod  statu- 
tum  quod  perpetuitatem  contineat,  nec  aliquem  consen- 
sum  qui  omnes  canonicos  tangat  faciemus,  nisi  in  Com- 
muni Capitulo  et  habita  communi  deliberacione  omnium 
el  consensu,  et  omnibus  canonicis  ecclesie  nostre  vocatis 
qui  in  provincia  Turonensi  poterunt  (poterint,  C.  31) 
inveniri. 

Promisimus  eciara  et  concessimus  quod  si  per  aliquos 
de  Canonicis  nostris,  contra  hoc  statutum  factum  fuerit 
aliquid,  illud  omni  posse  nostro  curabimus  revocare,  nec 
paciemur  quod  per  illud  statutum  aliquis  nostrum  in  ali- 
quo  obligetur,  immo  concessimus  et  promisimus  quod  si 
quid  contra  hujus  formam  statuti  nostri  factum  extiterit, 
nullius  habeatur  momenti. 

Ego  G.  thesaurarius  interfui,  consensi  et  sigillavi. 

(1)  c.  56,  ^  4. 

(3)  C'est-à-dire  :  qu'il  ne  sera  fait  ordoooaoce. 


—  104  — 

Ego  A.  archidyacoDus  Cornubie  interfui,  consensi  et 
sigillavi. 

Ego  R.  decanus  de  Capcavall  interfui,  consensi  et  sigil 
lavi. 

Nos  eciam  Magistri  Cad-Herveus  de  Castrolini,  Herveus 
Redgaudi,  Alanus  de  Coroe  et  J.  Guarini  et  Yvo  et  Guido 
canonici  interluimus,  consensimus  et  sigillavimus  et 
commune  sigillum  capituli  nostri,  presentibus  litteris 
aponi  fecimus  ad  majoris  roboris  firmitatem. 

Actum  anno  gracie  M^  ducentesimo  vicesimo  octavo  die 
jovis  proxima  post  festum  Sancti  Petri  ad  vincula  (1). 


43. 

LITTERA  ANNIVERSARII  R.  EPISCOPI  CORISOP.  ^^ 

Le  8g^  Evesque  fonde  un  obit  de  B  sole  à  chaque  chanoine  préeent, 
2  sols  à  chaque  curé,  1 2  deniers  à  diacre,  autant  à  sous-diacre 
et  désigne  sur  terre  par  luy  acquise  en  Coeuzon. 

-1228  - 


Universis  Christi  fidelibus  présentes  litteras  inspecturis 
R.  divina  miseratione  Corisop.  ecclesie  minister  humilis 
salutem  in  auctore  salutis. 

Noverit  universitas  vestra  quod  nos  in  precinctu  pere- 
grinationis  nostre  ad  sanctum  Nicholaum  de  Bar  (3)  cons- 
titutif pro  salute  anime  nostre,  Capitulo  Corisopiten  con- 
tulimus  ad  nostrum  anniversarium  in  ecclesia  beati  Cho- 
rentini  annis  singulis  faciendum  cum  assensu  et  voluntate 
tocius  Capituli  nostri,  sex  ciffatos  mellis  quos  a  Wilelmo 
filio  Wilelmi  Amelin  et  suis,  de  nostro  proprio  emimus 


(1)  L'année  1228,  le  1"  Août,  fête  de  saiot  Pierre-ès-UeDS,  était  qd 
mardi.  Cet  acto  est  donc  daté  du  3  Août,  jeudi. 

(2)  C.  56,  f  35. 

(3)  L'Évoque  allait  entreprendre  le  pèlerinage,  alors  très  célèbre,  de 
Saint-Nicolas  de  Bari,  en  Apulie, 


-  105  — 

Chatallo  (1)  sicut  in  nostris  aliis  licteris  de  ista  emptione 
plenius  continelur.  Tota  autem  dicta  terra  est  in  parro- 
chia  de  Cuthon  in  illa  parte  parrochie  que  Souc  Wenhaer 
vulgariter  nuncupatur,  salvo  nobis  illius  terre  quamdiu 
vixerimus  usufructu.  De  distributione  in  anniversariis 
facienda  ordinamus  quod  quilibet  canonicorum  eorum 
qui  interfuerit  anniversario  memorato  habeat  V  solidos, 
quilibet  capellanus  duos  solidos,  quilibet  dyaconus  et 
subdyaconus  XII  denarios,  minores  autem  clerici  habe^ 
buDt  secundum  quod  distributor  viderit  expedire  et  hoc 
si  rei  quantitas  ad  hoc  sufïicere  videatur.  Distribucio  au- 
tem fiât  statim  quando  cantatum  fuerit  Agnus  Dei.  In 
rec(^nitione  autem  dicte  donacionis  volumus  quod  die 
martis  proxima  post  octabas  Penthecostes  in  ecclesia  Cho- 
rentini,  misça  de  Spiritu  Sancto  pro  nobis  quamdiu  vixe- 
rimus solempniter  celebretur,  et  clericis  qui  dicte  misse 
interfuerint  per  manum  ministri  nostri,  V  solidi  divi- 
dantur. 

Ut  autem  ista  donatio  perpétua  maneat  nos,  omnes  qui 
contra  eam  scienter  venire  presumpserint,  excommuni- 
cayimus  et  présentes  litteras  sigillis  nostro  et  Capituli 
nostri  fecimus  sigillari. 

Actum  anno  gracie  M^CC^XX®  octavo,  in  Capitulo  eccle- 
sie  nostre  in  festo  béate  Caterine  (25  Novembre). 

(1)  CataJUum,  bien  mobilier  (Ducange). 

(A  suivre,) 


t^^ 


106  — 


du  Minlhy  de  Léon. 


\ 


ENQUÊTE  DE  COMMODO  ET  INCOMMODO 

(Suite.) 


Le  dit  S""  le  Dot,  vicaire  perpétuel  de  la  paroisse  de 
Toussaints,  demeure  d'accord  de  tous  les  apurements 
requis  par  le  S^  de  Raffîas,  quant  à  l'église  de  N.  D.  de 
Craspas  à  Rosco,  et  que  on  peut  même  dire  avec  vérité, 
que  c'est  une  des  églises  des  mieux  ornées  du  diocèse  de 
Léon  et  mesme  en  meilleur  estât  que  la  Cathédrale  de 
Léon,  quoique  cela  ne  provienne  que  de  la  piété  de 
MM.  les  bourgeois,  marchands  et  habitants  du  dit  port 
de  Rosco  et  du  peuple  des  environs,  et  qu'il  y  a  un  fond 
particulier  pour  l'entretien  et  ornement  de  la  Cathédrale, 
et  qu'il  n'y  a  presque  point  d'autel  dans  la  dite  Cathé- 
drale où  il  n'y  ait  de  chapellenies  fondées. 

Et  au  surplus,  proteste  de  nullité  de  la  visite  dans  la 
dite  église,  ne  s'agissant  pas  icy  de  cela  à  présent,  et 
s'adhère  au  réquisitoire  des  Sieurs  députés,  que  le  S^  Des 
marres  Lehir,  trésorier  et  marguillier  de  la  dite  église 
présent,  ait  à  représenter  l'érection  qui  a  été  faite  de  la 
dite  église  en  aide  de  la  paroisse  de  Toussaints,  à  faute 
de  quoy  il  soit  donné  pour  constant  et  avéré  qu'elle  n'a 
esté  érigée  qu'aux  mesmes  conditions  que  celle  de  S*  Adrien 
à  Sanlec,  en  aide  de  la  paroisse  de  S*  Pierre,  attendu  la 


-  107  — 

grandeur  et  estendue  des  dites  paroisses.  Et  a  signé  : 
J.  LE  Dot,  vicaire  perpétuel  de  Toussaints,,. 

Le  dit  S'  des  Marres  Lehir,  présent,  a  protesté  de  nul- 
lité du  réquisitoire  ci  dessus  et  n'a  voulu  signer. 

Ce  fait,  le  Sieur  Promoteur  a  requis  que  le  S»"  le  Dot  et 
le  soubs  curé  de  Rosco,  et  celui  de  Santec,  soient  inter- 
rogés sur  la  résidence  dans  la  paroisse  et  église  succur- 
sale de  Rosco  et  sur  les  fonctions  de  son  soubz  curé.  Signé: 

mm 

G.  HiNAULT,  M^  le  Promoteur. 

Surquoy  le  dit  S' le  Dot,  interrogé,  a  refusé  de  répon- 
dre répétant  qu'il  ne  nous  connaissait  point. 

Et  ayant  fait  lever  la  main  au  soubz  curé  de  Rosco  et 
jurer,  l'avons  interrogé  : 

A  dit  s'appeler  Missire  Jan  Guegan,  prestre  de  Rosco  y 
demeurant,  soubz  curé  de  la  dite  succursale  avec  Missire 
Philippe  Rodo  et  estre  âgé  d'environ  55  ans. 

Interrogé,  dit  que  avant  que  M^  le  Dot  fut  vicaire  de 
Toussaints,  il  n'y  avait  ordinairement  qu'un  soubz  curé  à 
Rosco,  mais  que  depuis  le  mois  de  Février,  le  dit  le  Dot  a 
mis  deux  soubz  curés,  scavoir  l'interrogé  et  le  dit  S'^  Rodo. 
Que  le  dit  le  Dot  vient  quelque  fois  aux  grandes  messes  à 
Roseo,  où  il  chante  la  grande  messe  et  confesse  ;  que  les 
habitans  de  Rosco  font  leurs  pasques  à  Rosco  ;  que  dans 
le  territoire  il  peut  y  avoir  1200  communiants,  et  dit  n'a- 
voir reçu  aucun  salaire  de  le  Dot. 

Que  dans  la  dite  église,  tous  les  dimanches  et  festes  on 
chante  la  grande  messe  et  vespres  et  que  l'on  fait  le  prosne 
tous  les  dimanches  ;  qu'ils  sont  onze  prestres  dans  la  dite 
égJise  qui  administrent  les  sacrements  au  peuple. 

Et  a  signé  :  J.  Guéglen,  curé  de  Toussaints, 

Le  S' Rodo,  interrogé,  répondit  s'appeler  Phelipes  Rodo, 
âgé  de  36  ans,  soubz  curé  à  Rosco* 

Qu'il  y  a  dans  le  district  de  Rosco  mille  à  onze  cents 
communiants  et  que  tous  les  peuples  du  bas  bout  de 


—  108  — 

Toussaints,  qui  prend  de  la  chapelle  de  S^  Paul  et  Querfi- 
chel  à  réglise  de  Rosco,  y  reçoivent  tous  les  sacrements, 
que  les  deux  soubs  curés  n'ont  aucun  salaire  ny  retribu 
tion  que  les  aumônes  du  peuple. 

Et  a  signé  :  Phelipes  Roudaut,  curé  de  Toussaint  à  Rosco, 

Le  Curé  de  Santec,  ensuite  interrogé,  a  dit  s'appeler 
Missire  Paul  Pouliquen,  soubz  curé  de  la  trêve  de  Santec 
et  paroisse  de  S^ Pierre,  demeurant  ordinairement  à  Rosco, 
âgé  de  40  ans. 

Qu'il  va  les  dimanches  et  testes,  et  toutes  les  fois  qu'il 
est  requis,  jour  et  nuict,  à  la  terre  de  Santec  pour  y 
administrer  les  sacrements  ;  qu'il  y  chante  la  grand  messe 
et  vespres,  presche  et  fait  le  prosne  tous  les  dimanches  ; 
que  le  S'  Rozec  va  aussi  de  temps  en  temps  à  la  dite  trêve 
chanter  la  grande  messe  et  administrer  les  sacrements; 
que  l'interrogé  ne  reçoit  aucun  salaire  que  les  aumônes 
du  peuple,  et  quoiqu'il  soit  pourvu  et  establi  par  Mgr  de 
Léon  soubz  curé  du  dit  Santec,  cependant  il  ne  fait  rien 
que  par  l'ordre  du  dit  Rosec.  Et  a  signé:  Paul  Pouliquen, 
curé  de  8^  Pierre, 

De  tout  quoy  avons  dressé  acte,  et  avons  averti  les  par- 
ties de  se  trouver  demain  en  l'église  et  cimetière  de 
S^  Pierre  à  S^  Paul,  9  heures  du  matin,  et  à  1  heure  de 
l'après-midi  à  l'église  cathédrale,  pour  y  estre  donné  tels 
appurements  que  de  raison. 

Le  19  Décembre  1698.  Ainsi  signé  :  J.  le  Roy,  officiai  ; 
G.  }iiNx\]LT,  promoteur  ;  Raffias;  Jacques  Hervé,  et  Jac- 
ques LE  Mesle,  greffier. 


Le  vingtième  jour  de  Décembre  1698,  s'est  présenté 
devant  nous,  Officiai,  le  S'  Raffias,  lequel  nous  a  requis 
qu'il  nous  plaise  descendre  jusques  dans  l'église  et  cime- 
tière de  S*  Pierre  situés  au  faubourg  de  la  rue  Verderelle 


-  i09  — 

et  au  bas  dlcelle  au  quartier  de  Trégondern  pour  en  estre 
fait  estât,  et  nous  estant  transportés  dans  Téglise  du  dit 
S^  Pierre,  s'y  est  trouvé  noble  homme  Guillaume  Le  Roy, 
S'  de  Lestang,  conseiller  du  Roy,  et  son  Procureur  de  la 
ville  et  communauté  de  S*  Paul  et  de  Rosco,  lequel  somme 
les  dits  Sieurs  du  Chapistre  de  déclarer  à  quelle  fin  ils 
prétendent  faire  estât  de  Téglise  du  gouvernement  de 
S^Pierre,  et  déclarent  s'opposer  à  ce  qu'aucune  novalité  y 
soit  faite,  non  plus  que  dans  celles  de  Santec  et  de  Rosco. 
Avons  aussi  trouvé  dans  l'église  de  S*  Pierre  Missires 
Yves  Guillerm,  Jan  Soutré,  Jan  Rozec,  Jacques  le  Dot  et 
Goulven  Tanguy,  vicaires  du  dit  S*  Paul,  les  dits  S"  de 
Querider  et  le  Corre,  en  présence  desquels  le  S'  RafTias  a 
requis  qu'il  lui  soit  donné  pour  appuré  que  la  dite  église 
est  grande  et  vaste,  ayant  deux  croizées,  un  maistre  autel 
fermé  de  balustre  et  vingt  autres  tant  dans  les  deux  croi- 
zées que  le  long  de  la  nefT,  que  la  dite  église  est  pavée  de 
pierres  tombales,  qu'il  y  a  un  confessionnal  et  des  tré- 
teaux pour  les  enterrements,  et  que  joignant  la  mesme 
église  il  y  a  un  grand  cimetière  muré  contenant  de  circuit 
en  dedans  plus  de  600  pas,  et  que  autour  il  y  a  treize  reli- 
quaires de  pierre  de  taille,  que  le  cimetière  est  presque 
entouré  de  pierres  tombales,  qu'il  y  en  a  mesme  quantité 
d'autres  hors  le  môme  circuit  et  dans  le  cimetière,  qu'il 
y  a  quantité  de  petits  benistiers  proches  les  dites  pierres 
tombales  dont  quelques  unes  sont  élevées  à  un  pied  ou 
environ  hors  de  terre,  et  qu'il  y  a  aussi  quatre  chapelles 
autour  du  cimetière,  dont  Tune  est  en  ruine  ;  somme  de 
reconnaître  qu'il  n'y  a  point  d'autre  cimetière  dans  la 
ville  de  S*  Paul  et  dans  tout  le  Minihy  à  la  réserve  de 
ceux  des  succursales  de  Rosco  et  de  Santec,  et  que  l'on  a 
de  tout  temps  fait  des  enterrements  dans  les  dits  église  et 
cimetière  de  tous  les  habitants  du  Minihy  indiiléremment. 
SiçTii  :  Raffias. 


—  no  — 

Les  dits  sieurs  Vicaires  protestent  de  nullité  de  la 
visité  que  l'on  prétend  faire  de  la  dite  église  qui  est 
un  Gouvernement  et  dont  aucun  d'eux  n'est  titulaire,  mais 
bien  le  S'  Pichon,  clerc  tonsuré,  fils  du  S'  de  Quermersio 
Pichart,  maire  et  sénéchal  de  S*  Paul.  Et  ont  signé. 

Les  S"  de  Querider,  Marec,  Querouel,  Guillou,  députés 
de  la  paroisse  de  S^-Jan  ;  de  Lestang,  le  Roy,  député  delà 
paroisse  du  Crucifix  devant  le  Trésor,  et  M«  Louis  Corentin 
le  Corre,  faisant  pour  les  députés  des  quatre  paroisses 
près  de  la  campagne,  disant  qu'il  est  vrai  que  la  dite 
église  est  spacieuse  et  pavée  de  pierres  tombales,  qu'il  y 
à  le  nombre  de  vingt  et  un  autels  dont  il  y  a  une  partye 
sans  images  et  toutes  sans  napes  ni  ornements.  Mais  les 
Sieurs  du  Chapistre  sont  sommés  de  reconnoistre  que 
toutes  les  vitres  de  la  dite  église  sont  délabrées,  que  dans 
la  croisade  au  Midi  il  y  a  une  grande  rose  en  pierre  de 
taille  où  il  n'y  a  aucun  vitrage,  que  le  bas  de  la  dite  église 
sert  de  magazin  actuellement  pour  y  serrer  les  affûts  de 
canons  et  les  bois  qui  ont  servi  de  plateformes  aux  dits 
canons,  que  dans  le  cimetière  il  y  a  deux  vaches  à  pasturer 
l'une  soubz  poil  noir  et  l'autre  jaune  et  blanc,  et  quetoute 
l'année  on  fait  pasturer  le  dit  cimetière  par  des  vaches 
qui  passent  et  repassent  par  la  dite  église.  Conviennent 
aussy  que  on  fait  quelques  enterrements  dans  la  dite 
église  du  consentement  du  soubz  gouverneur,  à  défaut 
aux  dits  Sieurs  du  Chapistre  de  fournir  église  ou  cimetière 
pour  les  dits  enterrements,  mais  ce  n'est  toujours  qu'à 
condition  de  payer  ce  que  le  dit  soubz  gouverneur  ou 
fermier  souhaite  pour  le  droit  de  tombe,  que  quant  au 
cimetière  il  s'y  fait  l'exercice  des  armes  publiquement 
tant  des  troupes  qui  viennent  au  quartier  à  S^  Paul,  que 
de  la  milice  du  dit  S^  Paul,  et  quant  aux  quatre  chapelles, 
on  convient  que  au  coin  du  cimetière,  du  costé  de  la 
ville,  est  située  la  chapelle  de  S^o  Catherine  toute  délabrée 


—  m  — 

et  assolée,  laquelle  est  à  la  nomination  des  S"  de  Quer- 
raorus  et  dont  le  Sieur  Recteur  de  Ploudaniel  est  actuel- 
lement titulaire  ;  quant  aux  trois  autres,  une  paraist  plus 
reliquaire  que  chapelle,  sans  image,  sans  porte,  sans 
vitres,  les  deux  autres  sont  des  oratoires,  n'estant  fermées 
du  costé  du  couchant  que  de  simples  balustrades  de  bois, 
et  puisque  les  Sieurs  du  Chapistre  font  état  de  toutes  les 
églises  du  Minehy,  ils  sont  sommés  de  faire  faire  estât 
de  celle  de  N.  D.  de  Crisquer,  située  au  milieu  de  la  dite 
ville,  qui  est  la  pi  us  belle  église  de  sept  paroisses  du  Minehy 
après  la  Cathédrale,  sur  laquelle  église  est  la  plus  belle 
tour,  clocher  et  piramide  du  Royaume,  et  dans  laquelle 
il  va  une  aussi  belle  sonnerie  que  dans  la  Cathédrale... 
Somment  aussy  les  Sieurs  du  Chapistre  de  consentir  que  les 
habitants  du  Minehy  soient  enterrés  dans  l'église  cathé- 
drale comme  estante  leur  paroisse,  et  de  désigner  un 
cimetière  à  même  fin  et  de  faire  un  règlement  pour  les 
droits  des  dits  enterrements,  des  octaves  et  services,  et  de 
marquer  les  heures  des  dits  enterrements  hors  le  tems 
des  heures  canoniales. 

Et  comme  il  se  fait  actuellement  un  enterrement  dans 
ladite  église  de  S^  Pierre,  d'un  enfanta  Ollivier  Allain, 
de  la  paroisse  du  Crucifix  de  la  ville,  ils  requièrent  qu'il 
plaise  à  M.  le  Commissaire  luy  demander  s'il  n'a  pas  eu 
la  permission  du  fermier  du  dit  Gouverneujent.  Surquoy, 
après  avoir  fait  lever  la  main  au  dit  Allain  et  jurer  dire 
la  vérité,  interrogé  a  répondu  qu'il  avoit  demandé  per 
mission  au  S»"  Daniel,  prestre  fermier  du  Gouvernement 
de  S'  Pierre  d'enterrer  son  enfant  dans  l'église,  ce  que  la 
luy  avoit  octroyée  en  payant  9  sols  tant  pour  le  droit  de 
sépulture  que  sonnerie. 

Le  S^  Raiïias  persiste  à  soutenir  que  les  enterrements 
se  font  journellement  et  se  sont  de  tout  tems  faits  indilîe- 
rament  de  tous  les  habitans  du  Minehy  dans  la  dite  église 


—  112  — 

et  cimetière  la  joignant  et  que  s*il  est  vrai  que  on  paye 
quelque  argent  pour  lé  droit  de  tombe  dans  l'église,  la 
même  chose  s'observe  partout  ailleurs  ;  mais  à  Tégard  du 
cimetière  comme  il  n'est  pas  d'usage  de  rien  payer  pour 
le  droit  de  sépulture  ;  convient  d'ailleurs  qu'il  y  a  deux 
autels  à  S^  Pierre  sans  images  et  qu'ils  sont  tous  sans 
napes,  crainte  de  vol,  à  cause  de  l'éloignement  de  l'église, 
à  l'égard  des  deux  chapelles  que  l'on  dit  fermées  de  sim- 
ples balustrades,  au  cimetière,  elles  sont  fermées  de  haut 
en  bas  et  on  y  dit  souvent  la  messe.  Que  si  les  défendeurs 
souhaitent  de  faire  l'état  de  l'église  de  Creiquer  que  ce 
soit  à  leurs  frais. 

(A  suivre,) 


—  113  — 


SUR  LBS 

PAROISSES  DU  DIOCÈSE  DE  QUINPER  Ef  DE  LÉON 

Par  MM.  PBYRON  et  ABQRALL. 


ARZANO 


Nous  trouvons  mention  pour  la  première  fois  de  cette 
paroisse  au  Cartulaire  de  Quimperlé  (p.  125),  à  l'occasion 
d'une  donation  faite  vers  1167  à  Tabbaye  de  Sainte-Croix 
de  Quimperlé  par  un  certain  Tanguy  Alterius  (  Aultier  ou 
Gautier),  seigneur  de  la  paroisse  de  Lesbin.  Nous  remar- 
quons, en  effet,  parmi  les  témoins  de  cette  libéralité  le  nom 
d'Arzano.  ((  Juthaël,  Capellanus  de  Arthnou  cum  dericis 
suis.)) 

M.  l'abbé  Luco,  dans  ses  Notices  sur  les  paroisses  du  Mor 
bihan,  nous  apprend  que  celles  d'Arzano  et  Guilligomarch, 
du  doyenné  des  Bois,  comprises  au  Concordat  de  1802 
dans  la  délimitation  du  diocèse  de  Quimper,  étaient  avant 
la  Révolution  «  à  collation  libre,  et  se  présentaient  dès  le 
xm siècle,  annexées  l'une  à  l'autre,  et  chaque  nouveau 
recteur  prenait  possession  dans  ces  deux  localités  ». 

'  L'Éguse  paroissiale 

Elle  est  sous  le  vocable  de  Saint-Pierre-ès-Liens  et  le 
maitre-autel  est  orné  des  statues  des  Apôtres  saint  Pierre 

BuLLirnir  de  la  Commission  diocésaine.  —  2*  année.  8 


—  114  — 

et  saint  Paul.  On  voit  dans  l'église  trois  autres  autels  :  le 
premier  dédié  à  la  Sainte  Vierge,  avec  les  statues  de 
Notre-Dame-des-Victoires,  sainte  Anne  et  sainte  Cathe- 
rine, martyre,  le  second  de  la  Sainte-Trinité,  avec  les 
statues  de  la  Sainte-Trinité,  saint  Yves  et  saint  Sébastien; 
le  troisième  aux  fonts  baptismaux  avec  la  statue  de  saint 
Jean-Baptiste. 

L'église  fut  reconstruite  en  1641.  Selon  la  mention  qu'en 
fait  M.  de  Cillart  de  Kerampoul  dans  ses  Notes  sur  le  dio- 
cèse de  Vannes  au  XVIP  siècle  (1),  a  Les  seigneurs  qui  ont 
des  bancs  et  des  armes  dans  Téglise  d'Arzano  ont  long- 
temps tracassé  pour  la  faire  rétablir  aussi  gothiquement 
que  rétait  la  vieille,  qui  tombait  en  ruine.  Le  temps 
serait -il  venu  qu'au  lieu  de  contribuer,  les  seigneurs 
s'opposeraient  à  Tembellissement  des  églises  ?  Enfin,  dé- 
férant aux  arrêtés  du  Parlement  et  du  Conseil,  on  a  réta 
bli  réglise  en  1641  un  peu  moins  gothique  ». 

Au  bourg,  il  y  a  une  fontaine  sous  le  vocable  de  Saint- 
Pierre. 

Population  de  la  paroisse  en  1800,  3.000  âmes,  dont 
1600  communiants  ;  en  1900,  1851  habitants. 

Chapelles 

1°  Saint- Adrien,  sur  les  bords  de  l'EUé.  Rebâtie  il  y  a 
moins  d'un  siècle,  la  chapelle  n'offre  rien  de  remarquable 
au  point  de  vue  de  l'architecture.  On  y  voit  les  statues  de 
saint  Adrien,  habillé  en  chevalier,  et  de  saint  Sébastien, 
mais  de  facture  récente. 

On  voit  près  de  la  chapelle  une  fontaine  dédiée  à  saint 
Adrien. 

2°  Saint  Laurent.   Les  statues  de  saint  Laurent,  saint 

(1)  Revue  de  i'Ouesi,  tome  IV.  p.  688. 


—  115  — 

Diboên  et  saint  Mathurin  qu*on  y  voit  sont  modernes, 
mais  ont  dû  remplacer  d*anciennes  statues  de  ces  saints, 
dont  la  dévotion  est  populaire  dans  ces  parages.  Cette 
chapelle  ne  conserve  qu'une  ancienne  statue,  c'est  celle 
de  sainte  Hélène. 
Arzano  possédait  autrefois  deux  autres  chapelles  : 
Saint-Dureg—  Saint-Irek—  Saint  Dilec  —  Saint  Kirec, 
autrement  Saint-Guevroc.  La  chapelle  a  disparu,  mais  la 
fontaine  subsiste  toujours. 

Saint-Bernard,  ancienne  chapelle  du  château  de  Kervé- 
gant.  Il  n'en  reste  plus  trace,  mais  la  fontaine  de  Saint- 
Bernard  existe  encore. 

Croix 

Croix  de  Kerbail  ou  Croix-Rouge.  C'est  une  croix  en 
fonte  plantée  sur  une  roche,  près  du  château  de  Kerlarec, 
sur  la  route  d'Arzano  à  Quimperlé. 

Il  y  avait  autrefois  une  autre  croix  ditq  Groas-Ver,  sur 
la  route  d'Arzano  au  Faouet  (1). 

Recteurs  d'Arzano 

Voici  la  liste  des  Recteurs  d'Arzano  et  de  Guilligo- 
marc'h,  d'après  M.  Le  Mené,  chanoine  de  Vannes,  com- 
plétée par  les  renseignements  que  donne  l'abbé  Luco. 

Ii74.  Eon  Mahé,  mentionné  en  1474. 

1487.  Yves  Macé  ou  Mathieu,  mort  en  1489. 

1489-1496.  R.  Germain  du  Leslé,  chanoine  de  Vannes,  qui 

résigne. 
1496-1500.  R.  Henri  du  Leslé,  qui  permute  en  1500  avec 

le  suivant,  pour  devenir  recteur  des  paroisses  d'in- 

guinel  et  de  Lesbin-Pontscorfl. 

(1)  Nous  devons  ces  reoseigoements  sur  les  chapelles  et  croix  d'Arzano 
i  l'obligeaDce  de  M.  Béchu,  curé-doyen  de  cette  paroisse. 


—  116  — 

1500  1539.  Guillaume  de  Leslé,  mort  en  1539. 

1539-1540.  R.  Jean  Danielo,  archidiacre  et  chanoine,  qui 
résigne  entre  les  mains  du  Pape  en  Juin  1540. 

1540-1558.  Pierre  Danielo,  frère  du  précédent,  mort  en 
1558. 

1558  1569.  Louis  Bizien,  d'une  famille  noble  d'Arzano,  et 
simultanément  recteur  de  Cléguer,  mort  en  Décembre 
1569. 

1569-1572.  Jean  Férec,  originaire  de  Quéven,  promu  par 
rÉvêque  le  27  Décembre  1569,  prit  possession  le 
1®'  Janvier  suivant. 

1572-1578.  Luc  Le  Halper,  de  Quéven^  promu  par  FÉvéque 
le  15  Novembre  1572,  prit  possession  le  7  Décembre. 

1583.  Louis  le  Cognic  de  Séglien,  résigne. 

1583.  Guillaume  Huzebault. 

1603.  Marien  le  Bourdiec,  donna  le  18  Avril  1602  procu- 
ration pour  résigner  entre  les  mains  du  Pape,  en 
faveur  de  Charles  Le  Pignelec,  avec  réserve  d'une 
pension  de  10  sols  mon. 

1603,  Charles  Le  Pignelec,  pourvu  par  le  Pape  le  22  Fé- 
vrier 1603,  ne  put  prendre  possession  que  le  15  Août, 
rOrdinaire  lui  ayant  refusé  le  visa  qu'il  dut  demander 
au  Métropolitain  ;  mais  accusé  de  confidence,  il  se  vit 
évincer  par  un  dévolutoire. 

1608-1619.  Jean  Le  Gloanec,  d'Arzano,  pourvu  parle  Pape 
le  5  Novembre  1608,  par  dévolut,  prit  possession  le 
1er  Janvier  1609.  Guillaume  Le  Prêtre  (1),  qui  avait 
obtenu  aussi  provision  pour  ce  bénéfice,  ayant  résigné 
ses  prétentions.  Le  Gloanec,  pour  écarter  tout  nou- 
veau compétiteur,  se  fit  pourvoir  de  rechel  en  Cour  de 
Rome,  sur  cette  résignation,  le  9  Septembre  1610,  et 
prit  possession  le  1®'  Novembre. 

(1)  Probablement  celui  qui  devint,  en  1614,  évoque  de  Quimpor. 


—  117  — 

1620-1621.  Nicolas  Hirgay. 

1622-1624.  César  Christofle,  permute  avec  le  suivant  et 
passe  à  Péaule. 

1624-1630.  Giron  du  Raneau,  chanoine  de  Vannes,  recteur 
de  Péaule,  résigne  entre  les  mains  du  Pape. 

1630-1653 Vincent  Bigaré,  de  Vannes,  pourvu  en 

Cour  de  Rome  le  10  Janvier  1630,  prit  possession  le 
5  Mai. 

1676-1679.  Pierre  Le  Pouyer,  recteur  de  Bieuzi,  qu'il  rési- 
gna vers  1663,  probablement  pour  venir  à  Arzano. 

1684-1698.  Nicolas  Dufaure,  malade,  il  donna,  le  15  Jan- 
vier 1698  (année  de  son  décès),  procuration  pour  rési- 
gner entre  les  mains  du  Pape  en  faveur  d'Olivier 
Tingo,  son  curé  ;  mais  cet  acte  fut  de  nul  effet,  et  ce 
bénéfice,  connu  vacant  par  obitum,  fut  conféré  au  sui- 
vant. 

1698-1717.  Julien  Pinot,  prêtre  du  diocèse  de  Rennes, 
pourvu  par  Rome  le  28  Août  1698,  prit  possession  le 
1er  Février  1699,  mourut  en  Août  1717. 

1718 1719.  Bernard  L'Hégarat,  prêtre  du  diocèse  deQuim- 
per,  pourvu  par  le  Pape  le  3  Février  1718,  se  vit  refu- 
ser à  Vannes  le  visa,  qu'il  obtint  de  Tours  le  15  No- 
vembre et  prit  possession  le  27  Novembre  1718.  La 
difficulté  qu'il  rencontra  avait  pour  cause  les  provi- 
sions données  pour  Arzano,  le  13  Septembre  1717, 
par  le  vicaire  capitulaire  de  Vannes,  à  Joseph-Gilles 
Moro,  S'  de  Viliedor,  lequel  avait  pris  possession  le 
24  Octobre  ;  mais  il  fut  débouté  par  L'Hégarat,  qui 
mourut  en  Octobre  1719. 

1720-1739.  Jacques  Mahé,  pourvu  par  le  vicaire  général  de 
Vannes,  le  9  Janvier  1720,  prit  possession  le  11.  Le 
18  Décembre  1739,  il  donne  procuration  pour  résigner 
entre  les  mains  du  Pape  en  faveur  de  Guillaume- Joseph 
Lucas,  son  curé,  avec  réserve  d'une  pension  de  600 


—  118  — 

livres  ;  mais  il  mourut  avant  la  fin  du  mois,  trop  tôt 
pour  que  sa  résignation  fût  acceptée. 
1740-1754.  Guillaume -Pierre  de  Lespinay,  pourvu  par 
rÉvêque  le  4  Janvier  1740,  prit  possession  le  8.  Rési- 
gna entre  les  mains  de  TÉvéque  en  Octobre  1754,  pour 
devenir  recteur  de  Saint-Paterne. 
1754-177J.  Ange-Éléonore  Duboys,  licencié  en  théologie 
de  la  faculté  de  Paris,  recteur  de  Saint-Nolfi,  pourvu 
par  le  vicaire  général  de  Vannes  le  10  Octobre  1756, 
prit  possession  le  13.  Il  mourut  en  Février  1771. 
1771-1781.  Guillaume  Le  Cocq,  de  Malguenac,  et  recteur 
du  Moustoir  Remungol,  pourvu  par  TÉvêque  le  26  Fé- 
vrier 1771,  prit  possession  le  7  Mars.  Résigna  pour 
Pleleufï,  mais  mourut  en  1781. 
178M810.  Guillaume -Joseph  Le  Puil,  né  à  Seglien  le 
17  Octobre  1748,  prêtre  en  1774,  eut  la  paroisse  dAr- 
zano  au  concours  en  1781. 

Au  mois  de  Mai  1790,  comme  il  s'agissait  de  choisir  le 
chef-lieu  de  canton,  une  polémique  s'engagea  entre  Arzano 
et  Rédéné  pour  savoir  à  laquelle  des  deux  paroisses 
reviendrait  cet  honneur  ;  on  en  jugera  par  les  deux  lettres 
suivantes.  La  première  est  adressée  à  MM.  les  Adminis- 
trateurs du  District  de  Quimperlé  par  les  Officiers  muni 
cipaux  de  Rédéné  (1). 

«  Messieurs, 

«  Le  16  Mai  dernier  1790,  la  commune  de  cette  paroisse 
de  Redené  se  transporta  au  bourg  d'Arzano,  son  chef- 
lieu,  pour  parvenir  à  l'élection  des  électeurs  pour  Quiin- 
per.  Fut-ce  une  assemblée  légale  ?  Non,  Messieurs,  on  n*y 
entendait  que  murmures  et  clameurs,  jurements  et  blas- 
phèmes et  mauvais  procédés  des  pasteurs  même  ;  enfin 

(1)  L.  270. 


—  119  — 

c'était  une  cohue  affreuse  ;  certainement  si  le  peuple  de 
Redené  eût  été  animé  du  même  esprit  que  celui  dÂrzano 
il  risquait  de  passer  un  mauvais  quart  d'heure. 

«  M.  GuîUou,  procureur-syndic,  a  su  en  partie,  par  voie 
indirecte,  combien  méchants  sont  les  habitants  d'Arzano, 
ce  qui  confirme  le  compte  par  nous  rendu  aux  Commis- 
saires du  Roi  à  Quimper. 

«  Autres  raisoiis  qui  les  engage  à  demander  le  chef-lieu 
à  Redené,  sont  celles  de  Timpraticabilité  des  chemins  qui 
presque  toujours  sont  remplis  de  crevasses,  d'ornières 
profondes  et  meurtrières,  inondées  d'eau  presque  tout  le 
temps.  Le  bourg  de  Redené  a  pour  lui  le  peuple  le  plus 
honnête,  le  plus  afiable,  le  plus  policé,  et  est  situé  au 
centre  du  canton...  Ils  se  flattent  donc  que  vous  leur  pro- 
curerez le  chef-lieu  (du  canton)  en  leur  bourg  de  Redené. 

«  Les  Officiers  municipaux  : 
«  FiGHOUX,  maire,  Chardel,  secrétaire.  » 

De  leur  côté,  les  municipaux  d'Arzano  réfutaient,  de 
leur  mieux,  les  allégations  de  leurs  compétiteurs  (1). 

€  Messieurs, 

ff  Quoique  nous  ayons  déjà  suffisamment  réfuté  les 
calomnies  mauvaises  et  plaisantes  raisons  dont  les  ci- 
toyens de  Redené  se  servent  pour  obtenir  que  leur  bourg 
soit  le  chef-lieu  du  canton,  nous  croyons  néanmoins  devoir 
répondre  à  ces  dernières.  Nos  trêves  de  Redené  nous  noir- 
cissent aux  yeux  de  tout  le  département  et  cela  parce  que 
nous  avons  été  assez  bon  pour  lui  cacher  ses  propres 
fautes.  • 

«  Les  citoyens  de  Redené  disent  donc  :  1^  que  dans 
notre  assemblée  du  16  Mai  dernier,  on  n'entendait  que 
murmures  et  clameurs,  jurements  et  blasphèmes,  etc.. 

(1)  L.  270. 


t 


—  120  - 

«  Il  est  vrai,  mais  n'était-ce  pas  de  leur  part  ?  Et  la 
preuve,  c'est  qu'un  de  nos  pasteurs,  indigné  de  voir  ces 
mallieureux  imbibés  de  boisson,  vomissant  dans  la  mai- 
son du  Seigneur  et  aux  pieds  même  de  se^  autels  les 
exécrations  les  plus  atroces,  se  vit  obligé  pour  ramener 
la  paix  et  la  tranquillité  d'en  faire  sortir  un  de  force  et  de 
menacer  de  donner  au  District  des  nouvelles  de  la  mau- 
vaise conduite  des  autres,  s'ils  ne  voulaient  se  comporter 
avec  la  décence  due  à  la  sainteté  du  lieu  où  ils  étaient 
assemblés. 

((2^  Les  chemins  sont,  disent-ils,  impraticables,  plaisante 
raison  pour  obtenir  le  chef-lieu  à  Redené.  Avouons  cepen- 
dant que  s'ils  viennent  chez  nous  en  carosse,  ils  éprou- 
veront quelques  difficultés  à  s'y  rendre,  mais  autrement 
il  n'est  pas  de  chemin  de  traverse  plus  aisés.  Peut-être 
ajouteront-ils  que  les  chaleurs  brûlantes  de  l'été  sont  pour 
eux  un  obstacle  aussi  grand  ;  avouons  encore  que  la  route 
n'est  qu'en  partie  ombragée,  mais  en  ce  dernier  cas  ils 
pourront  se  munir  d'un  parasol. 

((  Si  les  citoyens  de  Redené  éprouvent  quelques  incom- 
modités pour  se  rendre  à  Arzano,  leur  chef-lieu,  dont  la 
partie  la  plus  éloignée  n'est  distante  tout  au  plus  que  de 
deux  petites  lieues,  combien  plus  grandes  ne  seront  pas 
les  incommodités  qu'éprouveront  nos  trèviens  (Guilligo- 
marc'h)  qui,  ayant  déjà  deux  lieues  assez  fortes  pour  se 
rendre  à  notre  bourg  et  des  chemins  bien  plus  mauvais, 
s'il  leur  faut  se  transporter  à  Redené  distant  d'une  lieue 
de  notre  bourg. 

((  3^  Nous  ne  disputons  ni  de  l'honnêteté  ni  de  l'affabi- 
lité et  politesse  de  ces  MM.  de  Redené,  et  nous  y  ajou- 
tons d'autant  plus  de  foi  que  ce  sont  eux  qui  nous  le 
disent. 

«  4^  Leur  dernière  raison  tranchante,  nous  donne 
Redené  un  centre.  Rien  n'est  plus  faux. 


—  121  - 

H  5»  Il  reste  que  Redené  est  plus  à  proximité  du  District. 
C'est  vrai,  mais  est-ce  une  raison  ? 

«  Nous  osons  donc  nous  flatter  que  vous  nous  conti- 
nuerez le  chef-lieu  en  notre  bourg  d'Arzano. 

«  PÉLAN,  municipal,  Penverne,  secrétaire. 

La  victoire  demeura  à  Arzano,  mais  son  curé,  M.  Le  Puil, 
qui  avait  d*abord  prêté  le  serment,  se  rétracta  bientôt,  et 
dès  le  21  Octobre  1791  donnait  officiellement  sa  démission 
de  curé  d'Arzano  au  District  de  Quimperlé  (1).  Guillou, 
procureur  syndic,  ne  provoqua  que  plusieurs  mois  plus 
tard  l'élection  de  son  successeur,  qui  eut  lieu  à  Quimperlé 
le  25  Mars  1792.  Quelques  habitants  d'Arzano  avaient 
demandé  qu'on  choisît  pour  curé  leur  vicaire,  le  sieur 
Pécart,  qui  fut  élu  quoiqu'il  ne  pût  réunir  en  sa  faveur 
qu'un  total  de  six  voix. 

Le  citoyen  Pécart,  après  avoir  été  curé  constitutionnel, 
devint  très  facilement  officier  municipal  ;  mais  ses  fonc- 
tions laïques  ne  le  rendirent  pas  plus  populaire,  comme 
on  pourra  en  juger  par  cette  lettre  du  27  Brumaire  an  III 
(17  Octobre  1796),  qu'il  écrivait  aux  Administrateurs  du 
District  (2)  : 

((  Citoyens, 

((  Pour  hâter  les  déclarations  de  la  récolte  dernière, 
j'ai  fait  prévenir  les  cultivateurs  arriérés,  par  exprès,  de 
se  présenter  à  la  municipalité  pour  faire  leur  déclaration. 
Un  quidam  nommé  Olivier  Denis  m'a  dit  que  c'était  moi 
la  cause  qu'on  était  obligé  de  faire  les  dites  déclarations 
et  qu'il  se  foutait  de  moi  et  qu'on  ne  devait  payer  aucun 
exprès  et  50  milles  autres  bêtises,  etc. 


(1)  L.  266. 

(2)  L.  270. 


-  122  — 

«  Il  est  dur  pour  moi  d'être  accablé  d'injures  pour  faire 
mon  devoir,  je  vous  prie  en  grâce  d'y  remédier. 
«  Salut  et  fraternité. 

«  PÉGART,  curé,  offlcier  municipaL  n 

Au  Concordat,  M.  Le  Puil  reprit  sa  paroisse  jusqu'en 
1810;  il  donna  alors  sa  démission  pour  être  remplacé  par 
M.  Le  Nir. 

1810-1829.  Joseph  Louis  Le  Nir,  né  le  7  Mars  1764  à  Ros 
porden,  prêtre  en  Mars  1804,  fut  nommé  à  la  cure 
d'Arzano  en  Avril  1810.  Il  dirigeait  alors  une  petite 
école  secondaire  à  Quimperlé  ;  mais  ses  fonctions 
de  curé  ne  l'empêchèrent  pas  d'utiliser  ses  talents 
pour  l'instruction  des  enfants  de  sa  paroisse  et  des 
environs  qui  se  destinaient  à  entrer  au  séminaire.  C'est 
à  cette  école  que  furent  élevés  le  vénérable  abbé  Moëlo, 
et  Brizeux,  qui  nous  a  conservé  dans  ses  vers  les  sou- 
venirs les  plus  charmants  de  ses  condisciples  et  du 
mattre  vénéré. 

Cette  modeste  école  de  presbytère  ne  fut  pas  pourtant 
sans  éveiller  les  susceptibilités  de  TUniversité. 

M.  Le  Nir  écrivait,  en  effet,  le  6  Juin  1818  à  M.  le  Dal 
de  Tromelin,  grand-vicaire  : 

«  Je  fais  école  à  quelques  enfants  dont  dix  à  douze  étu- 
dient le  latin  ;  la  plupart  sont  de  pauvres  paysans  de  la 
paroisse,  ou  entretenus  par  des  personnes  charitables.  Ils 
nous  étaient  même  de  quelque  utilité  pour  le  chant  et  le 
service  de  notre  église  et  j'avais  cru  qu'une  pareille  école, 
tenue  surtout  par  un  curé  de  village,  pouvait  passer  pour 
un  petit -séminaire  ;  mais  voici  que  M.  Le  Priol,  recteur 
de  l'Académie,  qui  en  a  eu  connaissance,  vient  de  m'écrire 
des  lettres  très  pressantes.  Il  exige  la  rétribution  univer- 
sitaire des  écoliers,  qui  sont  presque  tous  hors  d'état  de 


—  123  - 

payer,  et  50  francs  par  an  du  maître,  qui  n'est  guère  plus 
riche  que  ses  écoliers.  Au  cas  ou  je  fusse  obligé  d'inter- 
rompre l'instruction  de  ces  enfants,  je  les  recommanderai 
à  votre  charité,  afin  qu'ils  fussent  reçus  gratis  à  votre 
petit-séminaire...  » 

L'Université  réclamait  un  état  du  nombre  des  enfants 
externes  ou  pensionnaires  et  le  prix  de  la  pension,  afin  de 
pouvoir  réclamer  du  maître  et  des  élèves  la  rétribution 
scolaire.  Aux  nouvelles  instances  du  Recteur  d'Académie 
M.  Le  Nir  faisait  la  sourde  oreille  et  écrivait  le  21  Janvier 
1829  à  rÉvôché  : 

((  Ce  M.  Le  Priol  en  veut  terriblement  à  notre  miséra- 
ble école,  il  ne  m'a  pas  jusqu'à  présent  arraché  le  moin- 
dre sou  ;  mais  il  croit  sans  doute  que  je  n'ai  rien  de  mieux 
à  faire  que  de  lui  répondre  à  chaque  courrier.  Voici  une 
nouvelle  sommation  qu'il  vient  de  m 'envoyer,  toujours 
par  le  ministère  du  Procureur  du  Roi.  Il  a  bien  voulu 
oublier  que  je  suis  curé  pour  ne  me  donner  que  le  titre 
de  maître  d'école  ;  j'aurais  bien  plus  de  raison  de  l'appe- 
ler lui-même  percepteur  des  contributions.  Mais  peut-être 
ai-je  tort  de  me  fâcher  s'il  a  pour  lui  la  justice  et  le  bon 
droit.  Je  viens  de  lui  remettre  l'état  de  mes  écoliers.  J'ai 
doue  en  ce  moment  quatorze  élèves  qui  commencent  à 
étudier  le  latin  ;  dans  ce  nombre,  sept  pensionnaires,  dont 
trois  seulement  payent  et  les  quatre  autres  rien  du  tout. 

«  Si  c'était  l'avis  de  Monseigneur,  j'abandonnerais  vo- 
lontiers des  écoles  qui  ne  me  causent  que  de  l'embarras 
et  des  tracasseries.  » 

Le  petit-séminaire,  qui  deux  ou  trois  ans  après  s'éta- 
blissait à  Pont-Croix,  allait  permettre  de  réduire  à  des 
proportions  encore  plus  modestes  ces  écoles  de  presby- 
tère, dont  l'Université  se  montrait  si  jalouse. 

M.  Le  Nir  donna  sa  démission  de  curé  d'Arzano  au 
mois  de  Mars  1829. 


—  124  — 

1829-1851.  M.  l'abbé  MouUec,  Jean-Louis-Marie,  né  le 
21  Août  1796  à  Berrien,  prêtre  en  1822,  recteur  de 
Kernével,  fut  nommé  curé  d'Arzano.  Il  donna  sa 
démission  en  1851. 

1851-1880.  Caradec,  Louis,  né  le  15  Novembre  1806  à 
Plogastel-Saint- Germain,  prêtre  en  1830,  recteur  de 
Beuzec-Conq,  fut  nommé  curé  le  16  Septembre  1851. 
Mourut  en  1880. 

1880-1887.  Rogé,  Philippe,  né  à  Plougonven  en  1823,  prê- 
tre en  1849,  recteur  de  Langolen,  curé  le  16  Janvier 
1880.  Mourut  en  1887. 

1887-1889.  Pelle,  Jean-Guillaume,  né  en  1843  à  Primelin, 
prêtre  en  1867,  recteur  de  Guilligomarc*h,  curé  le 
11  Mai  1887,  Mort  en  1889. 

1889  1896.  Madec,  Pierre-Marie,  né  en  1844  dans  le  dio- 
cèse de  Vannes,  prêtre  en  1869,  recteur  de  Pont-Aven, 
curé  le  4  Juillet  1889.  Décédé  en  1896. 

1896.  Béchu,  Jacques,  né  en  1849,  prêtre  en  1873,  recteur 
de  Saint- Jean-du-Doigt,  curé  d'Arzano  depuis  1896. 

Vicaires 

1804.  Meunier,  né  à  Gourin. 

1810-1819.  Trouboul,  François-Marie,  né  enl755àQuerrieii, 

prêtre  en  1782. 
1819-1820.  Volant,  Hervé-Côme,  né  en  1758  à  Plomeur, 

nommé  à  Arzano  le  1®'  Novembre  1819.  Décédé  le 

25  Janvier  1820. 

1820.  Le  Coent,  Yves,  né  en  1792  à  Locmaria-Berrien, 
prêtre  en  1818,  nommé  le  1®'  Janvier  1820. 

1821.  Palud,  François,  nommé  en  Février  1821. 
1821-1823.  Gouiffès,  Louis  Joseph,  né  en  1793  à  Coray, 

prêtre  en  1821,  nommé  en  Août  1821. 
1823-1835.  Le  Breton,  Jean-François,  né  en  1798  à  Saint- 
Thégonnec,  prêtre  en  1823. 


—  125  — 

1835  1848.  Plassarl,  Pierre-Marie,  né  en  1807  à  Berrien, 
prêtre  et  nommé  vicaire  en  1835. 

1849-1855.  Le  Floc'hi,  Grégoire,  né  en  1823  à  Mahalon, 
prêtre  en  Décembre  1848,  nommé  en  Mars  1849,  était 
maître  d'étude  à  Pont-Croix.  Transféré  à  Melgven  en 
1855. 

1855-1863.  Paillart,  Henri-Michel,  né  en  1822  à  Plogofl, 
prêtre  en  1847,  vicaire  à  Melgven,  à  Arzano  le  14  No- 
vembre 1855,  recteur  de  Tréguennec  en  1863. 

1863  1869.  Kerveillant,  Guillaume,  né  en  1836  à  Landu- 
dec,  prêtre  en  Décembre  1861,  vicaire  à  Guilligomarc'h, 
vicaire  à  Arzano  en  Juin  1863,  vicaire  à  Querrien  en 
1869. 

1869-1872.  Moal,  Jean,  né  en  1834  à  Plouvorn,  prêtre  en 
1858,  vicaire  à  Querrien,  vicaire  à  Arzano  en  Septem- 
bre 1869,  aumônier  de  la  prison  de  Brest  en  1872. 

1872-1887.  Mahé,  Grégoire-Alexandre,  né  en  1846  à  Tré- 
gourez,  prêtre  en  Mars  1872,  vicaire  à  Arzano  en  1872, 
recteur  de  Guilligomarc'h  en  1887. 

1887-1896.  Perhirin,  Auguste,  né  en  1856  à  Quimper,  prê 
tre  en  1881. 

1896-1898.  Victor  Le  Gall. 

1898  1900.  Guillaume  Glémarec. 

1900.  Clet-Yves  Arhan. 

Monuments  celtiques  (1) 

1.  — ■  Aux  dépendances  du  village  de  Saint  Adrien,  sur 
une  pointe  de  terres  et  de  rochers  appelée  Lanrougoua- 
rec,  et  entourée  sur  trois  de  ses  côtés  par  un  repli  de  la 
rivière  Elle,  se  trouve  une  forteresse  (celtique  ?)  formée 
d'une  tour  carrée  de  14  mètres  de  côté  à  l'intérieur,  et 


(1)  BuUetin.  de  la  Société  ArchéoL,  lY,  p.  86. 


—  126  — 

dont  les  murs,  encore  apparents  et  construits  en  pierres 
sèches  ont  une  épaisseur  de  1  m.  10.  Cette  tour  est  défeo 
due  du  côté  de  la  terre  par  trois  lignes  d'épais  retranche- 
ments hauts  de  3,  de  8  et  de  6  mètres  séparés  par  de  lar- 
ges douves. 

Sur  le  plateau  qui  domine  cette  forteresse  et  à  une 
distance  de  15  mètres  du  dernier  retranchement  est  une 
enceinte  retranchée  de  60  mètres  de  côté  et  dont  les  para 
pets  ont  une  élévation  de  2  mètres. 

2.  —  Au  village  de  Menebré,  dans  un  champ  qui  borde 
à  droite  le  chemin  de  Saint  Adrien  à  la  forteresse  qui 
vient  d'être  décrite,  est  une  petite  enceinte  de  18  mètres 
sur  10,  renfermant  des  traces  d'habitation  de  forme  rec- 
tangulaire. 

Le  Bulletin  Académique  de  Brest  (1876),  signale  sur  la 
route  de  Quimperlé,  vis-à-vis  la  propriété  de  M.  de  Ke 
roualan,  une  pierre  à  peu  près  sphérique  d'environ 
1  m.  50  de  diamètre,  percée  de  plusieurs  excavations 
circulaires,  sous  lequel  on  a  trouvé  un  vase  contenant 
des  cendres. 

Familles  nobles 

Bizien,  S'  de  Kerigomarch.  Écartelé  aux  1^^  et  4  d*argent 
à  la  fasce  de  sable,  accompagné  en  chef  d^une  étoile  de 
gueules  et  en  pointe  d'un  croissant  de  même,  qui  est  Bizien  ; 
aux  2  et  3  contrecartelé,  au  /or  et  4  de  gueules  plein  aux  2 
et  S  de  sable  à  la  croix  d'argent,  qui  est  du  Lézard.  Devise  : 
Virtus  ut  astra  micat 

Fraval,  S^  de  Kervégant.  De  gueules  à  la  croix  endentée 
d^argent, 

Gauvain,  S'  de  La  Roche  Moysan.  Uor  à  la  fasce  de 
gueules  chargée  d'une  fleur  de  lys  d'argent, 

Geiïroy,  S'  de  Kervégant.  D'argent  à  Vaigle  de  sable 


—  127  — 

armé  et  bécqué  deguetdBS,  chargée  sur  V estomac  d'une  croix 
paitée  d'azur.  Devise  :  Volabit  siciU  aquUa, 

Kerjosse,  S^  de  Kernech.  D*azur  au  chevron  d'or  accom- 
pagné de  3  billettes  de  même. 

Du  Leslay,  S'  de  Feuntenio.  D'argent  au  lion  d'assur 
(xrmé  lampassé  et  couronné  de  guetUes, 

Monistrol,  S' de  la  Roche-Moysan  (par  acquêt).  Desino- 
pie  à  un  mont  de  six  coupeauœ  d'or,  au  chef  d'azur  chargé 
de  3  étoUes  d'or. 

Penhoat,  S'  de  la  Villeneuve  et  de  Pélan.  D'azur  à  3 
croix  pattées,  au  pied  fiché  d'or. 

Roban,  Baron  de  la  Roche-Moysan.  De  gueules  à  9  ma- 
des  d'or,  3.  3.  3. 

Tinténiac,  S'  de  la  Roche- Moysan.  D*orà  deux  jumelles 
^azur  au  bâton  de  gueules  brochant  en  bande  sur  le  tout, 
ouâ!hermines  au  croissant  de  -gueules,  qui  est  Quimerc'h. 

Botderu.  D'azur  au  chevron  d'or  accompagné  de  billettes 
de  même.  Devise  :  Bepret  crenv. 

Fournas.  D'argent  à  3fasces  d'azur,  au  griffon  d'or  cou- 
ronné d'azur,  brochant. 

Prêtres  originaires  de  la  paroisse  d'Arzano 

DE  1801  A  1900 

MM. 

1.  —  Moëlo,  Yves,  né  le  27  Avril  1794,  prêtre  le  27  Mai 
1820,  chanoine  honoraire,  secrétaire  de  l'Évéché,  décédé 
le  18  Février  1881. 

2.  —  Stanguennec,  Paul,  né  le  16  Janvier  1795,  prêtre 
le2i  Décembre  1820,  mort,  recteur  de  Moëlan,  le  8  Juillet 
1865. 

3.  —  Robic,  Jacques,  né  le  2  Mars  1798,  prêtre  le  29  Juil 
lel  1821,  mort  le  4  Octobre  1851. 

4.  —  Stanguennec,  Jacques- Joachim,  né  le  27  Août  1802, 


—  128  — 

prêtre  le  8  Août  1830,  ancien  recteur  d'Esquibien,  mort 
le  26  Octobre  1878. 

5.  —  Stanguennec,  Benjamin,  né  le  22  Octobre  1823, 
prêtre  le  18  Décembre  1847,  mort  le  17  Avril  1862. 

6.  —  Michel,  Mathurin,  né  le  8  Janvier  1827,  prêtre  le 
29  Juillet  1855,  mort  le  11  Décembre  1870,  vicaire  à  Plo- 
névez  du-Faou. 

7.  —  Esvan,  Jean-Marie,  né  le  26  Mars  1872,  prêtre  le 
19  Septembre  1896,  Père  du  Saint-Esprit. 

(A  suivre,) 


Clochsr  de  Ploarè. 


-  129  — 


ARGBITËCTME  BRETONNE 


4»- 


Étude  des  Monuments  du  diocèse  de  Quimper 


(Suite.) 


CROIX  &  CALVAIRES 


Si  notre  diocèse  de  Quimper  est  le  pays  classique  des 
clochers  à  jour,  on  peut  dire  tout  aussi  bien  qu'il  est  le 
pays  des  Calvaires.  En  aucujie  contrée  ils  ne  se  dressent 
aussi  nombreux,  et  si,  par  un  coup  de  baguette  de  fée  on 
pouvait,  pareils  aux  iilignements  des  menhirs  de  Carnac, 
ranger  en  une  vaste  plaine  tous  les  calvaires,  toutes  les 
eroix  de  granit  de  cette  terre  bretonne,  on  aurait  un 
spectacle  étrange  et  saisissant  et  aussi  une  exposition 
:  d'art  sans  pareille  ;  on  aurait  devant  soi  un  ensemble 
.'d'œuvres  originales,  singulières,  variées,  pittoresques, 
•f  formant  une  école  à  part,  et  qui  serait  comme  la  traduc- 
^  tion  de  Tesprit  artistique  de  ce  peuple,  en  même  temps 
.  que  de  son  état  d'âme,  de  ses  croyances,  de  ses  aspira- 
'  lions,  je  pourrais  dire  :  de  ses  pensées  et  de  ses  rêves. 
-  Car  chez  nous  chaque  croix  de  carrefour  a  son  âme  pro- 
'  pre,  son  histoire,  sa  légende,  son  rôle  dans  la  vie  du  vil- 
lage et  de  la  paroisse  ;  mais  une  vénération  plus  grande 
s'attache  aux  calvaires  en  raison  de  l'importance  de  leurs 


BVLLKTIN  DB  LA  COMMISSION  DIOCESAINE.  ^  2*  aODée. 


9 


-  130  — 

sculptures.  C'est  le  vrai  pays  des  croix,  et  Tusage  de  les 
dresser  sur  le  bord  des  chemins  remonte  aux  premiers 
temps  du  christianisme. 

D'après  le  récit  de  Conrad,  archidiacre  de  Salisbury  (1), 
composé  en  1167,  mais  qui,  d'après  la  plupart  des  criti- 
ques, doit  être  considéré  comme  apocryphe,  Drennalus, 
disciple  de  Joseph  d'Arimathie,  vint  à  Morlaix  vers  Tan 
72,  sous  le  pontificat  de  saint  Lin  ;  il  évangélisa  cette 
ville,  y  édifia  un  petit  oratoire,  qui  devint  ensuite  la  cha- 
pelle de  Saint-Jacques,  près  la  halle  ;  et  à  l'une  des  ave- 
nues de  la  ville,  près  de  la  fontaine  à  l'entrée  du  monas- 
tère des  Carmélites,  il  érigea  une  colonne  au  haut  de 
laquelle  il  éleva  une  croix,  et  dessous  une  petite  niche 
il  posa  une  image  de  Notre-Dame  (2).  Voilà  donc  la  pre- 
mière croix  bretonne  qui  soit  mentionnée,  à  tort  ou  à 
raison. 

Les  plus  anciens  monuments  authentiques  de  ce  genre 
nous  sont  indiqués  par  M.  de  la.Borderie  (3)  ;  parlant  des 
fouilles  opérées  à  l'Ile  Lavré,  où  saint  Budoc  établit  un 
monastère  et  une  école  à  la  fin  du  v^  siècle,  il  rapporte 
que,  dans  le  cimetière  joignant  l'église  monastique,  Béret 
ar  Chapel,  on  découvrit  deux  croix  de  granit  dont  le  fût 
et  les  croisillons  sont  de  forme  carrée  ;  le  développement 
des  croisillons  est  de  60  centimètres,  le  fût  est  brisé  un 
peu  au-dessous  des  croisillons.  Il  est  probable  que  ces 
croix  datent  de  cette  époque  lointaine  et  qu'elles  surmon- 
taient quelques-unes  des  tombes  nombreuses  de  moines 
qu'on  a  trouvées  dans  cette  exploration. 

Dans  son  second  volume,  p.  297,  le  même  historien 
nous  dit  que  :  «  Le  vl^  siècle  couvrit  la  Bretagne  de  ces 


(1)  DescHptio  tUriuique  Britannix,  lib.  IX,  cap.  56. 
(3)  Vie  des  Saints  de  la  Bretagne-Àrmorique,  par  Albert  Le  Grand,  de 
Morlaix,  F.  P.,  éditioD  de  1901,  p.  253*-254*. 
(3)  Biitoire  de  Bretagne,  t.  I,  p.  S96. 


—  131  - 

lourdes  et  massives  croix  de  granit  dont  celle  de  Lavré 
offre  un  bon  type,  si  ce  n'est  que,  dans  celles  restées 
debout  cà  et  là  aux  carrefours  de  nos  vieux  chemins  ou 
auprès  de  nos  vieilles  chapelles,  les  croisillons  s*élargis- 
sent  la  plupart  du  temps  en  forme  rudimentaire  de  croix 
pattée.  Parmi  ces  croix,  il  en  est  qui  remontent  à  Tépoque 
mérovingienne  ;  mais  une  très  ancienne  tradition  re- 
cueillie au  xvi^»  siècle  par  un  érudit  breton  très  curieux 
des  vieilles  légendes  populaires  en  attribuait  Térection  à 
Charlemagne,  c'est  -  à  -  dire  au  ix«  siècle.  »  «  Is  princeps 
(Carolus  Magnus)  prsB  cœteris  zelosus  fuit  et  devotus  in 
erigendis  crucibus,  et  ctdhtic  nunc  patent  tnultis  in  loeis  in 
Britannia  »  (1). 

D'autres  croix  anciennes,  plantées  sur  le  vieux  chemin 
de  Questembert  à  Peaule  (Morbihan),  sont  regardées  par 
la  tradition  populaire  comme  des  souvenirs  et  des  tro- 
phées de  la  bataille  dans  laquelle  Alain  le  Grand  défit  les 
Normands  en  888.  De  même,  à  Plourivo  et  à  Lancerf,  non 
loin  de  Paimpol,  dans  les  Côtes-du-Nord,  on  trouve  de 
vieilles  croix,  mémorial  de  la  victoire  remportée  par 
Alain  Barbetorte  sur  Incon,  chef  des  Normands,  en  936. 

Ces  croix  mérovingiennes  et  carolingiennes  ont  pour 
caractère  saillant  leur  physionomie  solide,  massive  et  en 
même  temps  leur  peu  d'épaisseur  eu  égard  à  leurs  autres 
dimensions.  Granit  ou  schiste,  ce  caractère  est  le  même, 
elles  semblent  taillées  dans  une  lame  de  pierre.  La  plu- 
part du  temps  leurs  croisillons  tendent  à  s'élargir  un  peu 
Yers  leurs  extrémités.  Elles  sont  généralement  dépour- 
vues d'ornementation,  mais  les  croix  de  Questembert  sont 
ornées  de  sculptures  figurant  des  lances  à  crochets,  comme 
mémorial  de  la  bataille  et  de  la  victoire. 


(1)  Jean  Rioche  :  Compendium  temporum  et  historiarum  eccletkuU- 
tmm.  Paris,  1576,  f*  495  r.  —  Bibl.  Nat.,  Impr.  H.  S080. 


—  132  - 

A-t-on  élevé  des  croix  à  Tépoque  romane,  au  xi«  et  au 
XII®  siècle  ?  11  semble  qu*oû  en  a  élevé  bien  pen,  il  n'en 
reste  qu'un  seul  exemplaire,  c'est  la  croix  dite  des  Apô- 
tres, entre  rHôpital-Camfrout  et  Logonna-Daoulas.  Le  fût 
est  une  sorte  de  menhir  à  quatre  faces  ;  sur  Tune  de 
celles  ci  on  a  sculpté  sur  trois  zones  différentes  les  effigies 
des  douze  apôtres  en  douze  petites  nichettes  à  plein  cin- 
tre. Plus  haut  est  l'image  de  Notre  -  Seigneur  en  plus 
grande  dimension.  La  croix  qui  surmonte  ce  fût  est  abso- 
lument primitive  comme  celles  dont  il  vient  d'être  parlé 
précédemment. 

VioUet-le-Duc  (1)  donne  le  dessin  de  quelques  croix  du 
xiiP  siècle  ;  il  ne  semble  pas  qu'il  en  reste  dans  ce  pays, 
pas  même  du  xiv®  siècle,  si  ce  n'est  peut-être  celle  du 
cimetière  de  Scaêr,  où  le  Christ  et  la  Vierge  adossés  sont 
surmontés  de  dais  à  rampants  aigus  pourvus  de  crochets 
feuillages.  Les  plus  anciennes  croix,  ayant  une  certaine 
importance,  ne  remontent  qu'au  xv«  siècle,  encore  sont- 
elles  très  rares,  tandis  qu'au  xvi®  siècle  elles  se  muiti 
plient  extraordinairement. 

On  s'accorde  à  attribuer  à  Michel  Colombe  quelques- 
unes  de  nos  vieilles  croix  bretonnes,  comme  celle  du  car- 
dinal de  Coôtivy,  près  de  l'église  du  Folgoat,  et  Ton  dit 
que  ce  fut  là  comme  son  apprentissage,  avant  qu'il  allât 
se  perfectionner  à  Dijon  et  ensuite  fonder  son  école  de 
sculpture  à  Tours.  Mais  en  fait  d'attributions  d'origine 
nous  ne  pouvons  guère  que  nous  livrer  à  des  conjectures, 
les  vieux  imagiers  ne  nous  ont  point  laissé  leurs  noms, 
et  parmi  tant  de  monuments  il  n'y  en  a  qu'un  seul  à 
porter  une  signature  :  le  calvaire  de  Pleyben. 

Laissant  de  côté  les  croix  de  moindre  importance, 


(1)  Dietiannaire  d^archUeeture,  t.  IV,  p.  484  à  437. 


—  133  — 

abordons  tout  de  suite  les  calvaires  et  divisons -les  en 
trois  catégories  : 

i^  Les  calvaires  de  premier  ordre,  composés  d'un  grand 
massif  de  maçonnerie  de  granit,  plus  ou  moins  orné  et 
mouluré,  autour  duquel  se  développe  en  deux  zones  super- 
posées toute  une  série  de  scènes  de  Tenfance,  de  la  vie  et 
de  la  Passion  de  Notre-Seigneur,  le  tout  surmonté  d'un 
crucifiement  comprenant  la  croix  du  Sauveur  et  celles 
des  deux  larrons,  sans  compter  un  certain  nombre  de 
bourreaux  avec  le  centurion  et  des  princes  du  peuple  à 
cheval  ; 

2p  Les  calvaires  secondaires,  qui  comportent  un  massif 
de  plus  petite  dimension  et  un  seul  rang  de  personnages 
adossés  à  ce  massif  ou  surmontant  la  plate-forme  ; 

3^  Les  calvaires  de  troisième  ordre,  qui  comprennent 
la  croix  du  Sauveur  avec  celles  des  deux  larrons,  et  diffé- 
rents personnages  groupés  ou  isolés,  adossés  ou  accostés 
à  ces  croix,  et  constituant  ainsi  des  ensembles  pleins  de 
style  et  d'originalité. 


Calvaires  de  premier  ordre. 

Quelle  est  l'idée  qui  a  donné  naissance  à  ces  grandes 
pages  d'histoire  sculptées  dans  la  pierre  ?  La  Passion  du 
Sauveur  est  un  des  grands  sujets  des  méditations  du  peu- 
ple breton,  et  entre  tous  les  sermons  de  l'année,  celui  de 
la  Passion,  qui  est  prêché  pendant  une  heure  et  demie  et 
deux  heures  le  dimanche  des  Rameaux  ou  le  Vendredi- 
Saint,  est  celui  qui  est  le  plus  impatiemment  attendu,  le 
plus  attentivement  écouté,  celui  qui  laisse  les  impres- 
sions les  plus  profondes  et  les  plus  durables. 

C'est  pour  perpétuer  ce  souvenir  dans  les  esprits,  pour 


—  134  — 

mettre  sous  une  forme  palpable  toutes  les  scènes  du  récit 
évangélique,  pour  montrer  le  prix  que  nous  devons  atta- 
cher à  ce  mystère  de  notre  Rédemption,  que  Ton  a  figuré 
dans  le  granit  les  différentes  scènes  du  drame  du  Calvaire, 
comme  on  les  a  représentées  en  couleurs  éclatantes  dans 
plusieurs  de  nos  verrières  anciennes.  C'est  aussi  peut-être 
pour  faire  comme  une  suite  et  un  pendant  aux  histoires 
de  TAncien  Testament  sculptées  dans  plusieurs  de  nos 
porches,  comme  à  Guimiliau,  Landivisiau,  Bodilis,  Pen- 
cran  ;  et  si  d'un  côté  Ton  montre  la  tentation  et  la  chute 
de  nos  premiers  parents  avec  ses  conséquences  terribles 
et  douloureuses,  de  Fautre  on  voit  comment  s'est  faite  la 
réparation,  et  au  prix  de  quelles  souffrances  s'est  opéré 
notre  rachat. 

Les  calvaires  de  premier  ordre  sont  au  nombre  de  six  : 
ceux  de  Notre-Dame  de  Tronoën,  1470-1490  ;  Plougonven, 
1554;  Guimiliau,  1581  ;  Plougastel-Daoulas,  1602;  Saint 
Thégonnec,  1610  ;  Pleyben,  1650. 

Tronoën.  —  Le  premier,  par  ordre  chronologique,  est 
celui  de  Notre-Dame  de  Tronoën,  en  Saint- Jean-Troli mon, 
à  huit  kilomètres  à  l'Ouest  de  Pont  l'Âbbé.  La  chapelle 
actuelle,  assez  vaste  et  de  construction  monumentale,  doit 
dater  de  la  seconde  moitié  du  xv»  siècle,  d'après  tous  les 
caractères  de  son  architecture.  A-t-elle  succédé  à  un  sanc- 
tuaire antérieur  ?  On  ne  le  sait  pas.  Ce  qui  est  vrai,  c'est 
qu'elle  domine  un  immense  plateau,  qui  s'en  va  en  pente 
douce  vers  la  mer,  et  qui  a  été  très  anciennement  le  cen- 
tre d'une  occupation  gauloise  à  laquelle  s'est  superposée 
une  occupation  romaine.  C'est  ce  qui  résulte  des  explora- 
tions longues  et  laborieuses  faites  par  M.  P.  du  Chatellier, 
et  qui  lui  ont  livré  des  armes  et  des  monnaies  gauloises 
et  romaines,  des  fragments  d'idoles  et  de  statuettes,  de  la 
poterie,  des  fibules,  des  instruments  de  labour  et  de  mé 
nage,  des  restes  nombreux  d'habitations,  le  tout  enfoui  à 


—  135  - 

2  mètres  de  profondeur  sous  une  épaisse  couche  de  sable 
apporté  du  littoral  par  les  vents  d'Ouest. 

Le  calvaire  qui  avoisine  la  chapelle,  du  côté  Midi,  sem- 
ble de  la  même  date  que  cet  édifice.  C'est  un  massif  en 
pierres  de  taille,  de  forme  rectangulaire,  mesurant  4  m.  50 
sur  les  grands  côtés  et  3  m.  15  sur  les  deux  petits.  Tout 
autour  règne  un  banc  de  0  m.  45  de  hauteur,  et  au-dessus 
du  soubassement,  à  1  m.  75  du  sol,  court  une  corniche 
qui  sert  de  support  à  une  première  série  de  scènes  sculp- 
tées. A  un  mètre  plus  haut,  un  grand  larmier  saillant 
semble  faire  abri  au-dessus  des  personnages  et  est  cou- 
ronné par  un  second  rang  de  statues.  La  plate-forme  est 
surmontée  de  la  croix  du  Sauveur  et  de  celles  des  larrons. 

Dans  chaque  bloc  de  granit  sont  sculptés  deux  ou  trois 
personnages,  quelquefois  plus,  de  sorte  que  chaque  scène 
comprend  un  ou  deux  blocs  selon  le  nombre  des  person- 
nages qui  en  font  partie.  Nous  énumérerons  les  différentes 
scènes  dans  Tordre  où  elles  sont  rangées. 

La  série  des  représentations  commence  au  dernier  ta- 
bleau de  la  façade  Est,  et,  elle  se  continue  sur  la  façade 
Nord,  puis  sur  le  côté  Ouest,  en  contournant  le  calvaire 
dans  le  sens  de  la  lecture. 

Première  série,  rang  inférieur 

lo  Annonciation.  ~  L'Ange  Gabriel,  tenant  un  grand 
phylactère,  est  tourné  vers  la  Sainte- Vierge  qui  est  age- 
nouillée sur  un  prie-Dieu.  Entre  les  deux  se  trouve  un 
vase  de  forme  élancée  d'où  s'élève  un  lis  autour  duquel 
s'enroule  un  autre  phylactère.  Généralement,  dans  les 
représentations  analogues  de  l'Annonciation,  des  bande- 
roles portent  ces  textes  :  Ave  gratia  plena.  —  Ecce  ancUla 
Damini  ;  mais  ici  il  semble  qu'il  n'y  ait  jamais  eu  d'ins- 
cription. Sur  le  prie-Dieu  de  la  Sainte-Vierge  est  un 


—  136  — 

coussin  soutenant  un  livre  ouvert.  Le  dessous  du  meuble 
forme  une  petite  bibliothèque  renfermant  huit  livres 
d'heures,  de  différentes  dimensions,  posés  à  plat  et  ornés 
de  riches  fermoirs. 

La  même  disposition  de  livres  dans  un  prie-Dieu  se 
trouve  dans  les  sculptures  des  stalles  de  la  cathédrale 
d'Amiens. 

Côté  Nord.  —  Les  deux  scènes  de  ce  côté  sont  sculptées 
en  pierre  de  Kersanton  et  d'un  travail  très  fin,  tandis  que 
toutes  les  autres  sont  en  granit  ordinaire  qui  a  été  un  peu 
rongé  par  l'air  salin  de  l'Océan. 

2<*  Visitation.  —  Sainte  Elisabeth  s'avance  pour  em- 
brasser la  Sainte-Vierge. 

30  Adoration  des  Mages.  —  Saint  Joseph  est  endormi 
auprès  de  l'àne  et  du  bœuf.  Il  est  coifié  d'un  capuce  et  a 
son  bâton  à  côté  de  lui. 

La  Sainte- Vierge  est  couchée  dans  un  lit  d'osier,  la  tête 
reposant  sur  un  coussin,  la  poitrine  découverte  et  nue, 
les  mains  tendues  vers  un  personnage  jeune,  à  chevelure 
opulente,  et  vêtu  d'une  robe  longue,  qui  de  la  main  gau- 
che tient  un  globe  ou  une  pomme,  tandis  que  de  la  droite 
il  montre  le  ciel.  Plus  loin  les  trois  mages  portent  leurs 
présents.  Le  premier,  à  genoux  et  sans  couronne,  pré- 
sente un  calice  ou  une  coupe  ;  les  deux  autres,  debout  et 
couronne  en  tête,  portent  des  urnes. 

Quel  peut  être  cet  adolescent  qui  porte  un  globe  et 
semble  parler  à  la  Sainte-Vierge  ?  Est-ce  un  berger,  est-ce 
un  serviteur  des  Mages  ?  Ne  serait-ce  pas  l'Enfant  Jésus 
figuré  sous  les  traits  qu'il  devait  avoir  à  l'âge  de  dix  ou 
douze  ans  ?  Il  est  difficile  de  le  préciser  ;  mais  ce  qu'il 
faut  observer,  c'est  que  toute  représentation  de  l'Enfant 
Jésus,  nouveau-né,  fait  défaut  dans  cette  scène. 

40  Côté  Ouest,  —  Présentation  de  l'Enfant  Jésus  au 
Temple.  —  Saint  Joseph,  appuyé  sur  un  bâton,  se  tient 


—  137  — 

derrière  la  Sainte-Vierge,  qui  présente  TEnfant  Jésus  nu 
et  debout  sur  une  table.  Le  Grand-Prétre,  revêtu  d'une 
sorte  de  chasuble  et  d'une  mitre,  le  reçoit  dans  ses  bras. 

^  Baptême  de  Notre  •  Seigneur.  •—  Le  Sauveur  est  à 
genoux  et  saint  Jean  lui  verse  de  l'eau  sur  la  tête  avec  un 
pot  à  eau.  Un  ange  tient  respectueusement  la  sainte  robe 
de  Notre- Seigneur.  C'est  une  tradition  que  l'on  trouve 
partout  où  a  été  figurée  cette  scène  :  au  porche  de  Guen- 
gat,  aux  baptistères  de  Lampaul  et  de  Guimiliau,  etc. 

6oPlus  loin  on  retrouve  la  même  représentation  répé- 
tée presque  identiquement  :  ce  doit  être  saint  Jean  confé- 
rant le  baptême  à  un  des  Juifs  venus  pour  l'écouter. 

70  Côté  Sud. —  Le  premier  panneau  de  ce  côté  est  sculpté 
en  bas-relief  presque  méplat  sur  une  dalle  de  pierre  ;  il 
est  un  peu  fruste  et  assez  difficile  à  interpréter.  11  semble 
que  ce  soit  un  tableau  étranger  à  l'ensemble  du  monu- 
ment et  qui  est  venu  s'y  interpoler  sans  faire  partie  de 
l'idée  primitive.  Le  personnage  principal  est  Notre-Sei- 
gneur  assis  sur  un  arc-en-ciel,  les  deux  mains  élevées, 
dans  l'attitude  qu'on  lui  donne  dans  les  représentations 
du  jugement  dernier. 

A  sa  droite,  on  croit  reconnaître  la  Vierge  à  genoux  et 
suppliante,  à  sa  gauche,  un  ange  jouant  de  la  trompette 
et  deux  ou  trois  morts  sortant  du  tombeau  ;  au  haut,  un 
ou  deux  anges,  tenant,  semblerait-il,  les  instruments  de 
la  Passion.  Tout  à  fait  dans  le  côté,  Adam  et  Eve  au  pied 
de  l'arbre  du  bien  et  du  mal,  autour  duquel  est  enroulé 
le  Serpent,  et  au  haut  de  l'arbre,  un  ange,  les  mains  éten- 
dues vers  Adam. 

Si  quelques-unes  de  ces  figures,  qu'où  peut  seulement 
soupçonner,  existent  réellement,  c'est  là  un  jugement 
dernier  ;  sinon,  c'est  la  création  ou  le  Seigneur  reprochant 
leur  faute  à  nos  premiers  parents. 

8»  La  dernière  Cène.  —  Six  personnages  seulement  assis 


-  138  - 

à  table  avec  Nt>tre-Seigneur.  Saint  Jean  a  la  tête  appuyée 
sur  la  poitrine  de  son  Maître. 

9<>  Côté  Est.  —  Lavement  des  pieds.  —  Onze  personna- 
ges. Saint  Pierre  a  les  pieds  plongés  dans  un  bassin  ; 
Notre-Seigneur  est  à  genoux  devant  lui. 

iO>  Prière  au  Jardin  des  Oliviers.  —  Notre-Seigaeur  est 
à  genoux  ;  les  trois  disciples  sont  endormis.  Le  jardin, 
selon  les  représentations  conventionnelles  de  Tépoqae, 
est  figuré  par  deux  arbres  en  forme  de  champignons. 

Deuxième  série,  rang  supérieur 

Ho  Flagellation.  —  Le  Sauveur  est  attaché  à  la  colonne. 
Un  bourreau  tient  des  verges  ;  le  second  bourreau  man- 
que. 

12o  Côté  Nord.  —  La  Sainte- Vierge  et  les  trois  Marie. 

13<>  Notre- Seigneur  outragé  par  les  soldats.  —  II  est 
assis,  les  yeux  bandés. 

140  Côté  Otiest.  •—  Pilate  se  lavant  les  mains. 

15°  Notre-Seigneur  lié.—  Emmené  par  deux  bourreaux. 

16<>  Portement  de  croix.  —  Notre-Seîgneur  est  conduit 
par  deux  bourreaux  et  suivi  des  deux  larrons,  qui  sont 
aussi  chargés  de  leurs  croix. 

17«  Côté  Sud,  —  Résurrection.  —  Le  Sauveur,  tenant 
une  croix  comme  étendard,  sort  de  son  tombeau  ;  deux 
des  gardes  tombent  à  la  renverse,  deux  sont  assis  et 
comme  endormis,  un  cinquième  est  debout. 

I80  Descente  de  Notre-Seigneur  aux  limbes.  —  Les  lim- 
bes sont  représentés  par  la  gueule  d'un  monstre.  De  cette 
gueule  ouverte  sortent  deux  petits  personnages  nus,  Adam 
et  Eve,  personnification  des  justes  de  l'Ancien  Testament, 
qui  vont  au-devant  du  Sauveur.  Celui-ci  tient  un  étendard 
ou  une  banderole. 

Cette  représentation,  ingénieuse  et  traditionnelle,  a  été 


—  139  — 

imitée  dans  les  autres  calvaires  qui  ont  été  sculptés  pos- 
térieurement ;  mais  Tidée  y  a  été  moins  bien  comprise  et 
infidèlement  traduite,  car  au  lieu  d'exprimer  le  séjour 
des  justes,  on  a  semblé  figurer  le  véritable  enfer  des  dam- 
nés ;  on  y  voit  des  démons  qui  précipitent  des  malheu- 
reux dans  la  gueule  du  monstre  de  laquelle  sortent  des 
fiammes  abondantes. 

19®  Noli  me  tangere,  —  Notre- Seigneur  après  sa  résur- 
rection apparaît  à  Marie-Madeleine  qui  le  prend  d'abord 
pour  le  jardinier  de  l'endroit  et,  après  l'avoir  reconnu,  se 
jette  à  ses  pieds  et  veut  embrasser  ses  genoux.  Le  Maître 
lui  répond  :  ((  Ne  me  touchez  pas  »,  Noli  me  tangere. 
Notre-Seigneur  tient  une  banderole  qui  s'enroule  autour 
d'un  des  arbres. 

Là  finit  la  série  des  tableaux  figurés  autour  du  monu- 
ment. 

Sur  la  plate-forme  du  massif  sont  dressées  la  croix  du 
Sauveur  et  celles  des  deux  larrons. 

A  côté  du  Sauveur  crucifié  sont  quatre  anges  qui  re- 
cueillent dans  des  calices  le  sang  précieux  coulant  de  ses 
plaies  sacrées.  Au  pied  de  la  croix  du  Sauveur  sont  les 
statues  de  la  Sainte-Vierge  et  de  saint  Jean.  Au  pied  de 
la  croix  du  bon  laFron  est  un  saint  moine  à  genoux,  les 
mains  jointes  et  semblant  être  saint  François  d'Assise. 

Du  côté  Est,  derrière  la  croix  du  Sauveur,  est  repré- 
sentée Notre-Dame-de-Pitié  :  la  Sainte -Vierge  tient  sur 
ses  genoux  le  corps  inanimé  de  son  Fils.  Deux  petits  per- 
sonnages ou  anges,  à  ses  côtés,  compatissent  à  ses  dou- 
leurs et  relèvent  respectueusement  son  voile. 

Derrière  la  croix  du  mauvais  larron,  la  Véronique  tient 
la  Sainte  Face.  Derrière  la  croix  du  bon  larron  se  voit 
saint  Jacques,  reconnaissable  à  son  chapeau  de  pèlerin,  à 
son  bourdon  et  à  son  aumônière. 

Ce  monument  que  nous  venons  de  décrire  est  d'un 


—  140  - 

eifet  saisissant  à  côté  de  cette  chapelle  isolée  au  milieu 
(l*une  vaste  campagne  et  planant  sur  un  immense  désert. 
Ce  qui  lui  donne  encore  une  physionomie  plus  étrange, 
c'est  son  aspect  de  désolation  et  d'abandon,  les  pierres 
disjointes  et  rongées  par  les  éléments,  Tart  primitif  et 
demi-barbare  des  personnages  sculptés,  les  trois  croix 
penchées  d'un  côté  et  de  l'autre  et  comme  ébranlées  par 
l'effort  des  ouragans. 

Ce  calvaire  de  Tronoên  est  d'autant  plus  intéressant 
qu'il  a  servi  comme  de  modèle  aux  cinq  autres  qui  l'ont 
suivi  et  dans  lesquels  on  constate  le  même  genre  et  le 
môme  ordre  de  représentations.  Il  n'y  a  de  différence  que 
dans  la  perfection  et  le  plus  ou  moins  de  correction  de 
groupes,  et  aussi  dans  le  style  particulier  de  chacun  des 
monuments,  correspondant  à  l'époque  de  son  érection. 

Plougonven.  —  ici,  le  massif  du  calvaire  est  un  octo- 
gone dont  les  côtés  mesurent  1  m.  70,  ce  qui  donne  envi- 
ron 4  m.  20  de  largeur  et  de  profondeur,  sur  4  mètres  de 
hauteur,  avec  colonnettes  rondes  sur  les  angles  et  deux 
.  rangs  de  corniches  qui  servent  de  supports  à  deux  séries 
de  scènes  sculptées,  lesquelles  sont  à  peu  près  les  mêmes 
qu'au  calvaire  de  Tronoên,  mais  mieux  exécutées,  plus 
correctes  et  moins  primitives,  parce  que  l'art  a  fait  du 
progrès  et  que  les  groupes  sont  sculptés  dans  une  pierre 
plus  fme,  le  Kersanton,  qui  se  prête  à  toutes  les  délica- 
tesses du  ciseau.  Je  ne  décrirai  pas  ces  groupes  en  détail, 
me  réservant  pour  le  calvaire  de  Guimiliau  qui  a  plus  de 
développement,  plus  d'importance  et  d'originalité.  Je  si- 
gnalerai seulement,  au  dessus  du  pan  Nord,  la  statue  de 
saint  Yves,  patron  de  la  paroisse.  Ce  saint  patron  et  mo- 
dèle des  avocats  est  représenté  vêtu  d'une  robe,  d'une 
cotte  et  d'un  camail  à  capuce,  coiffé  d'une  barrette  ou 
bonnet  carré  et  tenant  un  parchemin  de  la  main  droite. 
Sur  le  socle  carré  qui  supporte  son  image  est  gravée  cette 


—  141  — 

inscription  gothique  qui  donne  la  date  du  monument  : 
Cette  Orùix  fust  fayte  lan  M.  F°  LIIII  a  Ihonneur  de  Dieu 
et  ^w-Dame  de  Pitié  et  Monseigneur  S^-Tves.  —  Ptiés 
Dieu  pour  les  Trépcissés. 

Les  croix  du  Sauveur  et  des  larrons,  qui  avaient  été 
abattues  et  brisées,  ont  été  rétablies,  il  y  a  quelques 
années,  d'après  les  modèles  anciens,  et  sur  les  premiers 
croisillons  de  la  croix  principale  on  retrouve  les  cavaliers 
traditionnels. 

On  dit  qu'autrefois  toutes  les  statues.de  ce  calvaire 
étaient  peintes  et  dorées.  En  eflet,  dans  les  plis  des  vête- 
ments on  remarque  encore  des  traces  de  peinture  et  de 
dorure,  et  on  en  retrouve  d'autres  exemples  dans  le  pays. 

Oulmillau.  —  La  disposition  générale  de  ce  calvaire 
consiste  dans  un  massif  carré,  accosté  à  ses  angles  de 
quatre  ailes  ou  gros  contreforts  percés  d'étroites  arcades 
entaillant  les  angles  et  réduisant  la  partie  inférieure  de  ce 
carré  à  la  forme  octogonale.  Au-dessus  règne  la  première 
série  des  représentations,  et  la  seconde  se  trouve  sur  la 
plate-forme.  Ces  arcades,  ces  contreforts,  les  corniches 
aux  vigoureuses  moulures,  les  groupes  de  personnages  se 
détachant  sur  les  parois  du  monument,  ou  se  profilant 
sur  le  ciel,  donnent  à  l'ensemble  un  mouvement  et  un 
relief  étranges.  Joignez  à  cela  l'originalité  des  costumes, 
la  vie  des  physionomies  et  des  figures,  la  nervosité  et  la 
désinvolture  de  certaines  attitudes,  et  vous  admettrez  que 
ce  calvaire  de  Guimiliau  est  le  plus  remarquable  des  cal- 
vaires bretons,  le  plus  curieux,  le  plus  intéressant,  le 
plus  instructif  à  étudier.  Il  n'a  pas  la  correction  un  peu 
raide  et  froide  de  ceux  de  Pleyben  et  de  Plougastel,  mais 
il  traduit  mieux  l'esprit  et  les  mœurs  de  l'époque  où  il  a 
été  construit.  Dans  les  bourreaux  et  les  soldats  qui  entou- 
rent Notre  -  Seigneur  dans  les  différentes  scènes  de  sa 
Passion,  ne  reconnaît-on  pas  réellement  la  soldatesque  du 


—  142  — 

temps  de  Henri  III,  les  soudards  brutaux,  fanlarons, 
joyeux  viveurs,  prenant  part  à  une  scène  carnavalesque, 
et  menant  avec  leurs  tambours  et  leurs  olifants  un  véri- 
table charivari  ? 

Sur  la  paroi  Ouest,  encadré  entre  deux  colonnes  can- 
nelées, est  un  petit  autel  surmonté  de  la  statue  de  saint 
Pol  de  Léon.  Les  colonnes  portent  une  frise  sur  laquelle 
on  lit  cette  inscription  et  cette  date  : 
AD .  GLORIAM  .  DOMINI .  1581 .  CRUX .  EGO .  FAGTA. FUI 

Sur  la  façadç  de  chacun  des  contreforts  est  assis  un  des 
quatre  évangélistes  écrivant  dans  un  livre  posé  sur  un 
pupitre  ;  quelques-uns  sont  coiffés  de  la  barrette  ou  bon- 
net de  docteur. 

Les  scènes  sont  un  peu  bouleversées  et  dans  un  ordre 
irrégulier;  je  les  cite  en  rétablissant  Tordre  naturel  et 
historique  : 

1.  —  Annonciation. 

2.  -—  Visitation. 

3.  —  Nativité  de  TEnfant- Jésus.  —  Les  anges  et  les  ber 
gers  l'entourent  pour  l'adorer  et  lui  offrir  leurs  hommages. 

4.  —  Adoration  des  Mages.  Au  bas  de  ce  groupe  est  la 
date  1588. 

5.  —  Présentation  au  temple. 

6.  —  Fuite  en  Egypte. 

7.  —  Baptême  de  Notre  Seigneur  par  saint  Jean. 

8.  —  Entrée  à  Jérusalem. 

9.  —  Dernière  cène. 

10.  —  Lavement  des  pieds. 

11.  —  Prière  et  agonie  au  Jardin  des  Oliviers. 

12.  —  Trahison  de  Judas. 

13.  —  Saint  Pierre  coupe  Toreille  de  Malchus. 

14.  —  Flagellation,  Notre-Seigneur  attaché  à  la  colonne. 

15.  —  Couronnement  d'épines. 

16.  —  Notre-Seigneur,  couronné  d'épines,  lié  par  des 


—  143  — 

cordes  et  tenu  par  des  bourreaux,  est  moqué  et  conspué. 

17.  —  Notre-Seigneur,  les  yeux  bandés,  est  outragé  par 
la  valetaille. 

18.  —  Notre-Seigneur  condamné  à  mort.  —  Pilate  se 
lave  les  mains  ;  il  est  assis  dans  un  fauteuil  à  dais  et  à 
dosseret.  A  ses  pieds  est  un  chien. 

19.  —  Portement  de  croix.  —  Notre-Seigneur  est  entouré 
de  soldats  dont  les  uns  battent  du  tambour,  les  autres 
soanent  de  Tolifant,  d'autres  le  tirent  ou  le  poussent  ; 
c'est  une  scène  extraordinairement  mouvementée,  et  en 
même  temps  très  intéressante  comme  étude  des  costumes 
militaires  de  cette  époque. 

80.  —  La  Véronique  tenant  le  voile  de  la  Sainte-Face. 

21.  —  Crucifiement.  —  La  croix  est  dressée  au  milieu 
de  la  plate  forme.  De  chaque  côté  de  Notre-Seigneur,  sur 
les  croisillons,  sont  la  Sainte-Vierge  et  saint  Jean,  et  der- 
rière, adossés,  saint  Pierre  et  saint  Yves.  N*y  avait-il  pas 
autrefois  double  croisillon,  pour  supporter  les  deux  cava- 
liers que  Ton  voit  maintenant  sur  le  petit  arc  de  triomphe 
qai  fait  entrée  du  cimetière  ?  et  de  plus,  les  croix  des 
deux  larrons  n'ont-elles  pas  existé  ?  Il  est  à  croire  que 
pendant  la  Révolution  les  trois  croix  auraient  été  renver- 
sées, et  qu'on  n'aurait  fait  qu'une  restauration  partielle. 

22.  —  Descente  de  Notre-Seigneur  aux  limbes,  ou  plu- 
tôt aux  enfers,  car  c'est  bien  la  figuration  de  l'enfer  que 
cette  gueule  monstrueuse  remplie  de  flammes,  au  milieu 
desquelles  sont  des  damnés,  et  dans  laquelle  des  démons 
poussent  et  entraînent  CatM-Qollet y  femme  damnée  (^ui 
revint  après  sa  mort  pour  dire  son  malheur  irréparable, 
et  dont  l'histoire  fut  chantée  au  long  dans  les  complaintes 
ou  gturz  de  cette  époque.  Ce  tableau  n'est  pas  complet,  ou 
a  été  bouleversé,  car,  à  quelque  distance,  on  voit  Adam  et 
Eve  qui  avancent  au-devant  de  Notre-Seigneur  venant 
pour  leur  annoncer  leur  délivrance. 


—  144  — 

23.  —  Descente  de  croix. 

24.  —  Mise  au  tombeau.  —  Autour  du  corps  inanimé  de 
Notre-Seigneur  sont  la  Sainte -Vierge  et  les  trois  Marie, 
Joseph  d'Arimathie,  Nicodème  et  Gamaliel,  tenant  la  cou- 
ronne d*épines.  Un  autre  personnage  en  chapeau  et  deux 
en  barrette  assistent  à  cette  scène. 

25.  —  Résurrection.  —  Notre-Seigneur  plein  de  vie  et 
de  force  sort  du  tombeau  ;  les  gardes  sont  renversés  à 
terre  ;  cependant  deux  d'entre  eux  restent  debout  et 
regardent  Notre-Seigneur  avec  un  mélange  d'étonnement 
et  d'effronterie. 

Autrefois  tous  les  personnages  de  ce  calvaire  étaient 
couverts  de  grandes  plaques  de  lichen  blanc  qui  faisaient 
des  taches  singulières,  contrariant  les  plis  des  draperies 
et  des  costumes,  ainsi  que  les  physionomies  si  expressives 
des  figures.  Depuis  quelques  mois,  tout  le  monument  a 
été  lavé  et  brossé,  et  si  le  pittoresque  ou  la  dénaturation 
chère  à  quelques  archéologues  y  a  perdu,  la  lecture  des 
scènes  si  vivantes  et  si  variées  y  a  beaucoup  gagné. 

Ce  qui  ajoute  encore  à  la  beauté  et  au  pittoresque  du 
calvaire  de  Guimiliau,  c'est  le  cadre  qui  l'entoure  et  avec 
lequel  il  s'harmonise  si  bien  :  le  vieux  cimetière  avec  ses 
tombes  serrées,  le  petit  arc  de  triomphe  qui  en  forme 
l'entrée  principale,  l'église  avec  son  clocher  gothique,  sob 
admirable  porche  de  1606-1617,  ses  larges  gables  couroa* 
nés  de  lanternons,  la  sacristie  circulaire  entourée  de 
quatre  demi-coupoles,  et  enfin  la  chapelle  Sainte-Anne, 
ancien  ossuaire  de  1648,  toute  tapissée  de  colonnes  et  pi- 
lastres accostant  la  porte  et  les  fenêtres  en  plein  cintre» 
avec  petite  chaire  extérieure  fort  originale. 

Plougastel-Daoulas.  —  La  disposition  générale  est  la 
même  qu'à  Guimiliau  :  sur  la  façade  principale,  un  autel 
encadré  entre  deux  colonnes  cannelées  et  surmonté  des 
statues  de  saint  Pierre  et  de  saint  Sébastien  ;  arcades  per- 


—  145  — 

cées  dans  les  contreforts  ;  évangélistes  assis  dans  des 
niches  aux  quatre  angles,  et  série  analogue  des  scènes 
représentées.  Mais  ici  il  n'y  a  plus  le  même  laisser  aller, 
la  même  désinvolture  dans  la  démarche  et  les  gestes  des 
personnages,  il  y  a  plus  de  correction,  plus  de  dignité  et 
de  recueillement  ;  mais  aussi  peut-être  un  peu  trop  de 
tristesse  et  de  rigidité. 

Les  trois  croix  qui  dominent  l'ensemble  sont  plus  com- 
plètes. Autour  de  Notre -Seigneur  sont  des  anges  qui 
recueillent  dans  des  calices  le  précieux  sang  coulant  de 
ses  cinq  plaies.  Des  deux  côtés,  sur  les  croisillons  supé- 
rieurs, deux  cavaliers  dont  l'un,  saint  Longin,  devait 
tenir  une  lance  pour  percer  le  côté  sacré  du  Sauveur,  et 
pour  indiquer  qu'il  a  la  vue  basse  il  fait  le  geste  tradition- 
nel de  mettre  la  main  gauche  au-dessus  de  ses  yeux.  Sur 
le  croisillon  inférieur,  la  Sainte- Vierge  et  saint  Jean,  puis 
Notre-Dame-de-Pitié  ;  derrière,  adossés,  saint  Pierre  et 
un  autre  saint,  au  milieu,  le  Christ  ressuscité,  et  plus 
haut  VEcce-ffomo, 

C'est  un  véritable  prodige  d'équilibre  que  de  faire  tenir 
sur  ces  colonnes  si  hautes  et  sur  ces  croisillons  de  pierre 
tous  ces  personnages  et  ces  groupes  compliqués,  sans  que 
les  vents  les  plus  violents  soient  parvenus  à  les  ébranler, 
et  il  en  est  ainsi  pour  une  quantité  de  croix  bretonnes. 
Des  deux  côtés  sont  les  croix  des  deux  larrons,  avec  un 
ange  au-dessus  de  celui  de  droite  et  un  démon  au-dessus 
de  celui  de  gauche,  prêt  à  saisir  son  âme  pour  la  conduire 
en  enfer. 

L'inscription  qu'on  lit  sur  le  massif  a  été  un  peu  boule- 
versée par  une  interversion  des  pierres  lors  d'une  restau- 
ration ;  il  faut  la  rétablir  ainsi  : 

1604.  l.  KGVERN.  L  THOMAS  :  FAB 
0  :  VIGOVROVX  :  CURE 

BuLLrrrN  ds  la  Commission  diocésaine.  —  3*  aanée.  10 


—  146  — 

Plus  bas,  sur  la  frise  : 

CE  :  MAGE  :  FVT  :  ACHEVE  :  A  :  LA  :  1602 
M  :  A  CORR  :  F  :  PERIOV  :  I  :  BAOD  :  CURE 

Salnt-Thégonneo.  —  Le  calvaire,  quoique  de  moin- 
dre importance  que  ceux  précédemment  étudiés,  mérite 
cependant  une  description,  d*autant  plus  qu'il  est  entouré 
d'un  cadre  incomparable  :  arc  de  triomphe  couronné  de 
lanternons,  unique  dans  son  genre,  ossuaire  monumental, 
le  plus  beau  de  Bretagne,  passage  couvert,  faisant  arcade 
à  l'angle  de  l'église,  porche  magistral,  surmonté  d'un 
puissant  clocher,  couronné  par  des  dômes  superposés. 

La  croix  qui  surmonte  le  massif  carré  offre  beaucoup 
d'analogie  avec  celle  du  calvaire  de  Plougastel  et  avec 
celles  de  Locmélar,  Lopérec,  Saint-Ségal,  etc.. 

1.  —  Notre -Seigneur  en  croix,  avec  quatre  anges, 
recueillant  dans  des  calices  son  précieux  sang. 

2.  —  Sur  les  branches  du  croisillon  supérieur,  saint 
Longin  à  cheval  et  un  autre  cavalier. 

3.  —  Sur  le  croisillon  inférieur,  les  statues  doubles 
adossées  ont  été  mal  placées  et  les  unes  retournées,  de 
sorte  qu'il  faudrait  les  rétablir  ainsi  :  en  avant,  la  Sainte 
Vierge  et  saint  Jean,  à  l'arrière  saint  Pierre  et  saint  Yves. 

4.  —  Au  milieu,  sur  l'avant,  la  Sainte-Vierge  couron- 
née portant  l'Enfant-Jésus  dans  ses  bras. 

5.  —  A  l'arrière,  un  Christ  à  la  colonne  et  un  Ecce- 
Homo, 

6.  —  En  bas,  sur  le  massif,  en  rétablissant  bien  les 
choses  dans  l'ordre  :  la  condamnation  de  Notre-Seigneur, 
Pilate  se  lavant  les  mains. 

7.  —  Flagellation. 

8.  —  Notre-Seigneur,lesyeuxbandés,  souffleté,  conspué. 

9.  —  Couronnement  d'épines. 

10.  —  Portement  de  croix. 


-  147  - 

11.  —  La  Véronique. 

12.  —  Descente  de  croix. 

13.  —  Mise  au  tombeau. 

14.  —  Résurrection. 

15.  —  Au-dessus  du  petit  autel,  adossé  au  massif,  est 
une  statuette  de  saint  Thégonnec,  avec  un  chariot  attelé 
d'un  âne  et  d'un  cerf.  On  dit  que  c'est  dans  ce  chariot 
qu'il  transporta  toutes  les  pierres  pour  la  construction  de 
son  église. 

Pleyben.  —  Ce  calvaire,  qui  se  trouve  maintenant  à 
30  ou  40  mètres  de  Téglise,  était  primitivement  tout  près 
du  grand  porche,  comme  l'indique  l'inscription  gravée 
sur  le  socle  de  la  statue  de  saint  Germain,  le  patron  : 
EN  .  L'HONNEUR  .  DE  .  DIEU  .  ET  .  NOTRE  .  DAME 
ET  .  MONSEIGNEUR  .  S  .  GERMAIN  .  GESTE  .  CROIX 
FUST  .  COMMENCE. 

Ici  encore  sont  percées  des  arcades  pour  rendre  la 
masse  plus  légère,  mais  au  lieu  d'être  pratiquées  dans  les 
contreforts,  ce  sont  deux  voûtes  en  berceau  qui  se  croi- 
sent dans  le  grand  carré,  en  formant  au  milieu  une  voûte 
d'arête  avec  clef. 

Les  différentes  scènes  donnent  une  série  de  trente 
tableaux  en  comptant  les  cavaliers  qui  sont  campés  sur 
la  plate-forme,  ainsi  que  la  croix  de  Notre-Seigneur  et 
celles  des  larrons.  Ceux-ci  ont  leurs  noms  inscrits  sur  les 
chapiteaux  des  fûts  qui  portent  leurs  croix  :  Diêmas  et 
OUmaa. 

Il  faut  monter  à  la  hauteur  des  personnages,  oti  les  exa- 
miner avec  une  bonne  jumelle  pour  bien  voir  tout  ce 
qu'il  y  a  d'expression  et  de  finesse  dans  leurs  physiono- 
mies, pour  saisir  tous  les  détails  de  leurs  costumes. 

Sur  la  face  Est,  au-^dessous  de  la  représentation  de  la 
Cfew,  se  trouve  cette  inscription  :  FAIST  :  A  :  BREST  : 
PAR  :  M  :  IV  :  OZANNE  :  ARCHITECTE. 


—  148  — 

Et  sous  le  lavement  des  pieds  :  TV  :  MIHI  :  LAVAS  : 
PEDES  :  1650. 

Cette  famille  Ozanne,  de  Brest,  a  fourni  des  dessina 
teurs  et  des  ingénieurs  de  la  marine,  des  architectes  et 
des  peintres  qui  ont  laissé  des  œuvres  remarquables. 
C'est  la  seule  signature  que  l'on  trouve  sur  nos  calvaires 
bretons  ;  et  par  ailleurs  je  ne  connais  qu'une  seule  signa- 
ture de  sculpteur  :  R.  Doré,  que  Ton  trouve  au  bas  d'une 
statue,  à  l'entrée  du  porche  de  Saint-Thégonnec,  1625,  et 
sur  la  cuve  baptismale  de  Plouédern,  1614. 


Calvaii^s  de  deuxième  ordi^. 

Us  semblent  tous  dater  du  xvp  siècle  ;  je  les  donne  ici 
par  ordre  alphabétique  des  paroisses  auxquelles  ils  appar- 
tiennent : 

Brasparts.  —  Dans  le  cimetière  de  l'église  paroissiale. 

Briec.  —  Chapelle  de  Saint  Vennec,  1556. 

Cléden-Poher,  1575. 

Édern.  —  A  l'ancienne  chapelle  de  Saint-Maudez.  — 
Ruiné. 

Ergué-Gabéric.  —  Kerdévol. 

Forêt- Fouesnant  (La).  -—  Formant  aussi  chaire  exté- 
rieure. 

Gouézec.  —  Chapelle  de  Notre -Dame -des -Fontaines, 

1554. 
Guengat.  —  Cimetière. 

Landrévarzec.  — -  Chapelle  de  Notre-Dame  de  Quilinen. 
Meilars.  —  Chapelle  de  Notre-Dame  de  Confors. 
Quéménéven.  —  Chapelle  de  Notre-Dame  de  Kergoat. 
Sainl-Hernin.  —  A  Kerbreudeur.  —  En  partie  ruiné. 


—  149  - 

De  chacun  de  ces  calvaires,  donnons  une  courte  des- 
cription : 

Brasparts.  —  Massif  surmonté  de  la  croix  de  Notre- 
Seigneur  et  de  celles  des  deux  larrons.  Groupe  de  Notre- 
Dame-de-Pitié,  et  au  dos  saint  Michel  terrassant  le  démon. 

Briec.  —  A  la  chapelle  de  Saint- Vennec,  à  16  kilomètres 
de  Quimper,  au  bord  de  la  route  de  Chàteaulin,  deux 
massifs  triangulaires  superposés  Tun  à  Tautre,  et  autour 
desquels  sont  rangés  les  douze  apôtres,  avec  leurs  noms 
inscrits  en  latin  sur  les  socles,  et  un  article  du  Credo,  en 
belles  lettres  gothiques,  sur  la  banderoUe  qu'ils  tiennent 
de  la  main.  Au  pied  de  la  croix,  par  devant,  se  trouve  le 
groupe  de  Notre  -  Dame  -  de  -  Pitié  entourée  des  saintes 
Femmes  et  tenant  le  corps  de  son  divin  Fils  sur  ses  ge- 
noux. Plus  haut,  la  Madeleine,  les  mains  jointes,  la  tête 
baissée  et  pleurant,  puis  de  chaque  côté,  la  Sainte- Vierge 
et  saint  Jean.  Au  sommet,  Notre-Seigneur  en  croix,  en- 
touré de  trois  anges  qui  recueillent  le  sang  de  ses  plaies. 

Deux  croix  latérales  plantées  sur  la  base  supérieure 
portent  les  deux  larrons,  qui  se  livrent  à  des  contorsions 
où  se  peint  la  plus  grande  douleur. 

Toutes  les  statues  qui  entourent  ce  calvaire  reposent 
sur  des  cariatides  formées  de  bustes  humains,  dont  quel- 
ques-uns sont  bizarrement  contournés,  et  dont  le  style 
s  accorde  assez  bien  avec  la  date  de  1556  inscrite  sur  le 
dos  de  la  croix  principale. 

Cléden-Poher.  —  Dans  le  cimetière,  derrière  l'abside 
de  l'église.  Massif  carré  :  Flagellation.  —  Portement  de  la 
croix.  —  Notre-Seigneur  en  croix,  entre  la  Sainte  -Vierge 
et  saint  Jean.  —  Croix  des  larrons.  —  Sur  les  angles, 
montés  sur  des  piédestaux,  deux  cavaliers.  L'un  de  ces 
piédestaux  porte  la  date  de  1575. 

Derrière  la  croix  sont  adossées  la  Sainte -Trinité,  la 
Vierge-Mère,  puis  les  statues  de  saint  Pierre  et  de  saint 


—  150  — 

Paul.  La  construction  de  ce  calvaire  est  due,  sans  aucun 
doute,  à  Gilles  de  Kerampuil,  recteur  de  Cléden  à  cette 
époque. 

Édern.  —  La  vieille  chapelle  de  Saint-Maudez  est  tom- 
bée en  ruine,  et  du  calvaire  qui  l'avoisinait  il  ne  reste 
plus  que  le  massif  triangulaire,  en  assez  mauvais  état. 

Ergué-Gabéric.  —  A  la  chapelle  de  Kerdévot,  sur  la 
façade  Midi,  massif  rectangulaire  avec  contreforts  sur  les 
angles,  entouré  de  douze  niches  reposant  sur  un  bandeau 
feuillage.  —  Croix  de  Notre-Seigneur  et  des  larrons.  — 
Sainte-Vierge  et  saint  Jean.  —  Contre  le  fût,  la  Véronique, 
et  plus  bas  Notre-Dame-de-Pitié.  —  Au  revers,  deux  sta- 
tues adossées,  puis  saint  Michel  et  un  Ecce-Homo, 

Forôt-Fouesnant  (La).  —  Petite  enceinte  carrée,  entou- 
rant la  croix,  avec  pinacles  gothiques  aux  quatre  angles  ; 
deux  de  ces  pinacles  portent  les  statues  de  la  Sainte  Vierge 
et  de  saint  Jean.  Sur  le  croisillon  de  la  croix  du  Sauveur 
sont  les  croix  des  larrons. 

Ce  calvaire  semble  avoir  été  destiné  à  être  en  même 
temps  chaire  à  prêcher,  car  on  y  monte  par  quelques 
marches  et  on  y  entre  par  une  petite  porte  ou  ouverture. 
Nous  trouvons  des  exemples  analogues  à  Notre-Dame-de- 
Tréminou,  en  Plomeur,  près  Pont  l'Abbé,  et  à  Kerinec, 
en  PouUan.  A  Kerinec,  la  chaire  en  pierre  qui  entoure 
la  croix  est  circulaire  et  est  garnie  d'un  pupitre  pour 
poser  un  livre,  ce  qui  pourrait  faire  dire  que  c  est  une 
croix  hosannière,  comme  la  jolie  croix  qui  se  trouve  dans 
le  cimetière  de  Plouésoc'h,  près  Morlaix. 

Dans  les  Côtesdu-Nord,  il  existe  aussi  des  chaires  exté- 
rieures entourant  des  croix,  à  Runan,  à  Plougrescant  et  à 
Pleubian,  les  deux  premières  octogonales,  et  la  dernière 
ronde,  beaucoup  plus  riche  et  ornée  de  plusieurs  groupes 
de  la  Passion. 

Gouézec.  —  A  la  chapelle  de  Notre-Dame-des-Fontaines, 


—  151  - 

au  bord  de  la  route  de  Quimper  à  Pleyben.  Massif  Irian- 
gulaire  avec  contreforts  d'angles,  entouré  de  niches  gothi- 
ques à  contrecourbes  feuillagées,  daté  de  1554.  La  croix 
du  bon  larron  reste  seule  intacte. 

Guengat.  —  Notre-Seigneur  en  croix  (travail  nouveau). 
—  Les  deux  larrons.  —  Notre-Dame-de-Pitié  et  les  trois 
Marie.  —  Sur  un  angle,  YEcce-ffvmo.  —  Derrière,  saint 
Jean-Baptiste  et  saint  Fiacre.  —  Autrefois  saint  Michel, 
qui  a  été  renversé  et  brisé. 

Landrévarzec.  —  A  la  chapelle  de  Quilinen,  à  11  kilo- 
mètres de  Quimper,  sur  la  route  de  Châteaulin.  —  Ce 
monument  a  un  grand  air  de  parenté  avec  celui  de  Saint- 
Vennec  dont  il  est  distant  seulement  de  5  kilomètres, 
mais  il  est  de  beaucoup  supérieur  comme  exécution  et 
comme  pittoresque.  C'est  certainement  le  plus  curieux, 
le  plus  intéressant  et  le  plus  ingénieux  des  calvaires  de 
second  ordre  ;  on  ne  peut  rien  imaginer  de  plus  heureux 
comme  groupement  de  personnages  et  comme  silhouette 
originale. 

Comme  base,  ce  sont  deux  massifs  triangulaires,  se 
superposant  et  se  compénétrant,  les  angles  du  second 
correspondant  aux  côtés  du  premier,  et  tout  autour  de 
la  deuxième  base,  sur  des  culs-de-lampe  en  cariatides, 
les  apôtres  diversement  étages  pour  donner  plus  de  mou- 
vement à  Tensemble.  Quelques-unes  des  cariatides  tien- 
nent de  longues  banderoles  qui  courent  sur  le  socle  et 
qui  ont  pu  recevoir  autrefois  des  inscriptions  en  couleur, 
mais  ne  portent  pas  de  traces  de  gravure. 

Au  pied  de  la  croix,  par  devant,  est  Notre-Dame-de- 
Pitié,  tenant  le  corps  de  son  Fils,  et  accompagnée  d'une 
des  saintes  Femmes  :  plus  haut,  à  deux  niveaux  diffé 
rents,  deux  autres  saintes  Femmes  et  l'apôtre  saint  Jean. 

Au  dos  de  la  croix,  on  voit  la  Sainte -Vierge  portant 
l'Enfant  Jésus  dans  ses  bras,  plus  haut,  la  Madeleine 


—  152  — 

tenant  un  vase  d*aromates,  et  au  sommet,  derrière  le 
crucifix,  Notre-Seigneur  ressuscité. 

Les  larrons,  surtout  celui  de  gauche,  se  tordent  dans 
des  convulsions  étranges,  et  il  y  a  peu  de  sculpteurs  mo- 
dernes qui  auraient  assez  de  hardiesse  et  d*habileté  pour 
traiter  et  mouvementer  les  corps  humains  comme  Ta  fait 
le  vieil  imagier  du  xvi®  siècle. 

Des  traces  de  peinture  conservées  sur  les  statues,  sur 
tout  dans  les  replis  des  draperies,  indiquent  que  primiti- 
vement tout  ce  calvaire  était  peint  et  doré.  On  voit  aussi 
que  ridée  du  vieux  sculpteur  a  été  de  faire  pyramider 
tous  ses  personnages,  et  il  y  a  admirablement  réussi. 

Meilars.  —  A  la  chapelle  de  Notre -Dame- de -Conf  ors, 
au  bord  de  la  route  de  Douarnenez  à  Pont-Croix.  Grand 
massif  triangulaire  orné  sur  ses  faces  et  sur  celles  des 
contreforts  de  niches  flamboyantes,  et  entouré  d'une  cor- 
niche feuillagée.  Ces  niches  abritaient  autrefois  des  sta- 
tues d'apôtres  qui  ont  été  mutilées  pendant  la  Révolution. 
En  1869-70,  Yan  Larhantec,  de  Landerneau,  refit  la  croix 
et  les  statues  des  apôtres,  et  au  lieu  de  placer  celles-ci 
dans  les  niches,  il  les  disposa  tout  autour  de  la  plate- 
forme, ce  qui  donne  une  silhouette  excellente  quisecom 
bine  avec  la  riche  façade  et  le  joli  clocher  de  la  chapelle. 

Quéménéven.  —  A  Notre-Dame  de  Kergoat,  au  bord  du 
chemin  de  Douarnenez  à  Châteaulin.  Petit  calvaire  trian- 
gulaire, avec  trois  clochetons  gothiques  sur  les  angles; 
croix  un  peu  trop  élancée;  groupe  de  Notre  Dame -de- 
Pitié,  statue  de  saint  Guénolé,  abbé,  grand  saint  Jean- 
Baptiste  et  petit  saint  Jean  Tévangéliste  pleurant. 

Saint  Hernin.  —  Au  bord  de  la  petite  route  deCarbaix, 
calvaire  de  Kerbreudeur,  à  peu  près  démoli  ;  les  gens  du 
pays  ont  tAché  de  le  rétablir  plus  ou  moins  maladroi- 
tement. Voici  les  groupes  et  personnages  qu'on  y  trouve: 
Adam  et  Eve  chassés  du  Paradis  terrestre.  —  Adoration 


—  153  — 

des  Mages  ;  la  Sainte- Vierge  est  couchée  dans  son  lit  et 
tient  des  deux  mains  un  enfant  assez  grand  et  en  robe, 
qui  prend  les  présents  des  Mages.  —  Baptême  de  Notre- 
Seigneur.  —  Portement  de  la  croix,  onze  personnages.  — 
La  Véronique.  —  Résurrection.  ~  Saint  Fiacre.  —  Sainte 
Catherine.  —  Saint  Michel  terrassant  le  démon  et  lui 
arrachant  une  âme.  —  Quelques  petites  statues  d'apôtres, 
puis  UQ  personnage  assis,  en  manteau  ou  chape,  tenant 
comme  un  pain  ou  une  pierre  entre  ses  deux  genoux, 
avec  deux  anges  à  ses  côtés. 


Calvali^s  de  troisième  ordi^. 

Ces  croix,  ayant  une  certaine  importance,  sont  très 
nombreuses  ;  il  suffit  que  nous  nommions  les  principales, 
par  ordre  alphabétique  de  paroisses,  avec  une  petite 
explication  pour  quelques-unes. 

Châteaulin.  —  Croix  à  nombreux  personnages  dans  le 
cimetière  de  la  chapelle  de  Notre  Dame. 

Folgoat  (Le).  —  Croix  du  cardinal  de  Coëtivy,  près  de 
l'église;  base  carrée,  ornée  autrefois  d'arcatures  et  de 
petits  pinacles.  —  La  croix  rouge,  au  croisement  des  rou 
tes  de  Lesneven  et  de  Lannilis. 

Goulien.  —  Petite  base  triangulaire  à  la  chapelle  de 
Saint-Laurent.  Le  Christ  a  été  rétabli  en  1900. 

Kernével.  —  Même  base  triangulaire  à  la  chapelle  de 
Lo-Jean. 

Laz.  —  Croix  du  cimetière.  —  Aux  côtés  de  Notre-Sei- 
{çneur,  la  Sainte  Vierge  et  saint  Jean  ;  plus  bas,  saint  Mi- 
chel terrassant  le  dragon  ;  derrière,  Ecce  Homo;  plus  bas, 
saint  Germain,  patron  de  la  paroisse  ;  des  deux  côtés. 


—  154  — 

croix  des  larrons  ;  au  bas,  mise  au  tombeau.  Inscription 
gothique  :  L'AN .  MIL .  VXX .  VU .  YVON .  FICHANT. 

Leuhan.  —  Dans  le  cimetière,  croix  historiée,  mais  un 
peu  barbare,  avec  une  descente  de  croix  adossée,  prise 
dans  le  même  bloc  que  le  fût. 

Locmélar.  —  Très  belle  croix  de  cimetière  mesurant 
8  m.  30  de  hauteur.  Elle  a  beaucoup  de  rapport  avec  celles 
de  Dinéault,  Lopérec,  Saint- Sébastien  de  Saint -Ségal, 
Pencran  et  Sainte-Marie  du  Ménez-Hom,  etc. 

Notre-Seigneur  en  croix,  anges  recueillant  son  précieux 
sang,  deux  cavaliers  sur  le  premier  croisillon,  les  deux 
larrons;  au-dessous,  Notre-Dame-de-Pitié.  —  Deuxième 
croisillon,  la  Sainte- Vierge  et  saint  Jean  ;  derrière,  saint 
Mélar  et  saint  Pierre,  puis  la  Madeleine. 

Lopérec.  —  Tout  près  de  l'église,  dans  l'ancien  cime- 
tière :  GESTE  :  CROIX  :  FUST  :  FAYTE  :  EN  :  LAN  ; 
MV^  LU.  Même  disposition  et  mêmes  personnages  quà 
Locmélar.  En  plus  :  Ecce  -  Homo  ;  Résurrection  ;  saint 
Pierre  et  saint  Jean  ;  saint  François  d'Assise  à  genoux 
montrant  ses  stigmates  ;  la  Madeleine  aussi  à  genoux.  — 
Sur  le  socle,  en  bas-reliefs  :  Notre-Seigneur  portant  sa 
croix  ;  la  Véronique  ;  les  quatre  évangélistes  ;  apparition 
de  Notre-Seigneur  à  la  Madeleine  sous  la  figure  d'un  jar- 
dinier portant  une  bêche. 

Mellac.  —  Croix  de  cimetière  composée  et  exécutée 
avec  une  verve  extraordinaire.  Au-dessus  de  Notre  Sei- 
gneur est  une  bandefole  qui,  avec  les  deux  anges  recueil- 
lant le  sang  de  ses  plaies,  semble  former  autour  de  lui  un 
nimbe  en  amande.  La  Sainte-Vierge  et  saint  Jean,  Notre- 
Dame-de-Pitié.  Par  derrière,  le  Christ  ressuscité  et  saint 
Michel  pourfendant  le  démon  avec  une  durandal. 

Nizon.  —  Riche  croix  de  cimetière. 

Pencran.  —  Deux  belles  croix  de  cimetière,  dont  une 
semblable  à  celles  de  Lopérec  et  Locmélar. 


-  155  — 

Plabennec.  —  Au-dessus  d'une  sorte  d'ossuaire  bordant 
le  cimetière,  une  croix  de  mission  avec  ces  personnages  : 
Sainte -Vierge  dans  une  niche  entourée  d'anges  ;  Ecce 
Homo  ;  Notre -Dame -de- Pitié  ;  Saint  François  d'Assise  ; 
Sainte  Barbe  ;  Saint  Fiacre. 

Dans  la  même  paroisse,  autre  belle  croix  à  la- chapelle 
de  Locmaria. 

Plomodiern.  —  A  la  chapelle  de  Sainte-Marie  du  Ménez- 
Hom,  croix  de  Notre-Seigneur  et  des  larrons,  cavaliers. 
Notre -Dame -de -Pitié,  Vierge -Mère,  saint  Pierre,  saint 
Yves,  Madeleine  à  genoux.  Autour  de  la  base  est  cette 
inscription  :  JEHAN  .  JE  .  ALODER  .  FABRIGQVE .  FEIST . 
GESTE  .  CROIX  .  FAIRE  .  L  .  MV«  XLIIII. 

Plounéventer.  —  Belle  croix  du  cimetière  où  le  patron 
de  la  paroisse,  saint  Néventer,  est  figuré  en  chevalier. 

Plonévez-du-Faou.  —  A  la  chapelle  monumentale  de 
Saint -Herbot,  croix  très  pittoresque,  avec  cavaliers  et 
multiples  personnages. 

Plouézoc'h.  —  Dans  le  cimetière,  jolie  croix  hosannière 
avec  pupitre  contre  le  fût  cannelé.  Le  couronnement  de 
ce  premier  fût  est  formé  par  une  ceinture  de  petits  dais 
trilobés  et  feuillages.  La  seconde  partie  est  terminée  par 
une  sorte  de  chapiteau  ou  grosse  bague  formée  de  mou- 
lures, alternant  avec  des  boutons  ou  des  besants.  Au  haut 
est  un  tout  petit  crucifix  encadré  dans  un  médaillon  en 
quatrefeuille.  Cette  croix  ne  serait-elle  pas  du  xiv<^ siècle? 
PouUan.  —  A  Notre-Dame  de  Kerinec,  autre  croix  ho- 
sannière déjà  citée,  entourée  d'une  chaire  circulaire  gar- 
nie d'un  pupitre. 

Saint- Divy,  près  Landerneau.  —  Au  côté  Ouest  du 
cimetière,  belle  croix  de  Noire-Seigneur,  avec  croix  des 
larrons.  Au  côté  Nord,  autre  croix  surmontant  un  petit 
ossuaire  et  portant  cette  inscription  :  LE  .  PREMIER  . 
JOUR  .  DE  .  JUIN  .  LAN  .  MIL  :  V«  V .  I. 


—  156  — 

Saint-Hernin.  —  Croix  du  cimetière  dans  le  genre  de 
celle  de  Quilinen,  mais  inférieure  comme  facture. 

Saint- Ségal.  —  Belle  croix  à  personnages  au  cimetière. 
Une  autre  plus  belle  encore  à  la  chapelle  de  SaintSébas- 
tien. 

Saint-Servais.  —  Croix  du  cimetière  à  personnages  sur 
croisillon,  Notre-Dame  de-Pitié,  et  base  historiée,  ornée 
de  bas- reliefs  sur  ses  quatre  faces. 


* 
•  * 


On  pourrait  citer  une  multitude  d'autres  croix  ayant 
UQ  caractère  artistique  et  quelques  détails  intéressants, 
mais  OQ  ne  saurait  où  s'arrêter.  Cependant,  ne  convient-il 
pas  de  signaler  comme  de  vrais  calvaires  certains  arcs  de 
triomphe  qui  sont  surmontés  de  la  croix?  L'arc  de  triom- 
phe monumental  de  Sizun  a  sur  sa  plate -forme  la  croix 
du  Sauveur  et  celles  des  larrons  ;  il  en  est  de  même  pour 
celui  plus  modeste  de  Lampaul-Guimiliau,  et  pour  celui 
de  La  Martyre  qui  est  de  beaucoup  antérieur,  puisqu'il 
est  en  pur  style  flamboyant  ;  même  dans  ce  dernier  nous 
voyons  en  plus  une  Notre-Dame-de-Pitié  et  une  Annon- 
ciation. 

Toujours,  à  propos  de  calvaires,  on  voudrait  détailler 
les  scènes  de  la  Passion  et  du  Crucifiement  sculptées  en 
étonnants  bas-reliefs  dans  nos  retables  d'autels,  comme  à 
Cléden-Poher,  à  Locquirec,  à  Lampaul-Guimiliau,  on 
voudrait  décrire  les  christs  qui  se  dressent  sur  les  jubés 
ou  chancels  de  La  Roche-Maurice,  Berven,  Saint-Herbot 
et  Saint-Fiacre  du  Faouet  et  encore  ceux  qui  surmontent 
les  trefs  ou  poutres  transversales  à  la  séparation  de  la  nef 
et  du  chœur,  comme  à  Locmaria-Quimper,  à  La  Mèrede 
Dieu  en  Kerfeunteun,  à  Quilinen  en  Landrévarzec,  à  Saint 


-  157  — 

Antoine  en  Plouézoc'h,  etc..  Indiquons  seulement  celui 
de  Lampaul-Guimiliau  :  c'est  un  Christ  noble,  magnifi- 
que, émacié,  entre  la  Sainte -Vierge  et  saint  Jean.  Il  est 
posé  sur  une  poutre  vraiment  triomphale,  ornée  sur  sa 
face  de  huit  scènes  sculptées  de  la  Passion,  et  portant  sur 
l'autre  c6té  une  représentation  de  l'Annonciation  et  des 
douze  Sibylles  qui  ont  prophétisé  la  naissance  et  la  mort 
du  Sauveur. 


* 
#  # 


Pour  être  complet,  il  faudrait,  de  plus,  examiner  l'ori- 
gine et  l'histoire  de  nos  calvaires  et  de  nos  croix.  A  quels 
événements  faut-il  attribuer  leur  érection  ?  A  des  fléaux 
qui  auraient  sévi  sur  le  pays  ?  à  la  peste  bubonique,  bos- 
ien,  comme  le  disent  quelques-uns,  ce  qui  aurait  déter- 
miné les  sculpteurs  à  entourer  de  bosses  les  tiges  ou 
arbres  de  la  croix  ?  Est-ce  à  la  suite  de  faits  de  guerre  ou 
de  missions  préchées  dans  nos  campagnes?  Sont-ce  des 
libéralités  de  princes,  de  châtelains  ou  de  riches  fidèles  ? 
Toutes  ces  causes  ont  pu  entrer  pour  une  part  dans  cette 
expansion  merveilleuse  de  la  croix  dans  notre  pays.  La 
vieille  voie  romaine  qui  va  de  Carhaix  au  Folgoat,  est 
jalonnée  de  croix  à  tous  ses  carrefours,  à  tous  ses  croise- 
ments avec  d'autres  chemins,  et  nos  bons  campagnards 
attribuent  toutes  ces  croix  à  la  duchesse  Anne.  Plusieurs 
cependant  portent  des  inscriptions,  et  les  dates  sont  là 
pour  dire  que  la  plupart  sont  postérieures  à  la  bonne 
Duchesse. 

En  terminant  trop  brusquement  ce  sujet  si  vaste,  jetons 
un  coup  d'œil  d'ensemble  autour  de  nous,  revoyons  en 
esprit  nos  calvaires  monumentaux,  les  innombrables 
croix  qui  se  dressent  près  de  nos  chapelles,  au  bord  de 


—  158  — 

nos  chemins,  dans  nos  carrefours,  passons  en  revue  les 
représentations  du  crucifiement,  sculptées  dans  nos  égli- 
ses ou  peintes  en  couleurs  éclatantes  dans  nos  verrières, 
et  encore  nos  croix  d'or  et  d'argent  qui  s'avancent  si 
nobles  et  si  majestueuses  dans  nos  processions  et  qui  font 
l'orgueil  de  nos  paroisses  ;  et  devant  un  tel  spectacle  nous 
pourrons  dire  en  toute  vérité  que  c'est  là  une  magnifique 
paraphrase  de  ce  début  de  l'hymne  de  la  Passion  : 

Vexilla  régis  prodeunt, 
Ftdget  crucis  mysterium. 

Il  est  déployé  l'étendard  du  grand  Roi,  la  Croix  res- 
plendit partout  sous  le  ciel  gris  de  la  Bretagne. 

(A  suivre,) 


-  189  — 


CARTULAIRE 

DE    L'ÉGLISE    DE    QUIMPEB 

(Suite.) 


44. 

LITTERE  DE  COHPOSITIONE 
DUE  FACTA  FUIT  INTER  EPISCOPUH  CORISOPITENSE 
ET  WILLELHUH  VIGERIUH  DE  KEHPER  CORENTINO  <<) 

L«  8elgneup  Eveaque  donne  par  advfs  du  Chapitre  récompense 

an  hérltaoee  pour  le  Jardin  prèa  la  sale  du  manoir  épisoopal 

près  la  rivière. 

-  28  Décembre  1228  - 


Universis  Christi  fidelibus  présentes  litteras  inspecturis 
R.  miseracione  divina  Corisopitensis  ecclesie  minister 
humilis,  eternam  in  Domino  salutem. 

Universitatem  vestram  volumus  non  latere  quod  con- 
tencio  que  vertebatur  inter  nos  ex  una  parte  et  Willelmum 
vigerium  de  Kempercorentino  ex  alia  super  quodam  orto 
8ito  a  fronte  aule  nostre  in  villa  de  Kempercorentino 
juxta  aquam  que  vocatur  Odeth,  sopita  est  in  hune  mo- 
dum  quod  quidem  vigerius  (2)  ex  mera  et  libéra  voluntate 
sua,dictum  ortum  nobis  concessit  et  nostris  successoribus 
perpetuo  possidendum.  Nos  eciam  de  consensu  Capituli 
nostri  eidem  vigerio  et  heredibus  suis  in  perpetuam  hère- 


(1)  c.  66,  ^  1. 

(2)  Le  Voyer. 


—  160  — 

ditatem  dedimus  et  concessimus,  totam  illam  terram  juita 
ecclesiam  de  Chozon  in  monte  Guaziou  que  ad  nos  perti- 
nebat  ex  donatione  Juqiieli  Paissaers  (1)  quondam  pres- 
byteri  et  suorum,  insuper  eciam  et  nostrum  Terguisiaed 
de  Coermogaer  scilicet  très  carimenenatam  (2)  frumenti 
annis  singulis  persolvendas  mense  januario.  Sepedictus 
vigerius  et  sui  post  ipsum  nobis  et  nostris  successoribus 
post  nos,  nomine  dicte  terguisiaed,  dicto  mense  solvent 
très  denarios  annuales.  Si  autem  dictum  terguisiaed  su- 
pradicto  termino  ipsi  vigerio  et  suis  post  ipsum  non  sol- 
vantur,  idem  vigerius  et  post  ipsum  sui  absque  nobis, 
vannare  (3)  poterunt  sepedicti  terguisiaed  debitores. 

Ut  hoc  vero  obtineret  robur  perpétue  firmitatis,  presen- 
tem  cartulam  sigillis  nostro  et  nostri  Capituli  fecimus 
sigillari. 

Datum  anno  gracie  M^CCo  vicesimo  octavo  mense  de 
cembris. 


45. 

CARTA  DE  DONATIONE  CUJUSDAH  TERRE  IN  PLOEHADIERH 
QUE  VOCATUR  CAHPUS  EPISCOPI 
AD  USUH  PRESBYTERII  A  VENERANDO  PATRE 
R.  EJUSDEH   ECCLESIE  EPISCOPO  H' 

L'Evesque  donne  en  Plomodfern  certain  héritage  dit  le  ohamp  de 

TEvesque  au  vicaire  du  lieu. 

-1228- 


Universis  Christi  fidelibus  présentes  litteras  inspecturis 

R.  bei  gracia  Corisopitensis  episcopus  salutem  in  Domino. 

Noveritis  nos  dédisse  Capitulo  nostro  quamdam  terram 

(1)  Au  Gartul.  31.  Paisêont. 

(2)  CarimenaUu  (Cart.  31). 

(3)  Vannare  :  baoir,  faire  exôcuter. 

(4)  C.  56,  ^  20. 


—  161  — 

in  Ploemadiern  que  vocatur  campus  episcopi  cum  perti- 
nenciis  suis  ad  usum  presbyterii  ejusdem  ecclesie  de  con- 
sensu  dicti  Capituli  in  perpetuum  quiète  et  pacifiée  possi- 
dendam. 

Quod  ut  hoc  ratum  et  stabile  habeatur,  nos  et  dictum 
Capitulum,  presentibus  litteris  sigilla  nostra  duximus 
apponenda. 

Actum  anno  Domini  M^'CC^^XXo  nono. 


46. 

CONSERVACIO  PRIVILE6II  CANONICORUH 
ET  CLERICORUH  CHORI  ECCLESIE  BEATI  CHORENTIM 
A  DOmNO  PAPA  CONCESSA. 

Oommisslon  à  l'arohldiaore  de  Vennes  pour  ia  oonfirmatlon 
du  Pape  du  Jugement  oy-deesus. 


Gregorius  episcopus  servus  servorum  Dei  dilectis  filiis 
archidyacono,  magistro  scholarum  et  officiali  Venetensi 
salutem  et  apostolicam  benedîctionem. 

Supplicarunt  nobis  dilecti  filii  capitulum  Corisopitensis 
ecclesie,  ut  composicionem  inter  ipsos  ex  parte  una  et 
veoerabilem  fratrem  nostrum  eorum  episcopum  tune 
electum  Corisopitensem  ex  altéra,  super  quadam  villa  et 
rébus  aliis,  mediantibus  dilectis  filiis  G.  thesaurario  et 
decano  de  Capcavall  Corisopitensis  dipcesis  amicabiliter 
initam,  firmitatem  faceremus  debitam  optinere. 

Ideoque  Discretioni  Vestre  per  apostolica  scripta  man- 
damus,  quatinus  composicionem  ipsam  sicut  sine  pravi- 
tate  proiûde  facta  est  et  ab  utraque  parte  sponte  recepta, 
faciatis  per  censuram  ecclesiasticam,  appellacione  remota, 
firmiter  observari. 

Quod  si  non  omnes  hiis  exequendis  poteritis  interesse, 
duo  vestrum  ea  nichilominus  exequantur. 

BULLBTUI  DB  LA  COMMISSION  DIOCIÎSAINE.  —  9*  aDOÔe.  U 


—  162  — 

Datum  Perusii  XIII  kalendas  januarii  pontificatus  nos- 
tri  anno  tercio  (1). 


47. 

LICTERE  DOHINI  PAPE  DE  PRIVILE6I0 
CAPITULI  ET  CLERICORUH  CHORI  ECCLESIE  CORISOPITEI.» 

Bule  de  oonflrmatlon  du  diot  Jugement. 

-1281  - 


Gregorius  episcopus  servus  servorum  Dei,  dilectis  filiis 
Capitulo  Çorisopitensi  salutem  et  apostolicam  benedic- 
tionem. 

Ea  que  judicio  velconcordia  terminantur,  firma  debent 
et  illibata  persistere  et  ne  in  récidive  contentionis  scrupu- 
lum  relabantur,  apostolico  convenit  presidio  communiri. 

Vestra  si  quidem  exibita  nobis  peticio  continebat,quod 
eu  m  in  ter  vos  ex  parte  una  et  venerabilem  fratrem  nos 
trum  episcopum  vestrum  tune  electum  ex  altéra,  super 
institutione  prions  hospitalis  de  Kempercorentino,  missa 
quam  de  beata  Maria  Virgine  in  ecclesia  Cathedralisidem 
episcopus  tune  electus  diebus  singulis  instituit  celebrari, 
villa  que  dicitur  villa  episcopi,  quadam  prebenda,  molen- 
dino,  correctione  excessuum  clericorum  beati  Chorentini 
et  rébus  aliis  questio  fuisset  exorta,  tandem  niediantibus 
G.  Thesaurario  et  decano  de  Capcavall  et  J.  Garini  Cano- 
nico  Çorisopitensi  amicabiliter  inter  partes  compositio 
intervenit  quam  petistis  Apostolico  munimine  roborari. 

Nos  igitur  vestris  justis  postulationibus  inclinati,  com- 
posicionem  ipsam,  sicut  rite  ac  sine  pravitate  proinde 
facta  est  et  ab  utroque  parte  sponte  recepta  et  hactenus 

(1)  Grégoire  II  (1227-1341).  —  Cette  pièce  est  doDO  datée  da  18  Décem- 
bre 1330,  et  se  rapporte  à  un  litige  déjà  vieux  de  dix  ans.  (Voir  l'acte 
de  Février  12S0.)  C.  56,  f  11. 

(2)  C.  56,  t'  11. 


—  163  — 

■ 

pacifiée  observata,  auctoritate  apostolica  conârmamus  et 
presentis  scripti  patrocinio  communivimus. 

Nulli»ergo  omnino  hominum  liceat  banc  paginam  nos- 
tre  confirmacionis  iniringere  vel  ei,  ausu  temerario  con- 
traire; si  quis  autem  boc  alemptare  presumpserit,  indi- 
gnationem  Dei  omnipotentis  et  beatorum  Pétri  et  Pauli 
apostolorum  ejus  se  noverit  incursurum. 

Datum  Lateranis  decimo  kalendas  aprilis  Pontificatus 
nostri  anno  quarto  (1). 


48 

LinERE  DE  DOIIO  QUAII  WILELHUS 
PRESSnER  DE  PLEBE  NOVA  CONTUUT  ECCLESIE 

EJUSDEH  LOCI.  f') 

Don  d'une  maison  à  l'église  de  Ohftteauneuf  (alo)  du  Faou 


Universis  Cbristi  fidelibus  présentes  litteras  inspecturis 
Guillermus  presbyter  persona  ecclesie  de  Plebenova  in 
fago  salutem  in  Domino. 

Noveritis  quod  ego  dedi  intuitu  caritatis,  ecclesie  beati 
pétri  de  Plèbe  nova  in  fago  (3)  pro  redemptione  anime 
mee,  domum  meam  juxta  ecclesiam,  cum  certls  pratis  et 
aliis  apenticiis  suis  omnibus  in  puram  elemosynam  et  in 
perpetuum  possidendam,  ita  tamen,  quod  in  die  obitus 
mei,  capellanus  qui  pro  tempore  deservîet  in  ecclesia  me- 
morata,  anniversarium  meum  annis  singulis  celebrabit. 

Similiter  eidem  ecclesie  dedi  et  concessi  apenticium 
quod  prenominate  ecclesie  dinoscitur  adherere.  Quod  ut 
robur  optineat  firmitatis,  presens  scriptum  sigillo  meo 


(1)  Grégoire  IX  (1227-1341).  —  Date  de  cette  pièce  :  23  Mars  1231. 

(2)  C.  56,  ^  17. 

(3)  PloDÔTez-du-Faoo. 


—  164  — 

proprio  et  sigillis  venerabilis  patris  nostri  R.  episcopi  et 
humilis  capituli  Corisopitensis  et  G.  archidiaconi  de 
Pochaer  feci  sigillari. 

Datum  anno  ab  incarnatione  Domini  M^GCo  tricesimo 
tercio  in  crastino  puriflcationis  (1)  B.  M.  Virginis.  Valete. 
redde  litteras. 


49. 

LITTERE  DE  COHPOSICiONE 

INTER  EPiSCOPUII  ET  IIONACHOS  DE  LANDEVENNEC  « 

Aooopd  par  arbitre  entre  l'Evéque  et  Chapitre  de  Oomouallto  et 

l'abbé  et  Oouvent  de  Landévennec. 

-1236- 


Universis  présentes  litteras  inspecturis  Robertus  Nan- 
netensis,  Cadocus  Yenetensis,  Dei  permissione  episcopi  et 
Magister  Alanus  thesaurarius  Yenetensis  salutem  in  Do- 
mino. 

Noveritis  quod  post  multas  altercationes  inter  venera 
bilem  patrem  R.  episcopum  Corisopitensem  ex  una  parte 
et  R.  abbatem  Sancti  Wingualoei  de  Landeguennec  et 
conventum  ejusdem  loci  ex  altéra,  ex  consensu  Capituli 
Corisopitensis  et  consensu  ejusdem  conventus,  extitit  com- 
positum  in  hune  modum  : 

Episcopus  Corisopitensis  ad  monasterium  Sancti  Win- 
galoei  descendet  semel  in  anno  tanquam  ordinarius  loci 
et  recipietur  ad  procuracionem,  visitationem  et  correc- 
tionem  in  eodem  monasterio;  correctio  vero  monachonim 
primo  et  principaliter  pertinebit  ad  abbatem.  Ollicialis 
communis  (3)  erit  in  tota  terra  et  teneura  abbatie,  juratus 


(1)  3  Février  1234  (nouveau  style). 

(2)  C.  66,  f*  2-3. 

(3)  Au  Cart.  31,  on  lit  ComUis  au  lieu  de  Communis,  Cette  dernière 
lecture  est  la  meilleure. 


—  165  — 

episcopo  et  abbati.  In  causa  matrimoniali,  sententia  diffi- 
nitiya  reservabitur  episcopo  et  emende  omnium  causa- 
ram  inter  episcopum  et  abbatem  per  médium  dividentur, 
hoc  excepto,  quod  dictus  abbas  tenebit  causas  in  Tribu- 
Petrani  in  tota  vita  sua  paciâce  et  quiète  et  appellabitur 
ab  episcopo  ad  episcopum  et  sentencia  diffinitiva  in  causis 
matrimonialibus  similiter  reservabitur  episcopo  et  emende 
earumdem  similiter  inter  ipsos  per  médium  dividentur 
videlicet  causarum  matrimonialium 

Post  mortem  autem  dicti  R.  abbatis,  abbas  qui  pro 
tempore  fuerit,  instituet  in  dicta  Tribu  monachum  ad  au- 
diendas  causas  ecclesiasticas,  quicumque  fuerit  in  perpe- 
tuum  episcopo  juratum  de  causis  iideliter  tenendis,  et  ex 
que  juratum  erit  episcopo,  poterit  excommunicare  et  ab- 
solvere  et  si  emende  leventur  similiter  per  médium  divi- 
dentur vel  in  usus  pauperum  erogabuntur  vel  penitencia 
injungetur  prout  illi  monacho  videbitur  expedire. 

Officialis  autem  communis  qui  erit  in  tota  terra  abbatis, 
prout  dictum  est,  communiter  eligetur  a  predictis  episcopo 
et  abbate  et  successoribus  eorumdem  et  si  in  eligendo 
discordes  f uerint,  minister  f ratrum  minorum  de  Kemper- 
corentin  eliget  eis  quem  voluerit,  qui  of&cialis  erit  juratus 
episcopo  et  abbati. 

Denarii  Spiritus  Sancti,  ubi  sine  scandalo  in  terra  abba- 
tispotuerunt  haberi,per  très  partes  dividentur;  una  pars 
erit  episcopi,  alia  Capituli  Corisopitensis,  tercia  abbatis. 

Prioratus  de  Languern  pro  procuratione  dabit  episcopo 
annuatim  decem  solides. 

Abbas  et  Capellani  ibunt  ad  sinodum  et  justa  precepta 
sinodalia  observa bunt. 

Capellani  abbatis  presentabuntur  episcopo  ad  futuras 
curas. 

Abbas  et  Conventus  suus  absolventur  ab  episcopo  et  a 
iudicibus  quibuscumque  taliter  qualiter  fuerint  excom- 
municati. 


—  166  — 

R.  modernus  abbas  remanebit  abbas,  scilicet  (1)  elecli 
de  cetero  in  eodem  monasterio,  presentabuntur  episcopo 
Corisopitensi  et  confirmabuntur  ab  eodem  episcopo  et 
benedicentur  (â). 

Abbas  vacante  sede  Corisopitensi,  tenebit  sinodum. 

Abbas  habebit  omnes  domos  et  plateas  et  census  que 
habebat  ante  contencionem  in  villa  de  Kempercorentin. 

lUud  vero  quod  abbas  et  conventus  superposuerunt 
veteri  Capelle  de  Thelgruc,demolieturet  parochiani  redi- 
bunt  ad  matricem  ecclesiam,  salvo  tamen  pastu  quem 
habebit  abbas  in  ecclesia  Telgruc,  si  possit  probari  quod 
debeat  habere  per  testimonium  trium  presbyterorum  (3) 
virorum  quorum  testimonium  recipiet  archidiaconus  de 
Poecher.  Episcopus  Venetensis  et  archidiaconus  de  Poe- 
cher  récipient  testimonium  super  terra  quam  abbas  pa- 
tebat  in  parrochia  de  Coroe  vel  alter  illorum  si  ambo  non 
poterint  interesse. 

Istam  ordinacionem  coram  nobis  juraverunt  episcopus 
et  abbas  predicti  se  fideliter  observaturos  et  sigilla  sua 
apposuerunt  huic  scripto. 

Capitulum  Corisopitense  per  unum  de  Capitulo  similiter 
jurabit  et  sigillum  suum  apponet  similiter. 

Conventus  Sancti  Wingaloei  per  quemdam  de  conventu 
similiter  jurabit  et  sigillum  suum  apponet. 

Et  antequam  Episcopus  recipiatur  ad  visitacionem  in 
abbatia,  débet  Capitulum  Corisopitense  sigillum  suum 
apponere  huic  scripto. 

Abbas  autem  faciet  episcopo  obedientiam  et  sic  sopita 
est  omnis  contentio  super  subjectione,  obediencia,  juri- 
dictione,  ceterisque  articulis  motis  hactenus  inter  partes. 


(1)  Au  Cart.  31,  ud  au  lieu  de  *cUieet. 

(2)  Ces  mots  et  benedicentur  oe  se  trouvent  pas  au  Cart.  31. 

(3)  Au  lieu  de  pre$byterorum,  on  lit  proborum,  au  Cart.  31. 


—  167  — 

Nos  autem  ad  instanciam  parcium  sigilla  nostra  pré- 
sent! scripto  duximus  apponenda  in  robur  et  testimonium 
veritatis. 

Datum  Nannetis  de  consensu  parcium,  die  martis  proxi- 
mapostiestum  Sancti  Bartholomeianno  gracie  M<>CCoXXXo 
sexto  (1). 


50. 

UnERE  DOmNI  EPiSCOPI  ET  CAPITULI 
DE  GONCESSIONE  ECCLESIARUH  VACANTIUM  AD  FABRiCAM 

ECCLESIE  CORISOPITENSIS.  ^^ 

Don  de8  annataa  à  la  fabrfoe  de  8t-Oorentln. 
-  1288,  Août.  - 


Uoiversis  christifidelibus  présentes  litteras  inspecturis 
R.  divina  miseracione  Corisopitensis  ecclesie  minister 
humilis,  eternam  in  domino  salutem. 

Noveritis  quod  nos  pensata  paupertate  Corisopitensis 
ecclesie,  actendentes  quod  dicta  ecclesia  propriis  faculta- 
tibus  reparari  non  posset,  fructum  omnium  ecclesiarum 
Corisopitensis  dyoecesis  ad  nostram  collacionem  spectan- 
cium,  in  primo  anno  vacacionis  ad  opus  fabrice  dicte 
ecclesie,  de  consensu  communi  capituli  nostri  concessi- 
mus  et  concedimus  intuitu  caritatis,  computatis  tamen  in 
illo  anno,  f ructibus  quadraginta  dierum  quos  hospitalede 
Kemper-Corentin  débet  percipere  in  ecclesiis  supradictis, 
et  si  de  assensu  nostro  inter  aliquas  personas  commuta- 
cionem  fieri  contigerit,  nulla  ecclesiarum  de  quibus  fiet 
commutacio  habebitur  pro  vacante  ;  voluimus  eciam  et 
statuimus  quod  denarii  de  iructibus  dictarum  ecclesia- 
rum percepti,  in  alios  usus  non  expendantur,  nisi  prius 

(1)  En  1236,  le  24  Août  tombait  uo  dimaocbe.  Cette  pièce  est  donc  datée 
du  mardi  26  Août. 

(2)  G.  56,  ^  2. 


—  168  — 

habito  communi  tractatu  inter  nos  et  totum  capitulum 
Corisopitense. 

In  cujus  rei  testimonium  et  ut  hoc  robur  optineat  per- 
pétue firmitatis,  présentes  litterassigilli  nostri  munimine 
duximus  roborandas. 

Datum  in  octabas  assumptionis  béate  Marie  Virginis 
anno  domini  MoCC^XXXo  nono. 


51. 
LinERE  DE  PAGE  INTER  EPISCOPUH  CORISOPITENSE! 
ET  CONVENTUII  DE  LOCO  BEATE  lARIE.  t«) 

Aooopd  entre  l'Eveeque  de  Oornouallle  et  l'abbease  de  8tF«titpio6i 
prieur  ou  prieure  de  Loomarla,  que  TEveeque  aprée  sa  oonté- 
oratlon  aura  40  e.  de  procuration  de  Lomarla  et  autres  annéM 
10  8.  si  on  n'apparoist  dans  10  ans  exemption.  L'abbesse  pré- 
sente à  la  oure  du  Heu. 

—  1238  Novembre.  — 


Universis  Christi  iidelibus  présentes  litteras  inspectu- 
ris  abbatissa  S^^  Sulpicii  Rhedonensis  diocesis  et  prier  et 
priorissa  totusque  conventus  de  Loco  Béate  Marie  sub 
Kemper-Corentin  Corisopitensis  dyocesis,  salutem  in  Do- 
mino sempiternam. 

Noveritis  quod  cum  contencio  verteretur  inter  nos  ex 
una  parte  et  R.  venerabilem  patrem  Corisopitensem  epis- 
copum  ex  altéra,  super  procuratione  annua,  ratione  visi- 
tacionis  débita  et  presentacione  capellani  ad  curam  ani- 
marum  in  parocbia  dicti  prioratus,  tandem  ad  banc  for- 
mam  pacis  devenimus. 

Quod  Episcopus  Corisopitensis  de  consecratione  sua 
rediens,  recipietur  in  dicto  prioratu  ad  procurationem  et 
pro  procuratione  sua  habebit  XL  solidos  et  nicbil  amplius; 
de  alia  autem  procuratione  in  annis  sequentibus  sol- 

(1)  C.  56,  8. 


—  169  — 

yenda;  ita  conventum  fuit,  quod  dictus  prioratus  decem 
solidos  annuatim  solvet  episcopo  pro  procuratione  et 
nichil  amplius,  salva  tamen  ordinarii  juridictione  epis- 
copo in  aliis,  in  loco  predicto,  et  salva  juridictione  abba- 
tisse  S^i  Sulpici  Redonensis  in  predicto  loco,  secundum 
quod  consuevit  habere.  A  tempore  autem  composicionis 
istarum  litterarum,  non  recipiet  dictus  episcopus  nec 
alius  si  pro  tempore  f  uerit  episcopus  usque  ad  decennium, 
dictam  procurationem  decem  solidorum  in  loco  superius 
Qoininato.  Hoc  autem  fuit  factum  tali  modo,  quod  si  pro- 
b^re  (tur)  infra  dictum  decennium  exemptionem  per  ali- 
qua  privilégia,  quod  debeamus  esse  immunes  a  procura- 
tione annua  episcopi,  episcopus  Corisopitensis  non  petet 
a  nobis  ulterius  illam  procurationem  annuam  ;  ostensio 
autem  dictorum  privilegiorum  débet  iieri  abbati  S^^  Mau- 
ricii  de  Carnoet  Corisopitensis  dyocesis  et  duobus  fratri- 
bos  minoribus  de  Kemper-Corentin,  scilicet  pericioribus 
et  melioribus  et  Nos  et  dictus  Episcopus  tenebimus  dictum 
ipsorum,  super  ostensis  privilegiis  et  servabimus  bona  fide. 

Preterea  de  presentacione  capellani  ad  curam,  taliter 
extitit  ordinatum,  quod  infra  octabas  Pentbecostes,  pre- 
seutari  débet  a  nobis  capellanum  ad  curam,  Episcopo,  nisi 
intérim  ostendamus  privilégia  coram  dictis  personis  vide- 
licet  abbate  S^^  Mauricii  et  fratribus  minoribus,  quare 
non  debeamus  jam  dictum  capellanum  ad  curam  pré- 
senta re. 

In  cujus  rei  testimonium  et  munimen,  presentibus 
licteris  sigilla  nostra  duximus  apponenda. 

Datum  apud  Kemper-Corentinum  in  festo  S^  Andrée 
apostoli,  anno  domini  MoCCoXXXnono  (1).  Redite  litteras. 

(1)  30  Novembre  12S9. 

(A  suivre.) 


—  170  — 


du  Minihy  de  Léon. 


ENQUÊTE  DE  COMMODO  ET  INCOMMODO 

(Suite.) 


A  rheure  de  2  heures  de  relevée,  sommes  descendus  en 
réglise  cathédrale  où  avons  trouvé  le  S>^  Raffias,  et  les  dits 
Guillerm,  Soutré,  Rozec,  le  Dot,  Tanguy  et  Auflret,  vicai- 
res du  dit  S^'  Paul,  et  rendus  à  la  chapelle  de  Toussaint 
derrière  le  chœur,  après  avoir  fait  nos  prières  devant  le 
S.  Sacrement  qui  y  repose  dans  le  tabernacle  de  la  dite 
chapelle,  le  dit  S>^  Raffias  a  requis  qu'il  soit  donné  pour 
apuré  qu'il  y  a  dans  la  dite  chapelle  un  grand  autel  fermé 
de  balustre  sur  lequel  il  y  a  un  tabernacle  doré  avec  un 
retable  peint  en  blanc  au  devant  duquel  il  y  a  une  lampe 
ardente,  que  la  dite  chapelle  est  spacieuse  à  pouvoir  con 
tenir  le  nombre  de  cent  personnes  à  la  fois,  et  a  sommé 
le  dit  S^  le  Dot  de  déclarer  si  c'est  à  Tautel  de  la  dite  cha- 
pelle qu'il  a  pris  possession  de  la  prétendue  paroisse  de 
Toussaints,  s'il  y  fait  ses  prosnes,  et  s'il  y  chante  les 
messes  paroissiales,  que  dans  la  dite  chapelle  il  y  a  un 
confessionnal,  et  somme  les  autres  vicaires  de  faire  dési 
gnation  des  autels  qu'ils  prétendent  estre  destinés  pour 
le  service  de  leurs  prétendues  paroisses  pour  en  l'endroit 
de  la  visite  de  chacun  d'iceux,  y  estre  donné  tels  apure- 
ments qu'il  appartiendra,  et  somme  aussi  le  S' le  Dot  de 


-  171  — 

déclarer  si  les  prestres  de  sa  prétendue  paroisse  assistent 
à  ses  messes  et  services. 

Les  dits  Sieurs  Vicaires  déclarent  que  les  autels  desti- 
nés pour  le  service  des  sept  paroisses  du  Minehy  sont 
8cavoir  :  la  dite  chapelle  de  Toussaint  pour  la  paroisse  de 
Toussaint,  l'autel  de  S* Pierre  pour  la  paroisse  de  S*  Pierre; 
celui  de  SUoseph  pour  la  paroisse  de  Tregondern,  depuis 
que  les  Sieurs  du  Chapistre  ont  mis  des  bancs  fixes  pour 
leur  commodité  à  entendre  le  sermon,  dans  le  ballustre 
de  la  chapelle  de  S*  Claude  ;  celuy  du  Crucifix  devant 
le  Trésor  pour  la  dite  paroisse  du  mesme  nom  ;  celuy  du 
Crucifix  devant  le  Cœur  ou  des  Champs  où  se  dit  toujours 
la  messe  communelle  pour  la  paroisse  du  Crucifix  des 
Champs  ;  celuy  de  N.-D.  de  Cahel  pour  la  paroisse  du 
mesme  nom,  et  celuy  de  S^  Jean-Baptiste  où  se  dessert  à 
présent  la  confrérie  du  Rosaire  pour  la  paroisse  de 
S^  Jan. 

Les  dits  députés  ci-dessus  desnommés  ont  convenu  des 
apurements  requis  par  les  dits  Sieurs  du  Chapistre  au 
regard  de  la  chapelle  de  Toussaints,  mais  soustiennent 
que  le  tabernacle  qui  sert  à  présent  au  dit  autel  est  celuy 
qui  estait  posé  autrefois  sur  l'autel  de  S' Jan-Baptiste,  ou 
à  défaut  de  ce,  qu'on  leur  donne  pour  apuré  que  sa  place 
paraist  encore  dans  les  gradins  du  dit  autel  de  S^  Jan. 

Le  dit  S>^  Raffias  a  respondu  que  à  supposer  que  le  fait 
soutenu  à  l'égard  du  tabernacle  fut  véritable,  ce  qui  n'est 
pas  de  sa  connaissance,  cela  ne  fait  point  de  preuve  qu'il 
y  ait  ni  qu'il  y  ait  eu  plusieurs  tabernacles  dans  la  dite 
église  cathédrale. 

Rendus  à  l'autel  de  S^  Pierre,  on  a  fait  sommation  au 
dit  S'  Rozec  pour  le  regard  de  sa  prétendue  paroisse  de 
8^  Pierre,  et  demandé  pour  apuré  que  au  dit  autel  il  n'y 
a  ni  tabernacle  ni  balustre. 

Le  dit  S'  Rozec,  sauf  à  respondre  aux  sommations  des 


—  172  — 

Sieurs  du  Chapistre,  les  somme  de  reconnaistre  s'il  n*est 
pas  vray  que  du  temps  passé  il  y  avait  un  long  banc  au 
devant  du  dit  autel  qui  servait  à  donner  la  communion 
pasquale  et  qu'il  y  a  eu  un  tabernacle  sur  le  mesme  autel, 
ce  qui  se  remarque  encore  par  la  largeur  de  l'autel  et  la 
grande  distance  d'entre  la  muraille  et  les  gradins  et  que 
du  long  banc  ils  ont  fait  un  autre  banc  pour  asseoir  les 
enfants  de  cœur  pendant  le  sermon  joignant  le  ballustre 
de  la  chapelle  S^  Claude. 

Le  dit  S'  Raffias  a  respondu  qu'il  n'y  a  pas  une  seule 
marque  au  dit  autel  ny  aux  gradins  d'iceluy,  qu'il  y  ait 
eu  aucun  tabernacle  et  convient  d'avoir  veu  un  banc  plus 
bas  que  le  marchepied  du  dit  autel,  ce  qui  ne  peut  faire 
aucune  marque  distinctive  de  paroisse  ;  demeure  aussy 
d'accord  que  dans  la  chapelle  de  Querliviry  située  au-des 
sous  de  celle  de  S*  Pierre  il  y  a  un  confessionnal  dont  se 
sert  le  dit  S^  Rozec. 

Rendus  à  la  chapelle  et  autel  de  S^  Joseph,  où  le  dit 
S'  Soutré  a  déclaré  avoir  transporté  le  service  de  la  pré 
tendue  paroisse  de  Trégondern,  le  S' Raffias  l'a  sommé  de 
déclarer  de  quelle  autorité  il  a  fait  la  dite  translation  qui 
ne  se  peut  absolument  faire  que  par  la  permission  de 
l'Ordinaire  et  du  consentement  du  Chapitre,  à  suposer 
que  l'autel  et  chapelle  de  S^  Claude  fut  comme  il  l'a 
déclaré  l'autel  de  sa  prétendue  paroisse,  requérant  qu'il 
soit  donné  pour  apuré  quïl  n'y  a  point  de  tabernacle  au 
dit  autel  de  S'  Joseph  qui  est  à  la  vérité,  fermé  d'un 
ballustre,  et  que  à  vis  de  l'autel  Jésus,  qui  est  plus  bas 
que  le  dit  ballustre,  il  y  a  deux  confessionnaux,  Tun  pour 
le  S'  Soutré,  et  l'autre  pour  son  prétendu  soubz  curé. 

Le  dit  S'  Soutré  a  répondu  qu'il  a  dit  ci  devant  la 
raison  pour  laquelle  il  a  fait  la  dite  translation  et  que 
M.  rÉvéque  ny  MM.  du  Chapitre  ne  luy  ont  fait  depuis 
dix-huit  ans,  aucun  trouble  sur  cela,  et  offre  de  retourner 


—  173  — 

à  Tautel  destiné  pour  sa  paroisse  lorsque  MM.  du  Chapitre 
auront  lait  oster  les  bancs  fixes  qu'ils  y  ont  fait  poser,  et 
laisser  sa  chapelle  vuide  et  libre  pour  le  service  de  sa 
paroisse,  ce  qu'il  les  somme  dès  à  présent  de  faire. 

Rendus  à  Tautel  du  crucifix  de  devant  le  Trésor,  le  dit 
S^  de  Raffias  a  demandé  pour  apuré  que  c'est  un  petit 
autel  qui  ne  peut  avoir  plus  de  cinq  pieds  et  demy  de 
long  et  vingt-deux  pouces  de  large  depuis  les  gradins, 
qu'il  ny  a  au  dit  autel  ny  tabernacle  ni  balustre  et  con- 
vient qu'au  coin  de  la  croizée  du  costé  du  midy  il  y  a  un 
confessionnal  qui  sert  au  S'  de  Penhouadic,  et  que  au 
dessus  du  dit  autel  il  y  a  un  crucifix  en  relief  et  au  dessous 
il  y  a  un  grand  tableau  qui  représente  une  descente  de 
croix. 

Le  S>^  de  Lestang  le  Roy,  député  de  la  paroisse  du 
Crucifix  de  devant  le  Trésor,  somme  les  S"  du  Chapitre 
de  reconnaître  que  si  l'autel  était  plus  long  que  de  cinq 
pieds  et  demy  il  ne  servirait  qu'à  offusquer  l'église  et  que 
au  bas  du  dit  tableau  qui  représente  la  descente  de  croix 
on  a  biffé  depuis  l'introduction  du  procès,  sur  l'inscrip- 
tion qui  y  est,  ces  mots  :  Paroquiœ  Eectoris  et  que  plus 
bas  à  sept  huit  pas  du  dit  autel,  il  y  a  un  grand  banc  que 
l'on  approche  au  temps  de  Pasques  du  marchepied  du  dit 
autel  pour  donner  la  communion  aux  habistans  de  la  dite 
paroisse.  Et  convient  qu'il  n'y  a  point  de  balustre,  mais 
qu'il  peut  y  avoir  eu  au  passé  et  que  on  en  pourra  faire 
quand  on  voudra. 

Le  S'  Raffias  a  dit  qu'il  n'est  point  véritable  que  les 
mots  qui  sont  biffés  dans  l'inscription  l'aient  esté  depuis 
l'introduction  du  procès  et  soustient  qu'il  n'y  a  point  de 
chanoines  ni  de  choristes  dans  le  chœur  qui  ait  veu  la 
dite  inscription  autrement  qu'elle  l'est  présentement. 

Et  rendus  à  la  chapelle  de  S^  Claude  le  S'  Gontri  a 
requis  lui  estre  donné  pour  apuré  que  au  devant  dudit 


—  174  — 

autel  il  y  a  un  tableau  qui  représente  Tadministrationdes 
sacrements,  et  qu'il  y  a  dans  le  balustre  de  la  chapelle 
deux  bancs  de  long  et  un  de  travers  et  qui  servent  à 
MM.  du  Chapitre  pour  entendre  le  sermon  et  que  en 
dehors  il  y  a  long  banc  pliant  qui  sert  pour  asseoir  les 
enfants  de  chœur  et  lequel  on  a  fait,  du  banc  qui  était  au 
devant  de  l'autel  de  la  paroisse  de  S^  Pierre. 

Et  rendus  à  Tautel  du  Crucifix  des  Champs,  qui  n'est 
distant  du  précédent  que  de  4  pieds  et  3  pouces,  le  S' Raf- 
fias  a  demandé  au  S'  Tanguy  (vicaire)  pour  apuré  que  la 
dite  chapelle  qui  est  à  la  porte  du  chœur  du  côté  de  TÉvan- 
gile,  est  long  de  5  pieds  7  pouces  et  large  de  2  pieds  depuis 
les  gradins,  qu'il  n'y  a  point  de  tabernacle,  mais  bien  une 
niche  de  bois  doré  et  étoffé  ouverte  de  toutes  parts,  que 
l'autel  est  orné  d'une  balustrade  éloignée  du  devant  de 
l'autel  de  5  pieds  et  demy,  et  d'un  costé  éloignée  de  15 
pouces,  et  de  l'autre  bout  qui  est  celuy  de  l'Évangile,  il  y 
a  une  crédence  au  dedans  de  la  balustrade  qui  est  éloi- 
gnée de  l'autel  de  3  pieds,  que  le  dit  autel  et  chapelle  est 
de  pareille  grandeur  que  l'autel  et  chapelle  de  S^  Claude. 

Il  convient  qu'au  dit  autel,  on  bénit  le  pain  tous  les 
dimanches,  et  on  dit  la  messe  à  basse  voix,  dite  la  messe 
communnelle  pendant  Laudes,  pour  tous  les  paroissiens  du 
Minehy  ;  c'est  à  la  mesme  chapelle  que  le  S^  Evesque  ou 
un  dignitaire  à  son  défaut  fait  la  bénédiction  des  cendres. 

Le  dit  S'  Tanguy,  vicaire  perpétuel  du  Crucifix  des 
Champs,  convient  que  la  messe  communelle  se  dit  à  cet 
autel  par  les  sept  vicaires  perpétuels  chacun  à  son  tour, 
qu'elle  se  dit  à  présent  à  basse  voix,  mais  que  on  justifie 
avoir  esté  solennellement  célébrée,  tant  avant  les  statuts 
que  du  depuis,  dans  lequel  temps  elle  estait  répondue 
par  MM.  les  dignitaires,  chanoines,  vicaires,  choristes  et 
musiciens  ;  qu'il  est  vray  qu'on  y  bénit  le  pain  tous  les 
dimanches,  après  que  l'on  a  fait  de  l'eau  bénite  et  l'asper- 


—  175  — 

sion  dans  toute  l'église,  fors  le  chœur,  avant  la  dite  messe, 
lequel  pain  bénit,  aussi  bien  que  la  décoration  et  orne- 
ments du  dit  autel,  chasuble,  aubes,  calices  et  orceaux 
d^ai^ent  ne  proviennent  pas  du  trésor  ou  de  la  fabrice  de 
la  cathédrale,  mais  bien  de  la  libéralité  des  habitants  des 
sept  paroisses  du  Minehy  ;  convient  qu'il  y  a  un  tabernacle 
ouvert  en  forme  de  niche  où  il  fait  reposer  le  S*  Sacre- 
ment dans  le  temps  de  Pasque  quand  il  ne  le  distribue 
pas  actuellement  à  ses  paroissiens,  qu'il  est  couvert  d'un 
dôme  doré  comme  les  autres  tabernacles  et  que  au  dessus 
du  retable  est  la  figure  en  relief  d'un  soleil  porte-sacre 
soutenu  par  deux  anges,  lequel  retable  a  esté  fait  l'an  1641 
et  porte  les  armes  de  M^f  Cupif. 

Requiert  aussy  qu'il  lui  soit  donné  pour  apuré  que  son 
confessionnal  est  dans  la  croisade  septentrionalle  au 
dessous  de  la  chapelle  de  M^'  l'Évêque  ;  que  du  dit  autel 
au  bas  de  la  nef!  il  y  a  cent  vingt-six  pieds  de  longueur  ; 
que  dans  la  croisade  à  costédu  dit  autel,  il  y  a  cent  vingt- 
neuf  pieds  de  large  ;  que  dans  le  bas  de  la  dite  nef  il  y  a 
quarante-huit  pieds  de  large,  que  du  dit  autel  à  celuy  de 
la  chapelle  de  Toussaint  qui  est  en  haut  de  la  dite  église 
il  y  a  cent  douze  pieds. 

Rendus  à  l'autel  de  N.  D.  de  Cahel,  demande  au  S'  Auf- 
fret  (vicaire)  de  reconnaître  que  au  dit  autel  il  n'y  a 
aucun  tabernacle,  ni  lampe,  qu'il  est  fermé  d'une  balus- 
trade éloignée  du  marchepied  d'environ  huit  pieds,  et 
que  le  S^"  Aufiret  a  son  confessionnal  au  coin  de  la  croizée 
septentrionnalle.  Le  S'  Aufîret  en  convient,  mais  requert 
qu'il  luy  soit  donné  pour  apuré  que  le  dit  autel  est  garny 
d'un  beau  retable  au  haut  duquel  il  y  a  une  image  en 
sculpture  représentant  l'Assomption  de  la  Vierge  que 
dans  la  dite  chapelle  le  dit  Recteur  a  une  armoire  encla- 
vée dans  la  muraille.  Et  a  signé  :  B.  Auffret,  vicaire  per- 
pétuel de  N.  D, 


—  176  — 

Rendus  à  Tautel  du  Rosaire,  le  S' Raffias  demande  pour 
apuré  qu'il  n*y  a  au  dit  autel  aucun  tabernacle  ny  lampe 
ny  autre  marque  de  paroisse  non  plus  que  aux  autres 
autels,  convient  que  le  dit  autel  est  orné  de  retable  à 
quatre  colonnes  estoilé  et  doré,  que  le  dit  autel  est  cerné 
d'un  balustre  et  que  le  S'  Guillerme  (curé)  a  son  confes- 
sionnel dix  pas  environ  au  dessous  du  dit  balustre  qui  est 
esloigné  du  marchepied  d'environ  deux  pieds. 

Le  dit  S'  Guillerme  soutient  que  le  tabernacle  qui  sert 
à  présent  à  la  chapelle  de  Toussaint  a  servi  au  dit  autel 
de  sa  paroisse,  ce  qui  se  remarque  par  les  gradins,  d'autant 
que  les  deux  bouts  des  gradins  sont  en  sculpture  et  le 
milieu  que  l'on  voit  avoir  esté  adjousté,  n'est  qu'en  pein 
ture,  et  requiert  que  le  tabernacle  soit  présentement 
mesuré  pour  la  vérification  de  ce  qu'il  avance,  laquelle 
novalité  a  esté  faite  lorsque  l'on  a  posé  un  tableau  du 
Rosaire  sur  le  dit  autel  et  soustient  que  l'image  de  SUean 
Baptiste  en  sculpture  qui  est  à  présent  du  costé  de  l'Évan- 
gile estoit  auparavant  où  sont  les  colonnes  du  mesme  costé, 
que  dans  le  dit  tableau  l'image  de  S^  Jean  Baptiste  est  en 
peinture  et  que  plus  bas  que  le  balustre,  à  la  vouste,  il  y  a 
des  trous  où  estoyent  les  cordes  de  la  lampe.  Et  l'heure 
de  6  heures  sonnées,  a  esté  la  continuation  renvoyée  à 
8  heures  du  matin. 

(A  suivre.) 


—  177  — 


SCR  LES 

PAROISSES  DU  DIOCÈSE  DE  QDIHPER  ET  DE  LÉON 

Par  BfM.  PEYRON  et  ABGRALL. 


AUDIERNEH) 


Audieme  a  été  jusqu'au  Concordat  une  trêve  d'Esqui- 
bien  ;  elle  est  paroisse  depuis  cette  époque,  et  sa  popula- 
tion a  augmenté  considérablement.  En  1804,  on  y  comptait 
1,017  âmes,  dont  700  communiants  ;  elle  possède  aujour- 
d'hui près  de  5,000  habitants. 

L'annotateur  d'Ogée  donne  pour  éty mologie  d'Audierne 
Aod  thiem,  ((  grève  du  thiern  ou  du  prince,  »  mais  il 
semble  plus  rationnel  de  faire  dériver  ce  mot  de  la  petite 
rivière  la  Qoazien,  qui  vient  se  jeter  dans  le  port.  Un  acte 
de  1410,  cité  par  dom  Morice  (P.  IL  c.  851),  parle  «  du 
port  de  Goezian  que  aucuns  appellent  Odieme  ».  En  1498 


(1)  Sources  à  consulter  sur  Audieme  : 

Les  traraux  de  M.  Le  Carguet  sur  Audieme  et  le  Cap-Sizun,  au  Bulle- 
tin de  la  Société  Archéologique  du  FirMère. 

L'étude  de  M.  Tabbô  A.  Favô  sur  le  Frère  Joseph,  d'Audieme. 

Les  ArchÎTes  départementales  du  Finistère,  notamment  la  série  G., 
regaaires  de  Quimper. 

Les  Archires  communales  d'Audieme  ;  l'état-civil  remontant  à  1626  ; 
les  délibérations  depuis  1777  ;  la  déclaration  pour  le  tfingUème  en  1751. 

Comptes  da  xtii*  siècle  des  Archives  paroissiales. 

BcLLBTm  ùK  LA  COMMISSION  DiocisAiNE.  -^  3*  année.  12 


—  178  — 

(G.  1.),  ce  port  est  appelé  Trefgoazien,  Kerangoeeien  en 
1507,  et  c'est  sous  ce  nom  de  Tregoaeien  qu'il  est  encore 
connu  en  breton. 

L'église  paroissiale  a  été,  dit-on,  construite  dans  les 
douves  de  Tancien  château,  qui  devait  par  conséquent 
s'élever  sur  la  hauteur  où  se  trouve  maintenant  le  cime- 
tière, au  Nord  de  l'église,  et  celle-ci  se  trouve  à  mi-côte 
de  ce  plateau.  Cet  édifice  se  compose  d'une  nef  à  quatre 
travées,  deux  bas  côtés,  deux  branches  de  transept  et  une 
abside  à  pans  coupés.  Les  piles  octogonales,  dépourvues 
de  chapiteaux,  soutiennent  des  arcades  ogivales  du 
XVI®  siècle. 

Il  n'existe  plus  aucune  statue  ancienne. 

Au-dessus  de  l'autel  du  transept  Midi  est  un  tableau 
du  xvu®  siècle,  d'assez  beau  style,  représentant  l'Assomp- 
tion de  la  Sainte-Vierge  :  Notre-Dame  montant  au  ciel, 
entourée  d'anges  ;  dans  le  bas,  les  apôtres  près  de  son 
tombeau  qu'ils  trouvent  vide  et  couvert  de  roses. 

Le  retable  de  l'autel  Nord  encadre  un  tableau  moderne, 
copie  d'une  Annonciation  de  Vasari. 

Dans  la  nef  est  un  autre  grand  tableau  moderne  repré- 
sentant le  martyre  des  Machabées.  Ces  deux  tableaux  sont 
un  don  de  l'État,  du  temps  du  roi  Louis-Philippe. 

A  l'extérieur^  la  partie  absidale  semble  être  une  cons- 
truction du  xviii®  siècle  ;  le  porche  est  de  style  gothique 
XVI®  siècle,  avec  arcade  à  anse  de  panier  surmontée  d'une 
autre  arcade  ajourée  et  d'un  fronton  orné  d'un  navire 
sculpté  et  d'un  cadran  scolaire. 

A  la  façade  Ouest,  une  petite  baie  flamboyante  et  un 
bénitier  indiquent  un  ancien  ossuaire  ;  la  porte  gothique 
sous  le  clocher  et  les  rampants  de  pignon  dans  le  même 
style  sont  des  œuvres  de  la  dernière  période  ogivale,  tan- 
dis que  le  clocher,  couronné  d'un  dôme  assez  lourd  et 


—  179  — 

accosté  de  deux  tourelles  octogonales,  est  postérieur  de 
près  de  deux  siècles.  On  y  lit  cette  inscription  : 

H  :  M  :  MATHIEV  :  YYENOV  :  F  :  LAN  .  1731 

Dans  la  cour  du  presbytère,  une  cuve  en  granit  de 
forme  demi- cylindrique,  mesurant  1  m.  40  de  diamètre 
extérieur,  probablement  ancien  bénitier,  porte  cette  ins- 
cription : 

ANNE  :  LE  :  GOIL  .  QVEVAREC  :  F  .  1778 

Le  patron  de  la  paroisse  est  saint  Raymond  Nonnat,  qui 
mourut  cardinal  le  31  Août  1240  ;  mais  tout  porte  à  croire 
que  ce  patronage  a  été  substitué  à  celui  d'un  autre  saint 
dit  «  saint  Rumon  »  qui,  jusqu'au  milieu  du  xyii^  siècle, 
a  été  exclusivement  reconnu  comme  patron  d'Audierne  ; 
à  partir  de  cette  époque  jusqu'au  milieu  du  xvm®  siècle, 
on  dit  indifféremment  <(  saint  Reymond  »  ou  «  saint 
Rumon  )).  Saint  Rumon  est  certainement  distinct  de  saint 
Aeymond  :  une  autre  paroisse  du  diocèse  de  Cornouaille 
porte  encore  le  nom  de  saint  Rumon,  quoiqu'un  peu 
modifié,  c'est  Saint-Jean-Trolimon,  car  M.  Le  Men  (Bul- 
letin Archéologique  du  Finistère,  1877,   p.  137)  cite  des 
actes  de  1389  et  1492  dans  lesquels  cette  paroisse  est 
appelée  ((  le  treff  de  treff-Rumon  »  le  ((  lieu  de  Sainct 
Rumon  ».  De  plus,  un  savant  anglais  du  xvi<>  siècle, 
Léland,  dit  avoir  trouvé  dans  le  monastère  de  Tavistoch 
un  ancien  calendrier  du  ix«  ou  x®  siècle,  dans  lequel  il 
est  parlé  d'un  saint  Rumon  (1),  qui  construisit  un  oratoire 
m  Sylva  Nemea,  ce  qui,  rapproché  de  la  légende  de  saint 
Ronan  que  nous  lisons  au  Propre  du  diocèse,  Ronanus  in 


(1)  «  RamoDODtts  geoere  fuit  Scotus  HiberoeDsis.  Nemea  sylva  io  Cornubia 
pleoisuoia  olim  feranim.  S.  Rumoous  faciebat  sibi  oratorium  in  sylva 
NeoMBa.  Ordulphus  dox  Gomobie  tranatulit  oasa  Ramooi  Tavestociiiam.  » 
(LiLAKD,  ififivore,  IY..P*  152.) 


—  180  — 

Hibemia  natus  in  Nemeam  SUvam  se  abdidit^  donnerait  à 
penser  que  saint  Rumon  ne  serait  autre  que  notre  saint 
Ronan,  appelé  Runan  ou  Rtian  en  Cornouaille  anglaise, 
où  se  trouvent  deux  paroisses, de  ce  nom  Rtuin  major ei 
Ruan  minor,  et  dans  les  registres  des  Ëvéques  d'Ëxeter, 
ces  églises  sont  appelées  ecclesiœ  S^-RumonL  Nous  devons 
tous  ces  renseignements  sur  le  saint  Rumon  de  la  Cor- 
nouaille anglaise  aux  bienveillantes  communications  du 
savant  hagiographe  S.  Baring-Gould. 

M.  Le  Men  donne  comme  armoiries  de  la  ville  d'Au- 
dierne  (1)  : 

c  Sur  une  teinte  neutre,  une  ancre  de  marine  accon^ 
gnée  de  deux  homards  en  chef  et  d'un  merlus  enpùinJtt.  > 


* 
*  # 


La  plus  ancienne  pièce  que  nous  ayons  trouvée  parlant 
d*Audierne  nous  est  fournie  par  dom  Morice  (2),  au  sujet 
d'une  enquête  faite  en  1410  sur  les  droits  de  coutume  ou 
d'imposition  ((  du  port  de  Goezian  que  aulcuns  appellent 
Odierne,  qui  dure  de  la  ville  de  Pontcroix  jusqu'à  une 
pierre  appelée  Le  Gannereau  bien  avant  en  la  mer.  Et 
prend  le  Duc  de  coutume  ancienne  sur  chacun  tonnel  de 
bled  12  den.  et  le  sire  de  Tyouarlen  2  den.  et  maille  et  un 
pot  de  vin  de  chacun  tonnel  de  vin,  des  vaisseaux  qui  sont 
de  l'autre  costé  d'entre  le  Ras  de  Cap  Sizun  et  le  midy,  et 
des  vaisseaux  qui  sont  de  l'autre  côté  d'entre  le  nord  du 
dit  Ras,  prend  5  den.  et  un  pot  de  vin,  de  chaque  tonnel. 
Et  aussi  Glazren  du  Fou  prend  certains  devoirs  dessus 
vin  et  sel  au  dit  Havre.  » 


(1)  BvU,,  1878,  p.  17. 
(S)  Prewei,  H,  851. 


—  181  — 

((  Et  ouy  dire  et  appeler  le  dit  Havre  le  port  de  Goezian 
autrement  Odierne,  jusqu'à  de  nouvel  en  ça  que  les  gens 
du  vicomte  de  Rohan  ont  nommé  Port,  un  lieu  nommé 
Poulgouezec  qui  est  au  costé  et  es  mettes  du  dit  havre.  Et 
aie  dit  Vicomte  un  village  en  sa  terre  du  dit  Poulgouezec 
et  le  terrouer  jusqu'à  Pont  croix  excepté  la  terre  des 
templiers  »  (1).  Mais  ajoute  le  témoin,  ((  on  n'a  jamais 
levé  le  droit  de  coutume  dans  ce  port  de  Plougouezec  ». 

Audierne,  trêve  d'Esquibien,  dépendait  du  fief  des  re- 
guaires  de  TÉvéché  de  Quimper.  Dans  son  aveu  de  1682 
au  Roi,  ((  le  Seigneur  Évéque  se  disait  être  aussi  supérieur 
et  fondateur  de  l'église  de  S^  Remond  à  Audierne.  Pareils 
droits  lui  sont  dus  des  habitants  du  bourg  de  Trefïgoue- 
zien  et  sur  chacune  des  maisons  d'iceluy  est  deu  de  chef 
rente  à  la  S^  Jean  Baptiste  1  sou  ». 

Cette  qualité  de  fondateur  de  l'église  fut  à  diverses  re- 
prises contestée  aux  Évoques  de  Quimper  parles  Seigneurs 
du  Menez.  Et  à  la  veille  de  la  Révolution,  en  1784-1785, 
M.  de  Kergariou,  héritier  des  Seigneurs  du  Menez  de 
Kermabon,  était  en  procès  avec  Monseigneur  de  Saint- 
Luc  à  ce  sujet.  Les  mémoires  écrits  à  cette  occasion  par 
les  deux  parties,  que  nous  ont  conservés  les  Archives 
départementales  (2),  citent  à  l'appui  de  leurs  prétentions, 
divers  titres  anciens  qui  jettent  quelque  jour  sur  l'his- 
toire de  cette  petite  ville  d'Audierne. 

Nous  y  remarquons  : 

Une  transaction  sur  partage  du  4  Février  1418,  par 
laquelle  il  appert  que  le  S'  Dumenez  Rospiec  comme  le 
S'  de  Kermabon  n'ont  point  de  fief  à  Audierne.  Le  21  Oc- 
tobre 1498  les  officiers  du  S"  Évoque  Raoul  (Le  Moël) 
«  remarquent  que  le  village  de  Trefigoazien  estre  entiè- 


(1)  Sur  laquelle  s'élevait  la  chapelle  de  Loc-Jao. 

(2)  G.,  I,  2. 


—  182  — 

rament  au  fiefi  des  Reguaires  et  que  anciennement  il  y 
avait  marché  et  foires  au  dit  lieu  et  place  pour  les  tenir, 
et  que  TÉvéque  Bertrand  de  Rosmadec  en  son  temps 
(1416-1445)  vint  démolir  un  mur  que  ceux  de  la  maison 
du  Menez  avait  fait  faire  aux  issues  publiques  des  dites 
foires  et  marchés.  Ce  mur  abattu  paraît  encore  à  présent 
en  ruine  et  est  au  mitan  d'un  enclos  possédé  par  le 
S'  de  Lezurec  qui  Ta  fait  appeler  le  vieux  chastel  ». 

Le  12  Décembre  1507,  les  habitants  du  boui^  de  Treff- 
goazien,  transigent  avec  le  S^^  Claude  de  Rohan,  Évéque, 
en  sorte  qu'ils  reconnaissent  «  toutes  leurs  maisons  jà  bas- 
ties  être  du  fief  du  dit  S^'  Évéque  et  promettaient  aussi 
les  tenir  de  lui,  et  les  autres  maisons  qu'ils  bastiraient 
eux  et  leur  postérité  )).  Néanmoins,  ajoute  le  mémoire 
de  1638,  «  il  se  voit  à  présent  que  le  dit  bourg  de  Trefl- 
goazien,  à  présent  dit  Audierne,  est  rendu  l'un  des  bons 
bourgs  et  havres  de  la  province  et  y  est  bâti  nombre  de 
belles  maisons  les  unes  au  fief  de  Lézurec  les  autres  au 
fief  de  Kermabon,  autres  aux  fiefs  de  Lestialla  et  du 
Menez,  en  sorte  que  chacun  a  fait  du  fief  à  sa  discrétion  ». 

A  la  même  date  12  Décembre  1507,  a  transaction  sur 
procès  été  entre  R.  P.  en  Dieu  Claude  de  Rohan  et  trois 
veuves,  par  lequel  le  S^'  Évéque  soutenait  que  leurs 
maris  étaient  ses  hommes  et  sujets  demeurant  en  son  fief 
proche,  au  bourg  de  Tregoazien  autrement  Kerangoezien 
et  qu'ils  étaient  de  tout  temps,  à  lui  et  à  ses  prédécesseurs 
tenus  de  payer  (chef  rente)  par  chacun  an,  à  la  S^  Jean 
Baptiste  sur  chacune  maison  hôtel  et  hébergement...  » 

En  1607,  on  fut  obligé  de  démolir  le  chœur  de  l'église 
d'Audierne  qui  tombait  en  ruine  ;  après  sa  reconstruction, 
le  S>^  de  Kermabon  en  profita,  paratt-il,  pour  établir  ses 
prétentions  de  fondateur  et  premier  prééminencier  dans 
l'église,  et  à  ce  titre  prétendait  s'opposer  à  ce  que  tel  ou 
tel  bourgeois  de  la  ville,  y  put  acquérir  droit  d'enfeu.  Un 


-  183  — 

procès  s'en  suivit  entre  le  dit  Sieur  et  les  tréviens  d'Au- 
dierne,  auquel  intervint  l'Évéque  de  Quimper  en  faveur 
de  ces  derniers.  Voici  quelques  extraits  du  mémoire  par 
lequel  l'Évêque  voulait  sauvegarder  ses  droits  et  ceux  des 
tréviens  en  1635. 

«  Salvation  de  R"*  Père  en  Dieu  Guillaume  Le  Prestre 
demandeur  en  l'intervention,  de  sa  part  formée,  au  procès 
pendant  en  la  Cour  du  siège  présidial  de  Quimper,  entre 
ecuyer  Alain  de  Rospiec  S'  de  Kermabon,  demandeur, 
et  M.^  OUivier  Lharidon  S'  de  Kerasain,  défendeur,  et 
les  trefBens  d'Audiern  appelés  en  garand  contre  le  dit 
S' de  Kermabon.  Soutient  le  S^'  Evèque  que  1«  S>^  de  Ker- 
mabon oppose  sans  raison  une  fin  de  non  recevoir  à  la 
dite  intervention,  alléguant  que  le  dit  S''  Evéque  n'a  inté- 
rêt quelconque  au  procès.  Car  soit  qu'on  le  prenne  comme 
Pontife  et  économe  général  des  églises  de  son  diocèse,  soit 
qu'on  considère  seulement  le  temporel  de  son  Evéché,  son 
intérêt  se  trouve  très  considérable  en  ce  procès. 

«  Puisqu'il  est  de  la  charge  d'un  bon  Evéque  de  faire 
en  sorte  que  les  églises  soient  bien  bâties,  ornées  et  entre- 
tenues tant  en  bâtiments  qu'ornements  et  offices,  il  ne  se 
peut  dire  qu'il  n'ait  intérêt  de  faire  conserver  aux  bien- 
faiteurs des  églises,  les  marques  qu'on  leur  concède  d'or- 
dinaire en  reconnaissance  de  leurs  bienfaits,  afin  d'ani- 
mer les  autres  à  élargir  leurs  libéralités  pour  la  dotation 
et  entretien  des  églises...  Joint  d'ailleurs  que  l'Evêque  a 
toujours  intérêt  de  pacifier  les  troubles  qui  se  trouvent 
d'entre  ses  diocésains. 

((  Donc  l'intervenant,  en  cette  première  considération 
de  sa  charge,  a  intérêt  de  supplier  le  dit  Siège  pour  qu'il 
lui  plaise  par  l'équité  de  ses  jugements,  faire  en  sorte 
que  les  fidèles  ne  soient  divertis  de  faire  du  bien  aux 
églises  par  l'appréhension  des  vexations  de  ceux  qui,  sous 
prétexte  d'avoir  de  la  naissance  au  dessus  des  autres, 


—  184  - 

croient  avoir  droit  de  les  fouler  aux  pieds,  et  considérer 
qu'en  la  maison  de  Dieu,  non  est  accepHo  peraonarum. 

((  Venant  au  temporel  de  TÉvéché,  Tintervenant  serait 
justement  blâmé  de  mauvaise  administration,  s'il  n'em- 
pêchait les  usurpations  que  fait  le  Si^  de  Kermabon  au 
préjudice  de  son  fief  des  reguaires  dans  lequel  est  situé 
l'église  de  S*  Rumon... 

((  Ses  écritures  au  procès  font  voir  comme  il  a  tâché  de 
s'arroger  les  qualités  de  fondateur,  patron  et  Seigneur  du 
fief  de  la  dite  église,  quoiqu'à  présent  il  reconnaisse  sage 
ment  n'avoir  aucune  des  dites  qualités.  Mais  il  persiste 
toujours  à  se  dire  premier  et  unique  prééminencier  de  la 
dite  église,  en  quoi  il  parait  impertinent,  en  ce  qu'il  prend 
deux  qualités  contradictoires  et  notoirement  incompati- 
bles, car  le  premier  emporte  nécessairement  relation  d'un 
autre  pour  le  moins  et  n'y  eut  jamais  premier  sans  second, 
et  unique  exclut  tout  autre,  d'où  se  prend  une  ineptie  très 
grande  aux  qualités  que  s'arroge  le  S'  de  Kermabon  avec 
beaucoup  de  faste  et  moins  de  raison. 

«  Au  reste,  ces  prééminences  que  le  S>^  de  Kermabon 
montre  à  présent  en  la  dite  église  ne  sont  que  par  usur- 
pation faite  puis  le  rétablissement  et  réfection  d'icelle,  de 
l'ordonnance  du  Sieur  intervenant  qui,  faisant  la  visite  au 
commencement  de  sa  prélature  (1614),  ému  du  piteux  état 
de  la  dite  église  délabrée  et  quasi  par  terre,  convia  les 
habitants  du  bourg  d'Audierne  de  contribuer  de  leur 
charité  à  la  dite  réfection  comme  ils  ont  fait  de  depuis. 

((  Mais  le  S' de  Kermabon  prenant  à  son  avantage  rocca- 
sion  de  son  oncle,  cadet  de  la  maison  qui  était  recteur  de 
la  paroisse  (1),  fit  mettre  ses  armes  partout,  s'arrogea  un 
banc  au  chœur  et  toutes  les  autres  marques...  fors  un 
écusson  qu'on  avait  fait  mettre  au  clocher  dès  l'an  1583, 


(1)  M.  Yves  de  Rospiec,  recteur  d*Bsquibien.  --  1599-1613. 


-  185  - 

comme  se  peut  voir  par  la  date  étant  au  dessous  du  dit 
écQsson. 

((  il  demeure  pour  constant  qu'il  n'y  a  pas  de  Seigneur 
Patron  en  cette  église,  si  ce  n'est  le  Seigneur  intervenant 
et  quand  bien  il  ne  serait  Patron,  suflit  d'être  Seigneur 
du  fief  pour  avoir  droit  de  faire  ôter  les  dites  usurpations 
de  banc  au  cbœur  et  autres  marques  qui  n'appartiennent 
qu'aux  patrons  et  à  son  défaut  au  seigneur  justicier  du 
fief. 

«  C'est  pour  faire  voir  que  l'intervenant  seigneur  justi- 
cier du  fief  où  est  bâtie  la  dite  église  a  un  juste  sujet  d'in- 
tervenir... 

«  Le  S>^  de  Kermabon  s'imagine  que  la  qualité  de  patron 
et  fondateur  inféode  des  marques  d'honneur  qu'il  a  usur- 
pées, induisant  de  là  qu'il  a  plus  d'indices  de  la  dite  qua- 
lité que  non  pas  le  Seigneur  intervenant.  Ignorance 
insupportable  de  croire  que  des  usurpations  aussi  notoi- 
res sont  capables  d'inférer  aucun  droit  de  patronage  ni 
fondation  au  préjudice  du  Seigneur  spirituel  et  temporel 
de  la  même  église.  Au  contraire,  les  Évêques  plus  que 
autres  ecclésiastiques  sont  de  droit  commun  censés  pa- 
trons des  églises  qui  dépendent  de  leur  temporel... 

«  Mais  le  principal  point  que  débat  le  dit  de  Rospiec 
est  le  fief,  disant  que  l'église  n'est  au  fief  du  S^'  Évêque, 
et  que  ce  n'est  prouvé  qu'elle  soit  en  son  fief,  pour  avoir 
du  fief  sur  les  maisons  qui  l'environnent,  d'autant  qu'il  a 
aussi  du  fief  au  bourg  d'Audiern,  eu  plus  grande  étendue 
du  Seigneur  intervenant  quatre  fois. 

«  C'est  ou  une  extrême  vanité,  pour  ne  parler  plus  ron- 
dement, ou  une  usurpation  très  grande  du  S'  de  Kerma- 
bon, dire  qu'il  a  quatre  fois  plus  de  fief  que  le  S^'  Évêque 
à  Audiern... 

((  Et  encore  que  le  fief  des  reguaires  en  Audiern  soit 
tellement  reconnu,  le  S"  Évêque  a  néanmoins  vérifié  que 


—  186  — 

par  date  de  1498,  le  droit  de  fief  au  dit  boai^  lui  appar- 
tient, tant  parce  que  les  vassaux  plaident  journellement 
par  devant  sa  Cour,  que  par  lettres  recognitoires  et  infeo- 
dations  qu'on  lui  a  fourni  et  à  ses  prédécesseurs.  »  Cet 
acte  de  1498  porte  expressément  que  Téglise  trëviale  dont 
il  est  question  se  trouve  dans  les  bornes  du  fief  des  re- 
guaires  au  village  de  Tregouazien.  «  Donc  le  Seigneur 
intervenant,  Seigneur  du  fief,  est  fondé  privativement  à 
tous  autres  d*y  avoir  les  premières  marques  d'honneur. 

«  Le  Siège  voit  donc  que  le  S^  ÉvAque  a  droit  de  former 
son  intervention  en  ce  procès.  » 

Il  est  à  présumer  que  TÉvéque  eut  gain  de  cause,  car 
à  cette  même  époque  1634,  dans  un  acte  de  donation  à 
l'église  d'Âudierne,  le  donateur  ayant  appelé  le  S^  de  Ker- 
mabon  fondateur  de  l'église,  il  y  eut  une  sentence  du 
Présidial  de  Quimper  ordonnant  que  cette  qualité  serait 
rayée  de  l'acte  ((  jusqu'à  ce  que  le  dit  S'  de  Kermabon 
n'ait  fait  conster  par  bons  actes,  être  Sieur  fondateur  de 
l'église  ». 

La  question  sembla  en  rester  là,  et  il  ne  parait  pas  que 
cette  preuve  fut  faite,  car  cent  quarante  ans  plus  tard,  en 
1784,  la  contestation  est  plus  vive  que  jamais  sur  ce  point 
entre  M^'  de  Cornouaille  et  M.  de  Kergariou,  héritier  des 
droits  des  S'*  de  Kermabon.  Nous  l'apprenons  par  la 
consultation  suivante  qui,  cette  fois,  est  faite  en  faveur 
des  S"  de  Kermabon. 

«  Consultation  de  MM.  les  avocats  Drouin  et  Gandon, 
de  Rennes,  pour  M.  de  Kergariou,  se  prétendant  fonda- 
teur de  l'église  d'Audiern. 

((  Les  avocats  soussignés,  qui  ont  vu  la  copie  de  la 
requête  présentée  au  Présidial  de  Quimper  par  M.  l'Évêque 
se  prétendant  le  Seigneur  proche,  supérieur  et' fondateur 
de  l'église  trèviale  de  S^  Reimond,  en  la  ville  d'Audieme, 
qui  conclut  à  ce  que  M.  de  Kergariou,  S^  de  Kermabon 


—  187  — 

et  du  Tymeur,  soit  condamné  de  laire  effacer  sa  iizière  et 
ses  armes  des  endroits  où  il  les  a  fait  apposer,  saut  à  lui 
à  les  faire  mettre  plus  bas,  si  bon  lui  semble,  faute  de 
quoi,  ouïr  dire  qu'elles  seront  effacées  à  ses  frais,  et  par 
laquelle  il  conclut  encore  à  ce  que  la  qualité  de  Seigneur 
d'Audierne  donnée  à  M.  de  Kergariou  dans  un  acte  du 
3  juillet  1782  sera  rayée... 

((  Estiment...  qiie  lorsque  celui  qui  se  prétend  fondateur 
d'une  église  est  dans  Tim possibilité  de  représenter  des 
titres  de  fondation  ou  de  jugements  contradictoires,  il 
faut  qu'il  réunisse  en  sa  faveur  :  1<>  la  possession,  2''  des 
commencements  de  preuves  par  écrit,  3^  les  signes  exté- 
rieurs de  la  fondation... 

«  Or,  ni  le  S"  Évéque  ni  M.  de  Kergariou  ne  peuvent 
représenter  le  titre  de  fondation  de  l'église  trèviale  de 
St  Raymond. 

«  D'ailleurs,  M.  de  Kergariou  est  ah  omni  œvo  par  ceux 
qu'il  représente,  en  possession  de  toutes  les  marques  et 
intersignes  qui  caractérisent  les  grands  droits  honorifi- 
ques honores  majores  attachés  à  la  qualité  de  fondateur  et 
seigneur  de  fief  de  l'église  de  S'  Reymond.  La  qualité  de 
fondateur  appartient  à  la  seigneurie  de  Kermabon,  celle 
de  seigneur  de  fief  à  la  seigneurie  de  Tymeur,  or  ces  deux 
seigneuries  appartiennent  aujourd'hui  à  M.  de  Kerga- 
riou. » 

«  La  seigneurie  de  Kermabon  a  eu  de  tout  temps  et 
a  encore  ses  armes  dans  les  endroits  les  plus  distingués 
dans  la  maltresse  vitre,  elle  a  banc  dans  le  chœur,  Iizière 
dans  l'intérieur  de  l'église.  Le  Si^de  Kermabon  a  toujours 
été  reconnu  notoirement  pour  seul  fondateur  et  ses  titres 
sont  conformes  à  cette  persuasion. 

«  11  en  est  de  même  du  S«?'  ^u  Tymeur  comme  seigneur 
de  fief  :  ses  armoieries  étaient  en  la  maîtresse  vitre,  et 
sont  en  supériorité  de  celles  de  la  seigneurie  de  Kerma- 


—  188  - 

bon.  On  les  trouve  ensuite  en  alliance  à  cause  de  la  réu 
nion  des  deux  maisons.  Le  S*'  du  Tymeur  a  eu  la  lizière 
extérieure  et  après  la  réunion  de  sa  maison  à  celle  de 
Kermabon,  il  a  joint  dans  cettQ  lizière  à  ses  armoieries 
celles  de  la  seigneurie  de  Kermabon. 

((  Il  est  certain,  au  contraire,  que  TËvéque  de  Quimper 
n'a  aucune  possession  de  droits  honorifiques  soit  au  de- 
dans, soit  au  dehors  de  l'église  de  S*  Raymond.  M"  de 
Quimper  reconnaît  la  vérité  de  ce  fait  dans  la  requête  du 
25  Septembre  1784,  où  on  lit  :  a  II  paraît  que  depuis  long 
((  temps  les  Évoques  de  Quimper  ont  négligé  de  faire 
((  apposer  leur  lisière  et  leurs  armes  dans  cette  église 
((  éloignée  de  leur  résidence  ordinaire.  » 

((  Cette  reconnaissance  de  n'avoir  aucune  marque  de 
droits  honorifiques  dans  Téglise  est  formelle  et  la  distance 
de  Ouimper  à  Audierne,  sept  lieues,  ne  présente  qu'un 
prétexte  bien  léger  et  une  faible  cause. 

«  Le  premier  litre  de  M.  de  Kergariou  est  une  enquête 
faite  par  M.  de  Kermorial,  premier  magistrat  de  Cor- 
nouaille,  requérant  noble  Guillaume  le  Doulce  demandeur, 
contre  les  habitants  de  Vannes,  du  21  Mai  1636. 

((  Les  déposants  au  nombre  de  douze,  gens  fort  âgés, 
nobles  et  praticiens,  déposèrent  qu'ils  étaient  connais- 
sants que  les  dits  S""»  de  Kermabon  ont  tous  les  droits 
honorifiques  en  la  chapelle  de  M.  S*  Reymond,  trèviale 
d'Audierne,  qu'ils  ont  escabeau,  accoudoir  du  côté  de 
l'Évangile,  enfeus,  droits  prohibitifs,  armes  en  plusieurs 
vitres  en  alliance  avec  plusieurs  anciennes  bonnes  mai- 
sons du  quartier,  et  avoir  ouï  dire  de  tout  temps  immé- 
morial que  la  dite  église  avait  été  bâtie  dans  les  fonds  des 
S"  de  Kermabon,  que  l'on  enterrait  au  dit  chœur.  11  y 
avait  nombre  de  ces  témoins  âgés  de  60  à  73  ans,  tant 
pour  avoir  vu  les  dits  Sieurs  jouir  paisiblement  des  dits 
droits  et  même  avoir  vu  enterrer  le  S'  du  Merdy,  gentil 


—  189  — 

homme,  dans  les  tombes  du  S'  de  Kermabon,  par  sa  per- 
mission. 

«  Le  second  titre  consiste  dans  une  autre  enquête  faite 
les  16  et  17  Novembre  1559  par  devant  le  lieutenant  du 
Siège  présidial  de  Quimper,  elle  est  faite  par  trois  gentils- 
hommes et  un  recteur,  et  la  conformité  avec  la  précé- 
dente attribue  les  mêmes  droits  honorifiques  au  S>^  de 
Kermabon.  Cette  enquête  prouve  même,  de  plus,  que  la 
seigneurie  de  Kermabon  avait  droit  de  juridiction  exercée 
par  le  sénéchal  procureur  greffier,  et  qu'elle  faisait  pro- 
céder à  inventaire  et  dation  de  tutelle. 

((  Trois  actes  des  25  Janvier  1532,  8  Juin  1585  et  4  Octo- 
bre 1587,  qui  contiennent  des  permissions  données  par  le 
S'  de  Kermabon  d'enterrer  dans  le  chœur  de  Téglise 
trèviale  de  S^  Reymond,  ]ustifient  qu'ils  y  avaient  un  droit 
exclusif  autre  que  de  pure  servitude. 

«  En  1607,  on  fut  dans  le  cas  de  démolir  le  chœur  de 
la  dite  église.  La  prudence  exigea  que  Ton  constatât  Tétat 
des  droits  honorifiques  en  cette  église,  ce  qui  fut  fait  par 
acte  contradictoire  du  13  Mai  1607.  On  vit  figurer  dans  cet 
acte  Michel  Fiol,  fabrique,  et  M«  François  le  Clerc,  pro- 
cureur, avec  pouvoir  pour  Jean  de  Rospiec,  S'  de  Keras- 
poulc'h  Kermabon,  qui  consentent  au  démolissement  du 
chœur,  à  condition  que  leurs  armes  et  prééminences 
soient  remises  au  même  état,  les  S"  du  Tymeur  et  de 
Kermabon  étant  les  seuls  qui  aient  droit  d'avoir  leurs 
pannonceaux  en  la  dite  église. 

((  Cet  acte  prouve  que,  dans  le  haut  soufflet  de  la  grande 
vitre,  il  y  avait  des  besants  d'argent  sans  nombre  en  champ 
de  gueules,  armoieries  du  manoir  du  Tymeur  placées  au 
plus  haut  de  la  maîtresse  vitre  ;  qu'aux  deux  autres  souf-< 
flets  étoient  savoir  :  les  armoieries  du  Tymeur  en  alliance 
au  côté  de  l'Évangile  et  au  côté  de  TÉpitre  avec  une  croix 
de  sable  au  champ  d'argent,  armes  des  Kermabon, 


—  190  — 

«  Que  les  armes  du  Tymeur  étoient  encore  au-dessous 
des  arcades  des  droits  soufflets  au  nombre  de  trois  portant 
en  alliance  celles  des  Kermabon  ;  que  cette  maison  avait 
le  chœur  de  la  dite  église  et  en  iceluy  escabeau  et  cein- 
ture où  sont  les  armes  de  Kermabon  ;  qu'elle  avait  en 
outre,  au  sommet  du  chœur  et  environ  le  mitan  d'iceluy, 
au-dessus  du  sommier,  une  croix  en  bosse  et  écusson; 
que  les  armes  du  Tymeur  étaient  en  bosse  à  l'autel,  cAté 
de  rÉpitre  ;  et  dans  la  vitre  à  côté  de  l'autel,  côté  de  TÉvan- 
gile,  étaient  partout  les  armes  de  Kermabon. 

((  Cet  acte  sert  de  réponse  à  une  objection  qui  fut  faite 
en  1634  et  qui  pourrait  être  répétée,  qui  consistait  à  dire 
que  les  armoieries  du  Tymeur  et  de  Kermabon  n'avaient 
été  placées  dans  l'église  qu'en  1608,  par  le  crédit  de  Jean 
de  Rospiec  et  du  Recteur  d'Esquibien,  qui  était  de  ses 
parents.  Cet  acte  sert  à  prouver  que  ces  armoieries  étaient 
de  toute  antiquité  dans  l'église. 

«  En  1613,  on  vit  s'élever  quelques  difficultés  entre  les 
trèviens  de  S^  Reymond  et  le  S'  de  Kermabon  ;  le  4  Août, 
il  fit  annoncer  au  prône  de  la  messe  du  matin,  dite  à 
S^  Reymond,  que  le  jour  suivant  5,  il  allait  faire  insculp- 
ter  en  bosse  ses  armes  au  portail  méridional  nouvelle- 
ment construit,  et  ailleurs  en  d'autres  endroits  où  il  ver- 
rait l'avoir  à  faire.  Cette  bannie  fut  faite  sans  opposition 
à  l'église  trèviale  de  S*  Reymond,  mais  ayant  été  répétée 
en  l'église  paroissiale  d'Esquibien,  quelques  individus  s'y 
opposèrent  ;  mais  le  24  Juin  1614,  intervint  une  sentence 
du  Présidial  de  Quimper,  qui  débouta  les  opposants. 

((  En  1634,  Pierre  Le  Gouil  fit  un  don  à  l'église  de 
S^  Reymond  ;  on  attribua  dans  l'acte  la  qualité  de  fonda- 
teur de  l'église  à  M.  de  Kermabon.  Il  y  eut  une  sentence 
qui  ordonna  que  cette  qualité  serait  rayée  de  l'acte. 
M' l'Evéque  ne  peut  en  tirer  avantage,  car  cette  sentence 
ordonnait  cette  radiation  a  jusqu'à  ce  que  le  dit  S' de  Ker- 


—  191  — 

«  mabon  n'ait  fait  constater  par  bons  actes  être  Sieur 
f(  fondateur  de  Téglise  ».  Ce  ne  fut  qu*un  comminatoire. 
Od  ne  voit  pas  quelle  a  été  la  suite  de  cette  affaire,  mais 
on  prise  que  les  actes  cidessus  analysés  auraient  fait  lever 
le  comminatoire. 

«  En  1634-1637,  le  S'  THaridon  ayant  fait  apposer  des 
pierres  tombales  armoriées,  une  fausse  chasse  et^un  accou- 
doir, M^  de  Kermabon  obtint  une  sentence  contre  lui,  et 
il  fut  forcé  d'efEacer  les  armes  gravées  sur  les  quatre  tom- 
bes et  mettre  la  fausse  chasse  hors  Téglise. 

((  Hélène  de  Clisson,  héritière  de  la  maison  du  Tymeur 
ayant  épousé  Alain  de  Rospiec,  S'  de  Kermabon,  ils  four- 
nirent aveu  au  Roi  le  30  Avril  1624,  et  s'inféodèrent  pour 
la  terre  du  Tymeur,  dans  Téglise  de  S*  Reymond  d'écus- 
8Gns  en  bosse  et  autres  au  pignon  occidental  et  en  la 
maîtresse  vitre  aux  endroits  les  plus  éminents,  avec 
droits  prohibitifs  à  tous  autres. 

((  Les  trèviens  ont  fourni  des  aveux  à  l'Ëvêque  pour 
d*autres  lieux  dont  ils  sont  propriétaires...  La  circons- 
tance que  l'Ëvéque  aurait  le  proche  fief  sur  les  maisons 
qui  environnent  Téglise  ne  présente  qu'une  présomption 
et  nullement  une  preuve...  » 

De  son  côté,  Tavocat  de  M"  l'Évèque  de  Quimper, 
M'  Desnoes  de  Lagrée,  lui  écrivait  le  10  Décembre  1784, 
en  lui  envoyant  le  mémoire  de  la  partie  adverse  : 

«  La  copie  ci-jointe  de  la  consultation  de  M.  Drouin  ne 
doit  pas  vous  faire  renoncer  à  votre  droit,  je  persiste  à 
dire  que  quand  vous  voudrez  nous  vous  donnerons  une 
consultation  diamétralement  opposée  et  qui,  j'espère, 
sera  plus  solidement  appuyée.  Cependant,  il  faut  conve- 
nir que  la  possession  où  est  M'  de  Kergariou  d'avoir  ses 
armes  en  éminence,  est  un  intersigne  très  fort  en  sa 
faveur.  » 

Il  est  probable  que  M^  de  Saint-Luc  jugea  à  propos  de 


—  192  — 

ne  pas  poursuivre  un  procès  qui  n'avait  guère  de  chance 
de  se  conclure  en  sa  faveur,  étant  donnée  la  tendance  des 
présidiaux  à  amoindrir  ou  même  anéantir  la  juridiction 
temporelle  des  Évêques.  La  Révolution  allait,  du  reste, 
quatre  ou  cinq  ans  plus  tard,  mettre  brutalement  les  par 
ties  d'accord. 

Dans  la  nomenclature  des  pièces  fournies  par  TÉvéque 
à  Tappui  de  sa  revendication  en  1784,  figure  ((  un  plan  de 
la  ville  d'Audieme  qui  prouve  que  Téglise  de  S^  Raymond 
est  dans  Tenclos  du  fief  des  reguaires  et  que  le  cimetièn 
neuf,  qui  est  peut-être  dans  celui  de  Kermabon,  est  loin 
de  l'église  ».  Ce  plan  n'est  plus  malheureusement  jointau 
dossier,  mais  cette  mention  nous  fait  connaître  qu'il  y 
avait  un  cimetière  neuf  à  Audîeme,  le  cimetière  actuel 
probablement,  qui  est  dit  loin  «  de  l'église  »  relativement 
à  l'ancien,  qui  entourait  l'église  elle-même.  Nous  lisons, 
en  effet,  dans  une  lettre  de  M.  Gobert,  recteur  d'Esquibien, 
à  Monseigneur  sous  la  date  du  3  Août  1774  :  «  Les  habi 
tants  de  la  petite  ville  d'Audierne  trêve,  ayant  pris  la 
résolution  d'augmenter  l'église  dédiée  à  S^  Raymond 
Nonnat,  par  un  cul  de  lampe  qui  s'étendra  huit  à  neufs 
pieds  dans  le  cimetière...,  j'ai  l'honneur  de  demander 
votre  consentement  à  cette  novalité.  » 

(A  suivre.) 


1 


—  193  — 


MUSÉE  D'ART  RELIGIEUX 


CONTINUATION  DE  LA  LISTE  DES  OBJETS  OFFERTS 
pour  la  formation  do  oo  Mnséo. 


42.  —  Un  éou  de  six  livres  à  l'effigie  de  Louis  XV, 
trouvé  dans  les  substructions  de  rancien  presbytère  de 
Plouhinec  et  offert  par  M.  Guéguen,  recteur. 

tt 

43.  —  Deux  pièces  sur  parohemln  offertes  par 
M.  Pellerin,  recteur  d'Audierne. 

1®  Formule  de  serment  prêté  en  Cour  de  Rome  par 
Mi°«  Elisabeth  Sachot,  nommée  en  1694  abbesse  de  Kerlot. 

2p  Octroi  de  participation  à  tous  les  biens  spirituels  des 
chartreux  accordé  en  1694  par  le  général  de  l'Ordre  aux 
dames  Olive  le  Roy,  Madeleine  Portay,  Jacquette  le  Roy 
et  Hélène -Françoise  du  Quelennec,  religieuses  Bernar- 
dines de  Kerlot. 


îBMdC^BÂJP'SiS 


La  Société  de  Bibliophiles  bretons  vient  d'éditer  le 
second  volume  complétant  la  publication  de  Tltlnéralre 
en  Bretagne  de  Dubulsson-Aubenay,  en  1636. 

Cet  ouvrage  fort  intéressant,  puisqu'il  nous  donne  la 

BULLKTIR  DE  LA  COMMISSION  DIOCisAlNE.  — *  2*  80006.  13 


-  194  - 

physionomie  de  notre  pays  au  xvii«  siècle,  est  enrichi  de 
notes  savantes  et  nombreuses  dues  à  la  plume  si  compé 
tente  de  MM.  Léon  Maître  et  de  Berthou,  les  éditeurs  du 
«  Cartulaire  de  Sainte-Croix  de  Quimperlé  ». 

L'Itinéraire  de  Duhuisson-Avbenay  comprend  deux  volu- 
mes in-4<>  de  186  et  315  pages,  magistralement  imprimés 
chez  Emile  Grimaud,  à  Nantes.  Cinquante  exemplaires 
seulement  sont  mis  en  vente. 


Oamaret-sur-Mer.  —  Sous  ce  titre  M.  l'abbé  Téphany, 
doyen  du  Chapitre  de  la  Cathédrale  de  Quimper,  nous 
donne  une  intéressante  monographie  dans  laquelle  il  a 
su,  non  seulement  grouper  tous  les  événements  souvent 
fort  graves  qui  ont  illustré  son  pays  natal,  mais  encore 
nous  présenter,  grâces  à  ses  recherches  patientes  dans 
les  archives  paroissiales  et  départementales,  un  tableau 
vivant  de  la  vie  industrielle  et  maritime  sur  nos  côtes. 
L'auteur  établit,  de  plus,  sur  des  preuves  historiques 
incontestables  comment  l'érection  de  la  chapelle  de  Roca- 
madour,  dans  la  presqu'île,  se  rattache  à  la  dévotion  qui 
entraînait  autrefois,  même  nos  marins  bretons,  vers  l'an 
tique  sanctuaire  de  ce  nom  si  vénéré  dans  le  Quercy.  Ce 
travail  sera  donc  un  guide  sûr  pour  le  touriste  désireux 
d'explorer  les  curiosités  naturelles  de  la  pointe  de  Cama- 
ret  et  soucieux  d'en  évoquer  les  souvenirs  historiques. 


i 


-  195  - 


*>  OW?  <i 


Étude  des  Monuments  du  diocèse  de  Quimper 

(Suite.) 


LES  FONTAINES   SAINTES 


Au  congrès  de  Y  Association  Bretonne  à  Chàteaulin, 
3-8  Septembre  1900,  M.  l'abbé  Millon,  de  Rennes,  dans 
un  mémoire  très  savant,  a  fait  l'historique  du  culte  de 
l'eau  et  des  fontaines  dans  l'antiquité  et  dans  les  premiers 
siècles  du  christianisme  ;  car  ce  culte  s'est  perpétué  sous 
ses  formes  païennes  chez  les  peuples  convertis,  et 
l'Église  a  été  obligée  de  réagir  contre  ces  abiïs  par  les 
décrets  de  ses  Conciles. 

Ces  pratiques  ont  elles  disparu,  ou  plutôt,  n'en  trou- 
vons-nous pas  même  de  nos  jours  d'innombrables  survi- 
vances, mais  animées  d'un  autre  esprit,  revêtues  d'autres 
formes,  caractérisées  par  une  grande  dévotion  et  une  con- 
fiance admirable  en  la  puissance  du  saint  ou  de  la  sainte 
qu'on  invoque  ? 

Dans  une  attachante  causerie,  à  la  séance  du  11  Avril 
1899  de  la  Société  Archéologique  du  Finistère,  M.  Anatole 
Le  Braz  en  a  décrit  de  nombreuses  variantes,  répondant 
chacune  aux  différents  âges  de  la  vie,  aux  différentes  cir- 


—  196  — 

constances,  joyeuses  ou  tristes,  heureuses  ou  malheureu- 
ses, par  lesquelles  doit  passeï'  tout  être  humain. 

Ici,  il  nous  convient  d'étudier  nos  fontaines  au  point  de 
vue  monumental,  et  aussi  au  point  de  vue  de  Vhiataire  et 
de  la  légende  ;  le  sujet  est  bien  vaste,  et  il  faudra  néces 
sairement  nous  limiter. 

Chacune  de  nos  églises  de  pèlerinage,  chacune  de  nos 
chapelles  de  dévotion  a  sa  fontaine  sainte,  qui  est  comme 
un  complément  du  sanctuaire,  une  extension  de  la  vertu 
miraculeuse  du  saint  patron  ou  de  la  sainte  patronne. 
Après  sa  prière  à  Téglise,  devant  Tautel  ou  la  statue  véné- 
rée, le  pèlerin,  le  fidèle  ira  sans  faute  faire  une  station  à 
la  fontaine  et  après  s*étre  agenouillé,  en  fera  pieusement 
le  tour,  y  boira  dévotement  et  se  livrera  à  une  série  de 
pratiques  qui  sont  comme  rituelles,  et  qui  varieront  d'après 
les  maladies  ou  les  nécessités  pour  lesquelles  on  vient 
invoquer  ce  secours  surnaturel. 

Tantôt  il  se  lavera  les  yeux  dans  l'eau  miraculeuse,  tan- 
tôt il  en  puisera  dans  le  creux  de  ses  mains  pour  se  la 
déverser  dans  le  cou  et  le  dos,  ou  la  faire  couler  le  long 
de  ses  bras,  afin  d'en  augmenter  la  vigueur  ou  faire  dis- 
paraître les  engourdissements  ou  les  rhumatismes. 

Parfois  encore  on  y  plongera  la  chemise  d*un  malade 
ou  d'un  enfant,  et  on  la  rapportera  tout  humide  à  la 
maison,  pour  en  revêtir  le  pauvre  languissant.  Ou  bien 
jeunes  gens  et  jeunes  filles  consulteront  sur  leur  sort  et 
leur  planète,  en  déposant  avec  précaution  une  épingle  à 
la  surface  de  l'eau,  et  en  observant  attentivement  si  elle 
surnage  un  peu  et  de  quelle  façon  elle  descend  au  fond, 
soit  tout  droit,  soit  en  zigzags  capricieux.  En  d'autres 
endroits,  on  fabrique  de  petites  croix  de  bois  avec  deux 
branchettes  d'arbustes  et  on  les  plante  soit  dans  le  sol 
voisin,  soit  dans  les  joints  de  la  maçonnerie  du  petit  mo- 
nument. 


-  197  — 

Quelquefois  encore  ce  seront  les  animaux  qui  feront 
leur  pèlerinage  à  la  fontaine  de  leur  saint  patron  :  les 
bœufs  à  la  fontaine  de  saint  Cornély,  de  Carnac,  les  che- 
vaux buvant  au  ruisseau  qui  sort  de  la  fontaine  de  saint 
Eloy,  de  Ploudaniel,  recevant  une  douche  bienfaisante 
sur  la  tête  et  le  dos,  et  franchissant  ensuite  ce  ruisselet, 
toujours  d'après  un  cérémonial  traditionnel. 

11  arrive  môme  que  TEglise,  dans  certaines  fonctions 
liturgiques,  prend  part  au  culte  des  eaux  sacrées.  A 
Goulven,  le  jour  du  pardon  ou  de  la  fête  annuelle  du 
saint  Patron,  on  se  rend  en  procession  à  la  fontaine  du 
Saint,  et  le  prêtre  officiant  la  bénit,  pour  lui  renouveler 
ses  vertus  miraculeuses.  Au  pardon  de  Lanhouarneau, 
on  plonge  dans  la  fontaine  de  saint  Hervé,  le  reliquaire 
ou  bras  d'argent  contenant  un  radius  du  saint  Aveugle, 
patron  des  bardes  et  des  chanteurs,  et  cela  pour  commu- 
niquer à  ces  eaux  de  nouvelles  propriétés  surnaturelles. 

La  plupart  de  nos  fontaines  ont  leur  histoire  ou  leur 
légende.  Au  chapitre  :  <(  Croix  et  Calvaires  »,  j'ai  déjà  dit 
un  mot  de  la  fontaine  Notre-Dame,  à  Morlaix,  consacrée 
par  Drennalus,  qui  érigea  à  côté  une  croix  et  une  image 
de  la  Sainte- Vierge.  Un  grand  nombre  de  nos  saints  pri- 
mitifs ont  eu  leurs  fontaines. 

Saint  Corentin,  premier  évoque  de  Quimper,  avait, 
auprès  de  son  ermitage  de  Plomodiern,  une  source  où 
vivait  le  petit  poisson  dont  il  coupait,  chaque  jour,  un 
morceau  pour  servir  à  sa  nourriture,  et  qu'il  retrouvait 
ensuite  intact  pour  le  même  usage,  le  lendemain.  C'est 
aussi  dans  ce  bassin  qu'il  trouva  ample  provision  de 
belles  et  grosses  anguilles,  pour  «  festoïer  »  deux  saints 
personnages  qui  étaient  venus  le  visiter.  Cette  fontaine 
existe  encore  et  est  toujours  vénérée,  près  de  la  chapelle 
du  Saint,  reconstruite  de  façon  monumentale  en  1898. 

Le  même  saint  Corentin,  étant  allé  voir  l'ermite  saint 


-  198  - 

Primel  au  pays  de  Sainl-Thois,  près  des  montagnes  de 
Laz,  fît  jaillir  une  source  en  plantant  son  bâton  en  terre, 
et  cela  pour  le  soulagement  du  saint  vieillard,  qui  élait 
boiteux. 

L'autre  patron  du  diocèse,  saint  Pol  de  Léon,  a  eu  aussi 
ses  fontaines.  Citons  d'abord  celle  du  cimetière  de  Lam- 
paul-Ploudalmézeau,  près  de  laquelle  un  de  ses  disciples, 
Vivien,  s'était  bâti  une  cellule  qu'il  fut  obligé  de  cédera 
son  maître,  à  cause  des  incursions  d'un  buffle  sauvage 
qui  l'inquiétait  journellement.  Saint  Pol  chassa  le  buffle, 
rebâtit  la  cellule  avec  un  oratoire,  bénit  la  fontaine  et  se 
fixa  pour  quelque  temps  en  cet  endroit,  où  s'élève  main- 
tenant l'église  et  le  beau  clocher  de  Lampaul  (1). 

Dans  sa  pérégrination  avec  ses  compagnons,  vers  l'Ile- 
de-Batz,  le  même  Saint  fît  jaillir  les  trois  sources  de  la 
chapelle  de  Prat-Paol,  en  Plouguerneau,  tout  près  du 
pont  ou  gué  gaulois  de  Pont-Cracli,  sur  lequel  il  traversa 
la  rivière  d'Aber  Vrac'h,  non  loin  du  Diou-Riz.  En  arri- 
vant dans  le  castellum  gallo-romain  qui,  de  son  nom, 
prit  la  dénomination  de  Castel-Pol,  il  y  entra  par  la  porte 
monumentale  du  côté  de  l'Occident,  et  tout  près  rencontra 
une  fontaine  qu'il  bénit  par  le  signe  de  la  croix,  au  nom 
de  la  Très-Sainte  Trinité.  Cette  source  n'est  autre  que 
celle  de  Lenn-ar-Gloar,  toujours  vénérée  par  les  bons 
habitants  de  la  Ville  Sainte. 

Sous  le  vocable  du  même  Saint,  nous  trouvons  à  Lam- 
paul Guimiliau,  Feunteun-Bol,  près  de  Traon-ar-Vilin, 
presque  au  bord  de  la  voie  romaine  qu'il  suivit  pour 
ramener  à  l'Ue-de-Batz  le  dragon  du  Faou,  voie  qui,  sur 
le  territoire  de  Guiclan,  prend  le  nom  de  Bali-Casid, 
allée  de  Saint  Pol,  avec  une  autre  Feunteun-Bol,  qui  doit 
certainement  son  nom  au  passage  du  même  Saint. 

(1)  Saint  Fol-Aurélien  et  sex  premiers  suceessewrs,  par  M.  i'abbé 
Thuuias,  chaooiDe  boDoraire,  p.  55,  §  8. 


-  199  - 

Faut-il  citer  son  autre  fontaine  sur  le  littoral  Ouest  de 
rile-de-Batz  ?  Elle  est  couverte  par  la  mer  à  chaque  marée, 
et  les  eaux  restent  toujours  douces,  sans  aucune  trace  de 
salure. 

Le  cousin  et  le  disciple  de  saint  Pol,  saint  Jaoua,  a 
aussi  sa  fontaine  miraculeuse  près  de  sa  chapelle,  en  Plou 
vien  ;  puis  Tun  de  ses  premiers  successeurs,  saint  Gouez- 
nou,  a  près  de  la  belle  église  de  Goueznou,  une  fontaine 
surmontée  d'un  autel  et  d'une  niche,  et  entourée  d'un 
magnifique  enclos  en  pierres  de  taille  :  de  même  que  nous 
admirons  la  belle  et  pittoresque  fontaine  de  son  frère 
saint  Majan,  près  des  ruines  de  son  petit  monastère  de 
Loc-Majan,  au  Nord  de  la  paroisse  de  Plouguin,  sur  le 
chemin  de  Tréglonou  à  Saint  Pabu. 

A  Goulven,  nous  avons  la  fontaine  déjà  mentionnée,  que 
Glaudan,  au  bout  d'une  journée  d'inutiles  recherches,  fit 
sourdre  par  sa  prière,  pour  désaltérer  sa  femme  Gologuen 
et  laver  son  enfant  nouveau  né,  le  petit  saint  Goulven. 

A  Dirinon,  même  miracle,  d'après  la  légende  de  sainte 
Nonne  qui,  ayant  mis  au  monde  son  fils  saint  David,  le 
posa  sur  un  rocher,  où  il  laissa  l'empreinte  de  son  petit 
corps,  et  manquant  d'eau  pour  le  faire  baptiser,  se  mit  en 
prière  et  fit  jaillir  une  source  claire  et  limpide  dans 
laquelle  l'enfant  fut  baptisé  et  dont  l'eau  rendit  la  vue  à 
un  aveugle  qui  lui  avait  servi  de  parrain. 

Auprès  du  monastère  de  Kerbénéat,  sur  les  cofifins  de 
la  paroisse  de  Plounéventer,  non  loin  de  la  Roche  Mau- 
rice, on  voit  deux  sources  qui  doivent  leur  origine  aux 
deux  chevaliers  pèlerins,  saints  Derrien  et  Névenler, 
après  qu'ils  eurent  délivré  le  seigneur  Elorn  et  son  fils,  le 
petit  saint  Riok,  du  terrible  dragon  qui  désolait  le  pays. 

Il  est  bon  également  de  citer  la  fontaine  de  la  crypte 
de  Lanmeur,  anciennement  Kerfeunteun,  et  aussi  celle 
qui  se  trouve  sous  le  cimetière  de  Kerfeunteun-Quimper. 


-  200  - 

Ces  deux  paroisses  sont  sous  le  vocable  de  la  Sainte-Tri- 
nité, et  plusieurs  savants  pensent  que  ces  fontaines  ont 
servi  dans  les  premiers  siècles  au  baptême  des  catéchu- 
mènes. 

A  Scaêr  la  vaste  fontaine  de  sainte  Candide  donne 
naissance  à  un  vrai  ruisseau  qui  alimente  et  arrose  tout 
lé  bourg,  et  Ton  dit  que  ce  sont  les  eaux  de  cette  source 
sacrée  qui  donnent  leur  vigueur  aux  robustes  lutteurs  du 
pays. 

Nous  devons  maintenant  parler  de  quelques-unes  de 
ces  fontaines  au  point  de  vue  monumental,  et  les  classer, 
autant  que  possible  d'après  leur  style  et  leur  ordre  chro- 
nologique. 

A  Notre-Dame  du  Folgoat,  sous  la  fenêtre  de  l'abside 
surmontée  de  sa  rose  monumentale,  est  la  fontaine  mira- 
culeuse qui  jaillit  de  dessous  le  maitre-autel,  la  fontaine 
solitaire  où  autrefois  le  pauvre  Sàtailn-ar-Fol  trempait 
son  pain  et  se  baignait  au  cœur  de  Thiver,  source  mainte- 
nant emmurée  dans  un  vaste  bassin,  et  surmontée  comme 
d'un  dais  triomphal  par  une  arcade  d'une  élégance  sans 
pareille,  qui  abrite  et  encadre  la  statue  assise  de  Notre- 
Dame  portant  l'Enfant-Jésus,  vêtue  de  draperies  ayant  la 
souplesse  des  plus  belles  sculptures  de  la  Grèce,  et  pla- 
nant comme  une  reine  sur  les  eaux  abondantes  et  limpi- 
des auxquelles  elle  communique  leurs  vertus  bienfaisantes. 

A  Morlaix,  près  du  Carmel,  les  deux  fontaines  de 
Notre  -  Dame  sont  encadrées  d'admirables  moulures  et 
surmontées  d'une  fenestration  et  d'une  rosace  d'un  type 
extraordinai rement  original. 

Lenn-ar-Oloar,  à  Saint-Pol-de-Léon,  est  abritée  sous  un 
édicule  qui  doit  remonter,  comme  les  deux  fontaines  pré- 
cédentes, au  XV®  siècle.  C'est  un  toit  formé  de  deux  dalles 
immenses,  moulurées  sur  leur  bord,  et  soutenues  par  une 
très  légère  arcade  flamboyante  toute  découpée  à  jour. 


-  201  - 

Nous  devons  attribuer  au  xvi^  siècle  les  fontaines  sui- 
vantes, remarquables  par  leur  architecture  :  N.-D.  deRu- 
mengol,  —  N.-D.  de  la  Fontaine,  à  Daoulas,  —  N.-D.  de 
Kerdévot,  en  Ergué-Gabéric,  —  N.  D.  du  Drénec,  en  Clo- 
hars  Fouesnant,  —  N.-D.  de  Quilinen,  en  Landrévarzec,  — 
Saint  -  Vennec,  en  Briec,  —  Saint -Gilles,  à  Plonéis,  — 
N.-D.  de  Kerinec,  à  Poullan,  —  Saint-Thivisiau,  à  Landi- 
divisiau,  —  Saint  Trémeur,  à  Guerlesquin,  etc.,  etc.  Tou- 
tes sont  surmontées  d'un  édicule  gothique  tantôt  assez 
simple,  tantôt  riche,  accosté  de  contreforts  et  pinacles 
rehaussés  de  crossettes  végétales,  avec  écussons  donnant 
les  blasons  des  donateurs. 

A  Rumengol,  la  fontaine  miraculeuse  est  entourée 
d'une  enceinte  quadrangulaire  dans  laquelle  on  descend 
par  deux  escaliers,  et  dont  le  pourtour  est  garni  de  bancs 
en  pierre  pour  les  malades  et  les  pèlerins.  Elle  alimente 
un  bassin  et  un  lavoir.  L'édicule  à  arcade  ogivale  abrite 
un  bas- relief  de  TAnnonciation  et  deux  statuettes  de 
saint  Guénolé  et  de  saint  Fiacre. 

A  Daoulas,  la  fontaine  et  l'oratoire  de  Notre-Dame  sont 
en  dehors  de  Tenclos  de  la  vieille  abbaye  ;  on  s'y  rend  en 
traversant  les  jardins  qui  entourent  le  cloître,  et  Ton  se 
trouve  en  un  coin  charmant,  plein  de  fraîcheur  et  de 
verdure.  Le  bassin  de  la  fontaine  est  surmonté  d'une 
sorte  de  petite  chapelle  gothique,  en  pierre  de  Kersanton, 
couverte  de  deux  rampants  aigus,  avec  clochetons  aux 
quatre  angles.  Au  fond  de  la  voûte  en  anse  de  panier  est 
un  bas-relief  représentant  Notre-Seigneur  en  croix  ;  à 
côté  de  lui  sainte  Marguerite,  foulant  aux  pieds  un  dragon, 
montrant  de  la  main  droite  la  plaie  du  côté  du  Sauveur, 
et  tenant  un  cœur  de  la  main  gauche.  Elle  est  vêtue  d'une 
robe  serrée  par  une  ceinture,  d'un  scapulaire  et  d'un 
manteau.  Dans  la  niche  du  fronton  il  y  a  une  Vierge- 
Mère,  qui  tient  une  pomme  ou  une  boule,  ainsi  que 
l'Enfant-Jésus. 


-  202  - 

Un  caniveau  partant  de  la  fontaine  conduit  Teau  en 
trois  petites  auges  creusées  dans  la  même  pierre,  et  de  là 
elle  se  déverse  dans  un  grand  bassin  de  2  m.  10  sur  1  m.  80. 
L'ensemble  est  entouré  d'une  belle  enceinte  en  pierres  de 
taille  formant  un  rectangle  de  six  mètres  sur  quatre, 
ayant  soubassement  et  couronnement  moulurés,  avec 
bancs  à  l'intérieur  et  à  l'extérieur  pour  l'usage  des  pèle- 
rins. Au  dos  du  monument,  on  lit  cette  incription  go- 
thique :  Le  Z«  jour  de  Juing  Van  mil  V  cents  L^  (îôôO) 
fut  renouvelé  cette  fontaine  p.  M.  0.  du  Chatel,  de  Daoulas, 
abbé. 

Au  bord  de  la  route  de  Quimper  à  Bénodet,  tout  près  de 
la  chapelle  de  N.-D.  du  Drénec,  en  Clohars-Fouesnant,  on 
admire  la  jolie  fontaine  pittoresque  dont  le  bassin  est 
surmonté  d'une  vieille  niche  gothique  abritant  un  groupe 
de  N.-D.  de  Pitié.  Le  petit  monument  est  accosté  de  deux 
clochetons  ou  pinacles  et  sert  de  base  à  une  croix.  Le 
tout  est  en  granit  un  peu  détérioré  par  le  temps,  bien 
couvert  de  mousse  et  de  lichen,  et  dans  une  note  admira- 
blement bretonne.  Les  paroisses  du  voisinage,  et  surtout 
celle  d'Ergué  Armel,  se  rendent  en  pèlerinage  à  N.-D.  du 
Drénec  pour  obtenir  de  la  pluie  lorsqu'il  y  a  des  séche- 
resses trop  persistantes  ;  en  retour,  les  paroissiens  de 
Clohars-Fouesnant  viennent  demander  du  beau  temps  à 
l'église  de  Saint-Alor  du  Petit-Ergué. 

Dans  la  môme  note,  avec  des  variantes,  sont  les  fon- 
taines de  Kerdévot,  Quilinen,  Saint  Vennec,  etc.,  et  tant 
d'autres  qu'il  ne  nous  est  pas  loisible  de  décrire  ni  même 
de  nommer. 

Disons  cependant  un  mot  de  celle  de  Landivisiau,  qui 
est  dans  un  genre  tout  spécial.  Au  milieu  de  la  ville,  à 
40  mètres  environ  au  Sud-Ouest  de  l'église,  mais  cachée 
dans  un  îlot  de  maisons,  se  trouve  la  fontaine  de  saint 
ïhivisiau,  qui  alimente  un  vaste  lavoir  public.  Dans  le 


-  203  - 

mur  qui  surmonte  cette  source,  on  a  incrusté  deux  rangs 
d'arcatures  en  Kersanton,  de  style  flamboyant,  renfer- 
mant en  tout  dix  panneaux  de  0  m.  43  de  largeur  sur 
0  m.  54  de  hauteur. 

Ces  panneaux  semblent  provenir  d'un  ancien  autel,  ou 
plus  probablement  d'un  tombeau  du  xv«  ou  du  xvi«  siècle. 
Ils  sont  enciidrés  par  des  contreforts  et  des  accolades,  le 
long  desquels  courent  des  guirlandes  très  fines  ;  une 
autre  guirlande  forme  bandeau  de  couronnement.  Des 
feuillages  contournés  forment  le  fond,  et  sur  chacun 
de  ces  fonds  se  détache  un  personnage.  Je  les  mentionne 
dans  Tordre  où  ils  sont  placés  actuellement,  mais  cet 
ordre  a  été  bouleversé  : 

1.  —  Une  nonne  ou  religieuse  en  prière,  les  mains 
jointes. 

1  —  Un  moine  en  prière,  tenant  un  livre. 

3.  —  Un  ange  tenant  la  couronne  d'épines. 

4.  —  Une  religieuse  en  prière. 

5.  —  Un  moine  priant. 

6.  —  Un  autre  moine  tenant  un  chapelet  et  s'appuyant 
sur  un  bâton. 

7.  —  Une  religieuse,  les  bras  croisés  sur  la  poitrine. 

8.  —  Un  ange  tenant  un  écusson. 

9.  —  La  Sainte-Trinité.  Le  Père,  assis  et  coilïé  de  la 
tiare,  soutient  à  sa  droite  le  Fils  couronné  d'épines  et 
montrant  ses  plaies  ;  sur  la  tète  du  Fils  repose  le  Saint- 
Esprit,  sous  la  forme  d'une  colombe. 

tO.  —  Un  ange  tenant  un  écusson. 

Ces  deux  derniers  panneaux  diffèrent  un  peu  des  autres 
par  leur  forme  et  leur  ornementation  ;  on  voit  qu'il  n'y  a 
pas  ici  un  tout  complet  ;  mais  ne  pourrait  on  pas  se  de- 
mander si  ces  fragments  ne  sont  pas  les  débris  du  lom 
beau  de  François  de  Tournemine,  qui  fonda  dans  l'église 
de  Landivisiau  une  chapelleniede  deux  messes  par  jour  ? 


-  204  - 

Il  fut  enterré  dans  cette  église,  mais  sa  statue  tumulaire, 
enlevée  pendant  la  Révolution,  a  été  reléguée  hors  de  la 
ville,  et  se  trouve  maintenant  dans  une  propriété  parti- 
culière, à  Sainte-Anne,  en  Saint-Pol  de  Léon. 

Dans  un  autre  style  sont  construites  les  fontaines  de 
Goueznou,  de  Saint-Jaoua  en  Plouvien,  de  Saint-Roch  à 
Moélan,  de  Notre-Dame  de  Bonne-Nouvelle  et  Saînt- 
Eutrope  à  Locronan.  Là,  c*est  la  structure  du  xvn«  siècle, 
genre  classique,  plus  grave  et  plus  solennel,  toujours 
avec  enclos  de  pierres  de  taille  garni  de  bancs,  édicule 
surmontant  la  source  et  bassins  extérieurs.  Décrivons 
celle  de  Goueznou,  qui  est  la  plus  belle. 

A  10  mètres  du  portail  Ouest  de  Téglise  est  la  fontaine 
du  saint  patron.  Au  milieu  d'un  bel  enclos  carré,  de  5  m. 50 
de  côté,  se  trouve  un  bassin  quadrangulaire  qui  en  ren- 
ferme un  autre  de  forme  ronde,  à  un  niveau  inférieur. 
L'eau  s'écoule  par  un  caniveau  en  granit  percé  de  trois 
cuvettes  rondes  pour  les  ablutions  des  pèlerins.  Le  mur 
de  clôture,  d'une  épaisseur  de  0  m.  60,  est  en  très  belles 
pierres  de  taille,  avec  chaperon  en  double  doucine.  Toute 
Tenceinte,  en  contrebas  de  1  m.  70  en  moyenne  du  terrain 
environnant,  est  pavée  de  dalles  de  granit,  et  on  y  des 
cend  de  trois  côtés  par  des  échaliers  et  des  marches.  Tout 
autour  règne  un  banc  de  pierre.  Au  milieu,  du  côté  Midi, 
est  un  petit  autel  surmonté  d'une  large  niche  à  fronton 
en  courbe  surbaissée,  et  au  pied  de  la  statue  de  saint 
Goueznou  est  sculpté  Técusson  de  Rolland  de  Neufville, 
qui  fut  évoque  de  Léon  de  1562  à  1613,  et  dont  les  armes 
sont  :  de  gueules  à  un  sautoir  de  vair. 

Des  deux  côtés  de  l'autel  sont  deux  sièges  en  pierre 
creusés  en  rond,  assez  semblables  aux  anciennes  chaires 
pontificales  des  basiliques  romaines.  Etaient-ce  deux 
sièges  d'honneur  pour  les  marguilliers  préposés  à  la 
réception  des  offrandes,  les  jours  de  grand  pardon  ? 


—  205  — 

La  fontaine  de  Saint- Jaoua,  à  Plouvien,  n'a  pas  de  date  ; 
celle  de  Saint-Roch,  à  Moêlan,  porte  le  millésime  de 
1639  ;  quant  à  celle  de  Locronan,  voisine  de  la  chapelle 
de  Notre-Dame  de  Bonne-Nouvelle,  et  portant  ce  vocable 
en  même  temps  que  celui  de  Saint-Eutrope,  ayant  du 
reste  les  deux  statues  dans  les  niches  de  ses  deux  faces, 
elle  est  ornée  d'une  inscription  ainsi  conçue  : 

VEN .  ET .  DISC .  MISSIRE .  MATH  VRIN .  SENE.  V.  PPL. 

(Ticaire  perpètoel.) 

I .  CONAN .  MARCHAND .  DE .  TOILE .  LAN  1698 

Mais  le  chef-d'œuvre,  la  merveille,  c'est  la  fontaine  de 
Saint-Jean  du-Doigt,  jet  d'eau  monumental  qui  l'emporte 
sur  tout  ce  qu'il  y  a  de  plus  somptueux  dans  les  beaux 
châteaux  de  l'Ue-de-France  et  des  bords  de  la  Loire.  Elle 
se  trouve  dans  le  cimetière,  entre  l'arc  de  triomphe  ser- 
vant d'entrée  et  le  porche  méridional  de  l'église.  Sur  un 
soubassement  de  trois  marches  est  un  immense  bassin 
circulaire  en  pierre,  du  milieu  duquel  surgit  une  colonne 
à  cannelures  et  à  renflements  feuillages,  laquelle  supporte 
trois  vasques  étagées  et  diminuant  de  diamètre,  d'où 
Teau  s'échappe  en  filets  abondants  par  des  têtes  d'anges 
en  plomb  estampé. 

Aux  deux  tiers  de  la  hauteur,  contre  une  colonne 
ronde  couronnée  d'un  chapiteau  des  plus  élégants,  est 
représenté  le  baptême  de  Notre-Seigneur  par  saint  Jean, 
et  au  sommet  plane  le  Père-Eternel,  se  penchant  vers  son 
divin  Fils  et  semblant  dire  comme  au  Jourdain  :  «  Celui-ci 
est  mon  Fils  bien-aimé,  en  qui  j'ai  mis  toutes  mes  com- 
plaisances. » 

De  quelle  époque  est  ce  monument  ?  On  n'en  connaît 
pas  la  date  exacte,  mais  les  profils  du  grand  bassin,  le. 
tracé  des  moulures,  les  têtes  sculptées,  les  feuillages,  le 
caractère  des  têtes  d'anges,  des  personnages  et  des  orne- 


—  206  — 

ments  en  plomb  estampé,  semblent  devoir  le  faire  attri- 
buer à  la  seconde  moitié  du  xvi®  siècle,  la  plus  belle  épo- 
que de  la  Renaissance  dans  notre  pays. 


CLOITRES 


Le  territoire  actuel  du  diocèse  de  Quimper  et  de  Léon 
comptait  autrefois  sept  abbayes  : 

Landévennec,  Daoulas,  Le  Relegq  en  Plounéour-Ménez, 
Saint-Mathieu  de  la  fin  des  terres,  Loc-Maria-Quimper, 
Sainte-^Croix  de  Quimperlé,  Saint-^Maurige  de  Carnoêt.  Il 
conviendrait  d'y  ajouter  Notre-Dame  de  Langonnet,  qui 
faisait  autrefois  partie  de  l'évôché  de  Cornouaille. 

Toutes  ces  abbayes  et,  en  outre,  bon  nombre  de  cou- 
vents avaient  leurs  cloîtres,  c'est-à-dire  des  portiques  cou- 
verts faisant  le  tour  d'une  cour  intérieure,  pour  servir 
de  promenoir  et  mettre  en  communication  les  différentes 
salles  et  les  différents  services  du  monastère. 

Quelques  uns  de  ces  cloîtres  existent  encore  ;  d'autres, 
hélas  I  ont  disparu. 

Les  plus  anciens  vestiges  qui  subsistent,  ce  sont  trois 
arcades  romanes,  dans  le  jardin  du  presbytère  de  Loc- 
Maria  Quimper,  arcades  portées  sur  des  piles  carrées 
accostées  de  petites  colonnettes  à  chapiteaux  feuillages, 
et  semblant  indiquer  la  fin  du  xi«  siècle,  ou  la  première 
moitié  du  xii®. 

Tout  à  côté  est  une  branche  du  cloître  du  xvir^  siècle, 
accolé  au  bas-côté  Midi  de  l'église  romane,  et  contempo- 
rain des  bâtiments  de  l'abbaye,  qui  servent  maintenant  à 
la  manutention  militaire. 

A  Daoulas,  dont  l'église  a  été  commencée  en  1167,  existe 


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un  cloître  qui  est  postérieur  de  quelques  années  seule- 
ment. C'est  le  seul  cloître  roman  que  nous  possédions,  et 
il  est  pour  cela  d'un  grand  intérêt. 

Ce  monument  est  maintenant  dépourvu  de  sa  toiture  i 
il  a  été  même  en  partie  démoli,  les  colonnes  et  les  arcades 
de  deux  des  côtés  avaient  été  jetées  à  terre,  mais  vers 
1880-1885,  le  propriétaire  actuel,  M.  Danguy  des  Déserts, 
d'accord  avec  son  beau-père,  M.  Bigot,  architecte  dio- 
césain, fit  restaurer  le  tout,  et  nous  avons  maintenant 
debout  les  quatre  côtés  du  carré,  comprenant  quarante- 
quatre  arcades. 

Les  angles  sont  formés  d'un  faisceau  de  quatre  colon- 
nettes,  et  dans  les  côtés  ces  colonnes  cylindriques  sont 
alternativement  simples  et  jumelées,  couronnées  de  cha- 
piteaux élégants  dont  la  corbeille  est  tapissée  d'ornements 
variés  :  feuilles  recourbées  et  lancéolées,  crossettes,  vo- 
lutes. Quelques-uns  des  tailloirs  sont  aussi  décorés  de 
zigzags,  dents  de  scie,  losanges,  étoiles.  Au  milieu  du 
préau  se  trouve  une  vasque  octogonale,  toute  couverte  de 
sculptures,  chacun  des  huit  pans  offrant  une  ornemen- 
tation différente. 

  Landévennec,  au  Relecq